La réunion ministérielle de l’Alliance des États du Sahel (AES), ouverte à Ouagadougou, marque une étape stratégique dans la consolidation de cette jeune confédération. Les délégations du Burkina Faso, du Mali et du Niger se sont retrouvées pour examiner et adopter la feuille de route de l’An II, après deux jours de travaux préparatoires menés par les hauts fonctionnaires. L’objectif est de produire un document consensuel, cohérent et aligné sur la vision des chefs d’État, tout en répondant aux aspirations profondes des peuples sahéliens.
Le général d’armée Salifou Mody, ministre d’État et ministre de la Défense nationale du Niger, a rappelé les acquis significatifs enregistrés durant l’An I de la Confédération. Il a mis en avant la coopération militaire renforcée et les choix souverains opérés par les trois États en réponse aux préoccupations des populations. Pour lui, cette première année a permis de poser les bases d’une entité solide, où la détermination des acteurs a été essentielle pour affirmer la souveraineté et renforcer la cohésion. Son intervention a donné le ton d’une rencontre axée sur la continuité et la consolidation des avancées déjà réalisées.
Les acquis de l’An I et la continuité stratégique
Le Général de Corps d’Armée Sadio Camara, ministre d’État, ministre de la Défense et des Anciens Combattants du Mali, a salué la tenue de cette rencontre et l’esprit de fraternité qui a guidé les travaux préparatoires. Il a insisté sur la dimension participative et inclusive de la Confédération, affirmant que cette réunion illustre parfaitement l’approche consultative et fraternelle qui caractérise l’AES. En mettant en avant la solidarité entre les trois pays, il a souligné que la Confédération n’est pas seulement une construction institutionnelle, mais aussi un espace de confiance mutuelle et de coopération sincère.
Le président de la Commission nationale de la Confédération AES Bassolma Bazié, a rappelé que l’An I, sous la présidence du Général Assimi Goïta, a été une année fondatrice, marquée par la structuration institutionnelle, la clarification doctrinale et l’affirmation stratégique. Pour lui, l’An II doit désormais ouvrir une nouvelle phase axée sur la consolidation des acquis, l’approfondissement des actions engagées et le renforcement des projections stratégiques. Il a insisté sur la responsabilité historique des acteurs à faire de cette feuille de route une véritable boussole pour l’avenir de la Confédération.
Vers une feuille de route consolidée et ambitieuse
Les Chefs de délégation ont unanimement salué les progrès réalisés sous l’impulsion des Présidents TRAORÉ, GOÏTA et TIANI. Ils ont rappelé que la feuille de route en cours d’examen s’inscrit dans la continuité de la dynamique engagée durant la présidence inaugurale de l’AES, assurée par le Mali. Cette continuité est essentielle pour maintenir la cohésion et renforcer la crédibilité de l’organisation. Les interventions ont montré une volonté commune de transformer les acquis institutionnels en actions concrètes, capables de répondre aux défis sécuritaires et économiques du Sahel.
Depuis décembre dernier, le Burkina Faso assure la présidence confédérale tournante de l’AES. Ce mécanisme traduit la volonté des trois États de partager équitablement les responsabilités et de renforcer la solidarité institutionnelle. La présidence tournante est un symbole d’équilibre et de gouvernance collective, où chaque pays joue un rôle moteur dans la construction de l’espace confédéral. Elle illustre aussi la maturité politique de l’organisation, qui entend se projeter comme un acteur régional structuré et crédible. Ce système de rotation permet d’éviter toute concentration de pouvoir et garantit une dynamique partagée.
La présidence tournante comme symbole d’équilibre
Cette réunion ministérielle illustre la volonté des trois pays de donner une assise durable à la Confédération. L’An I a permis de poser les bases institutionnelles et doctrinales, tandis que l’An II doit désormais consolider ces acquis et projeter l’AES comme un acteur régional incontournable. La feuille de route en discussion sera déterminante pour définir les priorités sécuritaires, diplomatiques et économiques, et pour renforcer la légitimité de l’organisation auprès des populations. Elle doit devenir un instrument stratégique de mutualisation des capacités et de projection géopolitique.
Les ministres réunis à Ouagadougou portent une responsabilité historique : transformer la vision des Chefs d’État en actions concrètes et durables. La feuille de route de l’An II doit être plus qu’un document administratif ; elle doit incarner une stratégie commune, capable de répondre aux défis du Sahel et de porter haut les aspirations des peuples. En inscrivant leurs efforts dans la continuité et en renforçant la cohérence de leurs actions, le Burkina Faso, le Mali et le Niger entendent faire de l’AES une confédération solide, souveraine et résolument tournée vers l’avenir.
Une responsabilité historique pour l’avenir du Sahel
Cette rencontre ministérielle s’inscrit dans une dynamique de construction d’un espace confédéral fort et crédible. Les discours des délégations ont montré une convergence de vues et une détermination partagée à renforcer la coopération régionale. L’AES apparaît désormais comme une réalité institutionnelle et un acteur géopolitique émergent, capable de porter une vision commune et de répondre aux aspirations des peuples. L’An II doit être celui de la consolidation, de l’approfondissement et de la projection stratégique, afin de donner une assise durable à cette confédération.
La réunion de Ouagadougou marque une étape décisive dans l’histoire de l’Alliance des États du Sahel. Les ministres ont réaffirmé leur engagement à poursuivre la dynamique enclenchée et à transformer la feuille de route en un instrument efficace de cohérence et de mutualisation. La Confédération AES, sous la présidence tournante du Burkina Faso, entend renforcer sa légitimité et sa crédibilité, en inscrivant ses actions dans une vision commune. Cette rencontre illustre la volonté des trois États de bâtir un espace confédéral solide, souverain et porteur d’avenir.
Ibrahim Kalifa Djitteye
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