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	<title>Archives des Journée mondiale de la culture africaine &#8212; Sahel Tribune</title>
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	<description>Sahel Tribune – Votre regard sur le Sahel, autrement.</description>
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	<title>Archives des Journée mondiale de la culture africaine &#8212; Sahel Tribune</title>
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		<title>Adama Traoré, acteur et metteur en scène : « la culture africaine n’est pas figée. Elle est évolutive et se perpétue »</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Mohamed Camara]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 23 Jan 2023 14:08:27 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actu]]></category>
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					<description><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>
<p>En vue de célébrer la richesse de la créativité et du patrimoine africain et afro-descendants, chaque 24 janvier, la Journée mondiale de la culture africaine et afro-descendante est célébrée.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>

<p><strong>En vue de célébrer la richesse de la créativité et du patrimoine africain et afro-descendants, chaque 24 janvier, la Journée mondiale de la culture africaine et afro-descendante est célébrée. « <em>La culture africaine et afro-descendante est un pont entre le passé, le présent et le futur de l’humanité</em> », disait Audrey Azoulay, directrice de l’UNESCO, lors de la <a href="https://unesdoc.unesco.org/ark:/48223/pf0000372537_fre" target="_blank" rel="noreferrer noopener">1re édition de cette Journée</a>, en 2020.</strong></p>



<p>Dans sa 40<sup>e</sup>&nbsp;session de la Conférence générale en 2019, l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO) a proclamé le 24&nbsp;janvier, <a href="https://www.un.org/fr/observances/decade-people-african-descent/world-day" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Journée mondiale de la culture africaine et afro-descendante</a>. Une date retenue en vue de magnifier les nombreuses cultures vivantes du continent africain et des diasporas africaines dans le monde. Il s’agit promouvoir ces cultures comme un levier efficace au service du développement durable, du dialogue et de la paix.</p>



<p>L’édition&nbsp;2023 coïncide non seulement avec beaucoup d’évolutions culturelles à travers le monde, mais aussi de menaces, susceptibles de mettre en mal les cultures mondiales, notamment africaines.</p>



<p>Adama Traoré, président de la Fédération des artistes du Mali, acteur et metteur en scène de renommée internationale, a livré son analyse, à Sahel Tribune, sur la culture africaine et afro-descendante, confrontée à des défis d’actualité.</p>



<h5 class="wp-block-heading"><strong>Sahel Tribune : c’est quoi la culture africaine et afro-descendante ?</strong></h5>



<p><strong>Adama Traoré :</strong> la <a href="https://saheltribune.com/dr-fode-moussa-sidibe-donso-%e2%80%89le-ciwara-nest-jamais-seul%e2%80%89/">culture africaine</a>, sémantiquement, renvoie à l’ensemble des cultures qu’on en partage les Africains. Cette culture comme toutes les autres comme patrimoine immatériel et comme patrimoine matériel.</p>



<h5 class="wp-block-heading"><strong>Quelle différence faites-vous entre les deux cultures ?</strong></h5>



<p>Quand nous parlons de culture matérielle, celle-ci regroupe les créations, les fortifications, l’habitat (lieu de prières et de cultes). Par contre, le patrimoine immatériel représente les contes, les chansons, les devinettes jusqu’aux façons de traiter les maladies et les instruments, etc.. C’est l’ensemble des traits caractéristiques et significatifs de tout un peuple.</p>



<p>La culture africaine est très vaste tout comme la culture occidentale. Notre culture, quand on la prend à ses racines avec l’Égypte antique, était une culture qui a toujours été en contact d’autres cultures, d’autres peuples. Elle n’est pas figée. Elle est évolutive et se perpétue.</p>



<h5 class="wp-block-heading"><strong>Vous voulez parler d’un syncrétisme ?</strong></h5>



<p>Bien sûr&nbsp;! À un moment donné de l’histoire, des Africains ont été exportés pour être conduits sur d’autres continents. Le contact avec les cultures de ces pays a créé ce qu’on peut appeler un syncrétisme. C’est la raison pour laquelle, dans ces cultures étrangères, nous retrouvons une grande partie de la culture africaine transportée, que ce soit en Amérique ou en Europe.</p>



<p>En Amérique notamment, on la retrouve à travers le conte, la musique, le gospel, les systèmes de prière et d’adoration (Kondoblen, le Beria, et autre forme de Vodou).</p>



<h5 class="wp-block-heading"><strong>Quelles sont les menaces qui pèsent aujourd’hui sur la culture africaine ?</strong></h5>



<p>C’est surtout <a href="https://saheltribune.com/covid-19-pour-soutenir-les-cultures-africaines-les-gouvernements-sont-interpelles/">l’absence d’autres supports</a> de communication et de diffusion, mais aussi la vitalité d’autres cultures et l’investissement économique de l’État. À un moment donné par exemple, « <em>la culture américaine</em> », surtout hollywoodienne, était devenue une géante culture. Cela, en raison de l’abondance de l’investissement de l’État américain dans la culture. Ce qui avait permis à cette culture américaine de créer des films qui influençaient les comportements des citoyens de plusieurs pays, notamment africains.</p>



<p>Cette forte <a href="https://www.cairn.info/revue-hypotheses-2018-1-page-69.htm" target="_blank" rel="noreferrer noopener">domination de la culture américaine</a> n’est pas sans impact sur la culture africaine. Il faut ajouter à cette menace la forte présence des religions révélées. Des religions qui nous poussent à abandonner notre culture au profit d’autres, et nous rendent indécis en ce qui concerne la portée et la promotion de nos cultures.</p>



<p>Nous avons également la problématique de la transmission. Comment transmettre cette culture&nbsp;africaine aux jeunes générations ? Alors que notre mode de vie n’était pas entièrement tourné vers la course à l’argent, on passait plus de temps aux côtés des parents. Il y’avait des canaux de communication et de transmission auxquels les novices étaient préalablement initiés.</p>



<p>Aujourd’hui, c’est des choses qui n’existent plus. Les enfants partent très tôt à l’école où la culture telle que nous la connaissons n’est pas enseignée. Au lieu de notre <a href="https://unesdoc.unesco.org/ark:/48223/pf0000024553_fre" target="_blank" rel="noreferrer noopener">culture</a>, on les fait découvrir des cultures étrangères. Du coup, le syncrétisme qui devrait exister disparait et ces autres cultures prennent le dessus.</p>



<h5 class="wp-block-heading"><strong>C’est cela la décadence de la culture africaine ?</strong></h5>



<p>Je vous ai expliqué plus haut que la <a href="https://www.cairn.info/une-histoire-culturelle-des-etats-unis--9782200278588-page-62.htm" target="_blank" rel="noreferrer noopener">culture est liée à l’économie</a>. Aujourd’hui dans une grande ville comme Bamako, nous avons tous des comportements différents, en raison de la diversité de nos provenances. Ce qui explique la multiplicité des cultures, une rencontre des cultures, qui s’enrichissent les unes avec les autres. Ce qui est une bonne chose en soi.</p>



<p>Mais le problème qui se pose et qui conduit à cette <a href="https://saheltribune.com/le-mali-sommite-culturelle-ou-modele-de-decadence%e2%80%89/">situation de décadence</a>, c’est le fait de laisser les enfants à eux-mêmes. Dans nos familles, tout le monde sort en laissant les enfants seuls avec la télévision, à travers laquelle des programmes, qui ne reflètent pas nos réalités ni les comportements orthodoxes de notre société, sont diffusés. À force d’imitation, les enfants finissent par embrasser d’autres cultures au <a href="https://saheltribune.com/societe-malienne-lautoflagellation-ce-grand-corps-malade/">détriment de leur culture</a>.</p>



<p>La <a href="https://saheltribune.com/griots-pris-tenaille-tradition-capitalisme/">modernité</a> joue donc en défaveur de notre culture. La mauvaise utilisation des outils de la modernité risque de faire disparaitre notre culture. Chose qu’il faudrait éviter à tout prix.</p>



<h5 class="wp-block-heading"><strong>Qu’est-ce qu’il faut aujourd’hui pour rehausser la culture africaine ?</strong></h5>



<p>C’est de mettre cette culture sur les différents supports de communication et de diffusion. Aussi faut-il faire en sorte de promouvoir le collectivisme qui a toujours défini notre culture. Nous étions unis, à chaque occasion. Le soir, on se retrouvait au clair de la lune pour raconter des histoires et des contes. Une pratique qui avait un but et un objectif précis dans notre société.</p>



<p>Aujourd’hui, nous devons mettre à profit la modernité qui gangrène notre culture, en vue de métisser cette culture africaine. Car la modernité engendre d’autres nouvelles cultures au sein de la nôtre. En un mot, c’est à nous de faire la part des choses afin de rehausser la culture africaine.</p>



<p><strong>Mohamed Camara</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Dr Fodé Moussa Sidibé, donso : « Le Ciwara n’est jamais seul »</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Sahel Tribune]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 24 Jan 2021 14:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Seko ni Donko]]></category>
		<category><![CDATA[ciwara]]></category>
		<category><![CDATA[croyances traditionnelles]]></category>
		<category><![CDATA[culture malienne]]></category>
		<category><![CDATA[Dr Fodé Moussa Sidibé]]></category>
		<category><![CDATA[Journée mondiale de la culture africaine]]></category>
		<category><![CDATA[langues africaines]]></category>
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<p>Acteur culturel malien depuis des années, donso, écrivain et enseignant-chercheur, Dr Fodé Moussa Sidibé, drapé dans une tenue traditionnelle africaine, nous a accordé, le jeudi dernier, un entretien sur la&#8230;</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>

<p><strong>Acteur culturel malien depuis des années, donso, écrivain et enseignant-chercheur, Dr Fodé Moussa Sidibé, drapé dans une tenue traditionnelle africaine, nous a accordé, le jeudi dernier, un entretien sur la culture malienne et africaine. De ces explications, le constat qui apparait est la déception de l’acteur culturel des politiques culturelles et éducatives de son pays. Dans une voix vive, il finit par montrer la voie à suivre.</strong></p>



<p><strong>Cet entretien a été réalisé dans le cadre de la célébration de la deuxième édition de la Journée mondiale de la culture africaine et afro-descendante, célébrée le 24&nbsp;janvier de chaque année.</strong></p>



<amp-fit-text layout="fixed-height" min-font-size="6" max-font-size="72" height="80"><h3 class="has-black-color has-text-color has-normal-font-size wp-block-heading"><strong>Phileingora : le monde célèbre la deuxième édition de la <a href="http://saheltribune.com/?p=5974&amp;preview=true">Journée mondiale de la culture africaine </a>et afro-descendante. Que vous dit cette Journée ?</strong></h3></amp-fit-text>



<p><strong>Fodé Moussa Sidibé</strong>&nbsp;: c’est un événement grandiose pour tous les Noirs d’ici et d’ailleurs. C’est important que nous parvenions, d’abord, à nous prendre en charge, sur le plan culturel. Pour ce faire, nous ne devons pas oublier nos frères afro-descendants. Lors de la célébration de notre identité culturelle, nous ne devons pas les oublier.</p>



<amp-fit-text layout="fixed-height" min-font-size="6" max-font-size="72" height="80"><h3 class="has-black-color has-text-color has-normal-font-size wp-block-heading"><strong>On parle de culture africaine et afro-descendante. Quelle différence pouvons-nous faire entre les deux ?</strong></h3></amp-fit-text>



<p>Lorsqu’on s’éloigne de notre lieu originel, il va de soi que nous perdions certains éléments de notre culture. D’autres éléments se transforment. Mais il y en a d’autres qui restent permanemment et qui font partie de l’être qui s’éloigne.&nbsp;</p>



<amp-fit-text layout="fixed-height" min-font-size="6" max-font-size="72" height="80"><h3 class="has-black-color has-text-color has-normal-font-size wp-block-heading"><strong>Qu’avons-nous gardé de notre identité africaine dont doivent s’inspirer les afro-descendants ?</strong></h3></amp-fit-text>



<p>Il s’agit particulièrement de nos croyances, de notre spiritualité, de nos valeurs sociales, de notre philosophie, de notre vision du monde et de l’univers, etc.</p>



<amp-fit-text layout="fixed-height" min-font-size="6" max-font-size="72" height="80"><h3 class="has-black-color has-text-color has-normal-font-size wp-block-heading"><strong>Quelle place la langue et les croyances jouent-elles dans la promotion de la culture africaine ?</strong></h3></amp-fit-text>



<p>Le monde entier veut nous faire comprendre que nous pouvons faire évoluer nos cultures en laissant de côté nos langues. On veut nous faire comprendre que nous pouvons évoluer et promouvoir nos cultures en abandonnant nos croyances, nos spiritualités. Ce qui est quasiment impossible.</p>



<p>Le ver se trouve dans le fruit. Aucune culture ne peut se développer sans langue d’expression propre de son identité. Aucune culture ne peut se développer sans une vision affirmée de ses croyances, de sa religion, de sa vision du monde, de sa philosophie, de sa spiritualité.</p>



<p>Nous voulons notre culture, qui est une totalité. On ne peut pas développer une culture en prenant seulement un aspect et vouloir la promouvoir sans pour autant aller à la base de ses fondements.</p>



<amp-fit-text layout="fixed-height" min-font-size="6" max-font-size="72" height="80"><h3 class="has-black-color has-text-color has-normal-font-size wp-block-heading"><strong>De quelle base&nbsp;parlez-vous ?</strong></h3></amp-fit-text>



<p>C’est la langue d’expression de nos cultures et les croyances traditionnelles.</p>



<amp-fit-text layout="fixed-height" min-font-size="6" max-font-size="72" height="80"><h3 class="has-black-color has-text-color has-normal-font-size wp-block-heading"><strong>Aujourd’hui, sommes-nous loin des afro-descendants ?</strong></h3></amp-fit-text>



<p>Oui ! Assez loin. Il faut affirmer que nous sommes de plus en plus loin de <em>« l’africanité originelle tout comme nos frères afro-descendants</em> ». Ce que nos frères ont perdu en étant éloignés du continent, nous nous sommes arrangés à les perdre, en partie en étant sur place. Cependant, ceux qui ne se disent pas musulmans ou chrétiens sont encore imprégnés de croyances traditionnelles. Ils vivent avec leurs croyances. Ils sont dans le vrai de l’Africanité.</p>



<p>Ceux qui ont pris à leur compte d’autres valeurs telles les religions et les langues importées qui changent complètement la vision de l’individu par rapport à lui-même et au monde ne sont plus dans le vrai. Ils ne sont pas loin de certains afro-descendants.</p>



<amp-fit-text layout="fixed-height" min-font-size="6" max-font-size="72" height="80"><h3 class="has-black-color has-text-color has-normal-font-size wp-block-heading"><strong>Donc l’adhésion aux religions monothéistes est en déphasage avec la promotion de la culture africaine ?</strong></h3></amp-fit-text>



<p>Assurément ! On ne peut pas défendre la culture africaine et se réclamer chrétien ou musulman. Je ne peux pas me dire homme de culture malien en étant chrétien ou musulman. On ne peut pas promouvoir nos cultures et resté attaché aux religions importées qui ont pour objectif avouée, la totale destruction de nos religions autochtones et la négation de nos langues.&nbsp;</p>



<amp-fit-text layout="fixed-height" min-font-size="6" max-font-size="72" height="80"><h3 class="has-black-color has-text-color has-normal-font-size wp-block-heading"><strong>Dans la même logique, préconiseriez-vous aujourd’hui qu’à la place des balani show qu’on privilégie des manifestations culturelles traditionnelles ?</strong></h3></amp-fit-text>



<p>Je n’ai rien contre les balani show parce que c’est la preuve de la carence de notre politique culturelle et de notre système éducatif qui ignore nos réalités socioculturelles. Comme on le dit, « <em>la nature a horreur du vide</em> ». Quand il n’y a rien comme proposition, on crée. Les enfants ont créé parce qu’on ne leur a rien proposé. Or, la jeunesse aussi bien que l’enfance ne peut pas se faire sans distraction, sans récréation.&nbsp;</p>



<p>Dans nos sociétés traditionnelles, au clair de lune, les enfants s’amusaient bien. Ils avaient leur rythme, leurs jeux qui structuraient leur esprit par rapport à leur environnement.&nbsp;</p>



<amp-fit-text layout="fixed-height" min-font-size="6" max-font-size="72" height="80"><h3 class="has-black-color has-text-color has-normal-font-size wp-block-heading"><strong>Pouvez-vous nous citer quelques-uns de ces jeux ?</strong></h3></amp-fit-text>



<p>Il y avait des jeux de cache-cache, de la marelle, la lutte, le kotèba, les contes, des chants et des danses, etc. Ces jeux leur permettaient de se structurer non pas par rapport à un espace inconnu, mais par rapport à leur environnement.&nbsp;</p>



<amp-fit-text layout="fixed-height" min-font-size="6" max-font-size="72" height="80"><h3 class="has-black-color has-text-color has-normal-font-size wp-block-heading"><strong>Est-il donc trop tard pour bien faire ?</strong></h3></amp-fit-text>



<p>Non ! Nous pouvons bien réorienter ces balani show si nous voulons bien faire. Pour cela, nous pouvons proposer aux enfants des musiques qui soient de leur terroir, ou tout simplement des manifestations provenant de leur identité. Il faudrait à ce titre mettre nos artistes, nos musiciens, nos artisans… à contribution afin de proposer quelque chose d’authentiquement africain à la place de ces balani show. Mais qui va mener ces réflexions ?</p>



<amp-fit-text layout="fixed-height" min-font-size="6" max-font-size="72" height="80"><h3 class="has-black-color has-text-color has-normal-font-size wp-block-heading"><strong>Dans une de vos <a href="https://www.maliweb.net/education/dr-fode-moussa-sidibe-enseignant-chercheur-sil-y-a-un-champion-de-la-culture-au-mali-cest-bien-alpa-oumar-konare-et-non-ibk-2816639.html" target="_blank" rel="noreferrer noopener">interviews </a>en 2019, vous aviez déclaré : « s’il y a un champion de la culture au Mali, c’est bien Alpha Oumar Konaré et non IBK ». Pourquoi Alpha Oumar Konaré ?</strong></h3></amp-fit-text>



<p>Les raisons sont multiples. De par sa formation universitaire, Alpha Oumar Konaré est un acteur et un militant culturel de premier ordre. Il connaissait bien la culture malienne avant d’être président. Depuis qu’il était ministre de la Culture sous le général Moussa Traoré [deuxième président du Mali indépendant ndlr], il a fait beaucoup de propositions allant dans le sens de la valorisation de la culture malienne. Lorsqu’il a été président de la République également, il a posé des actes culturels sur lesquels nous fonctionnons jusqu’à nos jours.</p>



<amp-fit-text layout="fixed-height" min-font-size="6" max-font-size="72" height="80"><h3 class="has-black-color has-text-color has-normal-font-size wp-block-heading"><strong>De quels actes parlez-vous ?</strong></h3></amp-fit-text>



<p>Notamment, de la Rencontre des Chasseurs Ouest-africaine, qui a été l’une des rencontres authentiques de toute l’Afrique de l’Ouest sur la culture authentique de l’Afrique de l’Ouest. Un acte qu’il a posé en 2001. C’est grâce à cette rencontre que les populations ont compris la valeur culturelle d’une confrérie, comme celle des donso, des chasseurs.</p>



<p>À cela s’ajoutent les monuments qu’il a érigés dans les capitales régionales du Mali. Ces monuments sont l’expression de l’identité africaine du Mali. Alpha Oumar Konaré a également apporté sa petite touche à la biennale artistique et culturelle. Mais sous IBK, qu’est-ce qui a été fait pour la culture ? Je ne vois rien.</p>



<amp-fit-text layout="fixed-height" min-font-size="6" max-font-size="72" height="80"><h3 class="has-black-color has-text-color has-normal-font-size wp-block-heading"><strong>Seriez-vous donc en train d’attribuer la décadence culturelle du Mali aux présidents qui sont venus après Alpha Oumar Konaré ?</strong></h3></amp-fit-text>



<p>Je ne parlerai pas de décadence de la culture malienne. Elle survit dans certains domaines et dans d’autres, elle brille de mille feux. Néanmoins, cette brillance et cette excellence n’iront pas loin tant qu’on ne tiendra pas compte des deux piliers fondamentaux de la culture&nbsp;: la langue et les croyances.</p>



<p>La langue est le véhicule de la culture. Les croyances constituent le soubassement, le <em>substratum</em>. Il n’y a aucun élément de la culture malienne qui ne soit lié à une croyance, à un aspect de la spiritualité malienne.&nbsp;</p>



<amp-fit-text layout="fixed-height" min-font-size="6" max-font-size="72" height="80"><h3 class="has-black-color has-text-color has-normal-font-size wp-block-heading"><strong>Le Ciwara est-il aussi lié à une croyance malienne ?</strong></h3></amp-fit-text>



<p>Le <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Ciwara#:~:text=Le%20masque%20Ciwara%2C%20ou%20encore%20Tyi%20wara%2C%20de,antilope-cheval%20que%20l%27on%20rencontre%20dans%20la%20culture%20Bambara." target="_blank" rel="noreferrer noopener">Ciwara </a>est d’abord un élément de la croyance des Maliens. Le Ciwara est le nom d’une société d’initiation malienne. C’est le masque de cette société d’initiation. Le Ciwara est le symbole du labeur, de l’excellence.</p>



<amp-fit-text layout="fixed-height" min-font-size="6" max-font-size="72" height="80"><h3 class="has-black-color has-text-color has-normal-font-size wp-block-heading"><strong>Il paraît que ce masque est sexué. Expliquez-nous.</strong></h3></amp-fit-text>



<p>Le Ciwara n’est jamais seul. Il est toujours accompagné. Mais par méconnaissance, on donne un Ciwara à quelqu’un sans se soucier de connaitre le sexe du masque. Pourtant il est sexué. Il y a le mâle et la femelle.&nbsp;</p>



<p>Certes, le Ciwara est le symbole du labeur, mais ce symbolisme n’est pas lié à un sexe. En dehors de tous ces aspects, ce que les gens ne savent peut-être pas et qui est déplorable, c’est le fait que le Ciwara ne doit pas rentrer dans la maison de celui qui prie. Pourtant, c’est toujours une fierté dans notre société.</p>



<amp-fit-text layout="fixed-height" min-font-size="6" max-font-size="72" height="80"><h3 class="has-black-color has-text-color has-normal-font-size wp-block-heading"><strong>Pourquoi&nbsp;ce masque ne doit-il pas rentrer dans la maison de celui qui prie ?</strong></h3></amp-fit-text>



<p>Parce que c’est une société d’initiation où on ne prie pas. Certes, il faut promouvoir les cultures africaines et afro-descendantes mais il faut qu’en Afrique, nous apprenions d’abord à nous assumer avant d’appeler nos frères afro-descendants, qui regrettent d’avoir perdu leurs langues et leurs croyances. Au même moment, nous Africains, avons peur de nos religions autochtones que nous contribuons à faire disparaître !</p>



<p>Il faut que nous revenions à l’étude systématique non seulement de nos langues, mais également de nos croyances traditionnelles, de notre religion africaine. Qui veut promouvoir la culture malienne doit nécessairement passer par ces deux piliers fondamentaux.&nbsp;&nbsp;</p>



<amp-fit-text layout="fixed-height" min-font-size="6" max-font-size="72" height="80"><h3 class="has-black-color has-text-color has-normal-font-size wp-block-heading"><strong>Nous savons aussi que vous êtes membre de la confrérie donsoya. Pouvez-vous nous parler de cette confrérie&nbsp;?</strong></h3></amp-fit-text>



<p><em>A lire prochainement,&nbsp;dans la deuxième partie&nbsp;!</em></p>



<p><strong>Réalisé par Fousseni Togola (pour Le Pays)</strong></p>



<p><strong>Et Bakary Fomba (pour phileingora.org)</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Covid-19 : pour soutenir les cultures africaines, les gouvernements sont interpellés</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Chiencoro]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 24 Jan 2021 12:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Seko ni Donko]]></category>
		<category><![CDATA[Afrique]]></category>
		<category><![CDATA[Covid-19]]></category>
		<category><![CDATA[culture africaine]]></category>
		<category><![CDATA[Journée mondiale de la culture africaine]]></category>
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<p>Même pendant les moments les plus difficiles, la culture doit jouer son rôle cathartique. Elle est le recours des cœurs brisés. Pourtant, les effets de la pandémie n’ont nullement épargné&#8230;</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p><strong>Même pendant les moments les plus difficiles, la culture doit jouer son rôle cathartique. Elle est le recours des cœurs brisés. Pourtant, les effets de la pandémie n’ont nullement épargné ce secteur. La célébration de la deuxième édition de la Journée mondiale de la culture africaine et afro-descendante a livré l’opportunité d’appeler les gouvernements à secourir le secteur.</strong></p>



<p><em>« Partout dans le monde, des concerts, des représentations, des projections permettent ainsi de découvrir et d’explorer ces cultures aux richesses infinies, à la fois surprenantes et inspirantes ; mais aussi de rendre hommage au travail de tous les artistes et créateurs, qui portent et renouvellent ces cultures </em>», a déclaré <a href="https://unesdoc.unesco.org/ark:/48223/pf0000375335" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Audrey Azoulay</a>, directrice générale de l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO) à l’occasion de la Journée mondiale de la culture africaine et afro-descendante, le 24 janvier 2021.</p>



<amp-fit-text layout="fixed-height" min-font-size="6" max-font-size="72" height="80"><h3 class="has-black-color has-text-color has-normal-font-size wp-block-heading"><strong>Richesse des cultures africaines</strong></h3></amp-fit-text>



<p>Les peuples d’Afrique se caractérisent par la richesse et la diversité de leurs cultures. Ces cultures d’Afrique et de la diaspora ont tissé à travers les siècles et les continents des manières uniques de penser et de sentir, d’éprouver et de dire, pour reprendre les mots de Audrey Azoulay. Ce patrimoine riche n’a jamais cessé d’être revisité, réinventé et réinterprété.</p>



<p>Alors que le monde célèbre la deuxième édition de la Journée mondiale de la culture africaine et afro-descendante, le secteur culturel traverse d’immenses « <em>difficultés liées à la pandémie » </em>et à la crise profonde dans laquelle le secteur&nbsp;est tombé. Une situation qui n’est point sans conséquence sur le développement économique des États africains.</p>



<amp-fit-text layout="fixed-height" min-font-size="6" max-font-size="72" height="80"><h3 class="has-black-color has-text-color has-normal-font-size wp-block-heading"><strong>« Reconstruire autrement et mieux »</strong></h3></amp-fit-text>



<p>Il est alors plus que nécessaire de venir en aide au secteur de la culture pour surmonter les défis. « <em>Car pour reconstruire autrement et mieux, nous aurons besoin de la force d’inspiration de la culture »</em>, précise la directrice de l’UNESCO qui explique que <em>« la promotion des cultures africaines et afro-descendantes est d’autant plus essentielle que la crise mondiale a exacerbé toutes les tensions de nos sociétés</em> ». Selon ses mots, les cultures africaines et afro-descendantes offrent de la fierté, des réponses, et de quoi guérir les blessures les plus intimes.</p>



<p>Cette nouvelle édition de la Journée mondiale pour la culture africaine et afro-descendante est une occasion pour mettre à l’honneur et en lumière ces cultures, dans leur diversité, comme dans leur actualité. Cette Journée offre également l’opportunité aux chefs d’État africains, qui ont déclaré l’année&nbsp;2021, année pour les arts, la culture et le patrimoine, de promouvoir ces cultures africaines et afro-descendantes, afin de leur permettre de jouer tout leur rôle pour le développement et pour la paix.</p>



<amp-fit-text layout="fixed-height" min-font-size="6" max-font-size="72" height="80"><h3 class="has-black-color has-text-color has-normal-font-size wp-block-heading"><strong>Inciter les gouvernements à la mise en œuvre des textes</strong></h3></amp-fit-text>



<p>Le <a href="https://en.unesco.org/commemorations/africanafrodescendantculture" target="_blank" rel="noreferrer noopener">24 janvier</a> a été consacré par l’UNESCO Journée mondiale de la culture africaine et afro-descendante lors de la 40e session de sa Conférence générale en 2019. Cette date n’a pas été choisie au hasard. Elle coïncide avec l’adoption de la Charte pour la renaissance culturelle africaine en 2006 par les chefs d’État et de gouvernement de l’Union africaine.</p>



<p>À travers la célébration de cette journée, l’UNESCO entend inciter les États africains à promouvoir la ratification et la mise en œuvre les plus larges possibles de cette Charte. L’objectif est de renforcer le rôle de la culture dans la promotion de la paix sur le continent.</p>



<p>Les États africains doivent éviter que la crise sanitaire liée à la pandémie du coronavirus mette la riche culture du continent en péril. Une situation qui ne pourrait qu’exacerber les maux du continent.</p>



<p><strong>Fousseni Togola&nbsp;</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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