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Lancement du PNR 2025
A la UneÉconomie

PNR 2025 : le Mali muscle sa riposte contre l’insécurité alimentaire

by Chiencoro 12 août 2025
written by Chiencoro 3 minutes read

Ce mardi 12 août 2025, sous un ciel lourd de saison des pluies et dans l’effervescence coutumière du grand carrefour de Sogoniko, en Commune VI du District de Bamako, le président de la transition, le général d’armée Assimi Goïta, a donné le coup d’envoi du Plan National de Réponses (PNR) contre l’insécurité alimentaire et nutritionnelle pour l’année 2025. 

Ce rendez-vous, désormais inscrit dans le calendrier politique comme un rituel républicain, illustre à lui seul l’axe stratégique adopté depuis 2021 : faire de l’alimentation, de la nutrition et du développement des priorités jumelles de la sécurité nationale.

Car au Mali, les autorités l’ont compris : sans nourriture sur la table, point de paix durable ; sans sécurité alimentaire, pas de sécurité tout court. C’est cette conviction, martelée depuis Mopti en 2021, Nioro du Sahel en 2022, Ségou en 2023 et Sikasso en 2024, que Redouane Ag Mohamed Ali, ministre commissaire à la sécurité alimentaire, résume comme un fil rouge politique : « Un rituel qui, chaque année, ancre un peu plus la réponse nationale dans la réalité des régions », commente-t-il, avant de souligner que Bamako, cette fois, devient le théâtre de l’engagement présidentiel.

La philosophie de la souveraineté alimentaire

Les chiffres, eux, ne laissent guère de place à l’approximation : 1 470 114 Maliens vivent aujourd’hui en situation d’insécurité alimentaire aiguë (Phase 3 – Crise) et nécessitent des interventions immédiates. Face à ce constat, l’État a débloqué une enveloppe de 12,74 milliards de F CFA. L’argent permettra la distribution gratuite de 22 700 tonnes de céréales, la vente à demi-tarif de kits alimentaires à 16 000 ménages vulnérables dans Bamako et d’autres villes de l’intérieur, ainsi que la distribution de 300 tonnes d’aliments pour poisson.

Mais le dispositif ne s’arrête pas là. Dans une interview, au ton à la fois martial et protecteur, Goïta a détaillé les trois volets de l’opération : d’abord, les distributions gratuites ; ensuite, la mise sur le marché de 11 500 tonnes de vivres subventionnés ; enfin, le volet « résilience », conçu pour soutenir les pisciculteurs, aménager des périmètres maraîchers et restaurer les terres dégradées. En filigrane, c’est toute une philosophie de souveraineté alimentaire qui se déploie : un pays moins dépendant des importations, plus résistant aux chocs climatiques et aux fluctuations du marché mondial.

L’alimentation, l’acte fondateur de toute souveraineté réelle

Le ministre commissaire a, pour sa part, salué les mesures préventives prises par le chef de l’État : approvisionnement régulier des marchés domestiques, stabilité relative des prix, et surtout continuité du PNR, qui, selon lui, a permis des progrès qualitatifs tangibles. À ses côtés, le Programme Alimentaire Mondial (PAM) apparaît comme un allié stratégique : 15 milliards de F CFA et 10 000 tonnes de vivres pour soutenir 685 000 bénéficiaires supplémentaires, dans une assistance complémentaire qui souligne que, dans ce domaine, la coopération internationale reste vitale.

« Nous savons que nos défis sont multiples », a conclu Assimi Goïta, évoquant tour à tour les aléas climatiques, les crises internationales et l’insécurité persistante dans certaines zones. « C’est pourquoi la sécurité alimentaire et nutritionnelle de nos concitoyens demeure au cœur de nos priorités. »

En filigrane de cette journée dans la cour de l’Office des Produits Agricoles du Mali (OPAM) de Sogoniko, au-delà des chiffres et des caméras, se lit la volonté d’un exécutif en quête d’ancrage populaire : affirmer que nourrir son peuple n’est pas un geste ponctuel, mais l’acte fondateur de toute souveraineté réelle.

Chiencoro Diarra 

12 août 2025 0 comments
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Curage des caniveaux
A la UneClimat et environnement

Collecteurs et caniveaux à Bamako : les grands travaux de curage sont presque finis 

by Sidi Modibo Coulibaly 7 août 2025
written by Sidi Modibo Coulibaly 3 minutes read

Pour diminuer les risques d’inondations, le gouvernement avait lancé, le jeudi 15 mai 2025, sous la présidence du Premier ministre, un vaste programme de curage des collecteurs et caniveaux de Bamako. Trois mois après ce lancement, il est heureux de constater que les travaux sont à un taux d’exécution de plus de 95 %.

L’information a été rendue publique à l’issue d’une visite de terrain d’une forte délégation conduite par le ministre de l’Environnement, de l’Assainissement et du Développement durable Doumbia Mariam Tangara. C’était le mardi 29 juillet 2025. Depuis quelques années, l’État investit des montants colossaux dans l’entretien des infrastructures d’assainissement pour diminuer les risques d’inondation et protéger les personnes et leurs biens. 

L’objectif est de garantir une protection efficace à 87,71 % contre les inondations. C’est pourquoi il était nécessaire que le gouvernement veille rigoureusement au suivi de ces investissements, qui pour cette année, s’élèvent à 2,66 milliards de francs CFA à travers le Budget spécial d’investissement et le Projet de Résilience urbaine (PRUBA). C’est ainsi que Doumbia Mariam Tangara et sa délégation ont visité tour à tour le collecteur de Banconi (en commune I) , celui de l’hippodrome ( Commune II). À l’issue de la visite, le constat est que les travaux avancent normalement.

Plus de 95 % des travaux de curage effectués

Le programme de curage de collecteurs prévoyait 131 073 mètres linéaires. À la date du 24 juillet 2025, le taux d’avancement des travaux de curage de collecteurs était de 98,81 % pour un délai consommé de 96,67 %. À titre d’illustration, le curage du collecteur de Banconi a concerné 7 000 mètres linéaires. Au passage de la délégation ministérielle, les travaux sont réalisés à 100 % et la réception technique a été faite avec quelques réserves qui sont en train d’être prises en charge par l’entreprise. 

Quant au curage de caniveaux, il concerne au total 223 830 mètres linéaires. Au passage de la délégation ministérielle, le taux d’avancement était de 96 % pour un délai consommé de 94 %. A noter que tous les déblais de curage ont été acheminés à la décharge finale de Noumoubougou. La réception définitive sera organisée après la prise en charge des observations formulées.

Construction d’ouvrages 

Outre le curage des collecteurs et des caniveaux, il y a en cours la construction d’ouvrages au niveau de deux sites à Lafiabougou et à Sabalibougou Courani. Le site de Lafiabougou concerne le pont de Woyowoyanko situé en commune IV du district de Bamako et séparant les quartiers de Djicoroni-Para et Sebenicoro. Il s’agit de la construction d’un ouvrage et de l’aménagement d’une voie alternative au tronçon urbain de la RN5 (route nationale) en commune IV du district de Bamako, long d’environ 6 km. De façon particulière, il s’agit de la construction d’un nouvel ouvrage et du redimensionnement de l’existant afin de maintenir en service l’une des artères principales du Mali. 

Au niveau de Sabalibougou Courani en commune VI du district de Bamako, il s’agit de travaux d’ouverture et de curage des deux siphons secondaires. Les travaux comprennent également la construction d’un collecteur en maçonnerie de moellons du côté amont, pour drainer les eaux du collecteur principal de Missabougou vers lesdits siphons.

Il faut signaler que le Premier ministre a visité, le jeudi 15 mai 2025 ces deux sites. Sur place, le Général de Division Abdoulaye Maïga a constaté l’état d’avancement des travaux et donné des instructions fermes à la CETRU pour prendre toutes les dispositions nécessaires et urgentes afin de respecter les délais impartis.

Sidi Modibo Coulibaly

7 août 2025 0 comments
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Abdoulaye Maïga, PM
Politique

Malikura Taasira 3 : Le Premier ministre à cœur ouvert sur les défis et les ambitions du Mali

by Ibrahim Kalifa Djitteye 7 août 2025
written by Ibrahim Kalifa Djitteye 5 minutes read

Le Premier ministre, le Général de division Abdoulaye Maïga, était l’invité de l’émission Mali Kura Taasira 3, diffusée samedi soir sur la télévision nationale. À travers cet entretien, le Chef du gouvernement est revenu sur les principaux sujets d’actualité du pays, en sa qualité de Premier ministre, ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation, et Porte-parole du gouvernement.

Au cours de cet échange, il a abordé sans détour les questions liées à la sécurité, à la gouvernance, à la politique, à l’énergie, et à la diplomatie. Une intervention qui a permis de faire le point sur les progrès réalisés, tout en projetant les grandes ambitions du Mali.

À travers ses réponses, le Premier ministre a surtout mis en lumière la vision du Chef de l’État, qu’il décrit comme « passionné, déterminé, et totalement engagé pour sortir le Mali de la crise multidimensionnelle ».

Sécurité nationale, une lutte contre un ennemi invisible

Au cœur des échanges, la situation sécuritaire a occupé une place importante. Le Premier ministre a expliqué que le terrorisme que connaît le Mali est bien différent d’une guerre classique. « Dans une guerre classique, les ennemis portent des uniformes. Dans notre cas, les terroristes sont souvent cachés parmi la population », a-t-il précisé.

Face à cette menace, le chef de l’État a placé la sécurité au centre de ses priorités. Il a donc décidé de renforcer et d’équiper les Forces armées et de sécurité, qui, selon le Premier ministre, accomplissent un « travail remarquable sur le terrain ».

Pour lui, la refondation du Mali ne peut se faire sans un environnement sûr. C’est pourquoi l’accent est aussi mis sur le retour des services sociaux de base dans les zones anciennement instables.

Administration et découpage, vers un État plus présent

Le Premier ministre a aussi parlé du retour de l’État dans les zones qui avaient été abandonnées à cause de l’insécurité. Il a rappelé qu’à un moment donné, 70 % du territoire national était hors de contrôle. Aujourd’hui, grâce aux efforts du gouvernement, l’administration est de retour dans la plupart des localités.

Pour combler le manque d’administrateurs civils, surtout avec la création de nouvelles circonscriptions, l’État a choisi de nommer des militaires à certains postes. Cela permet à la fois de sécuriser et d’occuper rapidement les espaces concernés.

Abdoulaye Maïga est aussi revenu sur le nouveau découpage administratif, qu’il décrit comme une réforme importante permettant d’éviter les conflits de compétence et de mieux organiser le territoire.

Une refonte du paysage politique

Abordant la question de la dissolution des partis politiques, Abdoulaye Maïga a expliqué que cette décision est issue des recommandations des Assises nationales de la Refondation. Ces Assises ont suggéré de réduire le nombre de partis, car le pays en comptait plus de 277.

« Il ne s’agit pas de mettre fin au multipartisme. Il est garanti par la Constitution. Mais il fallait assainir le paysage politique », insiste le Premier ministre qui a également annoncé qu’un audit financier des anciens partis sera réalisé par la Cour suprême.

Selon lui, cet audit est légitime car les partis ont reçu de l’argent public. Il précise que ce n’est pas le gouvernement qui mènera l’opération, mais bien une institution judiciaire indépendante.

Le processus électoral maintenu

Concernant les élections, le chef du gouvernement a affirmé que le gouvernement est engagé à les organiser. Il a rappelé que la Transition est toujours chargée de préparer le retour à l’ordre constitutionnel par la voie électorale.

« Il n’y a pas d’alternative aux élections. C’est notre Constitution qui le dit. Nous avons commencé les préparatifs depuis longtemps », a-t-il assuré. Il a également parlé de l’Autorité indépendante de gestion des élections, qui a déjà été mise en place pour garantir des scrutins transparents.

Il a souligné que les élections doivent se dérouler dans un climat apaisé, et que des efforts sont faits pour éviter les erreurs du passé, notamment les violences post-électorales ou l’insécurité liée aux campagnes.

Plan d’action et paix, une vision claire

Le Premier ministre a présenté le Plan d’action du gouvernement 2025-2026, qui comprend 24 objectifs, 72 actions et 312 activités, pour un budget total de 1 671 milliards de francs CFA. Il a réaffirmé que son équipe travaille sans relâche pour atteindre ces objectifs.

Concernant la paix, il a évoqué la nouvelle Charte pour la paix et la réconciliation nationale, tout en rappelant que le gouvernement n’est pas preneur de médiation étrangère. 

Il a insisté sur le rôle des Forces armées et de sécurité, déployées sur tout le territoire national, qui abattent un travail quotidien remarquable pour ramener la paix, avec l’appui des pays de la Confédération des États du Sahel (AES).

Crise énergétique, vers une autonomie progressive

Le Premier ministre a aussi abordé la crise énergétique, reconnaissant les nombreuses difficultés de la société Énergie du Mali (EDM). Il a expliqué que l’électricité est vendue à un prix inférieur à son coût de production, ce qui crée un déséquilibre financier.

Aujourd’hui, environ 70 % des clients d’EDM bénéficient du tarif social, ce qui n’était pas prévu au départ. Le gouvernement travaille désormais à diversifier les sources d’énergie (thermique, solaire, nucléaire) pour garantir une fourniture de courant 24h/24.

Il a salué la résilience des Maliens, tout en rassurant que l’État fait tout pour améliorer la situation. Le but est de rendre EDM autonome et d’utiliser les subventions actuelles pour d’autres secteurs essentiels de l’économie.

Le Mali reste debout sur la scène internationale

Face aux critiques parlant d’un supposé isolement du Mali, le Premier ministre a été ferme : « Le Mali n’est pas isolé et ne le sera jamais. Nous avons des relations normales avec plusieurs pays et nous participons aux réunions internationales ».

Il a insisté sur le fait qu’aucune organisation ne peut déclarer un pays isolé, et que ces termes sont souvent utilisés par des médias pour faire de la désinformation. Il a ajouté que les commissions mixtes avec plusieurs pays se tiennent normalement.

Ainsi, Abdoulaye Maïga a rappelé que la vision des dirigeants de l’AES est de faire de la Confédération une puissance régionale, capable de se défendre, de se développer, et de rayonner sur le continent. 

Ibrahim Kalifa Djitteye

7 août 2025 0 comments
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Lithium Goulamina au Mali
Économie

Bougouni, pépite verte d’un Mali en transformation

by Sahel Tribune 6 août 2025
written by Sahel Tribune 3 minutes read

À Bougouni, dans le sud du Mali, le projet d’exploitation de lithium porté par Kodal Minerals avance à grands pas, entre espoirs économiques, enjeux géostratégiques et défis logistiques, dans un contexte où chaque tonne de spodumène symbolise bien plus que du minerai. Un pari sur l’avenir d’un pays en quête de souveraineté énergétique et industrielle.

Dans un Mali encore fébrile de ses convulsions politiques et sécuritaires, une lueur — non pas dorée cette fois, mais verdâtre — scintille au sud du pays, dans la région de Bougouni. Ce n’est ni du coton ni du bétail, encore moins du mil. C’est du lithium. Le « nouvel or blanc » du XXIe siècle, si stratégique que les chancelleries s’y intéressent plus discrètement que les usines n’en consomment.

Le paradoxe

C’est là que Kodal Minerals, société minière d’obédience britannique, via sa filiale locale Les Mines de Lithium de Bougouni SA (LMLB), déroule un tapis d’espoirs. Un projet pharaonique à l’échelle de l’économie malienne, mené avec une cadence méthodique et une communication que certains jugeraient presque trop transparente, tant elle se veut rassurante : usine de traitement opérationnelle, plus de 45 000 tonnes de concentré de spodumène déjà prêtes à l’exportation, et formation de main-d’œuvre locale comme gage de respectabilité sociale.

Mais dans cette fresque aux contours optimistes, un détail fait tache. L’eau. Pas celle des besoins vitaux, mais celle des pluies. Abondantes. Encombrantes. Débordantes. Les fosses de la mine à ciel ouvert de Ngoualana, inondées, ont momentanément gelé l’accès aux niveaux inférieurs. Les pompes s’activent, les bulldozers rongent le mort-terrain, et l’ingénierie s’emploie à rattraper les caprices de la météo. Par-dessus tout, « Les opérations minières ont également été impactées par des retards dans la livraison des explosifs sur le site […] et devraient être bientôt corrigées afin de minimiser les retards. », a souligné Bernard Aylward, PDG de Kodal Minerals.

Finaliser les exigences relatives à un permis d’exportation

C’est dans ce décor que le professeur Amadou Keïta, ministre des Mines, flanqué du général Ousmane Wele, gouverneur de Bougouni, a chaussé ses bottes pour visiter le site. Une visite saluée comme un acte politique autant que symbolique. Oui, le projet avance, la main-d’œuvre malienne est mise à contribution et le stock de spodumène s’accumule. Mais non, le permis d’exportation n’est pas encore là. Et c’est tout le paradoxe.

Car sans ce précieux sésame administratif, les tonnes de minerai pourraient bien finir comme les rêves d’un Mali minier autonome : bloqués sur le tarmac de l’administration, en attente de feu vert. C’est ce que Bernard Aylward, PDG de Kodal Minerals, a martelé aux autorités lors de cette visite : le projet est mûr pour l’envol, les partenaires internationaux sont prêts, les ports de San Pedro et Abidjan en Côte d’Ivoire attendent leur cargaison. « Je suis heureux de confirmer que l’équipe du LMLB continue de travailler en étroite collaboration avec le gouvernement du Mali pour finaliser les exigences relatives à un permis d’exportation. Une fois accordé, le permis d’exportation permettra, entre autres, le transport des importants stocks de concentré de spodumène vers les ports pour expédition vers Chine », a-t-il expliqué. 

Le lithium, pour qui sait lire les signaux faibles, est plus qu’un minerai. Il est au cœur de la transition énergétique mondiale, la clef des batteries, des véhicules électriques, du stockage d’énergie solaire. En clair, de tout ce vers quoi le monde se précipite. Le Mali, par la grâce géologique de Bougouni, détient une part de cette promesse. 

A.D

6 août 2025 0 comments
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Abdoulaye Maïga, Premier ministre
A la UnePolitique

À Awaza, la Confédération AES plaide pour un « multilatéralisme à visage humain »

by Chiencoro 6 août 2025
written by Chiencoro 4 minutes read

Depuis les rives de la Caspienne, à Awaza, le Premier ministre malien Abdoulaye Maïga a porté haut la voix de la Confédération des États du Sahel (AES), appelant à un multilatéralisme solidaire, centré sur l’humain, loin des logiques de domination et de sanctions arbitraires.

Il est des discours qui résonnent au-delà des murs feutrés des conférences internationales, parce qu’ils ne se contentent pas de réciter une litanie diplomatique convenue, mais s’ancrent dans une réalité tangible, charnelle, parfois brutale. Celui prononcé par le général Abdoulaye Maïga, Premier ministre malien, à la tribune du sommet des Pays en Développement sans Littoral (PDSL), le 5 août à Awaza, en fait partie.

En porte-voix d’une Confédération encore jeune, mais déjà combattive — celle née du pacte entre Bamako, Ouagadougou et Niamey —, en septembre 2024 à travers la charte du Liptako-Gourma, le chef du gouvernement malien n’a pas seulement exposé les défis logistiques ou commerciaux des États de l’hinterland sahélien. Il a formulé une vision. Une exigence. Une ambition. Celle d’un « multilatéralisme à visage humain ». Non pas cette façade policée d’une gouvernance mondiale souvent déconnectée, mais un ordre international rééquilibré, respectueux de la souveraineté et soucieux du sort réel des peuples.

Du droit d’accès à la mer à la souveraineté économique

La Confédération AES, a rappelé Maïga, est ce bloc continental de 2,8 millions de km² et 75 millions d’habitants, encerclé par 11 voisins côtiers, riche d’un sous-sol convoité et d’une jeunesse bouillonnante. Mais elle est aussi — et surtout — l’illustration contemporaine d’une anomalie persistante : être privé de son droit d’accès à la mer, pourtant consacré par les conventions internationales. Ici, le propos devient tranchant : dénonçant les blocus et les mesures coercitives déguisées en politiques de pression, le Premier ministre malien appelle à une solidarité agissante, et interpelle frontalement les Nations unies sur leur silence face à ces violations répétées.

Maïga n’élude pas les faiblesses internes. Il les retourne même en tremplins. Oui, l’AES est enclavée. Oui, elle a connu instabilité et prédation. Mais elle a choisi, désormais, la voie d’un développement endogène, débarrassé des injonctions extérieures. Industrialisation, transformation locale des ressources, investissement massif dans les infrastructures, création d’une Banque Confédérale pour l’Investissement et le Développement. Le discours est structuré, les jalons posés.

La souveraineté, fil rouge d’une nouvelle narration sahélienne

Mais au-delà des chiffres et des programmes, c’est un ton, presque une posture, qui retient l’attention. Celle d’un bloc qui ne quémande pas, mais propose. Qui ne s’excuse plus, mais revendique. Loin des caricatures d’un Sahel sinistré, Abdoulaye Maïga oppose une autre narration : celle d’une terre d’opportunités, non d’une zone à sécuriser sous tutelle. « Notre narratif est que le Sahel reste une terre d’opportunités », martèle-t-il. Une manière claire de rompre avec une certaine rhétorique humanitaire ou sécuritaire, souvent utilisée par les bailleurs pour masquer des intérêts moins altruistes.

Le discours d’Awaza, à sa manière, propose un nouveau pacte : coopérer, oui, mais sur la base d’une relation équilibrée et mutuellement bénéfique. La Confédération AES ne rejette pas la coopération, mais elle en redéfinit les conditions : respect de la souveraineté, reconnaissance des choix stratégiques, prise en compte des intérêts vitaux des populations. Fini donc les partenariats à sens unique.

Une Confédération qui bouscule les codes

À entendre le Premier ministre malien, l’AES ne veut plus être perçue comme une anomalie géographique à assister, mais comme un acteur géopolitique à considérer. Elle n’est pas un « problème » régional, mais une réponse africaine à la crise du multilatéralisme global. Dans un monde où les règles du jeu sont de plus en plus contestées, son discours prend des allures de manifeste. Celui d’un Sud global qui s’organise, s’affirme et cherche désormais à peser dans la redéfinition des normes.

Au final, derrière la technicité du propos, c’est un véritable plaidoyer pour un multilatéralisme refondé, recentré sur l’humain, que le général Maïga aura porté. En creux, une mise en garde : l’histoire ne s’écrit plus dans les chancelleries du Nord, mais aussi — et de plus en plus — dans les déserts, les fleuves et les capitales du Sahel.

Chiencoro Diarra 

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Des adolescentes rentrent chez eux après l'école à Niamey
A la UneÉducation

Ségou et San : 16 000 filles scolarisées en 5 ans à travers le projet SCOFI

by Sidi Modibo Coulibaly 6 août 2025
written by Sidi Modibo Coulibaly 4 minutes read

L’éducation est à la base de tout développement. Celle des filles l’est davantage en raison de la place centrale que joue la gent féminine dans la société. C’est ce qu’ont compris les autorités nationales. Elles ont fait scolariser, ces cinq dernières années, à travers un seul projet zonal, 16 000 filles dans les régions de Ségou et de San.

Il s’agit du projet « SCOFI » (Scolarisation des filles), financé par le Canada à hauteur de plus 4 250 000 000 de franc CFA. Un projet qui a débuté en 2000 pour prendre fin cette année. La clôture de ce projet a donné lieu à une cérémonie officielle qui s’est déroulée le jeudi 31 juillet 2025 à Bamako. Une cérémonie qui a enregistré la présence du représentant le ministre de l’Éducation nationale, du représentant du ministère des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, du représentant du Chef de la coopération canadienne, de la Directrice du projet SCOFI, des Directeurs des Services centraux de l’Éducation, des Directeurs d’Académies d’Enseignement de Ségou et San, des Directeurs de Centres d’Animation pédagogique des zones d’intervention du projet, des élus communaux, des membres des Comités de Gestion scolaire et plusieurs autres acteurs de l’école. 

De bons résultats enregistrés 

Le projet SCOFI avait pour objectif d’améliorer l’accès, la rétention et les résultats scolaires des adolescentes (13 à 15 ans) de l’enseignement fondamental 2 (second cycle). Ses zones d’intervention étaient les régions de Ségou et San : les Académies d’Enseignement de Ségou et San, les Centres d’Animation pédagogique (CAP) de Barouéli, Ségou, Yangasso, Bla et Sanando. Il a couvert 90 écoles fondamentales 2, touché 16 000 adolescentes, 1 250 enseignants (dont 24 % de femmes). 

Selon la directrice du projet, Mme Francine Senecal, les actions ont touché, spécifiquement et de manière énergique aux obstacles physiques, économiques, institutionnels et culturels en vue d’améliorer les indicateurs d’accès, de maintien et de réussite scolaire des adolescentes au fondamental 2, y compris celles qui sont en situation de handicap et même les déplacées. Elle a, par ailleurs, salué le gouvernement pour les différentes activités de coordination, de suivi-conseil et d’orientations ayant permis d’atteindre ces résultats encourageants. 

Bonne coordination des projets de scolarisation des filles 

Le Mali a placé la scolarisation des filles au cœur de ses priorités. Cet engagement s’est matérialisé par l’adoption d’une Politique nationale de scolarisation des filles (SCOFI), qui a permis de réaliser d’importants progrès en matière d’accès, d’équité et de qualité dans l’éducation des filles. Ces progrès se réalisent à travers divers projets, outre le projet SCOFI. Ces projets sont entre autres : PASCOFI, DÉFI Mali, COWATER, EMPOWER et FIER. 

Dans le souci d’une meilleure coordination, de partage d’expériences d’appropriation nationale et d’une meilleure lisibilité des activités de ces projets, le ministère de l’Éducation nationale a mis en place le mécanisme de coordination des projets de scolarisation des filles (MECOP-SCOFI). Ce cadre a tenu, le vendredi 23 mai 2025 à Bamako, sa 4e réunion du comité directeur conjoint. Auparavant, les trois dernières réunions seraient tenues respectivement en juin 2022, mai 2023 et mai 2024. 

Bientôt, une nouvelle politique de scolarisation en cours

Quelques jours avant la clôture officielle du projet SCOFI, le gouvernement avait organisé un atelier de stabilisation et de validation technique du nouveau document de politique nationale de la scolarisation des filles (SCOFI). C’était du 08 au 12 juillet 2025 à Ségou.  

Après dix-huit ans de mise en œuvre de la politique nationale SCOFI, des défis importants persistent d’où la nécessité de la réviser. C’est ainsi que le ministère de l’Éducation nationale, avec l’appui de ses partenaires, a conduit une étude d’évaluation participative de la politique en vigueur. Celle-ci a permis de faire un état des lieux approfondi de la mise en œuvre de la politique, en identifiant les facteurs de réussite, les insuffisances et les pistes d’amélioration. 

L’une des principales recommandations issues de cette étude est la nécessité d’élaborer un nouveau document de politique nationale, mieux adaptée aux évolutions du contexte éducatif national. L’atelier de Ségou a consisté à finaliser les travaux de relecture de ce nouveau document et à le valider techniquement.

Il faut souligner que, selon le rapport général sur les états généraux de l’éducation (août 2023-fevrier 2024), le taux brut de scolarisation au premier cycle de l’Enseignement fondamental est estimé à 79,9 %, dont 79,4 % pour les filles et 80,3 % pour les garçons.

Sidi Modibo Coulibaly

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Colonel Cheick Mamadou Chérif Tounkara
A la UneSport

Colonel Cheick Mamadou Chérif Tounkara : « L’édition 2025 de la super coupe Assimi Goïta sera spéciale et grandiose »

by Ibrahim Kalifa Djitteye 5 août 2025
written by Ibrahim Kalifa Djitteye 3 minutes read

La Super Coupe du Général d’Armée Assimi Goïta, Président de la Transition, revient en force pour son édition 2025. Le coup d’envoi officiel a été donné ce mardi à travers un point de presse animé par la Commission Nationale d’Organisation, présidée par le Commissaire Colonel Cheick Mamadou Chérif Tounkara. Un moment solennel qui a permis de dévoiler les grandes lignes de cet événement majeur, devenu au fil des ans un rendez-vous sportif, citoyen et unificateur.

En retraçant la genèse de la Super Coupe, le Commissaire colonel Cheick Mamadou Chérif Tounkara a rappelé qu’elle est avant tout un outil de cohésion et de réconciliation. « Le football est un puissant facteur d’union, d’épanouissement et de solidarité. À travers lui, nous voulons cultiver l’esprit d’équipe, le respect de l’autre, la fraternité et le fair-play », a-t-il affirmé.

Placée sous le haut patronage du Président de la Transition, cette compétition vise à promouvoir les valeurs citoyennes, l’unité nationale et l’éducation des jeunes à travers le sport. « C’est un événement qui mobilise toute la jeunesse malienne et qui permet de renforcer les liens entre les institutions et les populations », a-t-il ajouté.

Une édition 2025 plus inclusive que jamais

L’édition 2025 s’annonce inédite. Pour la première fois, 23 équipes issues de toutes les régions du Mali, y compris les plus récemment créées, prendront part à la compétition, aux côtés du District de Bamako et des trois grandes institutions de la République, notamment la Présidence, le Gouvernement et le CNT.

Les délégations sont attendues à Bamako dès le 13 août 2025, avec une cérémonie de remise des équipements prévue pour le 14 août, suivie du tirage au sort. La compétition débutera le 15 août, sous le parrainage du Président Assimi Goïta et la présidence effective du Premier ministre. Au total, 65 matchs seront disputés sur les pelouses du Stade Mamadou Konaté et du Stade Ouezzin Coulibaly rénové, avec une grande finale prévue le 07 septembre.

« Cette édition sera spéciale et grandiose. Elle sera marquée par son caractère inclusif et l’engagement de toutes les régions du pays », a insisté le Colonel Tounkara.

Des appels à l’engagement collectif

Dans un ton à la fois ferme et mobilisateur, le président de la Commission a appelé toutes les parties prenantes à s’impliquer pleinement pour le succès de l’événement. Il a notamment exhorté les gouverneurs de région à accompagner leurs délégations, et les équipes à faire preuve de discipline et de respect des consignes. « Nous attendons des joueurs qu’ils donnent le meilleur d’eux-mêmes dans l’esprit du tournoi », a-t-il lancé.

S’adressant aux journalistes, il a déclaré : « Votre rôle est fondamental. Nous comptons sur vous pour assurer une couverture médiatique professionnelle, impartiale et dynamique de l’ensemble du tournoi », exhorte-t-il avant de demander aux arbitres « d’être à la hauteur, de garantir des rencontres sans incident et d’incarner l’impartialité ».

Quant au public sportif, le Colonel Tounkara a invité les populations de Bamako, de Kati et des environs à venir nombreuses dans les stades. « L’entrée sera gratuite tout au long du tournoi. L’ambiance sera au rendez-vous. Sortez massivement soutenir vos équipes régionales », a-t-il précisé.

Une organisation prête pour accueillir 5000 participants

Avec près de 5000 personnes attendues, la Commission d’organisation affirme avoir pris toutes les dispositions nécessaires notamment l’hébergement au Lycée Sportif de Kabala, la restauration, la sécurité renforcée ainsi que le transport interne des délégations. La finale sera agrémentée de prestations artistiques, d’un match de gala, de parachutistes et de surprises festives, à l’image de l’ampleur de l’événement.

Avant de conclure, le commissaire colonel Tounkara a adressé ses remerciements aux plus hautes autorités, au gouvernement, aux services de sécurité et particulièrement au Président de la Transition « pour avoir bien voulu autoriser cette édition 2025 ». Il a ensuite lancé un message d’espoir : « Je suis d’ores et déjà convaincu que ce tournoi sera un véritable succès et que la victoire sera celle de la jeunesse malienne », déclare-t-il.

Ibrahim Kalifa Djitteye

5 août 2025 0 comments
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