Réuni en Conseil des ministres à Koulouba, le gouvernement malien a décidé de proroger de trois ans la concession d’Énergie du Mali (EDM-SA), une mesure présentée comme un levier de stabilisation du secteur électrique et de poursuite des réformes engagées pour améliorer durablement le service public.
Réuni en Conseil des ministres le vendredi 23 janvier 2026 au palais de Koulouba, sous la présidence du général d’armée Assimi Goïta, président de la Transition, le gouvernement malien a adopté un projet de décret portant approbation de l’Avenant n°004 au contrat de concession du service public de l’électricité. Une décision qui s’inscrit dans la stratégie de redressement du secteur énergétique, considéré comme l’un des piliers du développement économique et social du pays.
Signé initialement le 21 novembre 2000 entre l’État malien et la société Énergie du Mali (EDM-SA) pour une durée de vingt ans, le contrat de concession arrive à un tournant décisif. Face aux difficultés structurelles du secteur — déséquilibre financier, insuffisances opérationnelles et pression croissante de la demande — les autorités ont engagé, depuis plusieurs années, une série de réformes destinées à assurer la viabilité du service public de l’électricité.
Une réforme pour restaurer l’équilibre du secteur
Au cœur de cette politique figure un Plan de redressement financier et opérationnel, dont l’objectif principal est de combler l’écart entre les coûts réels de production et les revenus d’EDM-SA. Un chantier complexe mais jugé indispensable par le gouvernement pour garantir un approvisionnement durable en électricité à l’ensemble des populations.
La prorogation de la concession pour une durée supplémentaire de trois ans à compter du 21 novembre 2025 apparaît ainsi comme une mesure transitoire de stabilisation. Elle vise à offrir un cadre juridique sécurisé à l’opérateur public tout en permettant à l’État de poursuivre les réformes structurelles engagées dans le secteur énergétique.
Le nouveau décret modifie l’article 5 du contrat de concession en supprimant notamment certaines prérogatives du concessionnaire en matière de travaux. Cette évolution traduit la volonté des autorités de renforcer le pilotage stratégique de l’État dans les investissements structurants, afin de mieux contrôler les coûts, améliorer la qualité du service et garantir la transparence dans la gestion des infrastructures électriques.
La réforme du secteur de l’électricité ne se limite pas à une prorogation administrative, mais s’inscrit dans une logique de meilleure gouvernance et de responsabilisation des acteurs.
L’électricité, enjeu central de souveraineté économique
Dans un contexte marqué par des défis sécuritaires et économiques, l’accès à une électricité fiable est devenu un enjeu de souveraineté nationale. Le gouvernement entend faire du secteur énergétique un levier de croissance, mais aussi un facteur de cohésion sociale, en réduisant les inégalités d’accès entre zones urbaines et rurales.
Cette décision du Conseil des ministres confirme ainsi la priorité accordée par les autorités de la Transition à la modernisation des services publics essentiels. Elle s’inscrit dans une vision plus large visant à bâtir un État plus efficace, capable d’assurer les besoins fondamentaux des populations tout en préparant l’avenir énergétique du pays.
La prorogation de la concession d’EDM-SA ne constitue pas une fin en soi, mais une étape dans un processus de transformation du secteur. Le gouvernement assure vouloir poursuivre les réformes structurelles, renforcer les mécanismes de contrôle et améliorer la performance globale du service public de l’électricité.
À travers cette mesure, les autorités maliennes affichent leur détermination à conjuguer stabilité institutionnelle et réforme économique, dans un domaine stratégique pour le développement du Mali.
A.D
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