En annulant un test universitaire entaché d’irrégularités et en promettant de reprendre systématiquement tout concours fraudé, les autorités de transition maliennes affichent une fermeté inédite. Une stratégie revendiquée au sommet de l’État pour restaurer la méritocratie et rompre avec des pratiques longtemps tolérées.
Le ministère malien de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique a décidé, le 29 janvier 2026, d’annuler les résultats du test d’entrée à l’Institut universitaire de gestion (IUG) de l’Université des sciences sociales et de gestion de Bamako. En cause : des « irrégularités constatées concernant les moyennes d’admission », selon la décision ministérielle signée par le ministre Bouréma Kansaye. Un nouveau test devra être organisé ultérieurement.
Une ligne politique assumée au sommet de l’État
Cette annulation intervient dans un contexte de vigilance accrue des autorités face aux pratiques frauduleuses, régulièrement dénoncées dans le système éducatif et lors des concours administratifs.
Quelques semaines plus tôt, en janvier 2026, le président de la transition, le général Assimi Goïta, avait publiquement réitéré sa détermination à lutter contre toute forme de fraude dans les concours de recrutement. Devant les forces vives de la nation venues lui présenter leurs vœux de nouvel an, il avait prévenu que « tout concours entaché d’irrégularité sera ipso facto annulé et repris ».
Le chef de l’État avait également annoncé la fin des pratiques de repêchage, y compris lorsque les quotas de recrutement ne sont pas atteints. « Le concours sera repris jusqu’à ce que le quota soit atteint », avait-il insisté, au nom de l’équité et de la transparence.
Restaurer la méritocratie
Cette fermeté n’est pas sans précédent. En 2023, le concours direct de recrutement dans la fonction publique d’État avait déjà été annulé pour fraude, avant d’être réorganisé avec les mêmes candidats. Une décision qui avait suscité de vifs débats dans l’opinion publique, entre dénonciation d’un système longtemps gangrené et inquiétude face à l’instabilité des parcours professionnels.
Pour les autorités de transition, ces mesures traduisent une volonté de rupture avec des pratiques jugées incompatibles avec l’exigence de gouvernance et de crédibilité de l’État.
À travers ces décisions, le pouvoir souhaite promouvoir l’excellence dans l’administration, les écoles et les universités. Désormais, seul l’effort personnel doit compter en vue de faire de la méritocratie un principe central de la refondation de l’État.
Un discours qui fait écho à une phrase souvent rappelée de l’ancien président Ibrahim Boubacar Keïta : « Le monde vers lequel nous tendons ne réserve aucune place aux moins excellents. »
La rédaction
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