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Mobilisation des Maliens devant le palais de la culture à l’appel des partis politiques et des soutiens à la transition.
A la UnePolitique

Les politiciens maliens contre la République… quand elle ne les paie plus

by Chiencoro 3 mai 2025
written by Chiencoro 3 minutes read

Face aux recommandations des consultations nationales, les partis politiques maliens ont enfin levé la voix. Mais leur mobilisation du 3 mai pose une question cruelle : pourquoi ces leaders, si prompts à défendre leur existence, sont-ils restés si silencieux quand le Mali s’effondrait sous les coups du terrorisme, des crises diplomatiques ou du chaos sécuritaire ?

Ils étaient là, en masse. Ce samedi 3 mai, les devantures du Palais de la Culture Amadou Hampâté Bâ ont vibré au rythme des slogans et des klaxons de motos. Les partis politiques, réunient comme un seul homme – enfin ! – pour dénoncer leur dissolution, actée dans les recommandations issues des consultations nationales. On a vu des bannières, des figures connues, des militants mobilisés. Une démonstration de force. Du moins en apparence.

Mais cette soudaine fièvre citoyenne, aussi théâtrale que bruyante, soulève une question essentielle : où étaient ces partis quand le Mali saignait ?

Des silences coupables

Depuis 2021, le pays a été frappé par une succession d’horreurs :

  • Le massacre de 132 civils dans le cercle de Bankass.
  • L’attaque de l’aéroport de Sévaré, avec 61 blessés.
  • Les offensives coordonnées à Bamako contre la gendarmerie et la base aérienne.
  • L’abattage d’un drone malien par l’Algérie.
  • L’attaque du bateau Le Tombouctou, symbole de l’abandon du fleuve.
  • Le bras de fer dans des mercenaires ivoiriens.
  • La reconquête de Kidal après dix ans d’occupation.

Pas un mot. Pas une marche. Pas un communiqué à la hauteur. Rien, ou si peu. Comme si le deuil national était secondaire. Comme si l’intégrité territoriale n’était qu’une péripétie. Comme si la souffrance collective ne valait pas une mobilisation.

Et voilà que ces mêmes partis, aujourd’hui menacés de disparition administrative, se réveillent, s’agitent, se victimisent. La République serait en danger, affirment-ils. Mais laquelle ? Celle de la survie nationale ou celle de leurs sièges électoraux ?

Défendre des privilèges, pas des principes

Derrière les discours sur les « acquis démocratiques » et la « pluralité politique », c’est un autre enjeu qui se dessine : celui de la survie d’un système partisan souvent plus préoccupé par ses rentes que par l’intérêt général. Ce système, faut-il le rappeler, a conduit le pays au bord de l’effondrement. L’inefficacité de l’action publique, l’instrumentalisation des partis, le clientélisme institutionnalisé, la désaffection populaire. Tout  cela est le legs des années multipartisanes sans vision.

Certains de ces partis n’existent que sur le papier. D’autres se sont transformés en officines électorales, en agences de placement politique. Tous réclament aujourd’hui leur droit à continuer… mais peu ont fait la preuve de leur capacité à construire.

Un patriotisme à géométrie variable

Il y a quelque chose de profondément indécent à voir des hommes politiques réclamer « justice démocratique » dans un pays où des villages entiers ont été rayés de la carte sans qu’aucun d’entre eux ne prenne la parole. Où des soldats meurent chaque semaine dans le silence médiatique. Où des familles déplacées attendent, dans la poussière, un mot, un geste, un projet.

Où étaient les mobilisations pour le Mali meurtri ? Où étaient les marches pour Kidal, pour Sévaré, pour le pays Dogon ? Où étaient les pancartes quand l’armée tombait sous les balles, quand l’ONU dénonçait des crimes, quand la souveraineté nationale était piétinée ?

Une démocratie sans conscience

Le pluralisme est essentiel. Le débat est vital. Mais encore faut-il qu’il soit nourri par une conscience nationale, une colonne vertébrale républicaine. Défendre des droits formels sans jamais assumer des devoirs fondamentaux revient à trahir l’esprit même de la démocratie.

Les partis politiques maliens réclament aujourd’hui le droit d’exister. Mais le peuple malien, lui, attend qu’ils prouvent qu’ils méritent encore d’exister.

Chiencoro Diarra

3 mai 2025 0 comments
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Barkhane sur le front
A la UneSécurité

France : en cas de guerre, Paris ne tiendrait que trois à cinq semaines

by Chiencoro 3 mai 2025
written by Chiencoro 3 minutes read

Un rapport parlementaire tire la sonnette d’alarme. En cas de guerre de haute intensité, la France ne tiendrait que quelques semaines. Entre pénurie d’obus, obsolescence de l’artillerie et dépendance industrielle, le pays se découvre vulnérable, au moment même où la guerre classique fait son retour en Europe.

Il suffit de quelques chiffres pour faire tomber les illusions. En cas de guerre de haute intensité, la France ne tiendrait que quelques semaines. Le constat, glaçant, ne vient pas d’un think tank alarmiste ou d’un général en retraite. Il émane d’un rapport parlementaire officiel, récemment remis à l’Assemblée nationale. Et ce qu’il révèle, c’est la nudité stratégique d’un pays qui se croyait encore puissance militaire.

Alors que les armées ukrainienne et russe échangent quotidiennement des milliers d’obus sur les steppes du Donbass, Paris se découvre soudain à court de tout : obus, canons, radars, stocks, capacités industrielles. Le pays des 75 mm et de la bataille de Verdun n’a plus que 9 lance-roquettes unitaires — tous bientôt obsolètes. Aucun plan de remplacement immédiat. La réalité est crue. La France est désarmée pour une guerre moderne.

Une armée calibrée pour la paix

Depuis trois décennies, la stratégie militaire française s’est construite sur une illusion : celle d’un monde post-conflit, où les engagements seraient limités, asymétriques, ponctuels. Résultat ? Des coupes budgétaires, des réductions de format, une armée conçue pour la projection, pas pour la résistance. Si la guerre revient sur le sol européen — comme c’est déjà le cas en Ukraine — Paris tiendrait trois à cinq semaines, estiment les rapporteurs. Ensuite ? Il faudrait mendier du soutien chez les alliés. Ou rendre les armes.

Ce déficit ne se limite pas à l’artillerie. C’est toute la chaîne du feu qui est défaillante : absence de munitions à longue portée, radars dépassés, logistique insuffisante, systèmes de commandement vulnérables. Dans un monde où la guerre est redevenue une affaire de masse et d’usure, la France fait la guerre à l’économie. Elle la perdrait à la vitesse du son.

L’héritage d’un déni

La faiblesse actuelle est l’héritage direct de décennies de déni. Depuis la fin de la guerre froide, la France a fait le choix d’une armée légère, rapide, technologiquement performante. Mais la guerre en Ukraine, avec ses tranchées, ses drones suicides, ses orgues de Staline modernes, a brutalement remis la guerre classique au goût du jour. Et dans cette nouvelle grammaire, la France ne parle plus la langue du feu.

Pire, les capacités de production nationale sont aujourd’hui incapables de soutenir un effort de guerre prolongé. Le tissu industriel de défense, fragmenté, sous-financé, dépendant de sous-traitants étrangers, ne peut reconstituer les stocks que sur plusieurs années. On ne gagne pas une guerre en huit ans de commandes.

Une souveraineté sous perfusion

Ce constat alarmant pose une question dérangeante : à quoi sert la dissuasion nucléaire quand on est incapable de tenir un front conventionnel ? À quoi bon brandir l’arme atomique si l’on n’est pas capable de défendre Brest, Strasbourg ou Paris sans assistance ? La souveraineté française est aujourd’hui sous perfusion industrielle, stratégique, logistique. L’autonomie proclamée par les doctrines de défense se heurte à la réalité d’un appareil militaire épuisé avant même d’avoir combattu.

Il ne s’agit plus seulement de réarmer. Il s’agit de réapprendre à se défendre. La France est entrée dans le XXIe siècle avec une doctrine du XXe et des moyens du XIXe. Le réveil risque d’être rude.

Chiencoro Diarra

3 mai 2025 0 comments
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Baisse de la chaleur au Mali en 2025
A la UneTaabolow ani Tabiaw

Canicule : En 2025, une nette baisse de la chaleur soulage les personnes âgées

by Ibrahim Kalifa Djitteye 3 mai 2025
written by Ibrahim Kalifa Djitteye 4 minutes read

Après une année 2024 marquée par une vague de chaleur meurtrière au Mali,  entraînant plusieurs dizaines de décès en quatre jours à l’hôpital Gabriel Touré de Bamako, majoritairement des personnes âgées, les températures ont connu une baisse sensible en 2025. Une accalmie bienvenue, notamment pour les personnes âgées qui avaient payé un lourd tribut à la canicule de l’année précédente.

En avril 2025, les températures maximales au Mali ont oscillé entre 38 °C et 42 °C, avec des pics atteignant 45 °C dans certaines régions comme Kayes, Mopti, Tombouctou, Ménaka, Nara et Gao. Bien que ces températures restent élevées, elles sont inférieures aux records de 2024, où Kayes avait enregistré 48,5 °C, un record continental. Cette baisse relative des températures a été attribuée à un front d’humidité inhabituel qui a adouci les conditions climatiques entre mars et avril.

Témoignages de soulagement

Dans une cour ombragée de Sebenicoro, un quartier de Bamako, Assoura Mahamane, un homme dans la soixantaine, savoure l’air doux d’un matin d’avril. Il se rappelle avec émotion la chaleur suffocante d’avril 2024. « À cette même période, on avait l’impression d’être dans un four. On transpirait même sans bouger. Mais cette année, je sens que la température a vraiment baissé. C’est toujours chaud, bien sûr, mais plus vivable », confie-t-il, un éventail à la main.

Même constat chez Mariam Diallo, mère de trois enfants et principale aidante de sa grand-mère de 90 ans. Elle se souvient des difficultés qu’elle a rencontrées pour prendre soin de l’aïeule malade l’année précédente. « En 2024, c’était un cauchemar. Ma grand-mère ne supportait plus la chaleur. Elle avait du mal à respirer et on avait peur qu’elle ne tienne pas. Cette année, alhamdoulillah, elle supporte bien le climat, elle dort mieux, mange mieux, et surtout, elle n’a pas eu de malaises », raconte-t-elle soulagée.

Moustapha Traoré, un agent de santé communautaire à Ségou, observe, lui aussi une amélioration significative. « Il faut toujours rester prudent avec la chaleur. Mais, cette année, on voit bien qu’elle est moins intense. L’année passée, on avait enregistré plusieurs cas de coup de chaleur chez les personnes âgées. Cette année, on reste en alerte, mais il y a clairement une amélioration », affirme-t-il.

Retour sur une année noire

En 2024, plus d’une centaine de décès avaient été recensés en seulement quatre jours au CHU Gabriel Touré de Bamako, selon les rapports médicaux. La majorité des victimes étaient des personnes de plus de 60 ans, souvent fragiles et atteintes de maladies chroniques comme le diabète ou l’hypertension. Cette situation avait mis en lumière le manque d’infrastructures adaptées pour faire face à des épisodes climatiques extrêmes.

Le docteur Dramane Arby, médecin généraliste à la clinique Wassa à Bacodjicoroni Golf, insiste sur la nécessité de rester vigilant, même si les températures sont cette année plus clémentes. « Ce n’est pas parce que les températures ont baissé qu’il faut baisser la garde. Les personnes âgées doivent être protégées, surveillées et maintenues dans un environnement frais. Ce sont les plus vulnérables face aux pics de chaleur. Une bonne hydratation, des lieux bien aérés, et surtout éviter toute exposition prolongée au soleil sont les clés pour leur survie », explique-t-il.

Un répit… mais jusqu’à quand ?

Si la baisse des températures en 2025 est accueillie avec soulagement, les spécialistes du climat mettent en garde contre une fausse impression de sécurité. Le changement climatique rend les saisons de plus en plus imprévisibles. Selon une étude du réseau World Weather Attribution, la vague de chaleur extrême de 2024 n’aurait pas été possible sans le changement climatique d’origine humaine.

Le docteur Arby abonde dans ce sens, indiquant que « Nous avons peut-être eu de la chance cette année. Mais le réchauffement global continue. Il faut donc renforcer les capacités d’adaptation des populations, notamment les plus fragiles. Des campagnes de sensibilisation, la formation des aidants, et l’équipement des centres de santé en moyens de lutte contre la chaleur doivent être prioritaires. »

Les enseignements de la résilience

Face aux difficultés de 2024, de nombreuses familles ont tiré des leçons. À Lafiabougou, par exemple, un groupe de femmes du quartier a lancé une initiative de solidarité pour aider les personnes âgées isolées. Elles leur apportent de l’eau fraîche, des fruits hydratants, et les assistent dans leurs démarches de santé. Une initiative qui a été reconduite cette année, même si la canicule est moins sévère. « C’est une habitude que nous avons prise et que nous allons continuer. Nos mamans et nos papas âgés ont besoin de nous. Ils ont traversé des épreuves, et c’est notre devoir de les protéger », témoigne Aminata Koné, responsable du groupe.

L’année 2025 semble marquer une accalmie climatique bienfaitrice pour les personnes âgées au Mali. Toutefois, cette amélioration ne doit pas masquer les défis structurels que posent les épisodes de chaleur extrême. À travers des témoignages poignants et les appels à la vigilance des professionnels de santé, ce répit est perçu comme une opportunité pour renforcer les dispositifs de prévention et d’adaptation. Car dans un pays où les aînés sont le pilier de la mémoire collective, leur protection face aux dérèglements climatiques doit rester une priorité nationale.

Ibrahim Kalifa Djitteye

3 mai 2025 0 comments
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Femmes et démocratie au Mali
A la UneAnalyses

Femmes et politique au Mali : l’éternel plafond de verre

by Sahel Tribune 3 mai 2025
written by Sahel Tribune 3 minutes read

Au Mali, les femmes ont été les héroïnes oubliées de la démocratie. Actrices de la contestation en 1991, elles restent en 2025 cantonnées aux marges du pouvoir, alors que les partis politiques luttent pour leur propre survie.

Elles furent aux avant-postes de l’histoire, elles restent reléguées dans les marges du pouvoir. Depuis la chute de la dictature en 1991, les femmes maliennes n’ont cessé de porter haut la flamme démocratique, participant activement aux mouvements de contestation, à l’émergence des médias d’opposition et à la conquête des libertés politiques. Pourtant, plus de trois décennies plus tard, leur place dans la vie politique malienne demeure paradoxalement périphérique, réduite bien souvent au rôle d’un simple « bétail de vote ».

La cruelle instrumentalisation électorale

En 1991, sur les pavés chauds de Bamako, les femmes étaient là, en premières lignes, réclamant un Mali plus juste, plus libre. À l’instar d’Aoua Kéita, pionnière du combat politique, elles rêvaient d’un futur où la citoyenneté ne se conjuguerait plus au masculin. Mais la réalité politique a trahi ces espérances. Trop souvent cantonnées à des rôles de soutien, mobilisées pour des campagnes électorales mais peu sollicitées pour élaborer des projets de société, les femmes restent absentes des hautes sphères de décision.

À chaque échéance électorale, la scène est connue : défilés, chants, parures aux couleurs des partis. Les femmes sont convoquées en masse pour voter, mais rarement pour débattre, encore moins pour décider. Loin d’être considérées comme des actrices politiques à part entière, elles sont majoritairement perçues comme un réservoir électoral, instrumentalisé puis vite oublié une fois les urnes refermées.

Un défi d’autant plus aigu en pleine tempête politique

Aujourd’hui, alors que les partis politiques maliens, autrefois si peu enclins à promouvoir l’inclusion sociale, s’insurgent contre une révision de la charte des partis — une réforme qui pourrait déboucher sur leur dissolution pure et simple — la question de la représentativité en leur sein mérite d’être posée avec acuité.

Ces formations, vent debout contre le processus de consultation nationale lancé par le gouvernement en avril 2025, revendiquent leur légitimité démocratique. Mais quelle démocratie défendent-elles si, en leur sein même, les femmes — tout comme d’autres catégories marginalisées — continuent de n’être qu’un décor de façade ?

Obstacles persistants et résistances culturelles

À cette marginalisation historique s’ajoutent des obstacles structurels profonds.

Les stéréotypes de genre, les contraintes financières, les violences politiques ciblées et l’étroitesse des réseaux d’influence masculins verrouillent l’accès des femmes aux postes de décision.

Même la loi de 2015, imposant un quota de 30 % de femmes dans les fonctions électives, n’a guère permis d’inverser véritablement la donne. La représentation féminine reste largement symbolique.

Grâce à l’engagement de certaines organisations nationales et internationales, des progrès, certes timides, ont été réalisés. Avec près de 27 % de femmes élues aux législatives de 2020 et une meilleure visibilité dans les conseils communaux, des brèches ont été ouvertes. Mais ces percées restent fragiles et ponctuelles.

L’essentiel du pouvoir — celui qui écrit les lois, décide des budgets, trace les grandes orientations — échappe encore à l’influence féminine.

Pour une démocratie réellement inclusive

La question est désormais claire : comment prétendre défendre la démocratie si l’on continue d’en exclure la moitié de la population ?

Dans un Mali où les crises sécuritaires et politiques s’accumulent, renforcer la place des femmes n’est pas une option morale ou cosmétique. C’est une nécessité stratégique pour la refondation de l’État.

Si la classe politique malienne veut survivre et se régénérer, elle devra commencer par écouter celles qui, hier encore, étaient prêtes à mourir pour que naisse la démocratie.

A.D

3 mai 2025 0 comments
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liberté de la presse
A la UneAnalyses

Mali : la presse, matrice d’une nation en devenir

by Chiencoro 2 mai 2025
written by Chiencoro 4 minutes read

De la lutte anticoloniale aux défis sécuritaires contemporains, la presse malienne a toujours joué un rôle structurant dans la fabrication du lien national. Entre censure, pluralisme, résistance et résilience, elle a porté le souffle d’une République en devenir. Aujourd’hui encore, la soutenir, c’est investir dans l’avenir du Mali.

On s’illusionne souvent sur ce qu’est une nation. On croit qu’elle naît dans le fracas des indépendances, qu’elle se consolide par la seule volonté politique ou par la mise en place d’institutions formelles. Mais l’histoire enseigne une vérité plus subtile.  Aucune nation ne se bâtit sans récit partagé, sans mémoire commune, sans regard critique sur elle-même. Or, la presse est, en Afrique comme ailleurs, l’un des principaux artisans de ce récit national.

Le cas malien est, à cet égard, exemplaire. De la période coloniale à nos jours, la presse n’a cessé d’accompagner, de questionner, de construire les différents moments de l’identité nationale malienne. Parfois encadrée, souvent entravée, elle a néanmoins survécu, persévéré, et, plus que toute autre institution, posé les jalons d’un avenir commun.

La parole comme instrument de libération

Dès les années 1940, dans les pages fragiles de quelques publications encore sous surveillance coloniale, une parole nouvelle émerge. Celle de l’émancipation. Le Congrès de Bamako de 1946, moment fondateur du RDA, ne fut pas seulement une réunion de cadres politiques. Ce fut un moment d’éveil médiatique, où la presse devint un vecteur de conscientisation et un catalyseur de souveraineté.

La presse du Soudan français, bien avant l’indépendance, portait déjà les germes de la liberté. Elle interrogeait l’ordre établi, relayait les voix dissonantes, et contribuait à l’émergence d’une opinion publique. C’est par les mots que le Mali a commencé à exister politiquement.

L’État, la presse et la nation

L’indépendance proclamée en 1960 aurait pu consacrer une presse libre, garante du pluralisme. Il n’en fut rien. Le régime de Modibo Keïta, comme tant d’autres en Afrique postcoloniale, opta pour une presse d’État, au service de l’unité nationale et du projet socialiste. L’intention n’était pas mauvaise. Utiliser la presse comme outil d’éducation civique. Mais le monopole de la parole finit toujours par l’appauvrir. Et la liberté s’étiole quand la critique devient trahison.

Avec la dictature militaire de Moussa Traoré (1968-1991), la presse malienne entre dans une ère de censure structurée, où l’information devient outil de propagande. Pourtant, même sous cette chape de plomb, des voix résistantes surgissent. Des journaux clandestins circulent. Des journalistes s’exilent ou écrivent entre les lignes. Car la vérité finit toujours par chercher une forme, fût-elle imparfaite.

Une brève fenêtre de liberté

1991, le vent de la démocratie balaie le vieux régime. La presse, en première ligne des mouvements de contestation, retrouve ses droits. Elle devient multiple, dynamique, foisonnante. Radios libres, hebdomadaires critiques, titres indépendants.  Le Mali connaît une effervescence médiatique sans précédent.

Pendant deux décennies, la presse accompagne le renouveau démocratique. Elle informe, débat, critique. Elle dérange aussi. Car en Afrique, comme ailleurs, la liberté d’informer est d’autant plus précieuse qu’elle est fragile.

Un média sous pression dans un État sous tension

Depuis 2012, la crise sécuritaire, l’instabilité politique, les transitions successives et les défis économiques ont de nouveau fragilisé l’écosystème médiatique malien. La liberté de ton recule. Les pressions, parfois armées, parfois financières, réduisent les marges d’indépendance. Mais malgré les menaces, la presse continue d’exister. Elle rend compte du conflit, elle donne la parole aux oubliés, elle documente les fractures et, parfois, propose des chemins de réconciliation.

Aujourd’hui, les journalistes maliens affrontent non seulement la précarité matérielle, mais aussi le poison de la désinformation, la pression des réseaux sociaux, et le soupçon permanent d’allégeance. Pourtant, leur mission reste la même : servir la vérité, nourrir la citoyenneté, éclairer la complexité.

La presse comme boussole de la nation

Au Mali comme ailleurs, le combat pour la liberté de la presse est un combat pour l’avenir. Il n’y aura pas de stabilité politique, pas de cohésion sociale, pas de paix durable sans médias libres, rigoureux et reconnus.

La presse n’est pas un simple miroir du pouvoir ou un instrument de critique. Elle est l’un des piliers invisibles de la construction nationale. À travers ses récits, ses dénonciations, ses espoirs, elle forge une mémoire, structure un débat, donne corps à une communauté de destin.

Il est temps que les autorités, les citoyens, et les partenaires internationaux le comprennent. Soutenir la presse malienne, c’est investir dans le Mali lui-même.

Chiencoro Diarra

2 mai 2025 0 comments
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Classement 2025 de RSF
A la UneEnquête

Liberté de la presse : la menace économique que personne ne veut voir

by Sahel Tribune 2 mai 2025
written by Sahel Tribune 4 minutes read

Loin des seules atteintes physiques ou politiques, le Classement 2025 de Reporters sans frontières révèle une vérité plus silencieuse mais tout aussi brutale. La liberté de la presse vacille désormais sous le poids des crises économiques. De Bamako à New York, de Gaza à Paris, le journalisme ne meurt pas seulement sous les balles — il s’effondre aussi sous les déficits.

Ceux qui pensaient que la liberté de la presse était menacée seulement sous les tropiques ou derrière les rideaux opaques des régimes militaires de l’AES (Mali, Burkina Faso, Niger) devraient regarder ailleurs. Plus précisément, partout. En 2025, pour la première fois, le classement mondial de Reporters sans frontières (RSF) tire une sonnette d’alarme qui transcende les frontières. Non, ce ne sont pas les seuls fusils qui musèlent les journalistes. Ce sont aussi les bilans comptables. Le danger économique, silencieux mais ravageur, est désormais la principale cause de déclin de la liberté de la presse dans le monde.

Le journalisme en mode survie

Certes, les menaces physiques continuent d’exister. À Gaza, près de 200 journalistes ont été tués. En Afghanistan, en Iran, au Nicaragua ou en Birmanie, les médias sont broyés par des appareils sécuritaires sans état d’âme. Mais RSF révèle un phénomène plus global, plus systémique : l’économie de l’information est en train de s’effondrer. Dans 160 pays sur les 180 évalués, les médias ne parviennent plus à atteindre une stabilité financière. Près d’un tiers des États recensent des fermetures régulières de rédactions, parfois définitives. Aux États-Unis, où le second mandat de Donald Trump est en passe d’institutionnaliser la défiance contre les médias, des régions entières deviennent des déserts d’information.

Les chiffres sont là, froids et impitoyables. Dans 46 pays, les médias sont aux mains d’un oligopole privé ou d’un monopole d’État. En France même, pays classé 25e, une poignée de milliardaires contrôle une part significative de la presse nationale. Et dans les autres pays dits « matures« , la concentration se conjugue à la pression des plateformes numériques, qui captent la majorité des recettes publicitaires, laissant les journaux d’investigation sur le carreau.

L’Afrique aussi, mais pas seulement

Sur le continent africain, le diagnostic est tout aussi sévère. Le score économique des médias s’est dégradé dans 80 % des pays subsahariens. Le Mali (119e, -5), le Burkina Faso (105e, -19) et le Cameroun (131e) voient leur paysage médiatique se refermer, dans un mélange d’autocensure, de précarité éditoriale et de clientélisme économique. À Tunis, en pleine crise politique, les médias indépendants sont pris dans l’étau d’une asphyxie budgétaire.

Mais il serait faux — voire malhonnête — de faire de cette réalité un apanage africain. La grande défaite de 2025, c’est que le monde entier recule, et que la presse paie l’addition d’une économie numérique dérégulée, d’États désengagés, et d’un public de plus en plus désinformé.

Quand la presse devient un luxe

La directrice éditoriale de RSF, Anne Bocandé, résume bien l’équation : « Sans indépendance économique, pas de presse libre. » Or, aujourd’hui, produire de l’information fiable coûte cher — et rapporte peu. Résultat : les rédactions s’alignent sur les algorithmes, sacrifient la rigueur sur l’autel du clic, ou se vendent — corps et âme — aux annonceurs, aux actionnaires ou aux États.

Ce n’est plus la censure qui menace. C’est la pauvreté du journaliste, contraint de se faire influenceur, consultant, ou de fuir. Le pluralisme éditorial se meurt non pas dans les prisons, mais dans les bilans comptables.

Et lorsque les plateformes — Facebook, YouTube, TikTok — deviennent les principaux vecteurs d’information, mais sans régulation, sans déontologie, et souvent sans vérité, le journalisme devient inutile. Pis, suspect.

Une carte du monde qui rougit

Le score moyen mondial tombe pour la première fois en dessous du seuil de 55 points. La liberté de la presse est désormais en “situation difficile” à l’échelle planétaire. Plus de 112 pays reculent dans le classement. Dans 42 pays représentant la moitié de la population mondiale, elle est jugée “très grave”. Le journalisme s’y pratique au péril de sa vie — quand il existe encore.

L’Europe ? Elle résiste, mais s’effrite. L’Amérique ? Elle régresse, parfois brutalement. L’Afrique ? Elle oscille entre résilience et résignation. La liberté de la presse n’a plus de bastion.

L’enjeu ? Plus vital que jamais

Ce que révèle RSF cette année, c’est une vérité que beaucoup feignent d’ignorer. La liberté d’informer est un service public, pas un produit de luxe. Si les États ne garantissent pas des conditions de viabilité aux rédactions, ils seront bientôt seuls à parler. Si les citoyens ne défendent pas leur droit à une information indépendante, ils seront condamnés à la propagande, ou au vide.

Et le pire, dans cette lente érosion, c’est qu’elle ne fait pas de bruit. C’est une extinction douce. Une lumière qui vacille. Un pluralisme qui meurt sans martyr. Sans déclaration de guerre. Sans fracas.

Juste… un silence de plus.

A.D

2 mai 2025 0 comments
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Point de presse des partis politiques
A la UneAnalyses

Mali : la charte des partis abrogée, à quand la grande lessive ?

by Chiencoro 2 mai 2025
written by Chiencoro 3 minutes read

Au lendemain de l’abrogation de la charte des partis politiques au Mali, les autorités de la transition tracent leur propre voie. Entre ambition de refondation et tentation de verrouillage, le pays pourrait bien s’acheminer vers une dissolution totale du paysage partisan, à l’image de ses voisins du Sahel.

C’est un texte de moins, mais peut-être une ère de plus. En abrogeant, le 30 avril 2025, la charte des partis politiques datant de 2005, les autorités maliennes ont signé bien plus qu’un simple acte administratif. Elles ont amorcé une reconfiguration silencieuse, mais radicale du paysage politique. Car derrière ce geste technique, se dessine un scénario que d’aucuns qualifient déjà de « Burkinabè », voire de « Nigérien ». Celui d’une dissolution pure et simple de tous les partis politiques, suivie d’un nettoyage méthodique des appareils traditionnels.

« Le gouvernement agit de façon méthodique », confie à demi-mot une source haut placée au ministère de l’Administration territoriale. Et de préciser : « La charte est la racine. L’abroger, c’est arracher l’ancien système à sa base. » Une déclaration qui n’a rien d’anodin. Car au Mali, comme dans nombre de pays d’Afrique francophones, les partis politiques se sont multipliés à un rythme industriel — près de 300 officiellement recensés — sans toujours refléter une réelle implantation populaire. Des formations souvent créées pour négocier des alliances électorales, obtenir des financements publics ou accéder à des postes ministériels.

Un copier-coller assumé de l’AES ?

La suite logique serait-elle la dissolution, comme le recommandent d’ailleurs les forces vives de la nation, réunies lors des consultations nationales du 29 avril ? Rien n’est officiel. Mais les précédents burkinabè et nigérien — où les transitions ont balayé les partis pour rebâtir un cadre institutionnel — tracent un chemin. Un chemin que le Mali pourrait bien suivre, non par mimétisme, mais par cohérence stratégique, dans la dynamique commune de l’Alliance des États du Sahel (AES).

La méthode a ceci de redoutable qu’elle se veut rationnelle. On arrête la prolifération d’entités sans ancrage ; on réécrit une charte plus exigeante ; on trie le grain de l’ivraie avant de rouvrir les vannes — cette fois, avec un filtre. D’aucuns y voient une opération salutaire de décrassage. D’autres, plus sceptiques, parlent d’un recentrage autoritaire, déguisé en réforme institutionnelle.

Car, à y regarder de près, cette abrogation intervient dans un contexte de fermeture progressive de l’espace politique, où l’opposition traditionnelle peine à exister, où les voix critiques sont mises sous tension, et où les discours dominants valorisent la stabilité au détriment du pluralisme.

Entre rupture et verrouillage

Faut-il y voir une volonté sincère de refondation démocratique ou une tactique de verrouillage ? Les deux lectures coexistent. L’abrogation de la charte est sans doute un prélude. À une dissolution, ou à un durcissement drastique des conditions d’existence des partis — exigeant désormais fonds, base militante réelle, ancrage territorial. En somme, la fin du parti de salon et du chef sans troupes.

À Bamako, l’on murmure déjà que le gouvernement temporise pour ménager les partenaires extérieurs, mais que le cap est fixé. Il s’agit d’achever les réformes engagées depuis 2021, dans le cadre d’une refondation souveraine du Mali et de ses institutions.

Qu’on l’approuve ou non, la démarche suit une logique. Et cette logique n’est pas celle du consensus. Elle est celle du « choc fondateur », cher aux régimes en transition. Détruire, pour mieux reconstruire. Élaguer, pour mieux faire repousser.

La démocratie malienne version 2025 pourrait bien ressembler à un arbre taillé à la serpe. À voir si les fruits qui en sortiront nourriront la nation… ou la priveront d’oxygène.

Chiencoro Diarra

2 mai 2025 0 comments
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