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Le président Goïta à la jeunesse : « la relève ne se décrète pas, elle se prépare »

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À Bamako, devant le Conseil national de la jeunesse du Mali, le président de la Transition, le général d’armée Assimi Goïta, a expliqué la doctrine politique de la transmission générationnelle du pouvoir ne peut être improvisée. Entre formation, civisme et souveraineté intellectuelle, le dirigeant malien fait de la jeunesse la clé de voûte de l’avenir du Mali.

Lors de la cérémonie officielle de présentation des vœux de Nouvel An du Conseil national de la jeunesse du Mali, le président de la Transition, le général Assimi Goïta, a livré un discours dense qui éclaire l’axe central de sa stratégie politique, qui est de faire de la jeunesse le levier principal de la refondation nationale. Derrière les formules protocolaires, la transmission des responsabilités ne saurait être improvisée. Elle exige un travail de formation, d’encadrement et d’investissement à long terme.

Une jeunesse érigée en pilier de la refondation

D’emblée, le chef de l’État a salué « la voix d’une jeunesse consciente, engagée, fière de son pays », y voyant la preuve d’une génération prête à participer activement à la construction nationale. Dans un contexte sécuritaire et institutionnel fragile, cette reconnaissance publique dépasse l’exercice symbolique. Elle vise à légitimer le rôle politique des jeunes comme acteurs à part entière du projet d’État.

Le discours insiste sur leur participation aux initiatives de médiation sociale, de mobilisation citoyenne et de reconstruction, présentées comme autant de signes d’une maturité civique. L’objectif est de transformer la jeunesse en force structurante plutôt qu’en simple catégorie démographique.

Former avant de transmettre

Le passage le plus marquant du discours — « la relève ne se décrète pas, elle se prépare » — résume l’orientation stratégique des autorités de la transition. Cette phrase, qui sonne comme un principe doctrinal, renvoie à une conception graduelle du renouvellement des élites. La succession politique, sociale doit être précédée d’un investissement massif dans l’éducation, la formation technique et l’apprentissage civique.

Le président a détaillé plusieurs mesures présentées comme les instruments de cette préparation : renforcement de l’éducation aux valeurs républicaines, relance du service national des jeunes, modernisation des infrastructures scolaires et promotion de l’enseignement professionnel . À ces dispositifs s’ajoutent des programmes d’insertion et d’entrepreneuriat destinés à favoriser l’autonomie économique.

L’éducation et la culture comme horizon politique

Dans cette logique, les autorités ont proclamé la période 2026-2027 « année de l’éducation et de la culture », choix décrit comme « un acte de solidarité » fondé sur l’idée que le développement national repose d’abord sur la consolidation du capital humain . L’accent mis sur le savoir et la compétence traduit une volonté de déplacer le débat public. La souveraineté ne se limite plus aux enjeux militaires ou diplomatiques, mais s’enracine aussi dans la formation intellectuelle de la population.

Cette approche s’inscrit dans un discours plus large sur l’autonomie stratégique et la résilience nationale, dans lequel la jeunesse devient l’interface entre projet politique et transformation sociale.

Le chef de l’État a également mis en garde contre des dangers qu’il qualifie de nouveaux : manipulations informationnelles, campagnes de désinformation et stratégies d’influence visant à « affaiblir le moral collectif » . Il a appelé les jeunes à devenir des « sentinelles de la vérité ». La bataille de l’opinion est désormais un front stratégique à part entière.

Ce volet révèle une dimension sécuritaire élargie. La stabilité ne dépend plus seulement du contrôle territorial, mais aussi de la cohésion sociale et narrative.

Au-delà des annonces, le discours esquisse une philosophie du pouvoir. La transition ne doit pas seulement gérer l’urgence, mais préparer les conditions d’un futur État stable. La jeunesse y apparaît comme la charnière entre présent et avenir, entre refondation institutionnelle et projection historique.

La rédaction 


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