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Inondations au Niger
Actu

Bamako propre : plus de 31 milliards F CFA pour assainir davantage la capitale

by Sidi Modibo Coulibaly 8 juillet 2025
written by Sidi Modibo Coulibaly 3 minutes read

La problématique de l’assainissement à Bamako, la capitale du Mali, préoccupe de plus en plus les autorités nationales, surtout en ce début d’hivernage. Après avoir pris plusieurs décisions dans ce sens, elles viennent d’adopter des textes de ratification d’un prêt de plus de 31 milliards FCFA. Ce qui améliorera significativement l’assainissement de la ville.

L’information a été rendue publique à l’issue de la session du conseil des ministres du vendredi 04 juillet 2025. En effet, au chapitre des mesures législatives et réglementaires et sur le rapport du ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, le Conseil des ministres a adopté des projets de texte relatifs à la ratification de l’Accord de financement additionnel du Projet de Résilience urbaine de Bamako (PRUBA), signé à Bamako, le 21 mai 2025, entre le Gouvernement de la République du Mali et l’Association Internationale de Développement. « Par cet Accord, l’Association Internationale de Développement octroie au Gouvernement de la République du Mali un prêt d’un montant de 31 milliards 551 millions 531 mille 700 francs CFA », peut-on lire dans le communiqué publié. 

La réalisation du projet, objet du présent financement, permettra d’améliorer l’accès aux services de traitement des déchets urbains, d’assainissement et d’approvisionnement en eau, d’accroître la résilience aux inondations, de renforcer les capacités de gestion urbaine et d’apporter des réponses immédiates et efficaces à une situation d’urgence. Il faut rappeler que le PRUBA est déjà actif en témoigne les deux réalisations d’ouvrages en cours dans les communes IV et VI du district de Bamako pour un montant de 2,66 milliards FCFA.

En commune IV

Au niveau du pont de « Woyowoyanko », séparant les quartiers de Djicoroni-Para et Sebenicoro, les travaux consistent en la construction d’un nouvel ouvrage et au redimensionnement de l’existant afin de maintenir en service l’une des artères principales du Mali. La mise en œuvre du projet contribuera à la modernisation du réseau routier, à l’augmentation du niveau de service, à la fluidité du trafic vers Sébénicoro, à l’amélioration de la sécurité routière et du cadre de vie des populations, grâce aux facilités d’accès aux centres socio-sanitaires, aux écoles, aux administrations, aux commerces, ainsi qu’à la réduction du temps de parcours. En plus, il y aura un aménagement d’une voie alternative de 6 km au tronçon urbain de la RN5 en commune IV du district de Bamako. 

En commune VI

C’est au niveau de Sabalibougou Courani qu’il y aura des travaux portant sur le curage des deux siphons et la construction d’un collecteur en maçonnerie de moellons du côté amont des deux siphons secondaires sur la voie d’accès à Sabalibougou Courani. Ces travaux, une fois finis, permettront de drainer les eaux du collecteur principal de Missabougou vers lesdits siphons. 

Il faut signaler que ces deux ouvrages ( Woyowoyanko et Sabalibougou Courani) font partie d’un plan d’investissement 2025 qui vise à nettoyer 131 073 mètres linéaires de collecteurs et 235 365 mètres linéaires de caniveaux dans les six communes du district.

Sidi Modibo Coulibaly

8 juillet 2025 0 comments
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Abdoulaye Diop, ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale
Politique

Le ministre Abdoulaye Diop sur Malikura Taasira 3 : « Le Mali affirme sa diplomatie souveraine et défend les intérêts du peuple »

by Ibrahim Kalifa Djitteye 8 juillet 2025
written by Ibrahim Kalifa Djitteye 5 minutes read

Le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Abdoulaye Diop, était, ce vendredi 4 juillet 2025, l’invité de l’émission Mali Kura Taasira 3 sur la télévision nationale. Une occasion pour lui de faire le tour de l’actualité diplomatique du pays, d’en rappeler les avancées, les défis et surtout les choix stratégiques assumés par le Mali dans un contexte géopolitique complexe.

Le chef de la diplomatie malienne a d’abord mis en avant le rôle de plus en plus affirmé du Mali dans la sous-région et au-delà, soulignant que le pays s’appuie désormais sur trois principes clairs définis par le président de la Transition, le Général Assimi Goïta : le respect de la souveraineté nationale, le respect des choix stratégiques et des partenaires, ainsi que la défense des intérêts vitaux du peuple malien. À travers ces principes, le Mali, désormais membre fondateur de la Confédération des États du Sahel (AES), s’affiche comme une puissance souveraine déterminée à faire entendre sa voix.

Une diplomatie fondée sur des principes souverains

Abdoulaye Diop a rappelé que la création de l’AES, d’abord en tant qu’Alliance puis Confédération, répond à une menace existentielle commune ressentie par le Mali, le Burkina Faso et le Niger. L’union des trois pays a permis la mise en place d’une Force conjointe, de mécanismes de sécurité coordonnés et d’une diplomatie unifiée. Il s’agit, selon lui, d’un mécanisme d’assistance mutuelle tourné vers trois piliers : la défense, la diplomatie, et le développement.

Le sommet des chefs d’État du 6 juillet 2024 à Niamey a marqué la formalisation de cette Confédération avec l’adoption d’un logo, d’un drapeau, d’un hymne, et des projets concrets comme la création d’une compagnie aérienne, le développement d’infrastructures ferroviaires et énergétiques, ainsi que la mise en place d’une Banque confédérale d’investissement.

Une Confédération structurée autour de la sécurité et du développement

Sur le plan diplomatique, le ministre Diop a salué les progrès réalisés, notamment la capacité des pays de l’AES à s’exprimer d’une seule voix dans les grandes instances internationales. Il a cité le cas de l’Ukraine, accusée d’avoir apporté un soutien logistique à des groupes armés opérant contre le Mali, ainsi que les tensions avec l’Algérie, dénoncée pour avoir attaqué un drone malien et pour son implication présumée dans le soutien à des groupes terroristes.

Selon lui, cette posture collective est désormais reconnue par plusieurs partenaires tels que la Russie, la Türkiye ou encore le Maroc, qui intègrent désormais l’AES dans leurs approches diplomatiques en Afrique de l’Ouest.

Une voix unifiée face aux défis diplomatiques

Concernant les relations entre la Confédération AES et la CEDEAO, Abdoulaye Diop a clarifié que la rencontre de Bamako avec la Commission de la CEDEAO n’avait pas pour objectif un retour dans l’organisation. « Notre départ est acté et c’est un chemin de non-retour », a-t-il tranché. Cependant, il reconnaît la nécessité de gérer avec responsabilité les questions pratiques liées à des décennies d’interdépendance, notamment la libre circulation, les échanges commerciaux, les projets énergétiques et les partenariats.

Il a insisté sur le fait que les discussions doivent se faire collectivement au nom de l’AES, et non individuellement par chaque pays membre. Pour le ministre, l’objectif est de préserver les acquis de l’intégration tout en mettant en place un nouveau cadre de coopération.

CEDEAO-AES, un désengagement coordonné et pragmatique

Abdoulaye Diop est également revenu sur les relations bilatérales, soulignant la volonté du Mali de maintenir des rapports de bon voisinage, fondés sur la non-ingérence et la fraternité entre les peuples. Il a insisté sur la diversification des partenariats internationaux, présentée comme un levier d’autonomie. Le ministre a notamment salué les appuis du Qatar (50 millions de dollars d’aide budgétaire), les partenariats prometteurs avec les Émirats arabes unis, et les relations florissantes avec des puissances comme la Russie, la Chine ou encore la Türkiye.

Cette diversification, selon lui, n’est pas un rejet de certains pays mais une volonté stratégique d’atteindre des objectifs concrets, notamment dans les domaines de la défense, de la sécurité et du développement. Le Mali, assure-t-il, ne souhaite plus dépendre d’un seul bloc d’influence.

Vers un monde multipolaire, la diversification des partenariats

Le ministre a regretté que certains choix stratégiques du Mali aient suscité des tensions, notamment avec la France, qui peine à accepter que le Mali définisse librement ses partenaires. Il a aussi affirmé que la fermeture des consulats français dans les pays de l’AES relevait d’une décision unilatérale de Paris, en réaction à la nouvelle orientation politique des trois États.

Abdoulaye Diop a par ailleurs annoncé le retrait du Mali de l’Organisation internationale de la Francophonie, dénonçant une politique de « deux poids, deux mesures » au sein de l’institution. Pour lui, toute organisation doit respecter ses propres règles, applicables équitablement à tous ses membres.

Ruptures diplomatiques assumées et souveraineté revendiquée

S’agissant des Nations unies, il a précisé que le Mali reste un membre actif de l’ONU et continue de collaborer avec ses agences, programmes et fonds, malgré la fin de la mission de la MINUSMA. Le pays, dit-il, reste engagé sur la scène internationale mais entend désormais défendre ses intérêts sur la base de principes clairs.

Pour conclure, le chef de la diplomatie malienne a insisté sur l’importance de faire comprendre aux populations la démarche des autorités de la Transition : la refondation, la souveraineté retrouvée, et la nécessité de répondre aux défis sécuritaires et économiques. Il a dénoncé les narratifs dévalorisants souvent relayés à l’encontre du Mali, du Burkina Faso et du Niger, insistant sur la nécessité de changer les perceptions internationales à l’égard de l’AES.

Ibrahim Kalifa Djitteye 

8 juillet 2025 0 comments
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Image: Un graphique réalisé pour illustrer les chroniques du Mardi.
A la UneChroniques

Bamako : la colère de l’eau et l’indiscipline des hommes

by Chiencoro 8 juillet 2025
written by Chiencoro 3 minutes read

L’État malien, souvent pointé du doigt à tort, a su tirer les leçons des catastrophes passées pour anticiper l’hivernage 2025. Mais à Bamako, plus que les nuages, ce sont les mauvaises habitudes qui inondent les rues. Et si le vrai chantier de résilience n’était pas dans le béton, mais dans les mentalités ?

Il aura donc fallu que Bamako se retrouve, une fois de plus, les pieds dans l’eau et le cœur en désarroi pour que surgisse la question qui dérange : que peut bien un État, aussi prévoyant soit-il, face à une population qui refuse d’entendre raison ? En 2024, la capitale malienne a suffoqué sous les flots. Près de 100 morts, des milliers de sinistrés, des écoles en ruine, des routes effacées et des quartiers transformés en marécages urbains. Le Mali tout entier a payé, au prix fort, son tribut au changement climatique. Mais à y regarder de plus près, il n’est pas seul responsable de son malheur.

Bamako est victime d’un désordre entretenu et banalisé 

Les autorités maliennes, elles, n’ont pas fui leurs responsabilités. Dès août 2024, l’état de catastrophe nationale fut décrété. Des milliards ont été débloqués pour l’urgence, l’assistance humanitaire, le relogement et la remise en état des infrastructures. L’hivernage 2025, lui, a été anticipé avec des opérations de curage préventif de plus de 360 000 mètres de canaux et de collecteurs. Le projet PRUBA, financé en partie par la Banque mondiale, a vu ses moyens renforcés. Des écoles, des ponts, des stations de pompage, des réseaux d’assainissement sont en chantier. L’État a agi. Vite. Fort. Et avec méthode.

Mais voilà. Aucune politique de résilience urbaine ne peut réussir si elle ne s’appuie pas sur une citoyenneté responsable. Or c’est là que le bât blesse. Depuis des années, on construit n’importe où, souvent illégalement, dans les lits mêmes des marigots censés absorber les eaux de pluie. On jette les ordures dans les caniveaux, on obstrue les passages naturels, on détourne les plans d’urbanisme comme on contourne les lois.

Et lorsque les pluies viennent, on crie à l’injustice, on accuse l’État, on implore l’aide. Mais qui ose se regarder dans la glace ? Bamako n’est pas victime de la seule colère du ciel, elle est aussi la conséquence d’un désordre entretenu et banalisé par ses propres habitants. Ce n’est pas une accusation, c’est un constat.

L’incivisme, une maladie chronique

Alors, oui, l’État a sa part de responsabilité historique dans l’urbanisation anarchique. Mais ce nouveau Mali qui émerge, sous la conduite d’autorités conscientes des enjeux, a compris que gouverner, c’est aussi parfois imposé, trancher, et même démolir quand il le faut. La Commission nationale de libération des servitudes a été mise en place. Des centaines de constructions illégales seront rasées. Non pas pour punir, mais pour prévenir. Pour sauver. Pour reconstruire en mieux.

La vision « Bamako ville résiliente à l’horizon 2030 » ne sera pas qu’un slogan. Elle est un cap. Elle exige, de tous, une discipline nouvelle. Car l’État peut planifier, investir, protéger. Mais il ne peut pas curer les consciences à la place des citoyens. Et si l’eau est un fléau, l’incivisme, lui, est une maladie chronique.

Il est temps d’en guérir.

Chiencoro Diarra 

8 juillet 2025 0 comments
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Résultats du concours de la fonction publique
ActuTaabolow ani Tabiaw

Concours d’entrée dans la fonction publique : des résultats fondés sur la transparence et l’égalité

by Sidi Modibo Coulibaly 7 juillet 2025
written by Sidi Modibo Coulibaly 3 minutes read

Le vendredi 04 juillet 2025, les résultats des concours directs d’entrée dans la fonction publique, au titre de l’exercice budgétaire 2024, ont été publiés. Sur les 773 postes à pourvoir, 746 candidats ont été admis, laissant 27 postes vacants. Les candidats heureux ont été retenus sur la base de la transparence et de l’égalité.

Ouverts le 17 janvier 2025, à travers un communiqué largement diffusé, ces concours ont été officiellement lancés le samedi 05 avril 2025 au Lycée Askia Mohamed de Bamako où compétissaient les candidats des corps de l’agriculture et du génie rural. Les concours pour les autres postes se sont poursuivis à Bamako et dans les 6 centres de l’intérieur jusqu’au 26 avril 2025. Ils étaient 58 075 candidats pour 773 postes à pourvoir. 

A l’issue du processus, 746 candidats ont été admis, laissant 27 postes vacants. Les femmes représentent 45% des admis, contre 55% pour les hommes. Après vérifications, 11 faux diplômes ont été détectés et transmis à la Justice. Et conformément à la loi sur les droits des personnes handicapées, un quota de 15% est accordé à ceux ayant obtenu au moins 10 de moyenne. Ainsi, 32 candidats handicapés sont déclarés admissibles. 

 Équité et impartialité garantie

Dans son point de presse tenu le samedi 5 juillet 2025, le ministre chargé de la fonction publique, Dr Fassoum Coulibaly, a déclaré que toutes les mesures nécessaires avaient été prises pour garantir l’équité et l’impartialité des épreuves et de la correction dans l’objectif de ne retenir que les candidats méritants. En effet, depuis le fiasco dans les concours, qui se sont déroulés du 23 au 31 décembre 2023, et ayant abouti à leur annulation par le gouvernement le 05 février 2024, des innovations ont été prises pour que plus jamais cela ne se reproduise. 

C’est le ministre Fassoum Coulibaly qui avait annoncé ces innovations. C’était au cours du journal télévisé de 20 h du 14 août 2024 de l’ORTM (Office de radiodiffusion et télévision du Mali), la radio-télévision publique. Ces mesures annoncées étaient entre autres :  la modification de l’arrêté de 2009 fixant les modalités d’organisation du concours pour pallier aux insuffisances ; l’instauration d’un jury pour le suivi de tout le processus ; l’instauration d’une nouvelle méthode de codification des copies ; le changement de la méthode de choix des sujets ; l’affichage des résultats avec les moyennes des candidats admis.

Des innovations après une amère expérience 

En effet, le 05 février 2024, le gouvernement annonçait l’annulation du concours qui s’était déroulé du 23 au 31 décembre 2023. Car un réseau de fraude avait été découvert. Le chef de cabinet du département, ainsi que des conseillers techniques, des chargés de mission et des chefs de division au niveau des académies, ont été interpellés par la gendarmerie le vendredi 2 février 2024 pour leur implication présumée dans ce réseau. Le jeudi 22 février 2024, ils avaient été placés sous mandat de dépôt. Parmi eux, figurait la secrétaire particulière du ministre, qui avait fait une crise et avait été annoncée morte. Elle s’est réveillée et a été reconduite à Bollé, la prison pour femmes. 

Au cours de ces concours, 65 817 candidatures avaient été enregistrées pour les différents corps de la Fonction publique. Finalement, ces concours s’étaient déroulés du 13 avril au 05 mai 2024. Cette nouvelle organisation du concours a vu l’introduction de ces innovations inédites.

Sidi Modibo Coulibaly

7 juillet 2025 0 comments
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Franc Malien
A la UneÉconomie

Le 1er juillet : une date symbolique dans l’histoire monétaire du Mali

by Sidi Modibo Coulibaly 7 juillet 2025
written by Sidi Modibo Coulibaly 3 minutes read

D’après le huitième point des douze (12) accords coloniaux, les anciennes colonies françaises de l’Afrique devenues des États indépendants doivent utiliser le franc CFA comme monnaie. Mais, le 1er juillet 1962, le Mali décida autrement en adoptant sa propre monnaie, le franc malien.

La monnaie remplit, traditionnellement, trois fonctions : moyen d’échange, unité de compte, réserve de valeur. En tant que moyen d’échange, la monnaie permet de réguler des transactions commerciales ou entre particuliers. Elle peut être échangée contre des biens ou des services. Elle possède un pouvoir libératoire immédiat. En sa qualité d’unité de compte, elle permet d’établir les prix grâce à une unité reconnaissable et acceptée par tous. Elle permet de comparer la valeur relative de biens et de services. Et, en tant que réserve de valeur, elle peut être épargnée et utilisée pour conserver ou transmettre à travers le temps. 

Disposer de sa propre monnaie, un signe de souveraineté

Un pays, qui dépend d’un autre par rapport à la monnaie, ne peut en aucune manière être indépendant, à fortiori, se développer harmonieusement. C’est ce qui est le cas du franc CFA, créé au lendemain de la Seconde Guerre mondiale par la France pour continuer à avoir un contrôle sur ses anciennes colonies de l’Afrique. Ainsi, ces anciennes colonies africaines et la Banque de France sont liées par des accords de coopération incluant le dépôt d’une partie des réserves de changes à la Banque de France et la garantie du franc CFA par la France. 

Au regard de cette dépendance, disposer de sa propre monnaie est un signe de souveraineté et d’indépendance. C’est dans cette optique que le régime de Modibo Keïta (1960-1968) a créé le franc malien qui était battu en Tchécoslovaquie. Une décision qui va créer des tensions tant à l’interne qu’à l’international.

À l’interne, ce fut une décision contestée par une partie de l’élite 

La mise en circulation de la nouvelle monnaie, le 1er juillet 1962, laisse jusqu’au 15 juillet aux Maliens pour changer leurs francs CFA en francs maliens. Les Maliens, redoutant des dévaluations de la nouvelle monnaie, ont préféré garder leurs francs CFA, via les échanges commerciaux avec les pays voisins. Le gouvernement interdit alors la conversion en franc CFA, et fait arrêter et emprisonner ceux qui s’adonnaient à cette pratique. 

En fin juillet 1962, des marches de protestation ont été menées par des commerçants ayant entrainé l’arrestation de leaders politiques et du secteur économique dont les plus connus étaient Fily Dabo Sissoko, Hamadoun Dicko du PSP (Parti progressiste soudanais), Maraba Kassoum Touré (opérateur économique influent). Des situations qui vont continuer et vont aboutir à la dévaluation de 50 % le franc malien en 1967.

Sur le plan international, le pays a été davantage isolé 

L’ancien colonisateur n’est pas resté les bras croisés. Il a entrepris de saboter l’économie du Mali par tous les moyens afin de ne pas permettre à d’autres anciennes colonies de suivre le chemin du président Modibo Keïta. Étouffé de toutes parts, le régime de Modibo Keïta finit par engager des négociations pour revenir dans l’espace UEMOA (Union Monétaire ouest-africaine), la zone monétaire du franc CFA pour les pays francophones de l’Afrique de l’Ouest.

C’est dans ces conditions qu’un coup d’État militaire mit fin, le 19 novembre 1968, au régime de la première République. Et le 1er juillet 1984, le Mali fit son retour dans le franc CFA, mettant brutalement fin à sa volonté de souveraineté monétaire.

Sidi Modibo Coulibaly

7 juillet 2025 0 comments
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Une graphique réalisée pour illustrer les édito sur notre site.
A la UneEdito

AES, an I : le réel contre les faux-semblants ouest-africains

by Chiencoro 7 juillet 2025
written by Chiencoro 4 minutes read

Un an après sa création, la Confédération des États du Sahel (AES) célèbre son premier anniversaire. Née dans le tumulte sécuritaire et politique, l’union entre le Mali, le Burkina Faso et le Niger s’est imposée comme une réponse salvatrice aux défis régionaux. Entre intégration militaire, souveraineté économique et rupture diplomatique assumée, l’AES trace une voie nouvelle pour l’Afrique de l’Ouest. Retour sur douze mois d’une expérience politique inédite, portée par des chefs d’État déterminés à reprendre leur destin en main.

Qui aurait parié, il y a un an, qu’un triumvirat sahélien, né dans le tumulte, tiendrait bon face à la tempête ? Qui aurait cru que Bamako, Ouagadougou et Niamey, unis plus par la menace terroriste que par les manuels d’intégration régionale, réussiraient là où la CEDEAO peine, l’UEMOA tangue et l’UA hésite ? Un an après la naissance de la Confédération des États du Sahel (AES), le bilan est là, têtu comme les faits.

Assimi Goïta, colonel devenu général, mais surtout artisan tranquille d’une souveraineté retrouvée, peut se retourner sans rougir. Il n’a pas seulement tenu la présidence tournante de la Confédération : il l’a marquée. De la force conjointe interarmées à la Banque confédérale, du passeport biométrique à l’unité de doctrine, l’AES a été plus loin en un an que la CEDEAO en vingt.

Trois ruptures fondatrices

Première rupture : la sécurité. Fini les armées nationales émiettées et dépendantes. L’opération Yéréko 2 a signé le retour de l’État sahélien armé et décidé. Pour les apprentis djihadistes, il ne s’agit plus de “tenir le terrain”, mais de le fuir. Ceux qui attendaient l’échec militaire n’ont eu droit qu’à des photos aériennes de leurs repaires pulvérisés.

Deuxième rupture : l’économie. Pendant que les technocrates ouest-africains négocient le Franc Eco depuis dix ans, les pays de l’AES ont mis en place un prélèvement commun sur les importations, doté leur banque confédérale de 500 milliards de francs CFA et lancé des projets aussi concrets qu’un chemin de fer transfrontalier. De l’intégration de dossiers au fond des tiroirs, on est passé à l’intégration budgétée, chiffrée, pilotée.

Troisième rupture : l’esprit. L’AES n’est pas une énième coalition de chefs d’État. C’est une déclaration de divorce. Divorce d’avec l’hypocrisie de la “communauté internationale” toujours prête à donner des leçons, jamais à tenir ses promesses. Divorce d’avec la tutelle financière et politique des anciennes métropoles. À défaut d’un passeport pour l’Europe, les Sahéliens ont désormais un passeport pour eux-mêmes — et c’est déjà beaucoup.

Le style Goïta, version confédérale

Qu’on le veuille ou non, Assimi Goïta est devenu plus qu’un président de transition : un symbole de constance dans une région friande de revirements. Son style ? Sobriété, rigueur, action. Il ne tweete pas, il ne théorise pas ; il fait. Quand d’autres organisent des colloques sur l’Afrique de demain, lui installe des lampadaires, rénove des routes et parachute des unités de reconnaissance.

Ce style a essaimé. À Ouagadougou, Ibrahim Traoré durcit l’appareil sécuritaire sans faux-semblants. À Niamey, Tiani remet l’État dans le cockpit d’une souveraineté assumée. Il fallait une colonne vertébrale politique : elle existe.

Les sceptiques grognent, les peuples adhèrent

Bien sûr, les critiques fusent. Paris s’agace, Bruxelles s’interroge, Washington observe. Certains pensent encore que ces trois pays reviendront, penauds, dans le giron des anciennes structures régionales. Mais dans les rues de Sikasso, Kaya ou Zinder, ce n’est pas la nostalgie des sommets de l’UA qui anime les conversations. C’est la fierté d’être maître chez soi. C’est l’espoir que, pour une fois, les décisions prises au sommet redescendent jusqu’aux plaines et aux hameaux.

Car le vrai test de l’AES n’est pas géopolitique. Il est social. Si, dans un an, les enfants sahéliens vont mieux à l’école, si leurs mères accouchent dans des hôpitaux fonctionnels, si les jeunes ne rêvent plus d’exil, alors l’AES ne sera pas seulement un projet politique. Ce sera une révolution paisible.

L’intégration ou l’insignifiance

Soyons clairs. L’AES n’a pas vocation à rester une exception. Elle veut devenir une norme africaine. Une Afrique qui se construit par les bases, pas par les sommets. Une Afrique qui préfère ses réalités à ses dépendances. Une Afrique qui sait que l’intégration est une exigence de survie, non un luxe de diplomates.

Il reste des défis, bien sûr. Une gouvernance plus structurée. Une monnaie commune, un jour peut-être. Une reconnaissance internationale pleine et entière. Mais, comme souvent, ce sont ceux qui n’ont plus rien à perdre qui avancent le plus vite. Et au Sahel, on a appris à faire des miracles avec des miettes.

À la veille de la session de décembre à Bamako, les peuples de l’AES savent une chose : ils ne sont plus seuls, ni désunis. Ils avancent ensemble, enfin. Et qu’importe si, en chemin, ils doivent laisser derrière eux quelques certitudes obsolètes. Au fond, l’histoire n’appartient pas à ceux qui commentent, mais à ceux qui la font.

Chiencoro Diarra

7 juillet 2025 0 comments
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Sommet des chefs d'Etats de l'AES
A la UnePolitique

Assimi Goïta convoque l’an 2 de l’intégration sahélienne

by Sahel Tribune 6 juillet 2025
written by Sahel Tribune 4 minutes read

Un an après la création de la Confédération des États du Sahel, le président Assimi Goïta convoque ses homologues pour un second sommet décisif. Prévu en décembre 2025 à Bamako, ce rendez-vous annuel marque la montée en puissance d’un espace politique assumé, porté par une vision souverainiste, unie et résolument sahélienne. Entre volonté d’intégration et affirmation d’identité, l’AES entre dans l’an 2 avec détermination.

C’est une ligne qui tient en quelques mots, mais qui dit tout d’un souffle géopolitique nouveau. Par un communiqué sobre et solennel, daté du 4 juillet 2025 à Bamako, le Président de la Confédération des États du Sahel (AES), le Général d’armée Assimi Goïta, a annoncé la tenue en décembre prochain, dans la capitale malienne, de la deuxième session du Collège des Chefs d’État de la Confédération. Un acte de continuité. Mais aussi – et surtout – un symbole politique fort, lourd de significations dans la recomposition en cours de l’espace sahélien. Le premier sommet, qui a vu la naissance de la Confédération le 6 juillet 2024, s’était tenu à Niamey (Niger).

Collégialité, concertation, cohérence

Au-delà de la formule protocolaire — « après consultation de Leurs Excellences » le Capitaine Ibrahim Traoré, Président du Faso, et le Général Abdourahamane Tiani, Président de la République du Niger — le communiqué dit beaucoup de la gouvernance propre à l’AES. Un style collégial, un processus de consultation mutuelle, loin des automatismes verticaux des blocs traditionnels. Ici, point de directoire invisible ou de secrétariats technocratiques déconnectés.

A la Confédération des États du Sahel, ce sont les chefs d’État eux-mêmes qui assument, impulsent, décident, comme l’a si bien laissé entendre le président de la confédération devant la communauté malienne en Russie, lors de sa visite officielle en juin 2025. Toutes les décisions touchant la vie du bloc sont prises à l’unanimité par les trois chefs d’Etat.

Bamako, capitale politique d’une Afrique réinventée

Qu’il se tienne à Bamako n’est pas un hasard. Depuis sa désignation à la présidence tournante de la Confédération en juillet 2024, le Mali, sous la houlette d’Assimi Goïta, incarne l’âme stratégique du projet confédéral. C’est là que fut lancé le passeport commun. C’est là aussi que furent esquissées les grandes lignes de la force conjointe sahélienne. Et c’est là que le cap fut fixé sur la création d’une Banque confédérale d’investissement — levier financier de la souveraineté retrouvée.

En réunissant ses pairs à Bamako pour cette deuxième session, le président malien entend donc inscrire la Confédération dans une continuité territoriale et symbolique, et éventuellement procéder au passage de témoin. La capitale malienne ne sera pas seulement le théâtre d’une rencontre diplomatique. Elle en sera la matrice politique, l’agora décisionnelle, le point nodal où se tracent les contours d’un autre avenir pour le Sahel.

Un sommet, des attentes

Que peut-on attendre de ce sommet ? Beaucoup. À commencer par le passage à la vitesse supérieure de l’intégration institutionnelle : parlement commun, fiscalité harmonisée, mutualisation des infrastructures critiques. Mais aussi une consolidation militaire sur les théâtres d’opération clés — Ménaka, Tillabéri, Komondjari — où la menace djihadiste reste active.

Le sommet de Bamako devra également trancher sur des dossiers structurants comme l’entrée d’observateurs dans la Confédération, la réforme monétaire et les conditions d’un retrait coordonné des organisations sous-régionales jugées obsolètes.

Mais au-delà des textes, ce qui se jouera en décembre 2025 à Bamako, c’est la crédibilité d’un rêve sahélien en train de s’incarner : celui d’un espace politique libre, souverain, affranchi de la tutelle morale et institutionnelle des anciennes puissances, assumant son altérité et revendiquant son droit à un destin propre.

Une Confédération en marche… et en conscience

La tenue annoncée du deuxième sommet confédéral, un an après la naissance officielle de l’AES à Niamey, n’est donc pas un simple exercice de style diplomatique. C’est la démonstration que l’AES n’est pas une alliance d’opportunité, mais un projet structurant. Un levier d’unité régionale fondé sur la convergence de trajectoires révolutionnaires. Et surtout, une promesse tenue à des peuples longtemps en quête de dignité géopolitique.

À l’heure où certaines chancelleries s’interrogent encore sur la « viabilité » du projet sahélien, les chefs de l’AES répondent à leur manière : par l’action, par la clarté, par le calendrier. Rendez-vous est donc pris à Bamako. L’histoire, là-bas, ne se murmure pas. Elle s’écrit. En lettres franches. Et en toute souveraineté.

A.D

6 juillet 2025 0 comments
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