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Guinée : Mamadi Doumbouya investi président

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Sous les acclamations d’une foule immense et la présence remarquée de plusieurs chefs d’État africains, Mamadi Doumbouya a prêté serment ce samedi 17 janvier 2026, et devient le 1er président président de la Cinquième République de Guinée. Dans un stade Lansana Conté de Nongo plein à craquer, l’ancien chef de la transition a endossé les habits de président élu pour un mandat de sept ans. Une cérémonie à la fois populaire et géopolitique, qui consacre la fin de la transition et redessine le positionnement régional de Conakry.

Dans une atmosphère de ferveur populaire et de démonstration de puissance politique et militaire, la Guinée a tourné une nouvelle page de son histoire. L’investiture du président Mamadi Doumbouya, ce samedi 17 janvier 2026, au stade Général Lansana Conté de Nongo, a officialisé l’entrée du pays dans sa Cinquième République et marqué la fin de plus de quatre années de transition militaire.

Une cérémonie à la symbolique forte

Dès l’aube, des milliers de Guinéens ont convergé vers le stade, drapeaux en main, portant des T-shirts vert, jaune ou rouge, pour assister à la cérémonie solennelle. L’afflux massif a provoqué des débordements, les tribunes affichant complet bien avant le début des festivités. La scène, riche en couleurs, a mêlé solennité républicaine et célébration populaire, avec des prestations d’artistes nationaux et une performance acrobatique du Circus Baobab, symbole de l’unité culturelle du pays.

Vers 13h00, Mamadi Doumbouya a fait son entrée, vêtu d’un boubou blanc traditionnel, sous les applaudissements nourris d’un stade acquis à sa cause. Après l’exécution de l’hymne national et les honneurs militaires, le président élu a prêté serment devant la Cour suprême, s’engageant à « obéir et faire respecter les lois de la République ». Ce geste, empreint d’une forte symbolique institutionnelle, consacre la transformation officielle du chef de la transition en président élu pour un mandat de sept ans.

Une vision économique et politique affichée

Dans un discours long et structuré, Mamadi Doumbouya a insisté sur la continuité entre la période de transition et le nouveau cycle politique. Il a réaffirmé son ambition de « bâtir une Guinée unie et prospère », en appelant à l’unité nationale et à la participation de tous : « Nous ne construisons pas une nation dans la division, ni la prospérité sur la haine. »

Le président a détaillé les priorités de son mandat, notamment le programme Simandou 2040, censé transformer les ressources minières du pays – fer, bauxite, lithium – en leviers de développement économique et de création d’emplois. « Simandou appartient au peuple et servira le peuple », a-t-il martelé, promettant une gouvernance fondée sur « la responsabilité, la compétence et la justice ».

Doumbouya a également rendu hommage aux femmes et à la jeunesse, qualifiées de « forces motrices de la nation », et promis de poursuivre les réformes entamées dans l’éducation et les infrastructures.

Une investiture aux allures de sommet africain

L’événement a réuni près d’une dizaine de chefs d’État africains. Ce qui témoigne de la portée régionale du moment. Parmi eux figuraient Assimi Goïta du Mali, Brice Clotaire Oligui Nguema du Gabon, Bassirou Diomaye Faye du Sénégal, Mohamed Ould Ghazouani de Mauritanie, Adama Barrow de Gambie, Joseph Boakai du Liberia, Julius Maada Bio de Sierra Leone et Paul Kagame du Rwanda. Le Burkina Faso était représenté par une délégation officielle, confirmant l’axe de coopération sahélienne en construction.

Cette forte présence diplomatique souligne le repositionnement géopolitique de la Guinée, désormais au cœur d’un réseau d’alliances africaines qui s’affranchissent progressivement de l’influence occidentale. Les félicitations adressées par les États-Unis, la France et la Chine à l’issue du scrutin de décembre 2025 traduisent, quant à elles, une reconnaissance internationale prudente mais effective.

L’événement s’est déroulé sous haute surveillance. Plus de 5 000 agents des forces de défense et de sécurité ont été déployés dans la capitale et autour du stade. Le dispositif a été supervisé par le Poste de Commandement Opérationnel de Sécurité Intérieure (PCO-SI), inspecté quelques jours plus tôt par le président lui-même.

Un tournant historique, entre espoir et vigilance

Au-delà des frontières guinéennes, cette investiture illustre une dynamique politique nouvelle en Afrique de l’Ouest : celle d’États dirigés par d’anciens militaires, revendiquant une souveraineté assumée et une refondation institutionnelle endogène. La présence remarquée d’Assimi Goïta et d’autres figures de la transition sahélienne a symbolisé une solidarité géopolitique africaine en pleine affirmation.

Dans cette perspective, Mamadi Doumbouya entend placer la Guinée au centre de l’échiquier sous-régional, en misant sur les infrastructures partagées, les corridors économiques et la coopération sécuritaire avec le Sahel.

Reste que pour une large partie de la population guinéenne, l’heure était à la fierté et à l’espérance. Dans les tribunes, les slogans « Doumbouya Président du peuple » ou « La Guinée en marche » ont rythmé une cérémonie à la fois festive et politique, placée sous le signe de la renaissance nationale.

L’investiture de Mamadi Doumbouya n’a pas seulement consacré un chef d’État, elle a mis en scène une vision de souveraineté, de refondation et d’unité africaine que le président guinéen entend incarner. 

Conakry, envoyée spéciale.


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