La capitale malienne a vécu, ce lundi 22 décembre 2025, une journée de ferveur populaire rare à l’occasion de l’arrivée du président nigérien, le général Abdourahamane Tiani, attendu pour participer à la deuxième session du Collège des chefs d’État de la Confédération des États du Sahel (AES), prévu ce mardi 23 décembre à Bamako.
Des milliers de Maliens, rejoints par des ressortissants burkinabè et nigériens, ont convergé le long de la route reliant l’aéroport international Président-Modibo-Keïta-Sénou au palais de Koulouba. Drapeaux tricolores, banderoles et chants à la gloire de la « souveraineté retrouvée » ont accompagné la progression du cortège officiel.

Une ferveur populaire sans précédent
À plusieurs reprises, le général Assimi Goïta, président de la Transition et président de la Confédération des États du Sahel, est descendu de son véhicule aux côtés de son homologue nigérien pour saluer la foule massée sur le parcours. Les deux dirigeants ont été acclamés par des cris de « Vive l’AES ! » et « Unis pour le Sahel ! », symboles d’un soutien populaire nourri par un sentiment de fierté nationale et d’unité régionale.
La présence de nombreux Burkinabè et Nigériens vivant à Bamako, venus accueillir leur chef d’État, a donné à la scène une dimension transfrontalière, rare sur le continent. Pour beaucoup, cette démonstration d’enthousiasme illustre la consolidation de l’alliance tripartite formée par le Mali, le Burkina Faso et le Niger, le 16 septembre 2023, après leur rupture avec la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO).
Un sommet placé sous le signe de la solidarité sahélienne
Cette deuxième session du Collège des chefs d’État, après celle de Niamey en juillet 2024, doit aborder plusieurs dossiers stratégiques : la succession à la présidence tournante de l’AES, l’évaluation du bilan sécuritaire commun et l’adoption du Plan stratégique 2026-2030 de la Confédération.

La tenue de ce sommet à Bamako revêt une forte portée symbolique. Elle consacre la capitale malienne comme épicentre politique du nouveau bloc sahélien, dans un contexte régional encore tendu marqué par les tensions persistantes avec la CEDEAO et les pressions diplomatiques occidentales.
Les images d’une union populaire et politique
Sur les réseaux sociaux, les images de la foule massée autour du cortège présidentiel ont rapidement circulé, amplifiant l’idée d’un « peuple du Sahel uni ». Pour les partisans de l’AES, cette mobilisation traduit une adhésion populaire croissante à un projet régional présenté comme un instrument d’émancipation collective, face à des décennies de dépendance sécuritaire et économique.
L’accueil réservé au général Tiani à Bamako s’inscrit dans une séquence diplomatique intense : le sommet des chefs d’État doit formaliser la mise en place opérationnelle de la Force unifiée de 5 000 hommes et lancer les travaux de la Banque confédérale d’investissement et de développement (BCID-AES) ainsi que de la chaîne de télévision AES.
Dans les rues de Bamako, les scènes de liesse contrastent avec l’austérité diplomatique des grandes conférences régionales. Les drapeaux du Mali, du Burkina Faso et du Niger flottant côte à côte, portés par des jeunes, résument l’esprit du moment : celui d’une union politique et populaire qui entend redéfinir le futur du Sahel.
A.D
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