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Des pèlerins en partance à la Mecque pour le Hadj
ActuÉconomie

Hadj 2025 : Le Mali confie le transport aérien des pèlerins à EGYPTAIR-Kalis Voyages

by Sahel Tribune 16 avril 2025
written by Sahel Tribune 2 minutes read

Le gouvernement malien a validé ce mercredi 16 avril 2025 un marché stratégique pour l’organisation du Hadj 2025. Le transport des pèlerins de la filière étatique sera assuré par le groupement EGYPTAIR–Kalis Voyages, pour un montant dépassant les 2 milliards de francs CFA. Au-delà de la logistique, c’est aussi un acte de souveraineté et de confiance renouvelée dans l’encadrement du cinquième pilier de l’islam.

C’est un rituel annuel aussi sacré que logistique. Le Conseil des ministres du mercredi 16 avril 2025 a approuvé un décret portant sur l’un des volets les plus délicats du Hadj : le transport aérien des pèlerins maliens relevant de la filière gouvernementale. Le marché a été attribué au groupement EGYPTAIR – Kalis Voyages SARL, pour un montant de 2,062 milliards de francs CFA, avec un délai d’exécution d’un mois.

Ce contrat engage à la fois la réputation du gouvernement, la sérénité des pèlerins, et le bon déroulement d’un événement à la forte charge spirituelle et politique. Car au Mali, accompagner les fidèles jusqu’à la Mecque ne relève pas uniquement d’un service public, c’est une promesse de proximité, de respect et d’organisation républicaine du religieux.

EGYPTAIR et Kalis, un tandem international et local

Le choix du groupement EGYPTAIR – Kalis Voyages n’est pas anodin. Il associe l’expérience d’une compagnie nationale arabe bien implantée dans le transport de pèlerins à la connaissance du terrain malien d’un acteur local. Cette alliance vise à garantir à la fois sécurité, ponctualité, et respect des standards exigés par les autorités saoudiennes.

Avec ce partenariat, Bamako mise sur une exécution sans accroc, dans un climat régional marqué par des défis sécuritaires et une demande croissante de professionnalisation des services liés au Hadj.

À travers ce marché, le gouvernement confirme sa volonté d’assumer pleinement l’organisation du pèlerinage dans sa dimension logistique, sans céder à une privatisation intégrale du processus. En filigrane, c’est aussi une réponse à ceux qui, ces dernières années, critiquaient les retards, la désorganisation ou les insuffisances de la filière étatique.

Le décret rappelle l’engagement des autorités à garantir aux pèlerins un encadrement digne, dans les meilleures conditions matérielles et spirituelles. Le Hadj n’est pas seulement un rite religieux, c’est un test grandeur nature de la capacité de l’État à protéger, organiser et accompagner ses citoyens dans l’un des moments les plus solennels de leur vie.

La rédaction

  

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16 avril 2025 0 comments
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Inauguration Mine de lithium de Goulamina
A la UneÉconomie

Bougouni, capitale du lithium ? Une décision stratégique pour l’avenir minier du Mali

by Sahel Tribune 16 avril 2025
written by Sahel Tribune 3 minutes read


Le Conseil des ministres a entériné ce mercredi 16 avril 2025 un décret aux allures de bascule stratégique. Le transfert officiel du permis d’exploitation du gisement de lithium de Foulaboula à une société d’exploitation malienne dédiée. Cette décision marque un tournant dans la gestion de l’un des minerais les plus convoités du XXIe siècle.

Mercredi 16 avril 2025, dans l’austère solennité du Conseil des ministres, une décision au potentiel tectonique est passée presque inaperçue. Et pourtant, elle engage rien de moins que l’avenir énergétique, industriel — et peut-être diplomatique — du Mali. L’État a autorisé le transfert du permis d’exploitation de la grande mine de lithium de Foulaboula, initialement attribué à Future Minerals-SARL, à une nouvelle entité malienne : Les Mines de Lithium de Bougouni-S.A.

Ce transfert, prévu par les dispositions du Code minier, vient formaliser un processus engagé dès 2021, année où les premières données géologiques avaient mis au jour un gisement de 21,31 millions de tonnes de spodumène à 1,11 % d’oxyde de lithium — un taux commercialement attractif, pour un gisement exploitable à ciel ouvert sur une décennie.

Le lithium malien entre mutation minière et souveraineté

Si cette annonce n’a rien de spectaculaire à première vue, elle révèle un changement de paradigme. À travers la création d’une société anonyme de droit malien pour porter le projet, le Mali s’inscrit dans une logique de contrôle accru de ses ressources stratégiques, à l’instar de sa récente montée au capital dans les projets aurifères.

En clair, il ne s’agit plus seulement d’octroyer des permis à des opérateurs étrangers, mais de structurer une filière nationale capable, demain, de peser dans les chaînes d’approvisionnement mondiales des technologies vertes. Car le lithium n’est pas un minerai comme les autres, il est devenu la clé de voûte des batteries, des voitures électriques, des énergies renouvelables — bref, du monde post-pétrole.

Bougouni, prochain épicentre stratégique du Sahel ?

Le site de Foulaboula, situé dans la région de Bougouni, pourrait bien devenir le catalyseur d’une nouvelle donne économique au sud du Mali. D’autant que le pays, en plus de ses réserves d’or, de bauxite et de phosphate, commence à faire parler de lui sur les marchés du lithium, encore largement dominés par l’Australie, le Chili et la Chine.

Cette décision intervient à un moment où les puissances étrangères — des États-Unis à l’Europe — rivalisent d’initiatives pour sécuriser leur accès à ce métal critique. D’où l’importance, pour le Mali, de poser les jalons d’une souveraineté minière durable, à travers des sociétés locales, une régulation renforcée, et une valorisation nationale des retombées économiques.

Une politique minière en cours de refondation

Ce transfert de permis s’inscrit dans un cadre plus large. Celui de l’application progressive du nouveau code minier malien adopté en 2023, qui permet à l’État de porter sa participation jusqu’à 35 % dans les projets extractifs. En matière d’industries stratégiques, le pragmatisme rencontre désormais la volonté politique.

Au-delà de la simple transition de titres, la création des Mines de Lithium de Bougouni-S.A. augure peut-être d’une nouvelle ère : celle où l’Afrique, et le Mali en particulier, n’exporteront plus seulement des matières premières, mais aussi des leviers de puissance.

Chiencoro Diarra

  

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16 avril 2025 0 comments
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Le Capitaine Ibrahim Traoré exhorte à un éveil de conscience en Afrique.
ActuÉconomie

Burkina Faso – États-Unis : les dessous d’une passe d’armes diplomatique

by Chiencoro 16 avril 2025
written by Chiencoro 3 minutes read

Au Burkina Faso, la souveraineté ne se négocie plus. En réponse à des propos jugés « infondés » du général Michael Langley, patron de l’US AFRICOM, le gouvernement burkinabè déploie une contre-offensive diplomatique ciselée. Derrière ce choc transatlantique, des enjeux d’image, de ressources, et de respect d’un nouveau cap géopolitique assumé par Ouagadougou.

Le 3 avril 2025, lors d’une audition devant la prestigieuse Commission sénatoriale des forces armées à Washington, le général Michael Langley, commandant du Commandement des États-Unis pour l’Afrique (US AFRICOM), a pointé du doigt la gestion des revenus miniers du Burkina Faso. Selon lui, ces ressources, ainsi que certains flux de coopération avec la Chine, profiteraient davantage au « régime en place » qu’à la population burkinabè.

Une affirmation lancée sans preuve, mais en terrain symbolique, dans le cœur du système législatif américain. Et c’est bien ce qui agace à Ouagadougou, où le ministère des Affaires étrangères a réagi sans détour, dans un communiqué du 15 avril 2025 : propos « regrettables », « graves inexactitudes », « posture politicienne ». L’outrage est pris au sérieux.

Une défense souverainiste assumée

Pour le gouvernement de transition dirigé par le capitaine Ibrahim Traoré, l’heure n’est plus à la retenue. Le communiqué officiel oppose un démenti ferme et revendique, preuves à l’appui, une gestion rigoureuse et transparente des recettes issues du secteur minier. Toutes, affirme-t-il, sont versées dans les caisses de l’État et intégrées au budget national.

Au-delà de la riposte, c’est une doctrine qui se dessine. Celle d’un Burkina Faso en rupture avec une diplomatie du soupçon et du paternalisme. L’argumentaire est clair : les réformes en cours dans les domaines stratégiques — agriculture, éducation, infrastructures, eau, santé — illustrent une volonté de redistribution équitable des ressources. À Washington comme à Ouagadougou, chacun regarde l’autre droit dans les yeux.

Un climat d’incompréhension croissante

Les mots sont choisis mais le message est sans ambiguïté. Le général Langley aurait dû « se cantonner à son champ de compétence », selon la diplomatie burkinabè, et éviter d’alimenter une lecture biaisée des évolutions en cours au Sahel. La transition burkinabè, quoi qu’on pense de sa trajectoire politique, entend se réapproprier son récit.

L’incompréhension entre partenaires d’hier se cristallise autour d’un malaise plus large : celui d’une Afrique qui, de plus en plus, dit non à l’ingérence et aux doubles standards. L’AES (Alliance des États du Sahel), dont le Burkina est l’un des piliers, s’inscrit dans cette logique de reconquête. Et les propos américains, tenus sans consultation ni nuance, apparaissent dès lors comme une intrusion malvenue.

Dans ce contexte, le ministère burkinabè des Affaires étrangères invite à « un dialogue franc et respectueux », loin des insinuations et des procès d’intention. Une manière de rappeler que si la critique est toujours possible, elle doit s’appuyer sur des faits — pas sur des réflexes de méfiance.

En filigrane, c’est une redéfinition des relations Nord-Sud qui se joue. Le Burkina Faso ne rejette pas la coopération, il en redéfinit les termes. Et sur ce nouveau terrain, la souveraineté n’est plus une revendication abstraite. Elle devient une ligne rouge.

Chiencoro Diarra

  

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Commémoration de la fête de l'armée malienne
A la UnePolitique

Passeports AES : feu vert européen pour les documents biométriques maliens

by Chiencoro 16 avril 2025
written by Chiencoro 3 minutes read


C’est un soulagement discret, mais de taille, pour des milliers de citoyens maliens. Les passeports biométriques délivrés sous l’égide de l’Alliance des États du Sahel (AES) sont désormais pleinement reconnus par l’espace Schengen. Une reconnaissance qui n’a rien d’anodin à l’heure où les relations diplomatiques entre le Sahel et l’Europe naviguent entre prudence, défiance et intérêts mutuels.

Lancé officiellement le 29 janvier 2025, le passeport biométrique de l’AES — regroupant le Mali, le Burkina Faso et le Niger — était censé incarner un symbole concret d’intégration sahélienne. Mais à peine entré en circulation, il a été rattrapé par les pesanteurs administratives de la diplomatie européenne. À Paris, Berlin ou Bruxelles, le nouveau sésame s’est retrouvé confronté à un obstacle inattendu : l’absence de spécimens officiels transmis à temps aux représentations consulaires.

Conséquence : des doutes, des délais, parfois même des refus dans le traitement des demandes de visa. Une frustration pour les voyageurs maliens et un léger malaise pour les autorités, contraintes de rappeler que le document respecte en tous points les normes de l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI).

La France lève le verrou

Depuis début avril, les chancelleries européennes, à commencer par la France, ont validé la conformité du passeport AES. Le tampon est désormais officiel. Les détenteurs de ces documents peuvent voyager dans l’espace Schengen sans crainte d’être refoulés pour vice de forme documentaire.

Pour Paris, qui avait maintenu une position d’observation prudente, il s’agit moins d’un geste politique que d’une simple mise à jour administrative. Mais dans les capitales sahéliennes, l’événement prend une tout autre dimension : celle d’une reconnaissance implicite du processus d’autonomisation engagé par les pays de l’AES sur la scène internationale.

Une reconnaissance qui dépasse le papier

En surface, il ne s’agit que d’un accord technique. En profondeur, c’est un signal diplomatique. La reconnaissance des passeports AES par l’Europe — et en particulier par la France — intervient dans un contexte tendu, marqué par des réajustements géopolitiques et des discours de souveraineté renforcés au sein des États sahéliens.

À Bamako, cette validation est présentée comme une victoire discrète mais stratégique de la diplomatie malienne. Une manière de démontrer que la rupture progressive avec certaines anciennes tutelles n’implique pas l’isolement, et que l’on peut à la fois affirmer sa souveraineté et continuer à négocier pied à pied, dans les règles.

La mobilité réaffirmée, la légitimité consolidée

Dans un espace mondial où les documents d’identité sont autant des instruments de mobilité que des marqueurs de souveraineté, le passeport AES devient à son tour un objet diplomatique. Il incarne la volonté des pays membres de se doter d’institutions propres, de standards communs, et d’une visibilité unifiée sur la scène internationale.

Avec cette reconnaissance européenne, l’AES marque un point dans sa quête de crédibilité internationale. Et pour les Maliens, au-delà du tampon, c’est un peu de leur citoyenneté nouvelle qui franchit une frontière.

Chiencoro Diarra 

  

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Barrick Gold et or malien
A la UneÉconomie

Mali vs Barrick : le bras de fer autour de l’or malien s’intensifie

by Sahel Tribune 16 avril 2025
written by Sahel Tribune 3 minutes read

Alors que le complexe aurifère de Loulo-Gounkoto joue un rôle stratégique dans l’économie malienne, un contentieux croissant oppose Barrick Gold Corporation au gouvernement de transition. Arrestations d’employés, exportations d’or suspendues, accord bloqué. Le groupe minier dénonce une escalade politique et fiscale qui menace l’avenir du partenariat public-privé au Mali. En toile de fond, la question cruciale de la souveraineté économique dans une Afrique en quête de nouveaux équilibres.

Au Mali, où le sous-sol vaut parfois plus que l’horizon politique, un bras de fer inédit se joue entre l’État souverain et l’un des plus puissants groupes miniers au monde. En ligne de mire, des intérêts économiques colossaux, des employés emprisonnés, et un protocole d’accord bloqué. Une situation explosive qui pourrait redessiner les contours du partenariat public-privé en Afrique.

Quand l’or devient otage d’un différend d’État

À Bamako, les bureaux de Barrick Gold Corporation ont été récemment fermés manu militari, sur instruction directe des autorités maliennes, indique la société minière dans un communiqué du 15 avril 2025. Dans le viseur, l’inaction présumée du géant canadien face à des obligations fiscales impayées. Mais Barrick réplique : comment honorer des impôts sur des revenus que le gouvernement empêche lui-même de générer, via un blocage des exportations d’or ?

Le groupe, coté à la Bourse de New York (NYSE : GOLD) et à Toronto (TSX : ABX), dénonce une « escalade » des tensions, alimentée par « un petit groupe d’individus » plaçant leurs intérêts personnels au-dessus de ceux du Mali. Plus inquiétant encore, quatre employés maliens de Barrick seraient toujours détenus « sans justification ni perspective de solution rapide ».

Un accord accepté… mais jamais signé

Selon Barrick, tout était prêt. En février 2025, un protocole d’accord avait été négocié et accepté par le ministère malien de l’Économie et des Finances. La société minière affirme même avoir signé ce texte. Pourtant, côté gouvernement, silence radio. « Un silence pesant, qui devient paralysant », glisse un observateur avisé du secteur minier local.

En toile de fond, un contentieux latent autour du complexe minier de Loulo-Gounkoto, joyau aurifère du pays. Barrick y a déjà injecté 85 millions de dollars dans le cadre d’un accord global censé solder tous les litiges.

Un partenaire ou un otage économique ?

En termes choisis mais fermes, Barrick rappelle son rôle de « partenaire engagé » du peuple malien. Salaires maintenus, chaîne d’approvisionnement assurée, soutien aux PME locales. L’entreprise met en avant son ancrage territorial. « Nous avons honoré nos engagements, même en période d’incertitude », insiste le communiqué.

Mais la patience a des limites. Barrick prévient que si le dialogue reste stérile, l’entreprise « poursuivra la voie de l’arbitrage international ». Traduction, les juridictions économiques internationales pourraient bientôt être saisies, avec des conséquences financières et diplomatiques incalculables pour le Mali.

L’enjeu d’un leadership responsable

À l’heure où l’Afrique s’interroge sur sa souveraineté économique, ce conflit dépasse le simple cadre d’un litige fiscal. Il questionne le modèle même du partenariat public-privé dans les pays riches en ressources naturelles. Faut-il encore croire au « win-win » (gagnant-gagnant) entre État et multinationales ? Ou assiste-t-on à la fin d’un cycle, celui où les contrats miniers se signaient à huis clos, loin des projecteurs citoyens ?

Barrick, de son côté, exhorte les autorités à agir « dans l’intérêt du peuple malien ». À défaut, c’est tout un pan de l’économie nationale — plus de 8 % du PIB — qui pourrait s’effondrer comme un château de cartes.

A.D

  

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Abdoulaye Konaté, artiste plasticien malien
ActuSeko ni Donko

« 2025, année de la culture au Mali » : Abdoulaye Konaté, parrain du mois d’avril appelle à la reconquête culturelle 

by Ibrahim Kalifa Djitteye 16 avril 2025
written by Ibrahim Kalifa Djitteye 3 minutes read

Dans le cadre de la célébration de « 2025, année de la culture au Mali », une conférence d’envergure s’est tenue ce mardi 15 avril 2025 au Conservatoire des Arts et Métiers Multimédia Balla Fasséké Kouyaté, à Bamako. Parrain du mois d’avril, l’artiste plasticien malien de renommée internationale, Abdoulaye Konaté, y a animé une conférence passionnante sur le thème « Création artistique et société ». 

Cette initiative s’inscrit dans le vaste programme lancé par le Président de la Transition, le Général d’Armée Assimi Goïta, et mis en œuvre par le ministère de l’Artisanat, de la Culture, de l’Industrie hôtelière et du Tourisme, en partenariat avec celui de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique.

L’événement a rassemblé un public éclectique composé d’artistes, d’intellectuels, de journalistes culturels, d’étudiants du Conservatoire et de l’Institut national des Arts, ainsi que d’anciens parrains et marraines de l’initiative, dont Dr Fatoumata Coulibaly dite FC, marraine du mois de mars.

Un appel à puiser dans nos racines culturelles

Dans un exposé dense et vibrant, Abdoulaye Konaté a livré une réflexion profonde sur la place de l’art dans nos sociétés contemporaines. Selon lui, la création artistique doit puiser ses fondements dans les racines culturelles africaines, aujourd’hui méconnues ou dévalorisées par une jeunesse de plus en plus influencée par les courants occidentaux. Il a regretté le fait que les sociétés d’initiation traditionnelles, autrefois piliers de la formation identitaire en Afrique, soient aujourd’hui oubliées ou marginalisées.

L’artiste a fustigé l’illusion selon laquelle l’art africain devrait se conformer aux standards occidentaux pour être accepté sur la scène internationale. Il a dénoncé la domination culturelle imposée par l’Occident à travers ses puissants réseaux médiatiques, ses canaux de diffusion et ses galeries.

Valoriser l’authenticité culturelle malienne

Pour lui, la culture malienne ne doit pas s’effacer au profit d’autres cultures, mais s’imposer par sa richesse et son authenticité.

« Nous avons existé bien avant les valeurs musulmanes, avant l’ère coloniale. Il faut valoriser ce que nous avons, ce que nous sommes. Ne vous abandonnez pas à une culture qui n’est pas la vôtre. Sinon vous serez des esclaves culturels », a-t-il martelé.

Abdoulaye Konaté a également évoqué la nécessité de former les publics à la consommation de l’art. Pour lui, la valeur d’une œuvre ne réside pas uniquement dans son prix ou sa notoriété, mais dans la capacité à toucher les consciences, à refléter une société, à contribuer à son développement.

Vers un véritable écosystème de l’art africain

Il a souligné que la création artistique ne doit pas être motivée uniquement par l’ambition commerciale, mais par une volonté de transmission, de mémoire et de résistance.

Revenant sur sa propre trajectoire, il a confié avoir été confronté à l’indifférence du marché local à ses débuts, ses œuvres étant parfois proposées à des prix dérisoires. Mais cela ne l’a pas découragé. Aujourd’hui, il constate avec satisfaction que les jeunes diplômés du Conservatoire, grâce à leur créativité et leur persévérance, réussissent à vivre de leur art, voire à en tirer des revenus supérieurs à ceux de certains fonctionnaires.

Enfin, le parrain du mois d’avril a insisté sur l’importance d’organiser un véritable écosystème autour de l’art en Afrique, en s’appuyant sur des critiques, des médias spécialisés, des galeries, des musées et des réseaux sociaux bien structurés. Pour lui, c’est seulement à ce prix que l’art africain pourra s’imposer sur le marché international sans renier son essence.

La conférence a été l’occasion d’un véritable plaidoyer pour une reconquête culturelle et un réarmement identitaire. Elle a marqué un temps fort du projet « 2025, année de la culture au Mali », qui ambitionne de replacer la culture au cœur des priorités nationales.

Ibrahim Kalif Djitteye 

  

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Inondations au Niger
A la UneClimat et environnement

Hivernage 2025 : des mesures prises pour éviter les inondations 

by Sidi Modibo Coulibaly 16 avril 2025
written by Sidi Modibo Coulibaly 4 minutes read

L’année dernière, le Mali a vécu la pire des catastrophes naturelles liées aux inondations. Depuis 50 ans, le pays n’avait pas connu un tel déferlement de pluies qui a engendré de nombreux dégâts de tout genre. Pour anticiper sur la gestion de l’hivernage de cette année, le Premier ministre a engagé des concertations à travers la réunion du comité interministériel de gestion des crises et catastrophes.

« Gérer, c’est prévoir » ou « Mieux vaut prévenir que guérir », a-t-on coutume de dire. C’est ce qu’a, certainement, compris le Premier ministre. Ainsi, le Général de division Abdoulaye Maïga, Premier ministre, a tenu, de janvier 2025 à ce jour, deux réunions du comité interministériel de gestion des crises et catastrophiques.

Bilan consolidé des inondations de 2024

Tel était l’ordre du jour de la première réunion tenue le jeudi 23 janvier. La réunion a établi un bilan des dégâts causés par ces inondations de juin à décembre 2024. Il ressort de ce bilan qu’il y a eu 729 cas d’inondations recensés ayant affecté 88 083 ménages, causé 95 décès et 154 blessés. De nombreuses pertes en cheptel ont également été enregistrées, notamment des dizaines de volailles et ruminants emportés. Par ailleurs, près de 3 000 greniers et magasins ont été détruits. 

Au cours de la réunion, le Premier ministre a préconisé une meilleure préparation et anticipation dans la gestion des crises afin de garantir une prise en charge rapide et efficace en cas d’inondations pendant cette année. C’est pourquoi il a évoqué la problématique des constructions anarchiques et illégales qui obstruent la circulation naturelle de l’eau. Ainsi, les projets prioritaires, tels que la situation du pont Woyowayanko sur la route de Sébénikoro et celle du collecteur de Missabougou, ont également été abordés. 

Le Chef du Gouvernement a proposé la création de voies alternatives pour fluidifier la circulation et a insisté sur la nécessité d’identifier et d’aménager les points de drainage afin de limiter les risques d’inondation. Le Général de division Abdoulaye Maïga a instruit les membres du gouvernement à s’organiser en sous-comités chargés de concevoir et de mettre en œuvre des plans d’action pour ces projets d’envergure. 

Libération des servitudes et des lits des marigots

La seconde réunion s’est tenue le lundi 7 avril 2025. Elle portait sur l’état d’exécution du plan d’actions pour la libération des servitudes et des lits des marigots dans le district de Bamako. Il lui a été donné de constater que la mise en place des sous-commissions, qu’il avait instruite lors de la réunion précédente, a été effective. Celles-ci ont travaillé sur plusieurs axes prioritaires, notamment la communication auprès des populations, la libération des servitudes des collecteurs naturels, l’accompagnement des personnes concernées ainsi que leur indemnisation. 

Le programme prévoit également des actions de sensibilisation communautaire et des rencontres d’information avec les notabilités dans les zones affectées. En ce qui concerne, les collecteurs de Missabougou, les études ont révélé la présence d’infrastructures défectueuses et proposé des alternatives appropriées. Un accent particulier a été mis sur les inondations survenues à Bla, ainsi que sur le contournement du pont de Woyowayanko et de Kassaro, en vue du redémarrage du trafic ferroviaire. Au cours de la réunion du curage et de l’aménagement des caniveaux à Bamako, dans une logique de prévention durable des inondations. 

Faire le maximum avant l’hivernage 

Par rapport à la gestion des pollutions et nuisances, des réformes ont été entreprises. Elles comprennent notamment des sessions de formation, des actions de vulgarisation et un encadrement renforcé. Dans le secteur de l’éducation, les efforts d’anticipation pourraient garantir une rentrée scolaire 2025-2026, sereine.

En terminant la réunion, le Premier ministre a instruit aux membres du comité de participer activement à la mise en œuvre des actions engagées. « Nous devons faire le maximum avant l’hivernage », a précisé le chef du gouvernement. En tout cas, les services météorologiques avaient prévu de la pluie, au cours de la semaine du 14 au 20 avril 2025, dans le District de Bamako et dans les régions de Sikasso, Bougouni, Dioila, Kita, Koulikoro, Mopti, Ségou, Koutiala et Kita. Ce qui a été largement constaté dès le lundi 14 avril 2025.

Sidi Modibo Coulibaly 

  

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