Aller au contenu principal
Sahel Tribune
  • Actu
    • Exclusif
    • Sport
    • Santé
  • Politique
  • Sécurité
  • Économie
  • Seko ni Donko
  • Climat et environnement
  • Éducation
  • Chroniques
    • Billet d’humeur
    • Edito
  • Investigations
    • Analyses
    • Enquête
    • Opinion
  • Taabolow ani Tabiaw
  • Sahel Tech.
    • Les démystificateurs du Sahel
lundi,4 mai , 2026
  • A propos
  • Notre équipe
  • Contactez-nous !
Sahel Tribune
  • Actu
    • Exclusif
    • Sport
    • Santé
  • Politique
  • Sécurité
  • Économie
  • Seko ni Donko
  • Climat et environnement
  • Éducation
  • Chroniques
    • Billet d’humeur
    • Edito
  • Investigations
    • Analyses
    • Enquête
    • Opinion
  • Taabolow ani Tabiaw
  • Sahel Tech.
    • Les démystificateurs du Sahel
Sahel Tribune
Sahel Tribune
  • Actu
    • Exclusif
    • Sport
    • Santé
  • Politique
  • Sécurité
  • Économie
  • Seko ni Donko
  • Climat et environnement
  • Éducation
  • Chroniques
    • Billet d’humeur
    • Edito
  • Investigations
    • Analyses
    • Enquête
    • Opinion
  • Taabolow ani Tabiaw
  • Sahel Tech.
    • Les démystificateurs du Sahel

Copyright 2022 - All Right Reserved. Designed and Developed by PenciDesign

L'écrivaine Fatoumata Kéïta
A la UneSeko ni Donko

Rencontre littéraire à l’Université Yambo Ouologuem : sur les traces de la romancière Fatoumata Keïta

by Ibrahim Kalifa Djitteye 30 avril 2025
written by Ibrahim Kalifa Djitteye 4 minutes read

Le Club Lettres a accueilli, le 26 avril 2025, à l’Université Yambo Ouologuem de Bamako, l’écrivaine malienne Fatoumata Keïta pour un café littéraire exceptionnel autour de son dernier roman, « Sur les Traces du Destin ». Dans une salle comble, étudiants, enseignants, éditeurs et amoureux des lettres ont vécu un moment d’échanges profonds sur le pouvoir de la littérature et la force du rêve, même dans les conditions les plus rudes.

Modérée par Siaka Coulibaly, président du Club des Lecteurs du Mali, la rencontre a été ouverte par une présentation percutante du roman par l’étudiant Adama B. Soumaré. Le livre retrace le parcours de Bata, une jeune fille arrachée au confort familial, confrontée à la misère, à l’injustice et aux conséquences des politiques d’ajustement structurel. Malgré les épreuves, Bata s’accroche à son rêve d’éducation et parvient à s’affirmer.

Une héroïne symbole de résilience

Dans un style simple, poétique et ancré dans la réalité sociale africaine, l’auteure dépeint la souffrance silencieuse des familles brisées par la précarité, tout en exaltant la force de l’espoir et de l’éducation. Bata devient ainsi un miroir pour de nombreux jeunes, notamment ceux et celles issus de milieux défavorisés.

Adama B. Soumaré a su capter l’attention de l’auditoire en décryptant les thèmes majeurs du roman : injustice, silence, courage, espoir, et surtout sacrifice. Une lecture vivante, saluée par de nombreux participants.

L’auteure s’adresse aux filles et aux futures épouses

Mais ce qui a marqué l’assistance, au-delà de l’analyse littéraire, ce sont les paroles puissantes de Fatoumata Keïta, adressées à la jeunesse. « Ce livre, a-t-elle déclaré, est aussi un mot aux filles, aux jeunes filles, à toutes mes sœurs, mes filles et mes petites-filles à venir. L’effort que vous devez consentir pour votre épanouissement, pour votre progrès, c’est maintenant que vous devez le faire. »

Elle a exhorté les étudiantes à agir sans attendre : « Si vous ne le faites pas maintenant, dans cinq ou dix ans, vous allez continuer toute votre vie à courir après. La seule façon de transcender votre condition féminine aujourd’hui, c’est de travailler, d’entreprendre, de construire votre autonomie. »

Un roman dédié aux oubliés de la société

Fatoumata Keïta a rappelé que « Sur les Traces du Destin » est une ode à ceux qui, malgré les circonstances sociales les plus dures, gardent la foi en eux-mêmes. « Ce roman est dédié à tous ceux pour qui rien n’est jamais donné, mais qui font quand même le choix d’y croire. »

Elle a souligné que ce sont souvent les enfants des familles modestes, brisées par la misère ou les décisions politiques extérieures, qui trouvent la force de se relever. Un hommage vibrant à une jeunesse déterminée.

L’auteure a également mis en lumière l’importance du public dans la vie d’un livre. « Quand nous écrivons un livre, il ne nous appartient plus. Ce sont vos lectures, vos critiques, vos interprétations qui donnent vie à nos œuvres. »

Et de conclure avec bienveillance : « Il n’y a pas de mauvaise lecture, pas de mauvaise question. Vos mots nous parlent, ils nous guident pour mieux écrire demain. »

Un appel à la patience et à la rigueur littéraire

De son côté, l’éditeur Moussa Gansooré a insisté sur la rigueur du travail éditorial. Il a encouragé les jeunes auteurs à prendre leur temps, à faire preuve de patience et d’humilité, afin de produire des œuvres solides et durables. « Écrire, c’est aussi écouter les relecteurs, accepter la critique, et affiner son texte jusqu’à la maturité », a-t-il déclaré.

L’éditeur a aussi profité de l’occasion pour saluer le courage et la polyvalence de Fatoumata Keïta, « une figure emblématique de la littérature malienne et africaine », soulignant sa capacité à naviguer entre roman, poésie, essai et littérature jeunesse.

Un moment d’inspiration pour toute une génération

La rencontre s’est achevée par des échanges ouverts entre le public et l’auteure. Certains étudiants ont exprimé leur émotion, d’autres ont formulé des critiques constructives ou partagé leur propre expérience. L’ambiance était empreinte de respect, d’écoute et de complicité.

Ce café littéraire restera gravé dans les esprits comme un moment de transmission, de prise de conscience et de motivation. Fatoumata Keïta, par son engagement, sa plume et sa sincérité, a semé des graines d’espoir dans le cœur des jeunes lecteurs. Elle leur a rappelé que, malgré les vents contraires, chacun peut tracer ses propres « traces du destin ».

Ibrahim Kalifa Djitteye 

30 avril 2025 0 comments
0 FacebookTwitterPinterestEmail
Abdoulaye Konaté, artiste plasticien malien.
A la UneSeko ni Donko

Abdoulaye Konaté : « Toute la jeunesse a un rôle à jouer pour que la culture malienne rayonne à nouveau »

by Ibrahim Kalifa Djitteye 30 avril 2025
written by Ibrahim Kalifa Djitteye 3 minutes read

Le Mémorial Modibo Keïta a vibré au rythme d’une profonde réflexion sur l’avenir de la culture malienne, à l’occasion de la deuxième conférence du mois d’avril dans le cadre de l’Année de la Culture proclamée par les autorités de la Transition. À la tribune, l’artiste plasticien de renommée internationale Abdoulaye Konaté, parrain du mois, face à un public d’étudiants, d’acteurs culturels et d’autorités.

Placée sous le thème « Les étudiants et la culture africaine », la conférence a rassemblé les élèves de l’Institut National des Arts (INA) et du Conservatoire des Arts et Métiers Multimédia Balla Fasséké Kouyaté. Elle a bénéficié de la présence du représentant du ministre de la Culture, M. Abdoulaye Diombana, et de la marraine du mois précédent, la comédienne Dr Fatoumata Coulibaly dite FC.

La culture comme pilier de développement

Au cœur des échanges, un message fort et clair : la culture ne doit plus être considérée comme secondaire, mais comme la pierre angulaire du développement et de l’identité nationale. Abdoulaye Konaté a exhorté les étudiants à ne pas négliger leur héritage culturel, mais au contraire à l’explorer, le défendre et le faire vivre. Pour lui, « la culture africaine est fondamentalement centrée sur l’homme et sur son rôle dans la société. Elle doit être enseignée et promue au même titre que les autres disciplines universitaires ».

L’artiste a également plaidé pour une meilleure intégration des contenus culturels africains dans les programmes d’enseignement, insistant sur l’importance de repenser la place de la culture dans le système éducatif malien. Il a rappelé que la culture est un levier stratégique pour le développement économique et social, comme le prévoit l’ambitieux projet « Culture Mali 2025 » lancé par le ministère de tutelle.

Un parcours personnel riche en enseignements

Mais au-delà des discours, Abdoulaye Konaté a partagé des anecdotes personnelles, riches d’enseignements. Il a raconté ses années de formation à l’Institut National des Arts et à la Cité Supérieure des Arts à Cuba, ses confrontations avec des critiques acerbes et ses remises en question profondes. Ces expériences l’ont, selon lui, poussé à revenir à l’essentiel : s’inspirer de la culture africaine pour créer une œuvre ancrée, sincère et porteuse de sens.

Il a également abordé les défis contemporains, notamment l’arrivée massive de l’intelligence artificielle, soulignant qu’aucune machine ne saurait remplacer la sensibilité, la créativité et l’humanité d’un artiste. Toutefois, il a encouragé les jeunes à s’approprier les nouvelles technologies pour enrichir leur art et le diffuser plus largement.

Entre défis quotidiens et appel à la solidarité

En marge de la conférence, les préoccupations des étudiants sur les difficultés rencontrées dans les écoles d’art, manque de moyens, précarité, débouchés incertains ont été évoquées. Konaté les a appelés à la solidarité, à l’entraide, à la persévérance et à la foi en leur talent. « N’abandonnez jamais un camarade dans la détresse. Même 5 francs peuvent être une aide précieuse », a-t-il déclaré, déclenchant une salve d’applaudissements.

L’initiative s’inscrit dans la dynamique impulsée par le président de la Transition, le général Assimi Goïta, qui a décrété 2025 comme année de la Culture. Cette démarche vise à ressouder les Maliens autour de leurs valeurs, à redorer l’image du pays sur la scène internationale et à faire de la culture un pilier de la refondation nationale.

À l’issue de la conférence, une conviction semblait partagée : la jeunesse malienne est prête à prendre le relais, à condition qu’on lui en donne les moyens. Et comme l’a conclu Abdoulaye Konaté : « Ce n’est pas seulement aux artistes de créer. Toute la jeunesse a un rôle à jouer pour que la culture malienne rayonne à nouveau ».

Ibrahim Kalifa Djitteye 

30 avril 2025 0 comments
0 FacebookTwitterPinterestEmail
Des gouttes de pluie
A la UneSécurité

Précocité de l’hivernage 2025 : risques élevés d’inondations au Mali et dans le Sahel

by Sidi Modibo Coulibaly 30 avril 2025
written by Sidi Modibo Coulibaly 3 minutes read

Lundi, 28 avril 2025, une pluie d’une grande intensité s’est abattue sur la ville de Bamako causant des inondations sur les grandes avenues à l’instar de la route de Koulikoro. Si beaucoup de personnes ont été surprises par ce déferlement d’eau qui arrive à un moment où d’habitude ce n’est pas la période de la saison pluvieuse, tel n’est pas le cas des spécialistes du climat qui ont annoncé l’arrivée précoce de l’hivernage 2025 avec des risques élevés d’inondations dans le Sahel.

C’était au cours d’un forum régional sur les prévisions saisonnières en Afrique de l’Ouest et au Sahel tenu à Bamako que des climatologues venus de 17 pays africains ont fait des prévisions parmi lesquelles la précocité de l’hivernage 2025. Ce forum s’est tenu du 21 au 25 avril 2025. Durant 5 jours, les spécialistes de la prévision climatologique ont échangé.  Ces échanges ont permis de fournir les prévisions de la saison des pluies dans les pays des zones sahélienne et soudanienne de l’Afrique de l’Ouest et du sahel, au titre de l’année 2025.

Prévisions de la saison des pluies 2025

Il ressort des prévisions fournies par les experts qu’il y aura une saison des pluies globalement humide en 2025. Les dates de démarrage seront précoces, anormales sur la bande sahélienne et normales à tardives dans le centre de la zone soudanienne, donc des similitudes avec la saison pluviale de 2024. Ils annoncent aussi que la fin de la saison des pluies sera tardive à moyenne, avec des séquences sèches longues à moyennes dans le centre et l’Est du Sahel et, des écoulements supérieurs aux moyennes dans les principaux bassins fluviaux du Sahel. 

En sus, les prévisionnistes ont signalé que le risque d’inondations est élevé cette année au Mali et dans la plupart des pays du Sahel. En tout cas, le Mali commence à recevoir des pluies torrentielles. Et selon les prévisions météorologiques du pays, cette tendance continuera au cours de cette semaine.

De la pluie presque tous les jours du 28 avril au 4 mai 2025

Durant cette période, MALI MÉTÉO annonce une semaine sous le signe des nuages et des pluies intenses. Le ciel sera généralement nuageux à couvert sur l’ensemble du territoire malien. Cependant, la visibilité devrait rester globalement bonne à travers le pays. 

Le service météorologique précise que cette semaine sera également caractérisée par le retour de pluies sur une large partie du pays. Des averses sont attendues presque chaque jour, du lundi 28 avril au vendredi 2 mai, touchant particulièrement le District de Bamako ainsi que les régions de Sikasso, Bougouni, Dioïla, Kita, Koulikoro, Koutiala, Ségou, et San. La région de Kita sera aussi affectée par ces précipitations. 

Par rapport aux températures, les minimales devraient osciller entre 24 °C et 28 °C, offrant des soirées relativement agréables. En journée, les maximales atteindront entre 37 °C et 43 °C, avec les pics de chaleur attendus surtout dans la région de Kayes, souvent connue pour ses températures élevées à cette période de l’année.

En tout cas, les autorités et les populations ont été prévenues. À chacun de jouer son rôle afin d’éviter au pays des inondations comme celles de l’année dernière. À rappeler qu’en 2024, le Mali a vécu la pire des catastrophes naturelles liées aux inondations. Depuis 50 ans, le pays n’avait pas connu un tel déferlement de pluies qui a engendré de nombreux dégâts de tout genre.

Sidi Modibo Coulibaly

30 avril 2025 0 comments
0 FacebookTwitterPinterestEmail
FAITS DIVERS
A la UneTaabolow ani Tabiaw

France : le martyre silencieux du Malien Aboubakar Cissé

by Sahel Tribune 30 avril 2025
written by Sahel Tribune 3 minutes read

Le vendredi 25 avril 2025, un drame a profondément choqué la France et le monde musulman. Aboubakar Cissé, un jeune Malien d’une vingtaine d’années, a été assassiné dans la mosquée Khadidja de La Grand-Combe, dans le Gard. Ce fidèle musulman a été poignardé à plusieurs dizaines de reprises alors qu’il priait seul dans ce lieu de culte. 

Il était un jeune homme sans histoire, croyant discret, l’un de ces visages modestes de la diaspora africaine dont la France ne parle qu’au détour du malheur. Vendredi 25 avril, à La Grand-Combe, petite commune cévenole au passé ouvrier, Aboubakar Cissé, 22 ans, a été assassiné dans une mosquée. Non pas dans une ruelle sombre, ni au détour d’un conflit de quartier, mais dans un lieu de culte, un espace sacré, un sanctuaire. Le jeune Malien, seul, en prière, a été poignardé à une quarantaine de reprises par un homme de son âge, Olivier H., citoyen français d’origine bosnienne.

L’islamophobie, un poison quotidien

Ce que révèle la vidéosurveillance glace le sang. Une mise à mort ritualisée, préméditée, filmée par le meurtrier lui-même, ponctuée d’invectives islamophobes d’un grotesque glaçant — « ton Allah de merde », entend-on dans la vidéo. Trois jours durant, l’auteur de ce crime odieux a pris la fuite avant de se rendre en Italie. L’enquête du parquet d’Alès a très vite confirmé la dimension raciste et religieuse de cet acte. Il s’agit bien d’un meurtre islamophobe, l’un des plus violents de ces dernières années.

Aboubakar Cissé n’était pas un inconnu dans sa communauté. Fils de travailleurs maliens, il aidait bénévolement à la mosquée Khadidja, en attendant de décrocher un emploi après son CAP de menuiserie. « Gentil », « serviable », « pieux », les qualificatifs de ses proches se heurtent à l’absurdité du sort qui lui a été réservé. Ce n’est pas une simple tragédie individuelle, c’est le miroir brisé d’une société où l’islamophobie, souvent insidieuse, parfois instrumentalisée, devient un poison quotidien.

La réaction du pays ? Emue, certes, mais non sans fausses notes. À l’Assemblée nationale, il a fallu des pressions pour que soit accordée une minute de silence — initialement refusée par Yaël Braun-Pivet. L’indignation n’a pas été immédiate, ni unanime. Comme si la vie d’un musulman noir valait un deuil moins solennel. Seuls quelques partis de gauche, dont La France insoumise, ont dénoncé cet « apartheid mémoriel».

Votre France est aussi la nôtre

Le président Macron a fini par condamner fermement l’acte, tandis que François Bayrou, désormais Premier ministre, a nommé les choses : « meurtre islamophobe ». Mais l’essentiel est ailleurs. Dans la douleur d’une famille, dans la peur d’une communauté, et dans le silence embarrassé de ceux qui, d’ordinaire, brandissent la laïcité comme une arme plutôt qu’un bouclier.

À Bamako, la nouvelle a retenti comme un coup de tonnerre. Mossa Ag Attaher, ministre des Maliens de l’extérieur, a exprimé sa colère et sa solidarité. Le drame ravive, une fois encore, les blessures d’une diaspora qui se sent invisible, sinon méprisée, dans un pays où elle vit, travaille et prie.

À La Grand-Combe, ils étaient plus d’un millier à marcher en blanc pour Aboubakar. Pas pour protester — pour exister. Pour dire que leur France est aussi la nôtre.

La rédaction 

30 avril 2025 0 comments
0 FacebookTwitterPinterestEmail
Un portrait captivant d'Iyad Ag Ghaly, leader du Jnim, dévoilant une perspective inédite depuis son bureau, révélant les coulisses de son influence dans la région du Sahel.
A la UneSécurité

L’économie parallèle du JNIM : or, bétail et doctrine islamiste

by Sahel Tribune 30 avril 2025
written by Sahel Tribune 3 minutes read

Du sud-ouest malien à l’orée du Sénégal oriental, le Jama’at Nusrat al-Islam wal-Muslimin (JNIM) redessine silencieusement les contours de son influence. À coups de sermons insidieux, d’incursions ciblées et de trafics bien huilés, le groupe djihadiste trace sa route vers la Mauritanie et le Sénégal. Une nouvelle géographie de la menace s’installe.

Il y a des bruits que seules les pistes poussiéreuses de Kayes entendent. Ce ne sont pas les moteurs des 4×4 des douaniers, mais ceux plus discrets — et souvent plus meurtriers — des pick-up du JNIM. En moins de trois ans, cette région frontalière est devenue le théâtre d’un basculement lent, mais méthodique orchestré par la Katiba Macina, filiale active d’un JNIM qui ne se contente plus du centre malien, révèle un rapport du Timbuktu institute.

Une emprise tentaculaire et silencieuse

Ce que révèle ce dernier rapport d’analyse sur la zone des trois frontières — Mali, Mauritanie, Sénégal — n’a rien de surprenant pour ceux qui scrutent les mouvements du djihadisme sahélien : le JNIM a changé de tempo et de territoire cible. Sa stratégie ? Infiltrer, enrôler, contrôler. Ses méthodes ? Vols massifs de bétail, taxation dans les zones minières et forestières, et endoctrinement soft, mais efficace à travers les prêches. Son but ? Élargir son emprise économique et idéologique, sans entrer immédiatement en guerre frontale avec les États voisins.

Dans les sous-bois de la Falémé et jusque dans les marchés de bétail de la région de Kayes, le JNIM ne se cache plus, indique le rapport. Il encadre les trafics, prélève sa dîme et tisse des liens communautaires là où l’État est absent. Le rapport mentionne l’implantation de structures parallèles de gouvernance, imposant ses propres lois, fiscalités et « protections » aux communautés locales. À travers l’économie informelle, le groupe devient un acteur incontournable du commerce transfrontalier, surtout entre le Mali, la Mauritanie et le Sénégal.

Kayes-Bakel, corridor stratégique

L’axe Kayes-Bakel devient ainsi le talon d’Achille d’une sécurité sénégalaise pourtant vantée pour sa solidité. L’attaque de février 2025 à Melgué, à quelques kilomètres de la frontière, qui a coûté la vie à trois soldats maliens, n’est pas un cas isolé, mais le symptôme d’une stratégie d’encerclement de Bamako, et de test de résistance des périphéries sénégalaises. Le port de Dakar, par lequel transite une grande partie des importations maliennes, devient indirectement concerné par cette pression djihadiste.

Le Sénégal, pays souvent cité en exemple pour sa résilience religieuse et sociale, n’est pourtant pas hors d’atteinte. Si la doctrine soufie y reste dominante, l’idéologie salafiste s’infiltre dans les failles d’un système de castes toujours vivace dans l’est du pays, et où les frustrations sociales liées à l’orpaillage ou à l’accès à la terre deviennent des points d’appui pour les discours djihadistes. Le chômage des jeunes, les soupçons de collusion entre élites locales et compagnies minières étrangères — notamment chinoises — forment un cocktail explosif.

La Mauritanie, entre illusion de stabilité et réel danger

Du côté mauritanien, les vastes étendues désertiques et l’accueil de réfugiés maliens facilitent les déplacements discrets d’hommes et de marchandises. Le JNIM s’y positionne comme un fournisseur de protection et d’opportunités économiques dans les zones délaissées. Son agenda : installer des « couveuses » locales, recruter en silence, et préparer l’avenir.

Le rapport, lucide, mais sans alarmisme inutile, trace des pistes. Renforcer la présence militaire dans les zones frontalières, oui. Mais aussi réinvestir le champ économique, écouter les communautés locales, et éviter que l’État ne soit vu comme un prédateur plutôt qu’un protecteur. Car le JNIM n’impose pas seulement la terreur. Il offre aussi des « solutions » là où les autorités ont déserté.

Ce qui se joue dans les confins de Kayes n’est plus seulement une affaire malienne. C’est l’avenir sécuritaire d’une sous-région entière qui se dessine dans le sable et le silence des frontières.

A.D

30 avril 2025 0 comments
0 FacebookTwitterPinterestEmail
Phase nationale des consultations des forces vives de la nation
A la UneAnalyses

Assimi Goïta plébiscité : vers une nouvelle République sans partis ?

by Sahel Tribune 29 avril 2025
written by Sahel Tribune 3 minutes read

À l’issue de la consultation nationale des forces vives, les Maliens ont recommandé une dissolution totale des partis politiques et l’élévation du Général d’armée Assimi Goïta au rang de Président de la République pour un mandat de cinq ans renouvelables. Une réinvention politique aux allures de révolution silencieuse.

Bamako, mardi 29 avril 2025. Mille chaises, toutes occupées. Des cris d’enthousiasme, une salle archicomble. Non, il ne s’agissait pas d’un congrès de parti ou d’un rassemblement électoral, mais bien de la phase nationale de la consultation des forces vives de la Nation. Un rendez-vous aux allures de tournant politique, marqué par un vent de rupture assumée avec un héritage partisan que beaucoup jugent désormais obsolète.

Au centre du débat, la refondation du paysage politique malien. Et, parmi les propositions phares surgies de cette catharsis collective, la dissolution pure et simple de tous les partis politiques, et l’élévation du Général d’Armée Assimi Goïta au rang de Président de la République pour un mandat de cinq ans, renouvelable. Une recommandation qui ne relève plus du simple symbole, mais d’un acte de foi dans une nouvelle ère institutionnelle.

Les contours d’une révolution institutionnelle

Pilotée de main ferme par le Premier ministre, le Général de Division Abdoulaye Maïga, cette grande messe nationale n’a rien laissé au hasard. Trois axes ont structuré les travaux : la réduction drastique du nombre de partis, la relecture intégrale de la charte des partis politiques, et la criminalisation du nomadisme politique. Autant dire, un tsunami pour la classe politique classique.

Derrière la méthode, une volonté affichée : purifier le jeu démocratique d’un multipartisme devenu tentaculaire, inefficace et source de blocages. La création d’un parti politique serait désormais soumise à une caution de 100 millions FCFA et à des critères rigoureux de représentativité nationale. Un choc salutaire ou une fermeture démocratique ? Le débat est posé.

La fin d’un cycle

La suppression du statut de chef de file de l’opposition, l’interdiction de toute alliance contre nature et la suspension du financement public des partis traduisent une défiance explicite vis-à-vis d’un système accusé d’avoir trahi ses promesses depuis l’avènement du multipartisme en 1992. La rupture n’est plus seulement souhaitée, elle est engagée.

Et dans cet élan de recentrage républicain, le nom du Général Goïta s’impose naturellement. Président de la Transition depuis 2021, il cristallise l’attente d’un ordre nouveau. Les recommandations issues des concertations ne se contentent pas de légitimer son action, elles le placent au cœur d’un nouveau pacte national, en proposant de le consacrer Président pour un mandat de cinq ans, renouvelable, à l’image de ses homologues du Burkina Faso et du Niger au sein de l’AES.

Vers une démocratie réinventée ou une dérive autoritaire ?

Certains y verront une dérive. D’autres une lucidité. Ce qui est certain, c’est que ces recommandations traduisent un profond besoin de verticalité dans la conduite de l’État. À travers ce basculement, c’est aussi une refondation culturelle et politique que le Mali tente d’initier : plus de discipline, plus de clarté, moins de calculs politiciens.

Le Premier ministre, dans une posture de garant du processus, a promis de transmettre fidèlement ces propositions au Chef de l’État. Car il s’agit bien là, selon lui, de « tourner les pages obscures de notre histoire ». En clair, d’ouvrir une séquence politique sans précédent dans l’histoire du Mali postcolonial.

Issue des Assises nationales de la Refondation et adossée à la Constitution du 22 juillet 2023, cette consultation est bien plus qu’un exercice technique. C’est un signal fort envoyé au peuple : celui d’une reprise en main de son destin par le Mali lui-même. Un pays las des illusions démocratiques sans résultats, des promesses non tenues et des clivages artificiels.

L’histoire jugera. Mais, pour l’heure, Bamako fait le pari risqué – mais assumé – d’un renouveau politique radical. Le Mali change, et il le dit haut et fort.

À.D

29 avril 2025 0 comments
0 FacebookTwitterPinterestEmail
Remise du rapport final des états généraux de la santé par le ministre de la Santé et du Développement social, au président de la transition.
A la UneSanté

Santé publique au Mali : Assimi Goïta face au défi de la refondation sanitaire

by Chiencoro 29 avril 2025
written by Chiencoro 3 minutes read

Face à un système de santé malien exsangue, le Président de la Transition, le général Assimi Goïta, pose les jalons d’une refondation ambitieuse. À travers le rapport des États généraux de la Santé remis le 29 avril 2025, c’est une nouvelle ère qui s’annonce : plus inclusive, plus équitable, et surtout pensée pour redonner sens à la notion de santé publique dans un pays en quête de souveraineté.

Remis au Président de la Transition, le rapport des États généraux de la Santé trace les lignes d’une révolution médicale ambitieuse dans un pays éprouvé par les inégalités d’accès aux soins.

Dans un Mali où chaque crise semble en masquer une autre, la remise du rapport final des États généraux de la Santé, le 29 avril 2025, au Général d’Armée Assimi Goïta, Président de la Transition, sonne comme un acte fondateur. Derrière le cérémonial, c’est une vision stratégique qui se dessine. Celle d’un système de santé refondé, réconcilié avec les aspirations d’une population trop longtemps oubliée des politiques publiques.

C’est le médecin Colonel Assa Badiallo Touré, ministre de la Santé et du Développement social, qui a conduit la délégation venue présenter les conclusions de ces assises tenues du 4 au 19 décembre 2024. Ce n’était pas qu’un énième forum technique. C’était une introspection nationale, profonde et lucide. Diagnostic sévère, remèdes clairs : 973 recommandations réparties en 68 axes stratégiques, pour redonner souffle et sens à l’un des secteurs les plus sinistrés du pays.

Un système exsangue, une volonté politique ferme

L’État malien, qui consacre depuis peu une part accrue de ses ressources à la santé, sait que le chantier est titanesque. Faible densité médicale, désertification sanitaire des campagnes, équipements vétustes, hôpitaux en ruine… Les maux sont connus. Mais cette fois, l’approche se veut résolument systémique : meilleure formation des agents, redistribution territoriale du personnel, modernisation des infrastructures, mais aussi intégration du numérique et de la médecine traditionnelle.

Assimi Goïta, qui a lui-même annoncé ces États généraux en juin 2024 à Sikasso, veut y voir une pierre angulaire de la refondation nationale. Derrière l’offensive de communication, une exigence que chaque citoyen malien, du plus urbain au plus rural, ait accès à des soins de qualité, à coût supportable. Et surtout, que la santé ne soit plus un privilège.

Le social au cœur de la souveraineté

Il ne s’agit plus seulement de soigner des corps, mais de restaurer une souveraineté nationale souvent compromise par les dépendances extérieures. Le rapport, dans une logique pragmatique, mise sur des financements mixtes et des partenariats public-privé. Il propose aussi des solutions de court terme pour réduire la mortalité maternelle et infantile, tout en esquissant des réformes de fond : approche multisectorielle pour la jeunesse, renforcement du secteur privé de la santé, innovations technologiques…

« Le Président nous a rassurés de son soutien total », a confié la ministre Touré, évoquant un Goïta très attentif aux implications politiques et sociales de cette feuille de route sanitaire. Dans un Mali où l’État cherche à reconquérir sa légitimité, c’est dans les centres de santé, et non seulement sur les champs de bataille, que se gagnera la confiance populaire.

Vers une révolution du soin ?

Ce document volumineux, à la fois technique et stratégique, couvre la décennie 2025-2034. Il sera la boussole des politiques sanitaires à venir. Mais la clé du succès reste dans l’engagement effectif de tous les acteurs — des blouses blanches aux élus locaux, en passant par les bailleurs et les administrateurs.

Avec cette initiative, le Mali tente une chose rare : aligner réforme de fond et urgence sociale. Reste à savoir si, entre rareté des ressources et inertie bureaucratique, l’élan se maintiendra. Car dans cette refondation, tout n’est pas affaire de technique. C’est aussi, et peut-être surtout, une affaire de volonté politique.

Chiencoro Diarra 

29 avril 2025 0 comments
0 FacebookTwitterPinterestEmail
Newer Posts
Older Posts

A propos

Sahel Tribune est un site indépendant d’informations, d’analyses et d’enquêtes sur les actualités brûlantes du Sahel. Il a été initialement créé en 2020, au Mali, sous le nom Phileingora…

derniers articles

Mobilisation de la diaspora à travers le monde : « Il y a 23...
À Bobo-Dioulasso, Bamako resserre les liens avec sa diaspora
Et si l’or finançait enfin les routes du Mali ?

Contact

© 2025 Sahel Tribune. Tous droits réservés. Design by Sanawa Corporate

Facebook Twitter Youtube Linkedin Envelope
Sahel Tribune
Politique de confidentialité
Lors de l’utilisation de nos sites, des informations de navigation de votre terminal sont susceptibles d’être enregistrées dans des fichiers « Cookies ». Ces fichiers sont installés sur votre terminal en fonction de vos choix, modifiables à tout moment. Un cookie est un fichier enregistré sur le disque dur de votre terminal, permettant à l’émetteur d’identifier le terminal pendant sa durée de validation.
Fonctionnel Toujours activé
Le stockage ou l’accès technique est strictement nécessaire dans la finalité d’intérêt légitime de permettre l’utilisation d’un service spécifique explicitement demandé par l’abonné ou l’internaute, ou dans le seul but d’effectuer la transmission d’une communication sur un réseau de communications électroniques.
Préférences
Le stockage ou l’accès technique est nécessaire dans la finalité d’intérêt légitime de stocker des préférences qui ne sont pas demandées par l’abonné ou la personne utilisant le service.
Statistiques
Le stockage ou l’accès technique qui est utilisé exclusivement à des fins statistiques. Le stockage ou l’accès technique qui est utilisé exclusivement dans des finalités statistiques anonymes. En l’absence d’une assignation à comparaître, d’une conformité volontaire de la part de votre fournisseur d’accès à internet ou d’enregistrements supplémentaires provenant d’une tierce partie, les informations stockées ou extraites à cette seule fin ne peuvent généralement pas être utilisées pour vous identifier.
Marketing
Le stockage ou l’accès technique est nécessaire pour créer des profils d’internautes afin d’envoyer des publicités, ou pour suivre l’internaute sur un site web ou sur plusieurs sites web ayant des finalités marketing similaires.
  • Gérer les options
  • Gérer les services
  • Gérer {vendor_count} fournisseurs
  • En savoir plus sur ces finalités
Voir les préférences
  • {title}
  • {title}
  • {title}
Sahel Tribune
  • Actu
    • Exclusif
    • Sport
    • Santé
  • Politique
  • Sécurité
  • Économie
  • Seko ni Donko
  • Climat et environnement
  • Éducation
  • Chroniques
    • Billet d’humeur
    • Edito
  • Investigations
    • Analyses
    • Enquête
    • Opinion
  • Taabolow ani Tabiaw
  • Sahel Tech.
    • Les démystificateurs du Sahel

Shopping Cart

Close

Votre panier est vide.

Close