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Endettement africain : qui sont les principaux débiteurs du continent auprès du FMI ?

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L’encours mondial des crédits accordés par le Fonds monétaire international a légèrement reculé début 2026, reflet de remboursements ponctuels plus élevés que les nouveaux décaissements. Derrière cette variation technique se dessinent toutefois des disparités profondes entre États fortement endettés et pays encore dépendants des financements d’urgence.

Le montant total des crédits en cours accordés par le Fonds monétaire international (FMI) aux États membres a légèrement reculé entre le 31 janvier et le 20 février 2026, passant d’environ 119,69 milliards à 119,55 milliards de droits de tirage spéciaux (DTS), selon les dernières données publiées par l’institution. Une baisse marginale qui masque des situations nationales très contrastées et confirme la dépendance persistante de nombreux pays à l’aide financière internationale.

Sur la période observée, les remboursements totaux — près de 173 millions de DTS — ont dépassé les nouveaux décaissements, limités à un peu plus de 35 millions. Ce solde explique la contraction globale de l’encours. Mais cette évolution reste modeste à l’échelle du portefeuille du FMI et ne traduit pas un désendettement généralisé.

Certains pays ont poursuivi leurs remboursements, à l’image de l’Égypte, dont l’encours a diminué après un versement de plus de 119 millions de DTS, ou du Madagascar, qui a réduit sa dette de plus de 21 millions. D’autres, comme l’Albanie ou la Bosnie-Herzégovine, ont également allégé leur exposition grâce à des remboursements partiels.

Les grands débiteurs inchangés

À l’inverse, certains États ont vu leur endettement augmenter en raison de nouveaux versements. C’est notamment le cas du Cap-Vert et des Comores, bénéficiaires de financements additionnels.

Ces montants, bien que limités comparés à l’encours global, illustrent la poursuite du rôle de prêteur de dernier ressort du FMI auprès d’économies fragiles ou confrontées à des tensions budgétaires, climatiques ou sécuritaires.

Les principaux bénéficiaires de crédits restent toutefois les mêmes. L’Argentine demeure de loin le plus gros débiteur avec près de 41,8 milliards de DTS, suivie par l’Ukraine (plus de 10 milliards) et le Pakistan (plus de 7,3 milliards). Aucun de ces pays n’a enregistré de mouvement sur la période, signe que leurs programmes restent en phase d’exécution sans remboursements immédiats.

L’Afrique fortement représentée

Le continent africain figure parmi les régions les plus présentes dans le portefeuille du FMI. Des pays comme la Côte d’Ivoire, le Kenya ou le Ghana comptent chacun plusieurs milliards de DTS d’encours. D’autres affichent des montants plus modestes mais toujours significatifs au regard de la taille de leurs économies.

Le FMI précise que ces données font l’objet de révisions régulières et peuvent évoluer en fonction de transactions en cours de confirmation. Elles constituent néanmoins un baromètre clé de la dépendance financière mondiale et du recours persistant aux mécanismes multilatéraux de stabilisation.

Dans un contexte international marqué par la hausse des taux, les crises climatiques et les tensions géopolitiques, la trajectoire future de ces encours dépendra autant de la capacité des États à rembourser que de la volonté du Fonds de continuer à soutenir les économies vulnérables.

Chiencoro Diarra 


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