Au siège de l’Union africaine à Addis-Abeba, en Éthiopie, l’Assemblée de l’Union africaine a adopté un protocole d’accord visant à renforcer la coordination entre l’organisation continentale, les communautés économiques régionales et les mécanismes régionaux dans l’utilisation de la Force africaine en attente. Une étape présentée comme essentielle pour améliorer la réactivité et la cohérence des réponses africaines face aux crises sécuritaires persistantes.
Alors que les conflits et l’instabilité continuent de mettre à l’épreuve les capacités d’intervention du continent, les dirigeants africains misent sur une meilleure articulation entre niveaux régional et continental pour rendre leur architecture de paix plus crédible et opérationnelle.
La session s’est tenue sous la présidence sortante de l’Angolais João Lourenço, salué pour son action à la tête de l’organisation en 2025, avant la prise de fonctions officielle du Burundais Évariste Ndayishimiye comme président en exercice pour 2026.
En amont des travaux, un dîner d’État a été offert par le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed, marquant l’ouverture d’un sommet placé sous le signe des défis multiples auxquels fait face le continent.
La cérémonie inaugurale a donné lieu à des interventions de plusieurs personnalités internationales, parmi lesquelles le président de la Commission de l’UA Mahmoud Ali Youssouf, le secrétaire général de l’ONU António Guterres et la cheffe du gouvernement italien Giorgia Meloni.
Les dirigeants ont également lancé le thème de l’année 2026 : la garantie d’un accès durable à l’eau et à l’assainissement, en lien avec les objectifs de l’Agenda 2063.
Une inquiétude persistante sur la sécurité
Sur le front sécuritaire, l’Assemblée a exprimé sa « profonde préoccupation » face à la persistance des conflits armés, du terrorisme, de l’extrémisme violent et des crises humanitaires dans plusieurs régions du continent.
Les dirigeants ont réaffirmé leur politique de tolérance zéro face aux changements anticonstitutionnels de gouvernement et réitéré leur engagement à « faire taire les armes ». Ils ont également insisté sur la nécessité d’un financement plus prévisible et durable des opérations africaines de maintien de la paix.
Un protocole d’accord renforçant la coordination entre l’UA, les communautés économiques régionales et les mécanismes régionaux sur l’utilisation de la Force africaine en attente a par ailleurs été adopté.
Réformes et gouvernance mondiale au cœur des débats
Sur le plan institutionnel, les chefs d’État ont réaffirmé leur volonté de consolider une organisation « centrée sur les peuples », plus efficace et financièrement viable. Ils ont aussi réitéré la position africaine commune en faveur d’une réforme du Conseil de sécurité de l’ONU afin d’assurer une représentation plus équitable du continent dans la gouvernance mondiale.
Les discussions ont également porté sur le rôle croissant de l’UA au sein du G20, notamment après le sommet de Johannesburg en novembre 2025, avec un accent sur le financement du développement, la restructuration de la dette, l’action climatique et la transformation numérique.
Accélérer l’intégration économique et agricole
Les dirigeants ont réaffirmé le rôle central de l’Agenda 2063 comme feuille de route stratégique du continent. Ils ont salué les avancées du Programme détaillé pour le développement de l’agriculture africaine, tout en soulignant l’urgence de transformer les systèmes alimentaires et de renforcer la résilience face aux chocs climatiques.
Des progrès ont également été relevés dans la mise en œuvre de la Zone de libre-échange continentale africaine, considérée comme un levier essentiel pour stimuler le commerce intra-africain, l’industrialisation et la création de valeur ajoutée.
Les initiatives visant à mobiliser des ressources pour les infrastructures, l’énergie, l’eau et l’adaptation climatique ont aussi été mises en avant, de même que l’importance de l’autonomisation des jeunes et des femmes.
Justice historique et solidarité internationale
Les chefs d’État ont examiné une étude sur les implications de la reconnaissance de la colonisation et de certains actes liés à l’esclavage comme crimes contre l’humanité, soulignant l’importance de la mémoire, de la justice réparatrice et de la dignité des peuples africains.
Ils ont également réitéré la solidarité de l’UA avec le peuple palestinien et leur soutien à une solution conforme au droit international, après examen du rapport de la Commission sur la situation en Palestine.
Au terme du sommet, les dirigeants ont exprimé leur gratitude à João Lourenço pour son leadership et assuré Évariste Ndayishimiye de leur soutien pour son mandat. Ils ont aussi remercié les autorités éthiopiennes pour leur accueil et l’organisation du sommet.
A.D
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