Mandaté par les autorités de Bamako, le ministre malien de l’Artisanat, de la Culture, de l’Industrie hôtelière et du Tourisme, Mamou Daffé, a participé à l’ouverture de la 6ᵉ édition du Festival international des cultures sahariennes (FICSA), à Amdjarass, dans l’est du Tchad. Une présence qui consacre la culture comme outil diplomatique dans un Sahel en quête de nouveaux cadres de dialogue régional.
À plus de 1 000 kilomètres de N’Djamena, la ville d’Amdjarass a accueilli, le 7 février 2026, l’ouverture officielle du Festival international des cultures sahariennes. Placée sous le haut patronage du président tchadien, le maréchal Mahamat Idriss Déby Itno, la cérémonie a réuni plusieurs dirigeants et représentants des pays sahéliens.
Le Mali était représenté par son ministre de la Culture, Mamou Daffé, envoyé spécial du Premier ministre Abdoulaye Maïga. Sa participation s’inscrit dans un contexte de rapprochement politique et symbolique entre les États membres de l’Alliance des États du Sahel (AES), qui cherchent à renforcer leurs liens au-delà des seuls enjeux sécuritaires.
Dans son intervention, le ministre malien a transmis les salutations du président de la Transition, le général Assimi Goïta, aux autorités tchadiennes, saluant « l’hospitalité du peuple tchadien » et la portée régionale de l’événement.
Le Festival des cultures sahariennes, vitrine du patrimoine du désert
Créé en 2003 par l’association La Saharienne, le Festival international des cultures sahariennes se veut un espace de valorisation des traditions et expressions artistiques du Sahara. Cette sixième édition a été marquée par des prestations culturelles venues du Maroc, du Burkina Faso, de la Mauritanie et du Tchad, donnant à voir musiques, danses et savoir-faire artisanaux du monde saharien.
Pendant une semaine, jusqu’au 13 février, les participants sont invités à prendre part à des courses de dromadaires et de chevaux, des randonnées chamelières, des ateliers consacrés au patrimoine immatériel, au tourisme durable, au lait de chamelle ou encore à la flore saharienne, ainsi qu’à des concerts populaires.
Une immersion est également prévue dans le massif de l’Ennedi, classé au patrimoine mondial de l’UNESCO, connu pour ses arches monumentales et ses peintures rupestres. Pour Mamou Daffé, cette dimension patrimoniale confère au festival une portée qui dépasse la seule célébration culturelle.
Culture, tourisme et développement local au programme
Moment marquant de la cérémonie : le Premier ministre tchadien, Allah Maye Halina, a remis un présent symbolique au ministre malien, en signe d’amitié et de fraternité entre les deux pays.
Au-delà des symboles diplomatiques, la participation du Mali au FICSA s’inscrit dans une stratégie plus large de promotion du tourisme culturel et du développement local. Le festival entend attirer des visiteurs nationaux et internationaux vers des régions longtemps marginalisées, tout en soutenant l’économie locale à travers l’artisanat et les activités communautaires.
En prenant part à cette manifestation, Mamou Daffé a voulu donner une dimension politique à l’événement culturel : celle d’un Sahara perçu non plus uniquement comme un espace de crises, mais comme un territoire de civilisations partagées.
La rencontre d’Amdjarass illustre ainsi l’émergence d’une diplomatie culturelle sahélienne, où les festivals deviennent des lieux de dialogue entre gouvernements, artistes et sociétés civiles. À travers cette participation, le Mali affirme sa volonté de s’inscrire dans une dynamique régionale fondée sur l’identité, le patrimoine et la solidarité entre peuples du désert.
A.D
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