Accueil » Blog » A la Une » Au Mali, Makou Sy brise le plafond de verre du taekwondo

Au Mali, Makou Sy brise le plafond de verre du taekwondo

0 comments 4 views 3 minutes read

Vice-championne du monde, figure du sport féminin malien et désormais présidente de fédération. En prenant la tête du taekwondo national, Makou Sy ne signe pas seulement une victoire personnelle. Elle impose une nouvelle grammaire du pouvoir sportif au Mali, où les femmes entendent désormais compter autant dans les instances que sur les podiums.

Le 31 janvier 2026 restera une date historique pour le sport malien. En accédant à la présidence de la Fédération malienne de taekwondo (FEMAT), Sy Aminata Makou Traoré, dite Makou Sy, devient la première femme à diriger cette instance depuis sa création. Une élection qui dépasse le simple cadre sportif pour s’inscrire dans une dynamique plus large de conquête de leadership féminin dans des sphères longtemps réservées aux hommes.

À 35 ans, la championne malienne n’arrive pas en terrain inconnu. Vice-championne du monde, double championne d’Afrique et ceinture noire 4e dan international, elle incarne depuis plus de deux décennies l’excellence du taekwondo malien. Mais son ambition dépasse désormais les tatamis. Elle veut transformer la gouvernance du sport.

Une pionnière dans un bastion masculin

Depuis les années 1970, la direction du taekwondo malien est restée une affaire d’hommes. De Salia Tounkara à Alioune Badara Traoré, en passant par Boubacar Diouf, l’histoire de la fédération ne comptait jusqu’ici aucun visage féminin à sa tête. L’élection de Makou Sy marque donc une rupture symbolique forte.

Dans un pays où le sport de haut niveau reste largement dominé par des figures masculines, son accession au pouvoir fédéral envoie un signal clair : les femmes ne sont plus seulement des athlètes, elles sont aussi des décideuses.

Formée dès 1999 au Foyer de Bamako-Coura, Makou Sy a construit sa légitimité sur les résultats sportifs, mais aussi sur l’engagement institutionnel. Présidente de la Commission Femmes et Sport du Comité national olympique et sportif du Mali (CNOSM), initiatrice des Awards du Nyeleni du Sport, elle milite de longue date pour une meilleure visibilité des sportives maliennes.

L’organisation de la Coupe Aminata Makou Sy Traoré, dont la deuxième édition a récemment réuni des centaines d’acteurs du taekwondo au Stade du 26 Mars, illustre cette volonté de structurer la discipline et d’en élargir l’accès.

Gouvernance inclusive et relève féminine

Son projet fédéral met en avant transparence, inclusion et priorité aux athlètes. Mais c’est surtout son accent sur la jeunesse et les femmes qui retient l’attention. Dans une discipline souvent perçue comme virile, Makou Sy défend l’idée que le taekwondo peut être un levier d’émancipation féminine.

Musée du taekwondo, centre d’entraînement, accompagnement des sport-études. Ses projets visent à professionnaliser la filière tout en créant des opportunités pour les jeunes filles.

Au-delà des infrastructures et des médailles, son élection raconte une autre histoire : celle d’un Mali où les femmes investissent progressivement les espaces de pouvoir. Dans un contexte où la question de la représentation féminine reste sensible, voir une ancienne championne prendre les rênes d’une fédération nationale relève du symbole fort.

Makou Sy aime rappeler que le taekwondo est une « école de vie », faite de discipline et de persévérance. Sa trajectoire en est aujourd’hui l’illustration politique.

Son défi sera donc de transformer l’essai et de prouver que cette première historique peut ouvrir la voie à d’autres femmes dans le sport malien.

Chiencoro Diarra 


En savoir plus sur Sahel Tribune

Subscribe to get the latest posts sent to your email.

Veuillez laisser un petit commentaire pour nous encourager dans notre dynamique !