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	<title>Archives des vivre ensemble | Sahel Tribune</title>
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	<title>Archives des vivre ensemble | Sahel Tribune</title>
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		<title>Le sinankunya face au monde moderne : la plaisanterie à cousinage survit-elle en ville ?</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Chiencoro]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 07 Jun 2026 00:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>
<p>Valeur centrale du Programme national d’éducation aux valeurs, le sinankunya demeure un puissant mécanisme de cohésion sociale au Mali. </p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>

<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Au Mali, cette institution pluriséculaire qui permet à des communautés entières de se moquer les unes des autres sans qu&rsquo;une goutte de sang coule est érigée en valeur cardinale par le Programme National d&rsquo;Éducation aux Valeurs. Mais entre les embouteillages de Bamako, les smartphones et l&rsquo;individualisme ambiant, que reste-t-il du pacte ?</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">La scène se passe à un carrefour de Bamako, côté Lafiabougou. Deux hommes viennent de se rentrer dedans avec leurs motos. Casques inexistants, jurons immédiats. L&rsquo;un lance le nom de l&rsquo;autre. L&rsquo;autre reconnaît une terminaison patronymique. Un silence d&rsquo;une demi-seconde. Puis les deux éclatent de rire — parce qu&rsquo;ils sont&nbsp;<em>sinanku</em>, cousins à plaisanterie. Ils se mettent à s&rsquo;insulter avec une tendresse qui déroute les passants non initiés. La dispute s&rsquo;évapore. Les motos repartent.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce genre de scène existe encore. Mais de moins en moins. Et c&rsquo;est précisément ce rétrécissement-là qui inquiète les rédacteurs du Programme National d&rsquo;Éducation aux Valeurs (PNEV) malien, lancé par les autorités de la Transition. Le texte cite le&nbsp;<em>sinankunya</em>&nbsp;parmi les «&nbsp;<em>valeurs existentielles</em>&nbsp;» du pays, aux côtés de la solidarité, de l&rsquo;hospitalité et de l&rsquo;honnêteté. Autrement dit : le considère comme un pilier de la cohésion nationale, pas comme un folklore pittoresque.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La question est de savoir si ce pilier tient encore le plafond.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Un pacte sacré déguisé en dérision</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Avant de se demander ce qu&rsquo;il devient, rappelons ce qu&rsquo;il est. Le&nbsp;<em>sinankunya</em>&nbsp;— ou&nbsp;<em>sanankuya</em>&nbsp;selon les langues — est traduit dans le PNEV comme «&nbsp;<em>parenté à plaisanterie</em>&nbsp;». La formule est juste mais réductrice. Il s&rsquo;agit en réalité, selon le document, d&rsquo;un «&nbsp;<em>pacte d&rsquo;alliance et de non-agression érigé en lien de parenté, associé à un jeu de dérision mutuelle, chacun se retrouvant en l&rsquo;autre</em>&nbsp;». Un traité de paix déguisé en joute verbale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ses fondements sont anciens et divers. Entre certains patronymes, l&rsquo;alliance est héréditaire : les Traoré et les Diarra se charient depuis des siècles, les Coulibaly et les Fomba aussi, les Bozo et les Dogon partagent un cousinage légendaire né des rives du fleuve Niger. Entre certaines communautés, elle est ethnique : Peuls et Bambaras, Soninké et Maures, Sénoufo et Dioula s&rsquo;y adonnent selon des codes propres, transmis oralement de génération en génération. Elle peut aussi être géographique, entre villages voisins dont l&rsquo;histoire a forgé des liens d&rsquo;alliance et de complémentarité économique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans tous les cas, le mécanisme est le même : l&rsquo;insulte ritualisée est permise, voire obligatoire. «&nbsp;<em>Tu es mon esclave</em>&nbsp;», «&nbsp;<em>vous mangez des lézards</em>&nbsp;», «&nbsp;<em>vous êtes des consommateurs du haricot</em>&nbsp;», «&nbsp;<em>vous n&rsquo;êtes bons qu&rsquo;à garder les chèvres</em>&nbsp;» — autant de formules qui, dans un autre contexte, déclencheraient une bagarre, et qui ici appellent une réponse du même tonneau, dans le rire. L&rsquo;anthropologue Germaine Dieterlen, qui avait étudié ces pratiques chez les Dogon dans les années 1940, avait été frappée par leur capacité à désamorcer les tensions que d&rsquo;autres sociétés règlent par la violence.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Un amortisseur de conflits à grande échelle</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Ce qui fait la spécificité du&nbsp;<em>sinankunya</em>&nbsp;par rapport à d&rsquo;autres formes de plaisanterie culturelle dans le monde, c&rsquo;est son ancrage institutionnel. Il n&rsquo;est pas une blague. C&rsquo;est un droit et un devoir codifiés, assortis d&rsquo;obligations précises. Le PNEV le décrit comme «&nbsp;<em>un formidable moyen de médiation sociale, qui participe des mécanismes traditionnels vivants de résolution des conflits à toutes les échelles</em>&nbsp;». Le mot «&nbsp;<em>vivants</em>&nbsp;» mérite attention — les rédacteurs y croient encore.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et l&rsquo;histoire leur donne des raisons d&rsquo;y croire. Des chercheurs ont documenté des situations de tension intercommunautaire — disputes foncières, palabres entre villages, froissements de prestige — où l&rsquo;invocation du&nbsp;<em>sinankunya</em>&nbsp;entre protagonistes a suffi à désamorcer ce qui menaçait de dégénérer. L&rsquo;humour comme soupape. La dérision comme traité de paix. La moquerie comme sauf-conduit diplomatique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans le contexte malien actuel, marqué par des années de crise sécuritaire et une véritable guerre informationnelle, la valeur opérationnelle de ce mécanisme n&rsquo;est pas seulement symbolique. Elle est potentiellement vitale.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Bamako, broyeuse de pactes</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Mais voilà le problème : Bamako n&rsquo;est pas un village. Et c&rsquo;est dans les villes que se joue désormais la majorité de la vie sociale malienne. La capitale a quintuplé de population en trente ans. Elle abrite aujourd&rsquo;hui plus de trois millions de personnes venues de tous les horizons du pays — et au-delà. Dans cet espace urbain saturé, anonyme, où l&rsquo;on ne sait pas toujours qui est son voisin de palier, encore moins son patronyme, le&nbsp;<em>sinankunya</em>&nbsp;perd sa condition d&rsquo;existence première : la connaissance de l&rsquo;autre.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Car le pacte repose sur la reconnaissance. Pour plaisanter avec quelqu&rsquo;un, encore faut-il savoir qu&rsquo;on est son&nbsp;<em>sinanku</em>. Or dans les quartiers populaires de Bamako — Banconi, Sogoniko, Yirimadio —, les gens se croisent sans se voir, travaillent ensemble sans jamais apprendre d&rsquo;où ils viennent. La mobilité sociale brasse les patronymes mais dilue les codes. Un Keïta né à Bamako de parents originaires de Ségou et éduqué dans une école française peut très bien ne jamais avoir appris avec qui sa famille partage un cousinage.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le PNEV le reconnaît à demi-mot : «&nbsp;<em>l&rsquo;effritement de l&rsquo;autorité parentale</em>&nbsp;» et les transformations urbaines ont «&nbsp;<em>sérieusement affecté nos valeurs culturelles fondamentales comme le cousinage, la solidarité et l&rsquo;entraide</em>&nbsp;». Le cousinage vient en premier dans la liste. Ce n&rsquo;est pas un hasard.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Le smartphone ne sait pas jouer à ça</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Il y a aussi la question des écrans. Le&nbsp;<em>sinankunya</em>&nbsp;est une pratique de présence physique. Son efficacité sociale tient précisément à ce qu&rsquo;elle se déploie en public, devant témoins, dans un espace partagé. La plaisanterie prend son sens dans le regard des autres — qui rient, qui valident, qui rappellent les règles si quelqu&rsquo;un dépasse les bornes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Or la sociabilité numérique, qui a colonisé une large part du temps social des jeunes Maliens, obéit à d&rsquo;autres logiques. On ne sait pas encore très bien comment plaisanter sur WhatsApp avec son cousin-à-plaisanterie — surtout quand on n&rsquo;a jamais appris qu&rsquo;il l&rsquo;était. Les mèmes, les GIF, les stories ne véhiculent pas les codes du&nbsp;<em>sinankunya</em>. Et ce qui ne passe pas par les écrans finit, pour une génération entière, par n&rsquo;exister que vaguement.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il y a là un paradoxe que les autorités maliennes perçoivent sans toujours savoir comment l&rsquo;adresser : comment numériser quelque chose qui n&rsquo;existe que dans le corps-à-corps, dans la voix, dans le geste, dans l&rsquo;espace commun de la rue ou du marché ?</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Résistances et réinventions</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Pourtant, le&nbsp;<em>sinankunya</em>&nbsp;n&rsquo;est pas mort. Loin de là. Il se pratique encore, intensément, dans les cérémonies familiales — mariages, baptêmes, funérailles — où les retrouvailles entre cousins à plaisanterie donnent lieu à des joutes verbales d&rsquo;une inventivité parfois vertigineuse. Il survit aussi dans certaines professions où la sociabilité est dense : les marchés, les transports en commun, certains milieux associatifs. Des griots en font même une spécialité, rappelant publiquement les alliances lors des grands rassemblements.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Plus surprenant : des formes de&nbsp;<em>sinankunya</em>&nbsp;ont émergé entre groupes ethniques que la crise sécuritaire avait mis en tension. Des initiatives de réconciliation intercommunautaire, notamment dans le centre du Mali, ont délibérément convoqué le mécanisme traditionnel pour créer un espace de parole détendue entre communautés dont les relations s&rsquo;étaient crispées. La plaisanterie comme thérapie collective. L&rsquo;insulte ritualisée comme première étape vers le dialogue.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est d&rsquo;ailleurs sur ce terrain-là que le PNEV place ses espoirs les plus explicites : le&nbsp;<em>sinankunya</em>&nbsp;y est présenté non seulement comme un héritage à préserver, mais comme un «&nbsp;<em>instrument vivant de résolution des conflits&nbsp;</em>», mobilisable aujourd&rsquo;hui à toutes les échelles, du quartier au pays.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Un pari sur la transmission</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le vrai défi n&rsquo;est pas de défendre le&nbsp;<em>sinankunya</em>&nbsp;contre la modernité. C&rsquo;est de l&rsquo;enseigner à une génération qui ne l&rsquo;a pas reçu naturellement. C&rsquo;est là que le PNEV tente quelque chose d&rsquo;ambitieux : intégrer ces mécanismes sociaux traditionnels dans les curricula scolaires, en faire une matière vivante plutôt qu&rsquo;un chapitre de manuel, et redonner aux griots, aux aînés et aux associations culturelles les moyens de les transmettre.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le pari est plausible. Des recherches menées dans d&rsquo;autres contextes africains montrent que les pratiques culturelles de régulation sociale résistent bien mieux qu&rsquo;on ne le croit à l&rsquo;urbanisation — à condition qu&rsquo;elles soient nommées, valorisées, expliquées. Ce qui disparaît, ce n&rsquo;est pas toujours la pratique. C&rsquo;est parfois seulement la conscience de ce qu&rsquo;elle signifie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le&nbsp;<em>sinankunya</em>, ça ne s&rsquo;apprend pas dans un livre. Ça s&rsquo;apprend en riant. Sans doute. Mais encore faut-il savoir avec qui rire, et pourquoi. Et ça, c&rsquo;est précisément ce que l&rsquo;école, la famille et la société ont, depuis quelques décennies, cessé d&rsquo;enseigner. Le reste viendra peut-être tout seul.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Chiencoro Diarra&nbsp;</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Bamako : comment le religieux contribue à la cohésion sociale et à la paix au Mali</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Mikailou Cissé]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 01 May 2026 08:16:59 +0000</pubDate>
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<p>À Bamako, le rôle du religieux dépasse la foi : médiation, solidarité et cohésion sociale en font un levier clé de paix dans un Mali en crise.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>À Bamako, où se croisent tensions sécuritaires, fractures sociales et aspirations à la stabilité, la religion s’impose comme un acteur discret mais déterminant. Au-delà de la foi, mosquées, églises et leaders religieux contribuent à maintenir le dialogue, à apaiser les crises et à renforcer la cohésion nationale, faisant du fait religieux un levier essentiel dans la quête d’une paix durable au Mali.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans un Mali confronté depuis plus d’une décennie aux violences terroristes, aux fractures sociales et aux tensions institutionnelles, la quête d’une paix durable demeure l’un des défis majeurs de l’État. Si les réponses militaires et politiques occupent légitimement le devant de la scène, d’autres mécanismes, plus discrets mais profondément enracinés dans la société, participent chaque jour à la préservation de l’équilibre collectif. Parmi eux, le fait religieux à Bamako s’impose comme un levier essentiel de cohésion sociale et de pacification.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Une capitale sous tension, entre diversité et fragilités</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Capitale politique et économique du pays, Bamako concentre à elle seule les multiples contradictions du Mali contemporain. Ville de brassage humain, elle accueille des populations venues de toutes les régions, porteuses de langues, de cultures et de trajectoires diverses.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette diversité constitue une richesse sociale, mais elle s’accompagne également de fragilités liées aux inégalités économiques, au chômage des jeunes, à la pression urbaine et aux répercussions de la crise sécuritaire nationale. Dans un tel environnement, la cohésion sociale devient une condition indispensable de stabilité — un rôle dans lequel le religieux s’affirme comme un acteur de premier plan.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Le religieux, acteur structurant du lien social</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">À Bamako, la religion dépasse largement le cadre spirituel. Mosquées, églises, associations confessionnelles et leaders religieux participent activement à la structuration du lien social.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À travers l’encadrement moral, les actions de solidarité et les médiations communautaires, ils contribuent à maintenir des espaces de dialogue et de confiance. Cette reconnaissance se traduit jusque dans l’action publique : les rencontres régulières entre les autorités de la transition et les leaders religieux illustrent la volonté de mobiliser ces forces morales pour renforcer la cohésion nationale. Leur rôle est d’ailleurs consacré par la Constitution du 22 juillet 2023.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Depuis les audiences initiées à Koulouba en 2021, le pouvoir politique affirme ainsi la place stratégique du religieux dans la consolidation de la stabilité nationale.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Un rôle décisif en période de crise</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">La fonction pacificatrice du religieux s’est particulièrement illustrée lors de la crise politico-militaire de 2012. Dans un climat marqué par l’incertitude et la méfiance, plusieurs leaders religieux ont multiplié les appels à l’apaisement.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Leurs médiations discrètes ont contribué à réduire les tensions dans la capitale et à favoriser un environnement propice à la transition politique. Plus récemment, leur rôle s’est également révélé déterminant dans certaines médiations liées aux enlèvements ou aux violences intercommunautaires.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’exemple de la libération de passagers enlevés sur l’axe Bankass–Bandiagara en 2024 illustre cette capacité d’intercession, là où les voies institutionnelles restent parfois limitées.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Prières, dialogues et initiatives interreligieuses</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">À Bamako, la religion sert aussi de point de rassemblement dans les moments de tension. Les prières collectives organisées sur le campus universitaire de Badalabougou en sont une illustration marquante.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans une étude académique, le chercheur Sekou Sala Timbely souligne que les années 1990 ont vu une implication accrue des organisations religieuses dans les affaires publiques, contribuant à structurer ces espaces de dialogue.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La relance du cadre de concertation entre l’État et les associations religieuses en février 2026 confirme cette reconnaissance institutionnelle du dialogue interreligieux comme outil de stabilité.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Une conception malienne de la paix</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Au Mali, la paix ne se limite pas à l’absence de violence : elle repose sur la qualité des relations sociales. Cette vision s’inscrit dans l’héritage de la Charte de Kouroukanfouga, fondée sur le respect, la solidarité et la dignité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À travers des valeurs comme le Maya, le Dambé ou le Malidenya, la société malienne rappelle que la stabilité collective repose sur la responsabilité partagée et la reconnaissance de l’autre.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Le rôle moral et social des leaders religieux</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">À travers sermons et prêches, les leaders religieux diffusent des messages de tolérance, de patience et de responsabilité collective. Leur influence contribue à orienter les comportements dans les périodes difficiles.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Lors des tensions liées à la crise énergétique, certains ont ainsi appelé à la solidarité et à l’endurance, participant à maintenir une forme de résilience sociale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Par ailleurs, dans un contexte où les services publics sont parfois insuffisants, les structures religieuses jouent un rôle de proximité essentiel : aides alimentaires, soutien aux familles vulnérables, accompagnement des jeunes et médiation des conflits.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Entre influence positive et risques d’instrumentalisation</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Cependant, cette influence n’est pas sans limites. Le religieux peut aussi faire l’objet d’instrumentalisations politiques ou identitaires. Lorsqu’il alimente l’exclusion ou la radicalisation, il devient un facteur de fragilisation.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Certaines dérives rappellent que la contribution du religieux à la paix dépend de son inscription dans une logique d’inclusion et de responsabilité. C’est dans cet esprit que Assimi Goïta a appelé, en 2026, les confessions religieuses à davantage de responsabilité dans leurs interventions publiques.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Un levier essentiel pour la paix durable</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Dans la reconstruction de la paix sociale, les réponses sécuritaires restent indispensables, mais insuffisantes à elles seules. Le fait religieux constitue une ressource interne précieuse pour soutenir la cohésion sociale et renforcer les solidarités.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans un Mali en quête de stabilité durable au cœur du Sahel, la paix dépend autant de la solidité des institutions que de la vitalité des liens sociaux. À Bamako, le religieux demeure ainsi un ressort discret mais puissant de la pacification nationale.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Mikaïlou Cissé</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Ramadan 2026 : ABSI fait du mois sacré un moment d’union  </title>
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		<dc:creator><![CDATA[Ibrahim Kalifa Djitteye]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 18 Mar 2026 07:27:37 +0000</pubDate>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Le mois sacré du Ramadan 2026 a été marqué par deux initiatives fortes de l’Association Bénévole pour la Solidarité Inclusive (ABSI). Le samedi 7 mars, l’association a lancé son « Opération Ramadan Solidaire » avec la distribution de 300 repas chauds aux passants bloqués dans la circulation au feu tricolore du 30 m, sur la route de l’aéroport. Une semaine plus tard, le 14 mars, ABSI a partagé l’iftar avec près de 200 orphelins de l’orphelinat « Ashed » de Mountougoula, inauguré en 2020.  </em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces deux actions traduisent la volonté de l’association de placer la solidarité inclusive au cœur de ses engagements. En offrant des repas aux fidèles pris dans la circulation et en partageant un moment de convivialité avec les orphelins, ABSI reflète l’esprit du Ramadan : un mois où la générosité et la fraternité se vivent dans des gestes concrets. Les bénéficiaires ont ainsi pu ressentir chaleur humaine et réconfort, valeurs essentielles de ce temps spirituel.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-deux-actions-pour-un-meme-esprit-nbsp"><strong>Deux actions pour un même esprit &nbsp;</strong><strong></strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">La distribution de repas sur la route de l’aéroport a permis à de nombreux fidèles de rompre dignement leur jeûne malgré les contraintes de la circulation. Ce geste simple mais significatif rappelle que la cohésion sociale peut se renforcer jusque dans les espaces urbains. ABSI démontre ainsi que la solidarité ne se limite pas aux cercles familiaux ou communautaires, mais qu’elle peut s’étendre à tous ceux qui en ont besoin, même dans les lieux de passage. &nbsp;</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-large"><a href="https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/03/La-presidente-de-lABSI-avec-les-orphelins.jpeg"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1024" height="682" src="https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/03/La-presidente-de-lABSI-avec-les-orphelins-1024x682.jpeg" alt="rupture collective avec les orphelins" class="wp-image-21614" srcset="https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/03/La-presidente-de-lABSI-avec-les-orphelins-1024x682.jpeg 1024w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/03/La-presidente-de-lABSI-avec-les-orphelins-300x200.jpeg 300w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/03/La-presidente-de-lABSI-avec-les-orphelins-768x511.jpeg 768w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/03/La-presidente-de-lABSI-avec-les-orphelins-585x389.jpeg 585w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/03/La-presidente-de-lABSI-avec-les-orphelins-263x175.jpeg 263w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/03/La-presidente-de-lABSI-avec-les-orphelins-600x399.jpeg 600w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/03/La-presidente-de-lABSI-avec-les-orphelins.jpeg 1080w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></a><figcaption class="wp-element-caption">Aminata Coulibaly, présidente de l’Association ABSI, en compagnie des orphelins lors de la rupture collective en mars 2026. Djitteye. </figcaption></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph">Le partage de l’iftar avec les orphelins de Mountougola a, quant à lui, apporté un instant de joie et de réconfort à des enfants souvent privés de l’affection familiale. En leur permettant de vivre pleinement l’esprit du Ramadan, ABSI a placé le sourire et le bien-être de ces jeunes au centre de son action. Ce moment de convivialité met en évidence la mission de l’association, notamment de bâtir une société plus inclusive et fraternelle. &nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-un-iftar-pour-les-orphelins-nbsp"><strong>Un iftar pour les orphelins &nbsp;</strong><strong></strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">À travers ces initiatives, ABSI confirme son engagement à promouvoir une solidarité active et durable. L’association met en avant l’importance de renforcer les liens sociaux et de soutenir les plus vulnérables. Le mois sacré devient ainsi une occasion de traduire la spiritualité en actes concrets, où la prière et le jeûne se conjuguent avec la générosité et le partage. &nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’association entend poursuivre cette dynamique tout au long du Ramadan. En multipliant les gestes de bienfaisance, elle souhaite rappeler que ce mois béni est aussi un moment de fraternité et de cohésion sociale. Ses actions, qu’elles soient dirigées vers les orphelins ou vers les fidèles en déplacement, traduisent une volonté constante de bâtir une société plus inclusive et solidaire. &nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-un-ramadan-de-fraternite-nbsp"><strong>Un Ramadan de fraternité &nbsp;</strong><strong></strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Ces initiatives constituent un exemple inspirant pour la communauté. Elles montrent que la solidarité ne se limite pas aux discours, mais qu’elle se vit dans des gestes concrets. En plaçant le sourire des enfants et le bien-être des fidèles au centre de ses actions, ABSI incarne l’essence même du Ramadan : un mois où la spiritualité se nourrit de partage et de fraternité, et où la société se renforce par l’union et la générosité. &nbsp;</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><a href="https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/03/La-presidente-de-lABSI.jpeg"><img decoding="async" width="1024" height="683" src="https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/03/La-presidente-de-lABSI-1024x683.jpeg" alt="La présidente de l'ABSI" class="wp-image-21612" srcset="https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/03/La-presidente-de-lABSI-1024x683.jpeg 1024w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/03/La-presidente-de-lABSI-300x200.jpeg 300w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/03/La-presidente-de-lABSI-768x512.jpeg 768w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/03/La-presidente-de-lABSI-585x390.jpeg 585w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/03/La-presidente-de-lABSI-263x175.jpeg 263w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/03/La-presidente-de-lABSI-600x400.jpeg 600w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/03/La-presidente-de-lABSI.jpeg 1080w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></a><figcaption class="wp-element-caption">Aminata Coulibaly, présidente de l’Association ABSI, en compagnie des orphelins lors de la rupture collective en mars 2026. Djitteye. </figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Le geste de distribuer des repas sur la route de l’aéroport illustre une solidarité qui s’adapte aux réalités quotidiennes. ABSI a su répondre à un besoin immédiat, celui de permettre aux fidèles en déplacement de rompre leur jeûne dans la dignité. Cette action démontre que la bienveillance peut se manifester dans les lieux les plus inattendus, renforçant ainsi le tissu social. &nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-une-solidarite-adaptee-aux-realites-nbsp"><strong>Une solidarité adaptée aux réalités &nbsp;</strong><strong></strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">De même, l’iftar partagé avec les orphelins de Mountougola a permis de créer un espace de fraternité et de chaleur humaine. Les enfants ont pu ressentir l’attention et l’affection d’une communauté qui ne les oublie pas. ABSI a ainsi donné un sens concret à la solidarité inclusive, en plaçant les plus vulnérables au centre de ses préoccupations. &nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ainsi, à travers l’« <em>Opération Ramadan Solidaire </em>» et l’iftar partagé avec les orphelins, ABSI illustre la force du don et du partage. Ces gestes rappellent que le Ramadan est un temps où la foi se traduit en actes, et où la communauté se soude autour de valeurs universelles de solidarité et d’inclusion. L’association s’impose comme un acteur majeur de la bienfaisance, donnant au mois sacré toute sa dimension humaine et spirituelle.  </p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Ibrahim Kalifa Djitteye&nbsp;</strong><strong></strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Biennale Artistique et Culturelle Tombouctou : Quand musique et théâtre unissent le Mali </title>
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		<dc:creator><![CDATA[Ibrahim Kalifa Djitteye]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 26 Dec 2025 13:17:59 +0000</pubDate>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em><strong><em>Dans le cadre de la Biennale artistique et culturelle, la journée du jeudi 25 décembre 2025 a été marquée par les prestations des orchestres régionaux de Kidal, Ménaka, San et Sikasso. Deux titres ont été interprétés par Kidal et Ménaka, huit morceaux en Bambara et en Bwa par San, et sept par Sikasso. Dans la nuit, le Stade municipal Baba Alkairou de Tombouctou a accueilli les troupes de Nioro et de Gao. Les deux événements ont enregistré la présence du ministre de l’Artisanat, de la Culture, de l’Industrie hôtelière et du Tourisme, M. Mamou&nbsp;</em></strong></em></strong><strong><em><strong><em>Daffé&nbsp;</em></strong></em></strong><strong><em><strong><em>et son collègue Oumou&nbsp;</em></strong></em></strong><strong><em><strong><em>Sall Seck&nbsp;</em></strong></em></strong><strong><em><strong><em>, des gouverneurs des régions et d’un public enthousiaste. &nbsp;</em></strong></em></strong><strong><em><strong><em></em></strong></em></strong></p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-large"><a href="https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2025/12/Le-Ministre-Daffe.jpeg"><img decoding="async" width="1024" height="683" src="https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2025/12/Le-Ministre-Daffe-1024x683.jpeg" alt="Le Ministre Daffé et Oumou Sall Seck" class="wp-image-20666" srcset="https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2025/12/Le-Ministre-Daffe-1024x683.jpeg 1024w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2025/12/Le-Ministre-Daffe-300x200.jpeg 300w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2025/12/Le-Ministre-Daffe-768x512.jpeg 768w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2025/12/Le-Ministre-Daffe-585x390.jpeg 585w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2025/12/Le-Ministre-Daffe-263x175.jpeg 263w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2025/12/Le-Ministre-Daffe-600x400.jpeg 600w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2025/12/Le-Ministre-Daffe.jpeg 1080w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></a><figcaption class="wp-element-caption">Le Ministre de la Culture Mamou Daffé et son collègue Oumou Sall Seck, le 25 décembre 2025, à la Biennale artistique et culturelle de Tombouctou. © Ibrahim Kalifa Djitteye/Sahel Tribune. </figcaption></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph">Dans l’après-midi, la salle Ali Farka Touré de Tombouctou s’est transformée en un espace de rencontre musicale. Les orchestres ont ouvert la journée avec des prestations variées : Kidal et Ménaka ont chacun proposé deux titres, reflétant les sonorités de leurs terroirs. L’orchestre de San s’est distingué par huit morceaux en Bambara et en Bwa, témoignant de la richesse linguistique et culturelle. Celui de Sikasso a offert sept titres, confirmant la vitalité artistique locale et l’importance de la transmission musicale. &nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans la nuit, le Stade municipal Baba Alkairou de Tombouctou a accueilli les troupes de Nioro et de Gao. Devant un public enthousiaste et en présence des ministres Mamou Daffé et Oumou Sall Seck, ainsi que des gouverneurs régionaux, les artistes ont donné à cette soirée une dimension particulière. La mobilisation institutionnelle et citoyenne a montré l’importance accordée à la culture comme vecteur de cohésion nationale et outil de dialogue entre les communautés. &nbsp;</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-large"><a href="https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2025/12/Troupe-theatrale-de-Gao.jpeg"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2025/12/Troupe-theatrale-de-Gao-1024x683.jpeg" alt="Troupe théâtrale de Gao" class="wp-image-20665" srcset="https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2025/12/Troupe-theatrale-de-Gao-1024x683.jpeg 1024w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2025/12/Troupe-theatrale-de-Gao-300x200.jpeg 300w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2025/12/Troupe-theatrale-de-Gao-768x512.jpeg 768w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2025/12/Troupe-theatrale-de-Gao-585x390.jpeg 585w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2025/12/Troupe-theatrale-de-Gao-263x175.jpeg 263w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2025/12/Troupe-theatrale-de-Gao-600x400.jpeg 600w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2025/12/Troupe-theatrale-de-Gao.jpeg 1080w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></a><figcaption class="wp-element-caption">Troupe théâtrale de Gao, le 25 décembre 2025, à la Biennale artistique et culturelle de Tombouctou. © Ibrahim Kalifa Djitteye/Sahel Tribune. </figcaption></figure>
</div>


<h2 class="wp-block-heading" id="h-les-prestations-artistiques-et-la-portee-citoyenne"><strong>Les prestations artistiques et la portée citoyenne</strong><strong></strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">La troupe de Nioro a présenté quatre disciplines : un ensemble instrumental, un solo de chant, une pièce de théâtre et une danse traditionnelle. La pièce « <em>Le silence des morts</em> » et le chant « <em>Mali Mussow</em><em> </em>» ont retenu l’attention. L’ensemble instrumental « <em>Magniniso</em> » a offert une immersion dans les sonorités traditionnelles, tandis que « <em>La danse des talibés</em><em> </em>» a apporté une énergie particulière, rappelant l’importance des pratiques populaires dans la transmission culturelle et la mémoire collective. &nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">La troupe de Gao a proposé un ensemble instrumental intitulé « <em>À chacun d’apporter la pierre à la construction du Mali Kura</em> », une pièce de théâtre « <em>La voix du fleuve</em> », une danse incorporé dans la pièce, ainsi qu’un solo de chant sur la souveraineté. Cette combinaison a renforcé l’impact de la prestation et montré la capacité des artistes à innover tout en respectant les formes traditionnelles. Les messages portés par ces œuvres ont résonné fortement auprès du public. &nbsp;</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-large"><a href="https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2025/12/Orchestre-regional-de-Menaka.jpeg"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2025/12/Orchestre-regional-de-Menaka-1024x683.jpeg" alt="Orchestre régional de Ménaka" class="wp-image-20664" srcset="https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2025/12/Orchestre-regional-de-Menaka-1024x683.jpeg 1024w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2025/12/Orchestre-regional-de-Menaka-300x200.jpeg 300w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2025/12/Orchestre-regional-de-Menaka-768x512.jpeg 768w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2025/12/Orchestre-regional-de-Menaka-585x390.jpeg 585w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2025/12/Orchestre-regional-de-Menaka-263x175.jpeg 263w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2025/12/Orchestre-regional-de-Menaka-600x400.jpeg 600w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2025/12/Orchestre-regional-de-Menaka.jpeg 1080w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></a><figcaption class="wp-element-caption">Orchestre régional de Ménaka, le 25 décembre 2025, à la Biennale artistique et culturelle de Tombouctou. © Ibrahim Kalifa Djitteye/Sahel Tribune. </figcaption></figure>
</div>


<h2 class="wp-block-heading" id="h-une-biennale-au-service-du-mali-kura"><strong>Une Biennale au service du Mali Kura</strong><strong></strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">La présence des ministres Mamou Daffé et Oumou Sall Seck a donné un éclat particulier à l’événement. Leur participation a illustré le soutien institutionnel aux différentes régionales présentes à la Biennale, montrant que la culture comme vecteur de cohésion nationale. Le public, nombreux et enthousiaste, a réagi avec ferveur, confirmant que ces moments de partage artistique renforcent le lien entre communautés et autorités et contribuent à la consolidation du Mali Kura. &nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au-delà des prestations musicales et théâtrales, cette journée a rappelé la mission de la Biennale : offrir une plateforme où les régions du Mali expriment leur identité et dialoguent à travers l’art. Les troupes de Nioro et de Gao, ainsi que les orchestres de Kidal, Ménaka, San et Sikasso, ont montré que la diversité culturelle est une richesse et que chaque discipline, notamment&nbsp;: théâtre, chant, musique ou danse, participe à l’édification d’un patrimoine commun. &nbsp;</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-large"><a href="https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2025/12/Orchestre-regional-de-Sikasso.jpeg"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2025/12/Orchestre-regional-de-Sikasso-1024x683.jpeg" alt="Orchestre régional de Sikasso" class="wp-image-20663" srcset="https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2025/12/Orchestre-regional-de-Sikasso-1024x683.jpeg 1024w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2025/12/Orchestre-regional-de-Sikasso-300x200.jpeg 300w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2025/12/Orchestre-regional-de-Sikasso-768x512.jpeg 768w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2025/12/Orchestre-regional-de-Sikasso-585x390.jpeg 585w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2025/12/Orchestre-regional-de-Sikasso-263x175.jpeg 263w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2025/12/Orchestre-regional-de-Sikasso-600x400.jpeg 600w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2025/12/Orchestre-regional-de-Sikasso.jpeg 1080w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></a><figcaption class="wp-element-caption">Orchestre régional de Sikasso, le 25 décembre 2025, à la Biennale artistique et culturelle de Tombouctou. © Ibrahim Kalifa Djitteye/Sahel Tribune. </figcaption></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph">Ainsi, la salle Ali Farka Touré de Tombouctou et le Stade municipal Baba Alkairou se sont imposés comme des carrefours de créativité et de mémoire. Les artistes ont donné corps à des récits, des sons et des gestes traduisant l’histoire et les aspirations du pays. La Biennale poursuit son rôle de catalyseur, en réunissant les talents régionaux et en affirmant que l’art est une clé essentielle pour la souveraineté et l’unité nationale. &nbsp;</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-large"><a href="https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2025/12/Orchestre-regional-de-San.jpeg"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2025/12/Orchestre-regional-de-San-1024x683.jpeg" alt="Orchestre régional de San" class="wp-image-20662" srcset="https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2025/12/Orchestre-regional-de-San-1024x683.jpeg 1024w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2025/12/Orchestre-regional-de-San-300x200.jpeg 300w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2025/12/Orchestre-regional-de-San-768x512.jpeg 768w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2025/12/Orchestre-regional-de-San-585x390.jpeg 585w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2025/12/Orchestre-regional-de-San-263x175.jpeg 263w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2025/12/Orchestre-regional-de-San-600x400.jpeg 600w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2025/12/Orchestre-regional-de-San.jpeg 1080w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></a><figcaption class="wp-element-caption">Orchestre régional de San, le 25 décembre 2025, à la Biennale artistique et culturelle de Tombouctou. © Ibrahim Kalifa Djitteye/Sahel Tribune. </figcaption></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph"><strong>Ibrahim Kalifa Djitteye, envoyé spécial à Tombouctou&nbsp;</strong><strong></strong></p>
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		<title>Fake news et discours haineux : Un duo explosif qui fragilise le vivre-ensemble</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Bakary FOMBA]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 21 Jun 2025 05:02:14 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actu]]></category>
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<p>Dans l'ère numérique, les fake news et discours de haine perturbent notre société. Explorez les solutions pour une meilleure communication.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Dans un monde où l’information circule à la vitesse de la lumière, la désinformation et les discours de haine se propagent comme une trainée de poudre. Ces phénomènes, bien que distincts, se nourrissent mutuellement et menacent la cohésion sociale, un pilier fondamental de toute société démocratique. Comment ces fléaux influencent-ils nos interactions, nos perceptions et, plus largement, notre capacité à vivre ensemble ? Quelles solutions pouvons-nous envisager ?</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">À l’ère du numérique, où chaque clic peut semer la discorde et chaque partage amplifier le mensonge, la vérité devient une victime collatérale — et la société, son foyer&nbsp;principal.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-la-desinformation-une-arme-invisible-contre-la-verite"><strong>La désinformation, une arme invisible contre la vérité</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">La désinformation, ou <em>« infox »,</em> consiste en la diffusion intentionnelle de fausses informations dans le but de tromper ou de manipuler. Avec l’avènement du numérique, ce phénomène a connu une croissance exponentielle. Selon une étude réalisée en 2023 par l’Université d’Oxford, près de <a href="https://www.oii.ox.ac.uk)/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">81 %</a> des pays du monde ont été confrontés à des campagnes organisées de désinformation. De plus, un <a href="https://www.counterhate.com/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">rapport</a> du Centre for Countering Digital Hate (CCDH) souligne qu’entre  2019 et 2023, le nombre de fausses informations partagées sur les réseaux sociaux a augmenté de 150 %. Ces campagnes, souvent orchestrées par des acteurs malveillants (États, groupes politiques ou individus), visent à manipuler l’opinion publique, semer la confusion et polariser les débats. La période de la pandémie de Covid-19 reste un exemple emblématique durant laquelle des rumeurs infondées sur les vaccins ont circulé massivement.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Une <a href="https://www.who.int/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">enquête</a> menée par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a révélé que 25 % des personnes interrogées dans 15 pays avaient été exposées à des informations erronées sur les vaccins, ce qui a contribué à une baisse de la confiance envers les autorités sanitaires. Au-delà des questions de santé, la désinformation touche également à des sujets sensibles comme les élections, les crises économiques ou les conflits internationaux.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais pourquoi la désinformation se propage-t-elle aussi rapidement ? Une <a href="https://www.mit.edu/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">étude</a> menée par le Massachusetts Institute of Technology (MIT) en 2018 montre que les fausses informations voyagent six fois plus vite que les informations véridiques sur X (anciennement Twitter). Ce phénomène s’explique par plusieurs facteurs, notamment l’émotionnalité des contenus où les fausses informations sont souvent formulées de manière sensationnelle ou choquante, incitant les utilisateurs à les partager sans vérification. Il s’agit également des algorithmes des réseaux sociaux où ces derniers privilégient les contenus engageants, même s’ils sont inexacts, pour maximiser le temps passé sur leurs plateformes. À cette liste s’ajoute le manque d’éducation aux médias où beaucoup d’internautes ne savent pas distinguer une information fiable d’une fake news.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-les-discours-de-haine-un-poison-pour-la-cohesion-sociale"><strong>Les discours de haine, un poison pour la cohésion sociale</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le discours de haine désigne toute forme d’expression — verbale, écrite ou symbolique — qui attaque une personne ou un groupe sur la base de critères tels que la race, la religion, le genre, l’orientation sexuelle, etc.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Parallèlement à la désinformation, les discours de haine prolifèrent sur Internet. Ils sont notamment caractérisés par des propos discriminatoires, racistes, sexistes ou xénophobes, ciblant souvent des minorités vulnérables.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Selon le <a href="https://www.hatespeechinternational.org/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">projet Hate Speech International</a>, les discours de haine en ligne ont augmenté de 40 % entre 2020 et 2023, avec des pics lors d’événements sensibles comme les élections ou les conflits internationaux. Aux États-Unis, le <a href="https://www.splcenter.org/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Southern Poverty Law Center</a> (SPLC) a également documenté une augmentation de 25 % des incidents de haine contre les communautés asiatiques depuis le début de la pandémie, en grande partie alimentée par des discours xénophobes véhiculés sur les réseaux sociaux.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces discours ne sont pas sans conséquences. Ils stigmatisent certains groupes, renforcent les divisions entre communautés et fragilisent le vivre-ensemble.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-quand-la-desinformation-nourrit-la-haine"><strong>Quand la désinformation nourrit la haine</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">La désinformation et les discours de haine sont étroitement liés. La première est souvent utilisée pour justifier ou légitimer les seconds. Par exemple, des théories conspirationnistes accusant une minorité d’être responsable d’un problème sociétal peuvent inciter à des actes de discrimination ou de violence. Une <a href="https://www.reutersinstitute.politics.ox.ac.uk/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">enquête</a> de l’Institut Reuters indique que 30 % des Européens croyaient à au moins une théorie complotiste, créant un terreau fertile pour les discours de haine.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La montée de la désinformation et des discours de haine représente un véritable défi pour nos sociétés modernes. Cependant, ces phénomènes ne sont pas une fatalité. Grâce à une approche combinant&nbsp;: régulation, éducation et engagement citoyen, il est possible de reconstruire des ponts entre les individus et de renforcer notre capacité à vivre ensemble. La question n’est pas seulement de savoir comment combattre ces fléaux, mais aussi de réaffirmer les valeurs qui nous unissent : tolérance, respect et solidarité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Comme l’a souligné l’historien Yuval Noah Harari, <em>« la vérité est fragile, mais elle reste notre meilleur rempart contre le chaos ».</em> En protégeant l’information et en combattant la haine, nous pouvons préserver ce bien précieux qu’est la cohésion sociale.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Bakary Fomba</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Tribune. Nécessité d’une philosophie de l’humanitude pour un monde de paix</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Sahel Tribune]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 21 Jun 2025 04:54:36 +0000</pubDate>
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<p>Découvrez comment instaurer la paix dans le monde face aux hostilités. Ensemble, nous pouvons agir pour un avenir harmonieux.</p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Le monde actuel est sans nul doute le théâtre des hostilités de toute nature. Des hostilités dont l’homme est à la fois le nègre et la première victime. Ce qui est croquignolesque, c’est le fait que certains États, individus, donnent, en catimini ou non, leur blanc-seing à cette mésaventure qui ne peut que donner des raids au vivre ensemble et à la paix, voire une banalisation du mal. Doit-on rester les mains croisées et regarder le mal se développer et chanter partout ?</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Absolument non ! D’ailleurs, Albert Einstein ne disait-il pas que&nbsp;<em>«</em><em> Le monde ne sera pas détruit par ceux qui font le mal, mais par ceux qui les regardent sans rien faire </em><em>»</em><em>.</em>&nbsp;Soucieux de l’effectivité de la paix dans le monde, nous ne pouvons donner nulle chance à la violence, aux conflits, de scier notre bien commun qui est la planète terre ou d’encourager un itinéraire qui ne sert qu’à faire manger par la nuit des innocents, nos prochains. Partant de ces constats, il y a lieu et place de promouvoir une philosophie de l’humanitude pour espérer un monde de paix.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-une-philosophie-inspiree-du-serment-des-chasseurs-du-mande-nbsp"><strong>Une philosophie inspirée du serment des chasseurs du Mandé&nbsp;</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">La philosophie de l’humanitude est l’ensemble des œuvres, des stratégies, des pratiques pacifiques que chaque individu/Etat doit entreprendre pour que son agir ne violente pas la vie de l’altérité. Il s’agit donc de bâtir un monde de paix à travers des relations dialogiques flexibles pour le bien-être de tous. Pour arriver à cette fin, il faut passer par l’éducation, la sensibilisation, l’institutionnalisation de la paix.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Notre philosophie de l’humanitude&nbsp;soutient&nbsp;mordicus le premier article du serment des chasseurs du mandé. Il est dit ceci dans cet article&nbsp;:&nbsp;<em>«</em><em> Toute vie&nbsp;</em>(humaine)<em>&nbsp;est une vie. Il est vrai qu’une vie apparaît à l’existence avant une autre vie, mais aucune vie n’est plus ancienne, plus respectable qu’une autre vie, de même qu’une vie n’est pas supérieure à une autre vie.</em><em> »</em>&nbsp;Ainsi notre premier message de paix, c’est de sensibiliser et d’enseigner aux uns et aux autres l’idée selon laquelle nulle race, religion, culture, ethnie n’est supérieure à une autre.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-desarmer-les-esprits-par-le-biais-du-langage"><strong>Désarmer les esprits par le biais du langage</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le racisme, l’intégrisme religieux, culturel, politique&nbsp;; bref toute forme de discrimination pouvant mettre en cause le vivre ensemble, doivent être étranglés. Nous voyons aujourd’hui que le Sahel est noyé depuis des décennies dans des hostilités mettant en question la paix dans cette zone. Cette guerre a fait des veuves, des orphelins…, des écoles sont fermées au Mali, au Burkina Faso, au Niger, etc. Quel avenir pour les victimes ?&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">La guerre coûte cher alors que la paix coûte moins. Donc, éduquer, sensibiliser à la pratique rationnelle des religions et cultures est l’une des missions principales de la philosophie de l’humanitude. Pour cette concrétude, des séances de sensibilisation,&nbsp;des ateliers, des journées d’échange sur les conséquences négatives des conflits, des camps de paix doivent être implantés un peu partout dans le monde. Cette mission a pour objectif de désarmer les esprits par le biais du langage. Tant que l’esprit est armé, les mains seront toujours hostiles à la stabilité de nos prochains.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">On&nbsp;doit&nbsp;se pardonner, dialoguer, se comprendre en rejetant l’usage des voies violentes au profit des voies pacifiques. Il est temps de cesser de s’enfoncer dans l’ornière de la violence sans issue. Nous n’avons pas intérêt à se violenter, à jouir du malheur des autres.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-ne-vivons-pas-comme-des-animaux-sauvages"><strong>Ne vivons pas comme des animaux sauvages</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Vivons rationnellement, avec modestie ou du moins, avec humanisme. Ainsi, les partisans de la philosophie de l’humanitude sont des combattants pacifiques via le langage positif, conscients que la paix est une condition&nbsp;<em>sine qua non</em>&nbsp;pour une vie heureuse. Pour ce faire, il nous faut mettre en pratique cette pensée d’Emmanuel Kant, l’une des grandes étoiles des Lumières&nbsp;:&nbsp;<em>«</em><em> Ne fais pas à autrui ce que tu ne voudrai</em><em>s&nbsp;</em><em>pas qu’il te fasse ».&nbsp;</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette assertion nous rappelle à la mise en œuvre de l’esprit laïc pour vivre rationnellement, surtout au profit de tous. Nous sommes dans un même navire et si on ne cesse pas de le vaciller, nous serons tous noyés d’un moment à l’autre. En s’accostant à cette pensée, il&nbsp;est pertinent&nbsp;de dire que si tu ne voudrais pas être maltraité, violé, volé, assassiné, torturé par qui que ce soit alors il ne faut pas faire autant à ton&nbsp;prochain. Ne vivons pas comme des animaux sauvages.&nbsp;&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Enfin nous crions haro vis-à-vis des visages paradoxaux des grandes puissances où la paix est réclamée dans les mots, mais piétinée dans le faire&nbsp;: c’est ubuesque. Cela devient d’autant plus vrai lorsque nous jetons une œillade sur ce qui se passe actuellement dans les pays de l’AES, en Ukraine, en Iran ou Israël&nbsp;: un piège sans issue. Toute analyse laisse voir sans éclipse qu’il s’agit d’un manque de volonté de la part des grandes puissances qui, au nom de leur politique économique, prennent des oukases à&nbsp;tel point que la paix se trouve suffoquer.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-institutionnaliser-la-paix-nbsp"><strong>Institutionnaliser la paix&nbsp;</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Dans ce sillage, avec une idéologie jupitérienne, des peuples sont sacrifiés. Les grandes puissances produisent les armes les plus meurtrières de l’histoire de l’humanité (la ligue des missiles entre l’Israël et l’Iran est le début d’un autre ordre mondial) et par la suite les mettent&nbsp;en œuvre en Afrique et ailleurs mettant des sombres dans tous les secteurs de développement de ces derniers. Par exemple dans l’espace AES des innocents, des enfants, des femmes, des hommes furent tués sans savoir le pourquoi.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Des armes qui sont fabriquées ailleurs sont utilisées cruellement dans un autre air géographique. Imaginez l’inverse ! La pensée ci-dessus de Kant doit être mise en œuvre par chacun de nous.&nbsp;Par ailleurs,&nbsp;les actes des grandes puissances ont montré les limites du droit international où nous proposons une institutionnalisation de la paix afin de sauver notre joyeuse planète.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-mettre-fin-a-la-fabrication-des-armes-meurtrieres">Mettre fin à la fabrication des armes meurtrières</h2>



<p class="wp-block-paragraph">À travers ce papier, nous interpelons et exhortons les grandes puissances à rationaliser et à humaniser leurs politiques économiques tout en les invitant à esquiver l’usage des armes, de la violence. Il faut mettre fin à la fabrication des armes meurtrières. Les armes ne soignent pas, elles tuent&nbsp;:&nbsp;<em>La culture de la paix ou la fin de l’espèce humaine.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">En outre, la théorie de la descendance nous enseigne que&nbsp;<em>« tout change, tout bouge, rien ne reste à sa place » (</em>Héraclite). Donc, l’ordre mondial est loin d’être immuable. Cette lecture épistémologique nous fait penser à Rousseau quand il écrit&nbsp;: « <em>Le plus fort n’est jamais assez fort pour être toujours le maître… </em>».&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Abdramane Coulibaly,&nbsp;</strong><strong>Philosophe et écrivain malien</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Charte nationale : le Mali à l’aube d’une nouvelle ère de paix et de réconciliation </title>
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		<dc:creator><![CDATA[Ibrahim Kalifa Djitteye]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 31 May 2025 18:03:18 +0000</pubDate>
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<p>Découvrez la Charte nationale pour la paix et la réconciliation au Mali, un document clé pour un avenir paisible.</p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Le Mali se rapproche d’un jalon décisif dans sa quête de paix et de réconciliation nationale. La Commission de rédaction de la Charte nationale pour la paix et la réconciliation est sur le point d’achever sa mission, marquant une étape cruciale recommandée par le Dialogue inter-maliens (DIM). Ce document fondamental, structuré en 16&nbsp;titres, 39&nbsp;chapitres et 105&nbsp;articles, s’apprête à être remis au Président de la Transition, le Général d’Armée Assimi Goïta, dans les jours à venir.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Avant cette remise officielle, le président de la Commission, Ousmane Issoufi Maïga, a rencontré la presse ce jeudi&nbsp;29&nbsp;mai 2025 pour dresser le bilan de sa mission. Cette conférence de presse, qui a rapidement pris des allures de cours magistral sur la culture de la paix et du vivre ensemble, a été l’occasion pour M.&nbsp;Maïga de lancer un vibrant appel à l’unité nationale et à un dialogue « <em>sincère</em> » entre tous les Maliens. Pour lui, il s’agit d’un véritable « <em>retour à la source</em> », une réappropriation des valeurs intrinsèques qui ont toujours fondé la société malienne.</p>



<p class="wp-block-paragraph">« <em>Il faut lutter contre l’injustice et l’incivisme, faites en sorte qu’un dialogue sincère s’instaure entre nous Maliens</em> », a-t-il insisté avec conviction. « <em>Très souvent, on raconte ce qui est fait ailleurs, mais disons entre nous, qu’est-ce que nous pouvons faire pour notre société</em><em> ? Il est temps d’éradiquer les maux qui minent la société</em> », a-t-il souhaité.</p>



<h3 class="wp-block-heading" id="h-les-valeurs-cardinales-du-mali-au-coeur-de-la-charte"><strong>Les valeurs cardinales du Mali au cœur de la charte</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">La Charte nationale n’est pas qu’un simple document juridique ; elle est une cristallisation des valeurs cardinales du Mali, celles qui ont toujours cimenté la cohésion sociale : le respect des parents, l’amour de la patrie, le travail bien fait, le pardon, le vivre ensemble et la solidarité. Ces principes, profondément ancrés dans l’identité malienne, sont la boussole qui doit guider le pays vers une paix durable.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le président Maïga a souligné l’importance capitale du dialogue dans ce processus. « <em>Il faut faire en sorte que nous puissions nous parler, le dialogue est central, s’il n’y a pas de dialogue entre nous, on n’ira nulle part. Donc, il faut continuer à parler d’unité nationale partout où vous êtes. Dieu nous pardonnera, si nous arrivons à nous pardonner</em> », a-t-il expliqué.</p>



<h3 class="wp-block-heading" id="h-l-individualisme-un-obstacle-a-la-cohesion-sociale"><strong>L’individualisme, un obstacle à la cohésion sociale</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Un point crucial abordé par Ousmane Issoufi Maïga fut la critique virulente de l’individualisme grandissant dans les sociétés contemporaines. Pour lui, cette notion, qui promeut les valeurs et les droits de l’individu au détriment de ceux de la société, est une pratique occidentale étrangère aux traditions africaines.</p>



<p class="wp-block-paragraph">« <em>Déjà, nos communautés ont des conflits. Nous sommes dans un contexte de crise multidimensionnelle dont les facteurs ont été déterminants pour cette déchirure&nbsp;</em>(individualisme) », a-t-il affirmé. « <em>Elle entrave la paix, la cohésion sociale, le vivre ensemble et la réconciliation nationale</em> ». Cette mise en garde contre l’individualisme souligne l’importance de renforcer les liens communautaires et la solidarité, piliers essentiels pour surmonter les défis actuels du Mali.</p>



<h3 class="wp-block-heading" id="h-le-role-indispensable-de-la-presse"><strong>Le rôle indispensable de la presse</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Le président de la Commission a également tenu à saluer le rôle crucial de la presse malienne dans ce processus. « <em>Vous avez tous été corrects, disciplinés et c’est ça le Mali</em><em> </em>», a-t-il déclaré, reconnaissant l’engagement des médias pour la paix, la réconciliation et le vivre ensemble. Il a même suggéré la nécessité de répéter de telles rencontres « <em>toutes les fois où les besoins seront nécessaires</em><em> </em>», témoignant de la confiance accordée au pouvoir de la communication pour sensibiliser et mobiliser l’opinion publique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La mission de la Commission de rédaction de la Charte nationale doit s’achever officiellement le 30&nbsp;juin prochain. Avant cette date butoir, Ousmane Issoufi Maïga et son équipe devront remettre au Général d’Armée Assimi Goïta ce document capital.</p>



<h3 class="wp-block-heading" id="h-un-engagement-commun-pour-la-vulgarisation"><strong>Un engagement commun pour la vulgarisation</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">L’impact de cette Charte dépendra largement de sa diffusion et de son appropriation par l’ensemble de la population malienne. À cet égard, Bandiougou Danté, président de la Maison de la Presse du Mali, a réaffirmé l’engagement des médias à accompagner le processus de vulgarisation de la Charte à travers tout le pays. Cet engagement mutuel entre la Commission et la presse est un signe encourageant pour l’avenir de la paix au Mali.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Alors que le pays se prépare à recevoir ce document historique, l’espoir d’une paix durable et d’une réconciliation sincère s’intensifie. La Charte nationale est plus qu’un texte ; elle est une invitation à chaque Malien à contribuer à la reconstruction d’une société plus juste, plus unie et plus solidaire.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Ibrahim Kalifa Djitteye&nbsp;</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Ségou’art : plus d’un millier de spectateurs à la Soirée nomade</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Mohamed Camara]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 04 Feb 2023 14:49:42 +0000</pubDate>
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<p>Le premier concert géant, sur la grande scène du village de Festival, dénommée Soirée Nomade, a eu lieu, ce vendredi nuit, dans le cadre de la 19ème édition de Ségou'art. </p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong>Le premier concert géant, sur la grande scène du village de Festival, dénommée Soirée Nomade, a eu lieu, ce vendredi nuit, dans le cadre de la 19ème édition de Ségou&rsquo;art. Abdoulaye Diarra, Hawa Maïga, le Groupe Amar de Kidal, Bassékou Kouyaté et Abdoulaye Diabaté, ont fait danser de milliers de spectateurs venus célébrer l’art dans toutes ses couleurs.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Drapé dans un boubou blanc trois pièces, <a href="https://www.lapresse.ca/arts/musique/201402/02/01-4734850-bassekou-kouyate-maitre-et-reformateur-du-son-malien.php" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Bassékou Kouyaté</a> allait dans tous les sens dans un mouvement de va-et-vient, ses doigts magiques faisaient trembler son magique N’goni. Le son de cet instrument, entremêlé à ceux du Tamani, de la calebasse et d’autres instruments traditionnels, donnait une sonorité imposante.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La mélodie de ces instruments était accompagnée de la voix grave de Madame Kouyaté <a href="https://www.musicinafrica.net/fr/directory/ami-sacko" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Ami Sacko</a>. Ce mélange harmonieux perçait les flots du Joliba pour aller se réfugier dans les cœurs des amoureux de la musique malienne. Sous les sonorités du Bamanan « <em>djourou</em> » (rythme musical bambara), le public et les artistes chantaient en chœur.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Paix, cohésion et vivre-ensemble</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">« <em>C’est toujours un plaisir pour moi de fouler la terre de Ségou pour ce grand rendez-vous international de la culture. J’adore la culture malienne, surtout la musique. C’est l’une des meilleures</em> », a confié un hollandais amoureux du Mali.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Selon Maimouna Dembélé, une festivalière venue de Bamako, le spectacle de cette soirée témoigne l’harmonie et la cohésion qui existe entre les Maliens. Selon les précisions de cette amoureuse de la <a href="https://saheltribune.com/segouart-les-stands-des-exposants-visites-par-le-ministre-andogoly-guindo/">culture malienne,</a> ce genre de spectacle a l’avantage de pousser les Maliens à se donner la main, à se réconcilier. « <em>C’est la culture malienne qui a gagné aujourd’hui</em> », s’est-elle réjouie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ibrahim Maïga, un autre festivalier, affirme de son côté que c’est le Mali qui se trouve réuni, dans toute sa diversité artistique et culturelle, à ce festival. « <em>Du nord au sud, nous avons été émerveillés par les magnifiques sonorités maliennes. Cet événement célèbre la paix, la cohésion et le vivre-ensemble</em> », a-t-il indiqué.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Des changements pour cette édition&nbsp;19</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Pour cette <a href="https://saheltribune.com/segouart-les-flashes-sont-desormais-braques-sur-la-19e-edition/">19<sup>e</sup>&nbsp;édition de Ségou’art</a>, beaucoup d’autochtones de Ségou se plaignent de l’endurcissement des mesures d’accès à certains endroits. « <em>L’année dernière, tout était gratuit. Nous sommes surpris de voir que le concert et la foire sont tous payants cette année. C’est inconcevable</em> », a réagi un homme enturbanné.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour certains, l’aspect payant de cette édition est lié à son caractère spécial, car selon eux, «<em> il y’a longtemps, Ségou’art avait changé de panorama et de décor en raison des menaces sécuritaires qui planaient sur la région</em> », explique un habitué de ce rendez-vous annuel de Ségou.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Mohamed Camara, envoyé spécial à Ségou</strong></p>
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		<title>« De l’humanitude » : un livre pour construire un monde de tolérance et de paix</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Sahel Tribune]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 25 Nov 2022 07:00:08 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actu]]></category>
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<p>« De l’humanitude : La culture de la paix ou la fin de l’espèce humaine » est une œuvre du jeune auteur Abramane Coulibaly, parue en 2022 au Prostyle éditions. Après lecture, Fousseyni Koïta, professeur de philosophie au secondaire, nous donne ses impressions sur le livre.</p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>« De l’humanitude : La culture de la paix ou la fin de l’espèce humaine »</em> est une œuvre du jeune auteur Abdramane Coulibaly, parue en 2022 au Prostyle éditions. Après lecture, Fousseyni Koïta, professeur de philosophie au secondaire, nous donne ses impressions sur le livre.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">« <em>Celui qui veut la paix ne prépare pas la guerre. Quand on veut la paix, on la prépare avec des moyens de paix, pas avec des moyens de violence. Celui qui prépare la paix par des moyens de la guerre prépare naturellement une autre guerre, tôt ou tard</em> », <a href="https://saheltribune.com/livre-a-la-recherche-du-chemin-ou-lappel-a-une-philosophie-du-vivre-ensemble/">Abdramane Coulibaly</a>, p.21.)</p>



<p class="wp-block-paragraph">« <em>De l’humanitude&nbsp;: La culture de la paix ou la fin de l’espèce humaine </em>» d’Abdramane Coulibaly est un ouvrage philosophique. Un livre qui nous permet de cerner les enjeux du monde actuel dont la caractéristique est du moins pour le moment la <a href="https://saheltribune.com/faut-il-condamner-violence/">violence</a>.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Racisme versus non-violence</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Ce second livre, composé de quatre articles, Abdramane Coulibaly fait la promotion de la culture de la paix, c’est-à-dire du <a href="https://saheltribune.com/reorganisation-territoriale-au-mali-un-processus-de-renforcement-du-vivre-ensemble%e2%80%89/">vivre ensemble</a> entre les individus et entre les États. Et cela en va de la survie de l’espèce humaine. L’auteur met en lumière les valeurs de solidarité, de partage et de pardon qui caractérisent la culture malienne. À propos de cela, Guida Seyo WAIGALO dans la préface écrit&nbsp;: <em>« Cultiver la paix, c’est favoriser le dialogue et l’écoute. Cultiver la paix, c’est promouvoir la tolérance au quotidien. Cultiver la paix, c’est également comprendre que la paix est une conquête de tous les jours »</em>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Abdramane Coulibaly prend en exemple le <em><a href="https://www.studiotamani.org/67439-mali-le-sinankuya-une-pratique-qui-peut-prevenir-les-conflits" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Sinankunya</a> </em>pour résoudre nos différends. Et d’après lui, la tolérance et le pardon, qui sont inclus dans le <em>Sinankunya</em>, nous permettent d’avoir une identité plurielle éclairée et non aveugle.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans le premier article (<em>Le racisme versus la non-violence dans le monde</em>), l’auteur pose le racisme comme l’expression de la haine entre les hommes. <em>« Ainsi, notre joyeuse planète est confrontée à un fait qui ne peut être qu’une des manifestations de la haine entre les humains, celui du racisme » (</em>Abdramane Coulibaly, p.25.) Il prend en exemple les auteurs comme Charles de Secondat, baron de La Brède et de Montesquieu, Hegel, Arthur de Gobineau (il pense que la race blanche est supérieure aux autres, il est considéré comme le <em>« grand-père du racisme »</em>)et le scientifique James Watson qui ont professé des idées racistes et voire même facilité la colonisation.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>La tolérance et l’acceptation dans la différence</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">D’après Coulibaly, pour un monde <em>a -raciste</em>, il faut la voie de la <a href="https://fr.unesco.org/about-us/legal-affairs/declaration-principes-tolerance" target="_blank" rel="noreferrer noopener">tolérance</a> entre les hommes et cela par le biais de l’éducation. <em>« … Dans l’esprit de lutter contre le racisme dans le monde, nous pensons qu’il faut une éducation à la culture de la tolérance&nbsp;: tolérance entre les races, entre les religions et entre les ethnies pour escompter un monde de lendemain paisible » (</em>Abdramane Coulibaly, p.34-35). Donc, les hommes doivent pouvoir s’accepter malgré la différence. Ainsi écrit-il <em>« … Le racisme doit être combattu en cultivant l’amour du prochain pour un monde de paix et de compréhension mutuelle » (</em>Abdramane Coulibaly, p.38).</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est dans la tolérance et <a href="https://arcturius.org/lacceptation-de-la-difference/#:~:text=Il%20est%20important%20de%20se%20souvenir%20que%20l%E2%80%99acceptation,%C3%A0%20vous%20r%C3%A9signer%20%C3%A0%20ses%20manifestations%20ou%20r%C3%A9sultats." target="_blank" rel="noreferrer noopener">l’acceptation dans la différence</a> que nous pourrions parler de paix et de développement. D’ailleurs, c’est cette même idée qui est exprimée dans l’article&nbsp;2 (<em>Le ciment épistémo-logique&nbsp;: Un horizon indépassable ?).</em> Il s’agit de la nécessité de la cohabitation des différentes sciences puisqu’elles se rapportent tous à l’homme et à l’univers. Donc, il faut dépasser l’épistémologie classique pour aller vers l’épistémologie non classique. Car, <em>« l’épistémologie classique est radicale »</em> <em>(Ibid.</em>, p.47). Elle empêche tout dialogue entre les sciences.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Abdramane Coulibaly prend l’exemple sur le lien entre la <a href="https://www.sciencespo.fr/recherche/fr/content/le-religieux-et-le-politique.html" target="_blank" rel="noreferrer noopener">politique et la religion</a>. Malgré qu’on a voulu séparer les deux domaines, d’après l’auteur de « <em>De l’humanitude&nbsp;: La culture de la paix ou la fin de l’espèce humaine </em>» ; c’est aberrant. Car, elles cherchent toutes à promouvoir la culture du vivre ensemble, le dialogue et l’acceptation de l’altérité. Il écrit&nbsp;: <em>« De surcroît, il va de soi d’affirmer, sans se contrecarrer, que la politique et la religion sont ouvertes et “tolérantes” » (Ibid.</em>, p.50.).</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour dépasser <em>« la diversité de sexes, d’ethnies, de langues, de races, de religions, de conditions de vie, de traditions ou de visions politiques » (Ibid.</em>, p.52),Abdramane Coulibaly, dans <em>Afrique&nbsp;: Comment développer la culture de la paix dans l’esprit des hommes,</em> propose la revalorisation du <em>« <a href="https://www.cairn.info/revue-raisons-politiques-2004-1-page-157.htm" target="_blank" rel="noreferrer noopener">cousinage à plaisanterie</a> pour assurer la culture de la paix dans l’esprit des hommes » (Ibid.</em>, p.57). Et l’État à un rôle primordial a joué. Car, c’est par l’éducation que cela serait possible. <em>« L’introduction de l’enseignement du cousinage à plaisanterie dans les <a href="https://saheltribune.com/trois-raisons-de-se-procurer-de-%e2%80%89systemes-educatifs-en-afrique-forces-et-faiblesses%e2%80%89-de-tekete/">systèmes éducatifs</a> africains permettra une initiation des générations futures » (Ibid.</em>, pp.61-62).</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>La « démocratisation de la culture de la tolérance »</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">D’après lui, pour contenir les <a href="https://saheltribune.com/face-a-la-terreur-il-faut-de-lintelligence/">conflits intercommunautaires</a>, l’éducation des futures générations au jeu du <em>Sinankunya</em> est un moyen très fiable. Il suffit de l’intégrer dans le système éducatif. Mais il faudra aussi mettre l’accent sur l’impartialité de l’État. Car, la faiblesse de l’État dans le domaine de la justice réduise toutes les chances <em>« d’inculquer la culture de la paix dans l’esprit des hommes »</em> <em>(Ibid.</em>, p.63). D’ailleurs, c’est ce qui explique les évènements de mars 1991, c’est-à-dire la faillite de l’État <em>(Le 26&nbsp;mars au Mali&nbsp;: Un devoir de mémoire) </em>qui a abouti à la violence faisant plusieurs morts<em>. </em>Il faudra tout faire pour que le cycle ne se répète pas. Et pour cela, l’auteur met l’accent sur le <a href="https://saheltribune.com/gestion-crise-malienne-quelle-collaboration-entre-pouvoir-politique-philosophie/">rôle du philosophe</a> pour la culture de cet esprit de tolérance dans le monde. Donc pour un monde de paix, il faut la « <em>démocratisation de la culture de la tolérance »</em> (Abdramane Coulibaly, p.19.).</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cependant dans un monde de guerre, de violence, de haine et du racisme, n’est-ce pas un moyen de chercher la paix en se préparant pour la guerre ? L’équilibre des forces de défense n’est-elle pas aussi un moyen d’avoir, de consolider et de préserver la paix ?</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Par Foussseyni KOITA, Professeur de philosophie</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Centre du Mali : le légendaire vivre ensemble entre Dogons et Peuls en mal</title>
		<link>https://saheltribune.com/centre-du-mali-le-legendaire-vivre-ensemble-entre-dogons-et-peuls-en-mal/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Mohamed Camara]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 26 May 2022 19:02:15 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A la Une]]></category>
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<p>Avec la crise sécuritaire au centre du Mali, le vivre ensemble est de plus en plus mis en mal, notamment entre Dogons et Peuls.</p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong>Avec la crise sécuritaire au centre du Mali, le vivre ensemble est de plus en plus mis en mal, notamment entre Dogons et Peuls.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le royaume peul de Macina, appelé « <em>Dîna</em> », était un vaste empire théocratique peul fondé par Sékou Amadou du clan Barry, en 1818. Cet <a href="https://theconversation.com/le-djihad-dans-le-centre-du-mali-lutte-de-classes-revolte-sociale-ou-revolution-du-monde-peul-168091" target="_blank" rel="noreferrer noopener">immense territoire</a> s’étendait du Delta intérieur du Niger (actuel centre du Mali) dont le cœur était Macina – de la région de Mopti, au nord de la région de Ségou jusqu’à Tombouctou, avec les frontières des États Mossis au nord du Burkina Faso.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En 1862, l’invasion de l’empereur toucouleur, El Hadj Omar Tall, met fin à la suprématie de l’empire de Macina. Depuis l’instauration de ces empires dans la zone appelée aujourd’hui le centre du Mali, où est centré «<em> le pays dogon </em>» (carte postale touristique du Mali), Peuls et Dogons vivaient dans l’harmonie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans son roman autobiographique <em><a href="https://www.bing.com/ck/a?!&amp;&amp;p=c113c2dc261555993bd2ea1f40cb114593c13ed70f568677821cc2527b469c94JmltdHM9MTY1MzU5MTA1NCZpZ3VpZD1iMzJhYWQ5YS1lYTZkLTRiYWUtOWE0YS0wNGVmYTBkNmIzZTQmaW5zaWQ9NTE4OQ&amp;ptn=3&amp;fclid=c5124dc7-dd24-11ec-a850-2bb58ddc6c44&amp;u=a1aHR0cHM6Ly93d3cubGVtb25kZS5mci9hZnJpcXVlL2FydGljbGUvMjAyMS8wNy8yNC9hbWtvdWxsZWwtbC1lbmZhbnQtcGV1bC1mcmVzcXVlLXZpdmFudGUtZC11bmUtamV1bmVzc2UtbWFsaWVubmUtYXUtZGVidXQtZHUteHhlLXNpZWNsZV82MDg5NDAyXzMyMTIuaHRtbA&amp;ntb=1" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Amkoulel</a></em>, Amadou Hampaté Bâ, égrenait avec passion et frénésie le vivre ensemble harmonieux entre les communautés à Bandiagara où il naquit en 1900. Dogons, Peuls, Bozos, Somonos et autres communautés se côtoyaient depuis des lustres.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Se battre pour la terre</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Dans la zone du Delta du Niger, les <a href="https://saheltribune.com/crise-securitaire-bandiagara-cet-eldorado-devenu-un-cauchemar-retrouve-son-calme/">images troublantes </a>sont nombreuses ces dernières années : de milliers de d<a href="https://saheltribune.com/a-mopti-sur-les-cendres-froides-du-malheur-des-veuves-et-orphelins-deplaces/">éplacés et réfugiés</a>, des villages enflammés, des greniers et bétails éventrés, des corps macabres gisés dans le sang.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mohamed Barry est un déplacé du centre. Il vit depuis quelques mois à Bamako sous sa nouvelle tente loin des forêts pour paître ses troupeaux. Il dit être nostalgique de sa localité Youwarou. «&nbsp;<em>Les Peuls ne pouvaient plus fréquenter les foires hebdomadaires,</em>&nbsp;poursuit son ami Alassane Tall, 42 ans, assis à côté de lui sur une natte dans un camps des déplacés. &nbsp;<em>Les Dogons ont commencé par retirer leur bétail des troupeaux confiés aux Peuls.</em>»&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au « <a href="https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Pays_Dogon" target="_blank" rel="noreferrer noopener">pays dogon</a> », les deux communautés, économiquement complémentaires, vivaient intimement imbriquées. Les Peuls éleveurs s&rsquo;occupaient de bêtes ; les Dogons cultivateurs, de récoltes. Un système de parrainage – une famille dogon veille sur une famille peule – assurait ainsi la cohésion de la société. « <em>Mais avec l&rsquo;augmentation de la population et le changement climatique qui a asséché les sols, chacun cherche davantage d&rsquo;espace,</em> explique Alassane Tall, qui gérait une laiterie à Bankass, autre ville de la zone dite « pays dogon ». <em>Le jihadisme n&rsquo;a rien à voir là-dedans. Dans cette région, on se bat pour la terre.</em>» </p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce quiproquo pour la terre entre éleveurs et leurs voisins cultivateurs est <a href="https://www.google.com/amp/s/amp.lepoint.fr/2304664" target="_blank" rel="noreferrer noopener">un fait historique</a> en Afrique de l’Ouest. Les Peuls, étant une tribu nomade qui se déplace de hameaux en hameaux à la recherche de la verdure pour leurs troupeaux, cohabitent avec diverses tribus sédentaires. Où des conflits sont fréquents entre éleveurs laissant inopinément leurs bétails aller paître dans des champs des cultivateurs. Mais des négociations et dialogues intercommunautaires ont toujours permis à panser les plaies des frustrations.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Selon une ressortissante de la zone de Bandiagara, vivant à Bamako, Salimata Nantoumé, «&nbsp;<em>tous les habitants de notre village ont fui les violences qui sévissent dans cette zone&nbsp;». </em>Elle ajoute&nbsp;: «<em>&nbsp;Nous avons toujours vécu en paix avec nos voisins peuls, mais ce conflit entre nos deux communautés dissimule des dessous qui sont hors de nos portées. </em>»</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Chute du tourisme</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Paul Guindo est un autre déplacé du «&nbsp;pays dogon&nbsp;», originaire de Bandiagara. Il vivait, avant la crise de 2012, du tourisme. «&nbsp;<em>L’attractivité touristique du pays dogon a chuté à cause de cette crise. Des écoles sont fermées, les activités lucratives deviennent rares. C’est pourquoi je suis venu à Bamako pour approfondir mes études dans le tourisme et l’hôtellerie, car je suis confiant que tout ce malentendu cessera un beau jour&nbsp;»</em>, fait-il savoir.</p>



<p class="wp-block-paragraph">«&nbsp;Le pays dogon&nbsp;», au Mali, est connu pour sa grande attractivité touristique. C’était une carte postale touristique. Son architecture, ses falaises, son histoire, ses mythes folkloriques et ses pas de danse, et les chants du terroir, tout de cette contrée malienne était à visiter et à admirer.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais aujourd’hui des éléments de cette carte postale touristique sont impactés par la crise sécuritaire qui sévit dans le pays. Sur l’axe principal reliant Sevaré à Bandiagara, les grands troupeaux, les chapeaux coniques et les turbans ont pratiquement disparu du paysage. Ils étaient l’apanage des communautés peules.</p>



<p class="wp-block-paragraph">A présent, c’est les miliciens «&nbsp;dozos&nbsp;» qui sont visibles sur tous les axes, armés de Kalachnikovs, et portant des armes militaires en bandoulière pour traquer les groupes qualifiés de terroristes qui sèment la terreur dans cette zone. Ces dozos (chasseurs traditionnels, en bamanakan) sont également accusés d’attaquer les Peuls sur des soupçons du terrorisme ou des suspicions.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Malgré la dissolution annoncée sur papier  de la milice autodéfense « Dan Nan  Ambassagou », en 2019, par le gouvernement malien après l’attaque des villages peuls par des miliciens, le redoutable chef de Dan Nan Ambassagou, Toloba, s’insurge à continuer <a href="https://www.lepoint.fr/afrique/voyage-en-pays-dogon-au-coeur-de-dan-na-ambassagou-11-03-2021-2417325_3826.php" target="_blank" rel="noreferrer noopener">sa mission de sécurisation</a> du « pays dogon ».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Des Peuls et Dogons ont commencé à vivre ensemble depuis des millénaires. Les conflits au centre du pays impactent&nbsp; négativement le tissu social entre ces deux communautés, dont tout les sépare et les unit en même temps.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Mohamed Camara</strong></p>
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