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Mohamed Attaher Ag Hamani 1 2 1
Actu

AGEROUTE : des irrégularités financières de 895 512 029 FCFA constatées dans les exercices des quatre dernières années

by Sahel Tribune 25 septembre 2020
written by Sahel Tribune 5 minutes read

Au titre des exercices 2016, 2017, 2018 et 2019, plusieurs irrégularités financières et administratives ont été constatées par le Vérificateur général dans le fonctionnement de l’AGEROUTE. Le montant des irrégularités financières s’élève à 895 512 029 FCFA.
L’Agence d’exécution des travaux d’entretien routier (AGEROUTE) est dans l’œil du cyclone. En effet, plusieurs irrégularités ont été constatées au sein de cette Agence, au titre de ses exercices 2016, 2017, 2018 et 2019. En tout cas, c’est ce qui ressort du rapport individuel du vérificateur général, « Dépenses exécutées sur le fonds d’entretien routier par l’Agence d’exécution des travaux d’entretien routier : vérification financière », publié en août 2020.
Au cours de ses vérifications durant les quatre dernières années, le Vérificateur général dit avoir constaté deux irrégularités au niveau de l’AGEROUTE : financières et administratives.


Les irrégularités financières


En ce qui concerne les irrégularités financières, elles s’élèvent à 895 512 029 FCFA, précise-t-on dans le rapport. « Elles découlent notamment du non-respect des procédures de passation des marchés, d’avantages indus accordés, d’impôts et taxes non retenus et de la prise en charge de dépenses inéligibles », explique-t-on.
Selon ce rapport individuel, le directeur général de l’AGEROUTE a attribué des marchés d’entretien routier en violation des procédures. « Le montant total des marchés irrégulièrement passés s’élève à 868 108 970 FCFA », souligne-t-on.
Ce n’est pas tout, le Vérificateur général dit avoir constaté également que le Conseil d’Administration a accordé des avantages indus au Délégué du Contrôle financier. Celui-ci « perçoit une indemnité mensuelle de 300 000 FCFA. Ladite indemnité a été autorisée suivant la Délibération n°13-02/CA-AGEROUTE du 04 avril 2013 portant autorisation de paiement d’une indemnité forfaitaire mensuelle au Délégué du Contrôle financier ». Au Vérificateur général de poursuivre : « L’AGEROUTE continue à payer à ce jour, ce montant au Délégué du Contrôle financier ». Le montant total de cette irrégularité financière s’élève à 14 700 000 FCFA pour la période sous revue, lit-on dans ledit rapport qui précise : « De plus, il a bénéficié de jetons de présence de 1 600 000 FCFA pour la période sous revue alors qu’il n’est pas membre du CA de l’AGEROUTE ».
Le montant total de ces jetons ainsi que des autres avantages accordés au Délégué de contrôle financier se chiffre à 16 300 000 FCFA pendant la période sous revue, rapporte-t-on.
Toujours dans le cadre des irrégularités financières, le Vérificateur général a constaté également que le chef de la Division Recettes de la Direction des Grandes Entreprises a « minoré les droits d’enregistrement et le DG de l’AGEROUTE a ordonné le paiement d’un contrat de marché irrégulièrement enregistré ». Le montant compromis s’élève à 1 948 750 FCFA.
En fin, au titre de ces irrégularités financières, le Vérificateur général rapporte que le DG de l’AGEROUTE a ordonné le paiement d’un contrat de marché sans l’acquittement de la redevance de l’ARMDS. « Le montant non perçu au profit de l’ARMDS s’élève à 325 000 FCFA », explique-t-on.


Les irrégularités administratives


S’agissant de la gestion administrative, l’AGEROUTE ne serait pas également clean sur ce point. Plusieurs irrégularités ont été constatées aussi à ce niveau. « Les irrégularités d’ordre administratif se caractérisent principalement par la non-tenue régulière de la comptabilité-matières, le non-respect du décret fixant l’organisation et les modalités de fonctionnement de l’Agence ainsi que le non-respect des procédures de passation des marchés », indique-t-on dans ce rapport individuel du Vérificateur général.
Pour ne citer que quelques-unes de ces irrégularités évoquées dans ce rapport individuel du Vérificateur général, nous pouvons mentionner le volet de l’ouverture de compte bancaire. En effet, selon le VEGAL « l’AGEROUTE a ouvert des comptes bancaires sans l’autorisation du ministre chargé des finances ». Ce n’est pas tout, il a été constaté que cette Agence détient six comptes bancaires « où sont déposés les ressources pour son financement et les fonds d’origine extérieure. Lesdits comptes ont été ouverts dans les banques commerciales sans autorisation préalable du ministre chargé des finances. Sur les six comptes, cinq sont domiciliés à la Banque Malienne de Solidarité (BMS-SA) et un à la Banque Internationale pour le Mali (BIM-SA) ». L’AGEROUTE indique que « l’ouverture des comptes sans l’autorisation du ministre chargé des finances ne permet pas un suivi efficace des ressources de l’AGEROUTE ».
Au titre des autres irrégularités administratives, le Vérificateur général a constaté que le régisseur d’avances n’a constitué ni la caution, ni prêté serment avant sa prise de fonction ; l’Agent Comptable ne tient pas tous les documents de la comptabilité matières ; l’AGEROUTE ne dispose pas de quitus relatifs à la clôture des conventions de Maitrise d’Ouvrage Déléguée, l’AGEROUTE utilise des Dossiers-Types d’Appel d’Offres non conformes ; cette Agence n’informe pas les soumissionnaires non retenus ; elle n’exige pas des titulaires de marchés la fourniture des cautions de bonne exécution dans les délais ; le Directeur Général de l’AGEROUTE a effectué des recrutements non conformes ; il a pris une décision de nomination non conforme.


Les recommandations du VEGAL


« Au regard des constats ci-dessus, la mission de vérification a formulé des recommandations qui feront l’objet de mission de suivi de mise en œuvre », explique-t-on. Ces vérifications sont entre autres : faire signer par le ministre les conventions de maitrise d’ouvrage déléguée avec l’AGEROUTE ; mettre à jour le manuel de procédures de l’AGEROUTE ; requérir l’autorisation préalable du Ministre chargé des finances pour l’ouverture des comptes ; demander et disposer de quitus relatifs à la clôture des conventions ; élaborer des DTAO conformément à la réglementation en vigueur ; informer par écrit les soumissionnaires non retenus du rejet de leur offre ; exiger des titulaires de marchés, la fourniture des cautions de bonne exécution dans les délais réglementaires ; requérir l’approbation expresse de la Tutelle et l’autorisation du CA avant tout recrutement ; faire nommer le chef de service de la comptabilité matières par arrêté interministériel ; respecter les procédures de passation des marchés publics dans le cadre du fonctionnement ; tenir l’ensemble des documents de la comptabilité-matières ; le régisseur d’avances doit prêter serment conformément à la réglementation en vigueur.
Fousseni Togola

25 septembre 2020 0 comments
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Moussa Mara
Opinion

[Tribune] Mali : qu’avons-nous fait de nos soixante ans ? Que pouvons-nous rectifier pour nos cent ans ?

by Sahel Tribune 25 septembre 2020
written by Sahel Tribune 5 minutes read

En ces temps troublés, il est souhaitable d’éviter les comparaisons ou d’évaluer les régimes et les Présidents qui se sont succédé à la tête du Mali pendant les soixante dernières années, si l’on veut faire une analyse productive de ce qui s’est passé depuis l’indépendance. La comparaison des régimes ouvrirait indubitablement de vieilles blessures et monopoliserait inutilement le débat. Tant est qu’au Mali, nous avons malheureusement pris l’habitude de remplacer les débats d’idées par des querelles de personnes !
Ce qui serait plus utile, est de mettre l’accent sur les faiblesses structurelles que nous n’avons pu corriger en soixante ans. A celles-ci, il convient d’ajouter les défis actuels qui complexifient les équations nombreuses auxquelles notre pays fait face. Cela nous permettra ensuite de tracer les voies stratégiques que nous devons emprunter pour qu’en 2060, au moment où le pays fêtera ses cent ans, les Maliens vivent mieux qu’aujourd’hui, plus sûrs d’eux-mêmes et davantage confiants en l’avenir.

Ce que nous n’avons pu changer en soixante ans


Quatre faiblesses structurelles sont demeurées à travers les six décennies du Mali indépendant.
La première est l’incapacité de l’Etat à répondre aux diversités ethniques, religieuses, territoriales et philosophiques des Maliens. Il suffit de regarder la carte du pays pour se rendre compte que c’est un pays fortement hétérogène, de rencontre et de métissage. Il n’est pas possible de gérer un pays aussi divers de manière uniforme. Les réalités vécues par les Maliens sont fort différentes, leurs cultures et traditions également. La forme étatique choisie, son organisation et ses modalités de fonctionnement ne sont pas adéquates. Cela crée des chocs depuis 1960 et en créera encore à l’avenir.
La seconde faiblesse structurelle de notre pays est son administration dont l’ADN est son insensibilité à la satisfaction des usagers. Le rapport entre l’administration et le citoyen est un rapport de force, de violence, d’iniquité et d’injustices de toutes sortes. Il pénalise grandement l’Etat et la nation.
Notre incapacité à soustraire notre économie de la traite, de la faible diversification et de ses fondamentaux coloniaux créent le lit du chômage de masse et de la constitution de groupes oligarchiques autour des facteurs de ressources et donc de la grande paupérisation des populations. Cela constitue également une forte éraflure à notre tissu social.
Enfin, la Gouvernance du pays, aux différents niveaux de responsabilité, ne s’est pas traduite par une forte exemplarité des élites et un souci constant du bien-être collectif. La corruption, l’enrichissement illicite, les détournements de biens publics ont le plus souvent caractérisé les élites maliennes qui ont ainsi globalement trahi la confiance placée en elles par les populations.
La résultante de six décennies où les potentialités du pays n’ont pas été exploitées comme il faut, sur fond d’incapacités étatiques, ont ainsi grandement affaibli le pays et surtout réduit sa grande cohésion sociale qui reste encore aujourd’hui sa principale force.


Des défis nous sont posés par le Monde d’aujourd’hui et de demain


Certains défis posent des équations redoutables à solutionner qui si elles ne sont pas résolues auront des conséquences significatives. Cela rend d’autant plus incertaines les perspectives maliennes.
Le premier de ces défis est constitué par les changements climatiques et leurs conséquences de raréfaction des ressources naturelles, de pluviométries incontrôlées et d’absence de prévisibilité des éléments naturels. Pour un pays qui dépend en grande partie de la nature et de ses manifestations, cette évolution est lourde de menaces.
Le second défi est relatif à la démographie et à l’urbanisation. La croissance importante de la population mais également son mouvement massif vers les villes sont synonymes de pressions importantes sur les ressources et de déséquilibres majeures sur les plans économiques, socio culturels et même politiques.
Ensuite, les évolutions technologiques et les confrontations continuelles entre modernité et traditions posent de nombreux problèmes dans les rapports sociaux, les équilibres de nos cellules familiales, notre système de gouvernance et de démocratie, les formes de citoyenneté pour les jeunes…
Il y a enfin un environnement international incertain et qui risque de l’être encore avec de nombreux facteurs géopolitiques, sanitaires, sécuritaires ou économiques de volatilité. Dans les années à venir, la seule certitude sera qu’il n’y aura rien de certain ! Pour un pays comme le Mali, si soutenu par la communauté internationale, ce défi doit être traité avec gravité et un sens aigu de responsabilité.


Les desseins à nourrir pour le Mali des 40 prochaines années


Quatre faiblesses structurelles conjuguées avec quatre défis majeurs jettent un voile d’incertitudes sur l’avenir de notre pays. Nous devons y faire face de manière résolue. Pour ce faire, nous devons avoir quatre desseins majeurs pour faire du Mali ce qu’en espéraient les pères de l’indépendance.
Le Premier dessein est de bâtir un Etat solide, visionnaire, efficace et ancré par des institutions légitimes. Cet Etat devrait travailler dans la prospective (vision de long terme) en mobilisant toutes les ressources nationales vers ces objectifs stratégiques, quelques soient les pulsations de la démocratie.
Le second dessein est la qualité des ressources humaines maliennes. Nous devons faire de l’éducation, le renforcement des compétences nationales et du patriotisme des jeunes nos priorités absolues.
Ensuite, il y a la nécessité d’orienter les fondamentaux économiques sur la domestication de la valeur ajoutée, une plus grande consommation des productions locales et une insertion forte de l’économie nationale dans les chaines de valeurs mondiales en privilégiant nos forces. Le patriotisme économique ne doit pas être seulement un slogan au Mali. L’efficacité économique et la compétitivité aussi !
Enfin, la construction d’une démocratie réelle soutenue par le dialogue permanent entre les différentes composantes de la société et une redevabilité forte des représentants à l’égard des populations. Nous devons nous inscrire dans cette direction avec la volonté d’une amélioration constante dans le souci de privilégier les intérêts des citoyens.
Nous avons à inscrire résolument notre pays dans la voie du progrès continu, avec des caps précis qui s’imposeront à tous, chacun étant appelé à faire sa part de travail. C’est à ce prix que nous donnerons une chance à notre pays face aux tumultes du monde.
Moussa MARA www.moussamara.com

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Tegu Na ou le Grand Palabre
Seko ni Donko

« Tegu Na ou le Grand Palabre » : les effets de la rupture entre la tradition et la modernité

by Sahel Tribune 25 septembre 2020
written by Sahel Tribune 3 minutes read

Vieux professeur de mathématiques et conseiller pédagogique, assistant du 2ème vice-président de l’Assemblée nationale du Mali, Hamidou Ongoïba a publié en juillet 2020 son troisième roman chez les éditions La Sahélienne Mali. Intitulé « Tegu Na ou le Grand Palabre », cet ouvrage de 150 pages nous évoque les problèmes liés à la rupture entre la tradition et la modernité.

S’il existe un livre qui mérite aujourd’hui qu’on lui accorde une place inestimable dans nos bibliothèques et librairies, c’est bien « Tegu Na ou le Grand Palabre » de Wamseru A. Assama Ongoïba, de son vrai nom Hamidou Ongoïba. Simplicité, clarté, précision constituent entre autres quelques caractéristiques majeures qui donnent envie de dévorer cet ouvrage en un laps de temps.  A tout dire, aucun lecteur ne peut résister au style de l’auteur. Un style direct et pédagogique qui facilite tout de suite une bonne assimilation du récit, même si M. Ongoïba entretient volontairement le suspense afin de garder l’attention du lecteur éveillée. En tout cas, c’est ce que nous dit le préfacier du livre, Dr Bouréima Sory Guindo, un consultant en Sciences de l’éducation : « C’est une histoire très captivante et très attachante par la force et la justesse des sentiments qui s’y expriment, qui entretient le suspense et focalise l’attention du lecteur tout au long de sa narration ».

Captivante et attachante, oui. Puisqu’il s’agit d’un récit qui nous plonge, comme tout roman d’ailleurs, dans des réalités de la communauté dogon, au centre du Mali. L’ouvrage décrit les conséquences sociales de la désobéissance des valeurs traditionnelles. Mais pas que. Amasagu est la figure de cette transgression des valeurs, de cette rupture entre la modernité et la tradition. Il refuse de donner sa fille unique en mariage au Nonmon, génie tutélaire et protecteur de la communauté de Orolèye. Cette communauté recommande qu’une jeune fille soit donnée en sacrifice à ce génie, tous les sept ans. Or, « la transgression peut entraîner un désordre, des troubles de toutes sortes, un chaos durable au sein de la communauté, dès lors que la violation d’un des fondements de la protection du village et de la cohésion sociale est actée et connue de tous ».

Mais ce crime ne peut-il pas être également un facteur d’émancipation, de protection des droits de l’homme ? Si la vie est sacrée et que toute vie mérite protection, quelle justification, à notre époque, du sacrifice humain ? « Tegu Na ou le Grand Palabre » expose aux lecteurs ce divorce, souvent nécessaire, entre la tradition et la modernité.

En ces temps troubles, ce récit pourrait trouver écho dans la quasi-totalité des communautés maliennes. Des sociétés qui traversent pour la plupart leur crise de valeurs. Partant de ce constat, ne pourrions-nous pas admettre que « Tegu Na ou le Grand Palabre » est un roman qui fait ressortir toute la problématique liée au vivre ensemble ainsi qu’à la cohésion sociale dans nos sociétés ? En tout cas, l’éventail qu’il embrasse est assez large. Maintes problématiques actuelles dans nos sociétés peuvent puiser dans ce livre des réponses satisfaisantes.

A la lecture de ce livre, on ne peut point s’empêcher, en tout cas pour ceux qui l’ont découvert, de faire un lien avec le film malien « SIA », la fille qui devrait être sacrifiée au grand serpent protecteur du village de Wagadu. Mais face à la résistance de son fiancé, elle ne le sera point.

M. Ongoïba a réussi le pari. Car ce livre tient le lecteur en haleine du début jusqu’à la fin. On finit de le parcourir sans se rendre compte de la longueur du récit.

« Tegu Na ou le Grand palabre » est disponible en vente aux éditions La Sahélienne, sis à Bacodjicoroni ACI, ainsi qu’auprès de l’auteur lui-même. Il est également disponible dans plusieurs librairies de la capitale malienne, Bamako.

Fousseni Togola

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Mahamadou Issoufi
Sécurité

Sécurité dans le sahel et le bassin du lac Tchad : le multilatéralisme, l’horizon indépassable !

by Sahel Tribune 24 septembre 2020
written by Sahel Tribune 4 minutes read

Au cours d’une Réunion de haut niveau à l’Assemblée générale des Nations Unies, jeudi 24 septembre 2020, plusieurs éléments suscitant l’espoir d’une victoire sur le terrorisme et le crime organisé ont été évoqués. De nombreuses perspectives de lutte contre les groupes armés terroristes dans le Sahel et le bassin du lac Tchad ont été proposées. La situation actuelle au Mali était également au cœur des discussions.

« Seule une action internationale pourra rétablir la sécurité dans les régions africaines du Sahel et du bassin du lac Tchad », a souligné le président du Niger, Mahamadou Issoufou au cours de cette Réunion par visioconférence.

S’exprimant devant l’Assemblée générale en sa qualité de président du Conseil de sécurité, le chef d’État nigérien a déclaré que « le Niger est convaincu que les nombreuses menaces qui pèsent sur la paix et la sécurité internationale ne peuvent pas être résolues par les États pris individuellement, mais par une action collective de la communauté internationale. » Une position également défendue par secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres. Seulement, pour M. Issoufou, cette coopération demande des moyens. Elle n’est réalisable sans un investissement, conséquent, prévient-il.

Au sujet de cette coopération internationale prônée par le chef d’État nigérien, M. Guterres donne comme modèle le partenariat entre l’Union africaine et l’ONU : « Le partenariat entre l’Union africaine et l’ONU est un modèle que nous devrions reproduire dans nos relations avec d’autres organisations régionales », a-t-il indiqué avant d’inviter le Conseil de sécurité à approfondir cette collaboration. À l’en croire, « cela permettrait de répartir le travail de la façon la plus efficace possible : l’Union africaine pourrait mener des opérations d’imposition de la paix et de lutte contre le terrorisme, qui seraient appuyées par des mandats du Conseil de sécurité et bénéficieraient d’un financement prévisible, garanti par les contributions obligatoires ». Et de poursuivre : « C’est la seule façon de construire la coalition dont nous avons besoin pour lutter contre le terrorisme sur le continent africain et de mener à bien l’initiative phare de l’Union africaine pour faire taire les armes ».

Selon le président Issoufou, la création de la coalition de lutte contre le terrorisme au Sahel, la mise en place d’un commandement conjoint pour toutes les forces militaires participantes, dont celles françaises (Barkhane) et européennes (Takuba), le déploiement prochain par l’UA d’un contingent de 3 000 hommes, les initiatives de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) constituent « autant d’éléments qui suscitent l’espoir d’une victoire sur notre ennemi commun : le terrorisme et le crime organisé ». À l’en croire, « la nature des conflits évolue, les missions des forces des nations unies doivent également évoluer ».

Sur ce volet sécuritaire, le président Mahamadou Issoufou a insisté sur le besoin d’une véritable coopération afin de venir à bout de ce phénomène : « Au Mali, et sur l’ensemble de l’espace du G5 Sahel, nous avons besoin du multilatéralisme pour poursuivre le combat contre le terrorisme sous toutes ses formes en prenant dûment en compte les dimensions, femmes et jeunes, parce que c’est sur le terreau de la pauvreté que prospère le terrorisme. » Il invite également à mettre en place un mécanisme de surveillance de communication de l’information et de sanctions concernant les attaques contre les humanitaires. « Nous avons besoin d’une gouvernance mondiale qui soit déterminée, coordonnée, souple et prête à réagir à l’éventail des défis auxquels nous devons faire face. Dans un monde où les menaces sont interconnectées, la solidarité est dans l’intérêt de chacun », a souligné le secrétaire général de l’ONU.

Au cours de cette Assemblée, le Président nigérien n’est pas resté en marge de la situation actuelle du Mali. Il a fait part de sa préoccupation face à l’évolution de cette crise politique et institutionnelle. « Le Niger et les autres pays de la CEDEAO sont pleinement engagés dans la recherche de solutions pour une sortie de crise au Mali », a-t-il assuré.

S’alignant derrière ses homologues de la Cédéao, le Nigerien appelle à une transition dirigée par des civils.

Bakary Fomba, stagiaire

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Paquet de cigarrette
Santé

Épidémie du tabagisme : 1,9 million de personnes meurent chaque année de maladies cardiaques provoquées par le tabac

by Sahel Tribune 24 septembre 2020
written by Sahel Tribune 3 minutes read

Depuis début 2020, l’humanité est fragilisée par l’apparition d’un nouveau mal, le coronavirus, qui ne cesse de faire des ravages, partout à travers le monde. L’augmentation du risque de cette pandémie est liée à l’hypertension artérielle et les maladies cardiaques. La consommation du tabac augmente pourtant le risque d’attraper des maladies cardiaques.

Chaque année, 1,9 million de personnes meurent de maladies cardiaques provoquées par le tabac. D’où tout l’engagement de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) pour la lutte contre le tabagisme. Dans un rapport conjoint publié, mardi 22 septembre 2020, par l’OMS, la Fédération mondiale du cœur et l’Université de Newcastle, en Australie, à l’occasion de la Journée mondiale du cœur, qui sera célébrée le 29 septembre, ces organisations invitent les gouvernements à aider les consommateurs de tabac à arrêter de fumer. Cette aide pourrait passer par l’augmentation des taxes sur les produits du tabac, en faisant respecter les interdictions de publicité pour le tabac et en offrant des services pour aider les gens à le renoncer. Le tabac nuit gravement à la santé, lit-on sur le paquet de la cigarette.

Selon l’OMS, « Le tabac est responsable de 20 % des décès dus aux maladies coronariennes. » À l’en croire, « Un décès sur cinq dû aux maladies cardiaques est lié au tabagisme. » Elle indique également que « L’usage du tabac fait environ huit millions de victimes par an. »

À cet égard, les agents de l’OMS invitent « tous les fumeurs à arrêter de fumer et à éviter une crise cardiaque », puisque « les fumeurs sont plus susceptibles de subir un accident cardiovasculaire aigu à un plus jeune âge que les non-fumeurs. »

Peu importe qu’il s’agisse de quelques cigarettes par jour, de tabagisme occasionnel ou d’exposition à la fumée secondaire, le tabac augmente le risque de maladies cardiaques, souligne le rapport.

Ainsi, « les sociétés de cardiologie devraient former leurs membres au sevrage tabagique, ainsi que promouvoir et même piloter les efforts de sensibilisation à la lutte antitabac », a déclaré Dr Bianco.

En outre, la cigarette électronique est également dommageable pour la santé de l’homme. Si le tabac sans fumée est responsable d’environ 200 000 décès par an à cause des maladies coronariennes, la cigarette électronique accroît la pression artérielle et le risque de maladie cardiovasculaire, prouve le rapport de l’ONU.

Selon une récente enquête de l’OMS, 67 % des personnes mortes de Covid-19 en Italie souffraient d’hypertension et en Espagne, 43 % des personnes qui ont développé le mal vivent avec une maladie cardiaque.

À cet effet, le chef de l’Unité antitabac de l’OMS, Dr Vinayak Prasad a déclaré que « les gouvernements ont la responsabilité de protéger la santé de leur population et de contribuer à faire reculer l’épidémie de tabagisme ». Et de poursuivre : « Faire en sorte que nos communautés soient sans tabac réduit le nombre d’admissions à l’hôpital liées au tabac, ce qui est plus important que jamais dans le contexte de la pandémie actuelle. »

Bakary Fomba, stagiaire

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Politique

Brève rencontre entre Goodluck Jonathan, Assimi Goïta et Bah Ndaw

by Sahel Tribune 24 septembre 2020
written by Sahel Tribune 1 minutes read

Le médiateur de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao), Goodluck Jonathan, arrivé au Mali, hier mercredi 23 septembre 2020, pour une visite de 48 heures, a fait ses premières rencontres ce jeudi 24 septembre 2020.

Au ministère de la Défense et des Anciens combattants, M. Jonathan a rencontré le président du Comité national pour le salut peuple (CNSP), Assimi Goïta, désormais nouveau vice-président de la transition. Selon nos informations, les entretiens ont duré une heure. Aux dires de RFI, après ces entretiens, le médiateur de la Cédéao, accompagné par Assimi Goïta, a rencontré le nouveau président de la transition, Bah Ndaw. Les entretiens auraient duré 45 minutes, puisqu’il s’agissait d’une visite de courtoisie.

Rappelons que c’est demain, vendredi 25 septembre 2020, que l’investiture du président de la transition aura lieu. Toutefois, faut-il rappeler que la Cédéao plaide pour une transition civile et la dissolution du CNSP pour le retour à l’ordre constitutionnel ? Pour ce faire, il faut nommer un Premier ministre civil.  

Quant à la levée des sanctions, nos sources nous indiquent qu’après cette visite, et sûrement, partant du rapport du médiateur, le président de la Cédéao, Nana Akufo-Addo décidera de la levée ou non des sanctions contre le Mali. Ce qui est sûr, jusque-là, aucune déclaration de la part de Goodluck Jonathan. D’après nos informations, c’est après l’investiture de Bah Ndaw qu’il fera une déclaration. Chose qui est d’ailleurs largement très attendue.

Togola

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Alioune Tine
Politique

Alioune Tine exhorte le CNSP à la « libération immédiate » de Boubou Cissé et des autres détenus

by Sahel Tribune 24 septembre 2020
written by Sahel Tribune 2 minutes read

Depuis le coup d’État militaire contre l’ex-président Ibrahim Boubacar Kéïta, le Premier ministre Boubou Cissé ainsi que plusieurs autres responsables gouvernementaux sont détenus. Ces détentions seraient contraires au droit international. Alioune Tine, l’expert indépendant des Nations unies sur la situation des droits de l’homme au Mali, exhorte le CNSP à les libérer immédiatement.

« Il n’y a aucune base légale pour la détention de l’ancien Premier ministre, de l’ancien Président de l’Assemblée nationale et d’autres anciens responsables gouvernementaux maliens arrêtés lors du coup d’État du 18 août », souligne Alioune Tine, l’expert indépendant des Nations unies sur la situation des droits de l’homme  au Mali. M. Tine a demandé, mercredi 23 septembre 2020, la « libération immédiate » de ces anciens responsables détenus depuis le 18 août 2020, lors du renversement du régime d’Ibrahim Boubacar Kéita.

Dans un communiqué, M. Tine indique : « J’ai appelé aujourd’hui les responsables du coup d’État au Mali à libérer les anciennes autorités gouvernementales détenues depuis plus d’un mois ». Il se dit « extrêmement préoccupé par le fait que les personnes arrêtées par les responsables du coup d’État ont été arbitrairement privées de leur liberté pendant plus d’un mois ».

Selon l’expert des droits de l’homme des Nations unies, « toute personne arrêtée pendant le coup d’État doit être libérée immédiatement et sans condition ». À l’en croire, la détention de ces personnalités gouvernementales viole les « instruments internationaux et régionaux des droits de l’homme auxquels le Mali est partie ». À ses dires, « toute personne arrêtée doit être informée, au moment de son arrestation, des raisons de son arrestation et, dans le plus court délai, de toute accusation portée contre elle ».

M. Tine demande alors au Comité national pour le salut du peuple (CNSP) de respecter les droits des personnes arrêtées, notamment le droit de communiquer avec leurs familles et leurs avocats et de recevoir des visites, en particulier des membres de leur famille. « Mais surtout, j’exhorte le CNSP à les libérer immédiatement », a-t-il invité.

Rappelons que plusieurs appels ont été lancés en faveur de la libération des personnes arrêtées. La cheffe des droits de l’homme de l’ONU, Michelle Bachelet ; le secrétaire général de l’ONU, António Guterres ; le Président de la Commission de l’Union africaine, Moussa Faki Mahamat ; et la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) ont tous formulé des demandes pour la libération des personnalités gouvernementales.

Ce énième appel provenant cette fois-ci de M. Tine se fait alors que le médiateur de la Cédéao, Goodluck Jonathan est en déplacement au Mali afin d’évaluer le processus de la transition dans ce pays. Il est arrivé le mercredi 23 septembre 2020, dans l’après-midi. Ce qui est sûr, au cours de sa rencontre avec le CNSP, cette question de libération des personnes arrêtées pourrait être abordée.

Chiencoro

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