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800px Malian soldiers in Bamako during 2012 coup
Sécurité

G5 Sahel : le Mali, un des pays qui dépense moins dans la défense

by Chiencoro 28 décembre 2020
written by Chiencoro 2 minutes read

Dans le rapport 2020 de Global Firepower (GFP) sur les armées les plus puissantes au monde, le constat qui ressort est la faiblesse des fonds alloués par le gouvernement malien à la défense. Ce constat est un signal à saisir par les autorités de la transition.

Dans l’espace du G5 Sahel, le Mali représente la deuxième puissance militaire. Cela se voit à travers le classement mondial de GFP dans lequel le Mali occupe la 96e position sur 138 pays. Il arrive après le Tchad (87e rang mondial) qui représente la première puissance militaire dans cet espace. Ilest suivi par le Burkina Faso (97e place), le Niger (103e place) et enfin la Mauritanie (124e place).

À travers ce classement, nous arrivons à la compréhension du véritable problème dont souffre le secteur de la défense au Mali voire dans le sahel. En effet,si pour la puissance militaire le Mali occupe la 96e place sur le plan mondial, pour les dépenses de défense, il occupe le 127e rang mondial. En 2020, les dépenses allouées dans la défense s’élevaient à 70 000 000 de dollars, selon GFP. Le Mali est devancé par le Niger (325 000 000 de dollars), le Burkina Faso (130 000 000 de dollars), le Tchad (200 000 000 de dollars).

Une opportunité de perfectionnement

Ces données du GFP permettent de mieux travailler au perfectionnement des armées de ces pays du G5 Sahel et par ricochet à la montée en puissance de la Force conjointe du G5 Sahel. Car, comme il est généralement admis, lorsque le diagnostic est posé et que la source du mal est déterminée, la solution est vite trouvée. La plupart des pays du G5 Sahel occupent une bonne position dans ce classement mondial. Mais leur véritable problème est l’octroi de fonds conséquents à la défense.

De façon beaucoup plus stricte, au Mali, nous restons convaincus que les autorités de la transition ne manqueront pas de tenir compte de ce classement pour le perfectionnement de l’armée malienne.

Global Firepower effectue ce travail de classement en fournissant des données analytiques sur 138 « puissances militaires modernes », depuis 2006. Pour les dépenses allouées à la défense dans les différents pays, « Global Firepower suit les budgets annuels de dépenses de défense de chaque participant dans le classement GFP, il s’agit de fonds alloués par les gouvernements pour couvrir divers aspects d’une force de combat permanente – à savoir l’approvisionnement, l’entretien/le soutien et les pensions », explique-t-on.

Togola

28 décembre 2020 0 comments
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Pierre Buyoya at Chatham House 2013
Opinion

Hommage à Pierre Buyoya : un homme de consensus et de paix s’en est allé

by Sahel Tribune 28 décembre 2020
written by Sahel Tribune 4 minutes read

Ses admirateurs parmi notre génération l’ont surtout connu dans cette dernière décennie où il a consacré sa vie en quête effrénée de paix dans la région du Sahel et surtout au Mali ; un pays qui le considère plus comme ami que diplomate de son état, en tant qu’Envoyé Spécial de l’Union africaine à la tête de la MISAHEL.

Rendre dûment hommage à un tel homme d’État ne serait pas chose aisée et demanderait une difficile exhaustivité sur une personnalité multidimensionnelle. Le Président Pierre Buyoya inspire le respect pour les hommes de sa génération mais est source d’inspiration pour les jeunes cadres dont je suis qui l’ont pratiqué et observé avec admiration voire fascinations dans les couloirs de l’Union africaine, lors des longs rounds de négociation comme dans les coulisses diplomatiques en ces moments cruciaux où il s’agit de sauver les situations les plus critiques.

Homme d’Etat et de paix

Ce sont les sages de ce pays qui l’a adopté — le Mali — qui rappellent, toujours, que l’avenir sort du passé. En effet, pour témoigner de l’œuvre de paix de Pierre Buyoya, il faut nécessairement revisiter son parcours exceptionnel pas seulement d’Homme d’État mais surtout d’orfèvre discret et ingénieux de la paix dans des contextes où beaucoup de diplomates abdiqueraient.

Rien d’étonnant pour ce conciliateur qui dans le contexte difficile du Burundi a eu la perspicacité de mettre en place, en février 1991, une journée de l’Unité nationale et résista à toutes les sirènes de la division et de l’ethnicisme ambiant en composant un gouvernement intégrant toutes les communautés et forces vives de la nation. Il faut rappeler que c’est la Constitution de 1992 qu’il adopta qui permit d’aboutir à des élections multipartites et libres dans une période où il marqua non seulement son pays — le Burundi — mais présidera aux destinées de la CEEAC mais aussi de la Commission économique des pays des Grands Lacs (CEPGL).

Rien de surprenant dans son destin de faiseur de paix au point que l’Afrique lui fait confiance sur l’épineux dossier sahélien, si l’on se rappelle qu’il fut en 2000, sous l’égide d’un certain Nelson Mandela, le courageux signataire des accords d’Arusha pour la paix au Burundi. Mais, dès la remise paisible du pouvoir au Président Domitien Ndayizeye, en avril 2003, Pierre Buyoya reprit le bâton de pèlerin infatigable de la paix en Afrique et dans le monde.

L’Afrique doit lui rendre hommage et l’élever au Panthéon des immortels constructeurs de la paix, lui qui nous quitte à une période où le continent avait le plus besoin de son expérience et de son esprit de don de soi pour les causes africaines. Pendant qu’il était aux affaires dans son propre pays, Pierre Buyoya avait déjà mis en place la Fondation pour la Paix et la Démocratie qui, en dehors de sa vocation d’éclairer sur les questions constitutionnelles et les systèmes politiques œuvrait pour l’éducation et le travail social en faveur des couches les plus vulnérables. Militant du développement intégré et émancipateur d’une Afrique unie dont il rêvait il rejoint le Council for African Advisor dès 1993.

Un acteur de la démocratie

Un témoin en même temps acteur de la démocratisation du continent s’en est allé après avoir laissé son empreinte indélébile sur les processus électoraux dans différents pays du continent. L’Histoire retiendra qu’il fut l’observateur des premières élections post-Apartheid en Afrique du Sud. L’Afrique et le monde ne lui laisseront plus de repos que ce soit au Burkina Faso, en République centrafricaine, en Mauritanie, etc. Bref, le Président Buyoya a été sur tous les fronts de la paix pour éviter les conflits retardant continuellement le développement d’un continent qu’il chérissait tant au point d’en devenir le citoyen de tous les pays.

Le cœur serré, les larmes en flots, la voix tremblante, je me sens, aujourd’hui, assommé par sa disparition que je ressens comme le sifflet prématuré d’une séance d’apprentissage encore inachevée à ses côtés.

Ma grande tristesse comme certainement celle de tous ses collaborateurs et admirateurs de notre génération est qu’une certaine réserve et un profond respect pour sa pudeur et à pour discrétion nous empêchent, aujourd’hui, de dire à l’Afrique et au monde tout ce que nous savons de l’étendue de son œuvre pour la paix et la stabilité du Mali et au Sahel.

Mais, il est sûr que les futures générations auront beaucoup à apprendre de cet homme multidimensionnel et surtout de son œuvre de paix. Sans excès, mais sans négation de l’étendue de ses mérites, on pourrait se limiter à dire, pour résumer l’œuvre grandiose, que le Président Buyoya vint au continent à un moment critique de son Histoire, y a vécu en homme de foi, courageux et engagé pour la paix comme il partit paisible laissant le devoir et la responsabilité de relater son geste de paix aux langues et plumes de la postérité.  

Dors en paix, Cher Papa, nous nous efforcerons de poursuivre ton œuvre inch Allah.

Par Aliou BARRY, Chef des Affaires Politiques à la MISAHEL

Le contenu de cet article n’est nullement le point de vue de Phileingora

28 décembre 2020 0 comments
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Soumaila Cisse chef de file de lopposition malienne mort de covid 19.
Opinion

In memoriam, Soumaïla Cissé (Par Tierno Monénembo)

by Sahel Tribune 27 décembre 2020
written by Sahel Tribune 4 minutes read

Soumaïla Cissé, chef de file de l’opposition malienne est mort subitement ce vendredi 25 décembre — ironie du sort, le jour où le Christ est né ! – à Paris.

Avant cette date fatidique, l’homme politique malien avait vécu plus de six mois de captivité, pris en otage qu’il était par les forces djihadistes opérant dans le nord du pays. Ses amis, dont je suis, avaient alors craint le pire. Mais non, ironie du sort encore une fois, ce ne sont pas les mitraillettes des barbus de Kidal et de Gao qui ont eu raison de lui mais ce misérable virus nommé Covid-19 qui lui, a pris l’humanité entière en otage voilà bientôt un an et plus.

Le Mali est en deuil, moi aussi. Soumaïla cissé laisse un grand vide dans le cœur de ses proches et dans celui de son pays meurtri par la bêtise de quelques-uns de ses fils.

Cette mort est brutale, insensée, inadmissible. Je suis sous le choc.

C’est en 1969, à Dakar, au domicile Ibrahima Baldé dit Ibé, le directeur de la clinique Mère et Enfant de Kipé que pour la première fois j’ai rencontré Soumaïla Cissé. Il était alors un jeune et brillant étudiant en Math-Physique (MP). Des décades plus tard, nos chemins se croiseront de nouveau en 2010, à Ouagadougou cette fois, où il occupait le poste de directeur de l’UEMOA (Union Economique et Monétaire de l’Ouest Africain). C’est d’ailleurs dans cette fonction qu’il profitera de nos retrouvailles pour cofinancer légalement ma pièce’ de théâtre intitulée La Tribu des Gonzesses, pièce que notre regretté Souleymane Koly comptait monter à Bamako.

Depuis, nous avions renoué le contact et maintenu les liens jusqu’à ce vendredi noir de cette année horrible (annus horibilis, disait naguère, la reine Elisabeth II) qui ne m’aura décidément rien épargné de ses fléaux : deuils familiaux, mais aussi deuils nationaux (fraude électorale, répression sanglante : beaucoup de mes amis kidnappés, arrêtés ou morts en prison). De passage à Dakar, il m’avait donné de ses nouvelles il y a trois semaines par l’intermédiaire d’une amie commune.

C’est malheureux, Soumaïla Cissé s’en va alors qu’il s’était imposé comme l’homme de la situation dans ce Mali qui n’en finit pas de s’enfoncer dans la mouise. Si le sort en avait décidé autrement, il serait devenu naturellement le prochain président de son pays. Objectivement, plus rien ne pouvait l’empêcher. Un large consensus national avait fini par se nouer autour de lui après la chute d’IBK et l’irruption des militaires. Et il est évident que cet homme tout en finesse, ce cadre de haut niveau professionnel et moral aurait réussi à engager un dialogue inclusif, un dialogue constructif visant à arrêter la guerre civile, à empêcher le démembrement du pays. Pour ma part, j’ai toujours considéré que Tiébilé Dramé et lui sont et de loin, les hommes les plus intelligents du landerneau politique malien.

La Guinée et le Mali ont beaucoup de points communs. Mais leur position géographique les différencie notoirement. Pays multiconfessionnel, multiracial et multiethnique, situé à la charnière du Maghreb et de l’Afrique noire, le Mali jouit d’une configuration plus complexe, plus difficile à gérer.

Par chance, leurs dirigeants sont plus avisés que les nôtres. On n’a jamais vu dirigeant malien diviser les Maliens. Au temps de Modibo Keïta, il régnait dans ce pays une véritable tendresse intertribale. Même Moussa Traoré n’est pas tombé dans le travers tribaliste où sont tombés Sékou Touré, Lansana Conté et Alpha Condé.

Voici ce que me racontait le journaliste Siradiou Diallo au début des années 80 : « Quand Sékou Touré a déclaré la guerre aux Peuls, Moussa Traoré était au bord des larmes ». Par dépit, il m’a invité au Mali comme si j’étais un chef d’Etat. « Est-il devenu fou, me dit-il. A cause de lui, même nous, on va avoir des problèmes ici ».

Repose en paix, Soumaïla. Les problèmes du Mali sont bien plus graves que les nôtres. Mais avec les dirigeants que vous avez, c’est évident que vous verrez le bout du tunnel bien avant nous.

Comme le disent les caravaniers, « quand le guide est mauvais, tout est mauvais ».

 Tierno Monénembo

27 décembre 2020 0 comments
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Des elements de larmee malienne
Sécurité

Mali : une dizaine de terroristes tués par l’armée malienne (bilan provisoire)

by Chiencoro 26 décembre 2020
written by Chiencoro 1 minutes read

Dans le centre du Mali, l’armée malienne annonce avoir tué une dizaine de terroristes, près de la frontière burkinabè. Cette neutralisation, qui a eu lieu le jeudi dernier, est survenu lors d’une attaque contre un convoi des FAMA.

Une dizaine de terroristes tués par les Forces armées maliennes, tel est le bilan provisoire d’une attaque perpétrée contre l’armée malienne, jeudi 24 décembre 2020, près de la frontière burkinabè. L’information a été donnée par les Forces armées maliennes (FAMA), samedi 26 décembre 2020. « Vers 17 heures 30 le détachement FAMa de Mondoro accroché a bénéficié d’un appui feu de l’aviation. Bilan pas de perte en vie humaine du côté des FAMa », précise l’armée malienne. « Le centre du Mali est pris dans un tourbillon de violences depuis l’apparition en 2015 d’un groupe jihadiste mené par le prédicateur peul Amadou Koufa, qui a largement recruté au sein de sa communauté », rappelle la chaîne de télévision française France 24.

Togola

26 décembre 2020 0 comments
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Barkhane 1 e1610265119661
Sécurité

Sécurité au Mali : deux soldats français blessés lors d’une dispute alcoolisée sur la base Gao

by Sahel Tribune 26 décembre 2020
written by Sahel Tribune 2 minutes read

Dans la nuit du Réveillon de Noël, deux soldats français de la force Barkhane ont été blessés par un de leur frère d’armes sur la base de Gao. L’incident est survenu à la suite d’une dispute sous l’emprise de l’alcool.

Deux militaires français de l’opération Barkhane ont été blessés par un des leurs, dans la nuit du 24 au 25 décembre 2020. « Des soldats de la même unité se sont, en langage commun, pris la tête. Un soldat a blessé deux de ses camarades avec son arme de service », un pistolet automatique, a indiqué à l’AFP le porte-parole de l’état-major Frédéric Barbry. Le journal français Le Parisien précise que cet incident est survenu à la suite d’une dispute, sous l’effet de l’effet de l’alcool, entre des militaires de cette opération antijihadiste au sahel. « Suite à une altercation sur fond d’alcoolisation, un soldat français de la force Barkhane a blessé deux autres soldats avec son pistolet automatique » confirme à Bruxelles2 (B2) l’état-major des armées. Les deux blessés auraient été rapatriés en France, a-t-on appris.  

Notons que sur cette base de Gao se trouvent à la fois les soldats français de la Force Barkhane, mais aussi des Européens, surtout les Estoniens.

Plus qu’anodin

Cet incident qui peut bien paraitre ordinaire pourrait pourtant avoir des impacts réels sur les opérations de cette force dans les pays du sahel où le départ de la France et de ses forces est de plus en plus réclamé par les populations de ses pays. Outre cela, cet incident survient à un moment où cette force Barkhane se bat avec ses moyens de bord pour convaincre les partenaires européens à lui venir en renfort dans la lutte qu’elle mène dans le sahel contre les terroristes.

Chiencoro

26 décembre 2020 0 comments
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Opinion

In memoriam: le Président Soumaila Cissé, une vie de combattant [Tribune]

by Sahel Tribune 26 décembre 2020
written by Sahel Tribune 2 minutes read

Du Président Soumaila CISSE, le professionnel, le père de famille , l’homme d’État, le chef de parti , le chef de file de l’opposition politique du Mali; bref l’homme tout court,
Nous retenons le modèle de l’éducation et la formation du système éducatif du Mali.

  • Competent;
  • Intégre ;
  • Sociable;
  • Rigoureux;
  • Elegant;
  • Courtois;
  • Généreux;
  • Prolifique…

Tous ces qualificatifs , il les a incarnés à lui seul dans les différents pans de son être pluriel et pluriforme.
Niafunké, Bamako, Dakar, Paris, Ouagadougou garderont éternellement les traces du passage indélébile du Président Soumaila CISSE.
La mort , tu es brutale.
Oui tu l’es. Par ta brutalité, tu surprends.
Mais saches que le Président Soumaila CISSE avait une conscience claire de sa finitude comme tout musulman.
Son parcours laborieux et son œuvre bréviaire de combattant de la paix , de la liberté et du progrès économique représentent la preuve de sa victoire sur toi, la mort.
Le Président Soumaila CISSE est désormais eternel au triple plan professionnel, socio-politique et intellectuel.
La sphère politique est le lieu où le President Soumaila CISSE a prouvé toute sa sagesse faite de grande humilité et de dignité enviable dans la défaite comme dans la victoire.
Le Président Soumaila CISSE , le Dalaï Lama de la politique malienne, n’a jamais perdu son légendaire sourire même dans les épreuves les plus rudes de son existence.
Monsieur le Président Soumaila CISSE, vous avez décidé de partir humblement comme vous avez vécu sans jamais nous quitter du tout grâce au riche et unique héritage légué aux jeunes générations du Mali et d’Afrique.
Monsieur le President Soumaila CISSE, vous nous devancez ainsi pour retrouver l’honorable Kalifa DOUMBIA, Baba Djeli, madame BOUNDY, Baba SOW….
Au revoir Chef.
Et merci pour tout pour le Mali et l’Afrique.
Par M. Seydou CISSE , un collaborateur apprenant de votre Cabinet.

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Moussa Balla Diarra auteur de Mansala
Seko ni Donko

Pour refonder, débaptiser : la proposition radicale d’un écrivain malien

by Bakary FOMBA 25 décembre 2020
written by Bakary FOMBA 4 minutes read

Ancien député à l’Assemblée nationale du Mali de 1997 à 2002, Moussa Balla Diarra publie son deuxième ouvrage, « Mansala, le Mali d’après crise », chez les éditions La Sahélienne. Nous avons rencontré l’auteur à son domicile. Il nous explique ses motivations. 

Phileingora : pourquoi le titre « Mansala » ?

Moussa Balla Diarra : « Mansala » est un mot composé de « Mansa » et de « la ». En langue bambara, « la » signifie la demeure, le lieu où on siège, le lieu où on habite. Par exemple exemple, diarrala désigne le lieu où les Diarra sont installés ; coulibalyla, traoréla…

La première couverture de « Mansala ». Crédit photo: Fousseni Togola

« Mansala » veut donc dire le pays des « Mansa », la demeure des « Mansa ». Je considère que le Mali est un pays de « Mansas », une demeure des « Mansa ». C’est un territoire, un espace où se sont succédé des « Mansa ». « Mansala » est un second nom que je donne au Mali.

Qu’est-ce qui vous a inspiré à écrire ce livre ?

La crise profonde dans laquelle le Mali est tombé à partir de 2012 n’a laissé personne indifférent. Tous les intellectuels, tous les patriotes sincères se sont demandé ce qu’ils pouvaient faire pour apporter leur contribution à la résolution de cette crise. Voilà l’interpellation qui m’a fait prendre la plume pour commencer à décrire le Mali d’après la crise.

Je documente la construction d’une nouvelle nation malienne, prospère, où il fera bon vivre, avec tous les atouts que nous avons : atouts humains, économiques, sur tous les plans. Se projeter pour bâtir un Mali prospère à partir de la fin de la crise.

Pour bâtir ce Mali nouveau, j’ai plongé un peu en arrière pour parler des 50 années passées où on a vu le Mali plonger jusqu’à se retrouver à cette crise multidimensionnelle.

J’arrive à la compréhension que la perte de nos repères, de nos valeurs ancestrales, de nos valeurs traditionnelles, qui ont fait la gloire des grands empires, des grands royaumes est à la base de cette crise.

Vous dites que « Mansala est une vision ». Cette vision sert-elle la transition ou l’après-transition ?

Cette vision sert bel et bien à la transition actuelle. J’estime que cette transition est destinée à jeter les bases, à voter toute la législation, toutes les lois, tous les règlements pour instaurer une bonne gouvernance, une juste mesure de toutes les choses qui peuvent faire avancer le Mali.

Interiew de Moussa Balla Diarra sur notre chaïne YouTube

Quel bénéfice les citoyens et les décideurs politiques pourront-ils tirer de la lecture de « Mansala » ?

Ce que je définis comme vision est une piste de réflexion. Il appartient aux autorités politiques, qui seront légalement élues, de chercher à en tirer profit, de s’en servir comme piste de réflexion, comme piste de solution. D’abord, je donne des solutions de type politiques en termes de forum de gouvernance, de système politique. Sur le plan économique, les propositions que je fais dans « Mansala » concernent surtout l’industrialisation à outrance.

Quelles sont les difficultés que vous avez rencontrées lors de la production de cet ouvrage ?

Le livre est une œuvre qui reste pour la vie entière. J’ai commencé la production de « Mansala » depuis 2015, mais c’est en 2020 que le livre a pu être finalisé et publié. Pendant 5 ans, j’ai réfléchi, j’ai écrit, j’ai effacé, j’ai réécrit et effacé.

Une autre difficulté pour moi a été de tacher à ne pas rapporter du n’importe quoi, à dire des choses réelles et à proposer des choses justes et crédibles.

Des projets en cours ?

J’ai déjà terminé la production d’un autre ouvrage qui est chez l’éditeur et est annoncé pour 2021. Dans ce livre, j’essaie d’attirer l’attention sur un phénomène très dangereux qui tue l’économie d’un pays.

Quels conseils formulez-vous, en tant qu’écrivain, mais aussi comme ancien député, à l’endroit des membres du Conseil national de la transition ?

Il s’agit de personnes qui vont jouer le rôle du législateur. Ils doivent comprendre qu’un législateur doit avoir deux qualités. La première est la connaissance profonde du pays et des aspirations du peuple malien. La deuxième est d’être en mesure de légiférer, de trouver le processus d’élaboration de la loi. 

Les membres du CNT doivent connaitre le minimum de procédure en matière d’élaboration de loi. Ils doivent connaitre l’esprit et la lettre de la loi. Je leur demanderai également de travailler avec patriotisme, à mettre complètement de côté les intérêts personnels, les intérêts claniques, les intérêts de groupements professionnels et socioprofessionnels.

Comment se procurer de votre ouvrage et à quel prix ?

« Mansala » a commencé à être disposé dans les librairies. Ceux qui veulent l’avoir peuvent passer au siège l’Association d’Amitié Mali-Maroc (AMAMA) ou contacter le secrétaire permanent, Oumar Aba Koné au 76043088. En passant la commande en avance, je pourrais dédicacer l’exemplaire. 

Les lecteurs pourront l’acheter également à la librairie Mablé de Sogoniko. Je suis en train de préparer aussi la vente en ligne pour permettre ceux qui vivent en dehors du Mali de le commander.

« Mansala » est vendu à 7 000 FCFA l’exemplaire. 

Fousseni Togola et Bakary Fomba

25 décembre 2020 0 comments
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