Un atelier sur la validation de la Classification et la Catégorisation des Centres culturels et festivals au Mali, a eu lieu ce vendredi 27 février 2026 dans la salle Wa Kamissoko du Centre International de Conférences de Bamako (CICB). La cérémonie d’ouverture était présidée par le ministre de l’Artisanat, de la Culture, de l’Industrie hôtelière et du Tourisme, Mamou Daffé, en présence des acteurs culturels et institutionnels. Cette rencontre marque une étape décisive dans la structuration du secteur culturel.
Cet atelier s’inscrit dans le cadre de la mise en oeuvre des recommandations des États généraux de la Culture, de l’Artisanat et du Tourisme, tenus en janvier 2025 à Bamako. Ces recommandations issues de ces assises ont insisté sur la nécessité d’inventorier, classifier et labelliser les centres culturels selon leur contenu et leur taille. Le projet Culture Mali 2026, lancé dans le cadre du programme présidentiel Maliden Kura, traduit cette volonté de consolider les acquis de l’Année de la Culture 2025 et d’inscrire la culture dans une dynamique durable.
Un processus de structuration culturelle
Les centres et espaces culturels jouent un rôle fondamental dans la préservation et la transmission du patrimoine matériel et immatériel. Ils sont des lieux de création, de diffusion, de formation et de documentation, contribuant à l’éducation permanente et à la valorisation des œuvres culturelles. La distinction entre centres culturels, qui proposent une programmation artistique et éducative, et espaces culturels, lieux de rencontre et d’échanges sociaux, permet de mieux cerner leurs missions et de les inscrire dans une dynamique de développement durable.
La classification repose sur sept critères principaux : cadre légal et administratif, qualité de l’organisation, capacité d’accueil, aspect sécuritaire, programmation, logistique et fréquentation. Chaque établissement est évalué selon un barème de points, garantissant une reconnaissance officielle et une hiérarchisation adaptée. Cette démarche permet de distinguer les structures les plus professionnelles et de renforcer celles qui nécessitent un accompagnement, afin d’assurer leur pérennité et leur impact sur la société.
Les critères retenus pour l’évaluation
Quatre grandes catégories structurent désormais le paysage culturel : les complexes culturels, les centres de dialogue et d’éducation artistique, les centres spécialisés et les centres communautaires. Les complexes culturels regroupent des infrastructures polyvalentes comme le Palais de la Culture Amadou ou le Complexe BlonBa, véritables moteurs de la vie artistique. Les centres de dialogue, tels que Don Sen Folo ou Soleil d’Afrique, favorisent l’inclusion et les échanges interculturels. Les centres spécialisés, comme la Compagnie Nama ou Arc-en-ciel, se consacrent à des disciplines précises. Enfin, les centres communautaires, présents dans toutes les régions, renforcent la cohésion sociale par des activités de proximité.

Les complexes culturels de catégorie A se distinguent par leur structuration légale, leur programmation régulière et la qualité de leurs équipes professionnelles. Ceux de catégorie B, bien que disposant d’infrastructures, présentent des lacunes en matière de sécurité ou de programmation. Les centres de dialogue et d’éducation artistique suivent la même logique, distinguant les structures dynamiques et professionnelles des autres, moins organisées. Cette hiérarchisation permet d’orienter les politiques publiques et les financements vers les établissements les plus prometteurs.
Vers une réforme structurelle du secteur culturel
Dans son intervention, le ministre Mamou Daffé a salué le travail extraordinaire des acteurs culturels durant l’Année de la Culture 2025. Il a rappelé que la décision du Président de la Transition, Assimi Goïta, de consacrer 2025 et 2026-2027 à l’éducation et à la culture constitue un signal fort pour la renaissance culturelle du Mali. Selon lui, classifier et catégoriser les centres culturels et festivals n’est pas un simple exercice administratif, mais une réponse directe à la refondation des domaines culturels et artisanaux.
Le ministre a insisté sur la nécessité de poursuivre cette dynamique par une réforme structurelle du secteur culturel. La première étape consiste à inventorier et classifier les centres, suivie d’une deuxième phase de labellisation. Il a souligné que les centres culturels et les festivals sont les catalyseurs de la renaissance culturelle et qu’ils doivent être accompagnés pour renforcer la souveraineté culturelle du Mali. Cette démarche, a-t-il ajouté, permettra de professionnaliser le secteur et d’améliorer l’offre artistique et touristique.
En consolidant ses acquis de l’Année de la Culture 2025, le Mali affirme sa volonté de bâtir une souveraineté culturelle assumée. La classification et la catégorisation des centres culturels et festivals ne sont pas un simple exercice administratif, mais une réponse directe aux défis de structuration et de valorisation du secteur. Elles ouvrent la voie à une réforme structurelle ambitieuse pour 2026-2027, inscrivant la culture au cœur de la renaissance nationale et de la revitalisation des territoires.
Ibrahim Kalifa Djitteye
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