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Dans les étendues du Sahel, où la vie est souvent marquée par la perte, des histoires émouvantes émergent : celles de cœurs brisés qui réapprennent à battre, de liens tissés dans l’adversité, et de l’amour qui renaît après le deuil. Un storytelling touchant sur la résilience et l’espoir.
Dans les vastes plaines du Sahel, où le sable se mêle au vent et où les couchers de soleil illuminent l’horizon d’une lumière douce, la vie avance malgré les épreuves. Ici, l’amour s’écrit souvent dans des contextes de douleur et de perte. Mais même après les déchirements du deuil, il arrive que des cœurs brisés trouvent la force de battre à nouveau, reconstruisant patiemment des liens d’affection dans un paysage marqué par l’adversité.
Pour Fatoumata, 32 ans, la vie s’est figée il y a trois ans lorsque son mari, agriculteur, a été emporté par une maladie foudroyante. Mère de deux enfants, elle s’est retrouvée face à une solitude pesante dans son village de Mopti. « Je croyais que c’était la fin, » confie-t-elle. Mais un jour, dans une rencontre fortuite au marché, elle croise Moussa, un commerçant itinérant. Lui aussi avait connu le deuil, ayant perdu sa femme lors d’une attaque terroriste dans une région voisine.
Leur histoire a débuté par des conversations simples : des échanges sur leurs enfants, leurs espoirs, et la difficulté d’avancer. « Nous avions chacun nos blessures, mais en parlant, nous avons appris à nous soutenir, » raconte Moussa. Lentement, un lien s’est tissé entre eux. Aujourd’hui, ils partagent une maison et élèvent leurs enfants ensemble, prouvant que l’amour peut renaître même après les plus grandes tragédies.
Dans les villages du Sahel, où le quotidien est rythmé par les récoltes et les prières, le deuil est une réalité omniprésente. Mariam, une jeune veuve de 27 ans, raconte comment les chants traditionnels l’ont aidée à exprimer sa douleur. « Le désert garde nos larmes, mais la communauté nous porte, » explique-t-elle.
Quelques mois après la perte de son époux, Mariam a commencé à participer à des réunions communautaires organisées par des ONG locales pour soutenir les veuves. C’est là qu’elle a rencontré Salif, un instituteur. Lui aussi portait le poids du deuil. Ensemble, ils ont trouvé un réconfort mutuel. « Nous n’avons pas cherché à remplacer nos anciens amours, mais à bâtir quelque chose de nouveau, différent, » confie Mariam.
Dans ces régions touchées par la pauvreté, l’insécurité et le dérèglement climatique, la reconstruction amoureuse est une leçon de résilience. Les couples qui se reforment après le deuil montrent qu’aimer, c’est aussi un acte de courage et d’espoir. Ce n’est pas un oubli, mais une célébration de la vie, même dans l’adversité.
L’histoire de Fatoumata, Moussa, Mariam et Salif reflète une réalité universelle : celle de la capacité humaine à se relever. Dans le Sahel, chaque amour retrouvé est une victoire contre l’adversité, un rappel que même au cœur des tempêtes de sable, la lumière peut briller. Ici, aimer après la perte, c’est apprendre à reconstruire sur des ruines, avec patience et espoir.
Et lorsque le vent du désert souffle doucement, il porte ces histoires d’amour, comme un murmure, rappelant que la vie, malgré tout, continue.
Mariam
À l’image d’un architecte bâtissant une maison solide, les autorités de la transition s’emploient à poser les fondations d’un Mali durable, en misant sur des institutions fortes et des élections apaisées, loin de toute précipitation.
Le Mali est aujourd’hui un vaste chantier, et les autorités de la transition en sont les architectes déterminés. Avec méthode et patience, elles s’attellent à bâtir une maison solide, une nation fondée sur des institutions légitimes et fortes. Mais comme tout bon architecte le sait, il ne suffit pas de poser des briques à la hâte : chaque pierre doit être soigneusement taillée, chaque fondation solidement ancrée. Le président de la transition, le général d’armée Assimi Goïta, en a tracé les contours lors du conseil des ministres du 27 novembre 2024, rappelant que l’objectif est clair : doter le pays d’institutions qui résisteront au temps et aux secousses de l’histoire.
Ce chantier, comme l’a souligné le chef de l’État, ne peut être accompli qu’en réunissant toutes les conditions nécessaires pour organiser des élections transparentes et apaisées. « Créer les conditions », c’est veiller à ce que chaque poutre de ce nouvel édifice soit en place : la confiance des citoyens, l’intégrité des processus électoraux, et surtout, la sécurité des artisans de cette démocratie renaissante.
Le 2 décembre 2024, lors de sa visite à l’Autorité Indépendante de Gestion des Élections (AIGE), le Premier ministre, le général de division Abdoulaye Maïga, a enrichi cette vision architecturale d’une précieuse leçon de construction. « Il ne conviendrait pas de mélanger vitesse et précipitation, » a-t-il souligné, rappelant que les grands édifices ne se bâtissent pas dans la hâte. Ce propos résonne comme un appel à la patience et à la méthode.
Dans cette dynamique, le Premier ministre a mis l’accent sur deux piliers fondamentaux : un retour apaisé à l’ordre constitutionnel et la sécurisation du processus. C’est là que réside tout l’art du maître d’œuvre : poser chaque pierre avec rigueur, veiller à ce que chaque mur se dresse sans faille, pour éviter que l’édifice ne s’effondre à la première tempête.
Dans un chantier aussi ambitieux, il est tentant de céder à l’impatience. Les attentes des citoyens, les pressions extérieures et les défis quotidiens pourraient pousser à vouloir terminer les travaux à toute vitesse. Mais comme pour toute maison bien construite, il faut laisser le béton sécher, vérifier l’alignement des murs, et consolider les fondations. Car que vaudrait une démocratie hâtivement montée, si elle devait s’effondrer au premier coup de vent ?
En refusant de confondre vitesse et précipitation, les autorités de la transition affichent une volonté rare dans l’arène politique. Elles ne cherchent pas à livrer un produit fini superficiel, mais un édifice durable, capable de porter les aspirations de tout un peuple. Cet équilibre, entre l’urgence d’avancer et la prudence de bien faire, est peut-être la plus grande preuve de responsabilité envers le Mali.
Dans ce chantier, les autorités ne travaillent pas seules. L’AIGE, les citoyens, et tous les acteurs politiques sont appelés à devenir les maçons de cette grande maison commune. Chaque contribution compte : un vote bien préparé, une confiance renouvelée, un esprit d’apaisement. Il s’agit de construire ensemble un toit sous lequel chaque Malien pourra se sentir protégé, écouté, et respecté.
La transition est un temps pour réfléchir, corriger et bâtir. Ce n’est pas un sprint, mais un marathon. Et dans cette course, la ligne d’arrivée ne sera pas marquée par la fin des travaux, mais par le début d’une nouvelle ère, où chaque institution pourra tenir son rôle avec légitimité et force.
Le président de la transition, comme le Premier ministre, nous rappellent que ce chantier est celui de tous. Il exige de la patience, du courage, et surtout, de la vision. Organiser des élections transparentes et apaisées n’est pas une simple étape dans le processus : c’est poser la clé de voûte de la maison Mali, celle qui soutiendra l’ensemble de l’édifice.
En attendant, les Maliens doivent croire en cette œuvre en cours. Certes, le bruit des marteaux et des scies peut être assourdissant. Mais chaque coup porté sur la pierre est un pas vers un futur où le Mali se tiendra debout, fier et inébranlable. Après tout, une maison bien construite résiste aux intempéries, aux siècles et aux crises. C’est cette promesse que les autorités de la transition semblent déterminées à tenir.
Chiencoro Diarra
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Un audit couvrant la période 2020-2022 révèle de graves irrégularités dans la gestion financière et administrative de l’Office du Niger, compromettant sa mission essentielle de sécurité alimentaire au Mali.
Un audit approfondi mené par le Bureau du Vérificateur Général du Mali a mis en évidence de graves dysfonctionnements au sein de l’Office du Niger (ON), une institution clé dans la gestion des ressources agricoles et hydrauliques du pays. Le rapport, publié récemment, révèle des pratiques financières douteuses, des lacunes administratives, et des irrégularités dans la gestion des ressources. Ces constats soulignent la nécessité urgente de réformes structurelles pour redresser cette institution stratégique.
Le rapport pointe plusieurs irrégularités dans les transactions financières. Parmi les anomalies, l’utilisation excessive de paiements en espèces au-delà du plafond légal de 50 000 FCFA est particulièrement préoccupante. « Des montants allant de 100 000 FCFA à 780 000 FCFA ont été réglés en espèces, en violation flagrante des règles en vigueur », précise le document. Ces pratiques, en contradiction avec les normes de gestion financière, augmentent le risque de détournement de fonds.
De plus, l’audit a identifié une gestion problématique des subventions allouées aux carburants. Le Président Directeur Général (PDG) de l’Office du Niger, durant la période concernée, aurait attribué des allocations de carburant à des fins personnelles, atteignant 1 500 litres par mois, soit une valeur totale estimée à plus de 54 millions FCFA. Ces décisions ont été prises sans l’aval du Conseil d’administration, exacerbant les problèmes de gouvernance.
Le rapport met également en lumière des irrégularités dans le domaine des ressources humaines. Des recrutements ont été effectués sans autorisation préalable du Conseil d’administration, ni inclusion dans le budget annuel. « Ces pratiques mettent en danger la viabilité financière de l’institution », avertit le rapport.
Par ailleurs, l’ON a négligé la mise à jour de son cadastre foncier. Cette omission crée un décalage important entre les superficies déclarées et les terres réellement cultivées. Cette situation, selon le rapport, peut entraîner des conflits fonciers et des pertes financières pour l’institution.
L’audit a également révélé des manipulations dans les processus d’attribution des marchés publics. « Le PDG a simulé des appels d’offres compétitifs en impliquant des entreprises liées, faussant ainsi l’apparence de concurrence », indique le rapport. Ces pratiques concernent des contrats d’une valeur totale dépassant 2,9 milliards FCFA, compromettant la transparence et l’efficacité de la gestion des fonds publics.
Ces dysfonctionnements ont des répercussions directes sur la mission principale de l’Office du Niger : assurer la sécurité alimentaire. La production de riz, qui est une denrée de base pour la population malienne, a chuté à 753,465 tonnes pour la campagne 2022-2023, bien en deçà des objectifs fixés. Cette baisse de rendement accentue les préoccupations concernant la capacité de l’institution à répondre aux besoins alimentaires croissants du pays.
Face à ces révélations, le rapport recommande une série de mesures pour rétablir la transparence et l’efficacité au sein de l’Office du Niger. Parmi ces recommandations figurent :
Dans un contexte où le Mali est confronté à de multiples crises, ce rapport sert de rappel urgent pour les autorités de la transition. La gestion inefficace des institutions publiques compromet non seulement la stabilité économique, mais également la confiance des citoyens envers leurs dirigeants. La mise en œuvre rapide des recommandations de ce rapport sera déterminante pour restaurer la crédibilité de l’Office du Niger et garantir son rôle dans la sécurité alimentaire du pays.
Ce rapport expose des enjeux cruciaux pour l’avenir de l’agriculture et de la gouvernance au Mali. Il appelle à une mobilisation générale des acteurs étatiques et des partenaires pour transformer ces défis en opportunités de réforme et de développement durable.
Alassane Diarra
Sous l’impulsion des autorités de la Transition, le Mali s’engage dans une lutte déterminée contre la corruption et les irrégularités financières, un combat essentiel pour restaurer la souveraineté économique et bâtir un État responsable au service de ses citoyens.
Depuis l’avènement des autorités de la Transition, une réalité s’impose : le Mali est engagé dans une guerre d’un autre type, une guerre contre lui-même, contre cette gangrène qu’est la corruption, et contre les pratiques qui ont longtemps freiné son développement. Dans ce combat titanesque, le général Assimi Goïta et son gouvernement ont choisi de ne pas détourner le regard. Ils affrontent ce mal endémique avec une détermination sans faille, faisant de la lutte contre les irrégularités financières un pilier central du « Mali Kura. »
Si la corruption gangrène l’économie malienne, elle n’est pas née avec les autorités actuelles. Elle est l’héritage d’un système usé, d’une gouvernance laxiste et d’un clientélisme politique qui a perverti les institutions. Pourtant, et c’est là la nouveauté, jamais un pouvoir n’a affiché avec autant de clarté sa volonté d’assainir les finances publiques et de mettre fin à l’impunité.
L’Office Central de Lutte contre l’Enrichissement Illicite (OCLEI), avec son dernier rapport, met en lumière l’ampleur du défi : 25,46 milliards de francs CFA d’enrichissement illicite présumé sur cinq ans, des marchés publics douteux, des déclarations de patrimoine ignorées par ceux qui y sont assujettis. Ces chiffres ne sont pas qu’un constat accablant, ils sont une feuille de route pour un État qui a choisi d’agir.
Dans cette bataille, les autorités de la Transition ne se contentent pas de discours. Des institutions comme l’OCLEI, le Bureau du Vérificateur Général (BVG) ou encore la Cellule Nationale de Traitement des Informations Financières (CENTIF) reçoivent un soutien politique et opérationnel sans précédent. Les enquêtes progressent, les dossiers sont transmis à la justice, et les manquements ne sont plus tolérés.
Prenons l’exemple du contrat controversé entre la Mairie du District et la société Ozone Mali. Ce partenariat, qui a englouti près de 500 millions de francs CFA, est devenu le symbole des pratiques que le Mali veut bannir. En mettant en lumière les irrégularités – paiements injustifiés, absence de contrôle, non-respect des engagements – les autorités actuelles démontrent leur volonté d’assainir les finances publiques.
Mais cette croisade contre la corruption dépasse la simple gestion économique. Elle incarne une lutte pour la souveraineté nationale. Car qu’est-ce qu’un État souverain, si ce n’est un État maître de ses ressources, capable de les allouer efficacement au profit de ses citoyens ? Les autorités de la Transition ont compris que la corruption n’est pas seulement un mal économique, mais aussi un enjeu politique et moral.
En exigeant des déclarations de patrimoine de leurs hauts fonctionnaires, en renforçant les contrôles sur les marchés publics, et en dénonçant les contrats léonins, le Colonel Assimi Goïta et son gouvernement montrent la voie. Ils posent les bases d’un État responsable, où les ressources publiques ne servent plus à enrichir une élite, mais à bâtir des écoles, des hôpitaux et des routes.
Certains diront que les résistances sont fortes, que les structures corrompues ne s’effondrent pas en un jour. C’est vrai. Mais si la Transition a un mérite, c’est celui d’avoir osé briser le silence et d’avoir donné un sens au mot « redevabilité. » Le « Mali Kura » ne sera pas une simple rhétorique. Il se construira, dossier après dossier, réforme après réforme, en éradiquant les pratiques qui ont longtemps affaibli la nation.
Les efforts engagés méritent d’être salués. Les autorités ont rétabli la confiance dans les institutions en prouvant que personne n’est au-dessus des lois. En sanctionnant les coupables et en rendant publics les abus, elles rappellent que le Mali appartient à tous ses enfants, et non à une minorité de privilégiés.
Le chemin reste long, mais les jalons sont posés. La transparence, la rigueur et l’intégrité doivent devenir les fondements d’une gouvernance exemplaire. Cela passe par le renforcement des institutions de contrôle, la digitalisation des services publics pour réduire les opportunités de corruption (comme entamée par les autorités de la transition), et l’éducation des citoyens sur les méfaits de ce fléau.
Le Mali est aujourd’hui à un tournant. Dans un contexte régional où les aspirations souveraines se font de plus en plus pressantes, la lutte contre la corruption devient un symbole de l’autonomie retrouvée. Les autorités de la Transition ont compris que la souveraineté n’est pas seulement militaire ou politique, elle est aussi économique et morale.
En engageant cette bataille, le général Assimi Goïta et son équipe portent un message d’espoir : celui d’un Mali qui refuse de se soumettre au fatalisme, d’un Mali qui croit en son potentiel. Les défis sont nombreux, mais avec la volonté affichée de cette Transition, l’histoire retiendra peut-être que c’est sous ce régime que le Mali a amorcé son renouveau.
Le combat contre la corruption n’est pas qu’un enjeu malien. Il est universel. Mais ici, dans un pays où chaque franc compte, il devient une nécessité vitale. Si la Transition parvient à gagner cette guerre, elle n’aura pas seulement marqué son temps, elle aura changé le destin du Mali.
Le rapport annuel 2023 de l’OCLEI met en lumière les irrégularités entourant le contrat entre la Mairie du District de Bamako et Ozone Mali. Ces irrégularités sont le symbole des défis de gouvernance publique au Mali.
Comme un miroir tendu à la gouvernance publique, le rapport annuel 2023 de l’OCLEI, remis au président de la transition, le général Assimi Goïta, le 29 novembre dernier, reflète les zones d’ombre et les aspérités d’un contrat qui devait illuminer Bamako, mais a laissé la ville embourbée dans ses déchets. Entre promesses non tenues et transparence bafouée, ce document éclaire d’un jour cru les dérives d’une gestion qui menace de transformer l’espoir d’une capitale propre en un mirage lointain.
Depuis plusieurs années, la gestion des déchets reste un défi majeur pour la ville de Bamako. Le partenariat entre la Mairie du District et la société Ozone Mali, du groupe marocain Ozone Environnement et Services, censé répondre à cette problématique, est désormais au cœur d’un scandale mêlant opacité, mauvaise gestion, et soupçons de corruption. Loin de résoudre les problèmes chroniques de salubrité, ce contrat incarne les failles structurelles des marchés publics au Mali.
Signé avec beaucoup de promesses, en 2014, le contrat liant la Mairie du District et Ozone Mali était présenté comme une solution innovante à l’insalubrité urbaine. Cependant, dès sa mise en œuvre, il a suscité des interrogations. Selon le rapport annuel de l’Office Central de Lutte contre l’Enrichissement Illicite (OCLEI), le processus de passation du marché a été entaché de graves irrégularités. L’OCLEI souligne « l’absence d’un appel d’offres transparent, laissant place à une attribution directe non justifiée. » Ce manque de rigueur dans la procédure pose la question d’éventuels conflits d’intérêts ou d’accords sous-jacents entre les parties impliquées.
En outre, les clauses du contrat sont restées floues, tant sur les obligations précises de la société Ozone que sur les mécanismes de suivi et d’évaluation de ses performances. Ce laxisme administratif a favorisé l’émergence de nombreuses défaillances, à commencer par le non-respect des cahiers de charges, pourtant essentiels à la bonne exécution du contrat.
L’un des aspects les plus troublants du partenariat réside dans la gestion financière. L’OCLEI rapporte que « des paiements significatifs ont été effectués sans preuves tangibles de la réalisation des services promis. » Ces sommes, censées être investies dans la collecte et le traitement des déchets, n’ont pas produit les résultats attendus. À Bamako, les montagnes de déchets s’accumulent, exposant les habitants à des risques sanitaires majeurs.
Les chiffres parlent d’eux-mêmes : plusieurs centaines de millions de francs CFA auraient été versées à Ozone, alors que la ville reste engorgée par des ordures. Cette disparité entre les ressources mobilisées et les résultats obtenus soulève des questions légitimes. Le rapport de l’OCLEI appelle ainsi à « un audit financier rigoureux pour retracer les flux monétaires et identifier d’éventuelles malversations. »
Pendant que ce partenariat dysfonctionnel se perpétue, ce sont les habitants de Bamako qui en paient le prix fort. L’insalubrité ambiante aggrave les conditions de vie dans une ville déjà confrontée à de multiples défis urbains. Les tas de déchets attirent les nuisibles, polluent l’air, et augmentent les risques de maladies. Pour les citoyens, l’échec du contrat Mairie-Ozone est non seulement un scandale économique, mais aussi une injustice sociale.
« L’inefficacité de ce contrat impacte directement la santé et la qualité de vie des habitants, » souligne un observateur cité dans le rapport. Dans les quartiers périphériques, où les infrastructures sont déjà limitées, l’absence de collecte régulière aggrave un sentiment d’abandon. Pour beaucoup, ce fiasco illustre l’écart entre les promesses politiques et la réalité quotidienne.
Ce dossier met également en lumière le problème récurrent de l’impunité dans la gestion des affaires publiques au Mali. Malgré les dénonciations et les rapports accablants, peu d’actions concrètes ont été entreprises pour demander des comptes aux responsables. L’OCLEI insiste sur la nécessité de « sanctionner les acteurs impliqués dans cette mauvaise gestion, afin de rétablir la confiance et d’instaurer une culture de redevabilité. »
Au-delà des sanctions, une réforme en profondeur des processus de passation des marchés publics s’impose. Une gestion plus rigoureuse, axée sur la transparence et la participation citoyenne, pourrait prévenir la répétition de tels abus. L’OCLEI propose également de renforcer les contrôles préventifs et les audits indépendants pour détecter les anomalies en amont.
Le cas Ozone pourrait servir de leçon pour réorienter les politiques publiques en matière de gouvernance locale. Il illustre le besoin urgent de professionnaliser les administrations locales, de renforcer les institutions de contrôle, et d’impliquer davantage les citoyens dans la gestion des projets urbains.
Pour rétablir l’ordre, des mesures concrètes s’imposent : annuler les contrats défaillants, relancer des appels d’offres transparents, et établir des mécanismes clairs de suivi et d’évaluation. L’exemple d’autres villes africaines, ayant misé sur des solutions innovantes comme le recyclage communautaire et la gestion participative, pourrait inspirer Bamako.
Le partenariat entre la Mairie du District et Ozone, loin d’être un modèle, est devenu un symbole des dysfonctionnements institutionnels qui freinent le développement du Mali. Alors que la corruption et l’impunité continuent de miner les efforts de gouvernance, il est impératif de tirer les leçons de cet échec. Comme le conclut le rapport de l’OCLEI : « La lutte contre la corruption est un impératif moral et économique, sans lequel le développement durable reste un mirage. » Pour Bamako, il est encore temps de reprendre le contrôle et de mettre en place une gestion plus responsable et équitable.
Alassane Diarra
Sahel Tribune est un site indépendant d’informations, d’analyses et d’enquêtes sur les actualités brûlantes du Sahel. Il a été initialement créé en 2020, au Mali, sous le nom Phileingora…
