En abaissant de nouveau les prix à la pompe, le gouvernement malien confirme qu’il entend conjuguer rigueur économique et attention au social, dans un contexte de transition exigeante.
Il y a des chiffres qui parlent mieux que de longs discours. Et parfois, ce sont les centimes de moins sur un litre de carburant qui en disent le plus long sur la direction que prend un pouvoir. En annonçant ce 25 mars 2025 une nouvelle baisse de 25 F CFA sur les prix à la pompe, les autorités maliennes de la Transition poursuivent, à petits pas mais à pas sûrs, une logique d’apaisement social et de gestion contrôlée de la souveraineté économique.
Un second souffle pour les ménages
Après une première réduction de 50 F CFA en octobre 2024, la décision de revoir à la baisse – de nouveau – le prix du supercarburant sans plomb et du gasoil (désormais fixés à 775 F CFA le litre) peut sembler modeste. Mais dans un Mali où chaque franc CFA économisé pèse dans la vie quotidienne, ce geste est tout sauf anodin.
C’est une réponse tangible, millimétrée, au tumulte de la vie chère. Et c’est aussi un message politique à double lecture. Le gouvernement écoute, et surtout, il agit – à sa manière, avec prudence, mais avec cohérence.
La décision, prise par la Commission de suivi du mécanisme de taxation des produits pétroliers, reflète aussi une autre volonté. Celle de reprendre la main sur les leviers économiques du pays, à l’heure où le Mali, sorti du giron CEDEAO, redéfinit ses partenariats et ses priorités.
En réajustant les prix à la pompe sur la base des tendances internationales tout en évitant le choc fiscal interne, les autorités affirment leur capacité à arbitrer, à gouverner, à équilibrer. Un exercice d’équilibriste, certes, mais maîtrisé.
Butane stable, stabilité affichée
Le communiqué précise aussi que le prix non subventionné du gaz butane reste inchangé, à 1 179 F CFA/kg, soit 3 245 F CFA pour la bouteille de 2,75 kg et 7 075 F CFA pour celle de 6 kg. Une stabilité bienvenue, dans un contexte d’inflation globale.
Là encore, il ne s’agit pas d’un détail technique, mais d’un choix politique. Celui de ne pas transférer sur les ménages les coûts volatils des marchés extérieurs.
Depuis 2021, la Transition malienne est scrutée, questionnée, parfois caricaturée. Mais elle avance. Elle ajuste. Elle compose avec les contraintes et s’efforce, par ces gestes concrets, de reconnecter l’État aux préoccupations de ses citoyens.
Réduire le prix du carburant, ce n’est pas faire une révolution. C’est rappeler que l’autorité publique reste capable d’intervenir sur ce qui compte, sur ce qui touche au quotidien, au transport, à l’économie locale, à la dignité sociale.
La Transition ne promet pas le miracle. Mais elle affirme, à travers ce type de décision, qu’elle est à l’écoute. Elle prend le pouls de la rue. Et elle sait que la souveraineté se gagne aussi dans la régulation des flux, la protection des plus vulnérables, et la pédagogie des petits gestes qui rassurent.
Chiencoro Diarra
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