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L’AES brise le silence à l’ONU 

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À la tribune de l’Organisation des Nations unies, la Confédération des États du Sahel (AES) — à travers Saïdou Zongo, Ambassadeur, Représentant Permanent du Burkina Faso auprès des Nations Unies — a livré une déclaration offensive et sans détour à l’occasion de la commémoration de l’abolition de l’esclavage et de la traite transatlantique. Portée au nom du Mali, du Niger et du Burkina Faso, elle appelle à « faire la lumière », à reconnaître les responsabilités historiques et à engager des réparations en faveur des peuples africains.

Réunis dans le cadre de la 80ᵉ session de l’Assemblée générale, les représentants sahéliens ont d’abord rendu hommage aux « millions d’Africains déportés et réduits en esclavage dans des conditions inhumaines et dégradantes ». Il ont ensuite rappellé que cette commémoration ne saurait se limiter à un devoir de mémoire. « Il faut situer les responsabilités et agir pour la justice afin que de telles atrocités ne se répètent », ont-ils insisté.

Une dénonciation frontale des « silences » occidentaux

Dans une tonalité particulièrement critique, l’AES a dénoncé ce qu’elle qualifie de « silence » ou de « volonté d’étouffer la vérité » de certains États face à l’histoire de la traite transatlantique. Une posture jugée d’autant plus problématique que, selon la Confédération, ces mêmes puissances continuent d’imposer leur lecture des crises contemporaines.

Le texte va plus loin, établissant un parallèle entre les logiques historiques de domination et certaines dynamiques actuelles. « L’esclavage d’hier et le terrorisme qui sévit aujourd’hui au Sahel participent, à des degrés divers, d’un même système d’exploitation », affirme la déclaration de Saïdou Zongo, qui évoque un enchaînement entre enrichissement des puissances extérieures et appauvrissement du continent africain.

Souveraineté et rejet des ingérences

Dans ce contexte, les pays de l’AES dénoncent également les « tentatives d’ingérence » dans les affaires internes africaines. Sans citer explicitement d’États, la déclaration critique des initiatives parlementaires étrangères visant à influencer la politique intérieure de certains pays, notamment au Niger.

Pour les dirigeants sahéliens, ces démarches s’inscrivent dans une continuité « néocoloniale » qu’ils rejettent fermement, au nom de la souveraineté et de l’émancipation des peuples africains.

Soutien à une reconnaissance internationale de l’esclavage

Sur le plan diplomatique, la Confédération a salué l’initiative portée par l’Union africaine visant à faire reconnaître l’esclavage et la traite transatlantique comme « crime le plus grave contre l’humanité ». Elle a également exprimé sa gratitude au président du Ghana, John Dramani Mahama, pour avoir porté cette question à l’échelle internationale.

Au-delà de la reconnaissance symbolique, l’AES appelle explicitement à des mesures concrètes, notamment en matière de réparations, estimant que la restauration de la dignité des peuples africains passe par une justice historique assumée.

Une prise de parole dans un contexte géopolitique tendu

Cette déclaration intervient dans un climat international marqué par des tensions croissantes autour des questions de mémoire, de souveraineté et de redéfinition des partenariats entre l’Afrique et ses partenaires traditionnels.

En se positionnant sur ces enjeux, l’Alliance des États du Sahel confirme sa volonté de peser dans les débats globaux, en articulant mémoire historique, revendication de justice et affirmation politique.

Une ligne qui s’inscrit dans la stratégie plus large de ses États membres : rompre avec les dépendances héritées du passé et affirmer une souveraineté pleine, y compris dans la lecture de l’histoire.

Oumarou Fomba 


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