La Ligue de football du District de Bamako vient de connaître une nouvelle élection, marquée par la reconduction d’Issa Sidibé à sa présidence. Avec 23 voix contre 9 pour son adversaire Abdallah Baby, le président sortant conserve son poste et affirme sa légitimité. Ce résultat, net sur le plan des chiffres, lui confère une autorité renforcée, mais ne suffit pas à apaiser les tensions qui entourent la gouvernance du football local.
Cette reprise du scrutin avait été imposée par la Commission d’appel, après l’annulation du vote précédent. L’objectif affiché était de corriger les irrégularités dénoncées et de rétablir la confiance des acteurs. Pourtant, les mêmes critiques refont surface. Les partisans d’Abdallah Baby estiment que les conditions d’équité n’ont pas été respectées, ce qui fragilise la portée démocratique de cette victoire et entretient un climat de contestation durable.
Une victoire nette mais contestée
La question du vote des clubs professionnels reste au centre des débats. Trois clubs favorables à Abdallah Baby ont été écartés, conformément à une décision de la Commission d’appel, tandis que sept autres, réputés proches d’Issa Sidibé, ont pu participer. Ce déséquilibre nourrit les soupçons d’un processus biaisé et relance le débat sur la neutralité des instances électorales, censées garantir une compétition ouverte et transparente.
La Commission électorale, déjà fragilisée, a vu sa crédibilité encore entamée par l’absence de deux de ses membres clés, dont son président. Cette absence, lourde de conséquences, alimente les doutes sur la rigueur juridique du processus. D’autant que ces magistrats avaient refusé de signer une précédente décision annulée par la Commission d’appel, accentuant la perception d’un organe divisé et incapable d’assurer une supervision impartiale.
Une Commission électorale fragilisée
Les contestations se sont également cristallisées autour du remplacement de délégués de clubs comme l’USFAS et l’AS Réal de Bamako. Cette pratique est jugée contraire aux règles établies, puisque la circulaire du 31 mars stipulait que les mandats déjà validés devaient rester en vigueur. Ce manquement renforce l’idée d’un processus électoral où les règles sont appliquées de manière sélective, au détriment de la transparence et de la confiance.
Dans ce climat tendu, la victoire d’Issa Sidibé, bien que nette sur le plan arithmétique, apparaît fragilisée par les contestations. Le président réélu a affirmé respecter les règles démocratiques, tout en estimant que les recours n’étaient pas nécessaires. Mais cette position peine à convaincre, car les irrégularités constatées donnent l’impression d’un scrutin verrouillé, où la transparence et l’équité sont reléguées au second plan.
Une légitimité fragilisée
La Ligue de Bamako se retrouve ainsi au cœur d’une crise prolongée. L’accumulation de manquements et de contestations laisse présager de nouveaux recours devant la Commission d’appel. Loin d’apaiser les tensions, cette élection pourrait prolonger une instabilité institutionnelle qui affaiblit la crédibilité du football local. Les acteurs, déjà divisés, risquent de voir leur confiance dans les instances s’éroder davantage.
Au-delà des résultats, c’est la gouvernance du football régional qui est en jeu. La répétition des irrégularités et l’absence de garanties solides posent la question de la capacité des institutions sportives à organiser des scrutins crédibles. Tant que cette confiance ne sera pas restaurée, chaque élection risque de devenir un terrain de contestation, prolongeant une crise qui fragilise durablement la cohésion du football malien.
Ibrahim Kalifa Djitteye
En savoir plus sur Sahel Tribune
Subscribe to get the latest posts sent to your email.
