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Défense commune
A la UneÉconomie

Fonction publique : Assimi Goïta accorde une hausse historique des rémunérations

by Chiencoro 10 juillet 2025
written by Chiencoro 3 minutes read

Le Conseil des ministres du 9 juillet 2025, réuni au palais de Koulouba, a pris une décision que les fonctionnaires maliens n’osaient plus vraiment espérer : une revalorisation progressive de leur traitement indiciaire, jusqu’en 2030. Trois chiffres qui claquent comme une promesse d’avenir — 5,5 %, 5,5 %, 6,5 % — et un chiffre colossal pour les finances publiques : 103,9 milliards de francs CFA.

En ces temps de rigueur budgétaire, où les États s’enlisent souvent dans des discours plus que dans des actes, le Mali a choisi de signer un acte politique fort. Sous la présidence du Général d’Armée Assimi Goïta, la Transition malienne — que l’on disait essoufflée sur le plan social — a pris de court les observateurs en entérinant une hausse des traitements dans la fonction publique qui s’échelonnera sur cinq ans.

Le projet, porté par le ministre du Travail, de la Fonction publique et du Dialogue social, Dr Fassoum Coulibaly, n’est pas sorti d’un chapeau gouvernemental, mais d’un cadre de concertation patient et structuré, mis en place dans la foulée du Pacte de Stabilité sociale et de Croissance signé en août 2023 avec les syndicats et le patronat. Le fruit d’une volonté d’apaisement et d’un dialogue social.

Trois paliers pour redonner souffle à la fonction publique

Le décret adopté fixe les majorations indiciaires suivantes :

  • +5,5 % au 1er janvier 2026
  • +5,5 % au 1er janvier 2028
  • +6,5 % au 1er janvier 2030

Une hausse à la fois mesurée et durable, étalée dans le temps pour éviter les chocs macroéconomiques, mais suffisante pour répondre à la demande sociale croissante. Le signal est clair : l’État malien veut reconstruire la confiance avec ses agents publics, trop longtemps relégués au rang de variables d’ajustement.

Le dialogue social, colonne vertébrale de la Transition ?

À rebours des décisions unilatérales qui caractérisent trop souvent les régimes d’exception, la Transition semble avoir fait le pari du partenariat institutionnel, au moins sur le terrain de la gestion publique. Entre février et mars 2025, un cadre bipartite de réflexion a réuni, autour de la même table, le gouvernement et les centrales syndicales, pour débattre — non pas de principes abstraits — mais de chiffres, de points d’indice, de projections budgétaires. Un exercice de rationalité dans un pays encore secoué par les séismes politiques récents.

Et si le Mali, pays de tradition orale, redécouvrait le pouvoir du contrat écrit, du pacte signé, de l’accord respecté ? Le Pacte de stabilité, jusque-là cantonné aux tiroirs des bureaux, prend ici la forme d’un décret, et donc d’un engagement contraignant.

Une facture salée, mais assumée

L’incidence financière ? Colossale. Plus de 103 milliards de francs CFA d’ici 2030. Une somme qui pourrait effrayer les technocrates du FMI, mais qui s’inscrit dans une vision stratégique : sécuriser les revenus de ceux qui enseignent, soignent, administrent et tiennent debout l’État malien. En période d’austérité imposée par la conjoncture internationale, le choix d’investir dans le facteur humain est un acte politique courageux.

Car c’est aussi un message envoyé à une population souvent désabusée. Oui, l’État peut encore tenir parole. Oui, un gouvernement militaire peut aussi être un gouvernement de gestion, et non seulement de sécurité.

Gouverner, c’est aussi redistribuer

Cette revalorisation progressive sonne comme un ancrage dans le temps long. Préparer 2026, 2028, 2030, c’est une manière de désamorcer les tensions sociales latentes, alors que les attentes des fonctionnaires, enseignants, contractuels et agents des collectivités sont plus que jamais pressantes.

Il ne suffit pas de sécuriser les frontières ou de restaurer l’autorité de l’État. Encore faut-il rémunérer ceux qui portent cet État à bout de bras. La décision du Conseil des ministres du 9 juillet est de ce point de vue un signal politique fort. 

À l’heure où tant de gouvernements africains reculent sous la pression des bailleurs ou du réel, le Mali fait le pari inverse : tenir sa parole, même coûteuse, pour acheter la paix sociale. Peut-être une première victoire — budgétaire cette fois — pour un pays en quête de stabilité durable.

Chiencoro Diarra 

10 juillet 2025 0 comments
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Des livres rangés dans les rayons d'une bibliothèque.
A la UneSeko ni Donko

Langues africaines et édition au Mali : une richesse négligée ?

by Fousseni TOGOLA 10 juillet 2025
written by Fousseni TOGOLA 4 minutes read

Dans un pays où la majorité s’exprime en bambara, peul ou songhaï, l’édition reste prisonnière du français. Un paradoxe culturel et démocratique qui freine l’accès au livre et marginalise des millions de lecteurs potentiels. Toutefois, il est à noter que depuis quelques années, certaines initiatives sont en cours en vue d’un changement de la dynamique.

Dans ce Mali polyphonique, où les langues bruissent comme les rivières du Mandé, où le bambara se mêle au peul, au songhaï, au tamasheq et au soninké, il est un silence que l’on entend à chaque coin de rue : celui des livres. Un silence d’encre et de papier. Car dans les rayons maigres de nos rares librairies, le français règne encore en maître — langue du pouvoir, de l’école, de la loi, mais rarement de l’émotion populaire. Pendant ce temps, nos langues africaines, elles, restent à la marge de l’édition. Non par incapacité, mais par abandon.

Une littérature orpheline de ses langues

On aurait pu croire que l’Afrique, à l’heure des indépendances culturelles proclamées à cor et à cri, allait se réconcilier avec ses langues. Mais soixante ans après la souveraineté politique, les langues africaines — au Mali comme ailleurs — n’ont jamais conquis le droit de cité dans le monde du livre. Elles sont absentes, ou presque, des programmes scolaires, marginalisées dans les maisons d’édition, invisibles dans les grandes foires littéraires, et souvent méprisées par une élite qui rêve encore d’Académie française plutôt que d’Académie bambara.

Le dernier rapport de l’UNESCO sur L’Industrie du livre en Afrique est sans appel : au Mali, moins de 5 % des publications sont éditées en langues nationales, malgré leur usage majoritaire dans la vie quotidienne. Un paradoxe frappant, dans un pays où 80 % de la population s’exprime d’abord dans ces langues maternelles.

Des langues dites « locales », mais des idées universelles

Et pourtant, elles chantent, ces langues. Elles débordent de proverbes, d’humour, de sagesse ancestrale. Elles portent des récits de guerre et de paix, des contes de griots et des histoires de quartier. Elles méritent plus qu’une simple mention folklorique dans les discours ministériels.

Publier en bambara, ce n’est pas régionaliser la pensée, c’est l’enraciner. Traduire la Déclaration des droits de l’homme en peul, ce n’est pas la trahir, c’est l’honorer. Écrire des romans en tamasheq, c’est faire du désert un théâtre d’humanité. Les autorités de la transition ont pourtant favorisé cette tendance en officialisant les langues nationales dans la constitution de juillet 2023. 

Mais le système ne suit pas. L’édition en langues africaines se heurte à une série de blocages structurels : manque de traducteurs formés (même s’il en a, leur accessibilité constitue des blocages pour bons nombres d’écrivains voire de maisons d’édition), insuffisance de correcteurs compétents, quasi-inexistence d’outils typographiques adaptés, et surtout, une demande mal évaluée et souvent sous-estimée. Car l’on confond trop souvent illettrisme et analphabétisme en français. Or, lire en sa propre langue, c’est souvent lire tout court.

L’école, miroir d’une politique du livre absente

L’école malienne, censée être le creuset de l’émancipation linguistique, demeure accrochée au modèle hérité. Le bambara y est enseigné de façon marginale, souvent par défaut, parfois sans manuels appropriés. Les enseignants eux-mêmes ne sont pas toujours formés pour enseigner dans leur propre langue maternelle.

Le rapport de l’UNESCO souligne ce vide sidéral. Aucun plan national de soutien à l’édition en langues nationales n’est en vigueur. Pire encore, la majorité des manuels scolaires sont importés de France ou du Sénégal, y compris pour les programmes du primaire. L’État, qui devrait être le premier client du livre malien, se comporte comme un acheteur étranger dans sa propre maison.

Et pourtant, un espoir numérique

Mais tout n’est pas perdu. Car à l’ombre des géants de l’édition francophone, des poches de résistance émergent. Des jeunes auteurs publient leurs textes en bambara sur Facebook. Des associations développent des applications mobiles pour lire en peul. Des maisons comme Donniya, Jamana, Gafé ou Tombouctou s’essaient timidement à l’édition bilingue. Et le numérique pourrait rebattre les cartes, en réduisant les coûts de publication, en facilitant l’autoédition et en créant des communautés de lecteurs sur WhatsApp ou Telegram.

Une urgence culturelle et démocratique

Donner sa place aux langues nationales dans l’édition, ce n’est pas un luxe. C’est une nécessité politique. C’est reconnaître aux citoyens le droit de penser et de rêver dans la langue qu’ils aiment. C’est faire du livre un outil d’éducation populaire, pas un privilège de diplômés. C’est aussi — à l’heure de la refondation annoncée — une condition sine qua non pour que la démocratie malienne ne reste pas un dialogue entre lettrés dans une langue que la majorité ne comprend pas.

Alors, à quand une politique éditoriale trilingue : français, langues nationales, et pourquoi pas anglais ou arabe, qui reflèterait enfin la réalité linguistique du Mali ? À quand un prix littéraire pour les romans en bambara ? À quand une maison d’édition qui mise sur le peul comme langue de narration ? Il ne manque que la volonté. Car la richesse est là. Négligée, mais vivante.

Fousseni Togola 

10 juillet 2025 0 comments
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Mamadi Doumbouya
Actu

Tensions médiatiques : La Guinée accuse France 24 de « manque d’impartialité »

by Ibrahim Kalifa Djitteye 10 juillet 2025
written by Ibrahim Kalifa Djitteye 3 minutes read

Une récente diffusion de France 24 sur la situation politique en Guinée a provoqué une vive réaction des autorités guinéennes, soulevant des questions sur la liberté de la presse et l’équilibre de l’information dans un contexte de transition délicat. L’émission incriminée, diffusée le samedi 5 juillet, sous le titre « La Guinée : les opposants de Mamadi Doumbouya réduits à la peur et au silence », a été qualifiée de « tendancieuse » par la Haute Autorité de la Communication (HAC) de Guinée.

Dans son reportage, le journaliste de France 24 dépeint un tableau sombre de la Guinée sous la junte dirigée par le Colonel Mamadi Doumbouya, suggérant que les voix dissidentes sont systématiquement réduites au silence par des enlèvements ou des violences. Cette allégation, loin de passer inaperçue, a immédiatement alerté les régulateurs des médias guinéens.

La HAC monte au créneau

La réponse de la HAC ne s’est pas fait attendre. Le mardi 8 juillet, l’institution a publié un communiqué cinglant, dénonçant un « élément tendancieux » et exprimant de sérieuses réserves quant à la couverture de France 24. Le Collège de la HAC a pointé du doigt des « informations inexactes et non recoupées », ainsi qu’un « manque d’équilibre dans le traitement » de l’actualité guinéenne.

Le communiqué souligne l’importance cruciale d’un traitement journalistique rigoureux, particulièrement dans un pays en pleine mutation politique. « Le Collège de la HAC a recommandé que les informations sur la Guinée soient traitées avec beaucoup plus de professionnalisme et surtout d’impartialité », peut-on lire dans la déclaration officielle. Cette recommandation met en lumière une attente claire des autorités guinéennes : un journalisme qui respecte les principes d’objectivité et de vérification des faits, évitant toute forme de partialité ou de sensationnalisme.

Un courrier à France Médias Monde

Preuve de la gravité avec laquelle la HAC perçoit cet incident, un courrier a déjà été officiellement adressé à la « présidente-directrice générale de France Médias Monde », la maison mère de France 24. L’objectif de cette correspondance est « d’attirer son attention sur cette insuffisance professionnelle », une formulation qui témoigne de la volonté des autorités guinéennes de voir des mesures prises pour corriger ce qu’elles considèrent comme des manquements éthiques et déontologiques.

L’élément controversé a été diffusé dans la rubrique « Les Observateurs » de France 24, une émission connue pour son analyse de l’actualité internationale à travers le prisme des médias sociaux et des témoignages. Cependant, dans ce cas précis, la HAC estime que le reportage a franchi la ligne rouge de l’objectivité, présentant une image biaisée de la réalité guinéenne et potentiellement exacerbant les tensions.

Enjeux pour la liberté de la presse et la régulation

Cet incident met en lumière les défis complexes auxquels sont confrontés les médias internationaux lorsqu’ils couvrent des nations en transition, où les perceptions de la liberté de la presse et de la responsabilité journalistique peuvent différer. Pour la Guinée, qui est sous un régime militaire depuis le coup d’État de septembre 2021, la question de l’espace démocratique et de la liberté d’expression est particulièrement sensible. Les autorités guinéennes, tout en affirmant leur attachement à la liberté de la presse, insistent sur la nécessité d’un journalisme « professionnel » et « impartial », une ligne qui peut parfois être perçue comme une tentative de contrôle ou de censure par certains observateurs extérieurs.

La controverse entre la HAC et France 24 souligne la ligne ténue entre l’investigation journalistique et l’ingérence perçue. Elle rappelle également l’importance cruciale, pour les médias internationaux, de s’assurer que leurs reportages sur des contextes politiquement fragiles sont non seulement précis, mais aussi équilibrés, afin d’éviter d’alimenter les tensions ou de donner lieu à des interprétations erronées. La balle est désormais dans le camp de France Médias Monde pour répondre aux préoccupations de la HAC et, potentiellement, pour réaffirmer son engagement envers les principes d’un journalisme juste et équitable.

Ibrahim Kalifa Djitteye 

10 juillet 2025 0 comments
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Graphique pour illustrer les billets d'humeur
Billet d'humeur

Billet. Wangrin et Pablo, ou les jumeaux du destin

by Fousseni TOGOLA 10 juillet 2025
written by Fousseni TOGOLA 3 minutes read

Et si Wangrin et Pablo Escobar n’étaient que les deux faces d’un même mythe ? D’un continent à l’autre, deux ascensions fulgurantes, deux chutes retentissantes, deux figures captivantes dont les récits, bien que séparés par des océans et des décennies, semblent s’écrire avec la même encre du destin. Quand l’art se fait miroir de la vie, les frontières entre fiction et réalité deviennent floues…

Il y a parfois dans l’art une ironie si troublante qu’on pourrait croire à une mise en scène divine. Comme si les muses, complices secrètes du destin, se plaisaient à glisser les mêmes trames de vie dans des époques différentes, sur des continents opposés. Un reflet dans le miroir de l’histoire. C’est ce que j’ai ressenti, assis devant la série « Pablo Escobar, le patron du mal », en pensant, presque malgré moi, à Wangrin, de son vrai nom Samba Traoré, ce filou de haut vol sorti de l’imaginaire — pourtant bien réel — d’Amadou Hampâté Bâ.

Défier la morale, mais jamais l’intelligence

Deux figures, deux tragédies. Deux trajectoires symétriques dont le point commun n’est pas seulement l’éclat de la réussite, mais surtout la brûlure de la chute. L’un, Escobar, trafiquant de cocaïne devenu millionnaire dans une Colombie rongée par la violence. L’autre, Wangrin, interprète cultivé devenu maître des arnaques et du verbe dans l’Afrique coloniale. Le premier régnait sur Medellín comme un roi païen. Le second s’imposait à Bamako, à Kati, à Ségou, comme un prince du bon mot et de la combine. Tous deux bâtissent leur empire sur les failles du système, sur les faiblesses humaines, et finissent par s’y brûler.

Et pourtant… les deux nous touchent. Pourquoi ? Parce qu’ils ne sont pas que des criminels ou des truands à la petite semaine. Ils sont aussi, à leur manière, des hommes blessés, des rêveurs de pouvoir, des enfants du chaos. Wangrin, comme Pablo, aime, boit, philosophe, aide les siens, fait le bien et le mal dans un même élan de contradiction. Ils défient la morale, mais jamais l’intelligence.

Ce qui rend l’affaire encore plus déroutante, c’est que Juana Uribe et Camilo Cano, les créateurs de la série, sont les enfants directs des blessures infligées par Pablo Escobar — l’un ayant perdu un père journaliste, l’autre ayant vu sa mère kidnappée. De leur douleur naît une œuvre magistrale. Tout comme Hampâté Bâ, qui dans la postface de L’Étrange Destin de Wangrin, jure, la main sur le cœur, que tout est vrai, ou presque.

Une histoire qui ressemble à une parabole 

Mais alors, faut-il croire à la pure coïncidence ? Deux œuvres, deux histoires « inspirées de faits réels », et pourtant un scénario si semblable : la fulgurance d’un homme qui voulait être roi… avant de redevenir poussière. Il n’est pas interdit de penser que Wangrin et Pablo partagent le même souffle tragique, cette vanité de croire que l’on peut défier les dieux — ou l’État — en toute impunité.

Au fond, il n’y a qu’un pas entre les pistes rouges d’Afrique de l’Ouest et les ruelles de Medellín. Qu’un pas entre les billets truqués du PMU colonial et les valises bourrées de cocaïne. Qu’un pas entre la ruse et la violence. Et qu’un fil, mince, entre la grandeur et la chute.

Alors non, ce n’est pas une histoire de bon ou de méchant. C’est une histoire d’hommes. D’hommes trop humains. D’hommes dont l’histoire, qu’on soit au Sahel ou dans les Andes, finit toujours par ressembler à une parabole. Une leçon que l’on n’écoute jamais assez.

Fousseni Togola 

10 juillet 2025 0 comments
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Mini-sommet USA-Afrique
A la UnePolitique

De « pays de merde » à « pays stratégiques » : Trump réécrit l’Afrique

by Sahel Tribune 9 juillet 2025
written by Sahel Tribune 5 minutes read

Dans un monde où la géopolitique se joue au gramme de cobalt près, le président américain opte pour une diplomatie ciblée, minérale et… intéressée. L’Afrique, elle, hésite encore entre partenariat et prudence.

Un déjeuner d’apparence feutrée, des discours calibrés, et pourtant… Un tournant. Le 9 juillet 2025, dans la salle à manger d’État de la Maison-Blanche, Donald Trump — l’homme des superlatifs et des volte-face — réunissait cinq chefs d’État africains pour ce qu’il a lui-même qualifié de « mini-sommet historique ». Un huis clos diplomatique aux allures de chasse aux minerais.

On le croyait définitivement rangé aux oubliettes de l’Histoire, classé dans les annales abrasives de la politique américaine comme une anomalie populiste. Mais voilà que Donald J. Trump, tel le phœnix capricieux du GOP, revient sur le devant de la scène — cravate rouge au vent, rhétorique intacte — pour façonner une nouvelle version de la politique africaine des États-Unis. Et ce, non plus dans le cadre fastidieux et boursouflé des sommets à 54, mais dans un cercle restreint, ciblé, pesé : cinq présidents, cinq cartes stratégiques sur l’échiquier des ressources.

Un casting pensé, un décor maîtrisé

Du 9 au 11 juillet, Bassirou Diomaye Faye (Sénégal), Joseph Boakai (Liberia), Mohamed Ould Ghazouani (Mauritanie), Umaro Sissoco Embaló (Guinée-Bissau) et Brice Clotaire Oligui Nguema (Gabon) ont eu droit à ce que Washington appelle désormais la « diplomatie de proximité ciblée ». Pas de flonflons multilatéraux, pas de déclarations universelles ; juste du concret, du brut, du minéral.

« Des terres de très grande valeur », a lancé Trump, des étoiles dans les yeux — non pas pour la poésie des paysages, mais pour leur contenu en lithium, cobalt, or et manganèse. « Un grand potentiel économique, comme peu d’autres endroits », a-t-il poursuivi. L’Afrique, hier « shithole » country, est aujourd’hui une mine à ciel ouvert aux yeux du milliardaire recyclé en président. Ironie des revirements.

Des minerais, des deals, et peu de morale

En réalité, cette rencontre est moins un sommet qu’un business pitch. L’or libérien, la bauxite de Bissau, l’uranium mauritanien, le zircon sénégalais, le manganèse gabonais : autant d’arguments que Trump brandit pour justifier ce virage économique. Finie l’aide, place au commerce. « Gagnant-gagnant », dit la Maison-Blanche. Traduction : on prend les ressources, vous prenez les promesses.

Dans cette logique, l’USAID est priée de plier bagage. La doctrine Trump est claire : « de la charité à la viabilité ». Comprendre : moins de subventions, plus de contrats. Une philosophie résolument transactionnelle, à l’image de l’homme.

Un sommet, deux ennemis : Pékin et Moscou

Ce mini-sommet ne se comprend pleinement qu’à la lumière de ses absents : la Chine et la Russie. Xi Jinping promet 51 milliards de dollars sur trois ans, Poutine distribue des aides militaires, économiques et manuels de combat en échange de mines et de loyautés. Trump, lui, parie sur le capitalisme nu : deals miniers, infrastructures, avantages douaniers — assortis, il est vrai, de menaces tarifaires en cas d’insubordination.

L’Afrique devient le terrain de jeu d’une guerre froide revisitée. Mais les règles, cette fois, sont dictées par le marché, non par les idéologies. L’administration américaine ne cache plus son anxiété de voir Pékin et Moscou dicter les flux de matières premières stratégiques, alors que la transition énergétique exige un accès garanti à certains métaux.

Entre stratégie et contradictions

Et pourtant, derrière les sourires figés des photos officielles, les tensions couvent. Car pendant que Trump parle de « partenariats », son administration menace d’imposer des droits de douane à l’Afrique du Sud, et d’interdire l’entrée de ressortissants de 25 pays africains, dont quatre représentés à ce sommet. Contradiction ? Schizophrénie ? Ou simplement une stratégie du rapport de force à l’américaine : on invite, on séduit, mais on n’hésite pas à cogner.

Brice Oligui Nguema, tout en diplomatie feutrée, salue « l’opportunité stratégique » d’évoquer la sécurité dans le golfe de Guinée. Joseph Boakai, lui, veut tourner la page de la dépendance à l’aide. Mais tous savent que l’enjeu dépasse leurs présidences. Il s’agit de repositionner leur pays dans le nouveau Grand Jeu des matières premières.

Trump, l’Afrique et les fantômes du passé

On ne referme pas aussi vite les plaies verbales d’un passé pas si lointain. « Pays de merde », avait dit Trump. L’Union africaine avait protesté. Aujourd’hui, les mêmes reviennent à la table. Parce qu’on ne choisit pas toujours ses partenaires. Et que l’Afrique, dans sa realpolitik nouvelle, a bien compris qu’il valait mieux discuter avec celui qui a les clés du coffre.

Mais discuter ne veut pas dire oublier. L’ombre du mépris rôde encore dans les salons d’apparat. Et l’Afrique, plus fière que jamais, n’a pas l’intention de se laisser acheter sans conditions.

L’après-sommet : vers un G20 des ressources africaines ?

Le rendez-vous de juillet préfigure un sommet plus large en septembre à New York, en marge de l’Assemblée générale des Nations unies. Cette fois, une trentaine de pays africains sont pressentis. Washington veut faire de ce format un Davos afro-américain, vitrine d’un capitalisme à l’américaine, sans filtre, ni pitié.

Trump redessine les cartes. Reste à savoir si les présidents africains sauront jouer leur main autrement qu’en simples fournisseurs de matière première. Ce sera leur défi. Et notre avenir.

A.D

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Avion présidentiel
A la Une

Procès du siècle à Bamako : les ailes brûlées du régime IBK

by Sahel Tribune 8 juillet 2025
written by Sahel Tribune 2 minutes read

À Bamako, les fantômes d’un Boeing planent toujours sur le ciel judiciaire malien. Dix ans après son acquisition controversée, l’avion présidentiel d’Ibrahim Boubacar Keïta n’a pas fini de faire du bruit. Cette fois, ce ne sont plus les moteurs qui rugissent, mais les voix d’un prétoire où anciens ministres, hauts gradés et financiers doivent répondre de l’impensable : avoir survolé les règles pour s’offrir un symbole… au prix fort.

Ce n’est pas un avion comme les autres. C’est celui de tous les soupçons. Celui que l’ancien président malien, Ibrahim Boubacar Keïta, avait choisi d’acheter en 2014, dans un fracas d’emprunts et de silence administratif, pendant que le pays vacillait entre guerre et austérité.

Le Boeing présidentiel et ses annexes militaires – pour plus de 130 milliards de francs CFA – n’ont pas seulement fait décoller les chiffres ; ils ont précipité la défiance. Au menu des accusations : détournements de fonds, surfacturation, corruption, usage de faux, trafic d’influence. Le tout arrosé d’une opacité budgétaire que même le FMI avait, à l’époque, désapprouvée.

Embarqué sans plan de vol

L’affaire, enterrée sous les tapis du pouvoir pendant des années, a refait surface après août 2020. Avec la Transition conduite par le général Assimi Goïta, la justice a changé de cap. Finies les turbulences politiques ; place à l’atterrissage judiciaire.

En septembre 2024, le procès s’ouvre à Bamako. Sur le banc des accusés : dix noms, et non des moindres. L’ancienne ministre de l’Économie, Bouaré Fily Sissoko, fait face à la vindicte. Elle nie en bloc, évoque des actes « conformes à la loi », rejette les accusations comme autant de turbulences ex post. Dans la salle, l’ancien Premier ministre Moussa Mara dépose avec la gravité d’un témoin d’époque. Il rappelle les alertes, les critiques du FMI, et ce sentiment diffus d’avoir été embarqué sans plan de vol.

Le 8 juillet 2025, le couperet tombe : dix ans ferme pour Mme Sissoko, sept pour le colonel-major Nouhoum Dabitao. D’autres, comme le général Moustapha Drabo ou l’ancien ministre Mamadou Camara, quittent le prétoire blanchis. Cinq accusés restent hors d’atteinte, condamnés par contumace, quelque part entre Paris, Abidjan et la rumeur.

Juger un avion, c’est juger une époque. Celle où les palais voulaient voler plus haut que les peuples, où les chiffres s’envolaient pendant que les salaires stagnaient. Ce procès est un signal. La Transition malienne montre qu’elle sait tenir le manche de la justice.

A.D

8 juillet 2025 0 comments
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Colonel Lassana Togola, PDG des aéroports du Mali.
A la UneÉconomie

Aéroports du Mali : Colonel Lassina Togola, l’homme des cieux devenu stratège des pistes

by Chiencoro 8 juillet 2025
written by Chiencoro 4 minutes read

Colonel, pilote et stratège, Lassina Togola s’impose aujourd’hui comme l’un des grands artisans du renouveau infrastructurel du Mali. À la tête des Aéroports du Mali (ADM), cet officier rigoureux allie expertise technique, vision managériale et sens aigu de l’intérêt public. De la modernisation des infrastructures à la gestion des crises, en passant par la valorisation du savoir-faire national, il incarne un leadership discret mais résolu, au service d’un Mali souverain et moderne.

Dans l’univers feutré des aéroports, où le ballet discret des avions dissimule souvent les rouages d’une machinerie complexe, le Colonel Lassina Togola s’est imposé comme l’un des rares hommes à conjuguer discipline militaire, expertise aéronautique et vision managériale. À la tête des Aéroports du Mali (ADM) depuis septembre 2020, ce natif de Tabacoro, dans la commune de Koumantou, ne se contente pas de gérer un patrimoine stratégique. Il l’a métamorphosé.

L’héritage du ciel, l’humilité du soldat

Formé entre les rigueurs de la Faculté des Sciences et Techniques de Bamako et l’exigence des écoles d’aviation françaises, Lassina Togola est l’archétype du pilote-militant. Non pas de ceux qui s’illustrent dans les shows aériens, mais bien de ceux qui, dans l’ombre, réconcilient la rigueur scientifique et le sens du devoir national. 

Breveté pilote de transport de troupes en France, il survolera les grands événements de la dernière décennie malienne — des rébellions touarègues à l’opération Serval —, avant d’atterrir symboliquement et physiquement à Sénou, pour y entamer une autre mission : celle du redécollage de l’institution aéroportuaire malienne, longtemps contrôlée par des étrangers.

L’uniforme devenu costume de bâtisseur

À la tête des ADM, le Colonel Togola n’a pas seulement imprimé sa marque. Il a changé la donne. Là où d’autres ont géré, lui a transformé. La modernisation n’est pas un mot creux mais un chantier tangible : nouveau siège de six milliards financé sur fonds propres, passerelle moderne pour relier les terminaux, hall de livraison repensé, infrastructures pensées pour durer. Et, dans un Mali où le « fait local » est souvent déprécié, il fait appel à des compétences strictement nationales. “Tous des Maliens”, rappelle-t-il fièrement à chaque inauguration.

L’homme n’est pas que gestionnaire. Il est aussi symbole d’une résilience discrète mais efficace. En pleine pénurie de carburant Jet A1 en 2024, il anticipe, agit et rassure. Le carburant afflue, les vols reprennent. Lors des sanctions de la CEDEAO, il impose aux forces étrangères une évacuation ordonnée du périmètre aéroportuaire. D’autres auraient hésité. Lui, non. L’État, pour lui, c’est une ligne de vol. Elle ne se dévie pas.

Un manager décoré, mais surtout écouté

En janvier 2022, il reçoit la Palme du Manager le plus dynamique. Il la dédie au Président de la Transition, le Général d’armée Assimi Goïta, qu’il remercie pour sa confiance. Mais derrière cette loyauté institutionnelle, se dessine une pensée personnelle : “La clé du succès d’une entreprise humaine est fondée sur un environnement social apaisé”. Tout est dit. Chez Togola, la performance n’éclipse jamais l’humain.

C’est une autre œuvre, en cours. Un bloc technique et une tour de contrôle ultramodernes en chantier, un budget réaliste et bien exécuté, et une volonté affichée de transformer l’aéroport de Bamako-Sénou en hub régional. Il ne s’agit pas de rêver d’un Dubaï sahélien, mais de bâtir un outil fonctionnel, adapté, sécurisé — malien avant tout.

Un patriotisme enraciné, une trajectoire ascendante

Togola ne se limite pas aux pistes. À Koumantou, il fore des puits, aménage des jardins pour lutter contre la malnutrition. Son patriotisme n’est pas de posture mais de terrain. Et c’est peut-être là, dans ce croisement improbable entre l’aviation stratégique et la ruralité solidaire, que se dessine son véritable projet : faire de chaque vol une avancée, de chaque mètre de piste une promesse tenue.

À 46 ans, le Colonel Lassina Togola n’a pas seulement pris les commandes des ADM. Il en a changé l’altitude. En temps de crise comme dans l’effervescence des grands chantiers, il tient le cap, calme et précis, avec cette pudeur du militaire qui ne cherche pas la lumière mais éclaire le chemin. Au Mali, où les hommes d’État se cherchent parfois, lui incarne une voie. Et celle-ci mène haut.

Chiencoro Diarra 

8 juillet 2025 0 comments
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