Un chèque, trois billets d’avion et quelques mots bien placés. Voilà comment, le 28 août, le colonel Lassina Togola, PDG des aéroports du Mali, a transformé une visite de courtoisie en acte politique. Devant les Pupilles de la République, le patron des Aéroports du Mali a rappelé qu’en ces temps de guerre, la solidarité n’est pas une option mais une stratégie.
Dans les républiques fragiles, les discours se succèdent, souvent interchangeables, parfois creux. Mais il arrive qu’un geste, en apparence banal, dise plus que mille formules. Ce jeudi, au nouveau siège des Aéroports du Mali, le colonel Lassina Togola a remis à la directrice de l’ONAPUMA, Mme Koné Sissi Odile Dakouo, un chèque et trois billets d’avion. Montant discret, mais à portée symbolique. Il s’agit de récompenser les Pupilles les plus méritants par un séjour au Niger, pays frère de l’AES.
Ici, pas de grandes envolées lyriques. Juste l’idée que dans un Mali où la guerre a laissé des centaines d’orphelins, l’entreprise publique peut faire plus qu’additionner des passagers et du fret. Elle peut investir dans la mémoire et l’avenir.
Le poids des chiffres, le choc des symboles
Les chiffres, Mme Dakouo les connaît par cœur : 1 878 Pupilles accompagnés, dont 300 intégrés aux activités de vacances cette année. Mais ce que retiendront les enfants, ce n’est pas le tableur Excel; c’est plutôt l’hymne chanté, la minute de silence observée, et surtout ce billet qui dit que leur horizon ne s’arrête pas aux frontières du deuil.
En donnant un peu d’argent et un peu de ciel, Togola a rappelé qu’au Mali, la solidarité peut se mesurer autrement que dans les colonnes d’un budget.
ADM, plus qu’une tour de contrôle
À ses côtés, directeurs adjoints et chefs de service sont venus afficher une solidarité de circonstance. Mais ce qui compte, c’est la ligne tenue par leur patron : faire des Aéroports du Mali non seulement un gestionnaire de pistes, mais aussi une tour de contrôle morale. Ironie du sort : il aura fallu un colonel en uniforme recyclé en PDG pour rappeler qu’on ne construit pas une nation seulement avec des avions, mais aussi avec des enfants.
Un chèque symbolique, trois billets d’avion. Peu de choses, dira-t-on, face aux milliards engloutis ailleurs. Mais parfois, dans la mise en scène républicaine, ce sont les gestes modestes qui pèsent lourd.
Et dans ce Mali où la parole officielle a souvent trop volé bas, ce chèque signé Togola valait plus qu’un long discours.
Chiencoro Diarra
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