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Application mobile Moncenou
A la UneÉducation

Gestion digitale du système éducatif : d’importantes innovations présentées au Premier ministre

by Sidi Modibo Coulibaly 18 avril 2025
written by Sidi Modibo Coulibaly 3 minutes read

La digitalisation de l’administration publique prônée par le Président de la transition est en marche. Les différents secteurs de l’administration sont à pied d’œuvre pour en faire une réalité. Le secteur de l’éducation, y compris l’enseignement supérieur, n’est pas resté en marge. Les membres du comité de pilotage de digitalisation de ce secteur ont présenté au Premier ministre diverses solutions numériques de gestion.

C’était au cours d’une réunion présidée par le chef du gouvernement, le mardi 15 avril 2025 à la primature. Les innovations présentées sont, entre autres, l’application web, le Progiciel de Gestion Intégrée « PGI », l’application mobile « Mon CENOU à domicile », le système intégré de Gestion d’Université.

Une application Web qui a permis d’économiser 4 milliards F CFA

Déjà fonctionnelle, l’application Web dédiée au sous-secteur de l’enseignement fondamental et secondaire a permis au ministère de l’éducation nationale d’économiser 4 milliards de FCFA. C’est une solution numérique innovante, composée de 14 modules, qui permet de gérer notamment la présence, les examens, les concours, les inscriptions et les orientations. Elle est déjà fonctionnelle à tous les niveaux du système éducatif, du central au local, y compris dans les établissements scolaires. Ce dispositif améliore la prise de décision grâce à la centralisation des données, modernise les services aux usagers (élèves, parents, enseignants), renforce la transparence et l’efficacité du système éducatif. 

L’enseignement supérieur à l’heure du numérique

Le Progiciel de Gestion Intégrée « PGI« , l’application mobile « Mon CENOU à domicile », le système intégré de Gestion d’Université, le système Intégré de Gestion des Œuvres Universitaires « SIGOU » sont les innovations qui vont permettre une gestion optimale et efficace de l’enseignement supérieur. Le progiciel de gestion intégrée dénommé « Cocktail+ CAMPUS MALI »  comprend plus de 30 modules couvrant l’ensemble des processus des universités, grandes écoles et instituts. 

C’est un portail qui facilite la gestion des offres de formation, des candidatures en ligne, des inscriptions administratives et des ressources humaines. Quant à l’application mobile « Mon CENOU à domicile », elle est dédiée aux inscriptions, demandes de transport et d’assistance. Le Système Intégré de Gestion des Œuvres Universitaires « SIGOU » assure un traitement rapide et sécurisé des allocations étudiantes selon des critères bien définis. 

Cenou Kibaru et SIGU, des outils efficaces et économiques

Le service « Cenou Kibaru », via le numéro SMS 36100, permet aux étudiants de suivre l’évolution de leurs demandes. Une autre innovation dénommée « Système intégré de Gestion d’Université » permet de centraliser et d’optimiser  l’organisation de l’université, la gestion des candidatures, des inscriptions, du suivi des parcours étudiants, des évaluations, des ressources humaines et du pilotage stratégique. Ce système, à lui seul, permet au CENOU de réaliser une économie annuelle d’un milliard de francs CFA.

A rappeler que c’est le vendredi 19 juillet 2024 à Koulouba, que le Président de la transition avait procédé au lancement de la digitalisation des moyens de paiement et des services publics de l’État. Auparavant, il avait annoncé cette importante réforme lors de sa visite à Sikasso, le samedi 22 juin 2024. C’était au stade Babemba Traoré.

Sidi Modibo Coulibaly

  

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18 avril 2025 0 comments
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Portrait de Yaya Cissé - Source : Pexels
A la UneTaabolow ani Tabiaw

Yaya Cissé : retour au pays d’un condamné oublié, otage d’une erreur judiciaire ?

by Sahel Tribune 17 avril 2025
written by Sahel Tribune 3 minutes read

Condamné à mort en Mauritanie en 2013 pour un crime qu’il nie avoir commis, Yaya Cissé, ressortissant malien, a passé douze années dans les couloirs de l’injustice. Entre procédures viciées, aveux contestés et procès inéquitable, son affaire incarne l’archétype de l’erreur judiciaire. Aujourd’hui, son transfert vers le Mali relance les espoirs d’un nouveau procès et ravive les questions sur l’indépendance de la justice dans la sous-région.

Son nom était presque tombé dans l’oubli, dissous dans les limbes d’un système judiciaire étranger. Yaya Cissé, ressortissant malien, a été condamné à mort en 2013 en Mauritanie pour un crime qu’il a toujours nié avoir commis. Douze années plus tard, ce détenu devient le symbole d’un combat pour la justice, après avoir été transféré au Mali le 17 avril 2025 pour purger sa peine. Une avancée permise par la coopération judiciaire entre Nouakchott et Bamako, mais aussi par une mobilisation silencieuse et obstinée de défenseurs des droits humains.

Une condamnation entachée d’irrégularités

L’affaire remonte au 26 juillet 2010. Un homme est assassiné à Nouadhibou. Très vite, Yaya Cissé est arrêté. Pas de mandat. Pas d’enquête approfondie. Il est détenu, puis jugé en 2012, dans une langue qu’il ne comprend pas – l’arabe – sans qu’un interprète assermenté ne soit désigné. Une procédure grossière, selon ses avocats, entachée d’irrégularités flagrantes.

Le témoignage clé de l’accusation, celui d’une compatriote, Yaye Coulibaly, sera finalement rétracté. Elle affirme avoir été contrainte de mentir, indiquant initialement que Cissé se trouvait à Nouadhibou le soir du crime. Or, des preuves tangibles – cachets d’immigration, listings de compagnies de transport, relevés téléphoniques – démontrent qu’il se trouvait alors sur la route de Bamako, via Dakar.

Une justice à deux vitesses

Malgré ces éléments à décharge, Yaya Cissé est condamné à mort. Ses coaccusés, eux, écopent de peines nettement plus légères – entre deux et cinq ans de prison. Dans les couloirs sombres d’une justice à deux vitesses, le cas Cissé fait tache. D’autant plus que son dossier mentionne l’usage possible de la torture pour obtenir des aveux. Un procédé interdit par toutes les conventions internationales, mais encore trop répandu.

Pendant ce temps, les appels à la révision du procès se multiplient. Les ONG s’en mêlent. Les réseaux de la diaspora malienne s’activent, mobilisant avocats, diplomates et journalistes. L’histoire de Yaya Cissé devient celle d’un homme pris au piège d’un engrenage judiciaire où la présomption d’innocence n’est plus qu’une abstraction.

Le transfert au Mali, un soulagement national

Le 17 avril 2025, le ministère malien de la Justice officialise la nouvelle. Yaya Cissé est transféré au Mali. Une décision rendue possible par une convention de coopération judiciaire signée entre les deux pays. Dans un communiqué, le 17 avril 2025, le ministre de la Justice et des Droits de l’Homme, Garde des Sceaux, Mamoudou Kassogué, salue l’implication personnelle du Président de la Transition, le Général d’armée Assimi Goïta, pour avoir permis cet aboutissement.

Le ministre n’oublie pas non plus de remercier les autorités mauritaniennes pour leur collaboration, ainsi que les associations de défense des droits humains et la diaspora malienne mobilisée depuis plus d’une décennie.

Le transfert ne signifie pas la fin du calvaire. Yaya Cissé reste condamné. Mais l’espoir renaît. Au Mali, ses soutiens espèrent une révision du procès, voire une libération conditionnelle. Une pétition circule. Des parlementaires se saisissent du dossier. L’État malien, désormais dépositaire de sa peine, pourrait initier une procédure de grâce ou une réévaluation judiciaire.

A.D

  

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17 avril 2025 0 comments
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lutte contre la corruption
A la UneÉconomie

Grève du SYNABEF : Bamako paralysé entre banques fermées, stations-service divisées et citoyens inquiets

by Ibrahim Kalifa Djitteye 17 avril 2025
written by Ibrahim Kalifa Djitteye 4 minutes read

Depuis le jeudi 17 avril 2025, Bamako est confrontée à une grève d’ampleur déclenchée par le Syndicat National des Banques, Assurances, Établissements Financiers, Commerces et Stations-service du Mali (SYNABEF). Ce mouvement social, prévu pour 72 heures, devrait initialement prendre fin le samedi 19 avril à minuit. Toutefois, le syndicat a d’ores et déjà annoncé une reconduction de 120 heures, du 22 au 26 avril, si aucune solution n’est trouvée avec les autorités.

Le mot d’ordre est sans équivoque : aucun service minimum ne sera assuré durant la grève. Les secteurs bancaires et pétroliers, principaux concernés, sont particulièrement affectés à Bamako, avec des répercussions importantes sur l’économie locale, les citoyens et les petits commerçants.

Banques fermées, services gelés

À Bamako, les agences de toutes les grandes banques – telles que BDM-SA, BOA, Ecobank, BNDA, Coris Bank, Orabank, etc. – ont totalement cessé leurs activités dès le premier jour de la grève. Aucun guichet automatique n’est opérationnel, aucune opération de retrait ou de dépôt n’est possible, plongeant les usagers dans une frustration généralisée.

Pour Soumaila Traoré, enseignant, cette grève est incompréhensible et injuste. Il déplore le fait que l’accès à son propre argent soit bloqué pour des raisons syndicales, estimant que l’on ne peut pas fournir un double effort pour épargner et ensuite pour accéder à ses fonds.

À l’inverse, Youssouf Bagayoko, surveillant général dans un établissement privé, comprend les revendications du SYNABEF. Selon lui, un travailleur qui n’est pas dans de bonnes conditions ne peut pas donner le meilleur de lui-même. Il affirme ne pas en vouloir aux grévistes malgré l’impact sur la vie quotidienne.

Stations-service, une réponse en demi-teinte

Contrairement au secteur bancaire où la grève est unanimement suivie, le secteur des stations-service est divisé. Les multinationales comme Total Energies (ex-Total), Shell et Oryx ainsi que Star Oil ont suivi le mot d’ordre syndical. Toutes leurs stations dans la capitale sont restées fermées dès le matin du 17 avril, affichant des messages de soutien au mouvement.

En revanche, les stations nationales telles que Yara Oil, Yara, Petro Bama, Somayaf et autres stations nationales n’ont pas adhéré à la grève. Leurs responsables ont choisi de maintenir leurs activités, permettant à de nombreux usagers d’avoir accès au carburant malgré la situation.

Ce choix a entraîné une forte affluence dans les stations ouvertes, avec des files interminables dans plusieurs quartiers : Bacodjicoroni, Kalaban Coura, Kalaban Coro, Médina Coura, entre autres. Les pompistes se disent débordés, avec des ventes qui ont largement dépassé les moyennes journalières habituelles.

Commerçants et citoyens pris en étau

Dans les marchés et les petits commerces de Bamako, les conséquences de la grève se font vivement sentir. Le blocage des opérations bancaires empêche nombre d’entre eux de passer des commandes, d’acheter leurs marchandises ou d’être payés, surtout en cette veille de pâques.

Fatoumata Coulibaly, vendeuse au marché de Médina-Coura, confie qu’elle perd des clientes car les paiements électroniques ne passent pas. Même constat chez Modibo Keïta, commerçant en gros à Sogoniko, qui dit ne pas pouvoir renouveler son stock faute de virements possibles.

Les consommateurs, quant à eux, manifestent leur inquiétude. Sidibé Mariam Diallo, citoyenne, lance un appel à la clémence des grévistes et exhorte les autorités à engager un dialogue rapide pour éviter une crise économique. Selon elle, cette grève touche toutes les couches de la population et risque de paralyser l’économie si elle s’éternise.

Silence du SYNABEF et incertitudes à venir

Malgré plusieurs tentatives, nous n’avons pu joindre aucun responsable syndical pour avoir plus d’informations sur l’état des négociations ou les raisons précises du blocage avec le gouvernement. Les autorités maliennes, elles aussi, gardent le silence pour l’instant.

Ce vide communicationnel ajoute à la tension ambiante à Bamako. L’hypothèse d’une prolongation de la grève de cinq jours supplémentaires à partir du mardi 22 avril inquiète les travailleurs, les commerçants, les parents d’élèves et les étudiants qui dépendent des services bancaires et énergétiques.

Vers une solution ou une escalade ?

Le bras de fer engagé entre le SYNABEF et les autorités pourrait avoir de lourdes conséquences sur l’économie locale, déjà fragilisée par d’autres défis socio-économiques. Bamako, en particulier, risque de subir une paralysie prolongée si aucun compromis n’est trouvé rapidement.

Dans cette situation, l’appel au dialogue semble être la seule voie pour éviter que la crise ne s’aggrave davantage. Les citoyens, en majorité, réclament une médiation urgente pour sortir de l’impasse, tout en reconnaissant le droit à la grève des travailleurs.

Ibrahim Kalifa Djitteye 

  

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17 avril 2025 0 comments
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mine de lithium de Goulamina
ActuAnalyses

Kodal Minerals : le lithium de Bougouni sur la rampe d’exportation

by Sahel Tribune 17 avril 2025
written by Sahel Tribune 3 minutes read

Kodal Minerals vient d’obtenir l’approbation finale pour le transfert du permis minier, ouvrant la voie à l’exportation du concentré de spodumène produit au sud du Mali. Dans une conjoncture mondiale marquée par la ruée vers les métaux critiques, cette avancée positionne le Mali comme un futur acteur incontournable de la transition énergétique mondiale.

Parmi les projets extractifs les plus scrutés de la planète lithium, celui de Bougouni, au sud du Mali, franchit une étape décisive. Kodal Minerals, société cotée à l’AIM de Londres, vient d’annoncer, ce jeudi 17 avril 2025, que le transfert du permis d’exploitation minière – pierre angulaire du développement industriel du site – est désormais effectif. L’autorisation passe officiellement des mains de Future Minerals SARL à la société malienne Les Mines de Lithium de Bougouni SA (LMLB), filiale locale de Kodal Mining UK Ltd.

Ce feu vert administratif, longtemps attendu, vient lever le dernier verrou d’un projet aussi stratégique qu’ambitieux. Avec déjà plus de 11 000 tonnes de concentré de spodumène produites et stockées sur site, l’usine de traitement DMS de Bougouni se dirige vers une phase de production commerciale, augurant un volume mensuel de 11 000 tonnes de concentré riche à 5,63 % de Li₂O.

Bernard Aylward, directeur général de Kodal Minerals, n’a pas caché son enthousiasme : « La montée en puissance de l’usine progresse de manière satisfaisante. Le stock déjà constitué assure un mois de production d’avance. Nous sommes prêts à honorer notre calendrier ». Une déclaration qui sonne comme une promesse dans un marché mondial sous tension, où le lithium – or blanc du XXIe siècle – est devenu une ressource critique pour la transition énergétique.

Une mécanique de précision… encore suspendue à une signature 

Bien que toutes les formalités administratives aient été accomplies – y compris l’intégration du gouvernement malien dans l’actionnariat de LMLB –, le dernier acte, symbolique et déterminant, reste en suspens : la signature du président Assimi Goïta. Sans elle, le permis d’exportation ne peut être délivré, empêchant le premier convoi de spodumène de quitter Abidjan à destination de la Chine. « Le transfert prend effet immédiatement et confirme que la licence demeure valide. Les discussions se poursuivent pour finaliser les permis nécessaires à l’exportation du concentré de spodumène produit dans le cadre du projet, et la Société prévoit commencer les exportations au cours du prochain trimestre. », explique Kodal Minerals dans son communiqué. 

Entretemps, Kodal a sollicité une extension de délai pour verser la seconde tranche de paiement, à hauteur de 7,5 millions de dollars, au Trésor malien. Une démarche actée mais encore non tranchée par les autorités.

Un projet structurant et inclusif

Sur le terrain, Kodal affiche une stratégie de contenu local qui suscite le respect : 95,7 % des 555 employés présents sur site sont maliens, dont 344 issus directement des communautés riveraines. La construction d’une nouvelle route facilitant l’accès au village de Ngoualana illustre la volonté de la société de concilier exploitation minière et développement local.

Enfin, quelques finitions – notamment les travaux de drainage et l’aménagement du camp de chantier – sont en cours. L’ultime ligne droite d’une aventure industrielle qui, à travers le lithium malien, s’inscrit déjà dans l’histoire énergétique de demain.

Le Conseil des ministres a entériné ce mercredi 16 avril 2025 un décret aux allures de bascule stratégique. Le transfert officiel du permis d’exploitation du gisement de lithium de Foulaboula à une société d’exploitation malienne dédiée. 

Chiencoro Diarra

  

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17 avril 2025 0 comments
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Des Guinée dans une station-service pour faire le plein.
A la Une

Gao étouffe sous la pénurie de carburant : le gouvernement face à l’urgence

by Sahel Tribune 17 avril 2025
written by Sahel Tribune 3 minutes read

Au nord du Mali, dans la ville fière mais meurtrie de Gao, un fléau silencieux s’installe. Le carburant se raréfie, les prix flambent, la tension sociale monte. Depuis le 13 avril 2025, les files d’attente devant les stations-service ne désemplissent plus. Les barriques de 200 litres sont devenues l’objet d’un bras de fer entre les revendeurs et les autorités, sur fond de grogne populaire. Résultat : une paralysie énergétique aux conséquences incalculables.

Le boycott des distributeurs informels – piliers souterrains mais essentiels du système d’approvisionnement local – a mis à nu la fragilité d’un circuit logistique déjà précaire. Les stations-service ouvertes sont prises d’assaut, la pénurie devient visible. Les internautes maliens, témoins d’un désordre devenu chronique, documentent l’attente, la colère, l’impuissance.

Face à cette crise, l’Union Régionale des Travailleurs de Gao (URT-GAO) a lancé un cri d’alarme dans un communiqué inédit, dénonçant « un désordre économique généralisé » où chacun fixe librement ses prix, où l’État semble aux abonnés absents. Le litre d’essence, qui frôlait encore les 1500 FCFA, atteint désormais les 2000 FCFA dans certains quartiers. Et derrière la flambée des prix, c’est toute la pyramide des souffrances sociales qui s’effondre : denrées alimentaires, eau potable, électricité… tout vacille.

Le silence trop long des autorités

Dans ce contexte inflammable, le ministre de l’Industrie et du Commerce, Moussa Alassane Diallo, a réuni le 16 avril les principaux opérateurs du secteur des hydrocarbures. Objectif : évaluer les besoins urgents et poser les jalons d’un plan d’approvisionnement spécifique aux régions du Nord. Le gouvernement entend désormais anticiper, sécuriser les corridors, rationaliser les flux, éviter l’implosion.

Un tournant semble amorcé. Le ministre, dans une démarche concertée, a demandé un recensement immédiat des fournisseurs actifs et une estimation précise des volumes nécessaires pour les six prochains mois. Il propose une coordination étroite avec les forces de sécurité pour garantir un transport sans entrave des hydrocarbures vers les zones sensibles.

Quand l’énergie devient politique

Cette pénurie survient dans un contexte géopolitique tendu. L’attaque d’un aéronef malien début avril, attribuée à l’Algérie, a précipité une série de mesures diplomatiques fortes : rappel de l’ambassadeur, plainte officielle, retrait du CEMOC. Gao, en première ligne logistique, paie déjà le prix de cette brouille régionale.

Mais au-delà des considérations diplomatiques, ce sont les Maliens qui souffrent. Les associations de jeunes, les comités de quartier, les syndicats appellent à la solidarité nationale. Des engagements avaient été pris en 2024 entre vendeurs d’essence et autorités locales. Aujourd’hui, ces accords sont invoqués comme une dernière digue face à la montée des périls.

Gao cristallise une urgence nationale. L’énergie n’est plus seulement une donnée économique, elle est devenue une question de survie collective. Le gouvernement joue sa crédibilité dans sa capacité à rétablir un circuit d’approvisionnement digne, transparent, pérenne.

La population attend des actes. Pas des mots.

A.D

  

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17 avril 2025 0 comments
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Moussa Alassane Diallo, ministre de l'Industrie et du Commerce, évoque la Taxe spéciale de solidarité Mali.
ActuÉconomie

Taxe spéciale sur la consommation : le ministre Moussa Alassane Diallo défend la nouvelle taxe devant les opérateurs économiques

by Sidi Modibo Coulibaly 17 avril 2025
written by Sidi Modibo Coulibaly 3 minutes read

Le lundi 14 avril 2025, le ministre de l’Industrie et du Commerce a rencontré les responsables de la Chambre de commerce et d’industrie du Mali (CCIM), afin de dresser le bilan de l’approvisionnement des marchés en produits de première nécessité durant le mois de Ramadan. Il en a également profité pour sensibiliser ses hôtes à la taxe spéciale de contribution récemment instaurée par le gouvernement.

Depuis le 30 mars 2025, date marquant la fin du mois sacré musulman de jeûne, le gouvernement évalue les résultats de sa stratégie d’approvisionnement. Cette période est traditionnellement marquée par une forte demande populaire en produits de base : riz, sucre, huile, lait, etc. Pour répondre à ces besoins, l’État a consenti d’importants efforts afin de permettre aux opérateurs économiques de ravitailler les marchés, tout en maintenant l’accessibilité des prix.

Près de deux semaines après la fin de ce mois, le ministre Moussa Alassane Diallo a jugé nécessaire de rencontrer les opérateurs économiques afin d’établir un bilan. En débutant la rencontre, Moussa Alassane Diallo a salué l’engagement remarquable des opérateurs qui ont permis un approvisionnement fluide des marchés en produits de qualité avec des prix stables, voire en baisse, durant tout le mois sacré musulman. Il n’a pas aussi manqué de saluer l’appui constant des gouverneurs de régions et des services déconcentrés du Commerce qui ont fait un travail de veille et de supervision remarquable. 

A la suite de cette reconnaissance, le ministre de l’Industrie et du Commerce a abordé la question de la taxe spéciale de contribution à l’alimentation du fonds de soutien aux projets d’infrastructures de base et de développement social.

Une taxe spéciale sur les communications et les transferts 

D’après les propos du ministre, l’instauration de la taxe spéciale est une mesure forte prise au nom de la souveraineté économique. « Nous apprenons à vivre par nous-mêmes, à financer nos projets sans dépendre de personne », a-t-il indiqué. En réponse, les opérateurs économiques ont exprimé leur totale adhésion à la mesure tout en demandant une transparence dans la gestion des fonds récoltés. Ils ont, en outre, salué la démarche participative du ministre et réaffirmé leur volonté d’accompagner l’État dans ses efforts de résilience et de transformation économique.

Rappelons que le gouvernement a introduit une contribution spéciale de solidarité, consistant en un prélèvement spécifique sur la consommation des services de communications téléphoniques et les opérations de retrait d’argent via le mobile money. Concrètement, pour chaque recharge de 1 000 francs CFA, le consommateur recevra 900 francs CFA de crédit, soit une retenue de 10 %. Concernant les transactions de mobile money, le client paiera des frais de retrait de 200 francs CFA pour un montant de 10 000 francs CFA, contre 100 francs CFA précédemment, ce qui correspond à une augmentation de 1 % pour l’opérateur et de 1 % pour l’État.

Cette mesure s’intègre au programme de transition fiscale de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA), visant à réduire la dépendance aux droits de douane au profit d’une fiscalité intérieure plus soutenue. Les recettes générées seront affectées à des projets de développement social et d’infrastructures de base, contribuant ainsi à l’amélioration des conditions de vie des populations maliennes.

Sidi Modibo Coulibaly

  

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17 avril 2025 0 comments
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Pont de Kassaro. Reprise du train voyageur
A la UneÉconomie

Réhabilitation du pont de Kassaro : le train sifflera de nouveau dans quatre mois

by Sidi Modibo Coulibaly 17 avril 2025
written by Sidi Modibo Coulibaly 3 minutes read

Le mardi 15 avril 2025, un protocole d’accord d’un montant de 1,6 milliard de FCFA a été signé entre le ministère des Transports et des Infrastructures et la société chinoise Covec Mali, représentée par son directeur Zhang Lunkun. Cet accord porte sur la réhabilitation du pont de Kassaro, dans la région de Kita. Les travaux, dont la durée est estimée à quatre mois, permettront de rétablir le trafic ferroviaire interrompu depuis le 30 août 2024, suite à l’effondrement du pont, empêchant ainsi la reprise prévue pour le 15 septembre 2024.

La cérémonie de signature s’est tenue au ministère de l’Économie et des Finances, en présence du ministre Alousseni Sanou. La ministre des Transports, Dembélé Madina Sissoko, a souligné que toutes les conditions sont désormais réunies pour relancer la liaison ferroviaire entre Bamako et Kayes une fois les travaux achevés. Elle a exprimé sa gratitude à la Banque mondiale, partenaire essentiel de l’État dans ce chantier d’intérêt stratégique.

Quant au ministre de l’Economie et des Finances, Alousseni Sanou, il a rappelé que c’est à la suite des inondations de l’année dernière, que le président de la Transition a décrété l’état d’urgence et engagé le gouvernement à trouver les voies et moyens afin de soulager les populations des dures conséquences des crues et prendre les mesures nécessaires pour éviter que les prochaines pluies ne causent autant de dégâts. Ainsi, dit-il, le Général d’armée Assimi Goïta a instruit de mettre à disposition 4 milliards de Fcfa sur le budget d’État afin de faciliter la réalisation de ces ambitions. 

Promesse tenue par la ministre

Le 30 août 2024, le pont a été totalement endommagé par les pluies diluviennes. En effet, les pluies diluviennes ont fait enlever la quasi-totalité du remblai de la voie sur plus de 100 mètres et, ont effondré le mur en retour du pont du côté de Kassaro. Elles ont aussi entraîné la chute de plus de 1,50 m du tablier du pont du côté de Kassaro et, causé une grande ouverture entre la dalle et la culée du pont du côté de Sébékoro. Comme solutions, la ministre avait annoncé, au micro de l’ORTM (Office de radiodiffusion et télévision du Mali), que des études détaillées seront initiées sur le pont endommagé en vue de sa reconstruction dans le cadre d’un programme d’urgence en cours d’élaboration au sein du ministère.

Rappelons qu’après 5 années d’arrêt (mai 2018), le trafic ferroviaire avait repris en 2023.  Le dimanche 23 juillet 2023, le président de la transition avait officiellement lancé la reprise du trafic ferroviaire. Mais, le tout premier voyage ferroviaire avait eu lieu auparavant. Et le train avait quitté Kayes, le vendredi 9 juin 2023 pour arriver à Bamako, le dimanche 11 juin. Le trajet a duré environ 15 heures avec de nombreux arrêts. Pour reprendre le trafic ferroviaire, il aura fallu à l’État un investissement de plus de 6 milliards FCFA pour des travaux de rénovation des infrastructures et des matériels.

Avec cette réhabilitation du pont de Kassaro, on peut espérer que le train n’arrêtera plus de siffler.

Sidi Modibo Coulibaly

  

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