Dans son adresse de fin d’année, diffusée sur la télévision nationale (ORTM), ce 31 décembre 2025, le président de la transition, le général d’armée Assimi Goïta, a dressé le bilan de 2025. Entre crises surmontées, souveraineté affirmée et refondation nationale, le chef de l’État malien veut faire de 2026 l’année de la consolidation et du progrès partagé. Derrière les mots, une ambition : ancrer définitivement le « Mali Kura » dans la durée et replacer la culture, la justice et l’économie au cœur d’un projet d’État souverain.
Dans un discours empreint de solennité et d’assurance, prononcé à la veille du Nouvel An, le président de la transition, le général d’armée Assimi Goïta, a dressé un large bilan de l’année écoulée et tracé les grandes orientations du Mali pour 2026. Au cœur de son adresse : la souveraineté, la paix et la refondation d’un État qu’il veut à la fois moderne et fidèle à ses racines.
Une année d’épreuves et de résilience
L’année 2025 aura été, selon le chef de l’État, celle des « épreuves et de la vérité ». Marquée par la crise du carburant, des attaques contre les convois logistiques et des tensions économiques persistantes, elle a aussi révélé, dit-il, « le patriotisme et la résilience indéfectible des Maliens ».
Le général Goïta a salué « la bravoure » des transporteurs et la coordination des Forces armées et du gouvernement, qui ont évité « des ruptures majeures » d’approvisionnement. Ces difficultés, a-t-il souligné, doivent être transformées en « opportunités d’innovation et d’industrialisation ».
Face aux « pressions et manœuvres d’influence », Bamako revendique plus que jamais une indépendance politique et économique. Le président a réaffirmé son attachement à la « souveraineté assumée », citant la Vision prospective Mali Kura ɲɛtaasira ka bɛn san 2063 ma comme boussole stratégique : « À l’horizon 2063, notre ambition est de faire du Mali une Nation souveraine, unie, juste et prospère. »
Dans cette perspective, 2026 est présentée comme « l’année de la consolidation, de la conquête du bien-être et du progrès.».
Une paix endogène et une armée reconfigurée
Sur le plan sécuritaire, le chef de la transition a mis en avant les « avancées significatives » dans la reconquête du territoire. Il a salué la coopération militaire avec le Burkina Faso et le Niger à travers la Force unifiée de l’Alliance des États du Sahel (AES), dont la remise du drapeau au commandant a eu lieu le 20 décembre dernier.
Mais la paix, a-t-il insisté, « ne s’impose pas, elle se construit ». L’adoption de la Charte pour la paix et la réconciliation nationale, ainsi que le redémarrage du programme de désarmement, démobilisation et réinsertion (DDR), doivent ancrer « un processus de paix endogène, fondé sur la vérité et la confiance ».
Le général Assimi Goïta a également insisté sur la « souveraineté culturelle », pilier du Mali nouveau, en célébrant l’officialisation des langues nationales et la valorisation des légitimités traditionnelles.
La justice et la gouvernance, a-t-il rappelé, restent « au cœur du projet national ». Le président a mis en avant le rôle du Pôle économique et financier et de l’Agence nationale de recouvrement des avoirs saisis dans la lutte contre la corruption et l’impunité : « Nul n’est au-dessus de la loi. L’argent soustrait à la Nation doit revenir à la Nation. »
Réformes économiques et transformation structurelle
Malgré les sanctions et les contraintes sécuritaires, l’économie malienne affiche, selon le président, « une résilience remarquable » : croissance soutenue, inflation maîtrisée et dette jugée soutenable. Le retrait du Mali de la liste grise du GAFI, en juin 2025, est présenté comme un signal de confiance retrouvé.
Le général Goïta a promis de poursuivre la modernisation de l’administration par la digitalisation et de renforcer la souveraineté minière. « La richesse du Mali doit appartenir aux Maliens », a-t-il martelé, évoquant la renégociation des contrats miniers et la transformation locale des matières premières.
Le développement du capital humain sera, selon lui, au centre de l’action gouvernementale. La santé, l’éducation et la formation professionnelle demeurent « les fondations du Mali Kura ». Le président a annoncé la poursuite du Projet présidentiel d’urgence hospitalière et le lancement du Projet national de formation des ressources humaines pour adapter les compétences aux besoins économiques.
Ce discours de fin d’année, long et calibré, aura confirmé la volonté du chef de la transition de s’inscrire dans la durée, en projetant le pays au-delà des turbulences immédiates. Entre souveraineté retrouvée et défis à venir, le Mali entame 2026 avec la promesse d’un État qui veut redevenir maître de son destin.
Chiencoro Diarra
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