Accueil » Blog » A la Une » 20 janvier 1961—20 janvier 2026 : les FAMa, 65 ans de combat et de modernisation

20 janvier 1961—20 janvier 2026 : les FAMa, 65 ans de combat et de modernisation

0 comments 24 views 5 minutes read

Le 20 janvier 2026, les Forces armées maliennes (FAMa) célèbrent leur 65e anniversaire dans un contexte de transformation profonde. Depuis 2021, l’armée a engagé une montée en puissance accélérée, combinant rééquipement, recrutement massif et refonte stratégique. Ces évolutions répondent à la nécessité de reconquérir le territoire national et de lutter contre le terrorisme. Elles traduisent aussi la volonté politique de renforcer la souveraineté nationale et de consolider la sécurité intérieure face aux menaces persistantes.

Créées le 20 janvier 1961 par le président Modibo Kéita, père de l’indépendance du Mali, les FAMa sont nées du refus de confier la défense nationale à une puissance étrangère. Dès leurs origines, elles se sont inscrites dans une diplomatie militaire multiforme, fondée sur l’intégration et la recherche de la paix. Cette orientation illustre la volonté de préserver la souveraineté nationale tout en contribuant à la stabilité internationale, une mission qui reste d’actualité 65 ans plus tard.

Une armée en modernisation accélérée

Depuis 2021, les FAMa ont bénéficié d’un rééquipement militaire de dernière génération. Véhicules blindés, aéronefs de transport de troupes et drones de surveillance et d’attaque sont venus renforcer leurs capacités opérationnelles. Ce réarmement a propulsé le Mali au rang de troisième importateur d’armes en Afrique subsaharienne. L’objectif est clair  : optimiser le déploiement, accroître la mobilité et améliorer la riposte opérationnelle sur l’ensemble du territoire, afin de maintenir l’initiative face aux groupes armés.

Parallèlement, un plan de recrutement massif a été lancé pour la période 2025–2026. Il prévoit l’intégration de 24 000 nouveaux éléments dans les forces de défense et de sécurité, dont 15 000 pour l’armée régulière et 9 000 pour la sécurité intérieure. Cette mesure vise à densifier la présence militaire sur le terrain, accélérer la formation et structurer une capacité soutenable de projection. Elle illustre la volonté de bâtir une armée plus robuste et mieux adaptée aux réalités sécuritaires.

Une stratégie offensive et défensive

Ces efforts traduisent une stratégie offensive et défensive, où l’armée malienne ne se contente plus de réagir mais cherche à anticiper et à traquer les groupes terroristes dans leurs retranchements. Les communiqués de la Dirpa rapportent régulièrement des victoires significatives dans plusieurs régions du pays. Ces succès renforcent la confiance des populations et consolident l’image d’une armée offensive, protectrice de la souveraineté nationale et garante de l’intégrité territoriale.

La reconquête de villes emblématiques comme Ber et Kidal a marqué une étape décisive dans la restauration de l’autorité de l’État sur l’ensemble du territoire. Ces victoires traduisent la volonté des FAMa de restaurer pleinement la souveraineté nationale, en affirmant l’appartenance du Mali à une nation unie et indépendante. Elles renforcent le sentiment de fierté et d’appartenance des citoyens, convaincus que l’armée est le garant de leur liberté.

Vers une coopération régionale renforcée

Consciente que la souveraineté nationale ne peut être défendue seule, le Mali a initié avec le Niger et le Burkina Faso la création de l’Alliance des États du Sahel (AES). En janvier 2025, les trois pays ont annoncé la mise en place d’une force commune de 5 000 soldats pour lutter contre les groupes jihadistes. Cette décision marque une étape d’unification des efforts militaires et de mutualisation des moyens au niveau régional, dans une logique de solidarité et de défense partagée.

En octobre 2025, la Force unifiée de l’AES (FU‑AES) a officiellement lancé ses activités à Niamey sous un commandement intégré. L’objectif est de renforcer la coordination, la réactivité et la cohérence politico‑logistique des opérations conjointes. Cette force commune vise une approche plus autonome, adaptée aux réalités du Sahel central, avec des gains attendus en partage de renseignements, opérations transfrontalières et synchronisation des chaînes de commandement.

Les enjeux de la force unifiée

La FU‑AES incarne une réponse collective aux défis transnationaux. Elle ambitionne de stabiliser les zones grises par des mécanismes conjoints de sécurité et de développement. Les vecteurs aériens maliens et le partage de renseignements ont déjà permis de prévenir des attaques de grande ampleur au Niger et au Burkina Faso. Cette solidarité militaire illustre la volonté des trois pays de mutualiser leurs forces pour défendre ensemble leur souveraineté nationale et bâtir une sécurité régionale durable.

L’Alliance des États du Sahel se positionne désormais comme une alternative régionale crédible, capable de répondre efficacement aux menaces mobiles et aux sanctuaires transnationaux. En conjuguant leurs moyens et leurs stratégies, le Mali, le Niger et le Burkina Faso démontrent qu’une coopération militaire renforcée peut consolider la stabilité du Sahel. La FU‑AES représente ainsi une avancée majeure vers une sécurité partagée et une souveraineté pleinement assumée par les peuples de la région.

À l’aube de son 65e anniversaire, l’armée malienne incarne plus que jamais la lutte pour la souveraineté nationale. Forte de son histoire et de ses récentes victoires, elle poursuit sa mission dans un contexte difficile mais porteur d’espoir. Son engagement, conjugué à la coopération régionale au sein de l’AES, constitue un pilier essentiel pour la stabilité du Mali et du Sahel. Les FAMa demeurent le symbole vivant d’un peuple déterminé à préserver sa liberté et son indépendance.  

Ibrahim Kalifa Djitteye 


En savoir plus sur Sahel Tribune

Subscribe to get the latest posts sent to your email.

Veuillez laisser un petit commentaire pour nous encourager dans notre dynamique !