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	<title>Archives des Les démystificateurs du Sahel &#8212; Sahel Tribune</title>
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	<title>Archives des Les démystificateurs du Sahel &#8212; Sahel Tribune</title>
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		<title>Tribune. La post-vérité ou l’âge adulte impossible de l’humanité</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Fousseni TOGOLA]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 10 Feb 2026 08:47:05 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>
<p>Plongez dans la géopolitique des fake news et examinez comment la technologie alimente la guerre des récits à travers le globe.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>

<p><strong><em>Jamais l’humanité n’a produit autant de données, de rapports et de savoirs. Jamais pourtant la vérité n’a semblé aussi fragile. À l’ère de la post-vérité, la désinformation ne relève plus de l’exception mais d’un système, nourri par les intérêts, la technologie et la guerre des récits.</em></strong></p>



<p>Nous vivons à l’ère de l’abondance informationnelle. De 2016 à 2022, le nombre d’articles scientifiques publiés dans le monde est passé d&rsquo;environ 1,9 million par an à 2,8 millions, selon une <a href="https://www.univ-grenoble-alpes.fr/actualites/a-la-une/actualites-recherche/l-edition-scientifique-sous-pression-1323788.kjsp" target="_blank" rel="noreferrer noopener">étude</a> publiée en septembre 2023. Le volume total d’informations numériques produites – rapports institutionnels, documents techniques, études d’ONG, notes de cabinets de conseil ou de think tanks – atteint près de 913 exaoctets par an. Jamais l’humanité n’a autant écrit, documenté, chiffré. Jamais, pourtant, la vérité n’a paru aussi insaisissable.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-l-ordre-moral-de-la-post-verite"><strong>L’ordre moral de la post-vérité</strong></h2>



<p>Car cette inflation documentaire ne signifie pas <a href="https://www.vrin.fr/livre/9782251453361/levolution-de-la-connaissance" target="_blank" rel="noreferrer noopener">accumulation de savoir</a>. Elle accompagne, au contraire, une diffusion accélérée de la désinformation. Derrière chaque rapport, chaque étude, chaque chiffre, se cachent désormais des intérêts, des stratégies, des agendas. La <a href="https://shs.cairn.info/sauver-marx--9782707151315-page-220?lang=fr" target="_blank" rel="noreferrer noopener">connaissance</a> n’échappe plus à la logique marchande. Elle se finance, se commande, se vend. La science elle-même se voit sommée de produire des résultats compatibles avec les attentes de ses bailleurs. La vérité devient alors secondaire. Ce qui compte, c’est ce qui convainc, ce qui rassure, ce qui sert.</p>



<p>Dans ce monde, le mensonge n’avance plus masqué. Il se pare des atours de la vérité. La vérité, elle, se retrouve du côté du plus fort – non pas celui qui a raison, mais celui qui parle le mieux. Celui qui parle le mieux est souvent celui qui paie le plus. Ainsi se construit l’ordre moral de la post-vérité.</p>



<p>La célèbre maxime attribuée à Voltaire – « <em>Je ne suis pas d’accord avec ce que vous dites, mais je me battrai pour que vous puissiez le dire</em> » – semble aujourd’hui avoir muté. Elle pourrait se reformuler ainsi : <em>« Je sais que ce que vous dites est faux, mais je me battrai pour que cela soit cru comme vrai. »</em> Tel est le serment tacite de nombreux producteurs de discours dans l’économie contemporaine de l’information.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-la-verite-devient-bicephale"><strong>La vérité devient bicéphale</strong></h2>



<p>Les données, loin d’éclairer le réel, répondent de plus en plus à des objectifs politiques, économiques ou idéologiques. La vérité est sacrifiée sur l’autel d’intérêts égoïstes. Nous entrons dans un régime de relativisme radical où une affirmation, même fausse, est défendue comme une vérité absolue par ses auteurs, tandis que ses adversaires la rejetteront même si elle est avérée. La vérité devient bicéphale, oscillant sans cesse entre croyance et rejet.</p>



<p>Faut-il alors donner raison à Platon, qui distinguait le monde parfait des idées et le monde imparfait des <a href="https://saheltribune.com/vivons-nous-dans-un-fake-monde/">apparences</a> ? L’accès à la vérité est devenu un combat. Non plus un chemin rationnel, mais une lutte asymétrique. Cette lutte est symptomatique de <a href="https://www.amazon.fr/Fake-monde-Fousseni-Togola/dp/2312144808" target="_blank" rel="noreferrer noopener">l’imperfection de notre monde</a>. Le philosophe Karl Popper l’avait pourtant rappelé : il n’existe pas de vérité absolue en science. Il n’y a que des hypothèses provisoires, destinées à être réfutées. Nous ne faisons que nous rapprocher de la vérité sans jamais la saisir pleinement. Cette <em>vraisemblance</em> – cette « <a href="https://philosciences.com/verisimilitude#:~:text=Pour%20Popper,%20si%20une%20th%C3%A9orie,forme%20d'une%20objectivit%C3%A9%20croissante." target="_blank" rel="noreferrer noopener">verisimilitude</a><em> »</em> – dit quelque chose de fondamental : notre imperfection.</p>



<p>Thomas Kuhn parlera de <a href="https://shs.cairn.info/la-societe-un-monde-incertain--9782705665722-page-3?lang=fr" target="_blank" rel="noreferrer noopener">changements de paradigmes</a>. Gaston Bachelard, « <em>d’obstacles épistémologiques</em> ». Ces <a href="https://www.philomag.com/articles/lobstacle-epistemologique-chez-bachelard-cest-quoi" target="_blank" rel="noreferrer noopener">préjugés</a> intimes qui nous poussent à confondre opinion et vérité. Le progrès de la connaissance s’est toujours construit sur les ruines de certitudes anciennes. Mais encore faut-il accepter cette fragilité.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-la-pandemie-du-clic"><strong>La pandémie du clic</strong></h2>



<p>Dans le champ géopolitique et militaire, la vérité alternative n’est pas une nouveauté. Elle a toujours été une arme. Sun Tzu en avait fait un <a href="https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/les-enjeux-internationaux/sun-tzu-et-l-art-de-la-guerre-le-premier-traite-de-strategie-militaire-9741979" target="_blank" rel="noreferrer noopener">principe stratégique</a> : tromper l’adversaire, l’épuiser psychologiquement, brouiller ses repères. Ce qui a changé, c’est l’échelle. Avec Internet et les réseaux sociaux, la désinformation n’est plus l’apanage des États ou des presses militantes. Elle est devenue industrielle, virale, instantanée. Une véritable pandémie du clic.</p>



<p>Désormais, rapports officiels, communiqués, déclarations publiques, articles de presse eux-mêmes doivent être lus avec suspicion. Ils dissimulent souvent des intentions de nuisance ou la défense d’intérêts particuliers. L’impartialité, notamment dans le champ médiatique, tend à devenir un mot creux. Voilà la «<a href="https://www.lecourrierdelatlas.com/myret-zaki-la-gouvernance-des-medias-doit-etre-pluraliste-integre-et-transparente/" target="_blank" rel="noreferrer noopener"><em>désinformation venant d’en-haut</em></a> », dont parle Myret Zaki. Chaque média est arrimé à une ligne, un financement, une vision du monde – consciemment ou non.</p>



<p>En Afrique comme dans toutes les zones de conflits, la guerre offre une illustration brutale de cette bataille des récits. Des rapports contradictoires s’affrontent. Certains dénoncent des violations des droits humains, d’autres les minimisent ou les contestent. Qui dit vrai ? Qui dit le contraire ? Nous sommes dans l’ère de la «&nbsp;<em>géopolitique des fake news</em>&nbsp;». L’expression sûrement pas encore.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-la-politique-etrangere-de-la-desinformation"><strong>La politique étrangère de la désinformation</strong></h2>



<p>Dans <a href="https://www.amazon.fr/Gouverner-par-Fake-News-internationaux/dp/2315009561/ref=sr_1_1?__mk_fr_FR=%C3%85M%C3%85%C5%BD%C3%95%C3%91&amp;crid=13NLKRD9Z1ZLM&amp;dib=eyJ2IjoiMSJ9.FbINg_xoFNOHZfTY9KOqpLHMR1kdcITRiLVvfCEG2Yg.ewzR3ux4AoYDAYimK0lx_JzQLSXjoMb1rvHwuANxctM&amp;dib_tag=se&amp;keywords=Gouverner+par+les+fake+news&amp;qid=1770710833&amp;s=books&amp;sprefix=gouverner+par+les+fake+news,stripbooks,328&amp;sr=1-1-catcorr" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Gouverner par les fake news</a>, Jacques Baud, ancien analyste du renseignement stratégique suisse, démonte les narratifs dominants des grandes crises contemporaines. Il soutient que nombre de certitudes occidentales – sur la Syrie, la Russie, le terrorisme – reposent moins sur des faits établis que sur des constructions discursives. Une politique étrangère façonnée par la désinformation.</p>



<p>L’humanité est malade de ses récits. Pourtant, l’antidote demeure l’esprit critique. Refuser de croire un rapport, une déclaration, un chiffre sans interroger ses auteurs, ses financeurs, ses adversaires, ses intentions. À défaut, nous continuerons à absorber des faits empoisonnés, incapables de raisonner par nous-mêmes.</p>



<p>La situation est d’autant plus préoccupante que les outils d’intelligence artificielle ont franchi un seuil. Désormais, chacun peut fabriquer images, vidéos, textes crédibles, depuis un simple smartphone. La « <a href="https://www.amazon.fr/fabrication-consentement-propagande-m%C3%A9diatique-d%C3%A9mocratie/dp/2748900723" target="_blank" rel="noreferrer noopener">fabrique du consentement </a>», pour reprendre Noam Chomsky et Edward Herman, est devenue accessible à tous. Elle n’épargne même pas les fact-checkeurs, parfois <a href="https://saheltribune.com/face-aux-fake-news-la-difficulte-de-verifier-les-faits-en-afrique-de-louest/">piégés par les narratifs</a> qu’ils prétendent démonter, contribuant involontairement à leur diffusion.</p>



<p>Dans ce monde de la<a href="https://saheltribune.com/4810-2/"> post-vérité</a>, le combat pour la vérité n’est plus seulement une exigence morale. C’est une urgence démocratique.</p>



<p><strong>F. Togola&nbsp;</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Monnaie commune de l’AES : quand la désinformation révèle une aspiration populaire</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Fousseni TOGOLA]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 27 Jan 2026 21:45:18 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>
<p>Analyse des rumeurs sur la monnaie commune de l’AES et leurs implications sur l’évolution politique et économique régionale.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>

<p><strong><em>La diffusion d’un faux communiqué annonçant la création imminente d’une monnaie commune au sein de l’Alliance des États du Sahel (AES) a mis en lumière la montée en puissance de la désinformation dans un contexte politique et monétaire hautement sensible. Derrière ces intox répétées se dessinent à la fois une forte aspiration populaire à la sortie du franc CFA et une instrumentalisation informationnelle susceptible de fragiliser les équilibres régionaux, notamment avec l’UEMOA.</em></strong></p>



<p>Le 23 décembre 2025, alors que se tenait à Bamako la clôture de la deuxième session du collège des chefs d’État de l’Alliance des États du Sahel (AES), un document présenté comme un communiqué finale de la session de la Confédération annonçait la création imminente d’une monnaie commune baptisée « <em>Sahel</em> ». Le texte, abondamment relayé sur les réseaux sociaux, portait de fausses signatures et des symboles institutionnels détournés. La présidence malienne a dénoncé une manipulation informationnelle.</p>



<p>Un mois plus tard, le lundi 26 janvier, la même information réapparait sur les réseaux sociaux annonçant la feuille de route pour la création d’une monnaie commune AES. Cette déclaration attribuée au ministre de l’Economie et des Finances, Alousséni Sanou, ne donnait aucune précision du contexte de la déclaration ni quand est-ce qu’elle fut faite. Le ministère malien de l’Économie et des Finances publie ce mardi 27 janvier un démenti formel : aucune décision n’avait été prise concernant la mise en circulation d’une monnaie unique et aucun calendrier opérationnel n’existait.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-une-rumeur-qui-prospere-sur-une-attente-reelle"><strong>Une rumeur qui prospère sur une attente réelle</strong></h2>



<p>Si ces fausses annonces rencontrent un tel écho, c’est qu’elles s’inscrivent dans une dynamique politique et sociale profonde. Depuis leur retrait de la CEDEAO, le Mali, le Burkina Faso et le Niger affichent leur volonté de refonder leur souveraineté économique. La question monétaire, longtemps symbolisée par le franc CFA, cristallise cette aspiration.</p>



<p>Dans l’espace public sahélien, la création d’une monnaie propre est devenue un marqueur de rupture avec l’ordre économique hérité de la période postcoloniale. La circulation régulière de fausses informations traduit ainsi moins une simple manipulation qu’une projection des désirs populaires sur un futur institutionnel encore incertain. Car les autorités étatiques n’ont encore fait aucune déclaration officielle traduisant cette volonté de rupture avec le FCFA, considéré comme une monnaie coloniale, qui ne permettrait pas la développement ou la souveraineté de ses Etats membres.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-la-desinformation-comme-revelateur-d-interets-contradictoires"><strong>La désinformation comme révélateur d’intérêts contradictoires</strong></h2>



<p>La désinformation traduit souvent des volontés inassouvies ou des stratégies d’influence. Dans le cas de l’AES, elle peut servir des intérêts multiples : militants souverainistes impatients, acteurs économiques spéculatifs, ou encore réseaux cherchant à semer la confusion diplomatique entre l’AES et l’UEMOA.</p>



<p>Cette dynamique est d’autant plus sensible que les trois pays ont quitté la CEDEAO mais demeurent liés aux mécanismes monétaires régionaux. Une fausse annonce de monnaie commune pourrait ainsi nourrir des tensions inutiles avec l’UEMOA et fragiliser des relations déjà recomposées.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-l-information-nouveau-champ-de-bataille-strategique"><strong>L’information, nouveau champ de bataille stratégique</strong></h2>



<p>La multiplication de ces intox s’inscrit dans un phénomène plus large : l’usage croissant de la désinformation comme instrument de puissance. Désormais, les États ne se livrent plus seulement une compétition militaire ou diplomatique, mais aussi informationnelle.</p>



<p>Dans un Sahel marqué par la fragilité institutionnelle et la polarisation politique, la désinformation devient une menace directe pour la stabilité. Elle peut susciter des attentes irréalistes, alimenter la défiance envers les autorités ou provoquer des malentendus régionaux.</p>



<p>Face à ce constat, les autorités de l’AES sont appelées à renforcer leur dispositif de veille informationnelle. La lutte contre la désinformation doit être intégrée aux stratégies de sécurité nationale, au même titre que la lutte antiterroriste.</p>



<p>Investir dans la communication institutionnelle, la transparence décisionnelle et l’éducation aux médias apparaît désormais comme une nécessité stratégique. Car dans un contexte de recomposition géopolitique, la bataille des récits peut peser autant que celle des armes.</p>



<p><strong>F. Togola&nbsp;</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>De la caverne de Platon aux big data : sommes-nous encore libres de voir le réel ?</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Fousseni TOGOLA]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 25 Jan 2026 12:15:40 +0000</pubDate>
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<p>Découvrez comment les big data influencent notre vision du monde et questionnent notre rapport à l'image et à la réalité.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p><strong><em>À partir de l’allégorie de la caverne de Platon, cette tribune interroge notre rapport contemporain aux big data et aux images numériques. Entre illusion et réalité, elle invite à une lecture critique des technologies qui façonnent nos perceptions et pose une question centrale : sommes-nous encore capables de voir le monde autrement que par ses reflets chiffrés ?</em></strong></p>



<p>Par bien des aspects, notre époque semble avoir donné raison à Platon. Il y a près de 2 500 ans, dans <em>La République</em>, le philosophe grec racontait l’histoire d’hommes enchaînés dans une grotte depuis leur naissance. Face à un mur, ils ne percevaient du monde que des ombres projetées par un feu qu’ils ne voyaient jamais. Pour eux, ces ombres constituaient la seule réalité possible. Leurs geôliers n’étaient pas seulement des surveillants : ils étaient aussi des illusionnistes, fabricants d’images et de croyances.</p>



<p>Dans cette célèbre allégorie de la caverne, Platon montre comment l’homme peut être maintenu dans la passivité par une réalité fabriquée, au point de perdre toute volonté de s’en libérer. Hypnotisés par un flot permanent d’images, les prisonniers finissent par confondre apparence et vérité. Aujourd’hui, cette parabole résonne avec une troublante actualité.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-quand-les-big-data-deviennent-nos-nouvelles-ombres"><strong>Quand les big data deviennent nos nouvelles ombres</strong></h2>



<p>À l’ère des big data, des algorithmes et des écrans omniprésents, nous sommes peut-être plus enchaînés que jamais à des représentations du monde qui se substituent au monde lui-même. Nous vivons dans un miroir déformant, une « <em>glace sans tain </em>» — pour reprendre&nbsp; une expression de Marc Dugain et Christophe Labbé, dans <em>l’Homme nu&nbsp;—</em>&nbsp; où le reflet numérique de la réalité prend progressivement le pas sur l’expérience directe.</p>



<p>Le chiffre, la statistique, l’indicateur sont devenus des autorités. Ils prétendent dire le vrai sur nos comportements, nos émotions, nos sociétés. Mais la réalité qu’ils décrivent n’est jamais qu’une construction. En encodant le monde, les big data tissent une toile entre nous et le réel, filtrant ce que nous voyons, ce que nous ressentons et même ce que nous croyons.</p>



<p>Platon faisait dire à l’un de ses prisonniers : « <em>Et si on l’obligeait à regarder le feu lui-même, ses yeux ne lui feraient-ils pas mal ? Ne voudrait-il pas se détourner pour revenir à ce qu’il est dans ses forces de regarder ? </em>» Autrement dit : la vérité fait parfois mal. Elle exige un effort, une rupture avec le confort des illusions.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-le-danger-d-une-humanite-reduite-a-des-donnees"><strong>Le danger d’une humanité réduite à des données</strong></h2>



<p>La promesse technologique est celle de la prévisibilité : tout mesurer, tout anticiper, tout contrôler. Mais cette logique heurte ce qui fait la singularité humaine : l’émotion, l’imprévisible, le contradictoire, l’irrationnel parfois.</p>



<p>Les big data ne savent pas modéliser la peur, la dignité, l’humiliation, l’espérance. Elles ignorent la part invisible de l’homme. En réduisant les sociétés à des tableaux de bord, on risque de transformer des peuples en objets statistiques et les citoyens en profils numériques.</p>



<p>Pour l’Afrique, cet enjeu est crucial. Le continent est à la fois un laboratoire technologique et un espace de fortes vulnérabilités informationnelles. La dépendance aux plateformes, aux narrations venues d’ailleurs et aux chiffres produits hors contexte peut fabriquer une nouvelle forme de caverne : une réalité importée, projetée, souvent éloignée des vécus locaux.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-sortir-de-la-caverne-numerique"><strong>Sortir de la caverne numérique</strong></h2>



<p>Sortir de la caverne, aujourd’hui, ne signifie pas rejeter la technologie. Cela signifie la soumettre à la «&nbsp;<em>raison critique&nbsp;</em>» en référence au «&nbsp;<em>rationalisme critique</em>&nbsp;» de Karl Popper. Refuser que les algorithmes deviennent des oracles. Réhabiliter l’expérience humaine face à la donnée brute. Redonner à l’éducation, à la philosophie, au débat public leur fonction émancipatrice.</p>



<p>Platon nous rappelait que la liberté commence par un acte douloureux : celui de détourner le regard des ombres pour affronter la lumière. De même, notre époque doit accepter l’inconfort de la complexité contre la facilité des chiffres.</p>



<p>La question n’est donc pas seulement technologique. Elle est politique, culturelle et morale : voulons-nous comprendre le monde, ou seulement consommer ses images ?</p>



<p>La prophétie de Platon est en train de se réaliser sous nos yeux. Non plus dans une grotte, mais dans des flux de données, des écrans et des narrations automatisées. L’illusion n’est plus imposée par des geôliers visibles, mais par des systèmes que nous alimentons nous-mêmes.</p>



<p>Reste une responsabilité individuelle et collective : ne pas confondre l’ombre avec la chose, la statistique avec la vie, le modèle avec l’homme. Car une société qui abdique sa capacité à voir le réel abdique aussi sa liberté.</p>



<p><strong>F. Togola&nbsp;</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Afrique de l’Ouest : la guerre de l’information, nouveau front de la « géopolitique médiatique »</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Chiencoro]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 02 Jan 2026 20:57:26 +0000</pubDate>
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<p>Comprenez les enjeux de la guerre de l'information en Afrique de l'Ouest et les réponses des États du Sahel.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p><em><strong>La guerre de l’information s’impose désormais comme un champ d’affrontement à part entière dans la géopolitique ouest-africaine. Face aux récits imposés de l’extérieur, les États du Sahel — Mali, Burkina Faso et Niger — répliquent par une communication souverainiste, en vue de reprendre le contrôle de leur image, de leur parole et des contenus médiatiques déformés sur cette région.</strong></em></p>



<p>Dans leurs messages de fin d’année, le capitaine Ibrahim Traoré et le général Assimi Goïta ont livré un diagnostic sans complaisance de la «&nbsp;<em>géopolitique médiatique</em>&nbsp;» orientée contre les pays de la confédération des Etats du sahel (AES) dont le seul crime est d’avoir décidé de proclamer haut et fort leur souveraineté comme boussole de toute coopération. Dans cette zone des trois frontières, la guerre ne se joue plus seulement sur le terrain militaire, mais aussi sur celui de l’information. Face aux campagnes de désinformation, les deux dirigeants sahéliens font de la communication un instrument de souveraineté et de résistance. Entre patriotisme, contrôle du récit national et stratégie d’influence, une nouvelle bataille s’ouvre au Sahel — celle de la guerre des récits.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-la-communication-nouvelle-arme-revolutionnaire"><strong>La communication, nouvelle arme révolutionnaire</strong></h2>



<p>Pour ces deux dirigeants, figures emblématiques du nouvel ordre sahélien incarné par l’Alliance des États du Sahel (AES), créée en septembre 2023, dans les circonstances troubles du coup d’Etat contre Mohamed Bazoum au Niger, l’information n’est plus un simple outil de gouvernance. Elle est un terrain d’affrontement stratégique, un champ de bataille où se joue la légitimité politique, la cohésion nationale et même la survie de leurs régimes.</p>



<p>« <em>Toutes les guerres de l’impérialisme commencent d’abord par la communication</em> », martelait le capitaine Ibrahim Traoré dans son message à la Nation. À Ouagadougou comme à Bamako ou encore à Niamey, la communication n’est plus perçue comme un relais du pouvoir civil, mais comme un instrument de résistance. Dans l’esprit des régimes de transition, la désinformation venue de l’extérieur — notamment des médias occidentaux — participe d’une stratégie plus vaste, à savoir la délégitimation du projet souverainiste porté par les peuples sahéliens.</p>



<p>Ibrahim Traoré, dans un ton à la fois martial et pédagogique, a appelé les journalistes, les blogueurs et les communicateurs burkinabè à devenir les « <em>soldats de la vérité </em>». Son message s’adresse autant à la presse nationale qu’à la diaspora et aux influenceurs panafricanistes, qu’il érige en partisans d’une contre-narration face à ce qu’il qualifie de «<em> médias mensongers</em> ».</p>



<p>Pour lui, la communication n’est pas un art accessoire, mais une discipline stratégique, « <em>un maillon névralgique</em> » de la lutte révolutionnaire et de la défense nationale.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-assimi-goita-la-desinformation-comme-menace-hybride"><strong>Assimi Goïta : la désinformation comme menace hybride</strong></h2>



<p>À Bamako, le général Assimi Goïta adopte un ton plus mesuré, mais l’analyse rejoint celle de son homologue burkinabè. En évoquant la crise du carburant qui a secoué le Mali en 2025, il a pointé du doigt la « <em>campagne de désinformation</em> » ayant accompagné les attaques contre les convois d’approvisionnement. Pour lui, la guerre médiatique et psychologique menée contre le Mali vise moins à saper le moral que la confiance du peuple dans l’État.</p>



<p>Cette rhétorique de la résistance informationnelle s’inscrit dans une logique plus large : celle de la refondation morale et souveraine de l’État, où la vérité devient un outil de guerre et la rumeur, une arme de déstabilisation. En associant communication et sécurité, Goïta, à l’instar de Traoré, fait de la parole publique un outil de cohésion nationale.</p>



<p>Ces discours traduisent un tournant dans la gouvernance des transitions sahéliennes. La communication n’est plus déléguée, elle est militarisée. Les chefs d’État s’adressent directement au peuple, contournant les canaux médiatiques traditionnels. Les réseaux sociaux, les médias d’État et les relais communautaires deviennent des bastions d’un récit patriotique où le peuple, l’armée et la vérité forment un triptyque sacré.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-l-ere-des-communications-souveraines"><strong>L’ère des communications souveraines</strong></h2>



<p>Les dirigeants des Etats du sahel ont vite compris les enjeux de la communication à l’ère du numérique. Car qui maîtrise le récit maîtrise le monde. Depuis des décennies, l’occident dans sa stratégie d’expansionnisme en Afrique a fait de la communication une arme de destruction massive mais silencieuse grâce à laquelle de nombreux coups d’Etats ont été provoqués sur le continent. Sur base de mensonge fomenté contre des présidents «&nbsp;<em>démocratiques élus</em>&nbsp;», ils ont réussi à faire révolter les peuples contre des régimes en place et pire à donner la mort à des chefs d’Etat africains. Le cas le plus emblématique en la matière est celui de la Libye en 2011, contre Mouammar Kadhafi.&nbsp;</p>



<p>On se rappelle aussi de la fin du régime de Amadou Toumani Touré au Mali, en 2012, et toutes les campagnes de désinformations qui l’ont visé et ont finalement conduit au coup d’Etat. Au plein centre de la crise, il a reçu des femmes maliennes qui n’ont pas eu dans les yeux et l’ont vite qualifié, sur la base des rumeurs qui circulaient à l’époque, d’être «&nbsp;<em>le terroriste en chef&nbsp;</em>». Il ne réussira point à convaincre sur le non-fondé de ces affirmations fallacieuses parce que le mal était déjà fait. La désinformation avait eu le temps de mieux s’enraciner.&nbsp;</p>



<p>L’instabilité politique qui règne dans plusieurs pays francophones d’Afrique et qui explique en grande partie leur sous-développement a été provoquée par l’occident dans le seul souci de satisfaire des intérêts personnels. Comment comprendre que depuis l’indépendance du Mali en 1960 jusqu’en 2020, sur huit (8) présidents, il n’y a qu’Alpha Oumar Konaré qui ait pu terminé son règne sans coup d’Etat ? La réponse réside dans le manque de maîtrise de la communication à l’ère numérique où les campagnes de désinformation se propagent aussi rapidement comme une trainée de poudre, à la vitesse de la lumière.&nbsp;</p>



<p>La désinformation, si elle a le même âge que l’humanité, force est de comprendre que les outils numériques ont apporté un changement notable dans sa diffusion. Avec les réseaux sociaux et la multiplication des smartphones ainsi que la démocratisation de la connexion internet, vers les années 2000 en Afrique, leur impact devient plus considérable. Ayant vite maîtrisé la portée, l’occident a vite orienté ses campagnes de désinformation contre l’Afrique pour défendre ses intérêts aux détriments de ceux des Africains. De la même manière qu’il a falsifié l’histoire du continent en s’attribuant les grands succès, il a fait porter le chapeau de ses échecs aux chefs d’Etat qui agissait sous ses ordres.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-un-enjeu-regional-et-ideologique"><strong>Un enjeu régional et idéologique</strong></h2>



<p>La nouvelle génération de dirigeants africains, notamment sahéliens, ont vite compris les enjeux de la communication pour la stabilité de leur pays. C’est pourquoi ils utilisent la même arme pour produire des contre-narratifs afin d’atténuer les effets pervers de ces campagnes contre leur régime. Car la désinformation «&nbsp;<em>d’en-haut&nbsp;</em>», pour reprendre l’économiste Myret Zaki, celle qui falsifie les chiffres et les statiques des rapports officiels, celle qui vient des institutions publiques, notamment des États, des grandes entreprises, des services de renseignement, des lobbies, des agences de relations publiques, est la plus dangereuse mais dont on parle rarement,&nbsp;</p>



<p>La convergence entre Ouagadougou et Bamako illustre une recomposition politique et idéologique du Sahel. Ces régimes militaires s’appuient sur un discours de rupture avec l’Occident, tout en réhabilitant la culture, la communication populaire et les valeurs endogènes comme instruments de souveraineté. La désinformation, dénoncée comme arme impérialiste, devient ainsi le miroir d’une bataille pour le contrôle du sens.</p>



<p>Dans ce contexte, l’Afrique de l’Ouest entre dans une ère nouvelle où les transitions ne se gagnent plus seulement sur les champs de bataille ou dans les urnes, mais dans l’arène numérique — celle de la perception, du récit et de l’opinion. Les dirigeants sahéliens l’ont bien compris : dans les révolutions contemporaines, la victoire n’est pas seulement militaire ou politique — elle est narrative. Myret Zaki, dans Désinformation économique,&nbsp; préconise que «&nbsp;<em>la désinformation qui provient des institutions, et face à laquelle la plus grande vigilance est de mise, soit sous contrôle&nbsp;</em>».&nbsp;</p>



<p>Les Etats du Sahel ont certes mis en place des outils avant-gardistes, à travers la création de radio <em>Daandé Liptako</em> au Burkina Faso, de la Télévision AES à Bamako et bientôt de l’agence de presse AES au Niger, pour «&nbsp;<em>contre-attaquer&nbsp;</em>» les «&nbsp;<em>narratifs déformés</em>&nbsp;» sur leur région, mais il sera important d’aller au-delà. Les citoyens doivent être également mieux outillés pour cette guerre d’usure, même s’il faut financer des organisations ou associations de jeunesse déjà engagées dans cette dynamique pour des campagnes de sensibilisation. Car la guerre contre la désinformation demande aussi les mêmes moyens déployés pour sa diffusion. «&nbsp;<em>Les&nbsp;milliardaires sont, en quelque sorte, les rédacteurs en chef du monde. Si le monde était un journal, ils en définiraient la ligne éditoriale. Ceci pour des raisons structurelles évidentes&nbsp;: les idées ont besoin d’argent pour se diffuser.&nbsp;</em>», écrit Myret Zaki.&nbsp;</p>



<p><strong>Chiencoro DIARRA</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>[Tribune] La flotte « fantôme » russe : mythes et réalité</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Oleg Nesterenko]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 12 Oct 2025 08:32:38 +0000</pubDate>
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<p>Découvrez les vérités cachées sur la flotte « fantôme » russe et la réponse stratégique de l'Europe face aux sanctions.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>

<p><strong><em>Dans une analyse aussi percutante qu’iconoclaste,&nbsp;<strong>Oleg Nesterenko</strong>, président du CCIE et fin connaisseur de la géopolitique russe, démonte avec une précision chirurgicale le mythe de la « flotte fantôme » brandi par Bruxelles. Derrière les proclamations triomphales d’Ursula von der Leyen, c’est une autre histoire qui se joue : celle d’une Europe qui, à force de sanctionner Moscou, s’enferre dans sa propre impuissance stratégique. Entre guerre économique, propagande maritime et retour de la thalassocratie britannique, Nesterenko révèle une vérité dérangeante : la Russie navigue librement, pendant que l’Occident s’enlise dans ses certitudes.</em></strong></p>



<p>Le 19 septembre dernier, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, annonçait au monde l&rsquo;adoption du 19<sup>ème</sup>&nbsp;paquet de sanctions à l&rsquo;encontre de la Russie.</p>



<p>Parmi les dispositions additionnelles, Madame von der Leyen annonce&nbsp;:&nbsp;«&nbsp;<em>Pour renforcer l&rsquo;application des sanctions, nous les appliquons désormais à 118&nbsp;navires supplémentaires de la flotte fantôme. Au total, plus de 560&nbsp;navires sont maintenant inscrits sur la liste des navires visés par les sanctions de l&rsquo;UE !</em>&nbsp;».</p>



<p>Cela étant, elle omettait d&rsquo;évoquer l’efficacité des dix-huit précédents trains de sanctions. À titre indicatif, en janvier 2025, le nombre de sanctions décrétées par le bloc occidental à l&rsquo;encontre de la Fédération de Russie culminait à 21700, lesquelles, contrairement aux prévisions initiales fort enthousiastes, ont précipité les pays de l&rsquo;Union européenne, et non pas la Russie, vers la voie d’une récession économique avérée.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-la-manipulation-de-l-esprit-collectif"><strong>La manipulation de l’esprit collectif</strong></h2>



<p>Depuis plusieurs années, et plus particulièrement dans les dernières semaines, l&rsquo;opinion publique est assaillie de récits relatifs à une prétendue «&nbsp;<em>flotte fantôme</em>&nbsp;» russe. Ces narratifs, élaborés par les instances dirigeantes du bloc occidental otanien, amplifiés et propagés par les médias mainstream, véritables fers de lance idéologiques alimentés par des subsides gouvernementaux massifs, tendent à modeler une perception biaisée.</p>



<p>L&rsquo;objectif est de forger une image préconçue dans l&rsquo;esprit collectif : celle de navires naviguant en toute illégalité, cherchant à se soustraire au contrôle bienveillant des autorités légales et représentant une menace environnementale considérable en raison de leur obsolescence et des pratiques opérationnelles très douteuses de leurs équipages et de leurs propriétaires. En somme, une obscure armada d’épaves clandestines hors-la-loi.</p>



<p>Qu&rsquo;en est-il réellement de ce récit ? En vérité, il s&rsquo;agit d&rsquo;une construction narrative dont chaque composante est intrinsèquement fallacieuse ; une stratégie d&rsquo;ingénierie sociale agressive orchestrée dans le but de servir les intérêts politico-financiers des «&nbsp;<em>élites</em>&nbsp;» occidentales.</p>



<p><strong>L&rsquo;expression « flotte fantôme » et le marché de l’assurance maritime</strong></p>



<p>D&rsquo;où émerge cette expression de «&nbsp;<em>flotte fantôme</em>&nbsp;», désignant une portion de la flotte commerciale affiliée, directement ou indirectement, à la Fédération de Russie ou servant les intérêts d’entreprises de nationalité russe ? Sa genèse est simple : une création péjorative, forgée dans les ateliers de propagande du camp atlantico-otanien, avec le Royaume-Uni «&nbsp;<em>en tête de gondole</em>&nbsp;». Un terme chargé d&rsquo;ombres et de sous-entendus dénigrants, destiné à stigmatiser.</p>



<p>Cela étant, sur le plan juridique, la seule distinction entre les navires qualifiés de «&nbsp;<em>fantômes</em>&nbsp;» par l&rsquo;appareil de désinformation occidental et tout autre navire opérant sur les mers et océans réside dans l’origine de leur assurance maritime (des dommages aux navires, de la protection des biens matériels, de la responsabilité civile, des pertes d&rsquo;exploitation, …)&nbsp;: ces navires ont recours à des compagnies d&rsquo;assurance autres qu’occidentales. C&rsquo;est là que commence et s&rsquo;achève la différence entre la flotte «&nbsp;<em>fantôme</em>&nbsp;» et la flotte «&nbsp;<em>conventionnelle</em>&nbsp;».</p>



<p>L&rsquo;ensemble des sanctions imposées à la Fédération de Russie, jugées illégales au regard du droit international et incluant l&rsquo;interdiction d&rsquo;assurer les navires «&nbsp;<em>russes</em>&nbsp;», s&rsquo;est avéré préjudiciable aux instigateurs de ces mesures. La nature ayant horreur du vide, la tentative occidentale de paralyser le commerce maritime de la Fédération de Russie a incité Moscou à abandonner les instruments d&rsquo;assurance maritime traditionnels contrôlés par ses adversaires, au profit de compagnies d&rsquo;assurances alternatives situées en dehors du marché occidental.</p>



<p>À l&rsquo;instar des sanctions similaires imposées au Venezuela et à l&rsquo;Iran, de telles initiatives du camp atlantiste ne font que consolider les compagnies d&rsquo;assurance maritime alternatives au monopole occidental. Par ailleurs, en mai 2023, la Russie a créé sa propre compagnie internationale d&rsquo;assurance maritime, la Compagnie Eurasienne de Réassurance (EPK), avec la participation au capital de la Biélorussie, du Kazakhstan, de l&rsquo;Arménie et du Kirghizistan, rendant ainsi impossible l&rsquo;application contre cette nouvelle structure des sanctions occidentales illégales.</p>



<p>Ainsi, la flotte «&nbsp;<em>fantôme</em>&nbsp;» devient le symbole d&rsquo;une riposte économique inattendue, une ombre portée sur les ambitions hégémoniques de l&rsquo;Occident.</p>



<p>Notons que les dix plus importantes sociétés d&rsquo;assurance maritime sont occidentales (hormis MSIG du Japon, qui reste néanmoins sous influence directe occidentale), dont trois américaines (AIG, BHSI et Gallagher) et deux britanniques (JLT et AON). Ces géants se partagent un marché de l&rsquo;assurance maritime très lucratif et en expansion, dont les bénéfices prévus devraient dépasser 41 milliards USD par an d&rsquo;ici 2028.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-le-role-sous-jacent-de-londres-nbsp"><strong>Le rôle sous-jacent de Londres&nbsp;</strong></h2>



<p>Il convient de souligner que le Royaume-Uni se positionne en figure de proue dans la lutte contre la prétendue flotte «&nbsp;<em>fantôme</em>&nbsp;» russe. Cette prééminence découle du fait que, contrairement à d&rsquo;autres nations majeures de l&rsquo;assurance maritime occidentale pour lesquelles ce marché représente une composante parmi d&rsquo;autres, l&rsquo;assurance maritime constitue historiquement pour Londres, en tant qu&#8217;empire maritime, l’un des piliers fondamentaux de son influence géopolitique globale. Cette influence est conjuguée à son omniprésence dans le commerce maritime mondial, laquelle s&rsquo;exerce également par le biais d&rsquo;un contrôle officieux, voire militaire, de points de passage maritimes névralgiques à travers le globe, ce qui lui confère une emprise significative sur une part substantielle du commerce maritime mondial.</p>



<p>Traditionnellement, l&rsquo;assurance maritime a toujours entretenu des liens étroits avec les intérêts britanniques. En règle générale, l&rsquo;assurance maritime «&nbsp;<em>corps et machines</em>&nbsp;» (CASCO) est souscrite auprès de compagnies d&rsquo;assurance ou de courtiers affiliés au Lloyd&rsquo;s de Londres (JLT). L&rsquo;assurance de la responsabilité civile des armateurs est principalement gérée par des clubs de protection et d&rsquo;indemnisation mutuelle (P&amp;I), regroupés au sein de l&rsquo;International Group of P&amp;I Clubs (IGP&amp;I), dont l&rsquo;origine historique remonte à l&rsquo;Angleterre.&nbsp;</p>



<p>Bien qu&rsquo;il existe un nombre considérable de clubs de ce type à travers le monde, un grand nombre d&rsquo;entre eux sont soit directement situés au Royaume-Uni (North Standard P&amp;I Club, West of England P&amp;I Club, etc.), soit intégrés à un groupe international où les clubs anglais conservent une influence déterminante. Aujourd&rsquo;hui, ce groupe international se compose de douze clubs membres principaux et de plusieurs clubs associés. Ensemble, ils exercent un contrôle sur environ 90 % du tonnage global assuré.</p>



<p>L&rsquo;omniprésence britannique dans le domaine maritime se manifeste sous diverses formes, allant au-delà du marché de l&rsquo;assurance, et se caractérise toujours par une attitude très agressive envers les puissances considérées comme rivales. Notamment, après avoir échoué à prendre le contrôle du port militaire de Sébastopol en Crimée, conjointement avec son allié américain &#8211; projet qui était intégré à la planification du coup d&rsquo;État de Kiev en 2014 mais contrecarré par l&rsquo;annexion de la péninsule par la Russie -, l&rsquo;une des raisons majeures de la participation britannique très active dans le conflit ukrainien à partir du mois de février 2022 réside dans la volonté de Londres de préserver son emprise sur le second port maritime stratégique de la mer Noire après Sébastopol : celui d&rsquo;Otchakov, situé au sud-est de l&rsquo;Ukraine. Cette participation se traduit par un rôle de fer de lance, incitant le régime de Kiev à poursuivre la guerre contre la Russie au lieu de rechercher une résolution pacifique dès les premiers mois du conflit armé.</p>



<p>L&rsquo;importance stratégique du port d&rsquo;Otchakov découle de son statut particulier au regard de la Convention de Montreux (1936), qui limite considérablement la durée de présence des navires de guerre des pays non riverains en mer Noire. Étant situé au bord de la mer, le port d&rsquo;Otchakov est néanmoins classifié comme un port fluvial, ce qui lui permet de contourner les restrictions de ladite convention et d&rsquo;y implanter de manière permanente une infrastructure navale militaire étrangère au bassin de la mer Noire.</p>



<p>Bien avant le début en février 2022 de la phase active du conflit en Ukraine, les autorités britanniques avaient entrepris la construction de leur base militaire navale à Otchakov. Jusqu&rsquo;à présent, le bellicisme de Londres dans la région est en grande partie motivé par sa détermination à conserver le contrôle de ce port, même au prix de centaines de milliers de vies ukrainiennes et de la destruction de l&rsquo;Ukraine.&nbsp;</p>



<p>Si l&rsquo;entreprise en cours devait échouer, perspective qui se précise à l&rsquo;horizon, il ne faudrait pas s&rsquo;attendre à un abandon de la mer Noire par les Britanniques. Au contraire&nbsp;: un redéploiement stratégique sur la côte roumaine aura lieu comme alternative. Cette adaptation s&rsquo;inscrirait dans une logique de consolidation de la présence britannique dans la région.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-les-nbsp-bateaux-poubelles-nbsp-nbsp"><strong>Les «&nbsp;bateaux-poubelles&nbsp;»&nbsp;?</strong></h2>



<p>Concernant le discours atlantico-otanien sur le prétendu danger que représenteraient les navires «&nbsp;<em>russes</em>&nbsp;» pour l’environnement, notamment l&rsquo;allégation selon laquelle ils seraient, pour la plupart, non seulement des navires «&nbsp;<em>fantômes</em>&nbsp;» mais également des «&nbsp;<em>bateaux-poubelles</em>&nbsp;», il convient d’affirmer que cette dernière est profondément mensongère.</p>



<p>Selon des informations dont je dispose, émanant de sources fiables et très bien informées, l’âge moyen de la flotte marchande servant les intérêts de la Fédération de Russie, classée en tant que «&nbsp;<em>fantôme</em>&nbsp;» et assurée auprès de compagnies autres qu’occidentales, est même inférieur à celui des navires assurés par des compagnies d’assurance du Royaume-Uni.</p>



<p>De plus, des études maritimes internationales démontrent que l&rsquo;âge moyen d&rsquo;une flotte n&rsquo;est pas nécessairement corrélé à des risques environnementaux accrus, pourvu que les navires soient entretenus conformément aux normes internationales et aux réglementations de l&rsquo;Organisation Maritime Internationale (OMI). L&rsquo;accusation de «&nbsp;<em>bateaux-poubelles</em>&nbsp;» relève donc d&rsquo;une stratégie de désinformation et non pas d&rsquo;une réalité environnementale avérée.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-navire-nbsp-russe-nbsp-aborde-par-la-france-nbsp"><strong>Navire «&nbsp;russe&nbsp;» abordé par la France&nbsp;</strong></h2>



<p>Dans les médias occidentaux, tout un déluge de mensonges s’est déversé au sujet de l’arraisonnement, le 27 septembre dernier, du pétrolier «&nbsp;<em>Boracay</em>&nbsp;» battant pavillon béninois et prétendument lié à la flotte fantôme&nbsp;«&nbsp;<em>russe</em>&nbsp;». Cette opération médiatique s&rsquo;inscrit directement dans une stratégie de manipulation et de formatage de l’opinion du grand public.</p>



<p>À titre d&rsquo;illustration, sur TF1, un professeur français de droit maritime a affirmé : «&nbsp;<em>Au-delà de la mer territoriale se trouve la zone économique exclusive […] Or, dans cette zone, un navire d&rsquo;État français&nbsp;peut parfaitement aborder un navire étranger, s’il a des soupçons&nbsp;sur le fait que ce dernier&nbsp;n&rsquo;ait pas de nationalité, c&rsquo;est-à-dire pas de pavillon</em>&nbsp;».</p>



<p>Dans cette communication, l’expert&nbsp;de TF1 «&nbsp;<em>oublie</em>&nbsp;» de préciser&nbsp;: le fait qu&rsquo;un navire se situe spécifiquement dans la ZEE française n’a aucun rapport avec le droit de l’arraisonner. Les ZEE, s&rsquo;étendant jusqu&rsquo;à 200 milles marins des côtes (370,42 km), ne sont pas des zones de souveraineté absolue. L&rsquo;État côtier n&rsquo;y exerce des droits souverains qu&rsquo;en matière de ressources économiques (extraction des matières premières, pêche, etc.) et de protection de l&rsquo;environnement marin. En matière de navigation, le statut juridique des ZEE est identique à celui des eaux internationales (la haute mer), où la France ne dispose d&rsquo;aucun droit particulier.</p>



<p>L&rsquo;article 110 de la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer (CNUDM), adoptée à Montego Bay le 10 décembre 1982, encadre strictement le «&nbsp;<em>droit de visite</em>&nbsp;», soit l&rsquo;arraisonnement d&rsquo;un navire en haute mer. Un navire de guerre ou un navire d&rsquo;État (police, douane…) ne peut arraisonner un navire étranger que s&rsquo;il existe des motifs sérieux de soupçonner que ce dernier se livre à la piraterie, au transport d&rsquo;esclaves, à des émissions (de radio ou de télévision) non autorisées, est sans nationalité, ou arbore un pavillon étranger tout en ayant la même nationalité que le navire arraisonneur. En l&rsquo;absence d’une de ces conditions, l&rsquo;arraisonnement est assimilé à un acte de piraterie.</p>



<p>Le cas de l&rsquo;arraisonnement du pétrolier «&nbsp;<em>Boracay</em>&nbsp;» révèle une imposture : l&rsquo;argument officiel du soupçon de sa navigation soi-disant sans aucun pavillon, soit sans nationalité, n’est qu’un prétexte fabriqué et téléguidé depuis Paris, mû par des motivations exclusivement politiques. L&rsquo;objectif est de justifier une séquestration illégale, même temporaire, exhibant ainsi une démonstration de force. La véritable cause de cette provocation dirigée contre le navire réside dans son transport de pétrole d&rsquo;un port russe vers un port indien – une opération légale en parfaite conformité avec le droit international – ce qui déplaît aux autorités atlantico-otaniennes qui se positionnent en suzeraines des nations non occidentales et considèrent être en droit de leur imposer des «&nbsp;<em>règles</em>&nbsp;» au mépris des lois établies.</p>



<p>Le 2 octobre, Emmanuel Macron lui-même a déclaré : «&nbsp;<em>Nous avons décidé de passer un pas en allant vers des politiques d&rsquo;entrave quand dans nos eaux on a des bateaux suspects qui participent de ces trafics et donc pour réduire la capacité de la Russie à se financer par ce biais</em>&nbsp;».</p>



<p>Cette déclaration officielle est explicite et dévoile que les raisons invoquées lors des arraisonnements ne sont que des faux-semblants, une piraterie à peine voilée.</p>



<p>Deux éléments fondamentaux émergent de cette affaire :</p>



<p>Premièrement, l&rsquo;immobilisation du navire «&nbsp;<em>Boracay</em>&nbsp;» a été cautionnée par la justice française. Or, à l&rsquo;examen des faits, nous sommes clairement en face d’une décision judiciaire qui a été prise non sur la base d&rsquo;éléments probants, mais en vertu d&rsquo;une injonction politique émanant du pouvoir exécutif. Il convient de rappeler à ce dernier l&rsquo;existence de la Constitution du 4 octobre 1958 qui, entre autres, consacre la séparation des pouvoirs, garantissant l&rsquo;indépendance fonctionnelle des juridictions par rapport au pouvoir exécutif. La violation de ce principe constitutionnel constitue un crime grave.</p>



<p>Deuxièmement, il est impératif de rappeler aux membres du gouvernement Macron, instigateurs incontestables de cette mise en scène, qu&rsquo;un tel comportement flirte dangereusement avec la piraterie selon l’article 101 de la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer. La piraterie, en plus d&rsquo;être punissable par la loi (article 224-6 du Code pénal), est également un&nbsp;<em>casus belli</em>, un motif suffisant pour l&rsquo;État propriétaire du navire d&rsquo;entrer en guerre contre l&rsquo;État auteur de la piraterie.</p>



<p>Il est également à souligner que les propriétaires des navires abusivement arraisonnés engageront des poursuites judiciaires contre la France afin de réclamer les dommages financiers subis, à commencer par les pertes liées aux retards de livraison, qui peuvent se chiffrer en millions d&rsquo;euros. La Convention des Nations Unies sur le droit de la mer, signée par la France le 10 décembre 1982, est explicite : si les soupçons ayant justifié l&rsquo;immobilisation d&rsquo;un navire s&rsquo;avèrent infondés, les propriétaires du navire sont indemnisés pour toute perte ou tout dommage (Article 110, §3). Ainsi, chaque immobilisation d&rsquo;un navire orchestrée dans le but de satisfaire les intérêts du groupement politique de Macron, à l&rsquo;instar de celle du 27 septembre, se traduit par une facture payée par les contribuables français.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-les-navires-sous-un-pavillon-etranger-nbsp"><strong>Les navires sous un pavillon étranger&nbsp;</strong></h2>



<p>L&rsquo;assertion de certains «&nbsp;<em>experts</em>&nbsp;» des plateaux télé occidentaux, selon laquelle une part significative de la prétendue flotte «&nbsp;<em>fantôme</em>&nbsp;» russe naviguerait sous des pavillons étrangers, présentée comme une manœuvre dilatoire visant à «&nbsp;<em>brouiller les pistes</em>&nbsp;» face à des actions de «&nbsp;<em>contrôle bienveillant</em>&nbsp;» des pays occidentaux, relève d&rsquo;une simplification excessive et d&rsquo;une méconnaissance totale des pratiques maritimes courantes.&nbsp;</p>



<p>L&rsquo;enregistrement d&rsquo;un navire sous un pavillon différent de la nationalité de son propriétaire est une pratique largement répandue dans l&rsquo;industrie maritime internationale.</p>



<p>Si les registres de navires indiquant sa nationalité&nbsp;ont vu le jour dès 1660, la navigation sous un pavillon étranger est devenue courante surtout dès la fin de la Seconde Guerre mondiale et formalisée en 1974 par la Fédération internationale des ouvriers du transport (ITF) en tant que l’acquisition d’un «&nbsp;<em>pavillon de libre immatriculation</em>&nbsp;» ou encore d’un «&nbsp;<em>pavillon de complaisance</em>&nbsp;».</p>



<p>Les principales raisons de la pratique de l’immatriculation des navires dans un pays autre que celui de son véritable propriétaire sont financières et administratives. De nombreux États offrent des régimes fiscaux avantageux, voire une exonération totale d&rsquo;impôts, attirant ainsi les armateurs désireux de réduire leurs charges. Les procédures d&rsquo;immatriculation sont généralement rapides et simplifiées, et les exigences relatives à la nationalité de l&rsquo;équipage sont minimales. La possibilité de recruter une main-d&rsquo;œuvre à bas coût et l&rsquo;absence de législation du travail contraignante permettent également aux armateurs de réaliser des économies substantielles. Enfin, une certaine flexibilité en matière de normes de sécurité et environnementales peut, dans certains cas, réduire davantage les coûts.</p>



<p>Ces facteurs combinés rendent les pavillons de certains pays plus attractifs que d&rsquo;autres pour les armateurs, qui considèrent le choix du pavillon comme un instrument stratégique d&rsquo;optimisation des processus commerciaux. Actuellement, environ quatre cinquièmes de la flotte marchande mondiale sont immatriculés sous des pavillons autres que celui du pays d&rsquo;origine de l&rsquo;armateur. Les principaux pays d&rsquo;immatriculation sont l’Indonésie, la Chine, le Panama, le Liberia, le Japon et les Îles Marshall.&nbsp;</p>



<p>Par conséquent, l&rsquo;immatriculation de navires d&rsquo;origine russe sous des pavillons étrangers s&rsquo;inscrit dans une pratique standard et largement répandue.</p>



<p>Sur un total mondial d&rsquo;environ 112 500 navires marchands immatriculés, la part des bâtiments enregistrés auprès des pays occidentaux (hors Russie) représente une portion minoritaire, inférieure à 20% du total global. Cette répartition souligne une prédominance croissante des pavillons de complaisance et des registres d&rsquo;immatriculation non occidentaux, phénomène analysé en détail dans les rapports annuels de la CNUCED.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-post-scriptum-nbsp"><strong>Post scriptum&nbsp;</strong></h2>



<p>Le mensonge érigé en doctrine, la manipulation institutionnalisée et les sanctions brandis en violation flagrante du droit international, notamment de la Charte des Nations Unies, dont le Conseil de sécurité est le seul organe habilité à prescrire des mesures coercitives (Charte de l’ONU, chapitre VII) – constituent désormais l&rsquo;arsenal privilégié de la politique étrangère occidentale.</p>



<p>La classe politique occidentale, autrefois pourvue de stratèges d&rsquo;envergure, se trouve désormais dominée majoritairement par des vulgaires activistes dogmatiques, manifestant une profonde déconnection des réalités géopolitiques et économiques contemporaines. Le paradigme mondial actuel s&rsquo;écarte significativement de l&rsquo;époque où leur puissance florissait, époque caractérisée par une impunité absolue dans leur suzeraineté sur une planète vassalisée.&nbsp;</p>



<p>Dans ce nouveau contexte, l&rsquo;application des modes opératoires occidentaux traditionnels entraînera des conséquences inéluctables pour leurs instigateurs : au mieux, une récession structurelle et durable ; au pire, un processus d&rsquo;autodestruction.&nbsp;</p>



<p><strong>Oleg Nesterenko, Président du CCIE</strong></p>



<p><strong>(Spécialiste de la Russie, CEI et de l’Afrique subsaharienne)</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Tribune. La guerre informationnelle au Mali : enjeux, acteurs et stratégies</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Sahel Tribune]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 07 Oct 2025 14:12:54 +0000</pubDate>
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<p>Analyse de la guerre informationnelle au Sahel : comment la désinformation menace l'économie et l'unité du Mali.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p><strong><em>Alors que le Mali remporte des victoires militaires décisives, une nouvelle forme de guerre se profile : la guerre informationnelle. À travers la désinformation, certains acteurs extérieurs tentent d’affaiblir l’État malien, d’asphyxier son économie et de briser l’unité régionale incarnée par l’Alliance des États du Sahel</em></strong><strong><em>&nbsp;(AES)</em></strong><strong><em>.</em></strong><em></em></p>



<p>La session ordinaire d’octobre 2025 du Conseil national de transition (CNT) s’est ouverte le lundi 6 octobre au Centre international de Conférence de Bamako (CICB). À cette occasion, le président du CNT, le général Malick Diaw, a dénoncé les manœuvres extérieures visant à affaiblir le Mali : «&nbsp;<em>Ayant tout essayé contre le Mali, ils veulent nous asphyxier économiquement et financièrement en s’attaquant aux camions de transport et aux citernes. Mais grâce à la résistance et au patriotisme de notre peuple, nous vaincrons ce terrorisme économique.</em>&nbsp;»</p>



<p>Derrière cette déclaration se profile une guerre d’un nouveau genre : la «&nbsp;<em>guerre informationnelle&nbsp;</em>», un conflit insidieux qui se joue sur les plans économique, politique et médiatique. Ce conflit, bien que localisé au Mali, s’étend à l’ensemble de l’Alliance des États du Sahel (AES) et, plus largement, à toute l’Afrique sur fond de visée géopolitique qui permet à certains États occidentaux, notamment la France, de manipuler l’information.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-contexte-geopolitique-et-instrumentalisation-de-l-information"><strong>Contexte géopolitique et instrumentalisation de l’information</strong></h2>



<p>Depuis l’échec des tentatives d’isolement du Mali, du Burkina Faso et du Niger – notamment après les changements politiques intervenus dans ces pays – certains sponsors étatiques du terrorisme international, multiplient les actions de déstabilisation. Se voyant perdre leur influence stratégique dans le Sahel, ils recourent désormais à la manipulation de masse, un processus décrit par Sergueï Tchakhotine comme «&nbsp;<em>le viol des foules par la propagande politique</em>&nbsp;».</p>



<p>Leur objectif est de dresser le peuple contre ses dirigeants en instaurant un climat de crise permanente, servant leurs intérêts économiques et géopolitiques. Cette stratégie s’inscrit dans la continuité d’un terrorisme fomenté depuis les indépendances, destiné à légitimer une présence étrangère permanente sous prétexte d’assistance.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-information-arme-strategique-du-xxie-siecle"><strong>Information, arme stratégique du XXIe siècle</strong></h2>



<p>Jamais depuis les deux Guerres mondiales (1914-1918&nbsp;; 1939-1945) le monde n’a été aussi vulnérable qu’en ce XXIe siècle, où l’accès massif à l’information, via les technologies numériques et les réseaux sociaux, a redéfini les règles du jeu. Aujourd’hui, la guerre n’est plus seulement militaire : elle est aussi médiatique et psychologique. D’où le règne de la tyrannie informationnelle.&nbsp;</p>



<p>Comme le soulignait Pierre Schaeffer, «&nbsp;<em>la communication, c’est la guerre&nbsp;</em>». Ainsi, les États doivent désormais traiter l’information comme une arme stratégique de haute valeur ajoutée, au même titre que les équipements militaires. Le général Assimi Goïta a lui-même évoqué en juin 2024, lors de sa visite à Sikasso, 3<sup>ème</sup>&nbsp;région administrative du Mali, le concept de «&nbsp;<em>terrorisme informationnel</em>&nbsp;», aux côtés du&nbsp;<em>«&nbsp;terrorisme économique</em>&nbsp;» et du «&nbsp;<em>terrorisme avec violence armé</em>&nbsp;».</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-du-succes-militaire-a-l-offensive-informationnelle"><strong>Du succès militaire à l’offensive informationnelle</strong></h2>



<p>Le Mali, sous la transition menée par le général Goïta, a remporté d’importantes victoires militaires. La reconquête de Kidal en novembre 2023, par exemple, symbolise la reprise en main de territoires échappant à l’État depuis des années. Cette avancée a permis le retour de l’administration dans ces zones sensibles et permit un travail en profondeur sur le processus de pacification à travers l’adoption de la Charte pour la paix et la réconciliation nationale.&nbsp;</p>



<p>Face à ces succès militaires, les opposants au processus de transition ont ouvert un nouveau front : la désinformation, destinée à émouvoir et manipuler les masses. Cette stratégie repose sur une redoutable efficacité émotionnelle : images sorties de leur contexte, fausses rumeurs de pénurie de carburant, ou mise en scène de camions incendiés, malgré la présence d’escortes militaires.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-une-guerre-contre-l-economie-malienne"><strong>Une guerre contre l’économie malienne</strong></h2>



<p>Depuis le retrait du Mali de la CEDEAO en janvier 2025, les attaques informationnelles se sont intensifiées. L’objectif est de saper l’économie malienne, provoquer un soulèvement populaire, et ainsi empêcher l’organisation du prochain sommet de l’AES, repoussé à décembre 2025.</p>



<p>L’exemple le plus marquant reste celui de la crise du carburant. Des groupes armés appuyés par des ennemis du Mali tentent empêcher les camions-citernes d’entrer sur le territoire malien afin de ravitailler les stations-services, simulant ainsi un «&nbsp;<em>blocus économique</em>&nbsp;» déguisé. Une telle stratégie vise à asphyxier l’économie et à briser la dynamique d’unité régionale enclenchée par l’AES.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-les-precedents-et-les-complicites-regionales"><strong>Les précédents et les complicités régionales</strong></h2>



<p>D’autres tentatives de déstabilisation ont été observées dans cet espace, notamment en 2024, à travers des ONG étrangères, organisait la transhumance de troupeaux maliens vers un pays voisin, a expliqué le président de la transition de sa visite à Sikasso. L’objectif caché était d’affaiblir un secteur vital pour le Mali. Rappelons que l’élevage représente 80 % du revenu des populations rurales du Nord et près de 18 % dans le Sud.</p>



<p>À cela s’ajoute la crise diplomatique avec l’Algérie après la destruction d’un drone malien à Tinzaoutène en avril 2025, suivie d’accusations infondées de violation d’espace aérien. Rappelons aussi l’arrestation de plusieurs officiers maliens, impliquant des ressortissants étrangers en août 2025, a donné lieu à une vague de désinformation contre le Mali destinée à brouiller la perception de la réalité.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-maitriser-la-guerre-de-l-opinion"><strong>Maîtriser la guerre de l’opinion</strong></h2>



<p>Aujourd’hui, celui qui maîtrise l’information maîtrise l’opinion publique. La désinformation, loin d’être une simple nuisance, est devenue une véritable arme de conquête politique, comme l’ont démontré certains épisodes électoraux à l’échelle mondiale. La guerre informationnelle est une bataille stratégique où ni les manipulateurs ni les vérificateurs de faits (fact-checkers) n’ont véritablement intérêt à faire cesser les fake news, car tous tirent profit du chaos informationnel.</p>



<p>Face à cette nouvelle forme de guerre, chaque État doit repenser sa stratégie de communication. L’enjeu est de taille : il ne s’agit plus seulement d’informer, mais de défendre sa souveraineté par l’information. Le Mali, au cœur de ce bras de fer, incarne un laboratoire d’expérimentation géopolitique où la survie d’une nation passe aussi par la maîtrise du récit.</p>



<p><strong>A.D</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Des rois-soleil aux « Blancs civilisateurs » : l’empire des intox</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Fousseni TOGOLA]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 03 Oct 2025 10:00:53 +0000</pubDate>
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<p>Explorez la désinformation dans l'éducation et ses racines historiques, des mythes aux manuels scolaires.</p>
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<p><strong><em>Les fake news ne datent pas de&nbsp;</em></strong><strong><em>X</em></strong><strong><em>. Elles ont toujours existé : dans les mythes, dans les dogmes, dans les manuels scolaires. Du&nbsp;</em></strong><strong><em>«&nbsp;</em></strong><strong><em>Blanc civilisateur</em></strong><strong><em>&nbsp;»</em></strong><strong><em>&nbsp;au&nbsp;</em></strong><strong><em>«&nbsp;</em></strong><strong><em>Noir barbare</em></strong><strong><em>&nbsp;»</em></strong><strong><em>, du roi-soleil représentant de Dieu à Christophe Colomb&nbsp;</em></strong><strong><em>«&nbsp;</em></strong><strong><em>découvreur</em></strong><strong><em>&nbsp;»</em></strong><strong><em>&nbsp;de l’Amérique, elles se sont incrustées dans les mémoires, depuis l’enfance, au point de devenir des vérités intouchables. Le numérique n’a fait qu’accélérer le mensonge</em></strong><strong><em>. L</em></strong><strong><em>e poison, lui, était déjà dans nos têtes.</em></strong><em></em></p>



<p>On croit que les fake news sont nées avec Facebook. Erreur : elles ont l’âge de l’humanité. Elles sont cousines des mythes et sœurs jumelles des dogmes. Giordano Bruno a été brûlé vif pour avoir osé dire que la Terre tournait. Galilée a failli l’être. Louis XIV était, dit-on, le «&nbsp;<em>roi soleil</em>&nbsp;», reflet de Dieu sur terre. Et l’Afrique ? Pendant des siècles, elle n’a pas eu droit à l’histoire : simple décor, simple barbarie, simple absence. La fake news la plus vieille du monde, c’est peut-être celle-là.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-le-mensonge-comme-pedagogie"><strong>Le mensonge comme pédagogie</strong></h2>



<p>Au Mali, les premières fake news se susurrent dès l’enfance : ne pas se laver au crépuscule, ne pas parler en mangeant, ne pas rester dehors après la tombée de la nuit. Inoffensives ? Non. Car déjà, elles enseignent que la vérité ne se cherche pas, elle s’impose.</p>



<p>À l’école, la manipulation prend une autre ampleur. Pendant des décennies, des générations entières ont appris que l’homme blanc était venu «&nbsp;<em>civiliser</em>&nbsp;» les «&nbsp;<em>sauvages</em>&nbsp;» africains. Que Christophe Colomb avait «&nbsp;<em>découvert</em>&nbsp;» l’Amérique, alors que d’autres récits parlent d’Aboubakar II. Que les Noirs n’avaient pas d’histoire, pas d’humanité, pas de culture. Une colonisation mentale aussi efficace que l’autre, et sans doute plus durable.</p>



<p>Il faudra les charniers de la Seconde Guerre mondiale pour que s’écroule le mythe de la «&nbsp;<em>race aryenne</em>&nbsp;». Mais les dogmes, eux, restent. Dans nos manuels. Dans nos têtes. Dans nos réflexes.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-le-numerique-n-a-rien-invente"><strong>Le numérique n’a rien inventé</strong></h2>



<p>Alors oui, aujourd’hui, on s’agite : réseaux sociaux, WhatsApp, X. Comme si tout commençait là. Mais la nouveauté n’est pas le mensonge. C’est plutôt sa vitesse. Là où une rumeur mettait des mois à franchir les montagnes, un tweet fait le tour du monde en dix secondes. Mais qu’importe la vitesse : le poison est le même.</p>



<p>Et ce poison, ce sont les préjugés. Bachelard le disait déjà :&nbsp;<em>« l’esprit n’est jamais jeune, il a l’âge de ses préjugés »</em>. Descartes aussi : ce que nous croyons n’est pas une preuve, mais une habitude. L’éducation aux médias ? Oui, nécessaire. Mais comment déprogrammer des cerveaux formatés depuis l’enfance ? Comment déraciner une désinformation qui n’est pas conjoncturelle mais structurelle ?</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-le-seul-antidote-l-esprit-critique"><strong>Le seul antidote : l’esprit critique</strong></h2>



<p>Le combat est là. Pas seulement dans les filtres anti-fake news, mais dans les cerveaux. Le seul antidote, c’est l’esprit critique. Popper et son doute rationnel. Descartes et ses règles : n’accepter que l’évidence, décomposer, recomposer, vérifier. Des outils vieux de quatre siècles, mais plus modernes que tous les logiciels de fact-checking.</p>



<p>Parce qu’au fond, ce ne sont pas les fake news qui gouvernent le monde. Ce sont les préjugés qu’elles laissent derrière elles. Des mensonges qui ne se tweetent pas : ils s’héritent. Des illusions qui ne s’effacent pas d’un clic : elles se gravent dans les mémoires.</p>



<p>Et tant que nous n’aurons pas appris à les combattre, nous resterons prisonniers d’une désinformation plus redoutable que toutes les rumeurs numériques : celle qui façonne, depuis toujours, ce que nous croyons être la vérité.</p>



<p><strong>F. Togola&nbsp;</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Chronique – La vérité en pièces détachées</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Fousseni TOGOLA]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 05 Aug 2025 10:44:39 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>
<p>À l'ère de l'infobésité, explorez la désinformation à l'ère du numérique et comment préserver notre rapport au réel.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p><strong><em>À l’ère de l’infobésité et de la manipulation numérique, une rééducation au doute critique peut aussi préserver notre rapport au réel.</em></strong></p>



<p>Jamais l’humanité n’a été aussi informée — et pourtant, jamais elle n’a autant douté de ce qu’elle croit savoir. C’est le grand paradoxe de notre époque, celle où 4&nbsp;milliards de messages circulent chaque jour sur Meta (ex-Facebook) et plus de 6000&nbsp;tweets crépitent chaque seconde sur X (anciennement Twitter), selon Luc Ferry, philosophe français. Une époque où, près de 5,6&nbsp;milliards d’êtres humains sont connectés à Internet. Et où chacun, smartphone à la main, est devenu potentiellement producteur de contenu, distributeur d’indignation, faiseur d’opinions. Le citoyen digital est à la fois l’encre et le papier. Mais l’encre coule vite. Trop vite.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-les-nouveaux-justiciers-de-la-post-verite"><strong>Les nouveaux justiciers de la post-vérité</strong></h2>



<p>Dans cette marée d’informations, on appelle cela désormais « <em>infobésité »</em>. Un trop-plein cognitif, une overdose de contenus où le vrai se confond au vraisemblable, et où la désinformation prospère comme un virus qui mute sans cesse. On est submergé non pas faute de savoir, mais d’excès de ce que l’on croit savoir. Gaston Bachelard, philosophe français, ce sage à contre-courant, disait déjà que&nbsp;<em>« l’esprit n’est jamais jeune, il a l’âge de ses préjugés »</em>. Et dans un monde où la vitesse de propagation d’un mensonge surpasse de loin celle d’un correctif, les faits eux-mêmes n’ont plus le temps de se défendre.</p>



<p>Les vérificateurs de faits — ces&nbsp;<em>fact-checkeurs</em>&nbsp;—, recrutés comme les nouveaux justiciers de la post-vérité, peinent à suivre la cadence. Ils arrivent après la guerre, comme des médecins appelés au chevet d’un cadavre social. Car le mal est fait, viral, émotionnel. Et le lecteur ? Il a déjà partagé, commenté, jugé. Il a ressenti. Et ce qui est ressenti devient, pour beaucoup, plus vrai que ce qui est prouvé.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-la-nbsp-verissimilarite"><strong>La&nbsp;</strong><strong>« vérissimilarité »</strong><strong></strong></h2>



<p>À cela s’ajoute un autre malaise&nbsp;: la désinformation n’est plus seulement une œuvre de trolls anonymes ou de théoriciens du complot. Elle vient aussi « <em>d’en haut »</em>, comme le souligne si pertinemment Myret Zaki. Elle s’installe dans les plis feutrés des institutions, des rapports estampillés « <em>scientifiques</em> », des think tanks commandités. Dans cette ère trouble, il devient légitime de se demander si la vérité est encore un objectif ou seulement une variable d’ajustement au service des intérêts dominants.</p>



<p>Mais alors, que faire ? Tenter de vider l’océan à la petite cuillère ? Réinitialiser l’esprit de milliards d’êtres humains ? Certainement pas. Le poids de cette tâche ne peut reposer sur les seuls épaules des fact-checkeurs. Il revient à chacun de nous de réapprendre à douter. Non pas ce doute stérile et méfiant qui alimente les théories complotistes, mais un doute lucide, éclairé, rigoureux — celui de Descartes. Considérer chaque information non comme une vérité établie, mais comme une simple plausibilité, une « <em>vérissimilarité</em> », pour reprendre le mot juste de Karl Popper. On croisant plusieurs sources d’informations, on ne peut que se rapprocher de la vérité, puisque l’indépendance véritable des médias devient de plus en plus un leurre. Aussi, les Etats commencent à comprendre l’enjeu en mettant en place des lois sur la cybercriminalité.&nbsp;&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-l-antichambre-de-la-desinformation-nbsp"><strong>L’antichambre de la désinformation&nbsp;</strong></h2>



<p><em>« L’esprit scientifique nous interdit d’avoir une opinion sur des sujets que nous ne comprenons pas »,</em>&nbsp;prévenait encore Bachelard. Et si c’était là la clé ? Réapprendre à ne pas tout commenter, à ne pas tout croire, à ne pas tout partager. Remettre la lenteur au cœur de l’intelligence. Se méfier de l’immédiateté comme de la certitude.</p>



<p>Parce qu’en définitive, ce que révèle cette époque d’abondance informationnelle, ce n’est pas tant notre ignorance que notre paresse à penser. La désinformation ne prospère pas parce que nous ne savons pas. Elle gagne du terrain parce que nous avons cessé de vouloir savoir.</p>



<p><strong>Fousseni Togola&nbsp;</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Fake news et discours haineux : Un duo explosif qui fragilise le vivre-ensemble</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Bakary FOMBA]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 21 Jun 2025 05:02:14 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>
<p>Dans l'ère numérique, les fake news et discours de haine perturbent notre société. Explorez les solutions pour une meilleure communication.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>

<p><strong><em>Dans un monde où l’information circule à la vitesse de la lumière, la désinformation et les discours de haine se propagent comme une trainée de poudre. Ces phénomènes, bien que distincts, se nourrissent mutuellement et menacent la cohésion sociale, un pilier fondamental de toute société démocratique. Comment ces fléaux influencent-ils nos interactions, nos perceptions et, plus largement, notre capacité à vivre ensemble ? Quelles solutions pouvons-nous envisager ?</em></strong></p>



<p>À l’ère du numérique, où chaque clic peut semer la discorde et chaque partage amplifier le mensonge, la vérité devient une victime collatérale — et la société, son foyer&nbsp;principal.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-la-desinformation-une-arme-invisible-contre-la-verite"><strong>La désinformation, une arme invisible contre la vérité</strong></h2>



<p>La désinformation, ou <em>« infox »,</em> consiste en la diffusion intentionnelle de fausses informations dans le but de tromper ou de manipuler. Avec l’avènement du numérique, ce phénomène a connu une croissance exponentielle. Selon une étude réalisée en 2023 par l’Université d’Oxford, près de <a href="https://www.oii.ox.ac.uk)/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">81 %</a> des pays du monde ont été confrontés à des campagnes organisées de désinformation. De plus, un <a href="https://www.counterhate.com/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">rapport</a> du Centre for Countering Digital Hate (CCDH) souligne qu’entre  2019 et 2023, le nombre de fausses informations partagées sur les réseaux sociaux a augmenté de 150 %. Ces campagnes, souvent orchestrées par des acteurs malveillants (États, groupes politiques ou individus), visent à manipuler l’opinion publique, semer la confusion et polariser les débats. La période de la pandémie de Covid-19 reste un exemple emblématique durant laquelle des rumeurs infondées sur les vaccins ont circulé massivement.</p>



<p>Une <a href="https://www.who.int/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">enquête</a> menée par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a révélé que 25 % des personnes interrogées dans 15 pays avaient été exposées à des informations erronées sur les vaccins, ce qui a contribué à une baisse de la confiance envers les autorités sanitaires. Au-delà des questions de santé, la désinformation touche également à des sujets sensibles comme les élections, les crises économiques ou les conflits internationaux.</p>



<p>Mais pourquoi la désinformation se propage-t-elle aussi rapidement ? Une <a href="https://www.mit.edu/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">étude</a> menée par le Massachusetts Institute of Technology (MIT) en 2018 montre que les fausses informations voyagent six fois plus vite que les informations véridiques sur X (anciennement Twitter). Ce phénomène s’explique par plusieurs facteurs, notamment l’émotionnalité des contenus où les fausses informations sont souvent formulées de manière sensationnelle ou choquante, incitant les utilisateurs à les partager sans vérification. Il s’agit également des algorithmes des réseaux sociaux où ces derniers privilégient les contenus engageants, même s’ils sont inexacts, pour maximiser le temps passé sur leurs plateformes. À cette liste s’ajoute le manque d’éducation aux médias où beaucoup d’internautes ne savent pas distinguer une information fiable d’une fake news.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-les-discours-de-haine-un-poison-pour-la-cohesion-sociale"><strong>Les discours de haine, un poison pour la cohésion sociale</strong></h2>



<p>Le discours de haine désigne toute forme d’expression — verbale, écrite ou symbolique — qui attaque une personne ou un groupe sur la base de critères tels que la race, la religion, le genre, l’orientation sexuelle, etc.</p>



<p>Parallèlement à la désinformation, les discours de haine prolifèrent sur Internet. Ils sont notamment caractérisés par des propos discriminatoires, racistes, sexistes ou xénophobes, ciblant souvent des minorités vulnérables.&nbsp;</p>



<p>Selon le <a href="https://www.hatespeechinternational.org/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">projet Hate Speech International</a>, les discours de haine en ligne ont augmenté de 40 % entre 2020 et 2023, avec des pics lors d’événements sensibles comme les élections ou les conflits internationaux. Aux États-Unis, le <a href="https://www.splcenter.org/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Southern Poverty Law Center</a> (SPLC) a également documenté une augmentation de 25 % des incidents de haine contre les communautés asiatiques depuis le début de la pandémie, en grande partie alimentée par des discours xénophobes véhiculés sur les réseaux sociaux.</p>



<p>Ces discours ne sont pas sans conséquences. Ils stigmatisent certains groupes, renforcent les divisions entre communautés et fragilisent le vivre-ensemble.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-quand-la-desinformation-nourrit-la-haine"><strong>Quand la désinformation nourrit la haine</strong></h2>



<p>La désinformation et les discours de haine sont étroitement liés. La première est souvent utilisée pour justifier ou légitimer les seconds. Par exemple, des théories conspirationnistes accusant une minorité d’être responsable d’un problème sociétal peuvent inciter à des actes de discrimination ou de violence. Une <a href="https://www.reutersinstitute.politics.ox.ac.uk/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">enquête</a> de l’Institut Reuters indique que 30 % des Européens croyaient à au moins une théorie complotiste, créant un terreau fertile pour les discours de haine.</p>



<p>La montée de la désinformation et des discours de haine représente un véritable défi pour nos sociétés modernes. Cependant, ces phénomènes ne sont pas une fatalité. Grâce à une approche combinant&nbsp;: régulation, éducation et engagement citoyen, il est possible de reconstruire des ponts entre les individus et de renforcer notre capacité à vivre ensemble. La question n’est pas seulement de savoir comment combattre ces fléaux, mais aussi de réaffirmer les valeurs qui nous unissent : tolérance, respect et solidarité.</p>



<p>Comme l’a souligné l’historien Yuval Noah Harari, <em>« la vérité est fragile, mais elle reste notre meilleur rempart contre le chaos ».</em> En protégeant l’information et en combattant la haine, nous pouvons préserver ce bien précieux qu’est la cohésion sociale.</p>



<p><strong>Bakary Fomba</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Prétendu refus de la Turquie de fournir des munitions à l’État malien : Faux ! Le journaliste de France 24, Wassim Nasr, propage une intox</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Sahel Tribune]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 03 Jun 2025 07:21:12 +0000</pubDate>
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<p>Découvrez la vérité derrière le prétendu refus de la Turquie de livrer des munitions au Mali : une intox médiatique exposée.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>

<p><strong><em>Dans une énième tentative de désinformation, le journaliste Wassim Nasr, présenté comme un spécialiste des mouvements djihadistes sur la chaîne France&nbsp;24, a affirmé que la Turquie aurait refusé de livrer des munitions pour drones à l’État malien, en raison de prétendus arriérés de paiement dans le cadre de contrats d’armement.</em></strong></p>



<p>Selon une source officielle au sein des Forces de Défense et de Sécurité (FDS) du Mali, ces allégations ne reposent sur aucun fait vérifiable. Au contraire, les relations de coopération militaire entre Bamako et Ankara sont solides, actives et empreintes de respect mutuel. Les FDS, qui enregistrent ces derniers jours des succès notables sur plusieurs fronts contre les Groupes Armés terroristes (GAT), n’ont subi aucun blocage en matière de soutien logistique ou d’approvisionnement militaire en provenance de la Turquie.</p>



<h3 class="wp-block-heading" id="h-une-accusation-grave-mais-totalement-infondee"><strong>Une accusation grave, mais totalement infondée</strong></h3>



<p>Il est clair que cette rumeur savamment orchestrée vise à saper le moral des troupes maliennes, en pleine lutte contre les menaces terroristes. Or, à ce jour, le journaliste Wassim Nasr n’a présenté aucun document ni cité la moindre source officielle susceptible d’appuyer ses affirmations. Son récit repose uniquement sur des insinuations, sans fondement ni rigueur journalistique.</p>



<p>De sources concordantes à Bamako comme à Ankara, il ressort que la coopération bilatérale en matière de défense demeure dynamique, fluide et conforme aux engagements réciproques. Toute tentative d’y jeter le discrédit relève donc de la manipulation pure et simple.</p>



<p>Cette forme de communication malveillante, dissimulée sous les atours du journalisme d’investigation, alimente sans scrupule les narratifs des ennemis de la paix. Elle constitue une forme de complicité médiatique, volontaire ou non, avec les groupes armés terroristes qui cherchent à affaiblir l’État malien et ses partenaires.</p>



<p>Il est temps d’interpeler publiquement Wassim Nasr&nbsp;: le journalisme ne saurait être un relai d’intoxication ou un instrument de guerre psychologique. Qu’il publie ses sources, ou qu’il reconnaisse avoir menti.</p>



<p><strong>Tientigui</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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