Pénurie de sable : vers un désastre planétaire, environnemental et économique 

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En raison de leur surexploitation, les ressources en sable se raréfient dans le monde. Ce qui pourrait conduire le monde vers un désastre planétaire, environnemental et économique.

Longtemps considérées comme illimitées, les ressources en sable se raréfient de plus en plus dans le monde en raison de leur utilisation effrénée par l’Homme pour divers besoins. Pour la construction d’un kilomètre de route, il faut 30 000 tonnes de sable contre 12 millions de tonnes de sable pour une centrale nucléaire, explique TV5 Monde. Pour la construction de 60 000 maisons individuelles, il faut 200 tonnes de sable pour chacune, ajoute ONU Info.

L’humanité extrait pour ses multiples besoins 50 milliards de tonnes de sable et de gravier par an, soit l’équivalent de la construction d’un mur de 27 mètres de large et de 27 mètres de haut autour de la Terre, pour une valeur évaluée à 70 milliards de dollars, selon toujours ONU info

Le sable est la deuxième ressource la plus utilisée dans le monde après l’eau, indique un nouveau rapport du Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE), publié le 27 avril 2022. Cette ressource naturelle rentre non seulement dans la composition du verre, des ordinateurs, tablettes, smartphones, mais aussi dans la production des plastiques voire des panneaux solaires. 

Stratégie d’adaptation au changement climatique 

 « Le sable joue un rôle stratégique en fournissant des services écosystémiques, des infrastructures vitales pour le développement économique, des moyens de subsistance au sein des communautés et en maintenant la biodiversité », souligne le rapport du PNUE.

Ses auteurs montrent la nécessité de considérer le sable « comme une ressource stratégique, non seulement en tant que matériau de construction, mais en raison des multiples rôles qu’il revêt pour l’environnement ». Selon leurs explications, à titre d’exemple, le «  maintien du sable sur les côtes peut être la stratégie la plus rentable pour l’adaptation au changement climatique en raison de la protection qu’il fournit contre les ondes de tempête et les effets de l’élévation du niveau de la mer ».

Malgré tout, le sable ne bénéficie toujours pas d’une réglementation en ce qui concerne « son extraction, son approvisionnement, son utilisation et sa gestion » dans de nombreuses régions du monde. Ce qui entraîne de nombreuses conséquences environnementales et sociales. 

Selon le PNUE, la pénurie de sable « constitue une menace pour les moyens de subsistance par le biais […] de l’approvisionnement en eau, de la production alimentaire, de la pêche ou de l’industrie du tourisme ». 

« Vers une économie circulaire »

« Pour atteindre le développement durable, il faut changer radicalement notre façon de produire, de construire et de consommer des produits, des infrastructures et des services », recommande Pascal Peduzzi, directeur de GRID-Genève au PNUE et coordinateur général du programme pour ce rapport. Selon ses précisions, c’est en parvenant à maîtriser son exploitation que « nous pourrons éviter une crise et nous diriger vers une économie circulaire ».  

Dans ce rapport de 90 pages (publié en anglais), le PNUE délivre des conseils, émis par des experts mondiaux, pour l’amélioration des pratiques d’extraction et de gestion du sable dans le monde. Ce document élabore plusieurs recommandations, dont l’élaboration d’une norme internationale sur la façon d’extraire le sable du milieu marin, la fixation du prix du sable par les gouvernements, les industries et les consommateurs. 

Les auteurs exhortent également à l’interdiction de l’extraction du sable des plages, à la mise en décharge des déchets minéraux et invitent à l’encouragement de la réutilisation du sable dans les marchés publics. Aussi estiment-ils important de non seulement mettre en place de nouvelles structures institutionnelles et juridiques pour que le sable soit gouverné plus efficacement, mais aussi de cartographier et de surveiller des ressources en sable.

Fousseni Togola 

Fousseni TOGOLA
Fousseni TOGOLAhttps://saheltribune.com
Né à Fana, dans la région de Dioïla, Fousseni TOGOLA est professeur de philosophie de formation, journaliste-blogueur et écrivain. Après un Master obtenu à l’Ecole normale supérieure (ENSUP) de Bamako sur la théorie de la « falsifiabilité » de Karl Popper, il se tourne vers l’écriture, à travers le blogging et ensuite le journalisme. D’abord membre de la Communauté des blogueurs du Mali (DONIBLOG), ensuite contributeur à Benbere, plateforme des blogueurs maliens. Il est également membre du Réseau des journalistes africains spécialisé sur le développement durable et le changement climatique (Africa 21). M. TOGOLA servira ensuite au quotidien malien Le Pays comme rédacteur en chef adjoint et éditeur. Il a également servi, comme pigiste, au premier site d’informations au Mali, Maliweb. Fousseni est aujourd’hui fondateur du site indépendant d’informations, d’analyses et d’enquêtes saheltribune.com. En 2020, il a été nominé au prix Mali Média Award (MAMA). La même année, il est lauréat du « Prix de Reconnaissance des Médias « Restez à la Maison », de la fondation Merck, dans la catégorie presse en ligne au Mali. Comme centre d’intérêt, M. TOGOLA s’intéresse au sujet touchant le climat, l’environnement et la biodiversité. Il a un intérêt assez particulier pour les questions sécuritaires et éducatives au sahel. Ouvrages publiés Féminitude, Innov Editions, 2018 (Essai) La société close et ses militants, 2019 (Essai politique) L’homme sirène, Prostyle Editions, 2020 (Fiction) Bintou, une fille singulière, 2020 (Roman philosophique)

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