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Cour de justice de la CEDEAO
ActuPolitique

CEDEAO : les juges d’Abuja enterrent les dossiers du Mali, du Burkina Faso et du Niger

by Sahel Tribune 4 avril 2025
written by Sahel Tribune 3 minutes read

La Cour de justice de la CEDEAO a acté la radiation de 33 affaires impliquant le Mali, le Burkina Faso et le Niger, désormais sortis de l’organisation. Un geste administratif aux airs de rupture politique, qui signe la fin d’une ère judiciaire régionale.

C’est une page d’histoire judiciaire qui se tourne en silence, mais dont les échos résonnent déjà entre Bamako, Ouagadougou et Niamey. Dans une ordonnance aussi sobre que lourde de sens, datée du siège d’Abuja, la Cour de Justice de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) a décidé de rayer purement et simplement 33 affaires pendantes impliquant le Mali, le Burkina Faso et le Niger. La raison ? Le retrait officiel de ces trois pays de l’organisation sous-régionale.

Le sort des plaignants

Dans cette liste funèbre des litiges judiciaires désormais orphelins de juge, on retrouve tout : des plaintes contre les États par des personnalités politiques (comme l’ancien président malien Bah N’Daw ou encore Kassoum Keïta), des griefs déposés par des journalistes, des ONG, des sociétés privées ou encore de simples citoyens estimant avoir été victimes d’injustices flagrantes. De Reporters Sans Frontières à des regroupements de victimes du régime, en passant par des sociétés industrielles ou des organisations de la société civile, c’est tout un pan de la justice régionale qui disparaît.

Le motif invoqué par la juridiction ouest-africaine est limpide. En quittant officiellement la CEDEAO, ces trois pays membres fondateurs de l’AES (Alliance des États du Sahel) se sont de facto soustraits à la compétence de la Cour. En conséquence, cette dernière se dit dans l’impossibilité juridique de trancher leurs affaires. Et le couperet tombe, les procédures sont déclarées nulles et non avenues.

Ce retrait n’est pas qu’un acte diplomatique ou politique. Il a désormais des conséquences directes pour des centaines de justiciables. Une radiation en bloc de 33 dossiers — 5 pour le Burkina Faso, 16 pour le Mali, 12 pour le Niger — qui pose la question du sort des plaignants. Où iront-ils désormais chercher réparation ? Dans quelles juridictions régionales ou internationales pourront-ils espérer faire valoir leurs droits ?

Un silence judiciaire plus assourdissant qu’une condamnation

Car au-delà des symboles et des rapports de force géopolitiques, il y a des vies, des combats, des attentes. Il y a cette tension entre souveraineté retrouvée et justice évaporée. Entre la volonté de se libérer d’un joug perçu comme néocolonial et la nécessité d’offrir à ses citoyens un recours supranational.

En se retirant de la CEDEAO, les pays de l’AES tournent la page d’un cadre juridique qu’ils jugeaient biaisé, voire instrumentalisé. Mais en l’absence d’une Cour sous-régionale alternative, cette décision crée un vide. Un vide où les victimes n’ont plus d’interlocuteur, où les promesses de justice restent lettre morte.

L’histoire retiendra cette ordonnance comme un tournant. Non pas pour ce qu’elle dit, mais pour ce qu’elle empêche. Un silence judiciaire qui, à bien des égards, est plus assourdissant qu’une condamnation.

A.D

4 avril 2025 0 comments
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Les ministres des Affaires étrangères, dans l'ordre gauche vers la droite, du Niger, du Mali, de la Russie et du Burkina Faso assistent à une conférence de presse conjointe à l’issue d’une réunion, le jeudi 3 avril 2025. Photo AP/Pavel Bednyakov, Pool
A la UnePolitique

Le camp des déracinés : ce que dit l’alliance AES-Russie du monde qui vient

by Chiencoro 3 avril 2025
written by Chiencoro 3 minutes read

À Moscou, la Confédération des États du Sahel (AES) et la Russie ont scellé une alliance stratégique lors de consultations inédites. Coopération militaire, offensive diplomatique, rupture avec l’Occident. Un nouveau pacte se dessine, entre réalignement géopolitique et quête de souveraineté.

Il faut parfois quitter les forums convenus et les sommets standardisés de l’Union africaine ou de l’ONU pour lire les véritables lignes de fracture du monde qui vient. À Moscou, ce 3 avril 2025, c’est dans le cadre solennel d’une conférence de presse commune que la Russie et les ministres des Affaires étrangères de la Confédération des États du Sahel (AES) – Mali, Burkina Faso, Niger – ont donné le ton d’une alliance naissante mais déjà assumée.

Dans la salle, les regards convergent vers Sergueï Lavrov, l’inoxydable patron de la diplomatie russe, et vers Abdoulaye Diop, Bakary Yaou Sangaré et Karamoko Jean-Marie Traoré, figures désormais familières d’une géopolitique sahélienne en recomposition. Le message ? Clair, direct, et sans la moindre ambigüité : l’AES tourne le dos aux anciennes tutelles, et scelle avec Moscou un pacte nouveau — à la fois militaire, économique et idéologique.

Un second « réveil de l’Afrique »

Pour Lavrov, la Confédération AES incarne « le second réveil de l’Afrique ». Allusion à peine voilée au « printemps des indépendances », dont il sous-entend que les fruits ont été confisqués par des puissances néocoloniales. En ligne de mire, la France et ses partenaires occidentaux. Le chef de la diplomatie russe annonce une coopération renforcée : création d’une force conjointe, fourniture d’armes, formation par des instructeurs russes, et institutionnalisation d’un dialogue annuel au format quadripartite.

Quant aux chiffres, ils parlent d’eux-mêmes. Les échanges commerciaux entre Moscou et les pays de l’AES ont été multipliés par dix en un an. Une envolée que les diplomates sahéliens attribuent à la clarté du partenariat avec la Russie, « sans ingérence ni condition ».

Du côté malien, Abdoulaye Diop ne fait pas dans la nuance. Pour lui, Kiev est un « État terroriste » qui soutient activement les groupes terroristes au Sahel, avec la complicité de l’Occident. L’analyse est tranchante, radicale, mais conforme à la ligne adoptée par Bamako depuis le tournant anti-français. Le chef de la diplomatie malienne confirme l’intention des trois pays de mettre sur pied une force militaire conjointe, tandis que les ruptures s’accumulent : départ de l’OIF, marginalisation du français comme vecteur linguistique exclusif. « Aucun problème », dit-il, les langues nationales prendront le relais. Une déclaration tout aussi politique que linguistique.

La Russie, soutien de la première heure

À ses côtés, Bakary Yaou Sangaré rappelle que Moscou fut le « premier pays » à apporter son appui au Niger, après la prise du pouvoir par le CNSP. Quant à Ouagadougou, son représentant salue la percée des entreprises russes dans le secteur privé burkinabè, et annonce la visite prochaine du capitaine-président Ibrahim Traoré à Moscou, à l’invitation de Vladimir Poutine, pour les cérémonies du 80e anniversaire de la victoire sur le nazisme. Un geste symbolique fort, en guise de reconnaissance mutuelle.

Entre les lignes d’un discours diplomatique musclé se lit la naissance d’un nouveau paradigme géopolitique. L’AES ne veut plus être la périphérie docile d’un ordre occidental vacillant. En se tournant vers Moscou et les BRICS, elle cherche à inscrire son destin dans celui d’un monde multipolaire. Ce partenariat avec la Russie n’est pas seulement un choix militaire ou économique. C’est un acte de foi politique. Une déclaration d’indépendance — enfin assumée — sur la scène internationale.

Reste à savoir si cette alliance tiendra les promesses qu’elle formule aujourd’hui. Mais une chose est sûre, le Sahel ne parle plus à voix basse.

Chiencoro Diarra 

3 avril 2025 0 comments
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Enseignant en classe
ActuÉducation

À Ménaka, les enseignants entre l’exil et le retour

by Chiencoro 3 avril 2025
written by Chiencoro 2 minutes read

À Ménaka, le gouverneur signe la levée partielle de suspension des salaires d’enseignants jadis en abandon de poste. Une décision qui dit, en creux, tout le drame de l’école dans les zones de guerre : partir, survivre, puis revenir. Entre l’effacement et la résilience, le tableau d’une République à reconstruire par la craie.

C’est une décision qui dit beaucoup plus que ce qu’elle énonce. Un document administratif, certes. Mais aussi un instantané, à bas bruit, de l’état de notre école dans les zones de guerre.

Les salaires suspendus seront à nouveau versés

Le 2 avril 2025, le gouverneur de la région de Ménaka, le colonel-major Lanzeni Konaté, a signé une levée partielle de la suspension des salaires de plusieurs enseignants précédemment en « abandon de poste ». Ils sont dix-sept. Dix-sept noms, dix-sept matricules, dix-sept disciplines. Autant de silhouettes floues revenues d’un hors-champ, celui de la désertion contrainte, du départ sans adieu, de l’école silencieuse.

Car à Ménaka, l’école ne se ferme pas par décret, elle meurt à petit feu, au rythme des menaces, des assauts, des fuites. Depuis plus de deux ans, les enseignants désertent — non par désengagement, mais par instinct de survie. Certains n’ont pas pu revenir. D’autres sont revenus. Pour ceux-là, l’administration territoriale signe l’acte de réhabilitation symbolique. Ils « réintègrent ». Et avec eux, peut-être, une forme de normalité.

La décision vise expressément les enseignants du lycée public de Ménaka et des centres d’animation pédagogique de Ménaka, Anderamboukane, Tidermène et Inekar. Leur salaire, suspendu jusqu’au 1er avril 2025, sera à nouveau versé. À une condition, avoir repris le poste avant le 3 mars.

L’État les sanctionnait pour leur absence. Aujourd’hui, il les remercie pour leur retour, après un compromis avec le gouvernement malien. Entre-temps, il y a eu l’exil, l’angoisse, la survie.

Une reconquête modeste de l’espace scolaire

Derrière la technicité froide des articles de loi et des décrets mentionnés, une autre lecture s’impose. Celle d’une République qui tente, dans ses marges, de renouer avec sa propre promesse : l’école. Une promesse rendue presque chimérique dans ces régions au nord du pays, abandonnées aux violences djihadistes, à la fuite des fonctionnaires, à l’effacement progressif de toute présence étatique.

Mais le geste n’est pas neutre. Il vise aussi à dire que la souveraineté passe par la craie. Que l’enseignant est un soldat civil. Et que revenir enseigner à Ménaka, aujourd’hui, c’est plus qu’une vocation : c’est un acte de courage politique.

On ne sait encore combien de classes rouvriront. Ni si les élèves reviendront. Mais une chose est certaine, en publiant cette décision, l’administration tente une reconquête. Une reconquête modeste, mais réelle, de l’espace scolaire. Et c’est peut-être par-là que recommencera l’histoire.

Chiencoro Diarra 

3 avril 2025 0 comments
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VISITE DE TRAVAIL DU PRESIDENT NIGER AU MALI
Actu

Niger : cinquante libérations et une absence qui pèse

by Chiencoro 3 avril 2025
written by Chiencoro 3 minutes read

Les autorités nigériennes de la transition ont annoncé la libération d’une cinquantaine de personnalités politiques et militaires arrêtées après le coup d’État de juillet 2023. Mais le président renversé Mohamed Bazoum, sa famille et plusieurs figures civiles clés restent détenus. Un pas vers l’apaisement, mais pas encore vers la rupture.

C’est un geste qui, en apparence, ouvre une fenêtre. Mais dont la serrure reste fermée. Le 1er avril au soir, à Niamey, c’est la voix monocorde du secrétaire général du gouvernement, sur fond de drapeau et de sobriété nationale, qui s’est chargée d’annoncer ce que les autorités de la transition appellent une avancée : la remise en liberté d’une cinquantaine de personnalités civiles et militaires arrêtées dans les semaines et mois ayant suivi le coup d’État de juillet 2023, qui a porté le général Abdourahamane Tiani au pouvoir.

Ce que le communiqué officiel ne dit pas

L’annonce n’a rien d’anodin. Le régime de transition cherche à envoyer un signal. Et ce signal a un nom : « recommandations des assises nationales pour la refondation », un rendez-vous politique tenu en février, voulu comme l’acte fondateur du Niger version post-Bazoum.

Pendant de longues minutes, les noms défilent à l’antenne. On y retrouve un mélange hétéroclite de ministres déchus, de figures politiques, d’anciens diplomates, de journalistes et même de militaires impliqués dans d’anciennes tentatives de coup d’État.

Parmi eux : Mahamane Sani Issoufou, ex-ministre du Pétrole et fils de l’ancien président Mahamadou Issoufou (2011-2021), ou encore Kalla Moutari, Ahmed Djidoud et Ibrahim Yacoubou, respectivement anciens titulaires de la Défense, des Finances et de l’Énergie. Tous désormais libres.

Mais ce que le communiqué officiel ne dit pas, c’est ce qu’il tait. Car le nom de Mohamed Bazoum, président renversé et toujours détenu avec son épouse, n’a pas été prononcé. Pas davantage que celui de Moussa Tchangari, figure majeure de la société civile nigérienne, lui aussi maintenu en détention.

Un pas, oui. Mais sur un fil.

Et c’est là que le geste cesse d’être un tournant pour redevenir un calibrage politique : montrer l’ouverture sans céder le cœur du pouvoir. Libérer des voix, sans relâcher la légitimité.

Un début de décrispation ? Peut-être. Mais encadrée, contrôlée, dosée. Car la transition nigérienne, si elle tente aujourd’hui de se donner des habits de réconciliation, n’en reste pas moins une réalité née d’un coup de force militaire, au lendemain duquel les autorités de la transition n’ont jamais rompu avec une logique de défiance envers l’ancien régime, ses proches, et ses soutiens.

Foumakoye Gado, président du PNDS, parti de Mohamed Bazoum, a été libéré.
Mais pas le chef de file lui-même. Le journaliste Ousmane Toudou recouvre la liberté.
Mais pas ceux dont les mots étaient devenus des symboles.

Derrière les libérations, le vrai test reste à venir. La capacité ou non du régime à intégrer ses adversaires dans une trajectoire politique inclusive, au lieu de les neutraliser à travers une gestion au cas par cas des libérations, comme autant de monnaies d’échange. Un pas, oui. Mais sur un fil.

Chiencoro Diarra 

3 avril 2025 0 comments
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Un drone en position d'attérissage
A la UneAnalyses

Drone abattu, frontière brouillée : l’Algérie et le Mali à l’épreuve du soupçon

by Sahel Tribune 3 avril 2025
written by Sahel Tribune 4 minutes read

Entre le 31 mars et le 1er avril, un drone malien est abattu par l’armée algérienne près de Tinzaouatène. La scène se joue à la frontière, mais le vrai théâtre est diplomatique. La fracture entre Alger et Bamako s’élargit, sur fond de méfiance, de guerre de récits, et de paix piétinée.

La nuit a ses secrets que les frontières ne savent plus contenir. Celle du lundi 31 mars au mardi 1er avril, dans le couloir de tensions qui relie le nord malien à l’extrême sud algérien, en a livré un de plus. La destruction, par l’armée algérienne, d’un drone militaire malien, présenté comme « armé et de reconnaissance », après avoir franchi — selon Alger — deux kilomètres dans son espace aérien.

Le communiqué est tombé dans la matinée du 1er avril, sans humour mais avec précision. L’Armée nationale populaire algérienne confirme avoir détecté, puis détruit, un appareil intrus dans la zone sensible de Tinzaouatène, point frontière disputé autant que symbolique entre les deux pays. Bamako, de son côté, n’a pas immédiatement réagi à cette revendication, se bornant à reconnaître la perte d’un « aéronef sans pilote », tombé — ou abattu — « à proximité » de cette même localité, en territoire malien.

Le réel se dérobe aux versions officielles

En d’autres temps, une telle mésaventure aurait déclenché, sinon une crise, du moins une explication. Mais entre l’Algérie et le Mali de transition, les explications ne passent plus. Depuis que Bamako, post-2021, a pris ses distances avec l’Accord d’Alger, signé en 2015 sous médiation algérienne, les gestes diplomatiques entre les deux capitales sont devenus plus rares, plus secs — et surtout plus méfiants.

Un drone abattu peut-il relancer les hostilités ? Officiellement, non. Officieusement, tout est matière à tension. Car l’incident intervient dans un climat de suspicion réciproque. Alger accuse Bamako de rompre unilatéralement l’équilibre laborieusement trouvé avec les groupes armés du nord. Bamako, en retour, soupçonne Alger de maintenir un lien officieux avec ces mêmes groupes, désormais qualifiés de « terroristes» par les autorités maliennes.

Et comme souvent dans cette région des confins, le réel se dérobe aux versions officielles. Si le drone malien a effectivement franchi la frontière — deux kilomètres selon Alger —, il se serait écrasé, ou aurait été abattu, côté malien. 

Mais le récit ne s’arrête pas là.

À peine 24 heures après l’incident, l’armée malienne lançait une frappe aérienne dans la même zone, contre un véhicule suspecté de transporter des « terroristes armés ». Selon l’état-major, l’opération s’est déroulée à deux kilomètres de la ligne frontalière. 

La coïncidence interroge. D’un drone abattu à une frappe sanglante, l’espace-temps est court. Trop court pour ne pas suggérer un durcissement de ton et de posture de la part de Bamako, décidée à montrer que la souveraineté se défend désormais par les armes.

Mais au-delà des chiffres et des trajectoires, c’est la lente dégradation d’une relation stratégique qui se confirme. L’Algérie, naguère médiateur, se voit marginalisée dans le nouveau logiciel malien. Le Mali, hier partenaire, devient acteur imprévisible, défiant les codes diplomatiques classiques, et bousculant une Algérie attachée à son rôle régional.

Un drone, un village, une rumeur. Il n’en faut parfois pas plus pour rouvrir des lignes de fracture mal cicatrisées. Depuis l’abandon de l’accord de paix de 2015, Alger et Bamako avancent masqués, entre accusations d’ingérence et crispation sécuritaire.

Le drone est tombé. La défiance, elle, reste en altitude.

A.D

3 avril 2025 0 comments
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Couverture de George Orwell
A la UneBillet d'humeur

Billet. Pourquoi relire 1984 en 2025 ?

by Fousseni TOGOLA 3 avril 2025
written by Fousseni TOGOLA 2 minutes read

En 2025, Orwell n’est plus une référence littéraire, mais un miroir. Dans un monde où la surveillance est volontaire et la vérité négociable, relire 1984 devient un acte de résistance tranquille.

Il n’a jamais été aussi urgent de relire 1984. Pas pour le plaisir morbide de constater à quel point George Orwell avait vu juste, mais pour mesurer tout ce que nous avons accepté, lentement, insidieusement, au nom de la sécurité, du progrès, ou du confort. 

Nous vivons dans un monde où la surveillance est désormais invisible et consentie. Les écrans sont devenus les complices dociles de notre dépendance à l’instant. La langue se simplifie, se désosse, jusqu’à en devenir inoffensive. L’Histoire s’efface, se réécrit ou s’ignore — selon les besoins du jour. Big Brother n’est plus un dictateur, c’est un algorithme.

Plus qu’une suggestion littéraire, un acte de lucidité

Orwell, lui, pensait en dictatures bruyantes. Nous avons inventé des démocratures muettes. Et chacun y va de son écran, de son identifiant, de sa géolocalisation offerte, de son visage numérisé avec le sourire. Qui a besoin de policiers quand il y a des abonnements ? Qui a besoin de censure quand l’autocensure est devenue une politesse sociale ?

1984 ne prédisait pas un régime. Il annonçait une tentation. Celle du repli, de la pensée unique, du refus du doute. Celle, surtout, de croire que la vérité est relative, manipulable, reprogrammable. Relire Orwell aujourd’hui, c’est mesurer à quel point nous avons banalisé l’absurde.

C’est aussi se demander, à quel moment avons-nous cessé de nous en offusquer ? En 2025, alors que les IA rédigent des lois, que les réseaux effacent des réputations, que les vérités se marchandent en temps réel, relire 1984 n’est plus une suggestion littéraire  mais un acte de lucidité. Une urgence civique.

Pas pour pleurer ce qui s’est perdu. Mais pour défendre, encore, ce qui peut être sauvé.

F. Togola 

3 avril 2025 0 comments
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Des animaux transhumants.
ActuÉconomie

Guinée-Mali : quand les bêtes font les frais du politique

by Sahel Tribune 2 avril 2025
written by Sahel Tribune 2 minutes read

La porosité saisonnière des frontières a toujours été, en Afrique de l’Ouest, un fait plus culturel que politique. Jusqu’à ce qu’un décret en fasse une ligne rouge.

Dans une note officielle datée du 28 mars 2025, le gouverneur de la région administrative de Kankan, au sud-est de la Guinée, ordonne la suspension immédiate des mouvements de transhumance en provenance du Mali. Une interdiction ferme, sans appel, qui court jusqu’à nouvel ordre, et s’applique à tous les troupeaux de zébus maliens.

Motif invoqué : la mise en cause d’un protocole inter-États ratifié par Conakry et Bamako dans le cadre de la CEDEAO, relatif à la gestion des flux pastoraux. En d’autres termes, l’échec, une fois de plus, d’un accord régional à contenir les tensions locales.

Le document, signé du colonel Moussa Condé, gouverneur de la région, instruit les préfets de Kankan, Kouroussa, Kérouané, Mandiana et Siguiri d’interdire toute nouvelle entrée de troupeaux étrangers sur le territoire guinéen.
Le ton est martial, l’avertissement clair. Tout contrevenant s’exposera à des « sanctions judiciaires sévères ».

En Guinée, le zébu est devenu suspect

La date butoir est fixée au 15 avril 2025. Passé ce délai, tout animal malien franchissant la frontière guinéenne le fera à ses risques et périls.

Derrière cette décision, des tensions sourdes. Celles qui opposent, depuis des années, éleveurs et agriculteurs dans les zones rurales aux équilibres précaires. Celles aussi, plus récentes, qui traduisent un climat de méfiance régionale entre États voisins devenus « frères ennemis » depuis les bouleversements politiques de 2021 et 2023.

Les autorités guinéennes de la transition, tout comme celle du Mali, ont beau partager une défiance vis-à-vis des institutions classiques de la CEDEAO, leurs intérêts ne convergent pas toujours sur le terrain. 

A Kankan, c’est l’autorité territoriale qui prime sur la diplomatie régionale. Au-delà de la technicité apparente du communiqué, ce que révèle cette mesure, c’est une lente mais certaine re-fermeture des frontières ouest-africaines, longtemps tenues pour perméables, presque symboliques. Le bétail, comme souvent, devient le thermomètre d’une intégration en panne. Et ce sont les pasteurs, les nomades, les éleveurs — ces citoyens sans carte d’identité mais avec un mode de vie — qui en paient le prix fort.

Dans cette Guinée-là, le zébu est devenu suspect. Et la transhumance, un délit.

A.D

2 avril 2025 0 comments
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