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Au Mali, la guerre passe aussi par les banques

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Le Mali durcit son offensive contre le financement des groupes armés. Dans un arrêté publié au Journal officiel, le 6 mars 2026, les autorités ont décidé de prolonger le gel des avoirs visant plusieurs figures majeures de l’insurrection terroriste, dont Iyad Ag Ghaly et Amadou Kouffa. Une mesure financière qui s’inscrit dans la stratégie de Bamako pour frapper les organisations armées au portefeuille autant que sur le terrain.

Les autorités maliennes ont décidé de prolonger de six mois le gel des biens et ressources économiques de plusieurs figures majeures des groupes armés terroristes opérant au Sahel. La mesure, publiée le 6 mars 2026 au Journal officiel, vise notamment des dirigeants liés aux mouvements armés actifs dans le nord et le centre du Mali.

Dans un arrêté signé le 5 mars 2026 par le ministre d’État chargé de l’Économie et des Finances, Alousséni Sanou, Bamako a décidé de prolonger pour six mois le gel des biens, fonds et ressources économiques de plusieurs personnalités inscrites sur la liste nationale des sanctions financières ciblées. La mesure est entrée en vigueur le 7 mars 2026 et restera applicable jusqu’au début du mois de septembre.

Plusieurs chefs terroristes visés

La décision concerne plusieurs figures centrales de l’insurrection terroriste au Mali. Parmi elles figurent notamment Iyad Ag Ghaly, Amadou Kouffa, Alghabass Ag Intalla, Bilal Ag Acherif, Fahad Ag Almahmoud, Achafagui Ag Bouhada. Ces personnes avaient été inscrites sur la liste nationale des sanctions financières ciblées par un arrêté publié en mars 2024.

Le renouvellement du gel de leurs avoirs vise à empêcher l’utilisation de ressources financières susceptibles d’alimenter les activités des groupes armés opérant dans la région. Cette décision s’inscrit dans le cadre du dispositif national de lutte contre le financement du terrorisme et la prolifération des armes de destruction massive.

Elle repose notamment sur l’ordonnance adoptée en août 2024 renforçant les mécanismes juridiques permettant aux autorités maliennes de surveiller et bloquer les circuits financiers susceptibles de soutenir des organisations armées. Le processus implique également la Commission consultative chargée du gel administratif des avoirs, qui examine les dossiers avant toute décision de sanction.

Une stratégie financière dans la guerre contre les groupes armés

Au-delà de la dimension sécuritaire, ces sanctions financières constituent un outil stratégique dans la lutte menée par Bamako contre les groupes terroristes. En ciblant les ressources économiques de certains leaders armés, les autorités entendent limiter leur capacité de financement et affaiblir leurs réseaux logistiques.

Depuis plusieurs années, les gouvernements du Sahel renforcent ce type de mesures pour compléter les opérations militaires menées sur le terrain. Le Mali reste confronté à une insurrection complexe impliquant plusieurs groupes armés terroristes soutenus par des sponsors étatiques étrangers.

Dans ce contexte, les autorités multiplient les initiatives sécuritaires et financières afin de contenir l’influence de ces organisations. Le renouvellement du gel des avoirs s’inscrit ainsi dans une stratégie plus large visant à limiter les capacités d’action de ces groupes en s’attaquant à leurs sources de financement.

A.D


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