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2026-2027, Année de l’éducation et de la culture : le parrain Magma Gabriel Konaté insiste sur la refondation des mentalités 

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Le Conservatoire des Arts et Métiers Multimédia Balla Fasséké Kouyaté (CAMM-BFK) de Bamako a abrité, le jeudi 12 mars 2026, la première conférence Faso Sifinso « La case des valeurs » animée par le parrain des activités culturelles du mois de mars de l’Année de l’Éducation et de la Culture 2026-2027 décrétée par  le Général d’Armée Assimi Goita, Président malien de la Transition. L’événement, placé sous la présidence de M. Salia Malé, chef de cabinet du ministère de l’Artisanat, de la Culture, de l’Industrie hôtelière et du Tourisme. Il représentait le ministre Mamou Daffé.  

La rencontre a rassemblé un public composé de membres du CNT, d’acteurs culturels, ainsi que d’élèves et étudiants de l’INA et du CAMM-BFK. Le thème retenu, « Éducation et renaissance culturelle », a servi de fil conducteur pour des échanges riches et porteurs de réflexion.  

Un rendez-vous inaugural pour la culture

Faso Sifinso se présente comme une initiative socio-éducative visant à créer un espace de débat sur les valeurs fondamentales de la société malienne. Sa mission est de contribuer à la formation d’un citoyen nouveau, enraciné dans ses traditions mais ouvert aux évolutions contemporaines. À travers ses activités, il ambitionne de renforcer la cohésion sociale et de promouvoir un modèle éducatif adapté aux réalités locales et aux défis mondiaux.  

Les discussions ont mis en lumière la vision communautaire de l’éducation traditionnelle au Mali. Les intervenants ont rappelé que « l’enfant est le fils de quelqu’un mais il est l’enfant de toute la communauté », soulignant l’importance du partage, de l’acceptation et de la solidarité. Cette conception collective de l’éducation, héritée des pratiques ancestrales, demeure un socle essentiel pour la cohésion sociale et la transmission des valeurs.  

Les valeurs ancestrales au cœur du débat

Dans son intervention, M. Magma Gabriel Konaté a insisté sur la structuration ancienne de l’éducation en cycles de sept ans. De la naissance à sept ans, l’enfant était sous la protection maternelle, puis entrait dans une phase d’apprentissage collectif. Ce processus se poursuivait jusqu’à quarante-neuf ans, âge considéré comme l’achèvement de la formation sociale et éducative. Ce modèle visait à préparer l’individu à assumer pleinement ses responsabilités.  

La conférence a également abordé la question de l’aliénation culturelle. Les participants ont souligné que l’éducation moderne, introduite par l’homme blanc, a certes apporté des outils nouveaux, mais a parfois éloigné les jeunes de leurs valeurs originelles. Tant que le Mali ne sortira pas de cette dépendance, ont-ils affirmé, il ne pourra atteindre une véritable indépendance. D’où l’importance de réinstaurer la confiance en soi et de valoriser les richesses du passé.  

Entre tradition et modernité

Un autre aspect marquant fut l’évocation des pratiques communautaires de sanction et de responsabilité. Dans les sociétés anciennes, lorsqu’un membre commettait une faute, la sanction s’appliquait à l’ensemble du groupe. Cette approche renforçait la solidarité et l’esprit de responsabilité collective. Elle visait à inculquer aux enfants les valeurs de respect, de discipline et de justice, principes toujours essentiels pour consolider la cohésion sociale dans le Mali contemporain.  

Les échanges ont montré que l’éducation ne se limite pas à la transmission de savoirs, mais qu’elle constitue une véritable construction identitaire et culturelle. Revisiter les valeurs ancestrales et les adapter aux réalités actuelles apparaît comme une nécessité pour bâtir un système éducatif enraciné et ouvert. Cette complémentarité entre tradition et modernité pourrait offrir au Mali un modèle éducatif solide et durable.  

Vers une renaissance culturelle et éducative

Cette première conférence Faso Sifinso « La case des valeurs » a ouvert un espace de réflexion stratégique sur les enjeux éducatifs et culturels du pays. Elle a mis en évidence la nécessité de concilier héritage traditionnel et apports modernes afin de préparer les jeunes générations à relever les défis contemporains. L’événement marque une étape importante dans la quête d’une renaissance culturelle et éducative.  

À travers cette initiative, le Mali affirme sa volonté de refonder ses mentalités et de renforcer son identité culturelle. En s’appuyant sur les valeurs communautaires, les pratiques ancestrales et les apports de l’éducation moderne, le pays aspire à construire un avenir où l’éducation sera à la fois un outil de savoir, un vecteur de cohésion et un pilier de développement. Cette dynamique s’inscrit pleinement dans l’Année de l’Éducation et de la Culture 2026-2027.

Ibrahim Kalifa Djitteye 


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