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Mont Hombori
Seko ni Donko

Le Mali, sommité culturelle ou modèle de décadence ?

by Sahel Tribune 30 septembre 2020
written by Sahel Tribune 6 minutes read

Les hommes de culture censés être les véritables garants des valeurs de la société et notamment de l’éducation des jeunes générations, portent eux-mêmes un coup dur à cette mission qui leur est confiée. La culture ne remplit dès lors plus sa mission de véhicule de messages instructifs, elle devient de plus en plus nocive pour l’avenir de toute la nation. Il est alors temps de tirer la sonnette d’alarme afin de sauver ce qui pourrait l’être pendant qu’il est encore temps.

La dégénérescence des sociétés actuelles ne se limite nullement à un seul domaine de la vie de la nation. J’ai l’impression que tous les secteurs perdent de plus en plus leur quintessence dans notre pays. Les domaines sur lesquels nous ne pouvions que compter deviennent de plus en plus méconnaissables à travers les hommes censés faire leur promotion pour assurer tout leur épanouissement. On dirait qu’au lieu d’aller de l’avant, les pays africains notamment le Mali qui nous préoccupe se trouvent plutôt désormais dans une posture de recul dans l’âge de la pierre polie.

Crise de culture

La culture, cette représentation des valeurs de nos sociétés, est détournée de sa vocation première qui n’est autre que d’instaurer un changement positif au sein de nos communautés, à travers ses membres. Les hommes de culture, ceux-là qui sont censés sauvegarder les valeurs de nos sociétés, constituent ainsi ses véritables ennemis, et pour être encore plus dur, ses bourreaux. En guise d’argumentation, si jadis le Mali a rayonné au-dessus de maintes civilisations, sollicité parmi tant d’autres pays pour sa richesse culturelle, de nos jours, ce pays est mis à l’écart pour sa médiocrité culturelle. Comme le changement est consommé négativement ! Les universités maliennes fleurissaient dans les années d’indépendance au-dessus de toutes celles de la sous-région. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle les étudiants burkinabè ne connaissaient que le Mali comme pays de grande culture.

Le Mali, une référence

Les intellectuels maliens étaient sollicités dans tous les pays de la sous-région pour leur grande culture. S’il est vrai en général que l’Afrique est héritière de la tradition orale, il faudrait quand même reconnaitre qu’au Mali, les écrivains ont su s’imposer grâce à des maisons d’édition de qualité qui encourageaient la culture de l’écriture. Ces écrits véhiculaient le vécu des sociétés maliennes au jour le jour. Dans le même ordre d’idées, on se trouvait du plaisir à fréquenter les théâtres maliens pour leur qualité, ainsi que leur rayonnement dans la vie quotidienne. Tout comme les romans, ils étaient le « miroir de la société » dont ils dépeignaient les maux. À travers les écrits et les dramaturgies, la nation malienne avait su s’imposer à travers le monde. Les œuvres issues de ce pays étaient sollicitées partout dans le monde parce qu’elles nous permettaient de découvrir la richesse de ce pays.

Ce n’est pas fortuit si Le devoir de Violence de Yambo Ouologuem a été lauréat en 1968 du prix Renaudot. Cela témoigne de sa grande qualité. Qui douterait de la valeur de Sous l’Orage de Seydou Badian Kouyaté si nous savons qu’il s’agit d’un roman qui dépeint la problématique du mariage forcé dans nos communautés. Qu’en est-il également des œuvres de ces dramaturges comme Balla Moussa Kéita, Habib Dembélé dit Guimba national, etc. À travers des pièces de théâtre comme « Député », « Fiyen », « Ferekegnamibougou », etc. Nous citons icides œuvres teintées d’une véritable valeur éducative pour les jeunes générations, mais aussi pour les adultes.

N’oublions pas les artistes. À travers leur chanson, ceux-ci contribuaient à la construction d’une société plus solide en essayant nuit et jour de renouer le tissu social. Ils se savaient être en mission pour la nation. C’est la raison pour laquelle, cette corporation n’était pas étendue à toutes les couches sociales. Le Mali, de nos jours, n’en est plus à ce stade, la culture devenant une acculturation parce que ne servant qu’à désapprendre. Les dramaturges maliens ont transformé le théâtre en comédie n’ayant ni queue ni tête. Les enfants sont entrainés dans leur divertissement. Les langages sont teintés de galimatias.

Décadence consommée

Le transformationnisme est en œuvre. L’enfance étant généralement considérée comme l’âge de la déraison, les enfants ne s’adonnent qu’à des imitations folles, parce que considérant le contenu des messages de ces comédiens comme des réalités palpables. Ces comédiens sont en grande partie responsables de la détérioration du niveau scolaire de nos élèves, à travers l’usage désolant qu’ils font du français, langue administrative du Mali.

Aux comédiens, il faudrait ajouter également les artistes ou plutôt les rappeurs. À cause de ceux-ci, nos jeunes se plaisent à être nus dans les rues. On a l’impression de voir la naissance d’une forme de « naturalisme » au Mali. Ainsi, la consommation des excitants devient une attitude d’élégance.

En ce qui concerne le domaine de l’écriture, que de désespoir ! Les cages des librairies sont pleines de romans entachés d’inadvertance, avec des thématiques sens dessus-dessous.

L’étude par les enfants de ces livres provenant d’étudiants dans un pays où le niveau éducatif laisse à désirer, ne peut que contribuer à son tour à sacrifier leur niveau lorsqu’ils prendront ces billevesées pour de l’argent comptant.

Les hommes de culture deviennent les véritables bourreaux de leur métier. Ce faisant, rares sont les étrangers qui sollicitent les œuvres maliennes. On dirait d’ailleurs qu’en matière de dramaturgie, c’est le Nigéria qui supplante le Mali, désormais si atteint que si des solutions urgentes ne sont pas mises en place, la récupération sera difficile.

Quelle explication donnée à cette situation ?

Comme cause de cette attitude, l’amour pour l’argent facile. Au lieu d’agir par devoir, les hommes de culture agissent uniquement pour s’enrichir. Au Mali, les hommes de culture ont fait de ce domaine forcément un gagne-pain. Or, il y a de ces métiers que nous exerçons pour l’amour ou afin de remplir un devoir ou sauvegarder un honneur. Tel était la raison pour les hommes d’antan d’exercer dans beaucoup de domaines de culture. Mais de nos jours, c’est tout à fait le contraire. Notre monde est mené et malmené par un ouragan qui le secoue dans tous les sens. Plus puissant que lui, il le conduit droit vers un précipice, à l’intérieur duquel, il est impossible de voir le bout de son nez.

Fousseni Togola

30 septembre 2020 0 comments
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Moussa Mara
Politique

Moussa Mara : « Il faut que nous acceptions de corriger la charte de transition »

by Sahel Tribune 29 septembre 2020
written by Sahel Tribune 4 minutes read

Invité dans l’émission « Journal Afrique » de la chaîne de télévision française, TV5 Monde, lundi 28 septembre 2020, l’ancien Premier ministre malien, Moussa Mara s’est prononcé sur la nomination de Moctar Ouane au poste de Premier ministre de la transition au Mali. Le président du parti Yéléma le changement a donné des réponses à la question : « Quelle marge de manœuvre pour le Premier ministre de transition ? »

« Dans le contexte actuel de notre pays, il est quasiment impossible de faire l’unanimité », indique l’ancien Premier ministre du président déchu Ibrahim Boubacar Kéïta avant de préciser qu’aucun profil choisi ne pourrait faire taire les critiques. Car les attentes sont nombreuses, fait-il comprendre.

Moctar Ouane, un fin diplomate

Toutefois, il reconnait au Premier ministre de la transition, Moctar Ouane, nommé le dimanche 27 septembre 2020, des qualités inestimables. « Sa réputation de fin diplomate expérimenté, aussi bien en tant que représentant du Mali aux Nations unies que ministre des Affaires étrangères, mais aussi en tant que conseiller diplomatique à l’UEMOA et dernièrement délégué en charge des questions de sécurité de l’UEMOA plaident pour ses compétences en matière de connaissances diplomatiques », lâche M. Mara pour indiquer ensuite qu’un diplomate est celui qui sait trouver les mots justes pour apaiser les cœurs, qui a le sens aiguisé de l’écoute. À l’en croire, ces qualités seront indispensables pour la bonne gestion de cette transition de 18 mois qui s’est ouvert au Mali, depuis le vendredi 25 septembre 2020 à travers l’investiture du président et du vice-président de la transition.

Des nominations équilibrées

Selon le président du parti Yéléma, le souhait aujourd’hui au Mali est l’instauration d’une transition neutre, débarrassée de toute ambition politique. C’est pourquoi il préconise pour la formation du gouvernement de la transition de retenir des personnalités civiles non politiques. Cela afin d’éviter tout favoritisme lors des élections prochaines sur lesquelles cette transition devra travailler. Aux dires de M. Mara, le Premier ministre Moctar Ouane répond à ce profil recherché puisque celui-ci n’a pas d’appartenance politique affichée, explique-t-il. Cela reste de même pour le président et le vice-président de cette transition. « Par définition, un militaire est neutre en politique », a-t-il indiqué avant de souligner l’équilibre dans les choix jusqu’ici faits : « Le bon compromis est là. Le président de la transition est un civil, ancien militaire. Le vice-président est un militaire d’actif. Le Premier ministre est un civil neutre et ayant un profil plutôt de diplomate. Là il y a un certain équilibre. »

« Le M5-RFP reste-t-il le grand perdant ? »

À cette question, l’ancien Premier ministre Mara explique que pour le moment, il reste le gouvernement et le Conseil national de transition, qui est l’organe législatif de la transition. Il espère donc que le M5 en tant qu’acteur majeur de la chute du régime IBK sera représenté. À l’en croire, « il est indispensable aujourd’hui que les Maliens se retrouvent autour de cette transition ». Certes, « le casting ne peut pas être parfait. Faisons avec ce qui est disponible et essayons d’accompagner du mieux que nous pouvons pour que la transition arrive à atteindre ses résultats », a-t-il recommandé au cours de cette émission télévisée.

La position de la Cédéao jugée logique

S’agissant de la levée des sanctions de la Cédéao contre le Mali, levée conditionnée à la publication de la version finale de la charte qui enlèvera la possibilité de remplacement du président de la transition par le vice-président en cas d’empêchement du président, M. Mara trouve cette position logique. Le vice-président peut remplacer le président en cas d’indisponibilité temporaire. Cela est acceptable, reconnait-il. Mais en cas de vacance de pouvoir, il faudrait choisir un nouveau président conformément au mode de choix du président, indique-t-il. « C’est une précaution qui n’est pas inutile. Il faut que nous acceptions de corriger la charte de transition pour que le vice-président soit cantonné à un rôle de vice-président », a-t-il recommandé.

Notons que le gouvernement de transition devra être connu ce mardi 29 septembre 2020.

Fousseni Togola

29 septembre 2020 0 comments
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flux illicites
Actu

Flux financier illicite : l’Afrique perd chaque année près de 88,6 milliards de dollars

by Sahel Tribune 29 septembre 2020
written by Sahel Tribune 8 minutes read

La Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (CNUCED) a publié son rapport intitulé « Les flux financiers illicites et le développement durable en Afrique », lundi 28 septembre 2020. De ce document, il ressort que l’Afrique perd chaque année, dans les Flux financiers illicites (FFI), près de 88,6 milliards de dollars.

Nous vous proposons de lire le communiqué en intégralité


Genève, Suisse, (28 septembre 2020)

Chaque année, on estime que 88,6 milliards de dollars, soit l’équivalent de 3,7 % du PIB africain, quittent le continent sous forme de fuite illicite de capitaux, selon le rapport de la CNUCED sur le développement économique en Afrique publié aujourd’hui.

Les flux financiers illicites (FFI) sont des mouvements transfrontaliers d’argent et d’actifs dont la source, le transfert ou l’utilisation sont illégaux, tels que définis dans ce rapport intitulé « Les flux financiers illicites et le développement durable en Afrique ».

Il montre que les FFI sortants sont presque aussi importants que le total des flux entrants de l’aide publique au développement, évalués à 48 milliards de dollars, combinés aux investissements directs étrangers, estimés à 54 milliards de dollars, reçus par les pays africains – et ce chaque année en moyenne pour la période 2013-2015.

« Les flux financiers illicites privent l’Afrique et ses habitants de perspectives d’avenir, compromettent la transparence et la responsabilité et sapent la confiance dans les institutions africaines », a déclaré le Secrétaire général de la CNUCED, Mukhisa Kituyi.

Ces flux sortants comprennent la fuite illicite de capitaux, les pratiques fiscales et commerciales illégales comme la fausse facturation des échanges commerciaux et les activités criminelles provenant des marchés illégaux, de la corruption ou du vol. 

De 2000 à 2015, la fuite illicite de capitaux en provenance d’Afrique s’est élevée au total à 836 milliards de dollars.  Comparé au stock total de la dette extérieure de l’Afrique, qui s’élevait à 770 milliards de dollars en 2018, cela fait de l’Afrique un « créancier net du reste du monde », selon le rapport.

Les FFI liés à l’exportation de produits extractifs (40 milliards de dollars en 2015) sont la principale composante de la fuite illicite de capitaux hors d’Afrique. Bien que les estimations des FFI soient élevées, elles sous-estiment probablement le problème et son impact.

Les FFI sapent le potentiel de l’Afrique à réaliser les Objectifs de développement durables

Les FFI représentent une ponction majeure sur les capitaux et les revenus en Afrique, sapant la capacité de production et les perspectives de l’Afrique pour atteindre les objectifs de développement durable (ODD).

Par exemple, le rapport indique que, dans les pays africains où les FFI sont élevés, les gouvernements dépensent 25 % de moins pour la santé que les pays où les FFI sont faibles et 58 % de moins pour l’éducation. Comme les femmes et les filles ont souvent un accès plus restreint à la santé et à l’éducation, ce sont elles qui souffrent le plus des effets négatifs des FFI sur le plan budgétaire.

Estimé à 200 milliards de dollars par an, l’Afrique ne sera pas en mesure de combler cet important déficit de financement pour réaliser les ODD avec les recettes publiques et l’aide au développement actuelles.

Le rapport suggère que la lutte contre la fuite des capitaux et les FFI représente une importante source potentielle de capitaux pour financer des investissements indispensables, par exemple dans les infrastructures, l’éducation, la santé et les capacités de production.

Par exemple, en Sierra Leone, qui connait l’un des taux de mortalité des moins de cinq ans les plus élevés du continent (105 décès pour 1 000 naissances vivantes en 2018), la lutte contre la fuite des capitaux et l’investissement d’une part constante des revenus dans la santé publique pourraient permettre de sauver 2 322 enfants supplémentaires sur les 258 000 qui naissent chaque année dans le pays.

En Afrique, les FFI proviennent principalement des industries extractives et sont donc associés aux dommages environnementaux.

Le rapport montre que la lutte contre la fuite illicite des capitaux pourrait générer suffisamment de fonds d’ici 2030 pour financer près de 50 % des 2 400 milliards de dollars dont les pays d’Afrique subsaharienne ont besoin pour s’adapter au changement climatique et en atténuer les effets.

Les FFI se concentrent autour des produits de grande valeur pour un faible poids, en particulier l’or

Le rapport démontre également que les FFI en Afrique ne sont pas spécifiques à des pays en particulier, mais plutôt à certains produits de grande valeur pour un faible poids.

Sur les 40 milliards de dollars de FFI dérivés des produits extractifs en 2015, 77 % étaient concentrés dans la chaîne d’approvisionnement de l’or, suivie de celle des diamants (12 %) et du platine (6 %).

Cette découverte offre de nouvelles perspectives aux chercheurs et aux décideurs politiques qui cherchent à identifier et réduire les FFI. Elle est pertinente pour tous les pays exportateurs d’or en Afrique, par exemple, malgré des conditions locales différentes.

Le rapport vise à doter les gouvernements africains de connaissances sur la manière d’identifier et d’évaluer les risques associés aux FFI, ainsi que des solutions pour réduire ces flux et réorienter les recettes vers la réalisation des priorités nationales et des ODD.

Il appelle à des efforts globaux pour promouvoir la coopération internationale dans la lutte contre les FFI. Il préconise également le renforcement des bonnes pratiques en matière de recouvrement des avoirs pour favoriser le développement durable et la réalisation de l’Agenda 2030 pour le développement durable.

Nécessité de collecter de meilleures données commerciales pour détecter les risques liés aux FFI

Le manque de données spécifiques a affecté les efforts d’estimation des FFI. Seuls 41 pays africains sur 54 transmettent en continue leurs données commerciales aux Nations Unies qui grâce à leur base de données sur les statistiques du commerce international (UN Comtrade) permettent de comparer les statistiques commerciales dans le temps. 

Le rapport souligne l’importance de collecter davantage de données commerciales, qui plus est de meilleure qualité, pour détecter les risques liés aux FFI, accroître la transparence dans les industries extractives et le recouvrement des impôts.

Le système automatisé de gestion douanière de la CNUCED (SYDONIA), y compris son nouveau module pour la production et l’exportation de minéraux, appelé MOSES (Mineral Output Statistical Evaluation System), sont des solutions potentielles disponibles.

Les pays africains doivent également conclure des accords d’échange automatique d’informations fiscales pour s’attaquer efficacement aux FFI.

L’Afrique devrait améliorer la coopération régionale sur les FFI et la fiscalité

Bien que les FFI constituent un obstacle majeur à la mobilisation des ressources intérieures en Afrique, les gouvernements africains ne s’engagent pas encore suffisamment dans la réforme de la fiscalité internationale. 

La transparence et la coopération entre les administrations fiscales au niveau mondial et sur le continent sont essentielles pour lutter contre la fraude et l’évasion fiscales.

En ce qui concerne la coopération régionale en matière de fiscalité au sein du continent, le Forum africain sur l’administration fiscale peut servir de plate-forme pour la coopération régionale entre les pays africains.

Les réseaux régionaux de connaissances visant à renforcer les capacités nationales de lutte contre le blanchiment d’argent et de recouvrement des avoirs, notamment dans le cadre de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), sont essentiels dans la lutte contre la corruption et les FFI liés à la criminalité, indique le rapport.

La lutte contre les FFI nécessite une action internationale

La perte de recettes fiscales au profit des FFI est particulièrement coûteuse pour l’Afrique, où les investissements et les dépenses publiques pour les ODD font le plus défaut. En 2014, on estime que l’Afrique a perdu 9,6 milliards de dollars au profit des paradis fiscaux, soit 2,5 % du total de ses recettes fiscales.

L’évasion fiscale est au cœur du système financier parallèle mondial. Les FFI commerciaux sont souvent liés à des stratégies d’évasion ou de fraude fiscale, conçues pour transférer des bénéfices vers des juridictions à faible taux d’imposition.

En raison de l’absence de règles nationales sur les prix de transfert dans la plupart des pays africains, les autorités judiciaires locales ne disposent pas des outils nécessaires pour lutter contre la fraude fiscale des entreprises multinationales.

Mais les FFI ne sont pas seulement une préoccupation nationale en Afrique. Le président du Nigeria, Muhammadu Buhari, a déclaré « Les flux financiers illicites revêtent un caractère multidimensionnel et transnational. Tout comme les migrations, ils ont des pays d’origine et des pays de destination, et il existe plusieurs sites de transit. Par conséquent, l’ensemble du processus d’atténuation des flux financiers illicites impliquent plusieurs juridictions ».

Les solutions à ce problème doivent passer par une coopération fiscale internationale et des mesures de lutte contre la corruption. La communauté internationale devrait consacrer davantage de ressources à la lutte contre les FFI, notamment en renforçant les capacités des autorités fiscales et douanières des pays en développement.

Les pays africains doivent renforcer leur engagement dans la réforme de la fiscalité internationale, rendre la concurrence fiscale compatible avec les protocoles de la ZLECAf et s’efforcer d’obtenir davantage de droits d’imposition.

Le titre et le chapô sont de la rédaction

Source : Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement

29 septembre 2020 0 comments
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Toguna au pays dogon
Seko ni Donko

Au Mali, quel contenu donné à la civilisation ?

by Sahel Tribune 28 septembre 2020
written by Sahel Tribune 3 minutes read

Le terme civilisation est un concept qui en effraie plus d’un dans nos sociétés modernes. Être un homme civilisé dans ces sociétés, c’est se priver de soi pour tenter d’embrasser l’autre. Cet autrui dont l’objectif n’est autre que de nous écraser en mille morceaux pour réussir sa mission sanguinaire.

Cette civilisation, au sujet de laquelle on n’a jamais cessé de nous rabattre les oreilles depuis les temps coloniaux jusqu’à nos jours, n’est-elle pas plutôt une technique d’exploitation et d’anéantissement programmé par les sociétés les plus avancées vis-à-vis des moins avancées ?

Nous savons qu’en arrivant chez nous, le colon, à travers ses missionnaires ecclésiastiques, n’avait d’autres mots sur ses lèvres que : civiliser les peuples noirs baignés dans l’obscurantisme. Ils nous ont fait renoncer à ce qui était le spécifiquement africain et qui faisait notre valeur, notre force. Le noir s’est laissé dépouiller de toutes ces valeurs auxquelles le maître prend possession.

Cette technique n’a jamais été abandonnée par l’autre. Elle a juste changé de visage. À la manière directe a succédé la guerre par proxy. À travers les médias télévisés surtout, ils font attirer nos enfants vers des valeurs n’ayant rien à voir avec leur quotidien pour les empêcher de pouvoir se ressourcer et ainsi semer au fond de leur cœur l’envie de devenir l’autre. Dépourvus d’une grande rationalité, ceux-ci ne sont pas en mesure de comprendre que ces nouvelles manières ne sont que des techniques de déperdition. La raison faisant l’humanité, une fois que nous nous emparons d’elle, l’être n’est plus en mesure de voir clair. Il se voit balloter par le vent. Étant privés de leur propre langue et n’ayant pas accès à celle de l’autre, ces enfants sont incapables de se comprendre entre eux et a posteriori comprendre ce que disent les autres. L’avènement des nouvelles technologies a été un moyen salutaire pour s’assurer de la réussite de cette mission destructrice.

Le Malien est devenu un être égaré. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle nous voyons que les sociétés maliennes sont très culturellement riches, mais également très pauvres sur le même plan parce que dépourvues de toutes leurs valeurs. Le Malien ne s’y reconnaît plus. Il est devenu un être égaré ou plutôt un acculturé qui ne sait que se plaire dans le manteau de l’autre. Cet autre qui ne l’a jamais apprécié et qui ne l’aimera jamais en dehors de ce rapport d’exploitation. Où sont passées la gérontocratie, les valeurs d’hospitalité, les grandes familles qui caractérisaient nos sociétés d’antan ? Comment sont gérés les mariages, l’éducation des enfants ? Tout a été bafoué en laissant à la place des valeurs complètement inversées. Preuve que la guerre par proxy contre nos civilisations a parfaitement été une réussite.

La vraie civilisation aujourd’hui dans nos sociétés est de se laisser perdre dans l’inconnue en s’oubliant soi-même. Quelles sociétés dégénérées !

Fousseni Togola

28 septembre 2020 0 comments
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Orphelin de guerre
Seko ni Donko

#DevoirDeConscience4 : une vie d’orphelin !

by Sahel Tribune 27 septembre 2020
written by Sahel Tribune 5 minutes read

Dans cet épisode de notre série de billets fictifs, il est surtout question des effets de la crise sécuritaire sur les enfants, aussi bien sur le plan psychologique éducatif que sécuritaire. Comme thème parallèle abordé, vous trouverez également la question de la violence sexuelle dans le contexte des conflits.

Le petit Seydou a observé toutes ces actions sans pouvoir réagir autrement. Cela, parce qu’il avait acquis la certitude qu’en se montrant, ces hommes en armes n’hésiteront pas à le tuer comme il l’ont fait avec son père et sa mère. Alors, son seul espoir était l’arrivée des secouristes qui tardaient d’ailleurs à se montrer. Tout ce qu’il a réussi à faire, c’est de pleurnicher en voyant sa mère entre les mains de ces individus inconnus avec des barbes trimballant, des hommes qui prononcent le nom d’Allah tout en commettant des actes ignobles, des actes condamnés par la religion.

Cependant, lorsque ces hommes ont eu la certitude qu’il n’y avait plus d’individus en vie dans la maison, ils se sont retirés. Après leur départ, le petit Seydou court vers sa maman ensanglantée. Il relève sa tête, couvre sa nudité. Aminatou ne cessait de répéter le nom de Seydou tout en disant qu’elle va le laisser aujourd’hui entre les mains du monde. Le petit Seydou répondait non en sanglotant et en répétant que sa maman devrait rester à ses côtés, qu’il a encore besoin d’elle. Mais la mort ne regarde pas l’avenir de tous ceux qui dépendent de nous et qui ont besoin de nous. Le petit Seydou a été ainsi abandonné à son destin. Il ne cessait de se demander ce qu’il a pu faire à Dieu pour mériter ce sort. « Pourquoi Dieu m’a-t-il mis au monde ? », s’interrogeait-il avant d’ajouter : « Qui lui a demandé de me faire venir dans cette géhenne ? »

Par ailleurs, avec les cris incessants de Seydou et avec la cessation des coups de feu, les familles voisines ont commencé à ouvrir leur porte pour venir voir ce qui se passait dans la famille Maiga. Comme on pouvait s’y attendre, les villageois sont venus trouver Kouréichi et sa femme morts.

Puisqu’ils craignaient le retour de ces hommes en arme, l’imam du village, le vieux Alassane Maiga, conduit Seydou chez lui. Tout juste après leur départ, les secouristes arrivent, mais en retard, puisque ces hommes barbus avaient déjà commis leur forfait, un véritable carnage.

Chose étrange, pendant tout ce temps, la servante était encore chez ses logeurs puisqu’elle partait tous les jours passer la nuit là-bas. Probablement, c’est ce qui lui a sauvé la vie. Sinon, elle allait certainement être comptée parmi les victimes. Lorsqu’elle apprend la nouvelle de la maison de ses patrons, elle se met à crier le nom de son petit patron. Puis elle se met à courir vers le domicile. Elle vient trouver des porteurs d’uniforme partout. L’accès au domicile lui est interdit.

La jeune Aïssata donnait l’impression de devenir folle, elle criait, courait dans tous les sens, elle était sans consolation. Elle ne laissait entendre que des cris de détresse et un seul mot à la bouche : « Laissez-moi voir mon petit patron ». Elle suppliait que Dieu prenne son âme à la place de celui du petit Seydou qu’elle croyait mort aussi.

 Les gens la retiennent et la consolent en lui faisant comprendre que l’enfant n’est pas mort. Une fois cette phrase prononcée, la petite Aïssata recouvrit toute son énergie. Elle se met à demander immédiatement là où il se trouvait. Ses pairs lui font signe que le petit se trouve chez l’imam Alassane.

Du coup, Aïssata se précipite chez l’imam du village. Elle vient trouver le petit Seydou inconsolable. Il refuse même de manger, de boire, ou de faire quoi que ce puisse être. Voyant cela, Aïssata n’a pas pu retenir ses larmes, puisque c’était sa toute première fois de voir cet enfant dans un tel état. Il n’a jamais souffert ainsi auparavant.

Pourtant, depuis bien avant l’avènement de ce drame, Seydou avait eu de très mauvais pressentiments de telle sorte qu’il se paniquait, il avait de la fièvre. La nuit, il ne faisait que des cauchemars.

Deux jours avant l’incident, il supplie ses parents de rester avec lui à la maison puisqu’il avait peur que quelque chose de mal ne les arrive. Ceux-ci l’avaient pris au sérieux ce jour-là en acceptant sa demande. Le lendemain encore, le petit Seydou se réveille en pleine nuit pour aller voir son père et lui dit que quelque chose de mal allait arriver au village. Il suggérait de faire les bagages la même nuit pour rejoindre la capitale afin de passer quelques jours.

Kouréichi a accepté cela, mais a prévu le départ pour le lendemain soir, juste le temps de prendre une permission de quelques jours dans son service. Malheureusement, ces hommes armés sont arrivés à l’aube et ont mis le feu à tout le village.

Le jour suivant l’incident, l’enterrement des parents du petit Seydou et de tous ceux qui ont succombé suite à ce drame a eu lieu.

Depuis, le village n’est plus tranquille. Les attaques devenaient récurrentes. Nul ne se sentait en sécurité. Toutes les richesses du village étaient pillées. Les lieux culturels, les belles constructions, tout était détruit par ces hommes. Sur le plan administratif, plus d’administration étatique en place. La famine finit par s’installer, plus rien n’a mangé, les épidémies ravageaient le village. Le lieu se désertait. Tous les villageois fuyaient pour trouver refuge ailleurs.

Le petit Seydou a été envoyé chez les frères de son père qui vivaient dans un hameau dans lequel Seydou n’avait jamais mis les pieds auparavant. Alors, c’était le commencement pour Seydou d’une vie d’orphelin. Désormais, il n’aura plus droit à l’éducation, à toutes les belles choses qui lui étaient accordées autrefois par ses parents.

À suivre

Fousseni Togola

27 septembre 2020 0 comments
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les Etats Unis Unis annoncent une aide humanitaire de pres de 152 millions de dollars
Sécurité

Crise au Sahel : les États-Unis Unis annoncent une aide humanitaire de près de 152 millions de dollars

by Sahel Tribune 27 septembre 2020
written by Sahel Tribune 1 minutes read

Pour faire face à la crise humanitaire dans les pays du sahel, les États-Unis décident d’apporter son appui. L’annonce a été faite, jeudi 24 septembre 2020, par le secrétaire d’État, Michael R. Pompeo.

Près de 152 millions de dollars, telle est la somme annoncée par le secrétaire d’État américain. Une somme ayant pour objectif la lutte contre la crise humanitaire dans le sahel, notamment au Niger, au Burkina Faso, en Mauritanie et au Mali. « Ce financement prévoit près de 67 millions de dollars provenant du bureau de la Population, des Réfugiés et des Migrations du département d’État et plus de 85 millions de dollars du bureau de l’Assistance humanitaire de l’Agence des États-Unis pour le développement international », a-t-il souligné.

Selon Michael R. Pompeo, « des carences importantes en ce qui concerne la satisfaction des besoins humanitaires, en plus de préoccupations environnementales telles que d’importantes inondations dans la région, ont été encore exacerbées pendant la pandémie de COVID-19 ». Avec cette aide, les États-Unis pensent pouvoir apporter une protection essentielle, fournir des moyens de subsistance, des abris, des soins de santé essentiels, une aide alimentaire d’urgence, de l’eau potable, des services d’assainissement et d’hygiène pour les réfugiés, les personnes déplacées à l’intérieur du pays et les communautés d’accueil vulnérables.

Rappelons que les États-Unis sont le plus grand donateur d’aide humanitaire, à la fois dans la région du Sahel et dans le monde. Le secrétaire d’État américain a saisi cette occasion pour lancer un appel à tous les donateurs « à faire de nouvelles contributions ou à honorer les promesses existantes pour faire en sorte qu’il soit possible de dispenser cette assistance vitale ».

Chiencoro

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tourisme et developpement rural2
Actu

Le tourisme, une pratique génératrice de revenus en crise

by Sahel Tribune 27 septembre 2020
written by Sahel Tribune 2 minutes read

Le monde célèbre ce 27 septembre 2020, la Journée mondiale du tourisme. Une occasion, cette année, de se concentrer sur le « Tourisme et développement rural » en cette période de crise sanitaire mondiale. 

« En cette année très difficile, concentrons-nous sur l’importance du tourisme pour les populations des zones rurales, afin de tenir la promesse des objectifs de développement durable : ne laisser personne de côté », tel est l’appel lancé par le secrétaire général des Nations unies à l’occasion de cette Journée mondiale du tourisme.

À l’en croire, « au cours des 40 années qui se sont écoulées depuis la toute première Journée mondiale du tourisme, beaucoup de choses ont changé. La demande de voyages est montée en flèche. Le monde est devenu plus ouvert, permettant à un nombre de personnes sans précédent de partir à la découverte de ses contrées et de ses cultures ».

S’appuyant sur les révélations faites par le Programme de développement durable à l’horizon 2030, le secrétaire général des Nations unies reste convaincu que le tourisme peut permettre non seulement le progrès en matière de prospérité, mais aussi à protéger la planète « et nous aider à jeter les bases de la paix et de la compréhension entre les peuples ». Toujours sur les valeurs cardinales de cette pratique, M. Guterres explique que le tourisme permet une cohabitation pacifique de millions de personnes, notamment de femmes et de jeunes. « Il a permis à des personnes qui risquaient d’être laissées de côté de trouver un travail décent et d’améliorer leurs conditions de vie ». Cette pratique séculaire est également génératrice d’emploi. 

Toutefois, depuis des mois déjà, le secteur est foudroyé par les effets de la pandémie de coronavirus. Selon le secrétaire général des Nations unies, près de 120 millions d’emplois sont menacés dans le monde en raison de cette crise sanitaire. Une situation qui répercutera gravement sur les pays les plus vulnérables, notamment de nombreux pays africains dans lesquels le tourisme représente entre 30 % et 89 % des exportations, a-t-il indiqué.

 Face à une telle situation, M. Guterres formule quelques recommandations. « En cherchant à nous relever de cette crise très grave, nous devons absolument permettre au tourisme de redémarrer en toute sécurité », estime-t-il avant de préciser que cela pourrait être essentiel pour le développement rural. «  Nous avons une occasion exceptionnelle de réinventer les rapports entre le secteur du tourisme et l’humanité, la nature, le climat et l’économie », dit-il. Et de poursuivre : « Il nous incombe de répartir équitablement les avantages tirés du tourisme et de faire avancer la transition qui rendra le secteur neutre en carbone et plus résiliente ». Outre la création d’emploi pour les populations, M. Guterres explique que le tourisme peut aider à protéger les cultures, à préserver la biodiversité et les écosystèmes.

Togola

27 septembre 2020 0 comments
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