Le Mali est à la croisée des chemins. Après une crise profonde, le pays se retrouve à nouveau face à des défis considérables. La polarisation politique et les ambitions individuelles risquent de mettre en péril la cohésion nationale, alors que l’heure est à l’unité́ et à l’action collective pour surmonter les obstacles.
Le limogeage de Choguel Kokalla Maïga, ancien Premier ministre et figure emblématique du Mouvement du 5 juin-Rassemblement des Forces patriotiques (M5-RFP), marque un tournant significatif. Jadis fer-de-lance de la contestation populaire, le M5-RFP a joué́ un rôle essentiel dans la transition. Cependant, la dégradation du dialogue et la radicalisation du discours ont contribué à la polarisation du débat public, sapant les efforts de rassemblement pourtant nécessaires à la stabilisation du pays.
Des réformes pour l’avenir du Mali.
La rupture consommée entre le mouvement hétéroclite et les autorités de la transition soulève des questions cruciales sur la direction que prendra le Mali dans les mois à venir. Que cherche vraiment l’ex-locataire de la Primature ?
Après le meeting du 16 novembre 2024, organisé pour des raisons jugées peu convaincantes, Choguel Kokalla Maïga a de nouveau convoqué un rassemblement mi-février 2025, dressant un tableau sombre de la gestion de la transition à laquelle il a lui-même participé. Quelles sont les motivations réelles derrière ces manœuvres politiciennes ?
La transition, malgré́ les difficultés, a engagé́ un processus de réformes cruciales pour l’avenir du Mali. La lutte contre l’insécurité, le rétablissement de l’autorité́ de l’État, la promotion du dialogue inclusif et la préparation d’élections transparentes sont des défis immenses qui exigent l’engagement et la collaboration de tous. Le moment est venu de dépasser les clivages et de se concentrer sur les priorités nationales. La critique constructive reste nécessaire, mais elle ne doit pas se transformer en un obstacle à la consolidation de la transition, qui constitue une période charnière de l’existence du Mali.
Risque de détourner l’attention des enjeux cruciaux
Le sentiment de rupture exprimé par Choguel Kokalla Maïga doit plutôt inciter à une introspection collective. L’avenir du Mali dépend de la capacité des différents acteurs politiques, sociaux et économiques à s’unir autour d’un projet commun.
Il convient de rappeler que le M5-RFP, soutien initial des autorités, a radicalement évolué́ dans son discours et ses aspirations. Cette évolution, qui semble se tourner vers une opposition systématique, doit être interprétée avec précaution. La critique constructive est bienvenue, mais la transformation progressive du M5-RFP en une force d’opposition risquerait de détourner l’attention des enjeux cruciaux auxquels le pays fait face. Le moment est venu de rassembler nos efforts au lieu d’ériger des barrières qui peuvent nuire à la cohésion nationale.
L’heure n’est plus aux divisions, mais à l’union nationale
Il est donc impératif de mettre de côté les ambitions personnelles et de privilégier l’intérêt supérieur de la nation. Les Maliens ont montré une résilience remarquable face à l’adversité́, et il est temps de canaliser cette énergie collective vers la construction d’un avenir meilleur. Soutenir les autorités de la transition ne signifie pas renoncer à la vigilance et à la critique constructive. Il s’agit plutôt de s’engager dans une dynamique positive, en reconnaissant que le chemin de la transition est long et que les défis sont nombreux.
L’avenir du Mali est entre les mains de ses citoyens. La nation malienne a démontré une résilience extraordinaire face à l’adversité́. Il est temps de canaliser cette énergie collective vers la construction d’un avenir meilleur. L’heure n’est plus aux divisions, mais à l’union nationale, car c’est le seul chemin qui permettra au Mali de retrouver sa place au sein de la communauté́ internationale et de reconstruire un pays uni, stable et prospère.
Bakary Fomba
En savoir plus sur Sahel Tribune
Subscribe to get the latest posts sent to your email.