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Formation sur le journalisme pour lutter contre la désinformation
Actu

Renforcer le journalisme pour lutter contre la désinformation : la Fondation Tuwindi forme 25 journalistes

by Ibrahim Kalifa Djitteye 24 avril 2025
written by Ibrahim Kalifa Djitteye 2 minutes read

Depuis ce lundi 21 avril 2025, la Fondation Tuwindi organise une formation de cinq jours pour 25 journalistes maliens, au Mémorial Modibo Keïta à Bamako. Cette activité s’inscrit dans le cadre du projet « Voix Authentiques », qui vise à améliorer la qualité de l’information au Mali et dans le Sahel, en formant des professionnels capables de détecter et de combattre la désinformation.

Durant cette formation, les participants vont se familiariser avec plusieurs techniques essentielles, notamment le journalisme d’investigation, le datajournalisme (journalisme basé sur l’analyse de données), l’utilisation de l’intelligence artificielle dans le travail journalistique, ainsi que les règles d’éthique et de déontologie. L’objectif est de renforcer leurs compétences pour produire des contenus fiables, utiles et compréhensibles pour le public.

Le projet « Voix Authentiques » part d’un constat clair notamment les fausses informations circulent de plus en plus, notamment sur les réseaux sociaux, ce qui rend difficile l’accès à une information de qualité. Or, une information fiable est essentielle pour permettre aux citoyens de bien comprendre les enjeux de la société.

Un impact concret attendu dans le paysage médiatique

Au total, cette formation permettra de produire 25 enquêtes journalistiques originales, publiées dans différents formats. Ces productions contribueront à enrichir le paysage médiatique malien et régional avec des contenus rigoureux, utiles et accessibles.

Avec cette initiative, la Fondation Tuwindi confirme son engagement en faveur d’une presse libre, responsable et tournée vers l’intérêt général. À travers le projet « Voix Authentiques », elle montre l’importance de former les journalistes aux outils modernes, dans le respect de l’éthique, pour faire face aux défis actuels du métier.

Des experts chevronnés à la manœuvre

Pour assurer une formation de qualité, la Fondation Tuwindi s’est entourée de trois experts reconnus dans leurs domaines. Salif Sanogo, journaliste et spécialiste en communication, a ouvert les travaux avec des modules axés sur l’éthique et la déontologie, les fondements du journalisme, la lutte contre les fake news et les deepfakes, ainsi que les enjeux de l’intelligence artificielle dans le métier.

Alexy Kalembry, expert en journalisme d’investigation, prendra le relais avec des sessions portant sur la protection des sources, la narration d’enquête, le traitement de l’information sensible, ainsi que le journalisme de solutions. De son côté, Tidiani Togola, ingénieur en informatique, initiera les participants aux principes du datajournalisme, en leur apprenant à collecter, analyser et visualiser des données pour des enquêtes rigoureuses et accessibles.

Durant cinq jours, ces experts partagent leurs expériences avec des journalistes venus de la télévision, de la radio, de la presse écrite, de la presse en ligne et du monde des blogs. Une dynamique porteuse d’espoir pour un journalisme plus fort, mieux outillé et engagé contre la désinformation.

Ibrahim Kalif Djitteye 

24 avril 2025 0 comments
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Abdelamadjid Tebboune
ActuPolitique

Mobilisation générale en Algérie : un signal politique dans un climat de tensions régionales accrues

by Sahel Tribune 24 avril 2025
written by Sahel Tribune 4 minutes read

En adoptant une nouvelle loi encadrant les conditions de mobilisation générale, le pouvoir algérien entérine un cadre juridique lui permettant de basculer dans l’état de guerre. Une initiative qui intervient dans un contexte géopolitique chargé, marqué par les tensions persistantes avec Rabat et Paris.

Le calendrier n’est pas anodin. Dimanche 20 avril 2025, à l’issue d’un Conseil des ministres, le gouvernement algérien a adopté un projet de loi relatif à la mise en œuvre de la mobilisation générale. Ce texte, qui s’inscrit dans les dispositions prévues par l’article 99 de la Constitution, formalise les modalités d’organisation, de préparation et d’exécution d’un basculement potentiel vers une situation de guerre, en cas de péril majeur.

La présidence algérienne, relayée par l’agence officielle Algérie Presse Service et confirmée par le média indépendant TSA, justifie cette décision par la nécessité de disposer d’un arsenal juridique clair en matière de sécurité nationale. Ce projet était déjà en discussion depuis octobre 2024.

Un corpus juridique élargi en cas de crise majeure

L’article 99 s’inscrit dans une série de dispositions constitutionnelles (articles 97 à 102) permettant au président de la République, Abdelmadjid Tebboune, de décréter différents états d’exception : état d’urgence, de siège, d’exception ou de guerre. L’article 100 lui permet même, en cas d’agression imminente ou effective, de déclarer officiellement l’état de guerre et d’en informer la Nation.

Si le gouvernement algérien affirme s’inscrire dans un cadre de « préparation institutionnelle », l’adoption de cette loi intervient dans un environnement régional fortement tendu. Depuis des décennies, Alger et Rabat s’opposent sur la question du Sahara occidental. Ce territoire, contrôlé par le Maroc, est revendiqué par les indépendantistes du Front Polisario, soutenus par l’Algérie. Depuis la rupture du cessez-le-feu en novembre 2020, la zone est régulièrement le théâtre d’escarmouches militaires, attisées par les divergences diplomatiques croissantes.

L’hostilité s’est intensifiée après que la France a officiellement soutenu le plan d’autonomie marocain, par la voix du président Emmanuel Macron, dans une lettre adressée au roi Mohammed VI en juillet 2024. Alger a immédiatement dénoncé cette prise de position, y voyant une « caution au fait colonial » et a rappelé son ambassadeur à Paris.

Préparation ou intimidation ?

Au-delà du Maghreb, les relations franco-algériennes continuent de se dégrader. Entre accusations de « mensonges sur la colonisation », arrestations d’écrivains dissidents comme Boualem Sansal, expulsions migratoires litigieuses, et crise des influenceurs franco-algériens, la défiance s’est installée. Les échanges diplomatiques sont minés par une série de tensions bilatérales, tant sur le plan sécuritaire que culturel.

Sur un autre front, les relations entre le Mali et l’Algérie se sont considérablement dégradées au cours des derniers mois, révélant une fracture géopolitique de plus en plus béante. À Bamako, les autorités de transition accusent ouvertement Alger de jouer un double jeu : d’un côté, se poser en médiateur du processus de paix ; de l’autre, accorder une bienveillance silencieuse à certains groupes armés touaregs et figures politiques maliennes exilées, à l’instar de l’imam Mahmoud Dicko, perçu comme un opposant déstabilisateur. Point d’orgue de cette crise diplomatique, l’abattage, en avril 2025, d’un drone militaire malien, dans la région de Kidal, par la défense anti-aérienne algérienne à proximité de la frontière commune, à Tinzaouatène. 

L’incident a provoqué le rappel immédiat des ambassadeurs et une escalade verbale sans précédent, chaque capitale accusant l’autre de menées hostiles. À cela s’ajoutent les enjeux sécuritaires autour des zones frontalières riches en hydrocarbures, ainsi que des visions divergentes quant à la gestion militaire du Sahel. La perspective d’un affrontement direct, bien que peu probable à ce stade, alimente les inquiétudes dans une région déjà fragilisée par l’emprise terroriste et l’effritement des mécanismes de coopération régionale.

La mise en place d’un cadre légal pour une mobilisation générale relance donc les spéculations sur les intentions stratégiques d’Alger. Est-il question d’une réelle anticipation d’un conflit ou d’un signal de fermeté adressé à ses voisins et partenaires internationaux ?

Dans un pays où la question militaire reste hautement sensible, cette initiative s’apparente autant à une mesure de souveraineté qu’à un message politique. À la veille de potentielles recompositions régionales, l’Algérie rappelle qu’elle est prête à activer tous les leviers institutionnels pour défendre ce qu’elle considère comme ses lignes rouges.

A.D

24 avril 2025 0 comments
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Inondations au Niger
A la UneSécurité

Des climatologues africains à Bamako : optimiser les dispositifs de prévention et de gestion des risques

by Sidi Modibo Coulibaly 24 avril 2025
written by Sidi Modibo Coulibaly 3 minutes read

 La problématique climatique est de plus en plus un enjeu pour les pays africains, et particulièrement ceux du Sahel et de la zone soudanienne. Les inondations meurtrières de l’année 2024 dans ces pays sont toujours ancrées dans la mémoire collective. Pour réfléchir à la prévention de tels risques, des experts se sont réunis à Bamako, la capitale malienne.

C’est à Bamako, capitale du Mali, que se tient actuellement le Forum régional de prévision saisonnière des caractéristiques agro-hydro-climatiques des zones sahéliennes et soudaniennes de l’Afrique (PRESASS). Le forum s’est ouvert le 21 avril 2025 et prendra fin le 25 avril. La cérémonie d’ouverture a été présidée par la Directrice générale de MALI-METEO, Tandia Fanta Traoré. Dans son allocution, elle a indiqué que ce forum est un pont entre deux intelligences de notre monde, basées sur les mêmes équations de la physique de l’atmosphère de façon déductive pour les scientifiques et intuitive lors de la transmission de père en fils. Elle a, aussi, évoqué les signes qui annoncent l’arrivée de la saison de pluie dans divers horizons, en ces termes : « quand les fourmis surgissent, quand les oiseaux migrateurs passent, quand les chameaux grattent le sol, quand les bœufs s’agitent, ce ne sont pas de simples caprices, mais c’est le signal d’un changement d’état de l’eau à l’atmosphère. Et quand les nérés se fructifient, ça veut dire que le calendrier de la nature est en route, le vent souffle du Sud à Ouest, tout ça annonce l’arrivée de la saison de pluie ».

Objectifs du forum

Ce forum de quatre jours vise l’optimisation des dispositifs de prévention et de gestion des risques, ainsi que la mise en œuvre de mesures novatrices pour tirer parti des potentialités des saisons agricoles. Il permettra également de poser les jalons pour assurer une sécurité alimentaire durable dans une région comme le sahel, zone de transition fragile entre le désert et les zones humides. Autrement dit, ce Forum est une occasion de partager des informations fiables sur le climat. 

La rencontre regroupe les experts (climatologues, hydrologues et agronomes) de 17 pays d’Afrique de l’Ouest et du Sahel. Elle est organisée par le Centre Régional AGRHYMET en partenariat avec l’Agence nationale de la Météorologie du Mali, le Centre Africain pour les Applications de la Météorologie au Développement (ACMAD) et les organismes des bassins. Le choix du Mali pour abriter la rencontre ne relève pas du hasard. Il est l’un des pays pionniers du processus de prévision saisonnière. Ses services météorologiques donnent des prévisions qui, dans la plupart des cas, s’avèrent justes.

Qu’en est-il de la prévision de la semaine ?

Selon MALI-METEO, la semaine du 22 au 27 avril 2025 sera caractérisée par un ciel généralement nuageux à couvert sur l’ensemble du pays. La visibilité demeurera globalement bonne, garantissant des conditions de déplacement satisfaisantes à travers le territoire malien. En ce qui concerne les températures, les valeurs minimales varieront entre 22 °C et 28 °C.

Les températures les plus fraîches sont prévues dans la région nord de Taoudenit, où les nuits pourraient être un peu plus fraîches. Durant la journée, les températures maximales devraient se situer entre 37 °C et 46 °C. Les régions de Kayes et de Gao, connues pour être parmi les plus chaudes du pays, sont anticipées comme les points chauds majeurs. Un point important de cette prévision est l’arrivée attendue des premières pluies sur une grande partie du territoire. 

Des pluies sont prévues entre le mardi 23 (ce jour, Bamako a reçu de la pluie) et le vendredi 26 avril, affectant principalement les zones méridionales et centrales. Parmi les zones concernées, on trouve Sikasso, Bougouni, Dioïla, Kita, Koulikoro, Mopti et Ségou, ainsi que la région de Koutiala. Ce début, bien que localisé, de la saison des pluies, pourrait offrir un répit bienvenu après les périodes de chaleur intense.

Sidi Modibo COULIBALY

24 avril 2025 0 comments
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Ministre de l'Economie et des FInances
A la UneÉconomie

[Finance | Titres publics] Le Mali séduit les marchés régionaux avec des rendements à près de 10 %

by Sahel Tribune 23 avril 2025
written by Sahel Tribune 2 minutes read

Sur le marché régional des titres publics de l’Union monétaire ouest-africaine (UMOA), le Mali affiche une santé financière qui surprend autant qu’elle rassure. En quelques jours à peine, Bamako a levé plus de 80 milliards de francs CFA, dépassant nettement son objectif initial. Un succès qui illustre une tendance de fond : l’attractivité grandissante des titres souverains maliens, portés par des rendements qui frôlent les 10 %.

Entre le 14 et le 18 avril 2025, le Trésor public malien a mobilisé précisément 80,72 milliards de francs CFA à travers deux émissions de bons et obligations. Le 16 avril, 66 milliards ont été levés avec un taux de couverture de 120,58 %, pour des rendements compris entre 8,10 % et 9,68 %. Deux jours plus tard, une seconde opération d’un montant de 14,72 milliards, absorbée à 100 %, a permis d’afficher un taux record de 9,75 % sur un BAT de 364 jours.

Des taux élevés, une stratégie maîtrisée

Ces rendements, parmi les plus compétitifs du marché régional, sont loin d’être anecdotiques. Dans un contexte de tensions budgétaires à l’échelle de la CEDEAO et de réformes structurelles internes, le Mali entend capitaliser sur la confiance retrouvée des investisseurs régionaux. Le Trésor malien joue ainsi habilement sur la courbe des taux, positionnant ses émissions sur des maturités courtes à moyennes avec des taux suffisamment attractifs pour compenser la perception de risque.

Mais derrière cette offensive, c’est aussi un message politique que Bamako adresse : celui d’un État qui maîtrise sa trajectoire budgétaire, malgré les défis sécuritaires et géopolitiques qui affectent encore certaines régions du pays. En d’autres termes, le Mali veut convaincre que sa signature souveraine reste fiable.

Un signal de confiance pour la suite

Le succès de ces opérations pourrait inciter le Trésor à poursuivre sur cette lancée. Dans les mois à venir, les autorités maliennes pourraient multiplier les levées de fonds ciblées, en s’appuyant sur cette fenêtre de crédibilité ouverte. De quoi financer en partie les ambitions d’investissement public, notamment dans les infrastructures et le secteur agricole.

Alors que d’autres pays de la zone UEMOA peinent à mobiliser leur quota d’émissions ou se heurtent à des exigences de taux plus élevés, le Mali semble, pour l’heure, bénéficier d’un alignement favorable. Reste à transformer cette confiance en dynamique durable. Une équation budgétaire qui se jouera autant dans les chiffres que dans la capacité politique à maintenir le cap.

A.D

23 avril 2025 0 comments
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Armée béninoise
AnalysesSécurité

Terrorisme au Bénin : les racines sahéliennes d’un péril silencieux

by Chiencoro 23 avril 2025
written by Chiencoro 4 minutes read

Depuis novembre 2021, le Bénin, longtemps épargné par la menace terroriste sahélienne, fait désormais face à une série d’attaques armées à répétition dans sa région septentrionale. Une spirale de violence qui n’a cessé de se renforcer, posant un défi sécuritaire majeur à l’État béninois et à l’ensemble de la sous-région. Aux confins du parc de la Pendjari, à Porga, à Karimama ou dans les forêts du parc du W, les groupes djihadistes ont trouvé un nouveau front sud pour leurs incursions.

Les premières attaques, survenues fin 2021, portaient déjà la signature tactique de groupes liés à Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI) et à l’État islamique dans le Grand Sahara (EIGS). Depuis, plus d’une dizaine d’assauts ont été enregistrés, dont l’un des plus marquants reste l’attaque du commissariat de Karimama en avril 2022. En moins de deux ans, le nord du Bénin a ainsi connu au moins 16 attaques, coûtant la vie à 13 membres des forces de sécurité.

La géographie y est pour beaucoup. Bordé au nord par le Burkina Faso et le Niger – deux épicentres de l’insurrection sahélienne – le Bénin partage une frontière poreuse avec des zones déjà infiltrées par les terroristes. Les parcs nationaux et les zones forestières de la Pendjari et du W offrent un terrain propice à l’infiltration, au repli et à la logistique des groupes armés. 

Dans une allocution devant les forces vives de la nation en janvier 2025, le Président malien de la transition avait pourtant averti sur l’expansion du terrorisme. Il alertait tous les pays comme le Benin qui estimaient être épargnés de ce fléau et refusaient toute coopération avec le Mali. Aucun pays ne serait épargné, peut-on résumer ses propos. « Ni dun toulou bana, se bai kai mun toulou ma », (On fait recours à la pommade une fois qu’on finit avec l’huile de cuisson), autrement dit lorsque les terroristes seront fortement harcelés au sein de l’AES, ils chercheront refuge dans les pays qui se croient plus stables.

Failles locales, convoitises régionales

Mais la géographie ne fait pas tout. Les tensions sociales, l’absence d’opportunités économiques pour les jeunes, les conflits communautaires latents et le faible ancrage de l’État central dans certaines zones du nord du pays constituent un terreau fertile pour la radicalisation. Comme dans d’autres pays du Sahel, les groupes terroristes exploitent ces vulnérabilités pour tisser leurs réseaux et gagner du terrain.

Ces groupes poursuivent un triple objectif : étendre leur emprise territoriale, contrôler les routes du trafic transfrontalier, et imposer leur idéologie en capitalisant sur l’absence d’État et l’exclusion sociale. Le Bénin, jusqu’ici cité comme modèle de stabilité politique et démocratique, se retrouve ainsi happé par la dynamique régionale d’insécurité.

Une coopération régionale mise à mal

La riposte béninoise, incarnée notamment par l’opération « Mirador », vise à sécuriser les zones à risque. Mais l’efficacité de cette action est entravée par la dégradation des relations avec ses voisins immédiats. Depuis le coup d’État au Niger en juillet 2023, les échanges sécuritaires entre Niamey et Cotonou sont au point mort. Les autorités nigériennes ont suspendu les accords militaires bilatéraux, coupant un canal essentiel de coordination.

Les tensions avec le Burkina Faso – autre membre de l’Alliance des États du Sahel (AES) – n’ont rien arrangé. Malgré cela, le Bénin reste attaché à une posture diplomatique conciliante. Le ministre des Affaires étrangères Olushegun Adjadi Bakari l’a rappelé : « la sortie de la CEDEAO par les pays de l’AES n’est pas une rupture de relations. »

Talon, l’équilibriste régional

Face à ces défis, le président béninois Patrice Talon mise sur une stratégie de fermeté et d’équilibre. Fermeté dans la réponse sécuritaire, avec le renforcement des effectifs militaires dans le nord et l’appui à l’intelligence territoriale. Équilibre diplomatique, en conservant des canaux de communication ouverts avec les pays de l’AES, tout en défendant la légitimité de la CEDEAO et en s’alignant sur ses positions face aux coups d’État militaires.

Sur le plan économique, le Bénin sait qu’il ne peut se permettre de couper les ponts avec ses voisins sahéliens. Le maintien des échanges commerciaux transfrontaliers, en particulier pour les régions du nord, est vital pour l’économie béninoise.

Une guerre sans frontières

Le défi est donc de réussir à contenir la menace djihadiste à l’intérieur, tout en naviguant dans un environnement régional fracturé. Le Bénin illustre aujourd’hui l’élargissement de la guerre sahélienne vers les côtes. Et à mesure que les groupes armés poursuivent leur descente stratégique vers le sud, la stabilité relative des États côtiers n’apparaît plus comme une garantie.

En attendant une réponse régionale plus cohérente, et face à la fragmentation des alliances sous-régionales, c’est seul – ou presque – que le Bénin devra défendre sa frontière nord. Une ligne de front nouvelle, dans une guerre qui, décidément, ne connaît plus de limite géographique.

Chiencoro Diarra 

23 avril 2025 0 comments
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Choguel Kokalla Maiga, Premier ministre du Mali.
ActuSécurité

Tensions Bamako-Alger : Choguel Maïga recadre l’Algérie sur la souveraineté malienne

by Sahel Tribune 22 avril 2025
written by Sahel Tribune 2 minutes read

La récente sortie du chef de la diplomatie algérienne sur l’Accord d’Alger a suscité une réaction cinglante de l’ancien Premier ministre malien. Pour Choguel Kokalla Maïga, l’heure n’est plus aux injonctions, mais à un dialogue d’égal à égal.

La ligne rouge a été franchie. En avril 2025, lors d’une intervention en langue arabe – choix linguistique perçu à Bamako comme un signal ciblé à l’opinion sahélienne –, le ministre algérien des Affaires étrangères Ahmed Attaf a publiquement exprimé le rejet par Alger de la décision malienne de sortir du cadre de l’Accord de paix de 2015, dit « Accord d’Alger ». Pour les autorités maliennes, ces propos n’ont pas seulement ranimé un différend ancien, ils ont aussi ravivé les tensions autour d’une médiation de plus en plus contestée.

“Le Mali ne recevra plus de leçons”

L’ex Premier ministre, Choguel Kokalla Maïga, a tenu à répondre. Un discours sans ambages, où la souveraineté malienne a été brandie comme un rempart. « Le Mali ne se laissera plus dicter sa conduite par quiconque, fût-ce au nom d’un accord mal ficelé ou d’une prétendue médiation », a martelé le Président du MPR, dénonçant une « ingérence inacceptable dans les affaires intérieures » du pays.

Pour l’ex Premier ministre, le contenu même de l’Accord d’Alger, signé sous l’égide d’Alger en 2015, est aujourd’hui « caduc ». Choguel Maïga accuse certains acteurs régionaux – sans les nommer – d’avoir fait de la médiation un levier politique pour soutenir des groupes armés sous couvert de bons offices. Une accusation lourde, qui reflète le climat de méfiance croissante entre les deux capitales.

Un désaccord de fond sur la stratégie sahélienne

Les tensions ne portent pas uniquement sur le fond de l’accord, mais aussi sur les visions divergentes quant à la gestion du conflit au nord du Mali. Ahmed Attaf a en effet critiqué la stratégie militaire de Bamako, estimant que « la solution sécuritaire seule est vouée à l’échec ». Un commentaire interprété comme une remise en cause directe de la politique de reconquête territoriale menée par les Forces armées maliennes, avec l’appui de partenaires non-occidentaux.

Pour autant, M. Maïga ne ferme pas totalement la porte au dialogue avec Alger. Mais il insiste. Tout échange futur devra reposer sur des bases nouvelles, débarrassées des postures paternalistes et fondées sur le respect mutuel. « Le Mali reste ouvert à toute coopération dans l’intérêt de la stabilité régionale, mais dans le respect de sa souveraineté pleine et entière », a-t-il précisé.

Un tournant diplomatique ?

Cette passe d’armes entre Bamako et Alger pourrait marquer un tournant dans les équilibres géopolitiques sahéliens. Le Mali, engagé dans une redéfinition de ses alliances régionales et internationales, semble déterminé à rompre avec les anciens schémas. Et à rappeler, avec fermeté, que nul ne peut parler en son nom sans son consentement.

La rédaction 

22 avril 2025 0 comments
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Alassane Dramane Ouattara, président de la République ivoirienne, lors du 61ème anniversaire du pays
A la UnePolitique

Côte d’Ivoire : tensions croissantes à l’approche de la présidentielle d’octobre 2025

by Chiencoro 22 avril 2025
written by Chiencoro 2 minutes read

À six mois d’un scrutin présidentiel crucial, la Côte d’Ivoire s’enfonce dans une spirale de contestations électorales. Au cœur de la discorde : des listes jugées incomplètes, des figures politiques majeures écartées, et une opposition en ordre de bataille. Tandis que la Commission électorale se veut rassurante, la défiance monte dans un pays où le passé électoral reste une plaie vive.

Depuis octobre 2024, la Commission électorale indépendante (CEI) a entamé une opération de mise à jour des listes électorales, avec l’objectif d’atteindre les quelque 12,5 millions d’électeurs potentiels du pays. Aujourd’hui, seuls 8 millions y figurent. Cette initiative, qui devait renforcer l’inclusivité du processus, est critiquée par l’opposition, qui juge la période d’enrôlement trop courte (23 jours) et les conditions de révision insuffisantes.

Le chef du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI-RDA), Tidjane Thiam, a exprimé publiquement ses inquiétudes, évoquant une « faiblesse majeure de la démocratie ivoirienne ». Il demande une révision annuelle du fichier électoral.

Des figures politiques menacées

Autre sujet de discorde : la radiation de plusieurs personnalités de premier plan, dont Tidjane Thiam lui-même, écarté au motif de sa nationalité française acquise en 1987. L’ex-président Laurent Gbagbo, Guillaume Soro et Charles Blé Goudé figurent également parmi les noms absents de la liste électorale provisoire. Des exclusions qui, pour leurs partisans, remettent en question la transparence et l’équité du scrutin à venir.

Face à ces inquiétudes, une coalition de 25 partis d’opposition – Cap-Côte d’Ivoire – s’est formée. Son objectif, défendre des réformes électorales garantissant des élections « inclusives, libres, justes et transparentes ». Elle appelle à l’ouverture d’un dialogue politique avec le pouvoir en place.

Des appels internationaux à la vigilance

De son côté, l’ONU a exhorté les autorités ivoiriennes à garantir un climat apaisé pour la présidentielle, rappelant les traumatismes de la crise post-électorale de 2010-2011. Le président de la CEI, Ibrahime Coulibaly-Kuibiert, assure que l’institution multiplie les efforts pour élargir l’accès à l’inscription, en s’appuyant notamment sur des relais communautaires.

Alors que les tensions s’exacerbent, la Côte d’Ivoire joue une nouvelle fois une partie délicate de sa trajectoire démocratique. La capacité de ses institutions à garantir un scrutin crédible, transparent et apaisé pèsera lourdement sur la stabilité du pays dans les mois à venir.

Chiencoro Diarra

22 avril 2025 0 comments
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