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Bassirou Diomaye Faye, président de la République du Sénégal.
A la UneAnalyses

Dialogue national à Dakar : un exercice sans crise ou une crise sans issue ?

by Sahel Tribune 28 mai 2025
written by Sahel Tribune 4 minutes read

Alors que les autorités sénégalaises affirment qu’aucune crise politique ne mine le pays, le dialogue national qui s’ouvre ce 28 mai à Dakar soulève une question de fond : exercice démocratique sincère ou rituel de façade pour masquer des tensions bien réelles ?

Au Sénégal, les traditions ont parfois des allures de scénarios bien huilés. Chaque fois que les tensions politiques prennent un tour trop aigu, qu’une tempête menace de noyer le fragile équilibre républicain, une même parade institutionnelle est convoquée : le dialogue national. Et chaque fois, le rituel s’exécute dans la grande salle feutrée du Centre international de conférence Abdou-Diouf, à Diamniadio, avec ses mots choisis, ses intentions proclamées, ses absents remarqués.

Le cru 2025 n’échappe pas à la règle. Officiellement, il ne s’agit pas de résoudre une crise — puisqu’il n’y en a pas, martèle Ousmane Sonko, Premier ministre en croisade contre « la politique politicienne ». Il s’agit, dit-on, de réformer le système électoral, de clarifier le rôle de l’opposition, de donner un sens plus transparent au financement des partis, de rationaliser le calendrier et, en toile de fond, de légitimer, par la forme, un pouvoir fraîchement installé mais déjà contesté.

Une table ronde aux contours flous

Autour de la table, pendant huit jours, un aréopage de personnalités politiques, syndicales, universitaires, religieuses, et une société civile en rangs dispersés. Il faut dire que l’agenda du dialogue semble plus voulu que vécu : ni l’APR, le parti de Macky Sall, ni ses figures les plus emblématiques – Barthélémy Dias, Aïssata Tall Sall, Thierno Alassane Sall – n’ont jugé utile de s’y asseoir. Ils dénoncent en chœur « un climat de chasse aux sorcières », dominé par les inculpations ciblées d’anciens ministres du régime précédent, avec en point d’orgue, l’arrestation du beau-frère de Macky Sall, Mansour Faye, 48 heures avant l’ouverture des travaux.

Une coïncidence judiciaire, diront certains. Un signal politique, murmureront les autres.

L’APR aux abonnés absents, le PDS de retour

Le paradoxe est là : ceux qui ont jadis incarné le pouvoir refusent le débat, pendant que ceux qui l’ont longtemps combattu, comme Khalifa Sall ou le PDS version Karim Wade, font acte de présence. Dans une démocratie où l’alternance ne fait plus débat, la conflictualité ne disparaît pas, elle se déplace — des urnes vers les tribunaux, des débats vers les boycotts.

Le gouvernement Diomaye Faye, qui veut incarner une « rupture », assure de son côté que ce dialogue est une initiative proactive, non une réponse à une crise. Mais comment ignorer que cette édition 2025 s’inscrit, une fois encore, dans une séquence de tensions politiques mal digérées ? 2023 : dialogue à la veille de la condamnation d’Ousmane Sonko. 2024 : dialogue au cœur de la polémique sur le report de la présidentielle. 2025 : dialogue au lendemain d’une vague d’inculpations de figures de l’ancien régime.

Sur le papier, les ambitions sont nobles : un fichier électoral plus juste, des partis mieux financés, une opposition mieux définie, une justice électorale plus indépendante. Dans les faits, le pays ne parvient pas à dégager un consensus de fond, ni même à éviter l’instrumentalisation des procédures. Une douzaine de milliers de contributions en ligne sur la plateforme Jubbanti — à l’échelle d’un pays de 17 millions d’habitants — donne la mesure de la distance entre l’inclusivité affichée et l’enthousiasme réel.

Le dialogue : outil démocratique ou rideau de scène ?

On peut voir dans ces assises une tentative sincère de rationaliser la vie politique, ou un mécanisme habile pour occuper l’espace, désamorcer les critiques, voire légitimer un pouvoir qui cherche ses marques. Dans un cas comme dans l’autre, le Sénégal, dont les transitions démocratiques ont jusqu’ici fait figure d’exemple sur le continent, semble aujourd’hui englué dans un entre-deux : celui d’un système électoral à bout de souffle et d’une classe politique toujours en guerre de légitimité.

Pendant ce temps, les urgences sociales – chômage, jeunesse désorientée, tension sur les prix – restent en suspens. Le dialogue national aura-t-il un écho dans le quotidien des Sénégalais ? Rien n’est moins sûr.

Un théâtre sans public ?

Si dialogue il y a, encore faut-il qu’il débouche sur des actes. Et surtout, qu’il ne soit pas l’alibi poli d’une régression démocratique maquillée en concertation ouverte. La démocratie sénégalaise, souvent célébrée pour sa maturité, donne ici un spectacle étrange : celui d’un théâtre sans public, où l’on parle de tout sauf de ce qui fâche vraiment.

Alors, le Sénégal a-t-il un problème politique ? Officiellement non. Mais ce déni, martelé à la une des journaux, est peut-être la meilleure preuve du contraire.

A.D

28 mai 2025 0 comments
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Reportage BAC
A la UneÉducation

Examens 2025 au Mali : tolérance zéro face à la triche

by Ibrahim Kalifa Djitteye 28 mai 2025
written by Ibrahim Kalifa Djitteye 4 minutes read

À l’approche des examens de fin d’année, le Directeur du Centre national des examens et des concours de l’éducation (CNECE), Zeïnou Aguissa Maïga, met en garde contre les fraudes. La structure durcit le ton, la nouvelle loi n° 2024-027, en vigueur depuis le 13 décembre 2024, prévoit des sanctions pénales sévères jusqu’à trois ans de prison et 3 millions de francs CFA d’amende pour la tricherie. Le CNECE appelle tous les acteurs du système éducatif au civisme et à l’éthique afin d’assurer l’équité des épreuves du DEF prévu du 2 au 4 juin prochain et du Baccalauréat, du 23 au 26 juin, et ainsi restaurer la crédibilité des diplômes maliens.

Dans une lettre officielle datée du 26 mai 2025, signée par son Directeur Zeïnou Aguissa Maïga, le CNECE s’adresse à l’ensemble des acteurs du système éducatif notamment les administrateurs scolaires, syndicats de l’éducation, enseignants, associations du secteur de l’éducation et, bien sûr, les candidats. L’objectif est de prévenir toute implication dans des pratiques frauduleuses en rappelant les dispositions légales désormais en vigueur.

La fraude, des actes précisément définis

La nouvelle loi pénale ne laisse aucune place à l’interprétation concernant ce qui constitue une fraude. L’Article 413-2 énumère une série d’actes considérés comme frauduleux lors d’un examen ou d’un concours. Parmi eux, la transmission, communication, diffusion ou vente d’épreuves, de corrigés ou de solutions est formellement interdite. De même, la substitution d’épreuves, de résultats ou de listes de candidats, ainsi que la modification par ajout ou retrait de notes ou de noms sont des infractions graves.

La loi s’attaque également aux pratiques de favoritisme et de corruption. L’Article 413-2 mentionne spécifiquement la communication d’un code ou d’un signe quelconque à certains candidats dans le but de les identifier et de leur attribuer une note imméritée. La corruption d’un correcteur, d’un examinateur, d’un surveillant, d’un président de jury, d’un candidat ou de toute personne participant à l’organisation du concours ou de l’examen est également criminalisée, tout comme le chantage à l’encontre de ces mêmes acteurs. Enfin, l’utilisation frauduleuse de tout moyen de communication est expressément proscrite, ce qui inclut notamment l’usage de téléphones portables ou d’autres dispositifs électroniques pour tricher.

Des sanctions exemplaires pour dissuader

Le Mali montre sa détermination à éradiquer la fraude en instaurant des sanctions sévères. L’Article 413-3 stipule que toute personne qui commet une fraude, par quelque moyen et sous quelque forme que ce soit, lors d’un examen ou d’un concours public ayant pour objet l’entrée dans une administration publique ou l’obtention d’un diplôme officiel, est passible d’un emprisonnement de trois ans et d’une amende de 3 000 000 de francs CFA.

La loi ne se limite pas aux auteurs directs de la fraude. L’Article 413-4 cible ceux qui, par imprudence, négligence ou inobservation des règlements, favorisent une fraude à un examen ou à un concours. Ces derniers encourent un emprisonnement de deux ans et une amende de 2 000 000 de francs CFA. Cette disposition souligne la responsabilité collective dans la lutte contre la fraude et encourage une vigilance accrue de la part de tous les intervenants.

L’Article 413-6 vient renforcer ces dispositions en précisant les peines applicables à quiconque se rend coupable de ces délits. Il réitère les actes déjà mentionnés, tels que la livraison à un tiers ou la communication sciemment, avant ou pendant l’examen ou le concours, du texte ou du sujet de l’épreuve, ainsi que l’usage de pièces fausses (diplôme, certificats, extraits de naissance, etc.) ou la substitution d’une tierce personne aux véritables candidats. Toutes ces infractions sont punies des peines prévues à l’article 413-3, soit trois ans de prison et 3 000 000 de francs CFA d’amende.

Appel au civisme et à l’éthique

Face à ces nouvelles dispositions, le Directeur du CNECE, Zeïnou Aguissa Maïga, exhorte tous les acteurs à faire preuve de civisme, de sens de l’éthique et de déontologie. L’application rigoureuse du règlement et de la police de surveillance des examens et concours est primordiale pour éviter d’être qualifiée d’auteurs, co-auteurs ou complices des infractions définies dans le nouveau Code pénal.

Cette initiative du CNECE, en collaboration avec le cadre légal mis en place par la loi n° 2024-027, marque un tournant majeur dans la lutte contre la fraude scolaire et universitaire au Mali. Elle envoie un message clair : l’intégrité des examens et concours est non négociable, et toute tentative de la compromettre sera sévèrement réprimée. Il s’agit d’une étape essentielle pour garantir un système éducatif juste et équitable, où la réussite est le fruit du mérite et du travail.

D’après le journal Le Témoin, 350 409 candidats sont inscrits cette année aux différents examens — Certificat d’aptitude pédagogique, Brevet de Technicien, Diplôme d’Études fondamentales et Baccalauréat — dont 173 767 filles et 176 642 garçons. Parmi eux, on compte 332 233 candidats réguliers et 18 176 candidats libres.

Ibrahim Kalifa Djitteye 

28 mai 2025 0 comments
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insécurité alimentaire
ActuClimat et environnement

Crises climatiques : quand la météo tue aussi

by Fousseni TOGOLA 28 mai 2025
written by Fousseni TOGOLA 4 minutes read

Alors que le changement climatique multiplie les sécheresses et inondations extrêmes, le Rapport mondial sur les crises alimentaires 2024 alerte sur un facteur de famine encore sous-estimé : la météo. En 2024, plus de 96 millions de personnes dans 18 pays ont basculé dans l’insécurité alimentaire aiguë à cause de phénomènes climatiques extrêmes, notamment liés à El Niño. De l’Afrique australe à la Corne de l’Afrique, en passant par l’Asie du Sud, les petits agriculteurs paient le prix fort d’un réchauffement mondial auquel ils n’ont presque pas contribué. Le climat, désormais, tue aussi par la faim.

La terre craque, les pluies se déchaînent, les champs deviennent poussière ou marécages. Pendant que l’humanité débat de géopolitique et de croissance, le climat, lui, tranche sans négociation. En 2024, selon le dernier Rapport mondial sur les crises alimentaires (GRFC), les phénomènes météorologiques extrêmes – sécheresses, inondations, pluies diluviennes – ont plongé plus de 96 millions de personnes dans des situations de faim aiguë, dans 18 pays en crise.

C’est la face oubliée de la déstabilisation climatique : pas celle des COP et des grandes promesses, mais celle des villages assoiffés, des bergers ruinés, des femmes qui plantent sans récolter.

Le climat, un déclencheur aussi cruel que silencieux

« Les conditions météorologiques extrêmes, en particulier les sécheresses et les inondations provoquées par El Niño, ont été un facteur majeur des crises alimentaires en 2024 », alerte le GRFC. Cette année, l’Afrique australe, la Corne de l’Afrique, l’Asie du Sud ou encore l’Amérique centrale ont subi des chocs violents, bouleversant les cycles agricoles, détruisant les récoltes et perturbant l’élevage.

La spécificité de ce facteur est double. D’une part, il est de plus en plus fréquent, avec des épisodes plus intenses et moins prévisibles. D’autre part, il affecte les plus pauvres, ceux qui vivent de la terre, de l’eau ou du bétail. Et surtout, il s’ajoute à d’autres crises – conflits, instabilité, pauvreté – sans laisser le moindre répit.

En Afrique australe, la situation est critique. En Zambie, Zimbabwe, Malawi et dans certaines zones du Mozambique, la sécheresse provoquée par El Niño a décimé les cultures de maïs, denrée de base pour des millions de foyers. Selon le rapport, « ces conditions météorologiques extrêmes ont gravement compromis la sécurité alimentaire de millions de personnes, déjà fragilisées par des années de précarité ».

Résultat : des taux de malnutrition infantile en hausse, des prix alimentaires qui flambent sur les marchés, et des tensions accrues entre communautés rurales. Quand l’eau ne vient plus, c’est la solidarité qui s’évapore.

La face immergée des inondations

Ailleurs, ce sont les inondations qui tuent en silence. En Somalie, au Pakistan, au Soudan du Sud ou au Bangladesh, les terres agricoles sont submergées, les stocks détruits, les routes coupées. Le GRFC souligne que ces phénomènes, souvent soudains, « exposent les communautés à des pénuries alimentaires brutales, à la perte de moyens de subsistance et à des déplacements massifs ».

Le paradoxe est cruel : trop d’eau tue, tout comme l’absence d’eau. Dans les deux cas, le système alimentaire s’effondre.

Ce sont les petits exploitants agricoles, qui produisent 80 % des denrées dans de nombreux pays en crise, qui subissent de plein fouet ces bouleversements climatiques. Sans irrigation, sans accès à la météo fiable, sans réserve de semences, chaque saison devient un pari sur la survie.

Et quand l’agriculture tombe, c’est toute une économie rurale qui s’écroule : emploi saisonnier, marchés locaux, transport vivrier. La faim s’infiltre partout.

Sous-financement climatique : le talon d’Achille

Pire encore, les réponses manquent. Le rapport déplore que malgré l’ampleur des dégâts, les financements destinés à l’adaptation au changement climatique restent dérisoires. Les projets de résilience locale sont peu soutenus, les mécanismes d’alerte précoce insuffisamment financés, et les filets sociaux rarement anticipés.

Cindy McCain, directrice exécutive du PAM, est sans détour : « Nous avons des solutions éprouvées pour lutter contre la faim, mais nous manquons du soutien nécessaire pour les mettre en œuvre. »

Face à cette spirale, le rapport plaide pour une action plus ciblée : renforcer les capacités d’adaptation climatique des petits producteurs, investir dans l’irrigation locale, les semences résistantes, les infrastructures rurales, les systèmes d’alerte météo, et surtout dans l’éducation climatique communautaire.

Comme le rappelle Qu Dongyu, directeur général de la FAO : « Investir dans l’agriculture d’urgence, c’est investir dans une solution à long terme. »

La météo n’est pas coupable, l’inaction l’est

L’enjeu n’est pas simplement de constater les ravages du climat, mais d’y répondre avant qu’ils ne deviennent irréversibles. Le climat devient aujourd’hui l’un des premiers déclencheurs de la faim, au même titre que la guerre ou la misère. Il agit lentement, mais frappe sûrement.

Si rien n’est fait, les saisons agricoles deviendront des saisons de deuil, les enfants des statistiques de mortalité, et les terres fertiles des cimetières d’espoirs.

La planète est en surchauffe, les terres en souffrance, et les peuples en attente. L’équation est connue, les solutions existent. Ce qui manque ? Une volonté. Car face à la faim provoquée par le climat, chaque orage est un message. Et chaque sécheresse, un avertissement. À force de les ignorer, le monde pourrait finir par récolter ce qu’il sème : le vide.

F. Togola 

28 mai 2025 0 comments
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Des adolescentes rentrent chez eux après l'école à Niamey
A la UneÉducation

Scolarisation des filles : vers une coordination plus efficace des projets au Mali

by Sidi Modibo Coulibaly 28 mai 2025
written by Sidi Modibo Coulibaly 5 minutes read

« Éduquer un garçon, c’est éduquer une seule personne, mais éduquer une fille, c’est éduquer toute une nation », disait dans sa chanson une grande cantatrice malienne, Kandia Kouyaté. En d’autres termes, elle veut montrer l’impact positif de l’éducation des filles dans la vie d’une nation. C’est en raison de cet impact que les autorités ne ménagent aucun effort pour mettre l’accent sur la scolarisation des filles au Mali.

C’est dans ce souci qu’elles ont tenu, le vendredi 23 mai 2025 à Bamako, la 4e réunion du comité directeur conjoint du mécanisme de coordination des projets de scolarisation des filles (MECOP-SCOFI). Un cadre qui a été mis en place par le ministère de l’Éducation nationale dans le souci d’une meilleure coordination, de partage d’expériences d’appropriation nationale et d’une meilleure lisibilité des progrès envers l’amélioration de l’éducation des filles au Mali.

Depuis, trois réunions de ce cadre se sont tenues respectivement en juin 2022, mai 2023 et mai 2024. Celle de cette année a porté sur ce qui suit : rappel des principales recommandations de la réunion de mai 2024 ; présentation avec des données probantes du niveau de réduction des obstacles à la scolarisation des filles dans les zones d’intervention des projets ; point sur l’accès, la promotion et le maintien des enfants à l’école, particulièrement les filles, à l’aide des données précises ; partages des principaux obstacles auxquels les projets ont été confrontés dans le cadre de la mise en œuvre de leurs activités ; description de deux ou trois mesures en vue de la pérennisation des acquis ; discussion sur la plus-value des différents projets ; présentation des principaux résultats attendus la prochaine année. 

À signaler que ces projets interviennent dans les régions de Tombouctou, Mopti, Bandiagara, San, Ségou et le district Bamako. Ils sont mis en œuvre grâce à un accord de financement entre les gouvernements du Canada et du Mali. Beaucoup de recommandations, pouvant impacter positivement sur la qualité de l’éducation des enfants et particulièrement les filles, ont été formulées. 

Des participants à la réunion

La cérémonie d’ouverture de cette 4e réunion a été co-présidée par l’ambassadeur directeur Amérique au ministère des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Mehdi Diakité, Boubacar Dembélé, Secrétaire général du ministère de l’Éducation nationale et Alou Dicko Chef sectoriel éducation et formation professionnelle, Chef de la coopération, représentant Affaires Mondiales Canada. 

La réunion a, également, enregistré la présence de chefs des projets de scolarisation des filles : (PASCOFI, DÉFI Mali, SCOFI COWATER, EMPOWER et FIERES), des Chefs de services techniques du ministère de l’Éducation nationale, de représentants de services techniques des ministères de l’entrepreneuriat national, de l’Emploi et de la Formation professionnelle et de la promotion de la femme, de l’enfant et de la famille. 

De la situation actuelle de la scolarisation des filles

D’après un communiqué de presse en date du 4 novembre 2024, premier jour de la rentrée scolaire 2024-2025, ce sont, d’après un communiqué de presse en date du 4 novembre 2024 de l’UNICEF, plus de 4 millions d’écoliers dont 1,8 million de filles qui ont repris le chemin de l’école. Il ressort du rapport général sur les états généraux de l’éducation (août 2023-fevrier 2024) que le taux brut de scolarisation au premier cycle de l’Enseignement fondamental 1 est estimé à 79,9 % dont 79,4 % pour les filles et 80,3 % pour les garçons. 

Dans l’ensemble, le taux net de scolarisation au fondamental est passé de 58,5 % en 2022 à 63,1 % en 2023. Le rapport indique aussi que malgré les chances similaires d’accès de l’ordre de 70 % à l’entrée du fondamental, les chances des filles se réduisent à 25 % à la fin du cycle, contre 41 % chez les garçons. Les filles sont en proportion plus faible à se retrouver dans le secondaire, dans l’Enseignement technique et professionnel et dans le supérieur. D’où la question de savoir les causes de cette situation pour les filles.

Des entraves à la scolarisation des filles 

La scolarisation des filles au Mali est entravée, entre autres, par des normes sociales, la pauvreté des ménages, le manque d’infrastructures et d’enseignants, l’éloignement des écoles, l’absence d’éducation sexuelle. Par rapport aux normes sociales, beaucoup considèrent la scolarisation des filles comme secondaire par rapport au rôle de femme au foyer et de mère qu’elles sont appelées à jouer et le plus souvent de façon précoce. 

En ce qui concerne la pauvreté des familles, elle s’illustre par l’incapacité des parents à prendre en charge les frais de scolarité, les fournitures scolaires et les uniformes : plusieurs parents préfèrent s’occuper des charges des garçons qu’ils considèrent comme de futurs soutiens de famille. L’éloignement des écoles, surtout dans les zones rurales, constitue, également, un obstacle pour le maintien des filles à l’école en raison des distances à parcourir et des risques de violence sur le chemin de l’école. 

Il en est de même du manque d’éducation à la santé de la reproduction en ce sens que beaucoup de filles abandonnent l’école au vu de leurs premières menstrues qu’elles ne savent pas non seulement gérer sur place, mais aussi qu’elles ne sont pas assistées convenablement dans l’espace scolaire.

Ces défis soulignent la nécessité d’une action concertée pour améliorer l’accès à l’éducation des filles au Mali, notamment en combattant la pauvreté, en renforçant les infrastructures éducatives, en modifiant les normes sociales et culturelles, en améliorant la sécurité et en offrant une éducation sexuelle de qualité.

Sidi Modibo Coulibaly

28 mai 2025 0 comments
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Cybersécurité
A la UneÉconomie

Contre les cybermenaces : le Mali renforce les compétences des acteurs 

by Sidi Modibo Coulibaly 27 mai 2025
written by Sidi Modibo Coulibaly 4 minutes read

C’est avec la confection des cartes d’identité biométriques que beaucoup de Maliens se sont rendus compte des enjeux de la cybersécurité. Les données sur les cartes NINA (numéro d’identification nationale) avaient été bloquées par le concepteur pour des raisons politiques. Les autorités avaient, en conséquence, tout mis en œuvre pour le déblocage. Dès lors, elles ont fait de la cybersécurité une priorité et une question de souveraineté nationale.

C’est dans cette optique qu’elles ont élaboré une stratégie nationale de Cybersécurité dont le lancement a eu lieu, le 30 janvier 2024, lors d’un atelier de validation. Cette stratégie est accompagnée d’un plan d’action. Dans ce plan, il est prévu de renforcer les compétences des acteurs (acteurs en charge des technologies de l’information et de la communication dans les institutions de la République, les entreprises publiques et privées) afin de mieux sécuriser les données nationales. 

La position du Mali dans l’Indice mondial de cybersécurité

Un atelier stratégique s’est tenu du 20 au 22 mai 2025 à Bamako. Organisé par l’AMRTP ( Agence malienne de régulation des télécoms, postes et Tics), à travers le ML-CERT (Centre de Réponse aux Incidents ), avec l’appui technique de l’Union Internationale des Télécommunications (UIT), il a regroupé des experts nationaux et internationaux. Il a permis de renforcer les compétences techniques et organisationnelles du Centre de Réponse aux Incidents (ML-CERT) et à améliorer la posture globale du Mali face aux cybermenaces. 

Les participants ont, également, renforcé leurs compétences sur la protection des infrastructures critiques, la gouvernance de la cybersécurité, les mécanismes de réponse aux incidents. Il a été aussi question d’une évaluation de la position du Mali dans l’Indice mondial de cybersécurité. 

Des simulations, cas pratiques et échanges stratégiques ont rythmé ces trois jours de travail. Au sortir de l’atelier, les participants ont acquis de nouvelles compétences pouvant sérieusement contribuer à lutter contre les cybermenaces.  Il faut noter que les violations de données personnelles, les attaques ciblant les personnes, les organisations et institutions sont des exemples de cybermenaces contre lesquelles il faut se protéger.

Du terme « cybersécurité »

Le terme « cybersécurité » est un néologisme désignant le rôle de l’ensemble des lois, politiques, outils, dispositifs, concepts et mécanismes de sécurité, méthodes de gestion des risques, actions, formations, bonnes pratiques et technologies qui peuvent être utilisés pour protéger les personnes et les actifs informatiques matériels et immatériels (connectés directement ou indirectement à un réseau) des États et des organisations (avec un objectif de disponibilité, intégrité et authenticité, confidentialité, preuve et non-répudiation). 

Le préfixe « cyber » a donné avec le développement d’Internet et la généralisation du numérique un grand nombre de mots tels que cyberespace, cyberdéfense, cyberattaque, cybercrime, cybercafé, cyberculture, cyberdémocratie, cybermarché, cyber-réputation. C’est par réaction contre les risques liés à l’omniprésence des technologies de l’information et de la communication et à leur capacité d’interconnexion et d’échange de données que la cybersécurité se constitue progressivement en tant que nouvelle discipline (spécialité) pleine et entière.

La cybersécurité, un outil de souveraineté numérique 

La cybersécurité présente des enjeux économiques, stratégiques et politiques qui sont bien au-delà de la seule Sécurité des systèmes d’information. Elle concerne d’ailleurs aussi bien l’informatique de gestion, l’informatique industrielle, l’informatique embarquée que les objets connectés. 

La cybersécurité doit être appréhendée de manière holistique pour prendre en compte les aspects économiques, sociaux, éducatifs, juridiques, techniques, diplomatiques, militaires et de renseignement. Excellence technique, adaptabilité et coopération sont essentielles dans ce domaine. C’est pourquoi une stratégie nationale de cybersécurité exige de la continuité politique et une vision à long terme. 

Le Mali s’inscrit dans un engagement continu

De différentes publications des États semble se dégage un consensus reconnaissant la nécessité d’organiser et d’assurer la sécurité et la défense des systèmes techniques eux-mêmes, et celles des sociétés qui utilisent ces systèmes. Cela dit, afin d’encourager une culture mondiale et motiver les pays pour qu’ils intensifient leurs efforts en matière de cybersécurité, l’Union internationale des télécommunications a développé un indice de la cybersécurité dans le monde (GCI) qui mesure le niveau de développement de chaque pays dans ce domaine. 

Le premier rapport a été publié en avril 2015. Le GCI évalue l’engagement des pays en faveur de la cybersécurité au regard de cinq piliers stratégiques (juridique, technique, organisation, prise de conscience et savoir-faire, coopération internationale). Au regard de tous ces enjeux, on peut dire que la cybersécurité concerne la sécurité et la souveraineté numérique de chaque État.

Donc, en prenant cette initiative, le Mali s’inscrit dans un engagement continu pour un espace numérique plus sûr, résilient et inclusif.

SMC

27 mai 2025 0 comments
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Image: Un graphique réalisé pour illustrer les chroniques du Mardi.
ActuChroniques

La faim, ce nouveau djihad

by Sahel Tribune 27 mai 2025
written by Sahel Tribune 3 minutes read

Dans un monde où les conflits tuent à la kalachnikov et les sécheresses à petit feu, la faim s’impose comme le détonateur silencieux des grands dérèglements. Derrière chaque chiffre froid, une colère chaude. Derrière chaque ration supprimée, une frontière qui s’effrite. La Banque mondiale alerte, mais qui écoute encore quand le ventre vide devient un cri politique ?

« La crise de la faim ne menace pas seulement des vies, elle mine la stabilité des sociétés », affirme Axel van Trotsenburg, directeur général des opérations à la Banque mondiale. C’est plus qu’un avertissement technocratique : c’est une prophétie. Et c’est surtout une phrase qui mérite d’être lue à haute voix dans toutes les capitales qui prétendent encore croire à l’ordre mondial.

Des linceuls de fortune

Le Rapport mondial sur les crises alimentaires 2025, livré en mai dans une indifférence polie, ressemble à ces diagnostics implacables que l’on lit, un sourcil levé, avant de tourner la page. Erreur. Ce rapport-là est une sirène. Un avertissement sans frais — pour l’instant. Car si la faim tue, elle fait plus encore : elle fracture les sociétés, érode les États, dissout les pactes civiques, transforme des enfants en combattants, des mères en exilées, des villages entiers en camps de fortune.

295 millions de personnes. C’est la masse critique de ceux qui, en 2024, ont plongé dans l’insécurité alimentaire aiguë. L’expression est froide. Elle dissimule des réalités brûlantes : enfants affaiblis, rations coupées, marchés à l’abandon, files d’attente pour du riz moisi, poings levés contre les convois de l’ONU, et parfois — trop souvent — des linceuls de fortune.

Regardons la carte. Le Soudan est aujourd’hui le théâtre d’une famine certifiée — la première depuis 2020. En bande de Gaza, 100 % de la population est confrontée à une insécurité alimentaire sévère. À Haïti, au Soudan du Sud, au Mali, les zones classées « urgence » ou « catastrophe » se multiplient. Dans 36 pays, plus de 35 millions de personnes nécessitent une action immédiate. Le chiffre fait tourner les têtes, mais sur le terrain, ce sont les ventres qui grondent.

La kalachnikov est devenue un plat du jour

Et pourtant, pendant que la faim progresse, les financements reculent. En Afghanistan, en RDC, au Soudan ou au Yémen, les coupes budgétaires ont paralysé l’aide alimentaire. Les Nations unies préviennent : jusqu’à 45 % de réduction. Comme si l’incendie exigeait moins d’eau.

La faim, hier conséquence, est devenue cause. Elle alimente les conflits comme le bois sec nourrit le feu. Elle pousse à la fuite, creuse les sillons de la migration, ouvre la voie aux discours extrémistes, aux vendettas intercommunautaires, aux alliances avec les seigneurs de guerre et les groupes armés. La kalachnikov est devenue un plat du jour.

À qui profitera ce chaos ? Aux entrepreneurs de violence, aux prophètes de l’apocalypse, à ceux qui ont compris depuis longtemps que le ventre vide est plus facile à enrôler que le cerveau nourri. Boko Haram, Al-Shabaab, les factions tribales du Soudan ou les gangs haïtiens le savent. Dans un monde où l’on meurt de faim, l’arme devient un outil de survie.

Le djihad du vide

Et que fait la planète ? Elle s’agite, puis se lasse. Elle promet, puis se retire. Les financements baissent, les promesses s’étiolent, les diplomates s’égarent dans des palabres sans suite. On dénonce, on condamne, mais on n’agit pas. La famine est une catastrophe qu’on regarde à distance, comme une série Netflix dont l’on peut encore choisir de zapper l’épisode suivant.

Axel van Trotsenburg a dit vrai. Mais il faut aller plus loin : la faim est désormais un acteur politique. Elle redistribue les cartes, recompose les rapports de force, redessine les frontières mentales et géographiques. C’est le djihad du vide, le soulèvement du silence, le chaos du quotidien.

Si le XXIe siècle a un nouveau levier de guerre, ce n’est ni le pétrole, ni les minerais, ni l’intelligence artificielle. C’est la faim. Et tant que le monde civilisé la traitera comme une crise parmi d’autres, elle continuera de ronger les fondations de nos certitudes.

A.D

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Concert géant
ActuSeko ni Donko

Journée de l’Afrique : Un concert géant pour un Sahel debout

by Ibrahim Kalifa Djitteye 27 mai 2025
written by Ibrahim Kalifa Djitteye 4 minutes read

La Place du Cinquantenaire a vibré au son d’un gigantesque concert célébrant la Journée de l’Afrique. Organisé par le Ministère de l’Artisanat, de la Culture, de l’Industrie hôtelière et du Tourisme, cet événement a mis en lumière l’unité sous le thème « FARAFINA KELENYA ». La cérémonie a été présidée par le ministre de l’Artisanat, de la Culture, de l’Industrie hôtelière et du Tourisme, M. Mamou DAFFÉ en présence de son homologue de la Communication, de l’Économie numérique et de la Modernisation de l’Administration, M. Alhamdou Ag ILYÈNE, ainsi que des ambassadeurs du Burkina Faso et du Niger.

Cette célébration a marqué un moment fort en présence de figures officielles de premier plan. La dimension panafricaine a été mise en évidence par la présence des ambassadeurs des Républiques sœurs du Burkina Faso et du Niger, attestant de la solide fraternité au sein de la Confédération des États du Sahel (AES).

Une scène panafricaine pour la diversité culturelle

Ce grand rassemblement musical a dépassé le simple divertissement pour devenir un manifeste culturel et politique, illustrant la force et la cohésion des peuples de la région. Des artistes de renom, représentant fièrement le Mali, le Burkina Faso et le Niger, les trois pays de l’AES se sont produits sur scène, captivant le public par leurs mélodies et leurs messages. L’objectif était clair : magnifier la richesse de l’Afrique et rendre hommage aux figures emblématiques qui œuvrent pour son progrès. Parmi les artistes présents figuraient l’illustre Oumou Sangaré, le légendaire Cheick Tidiane Seck dit Black Buda, et l’incontournable Sidiki Diabaté.

La diversité des expressions artistiques a enrichi la soirée. Le groupe AMANAR DE KIDAL a transporté l’audience avec la musique touarègue, tandis que BADEMA NATIONAL, une institution malienne, a enflammé la foule. Le groupe Miniankala Kan, emmené par le charismatique Yaya Coulibaly, a offert un aperçu profond de la culture malienne. La scène sahélienne était pleinement représentée par JHONEL du Niger et NAËL du Burkina Faso, chacun apportant les couleurs sonores de son pays.

La relève artistique au cœur de l’année de la culture

Au-delà des artistes confirmés, ce concert a mis en lumière la jeune garde musicale malienne, signe du dynamisme et du renouvellement créatif. Des talents prometteurs tels que FAMA DIABATÉ, ROSALIE DEMBÉLÉ, WASSA KOUYATÉ, YOUNG BG, LIL DOU, BIFENIX, et PCHA ont démontré leur potentiel et leur énergie, portant haut les couleurs de la culture malienne de demain. Le public, toutes générations confondues, a vibré à l’unisson, confirmant la puissance fédératrice de la musique.

L’organisation de cet événement d’envergure s’inscrit dans la mise en œuvre du projet Culture Mali 2025. Cette initiative nationale résulte d’une décision historique du Général d’Armée Assimi GOÏTA, Président de la Transition, qui a proclamé 2025 l’Année de la Culture au Mali. Le Général GOÏTA a ainsi affirmé que la culture est un pilier fondamental de la construction nationale, de la cohésion sociale et du rayonnement international. Ce projet ambitieux vise à valoriser le patrimoine malien, à soutenir la création artistique et à faire de la culture un véritable moteur de développement.

L’Afrique nouvelle, fière et assumée

Le Ministère de l’Artisanat, de la Culture, de l’Industrie Hôtelière et du Tourisme, fer de lance de cette vision, organise diverses activités tout au long de l’année pour atteindre ces objectifs. La célébration de la Journée de l’Afrique, par un tel événement, est un acte politique et culturel fort, réaffirmant l’engagement du Mali envers les idéaux panafricains.

Comme l’a souligné le Ministre Mamou DAFFÉ. « Aujourd’hui, nous sommes là pour célébrer les bâtisseurs de nos mémoires collectives. Il s’agit des pères des indépendances et des révolutions pour l’unité africaine, mais surtout l’Afrique contemporaine et aussi les fils et les héros du Sahel, d’un Sahel debout ». Il a également affirmé l’émergence d’une nouvelle ère. « Nous avons aujourd’hui une renaissance culturelle. Ce concert consiste à célébrer l’identité, l’union des Sahéliens pour la résistance des cultures. Nous sommes dans cette nouvelle Afrique qui s’exprime, qui s’affirme, mais aussi qui s’assume ».

Ce grand concert a donc incarné l’Afrique que tous aspirent à construire. Une Afrique émancipée, libre de son destin ; une Afrique unie dans sa riche diversité culturelle, ses langues et ses traditions ; et une Afrique prospère, où le bien-être de ses populations est prioritaire. L’événement de la Place du Cinquantenaire restera un symbole puissant de cette aspiration, prouvant que la culture est un facteur essentiel pour un avenir harmonieux sur le continent.

Ibrahim Kalifa Djitteye 

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