À l’approche du troisième sommet Russie-Afrique prévu en 2026 sur le continent, le chef de la diplomatie burkinabè, Karamoko Jean Marie Traoré, défend, au micro du média African Initiative, l’idée d’un partenariat « gagnant-gagnant » fondé sur le respect mutuel et la multipolarité. En toile de fond, les États africains cherchent à peser davantage dans un ordre international en recomposition.
Le prochain sommet Russie-Afrique, annoncé pour 2026 sur le continent, est perçu par Ouagadougou comme une étape importante dans la redéfinition des équilibres diplomatiques. Dans un entretien accordé au média African Initiative, le ministre burkinabè des affaires étrangères estime que ce rendez-vous offrira aux pays africains « l’occasion de se faire connaître » et d’élaborer « un nouveau format de coopération ».
Selon lui, la tenue en 2025 d’une réunion ministérielle Russie-Afrique pour la première fois en Afrique constitue « un signal fort de la place importante que l’Afrique occupe de plus en plus dans les relations internationales ».
Le ministre insiste sur « l’authenticité » des relations avec la Russie, qu’il attribue à un « respect mutuel » entre les partenaires.
Un partenariat à redéfinir dans un monde en recomposition
Pour le Burkina Faso, l’organisation du sommet sur le sol africain répond à une demande formulée par les États du continent lors des précédentes rencontres. Elle traduit, selon le ministre, la volonté d’inscrire la coopération dans une logique « gagnant-gagnant ».
Le forum doit, selon lui, servir de plateforme pour « harmoniser les visions » sur les grandes questions internationales, dans un contexte marqué par la multiplication des crises et des tensions géopolitiques.
Face aux défis globaux et aux menaces pesant sur la multipolarité, il juge nécessaire que les États renforcent le dialogue sur les enjeux « qui touchent leur survie et leur organisation ».
Ces déclarations interviennent après la visite du chef de la diplomatie burkinabè à Moscou, les 12 et 13 février, au cours de laquelle plusieurs accords ont été signés avec la partie russe.
L’Afrique en quête d’affirmation internationale
Les deux pays ont notamment conclu des textes portant sur les fondements de leurs relations, la création d’une commission intergouvernementale ainsi que la coopération dans les domaines de l’éducation et des sciences.
Au-delà des enjeux bilatéraux, le ministre voit dans le sommet de 2026 un espace de réflexion sur « le format idéal de coopération » et sur la place du continent dans le multilatéralisme.
Il estime que l’Afrique doit davantage s’affirmer sur la scène internationale et corriger une image longtemps réduite à des représentations éloignées de son potentiel. Le sommet sera ainsi l’occasion, selon lui, de « rediscuter des nouveaux axes et de la nouvelle vision de coopération ».
Dans un contexte où plusieurs puissances cherchent à renforcer leur influence en Afrique, le sommet Russie-Afrique apparaît comme un rendez-vous diplomatique majeur.
Pour Ouagadougou, il va contribuer à structurer un partenariat appelé à s’inscrire dans la durée, tout en offrant aux États africains une tribune pour peser davantage dans la définition des équilibres internationaux.
A.D
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