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Diversification de l'économie africaine
A la UneÉconomie

Fragmentation et stagnation : l’économie mondiale en proie à l’incertitude

by Sahel Tribune 9 février 2025
written by Sahel Tribune 3 minutes read

L’économie mondiale traverse une période marquée par une instabilité croissante. Entre tensions géopolitiques exacerbées, ralentissement structurel de la croissance et multiplication des restrictions commerciales, le FMI alerte sur l’émergence d’une nouvelle ère d’incertitude.

Depuis la crise financière de 2008, l’économie mondiale n’a cessé d’accumuler des chocs : pandémie, conflits internationaux, tensions commerciales entre grandes puissances. Ces bouleversements ont remodelé la dynamique des échanges et des investissements. Selon le FMI, « l’incertitude résulte notamment des prévisions d’une croissance mondiale à moyen terme la plus faible depuis trois décennies ». Un ralentissement généralisé de la productivité totale des facteurs et une baisse de l’investissement privé sont autant d’éléments qui expliquent cette tendance.

Si aucune action d’envergure n’est entreprise, la croissance mondiale pourrait plafonner à 3,1 % d’ici la fin de la décennie, soit un point de pourcentage de moins que la moyenne enregistrée entre 2000 et 2019. Dans ce contexte, l’amélioration de l’allocation du capital et de la main-d’œuvre vers des secteurs plus productifs devient essentielle.

La fragmentation géoéconomique, un facteur aggravant

L’un des risques majeurs identifiés par le FMI est l’émergence d’un monde fragmenté, où la géopolitique dicte les règles du commerce et des investissements. L’organisation souligne que « la multiplication des restrictions commerciales pourrait réduire à néant les gains d’efficacité obtenus grâce à l’intégration économique mondiale ». En 2023, près de 3 000 mesures de restriction des échanges ont été imposées, soit trois fois plus qu’en 2019.

Cette fragmentation entraîne une polarisation du commerce international et risque de renforcer la formation de blocs économiques rivaux. La conséquence directe est une baisse des économies d’échelle et une réduction de la concurrence. Ce qui compromet la dynamique de croissance globale.

Des politiques publiques sous pression

Face à ces défis, les États sont contraints d’adopter des stratégies de politique industrielle plus interventionnistes. Toutefois, le FMI met en garde contre le risque de mauvaise allocation des ressources et de corruption. Si certaines politiques de relocalisation visent à sécuriser les chaînes d’approvissionnement stratégiques, elles peuvent également aggraver les tensions économiques et conduire à des mesures de représailles entre États.

Par ailleurs, la multiplication des conflits, comme ceux en Ukraine et à Gaza, accentue la pression sur les gouvernements. Le FMI estime que dans certaines régions comme le Sahel, l’instabilité pourrait provoquer une contraction économique de 20 %.

Un nécessaire sursaut collectif

Dans un monde de plus en plus incertain, la coopération internationale apparaît comme la seule voie permettant d’éviter un effondrement économique global. La nécessité d’investir massivement dans les nouvelles technologies, l’adaptation au changement climatique et la transition énergétique ne fait aucun doute.

Les décisions prises aujourd’hui façonneront l’économie mondiale des prochaines décennies. Le FMI insiste sur l’urgence d’une coordination multilatérale pour éviter que la fragmentation ne devienne irréversible. L’enjeu n’est pas seulement économique, il est aussi politique et stratégique : sans une volonté commune, le monde risque de basculer vers une période de stagnation prolongée, marquée par une croissance atone et un affaiblissement des institutions multilatérales.

A.D

9 février 2025 0 comments
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Alousseni Sanou
A la UneÉconomie

Mali : des réformes fiscales pour soutenir la croissance et le développement

by Cheickna Coulibaly 8 février 2025
written by Cheickna Coulibaly 3 minutes read

Face aux défis économiques et budgétaires, le Mali ajuste sa fiscalité pour renforcer ses finances publiques. Entre hausse des taxes sur les télécoms, nouvelles contributions fiscales et création d’un fonds de soutien, le gouvernement mise sur une mobilisation accrue des ressources. Mais ces mesures impacteront-elles les entreprises et les citoyens ? Décryptage des nouvelles orientations fiscales annoncées.

Le mercredi 5 février, au Conseil des ministres, le gouvernement a adopté trois projets majeurs proposés par le ministère de l’Économie et des Finances. Ces nouvelles mesures visent à améliorer les recettes publiques grâce à des ajustements fiscaux ciblés. Le ministre de l’Économie et des Finances, Alhousseyni Sanou a expliqué le bienfondé de ces décisions et a rassuré les citoyens sur leur impact, au journal télévisé de 20h sur l’ORTM, le 6 février 2025.

Une hausse de la taxe sur les télécommunications (TARTOP)

La première mesure concerne la TARTOP, une taxe appliquée aux entreprises de télécommunications. Jusqu’ici fixée à 5 % du chiffre d’affaires des opérateurs, elle passe désormais à 7 %.  « La TARTOP, c’est la taxe sur l’accès aux réseaux des télécommunications ouverts au public », a expliqué le ministre de l’Economie. Depuis 2012, elle était fixée à 5 %. 

Aujourd’hui, le Mali a trois opérateurs concernés (Orange Mali, Moov Africa et Telecel) « et nous estimons qu’en portant ce taux à 7 %, cela ne remettra pas en cause leur équilibre économique. Globalement, le taux de prélèvement sur le secteur atteindra ainsi 10 % », a expliqué le premier responsable du département des Finances du Mali. Selon lui, cette mesure vise à «augmenter les recettes» de l’État sans pour autant compromettre la «stabilité du marché» des télécoms.  

Deux nouvelles contributions fiscales

Le deuxième texte introduit deux nouvelles contributions fiscales : en première, une contribution spéciale de solidarité qui se traduira par le prélèvement de 0,5 % sur le chiffre d’affaires des entreprises assujetties à l’impôt sur les sociétés ou à l’impôt sur les bénéfices industriels et commerciaux.  Et en second, une taxe spéciale sur la consommation de certains produits, notamment les boissons alcoolisées.  

Le ministre justifie ces décisions ainsi : « La contribution spéciale de solidarité est une mesure qui repose sur le chiffre d’affaires des entreprises concernées. Quant à la taxe sur la consommation de certains produits, elle cible en particulier les boissons alcoolisées. Cette hausse se justifie non seulement par des enjeux de santé publique, mais aussi par la nécessité d’accroître les recettes budgétaires. » L’objectif affiché est de « mobiliser environ 60 milliards de francs CFA par an » grâce à ces nouvelles dispositions fiscales.  

Un fonds pour structurer les contributions citoyennes

Le troisième texte concerne la  »création d’un Fonds de soutien aux projets d’infrastructures et de développement social ». Selon le ministre Sanou, depuis le début de la transition, de nombreux citoyens contribuent financièrement aux efforts nationaux, notamment pour soutenir la sécurité et stabiliser les prix des produits de base. « Aujourd’hui, nous avons déjà collecté environ 2,5 milliards de francs CFA grâce à ces dons», a-t-il souligné, avant d’ajouter : « Face à cet élan de solidarité, le gouvernement a décidé de formaliser et d’encadrer ces contributions afin d’en assurer une meilleure gestion et une plus grande efficacité. »

À travers ces trois décisions, l’État cherche à renforcer ses capacités financières tout en assurant une gestion plus rigoureuse des ressources disponibles. Le ministre Alhousseyni Sanou a tenu à saluer « l’engagement et la résilience des Maliens », soulignant que ces efforts collectifs permettront d’affronter les défis actuels avec plus de sérénité. 

Cheickna Coulibaly

8 février 2025 0 comments
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Magazin de vente des habits chauds
A la UneÉconomie

Des manteaux et des affaires : les coulisses du marché hivernal à Bamako

by Cheickna Coulibaly 8 février 2025
written by Cheickna Coulibaly 4 minutes read

En ce mois de février, alors que la température baisse légèrement à Bamako, une effervescence particulière s’empare des marchés de la capitale malienne. Les étals se parent de vêtements chauds : manteaux, pulls, bonnets et même gants. Pourtant, ces articles trouvent preneur, témoignant d’une demande en nette augmentation malgré le faible pouvoir d’achat des clients. Un vent d’opportunité souffle sur les commerçants locaux.

La saison froide s’installe au Mali. Avec l’arrivée du mois de février, considéré comme la fin de la saison hivernale, marqué par des périodes d’une très grande fraîcheur, notamment vers la fin du mois, les habitants de Bamako ressentent le besoin de se protéger contre le froid. Bien que les températures ne descendent pas au niveau des climats tempérés, un 15 ou 18 degrés au petit matin suffit à faire greloter ceux qui y sont peu habitués.

« Les enfants commencent à tousser et à se plaindre du froid le matin en allant à l’école. J’ai donc dû acheter des pulls pour eux. », explique Aïssata Diarra, une mère de famille rencontrée au grand marché de Bamako. Comme elle, de nombreuses familles viennent équiper leurs proches, en particulier les plus jeunes et les personnes âgées, souvent plus vulnérables.

Au-delà de la fonction utilitaire, le port de vêtements chauds est aussi devenu une question de style. De nombreux jeunes se tournent vers les vestes et pulls en tricot. « C’est une manière de se protéger du froid tout en restant stylé. », lance Oumar Guindo, étudiant à l’Université de Bamako, tout en exposant fièrement son pull de Noël.

Une opportunité pour les commerçants

Ce pic de demande au cours de la saison hivernale est une véritable aubaine pour les vendeurs d’habits en général et les vendeurs de pulls en particulier. « C’est pour nous la période idéale pour faire de bonnes affaires. », explique Amadou, un commerçant ambulant de pulls et de moufles rencontré dans les rues du marché Dibidani. « Les vêtements chauds, qu’ils soient de seconde main ou neufs, se vendent bien. En une matinée, j’ai écoulé une dizaine de manteaux. », confie-t-il. Cependant, selon lui, les ventes sont en deçà des attentes par rapport aux années précédentes.

Au grand marché de Bamako, une scène illustre cette effervescence : des clients examinent soigneusement des piles de vêtements pendant qu’un groupe de vendeurs crient les prix au rythme d’un tam-tam. Une cliente, Mariame Cissé, quitte les lieux avec un sac rempli de vêtements pour ses trois enfants. « J’ai négocié durement, mais ça valait le coup pour mes enfants. », dit-elle en souriant.

Les « youkou-youkou », vêtements d’occasion importés en grande partie d’Europe ou d’Asie, dominent le marché grâce à leurs prix abordables. Les prix varient entre 2 500 et 10 000 francs CFA, selon la qualité et l’état des articles.

L’ingéniosité des commerçants locaux

Face à cette hausse de la demande, certains commerçants innovent. Moussa Diarra, tailleur dans le quartier de Magnambougou, a décidé de confectionner des pulls en pagne ou en tissu. « C’est original, et les clients adorent. J’ai déjà reçu plusieurs commandes via les réseaux sociaux depuis la semaine dernière. », dit-il. D’autres misent sur des partenariats avec des grossistes pour renouveler rapidement leur stock.

Mais tout n’est pas rose pour les commerçants. « Je me procure ma marchandise au marché de Sougounikoura ou auprès des importateurs. Les frais ont augmenté récemment, et cela nous oblige à augmenter les prix, ce qui peut faire fuir certains clients. », regrette Mariam Coulibaly, une vendeuse au marché de Kalaban-Coro Plateau.

Takadi Diakité, une autre vendeuse du même marché, partage ce constat : « J’exerce ce métier depuis 10 ans. Je me procure les balles de vêtements importés entre 65 000 et 75 000 FCFA auprès des grossistes. Ce qu’on peut dire, c’est que les prix ont augmenté cette année. Les pulls qu’on vendait autrefois à 1 500 ou 2 000 FCFA, on est obligé de les céder plus cher pour pouvoir renouveler notre stock. »

Une opportunité économique précieuse

Dans un contexte économique parfois difficile, cette demande saisonnière apporte un souffle d’air frais. « Nous savons que cette période est courte, mais elle est cruciale pour nous permettre de réaliser de petits bénéfices et réinvestir dans d’autres produits pendant la saison sèche. », confie Oumou, commerçante au marché de Magnambougou.

Les commerçants espèrent continuer à tirer parti de cet engouement. Et si les températures remontent bientôt, ce moment restera pour eux un bel exemple de l’adaptabilité et de l’ingéniosité des commerçants de Bamako.

Réalisé par Cheickna Coulibaly

Djénéba Yalcouyé, stagiaire

8 février 2025 0 comments
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Rentrée littéraire du Mali
A la UneSeko ni Donko

Rentrée littéraire du Mali 2025 : la jeunesse au cœur du débat 

by Ibrahim Kalifa Djitteye 8 février 2025
written by Ibrahim Kalifa Djitteye 3 minutes read

Du 18 au 22 février 2025, Bamako accueillera la 17è édition de la Rentrée littéraire du Mali. Un rendez-vous littéraire et artistique majeur. Placée sous le thème « L’Afrique des jeunes », cette édition s’interroge sur la place et le rôle de la jeunesse dans la société actuelle. À travers des rencontres, des débats et des dédicaces, cet événement annuel dédié à la littérature ambitionne de redonner la parole aux jeunes et d’interroger leur héritage et leurs aspirations.

« Qu’est-ce qu’être jeune ? » « Est-ce une simple question d’âge, un état d’esprit ou une manière d’être au monde ? » La Rentrée littéraire du Mali 2025 tente d’apporter des réponses en mettant en lumière les multiples facettes de la jeunesse africaine. Entre impatience, révolte, espoir et engagement, les jeunes sont tantôt perçus comme une force de changement, tantôt comme une génération marginalisée et incomprise. Pourtant, ils sont les bâtisseurs de demain, les héritiers d’un monde en mutation et les porteurs d’un avenir à réinventer.

Les différentes tables rondes organisées tout au long de l’événement aborderont des thématiques aussi diverses que la transmission des héritages, la place de la lecture à l’ère du numérique, ou encore la démocratie en tant que concept en perpétuelle redéfinition. Les écrivains et intellectuels présents chercheront à comprendre comment la jeunesse africaine s’approprie ces enjeux et quelle est sa vision du futur.

Un programme riche et varié

Dès l’inauguration de la Librairie de la lecture et la cérémonie d’ouverture officielle le 18 février, le ton sera donné : la Rentrée littéraire se veut un espace d’échange, de réflexion et de célébration du livre. Le Musée Muso Kunda à Korofina accueillera un salon du livre avec des expositions-ventes, des dédicaces et des animations permettant au public de découvrir de nouvelles voix littéraires.

Parmi les moments forts figurent également plusieurs débats et cafés littéraires organisés dans les universités et lycées de Bamako. L’un des plus attendus, intitulé « Ce que deviennent nos rêves », réunira des auteurs pour discuter du pouvoir de la fiction et de l’importance de garder espoir dans un monde en crise. Une autre table ronde, « Héritages et transmissions », explorera la manière dont les générations successives perpétuent ou réinventent la culture et la mémoire collective.

Des discussions sur des sujets de société tels que « La fin du monde ou d’UN monde » et « La lecture, une occupation d’un autre temps ? » promettent d’enrichir le débat intellectuel. L’événement se clôturera par une grande soirée littéraire mêlant lecture, performances artistiques et danse contemporaine. Toute chose qui symbolise l’interconnexion entre les différentes formes d’expression culturelle.

Une jeunesse qui prend la parole

À travers cette édition, la Rentrée littéraire du Mali ne se contente pas de célébrer la littérature, elle entend redonner à la jeunesse sa place dans le débat public. Il est temps, affirment les organisateurs, d’ouvrir les espaces de discussion aux nouvelles générations et de leur permettre d’exprimer leurs rêves, leurs colères et leurs aspirations.

Ibrahim K. Djitteye 

8 février 2025 0 comments
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Intelligence artificielle
A la UneAnalyses

[Tribune] L’Afrique à l’épreuve de l’Intelligence artificielle 

by Fousseni TOGOLA 7 février 2025
written by Fousseni TOGOLA 3 minutes read

Dans le silence feutré des salles de réunion parisiennes, où se tiendra les 10 et 11 février 2025 le Sommet intergouvernemental pour l’action sur l’Intelligence artificielle, une certitude s’impose : l’avenir du monde se décide ici. Mais sans véritablement l’Afrique.

Là où l’Europe cherche une régulation, où les États-Unis et la Chine s’affrontent à coups d’algorithmes et de supercalculateurs, l’Afrique, elle, regarde encore la révolution se faire sans elle.

L’IA, nouveau champ de bataille mondial

Le duel entre OpenAI et DeepSeek, entre Washington et Pékin, dépasse de loin la seule performance des modèles d’intelligence artificielle. Il ne s’agit plus seulement de vitesse de calcul ou de puissance des algorithmes. Il s’agit de souveraineté. De contrôle. De domination.

Celui qui maîtrisera l’IA maîtrisera l’économie mondiale, les flux financiers, la guerre de l’information, les industries stratégiques. Et pour l’instant, l’Afrique reste spectatrice de cette bataille, terrain convoité mais acteur secondaire, grande consommatrice mais faible productrice.

Les entreprises étrangères y installent leurs solutions, collectent des données locales, conçoivent des outils sur mesure. Mais où sont les centres de recherche africains sur l’IA ? Où sont les algorithmes développés par des ingénieurs africains pour répondre aux réalités africaines ?

Du Mali à l’ensemble du continent, un modèle à suivre

Le Mali a pourtant pris une initiative qu’il faut observer de près. Le général Assimi Goïta, président de la transition, a fait de la formation technologique un axe majeur de sa politique. Il ne s’agit plus seulement d’acheter du matériel militaire ou des équipements étrangers, mais de former des Maliens capables de les entretenir, voire de les fabriquer.

Appliquer cette logique à l’IA, c’est offrir à l’Afrique les outils de sa souveraineté. Sans cela, le continent continuera d’être une colonie numérique, tributaire de technologies qu’il ne comprend qu’à moitié, incapable d’influencer les règles du jeu.

Les trois freins majeurs à surmonter

Mais cette ambition se heurte à trois obstacles majeurs :

  • L’absence d’infrastructures

Aujourd’hui, la majorité des données africaines sont stockées à l’étranger. Un continent qui ne maîtrise pas ses données est un continent qui se condamne à l’impuissance. L’IA repose sur l’analyse de données massives ; si ces données sont aux mains d’acteurs étrangers, toute tentative d’autonomie est vouée à l’échec.

  • Le déficit de formation

L’Afrique compte trop peu d’ingénieurs spécialisés en IA, et ceux qui émergent sont souvent recrutés par des entreprises étrangères. Sans une politique massive de formation et de rétention des talents, le continent continuera d’importer l’innovation plutôt que de la produire.

  • Le problème énergétique

L’IA est gourmande en électricité. Or, 600 millions d’Africains n’ont toujours pas accès à une énergie fiable. Comment concevoir des centres de calcul performants sans garantir une alimentation électrique stable ? Le développement du numérique africain passera d’abord par une révolution énergétique.

L’Afrique a encore le choix. Celui de l’autonomie technologique ou de la dépendance permanente. Celui d’une révolution subie ou d’une révolution maîtrisée.

Créer ses propres algorithmes, former ses propres experts, protéger ses propres données, investir dans ses propres infrastructures : voilà les conditions d’un réveil africain dans l’ère numérique.

L’histoire est en marche. Reste à savoir si l’Afrique décidera d’en être l’auteur ou le simple figurant.

F. Togola 

7 février 2025 0 comments
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Assimi Goïta
A la UneSécurité

Assimi Goïta : « L’année 2025 sera celle de la continuité et du renforcement opérationnel »

by Chiencoro 7 février 2025
written by Chiencoro 5 minutes read

Dans les salons feutrés du palais de Koulouba, au matin du 6 février 2025, l’heure était à la solennité. Un rendez-vous qui relève à la fois du protocole et de l’histoire : la présentation des vœux du Nouvel An au Chef suprême des Armées, le Général d’Armée Assimi Goïta.

Face à lui, le gotha militaire et politique du pays : le Premier ministre, le ministre de la Défense, les membres du gouvernement, le Président du Conseil national de Transition et l’ensemble des chefs militaires. Une cérémonie où se mêlent symboles de cohésion, hommage aux disparus et perspectives stratégiques pour l’année à venir.

Unité et cohésion, les maîtres-mots de l’armée malienne

Devant l’assemblée, c’est le Général de Division Oumar Diarra, Chef d’État-Major Général des Armées, qui a porté la voix des Forces armées. « Cette cérémonie exprime la fraternité d’armes entre les différentes composantes de notre outil de défense, la magnification de la cohésion et la solidarité dans une chaîne de commandement unie et unifiée », a-t-il déclaré.

Le ton est donné : dans un Mali confronté aux défis sécuritaires, l’unité des Forces armées et de sécurité (FAMA) demeure la clé de la stabilité nationale. Une unité d’autant plus essentielle que la Confédération des États du Sahel (AES), créée avec le Burkina Faso et le Niger, en juillet 2024, exige une coopération militaire renforcée.

Avant de poursuivre, une minute de silence est observée en hommage aux soldats tombés sur le champ d’honneur. « Notre raison d’être demeure de faire la guerre pour la paix quand nous sommes sollicités », a martelé le Chef d’État-Major, rappelant ainsi la mission première des forces armées.

2024, une année de montée en puissance

Le bilan de l’année écoulée est sans appel : l’armée malienne s’est engagée dans une refondation stratégique visant à renforcer sa capacité d’action. « Les Forces armées maliennes jouent pleinement leur rôle dans la refondation de l’État, de l’unité nationale et de la cohésion sociale », a affirmé le Général Oumar Diarra.

L’accent a été mis sur plusieurs chantiers majeurs :

✅ L’amélioration des ressources humaines et logistiques, avec une modernisation des équipements militaires et une meilleure prise en charge des soldats.
✅ L’acquisition de nouveaux matériels de combat, dont les drones Akenzi de dernière génération, capables d’opérer sur n’importe quel point du territoire national.
✅ Le renforcement des infrastructures militaires, à travers un projet de construction d’unités interarmées, gage d’une meilleure coordination opérationnelle.
✅ Le développement des partenariats stratégiques au sein de la Confédération des États du Sahel, un cadre désormais privilégié pour le renforcement des capacités militaires.

L’objectif affiché est clair : disposer d’une armée nationale forte, opérationnelle et résiliente, capable de défendre l’intégrité du territoire et de garantir le retour effectif des autorités de l’État dans toutes les régions.

2025 s’annonce comme l’année de la consolidation des acquis

Prenant la parole, le Président de la Transition n’a pas manqué de saluer les avancées enregistrées par les Forces de défense et de sécurité, tout en mettant en garde contre la volatilité du contexte sécuritaire régional.

« La cohésion et l’unité d’action, tant à l’intérieur des Forces Armées et de Sécurité que dans notre chaîne de commandement, constituent les gages de nos succès », a rappelé le Chef suprême des Armées.

Évoquant la nouvelle architecture militaire au sein de la Confédération des États du Sahel, il a indiqué la nécessité d’accélérer la mise en place d’une force unifiée avec le Burkina Faso et le Niger. « Nous avons œuvré, avec nos frères d’armes du Burkina Faso et du Niger, à la mise en place d’une force unifiée au sein de la Confédération des États du Sahel (AES). Dans ce processus de mutualisation des énergies et des moyens, je vous engage à accélérer les procédures de planification opérationnelle tout en privilégiant une approche globale de résolution de la crise à laquelle nos États sont confrontés », a-t-il instruit.

Si 2024 a été marquée par des victoires stratégiques, l’année 2025 s’annonce comme celle de la consolidation des acquis et de la montée en puissance des FAMA. « Soyez rassurés, avec l’appui constant du peuple malien, que l’année 2025 sera celle de la continuité dans le renforcement des capacités opérationnelles des Forces Armées et de Sécurité », a assuré le Président Goïta.

Un engagement total envers le peuple malien

Assimi Goïta a tenu à adresser un message aux populations, qui placent d’immenses attentes en leur armée : « Les succès opérationnels que vous remportez sur les différents théâtres redonnent de l’espoir aux populations et renforcent les liens entre l’Armée et la Nation », a-t-il affirmé.

Dans un contexte où les défis militaires, diplomatiques et économiques se mêlent, le Chef de l’État a souligné l’importance d’une approche coordonnée, où les opérations militaires s’accompagnent de réformes politiques et de projets de développement.

Avant de conclure, il a, lui aussi, eu une pensée pour les victimes du terrorisme : « J’ai une pensée pour toutes les victimes du terrorisme ainsi que les soldats tombés au champ d’honneur. Leur sacrifice et leur engagement resteront à jamais une source d’inspiration pour les générations futures. »

Chiencoro Diarra

7 février 2025 0 comments
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Acte de naissance
A la UneÉconomie

Mali : un nouvel outil pour sécuriser l’état civil

by Sahel Tribune 7 février 2025
written by Sahel Tribune 2 minutes read

Depuis plus d’une décennie, le Mali tente de moderniser son système d’état civil, pierre angulaire de toute administration fiable. Un chantier titanesque, où ambitions politiques et inerties bureaucratiques se croisent et s’affrontent.

Face aux « difficultés liées à la faible synergie entre les acteurs et à la faible sécurisation des actes d’état civil », le Conseil des ministres a décidé de revoir sa copie. Désormais, la gestion du système reposera sur une nouvelle structure dédiée : l’Agence nationale de Sécurisation des actes d’état civil (ANSAC).

Un vieux chantier toujours en construction

En 2009, le gouvernement lançait le Recensement administratif à Vocation d’état civil (RAVEC), avec pour ambition de constituer « un répertoire des Maliens de l’intérieur et de l’extérieur, identifiés par un Numéro d’Identification national ». L’objectif était de doter chaque citoyen d’une identité unique, infalsifiable, sécurisée.

Pour centraliser et exploiter ces données, l’État avait alors mis en place le Centre de Traitement des Données de l’état civil. Mais treize ans plus tard, le constat est sans appel : « des insuffisances persistent » et mettent en péril l’intégrité du système.

D’où la nécessité de « corriger ces failles » à travers la création de l’ANSAC, qui aura la lourde tâche d’assurer « l’identification des moyens électroniques, la conception, la production et l’authentification des actes d’état civil ».

Cette réforme vise à mettre un terme aux fraudes, aux « duplicatas frauduleux », et à ces documents falsifiés qui nourrissent un marché noir de l’identité. Mais derrière les promesses, une question essentielle demeure : l’ANSAC aura-t-elle les moyens de sa mission ?

Entre nécessité et défi logistique

En s’attaquant à la sécurisation de l’état civil, le gouvernement prend un virage stratégique. Car « un acte d’état civil fiable est une condition essentielle à l’exercice des droits fondamentaux » : accès à l’éducation, à la santé, aux services administratifs.

Mais la réussite de cette réforme dépendra avant tout de sa mise en œuvre effective. Après le RAVEC et le Centre de Traitement des Données, l’ANSAC sera-t-elle l’outil définitif qui garantira enfin un état civil sécurisé et unifié ?

A.D

7 février 2025 0 comments
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