À l’occasion du 65ᵉ anniversaire de l’armée malienne, célébré le 20 janvier à Bamako, le président de la transition, le général Assimi Goïta, comme à l’accoutumée, a livré un discours à forte portée politique et stratégique, sur les antennes de la télévision nationale (ORTM). Le chef de l’Etat, a mis en avant la montée en puissance des Forces armées maliennes (FAMa), la refondation de l’outil militaire et l’ancrage du Mali dans une logique de souveraineté sécuritaire assumée.
Créée en 1961 dans la foulée de l’indépendance, après le départ des forces françaises décidé par le président Modibo Keïta, l’armée malienne demeure, selon le chef de l’État, « un pilier de la Nation » et un symbole du lien indéfectible entre le peuple et ses forces de défense. Le général Goïta a rendu hommage aux soldats tombés au combat et salué « le sacrifice consenti par les familles » dans un contexte sécuritaire toujours marqué par la persistance de la menace terroriste.
Réformes militaires et réorganisation du dispositif sécuritaire
Au cœur de son allocution, le président malien est longuement revenu sur les réformes engagées depuis 2021 au sein des forces armées. Il a affirmé que celles-ci avaient permis de disposer d’une armée « aguerrie et professionnelle », dotée de capacités opérationnelles renforcées, d’équipements modernisés et d’une doctrine adaptée à l’évolution des menaces.
La création de nouvelles unités combattantes, jugées plus flexibles, répond à une stratégie d’adaptation face à une guerre qualifiée d’« hybride », mêlant actions militaires, sabotage économique et guerre informationnelle. Plusieurs nouveaux camps militaires doivent voir le jour en 2026, notamment à Dioïla, Nioro du sahel et Konobougou, afin de renforcer la présence de l’État sur l’ensemble du territoire.
Le président a également annoncé le démarrage de l’industrie militaire nationale, présentée comme une étape décisive vers l’autonomie stratégique, ainsi que l’opérationnalisation prochaine de l’hôpital militaire de Banankoro, destiné à réduire le recours aux évacuations sanitaires à l’étranger.
Des succès revendiqués sur le terrain
Sur le plan opérationnel, Assimi Goïta a affirmé que les forces maliennes avaient enregistré des « résultats éloquents » : démantèlement de sanctuaires terroristes, neutralisation de chefs terroristes et sécurisation de zones jugées vitales. Il a cité les succès de l’opération « Doungoukoloko », qui a permis le retour progressif des services sociaux de base dans certaines localités.
Le chef de l’État a aussi salué la sécurisation de grands événements nationaux, comme la Biennale artistique et culturelle à Tombouctou en décembre 2025, ainsi que la protection des convois de carburant, présentée comme un enjeu central pour la résilience économique du pays.
L’ancrage régional au sein de l’Alliance des États du Sahel
Dans un contexte de rupture avec les partenaires occidentaux traditionnels, le président malien a mis en garde contre l’extension du conflit au champ informationnel. Selon lui, la désinformation et les campagnes de manipulation constituent désormais des armes à part entière, utilisées par des groupes terroristes avec l’appui de « sponsors étatiques » non nommés.
Pour y faire face, les autorités ont lancé une Web TV et une radio dédiées aux FAMa, afin de « parler directement au peuple » et de contrer les récits jugés hostiles. La digitalisation de l’administration militaire, notamment à travers un système de gestion du personnel, a également été présentée comme un gage de transparence et de maîtrise des effectifs.
Enfin, Assimi Goïta a réaffirmé l’engagement du Mali au sein de l’Alliance des États du Sahel (AES), aux côtés du Burkina Faso et du Niger. Il s’est félicité de l’opérationnalisation, en décembre 2025, de la force unifiée de l’AES, symbole selon lui d’une volonté commune de bâtir une sécurité collective fondée sur la souveraineté et l’intégration régionale.
Dans un discours empreint de solennité et de fermeté, le président de la transition a conclu en appelant à l’unité nationale autour de l’armée, présentée comme le socle du « Mali Kura », un Mali refondé, souverain et résilient, dans un environnement régional toujours instable. « A nos soldats, où qu’ils trouvent, sachez que vous êtes les gardiens de la patrie », a rassuré le président de la transition.
A.D
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