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	<title>Archives des Vision Mali 2063 | Sahel Tribune</title>
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	<title>Archives des Vision Mali 2063 | Sahel Tribune</title>
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		<title>Opérationnalisation du CCAM au Mali : Un nouveau pas de plus vers la souveraineté minière</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Sidi Modibo Coulibaly]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 08 Jun 2026 08:40:37 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>
<p>Le Mali poursuit la mise en œuvre du Code minier de 2023 avec l’opérationnalisation du CCAM. Première session du comité technique, gouvernance minière renforcée, contenu local et souveraineté économique au cœur des priorités.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Depuis l’adoption d’un nouveau Code minier en 2023 qui priorise les intérêts de l’État et des populations, le gouvernement ne cesse de poser des actes allant dans le sens de la mise en œuvre de ce texte rénovateur. La création de diverses structures, comme le Commissariat chargé des activités minières, entre dans ce cadre. Pour son opérationnalisation, cette structure a tenu la première session de son comité technique.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">C’était le vendredi&nbsp;5&nbsp;juin 2026 à Koulouba, au nouveau siège du Commissariat chargé des Activités minières, en présence du ministre Hilaire Bébian Diarra. Au cours de son adresse, M.&nbsp;Diarra a rappelé les principaux défis auxquels demeure confrontée l’industrie minière malienne&nbsp;: amélioration de la gouvernance, respect des engagements des opérateurs, promotion du contenu local, préservation de l’environnement et accroissement des retombées économiques au profit des populations.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">A signaler que le Comité technique a été institué par le décret du 30&nbsp;décembre 2025 fixant l’organisation du Commissariat. Il est chargé d’examiner les dossiers techniques et stratégiques, de renforcer la concertation entre les administrations concernées et de formuler des recommandations destinées au Conseil stratégique présidé par le Chef de l’État.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au regard de son importance, le patron du commissariat chargé des activités minières a précisé que&nbsp;: «<strong><em> </em></strong><em>La qualité des décisions dépend de la qualité des analyses qui les fondent ».<strong>&nbsp;</strong></em>Autrement dit, il a invité les membres du Comité à faire de cette instance un cadre permanent de réflexion et d’anticipation. Dès lors, on peut dire que la tenue de cette première session du comité technique constitue une étape importante dans l’opérationnalisation du CCAM.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Le CCAM, un outil stratégique d’aide à la décision pour le Chef de l’État&nbsp;</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Créé par le Code minier de 2023 pour renforcer la coordination, le suivi et l’évaluation des politiques publiques dans le secteur extractif, le CCAM a pour mission d’assurer la cohérence de l’action publique dans le secteur, d’anticiper les évolutions du marché minier et de proposer les réformes nécessaires à son développement. Rattaché à la présidence de la République, le CCAM contrôle l’application du Code minier, examine les rapports d’activités des titulaires de titres miniers et s’assure du respect des règles. Il propose des stratégies de développement du secteur et des mesures pour l’amélioration de l’industrie minière.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">De façon particulière, il est fortement impliqué dans le suivi du contenu local. En d’autres termes, le CCAM permet aux autorités de faire du secteur minier un levier de souveraineté économique, de création d’emplois et de développement durable, conformément à la Vision Mali&nbsp;2063 et à la Stratégie nationale d’émergence et de développement durable. En plus du CCAM, il existe d’autres structures créées dans le cadre de la relance du secteur.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>SOREM, SOROMA, SPCL, SOPAPIM —SA déjà créées&nbsp;</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Première grande initiative des autorités de la transition dans les secteurs miniers, la SOREM-SA (Société de Recherche et d’Exploitation des Ressources Minérales du Mali) a été créée en 2022. C’est une entreprise d’État aux capitaux 100&nbsp;% publics. Elle est chargée d’assurer l’étude, la recherche, l’exploitation, le traitement et la commercialisation des substances minérales et des gisements viables dans les périmètres qui lui sont octroyés. Elle est aussi chargée de lever des fonds pour doter l’État malien en devises, car elle va directement exploiter les ressources du sous-sol en les vendant. À ce jour, plusieurs périmètres lui ont été cédés tels que les mines de Morila (région de Bougouni), de Yatela (région de Kayes) et de N’Tahaka (région de Gao). À termes, la SOREM va faire de l’État un capteur majeur dans le secteur.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La SOROMA (Société de la Raffinerie d’Or du Mali) a été créée au cours de la session du conseil des ministres du mercredi&nbsp;28&nbsp;mai 2025. L’État détient 62&nbsp;% du capital et le reste par le partenaire russe « <em>Yadran</em> ». Le lundi&nbsp;16&nbsp;juin 2025, il a été procédé à la pose de la première pierre de la raffinerie sur un site de 05&nbsp;hectares près de l’aéroport international de Bamako. Elle aura la capacité de traiter jusqu’à 200&nbsp;tonnes d’or par an, soit une augmentation significative par rapport à la capacité de traitement actuelle du Mali, qui est d’environ 50&nbsp;tonnes. Ce traitement se faisait jusqu’à ce jour par deux installations existantes du pays ne répondant pas aux normes exigées par des organismes internationaux comme la London Bullion Market Association (LBMA), ce qui obligeait les compagnies exploitantes à raffiner leur or à l’étranger.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Créé par le décret n°&nbsp;2021 — 0190/PT-RM du 31&nbsp;mars 2021, le SPCL (Secrétariat Permanent du Contenu Local) est chargé de la réception, du traitement et de l’approbation des plans de contenu local soumis par les opérateurs miniers, ainsi que du suivi des indicateurs de performance et de la gestion des programmes de recrutement et de formation des travailleurs locaux. Autrement dit, sa mission principale est d’assurer la mise en œuvre de la politique du pays en matière de contenu local dans le secteur minier. Pour le rendre opérationnel, le gouvernement, par le décret n°&nbsp;2025 — 0484/PT-RM du 24&nbsp;juillet 2025, a nommé un Secrétaire permanent du contenu local qui a été présenté, le vendredi&nbsp;31&nbsp;octobre 2025, aux acteurs du secteur minier au cours d’une rencontre présidée par le ministre des Mines, Pr Amadou Keïta.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Lors du conseil des ministres du vendredi&nbsp;06&nbsp;février 2026, les autorités ont créé la Société de Patrimoine minier du Mali (SOPAMIM S.A.). C’est une Société anonyme dénommée dont le capital est détenu à 100&nbsp;% par l’État. Tout comme les autres structures, le Code minier a prévu la création d’une Société de patrimoine en vue de prendre des participations pour son compte, de faire le portage pour les nationaux et de gérer les participations de l’État dans les différentes Sociétés minières.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Sidi Modibo Coulibaly</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Mali : pourquoi un modèle éducatif souverain est devenu une nécessité nationale</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Sahel Tribune]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 03 Jun 2026 09:25:30 +0000</pubDate>
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<p>Face aux limites du modèle hérité de la colonisation, le Mali devra miser sur une école souveraine valorisant les langues nationales, les savoirs endogènes et l’héritage intellectuel de Tombouctou pour construire l’éducation de demain.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Entre l&rsquo;école héritée de la colonisation et la tentation d&rsquo;un retour aux seules traditions ancestrales, le Mali trace en silence une troisième voie : celle d&rsquo;un modèle éducatif souverain, enraciné et tourné vers l&rsquo;avenir.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">On parle souvent de l&rsquo;éducation malienne sur le ton de la crise — chiffres de scolarisation insuffisants, taux d&rsquo;abandon précoce, résultats aux évaluations internationales en deçà des attentes. Ces constats sont réels, et il serait malhonnête de les minimiser. Mais ce récit de la défaillance, répété à satiété dans les rapports des organisations internationales, occulte une vérité plus profonde : le Mali possède un génie éducatif propre, plurimillénaire, qui a traversé les siècles sans jamais cesser de transmettre, de former, de faire grandir. La question n&rsquo;est donc pas de savoir si le Mali peut s&rsquo;en sortir. Elle est de savoir s&rsquo;il aura enfin le droit de le faire à sa manière.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Tombouctou n&rsquo;a pas attendu Paris pour enseigner</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Il faut commencer par là : par ce rappel simple, que l&rsquo;histoire officielle a trop longtemps relégué en note de bas de page. Au XIVe et XVe siècles, Tombouctou était l&rsquo;une des capitales intellectuelles du monde connu. Ses madrasas accueillaient des étudiants venus de l&rsquo;ensemble du monde islamique. Ses bibliothèques conservaient des centaines de milliers de manuscrits couvrant la théologie, les mathématiques, l&rsquo;astronomie, la médecine et le droit. La Sankore, véritable université avant l&rsquo;heure, formait des milliers d&rsquo;étudiants selon des méthodes pédagogiques sophistiquées fondées sur le commentaire, le débat et la mémorisation critique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cet héritage n&rsquo;est pas qu&rsquo;un ornement rhétorique. Il atteste que les sociétés maliennes ont toujours su penser la transmission du savoir, inventer des institutions éducatives adaptées à leurs contextes et à leurs ambitions. Lorsque la colonisation a imposé son école — son école française, unilingue, centralisée, déconnectée des réalités locales —, elle n&rsquo;a pas comblé un vide. Elle en a créé un, en marginalisant des formes d&rsquo;apprentissage qui fonctionnaient, au profit d&rsquo;un modèle importé pensé pour produire des auxiliaires de l&#8217;empire, non des esprits libres.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Enseigner en bambara n&rsquo;est pas un repli identitaire. C&rsquo;est redonner à un enfant le droit de penser dans sa propre langue — condition première de toute pensée vraiment libre.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>La langue, clé de voûte d&rsquo;une école qui émancipe</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est sur la question de la langue que se joue, aujourd&rsquo;hui, l&rsquo;essentiel du débat éducatif au Mali. Le français reste la langue exclusive d&rsquo;enseignement dans l&rsquo;immense majorité des établissements publics. Pour des millions d&rsquo;enfants maliens — ruraux, issus de familles non francisées, locuteurs du bambara, du peul, du dogon ou du songhay — cela signifie que l&rsquo;école commence par une épreuve d&rsquo;étrangeté : apprendre à compter, à lire, à raisonner dans une langue que personne ne parle à la maison.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les recherches pédagogiques convergent sur ce point depuis des décennies : un enfant qui apprend à lire dans sa langue maternelle avant d&rsquo;aborder une langue seconde développe de meilleures compétences cognitives, un rapport plus confiant au savoir, et un taux de réussite scolaire significativement supérieur. Le Mali en a fait l&rsquo;expérience concrète avec ses classes dites à «&nbsp;<em>curriculum convergent</em>&nbsp;», où l&rsquo;enseignement débute en langues nationales avant d&rsquo;introduire le français progressivement. Les résultats sont probants. Et pourtant, ces programmes restent marginaux, sous-financés, traités comme des expériences pilotes plutôt que comme la norme qu&rsquo;ils devraient être.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mis en place au Mali vers les années 1990 dans des écoles communautaires, le curriculum convergent enseigne les fondamentaux — lecture, écriture, calcul — en langue nationale durant les trois premières années, avant d&rsquo;introduire le français comme langue d&rsquo;enseignement. Les évaluations conduites par des chercheurs maliens et des organismes indépendants montrent des taux de compréhension et de maintien scolaire nettement supérieurs aux classes monolingues françaises.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Tradition ne veut pas dire immobilisme</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Certains, en France comme ailleurs, s&rsquo;alarment dès qu&rsquo;on évoque les savoirs traditionnels dans un contexte éducatif. Ils y voient le spectre du conservatisme, du communautarisme, d&rsquo;un retour en arrière qui fermerait les jeunes Maliens aux connaissances universelles. Cette crainte repose sur un contresens fondamental.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Intégrer les savoirs endogènes dans l&rsquo;école malienne ne signifie pas remplacer les mathématiques par la divination, ni la biologie par le mythe cosmogonique. Cela signifie reconnaître que les communautés maliennes ont développé, au fil des siècles, des connaissances précises sur l&rsquo;agriculture, l&rsquo;hydraulique, la pharmacopée, l&rsquo;architecture, les écosystèmes sahéliens — connaissances qui, loin d&rsquo;être obsolètes, représentent un capital intellectuel précieux face aux défis contemporains du changement climatique et de la souveraineté alimentaire. Cela signifie aussi que la pédagogie africaine — fondée sur la narration, la mise en situation, l&rsquo;apprentissage par l&rsquo;observation et la pratique communautaire — n&rsquo;est pas une méthode inférieure à la leçon magistrale importée. Elle est simplement différente, et souvent plus efficace pour les contextes dans lesquels elle s&rsquo;exerce.</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>Les pratiques agro-sylvo-pastorales transmises oralement constituent un savoir empirique sur les écosystèmes sahéliens que les sciences modernes commencent seulement à documenter.</li>



<li>L&rsquo;architecture vernaculaire malienne — banco, toitures, terrasses, ventilation naturelle — offre des réponses durables aux enjeux climatiques que l&rsquo;urbanisme importé ne parvient pas à résoudre.</li>



<li>Les systèmes de régulation sociale et de résolution des conflits fondés sur la palabre et la médiation communautaire sont reconnus par des chercheurs en sciences politiques comme des modèles de gouvernance participative.</li>



<li>La pharmacopée traditionnelle, encore largement vivante au Mali, fait l&rsquo;objet d&rsquo;un intérêt croissant de la recherche pharmaceutique internationale pour l&rsquo;identification de nouvelles molécules actives.</li>
</ul>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Un modèle malien est possible — et urgent</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Ce que le Mali doit construire — et ce qu&rsquo;une partie de sa société civile, de ses enseignants et de ses chercheurs bâtissent déjà, souvent sans soutien suffisant — c&rsquo;est un modèle éducatif qui ne soit ni la copie dégradée du système français, ni le retour nostalgique à un passé idéalisé. C&rsquo;est un modèle de synthèse souveraine : une école malienne du XXIe siècle, ouverte aux mathématiques, aux sciences, aux langues étrangères et aux outils numériques, mais ancrée dans les langues, les épistémologies et les valeurs qui font la singularité de cette civilisation.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La transition que vit le Mali porte en elle une opportunité rare : celle de refonder des institutions, de les penser depuis l&rsquo;intérieur, de décider enfin souverainement ce que l&rsquo;on veut transmettre aux générations qui viennent. L&rsquo;éducation est le premier de ces chantiers. C&rsquo;est aussi le plus durable. C’est de ce soucis que le Président de la transition a décrété la période 2026-2027, «&nbsp;<em>année de l’éducation et de la culture</em>&nbsp;».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Un peuple qui sait d&rsquo;où il vient apprend mieux où il va. Le Mali le sait mieux que quiconque.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>A.D</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Vision Mali 2063 : un plan de développement qui acte la rupture géopolitique avec l’Occident</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Chiencoro]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 11 May 2026 14:54:10 +0000</pubDate>
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<p>La Vision Mali 2063 dépasse la planification économique : financement sans l’Occident, ancrage dans l’Alliance des États du Sahel et réflexion sur la sortie du FCFA. Analyse d’un manifeste géopolitique.</p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Le document officiel de planification économique du Mali à l&rsquo;horizon 2063 est bien plus qu&rsquo;une feuille de route technique. C&rsquo;est une déclaration d&rsquo;indépendance vis-à-vis de l&rsquo;Occident, un acte de foi dans l&rsquo;Alliance des États du Sahel et un pari assumé sur la dédollarisation mondiale. Décryptage.</em></strong><strong></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Il y a dans le&nbsp;«&nbsp;<em>Mali Kura ɲɛtaasira ka bɛn san 2063 ma&nbsp;</em>»&nbsp;une phrase qui ne figure dans aucun communiqué diplomatique officiel, mais qui résume à elle seule l&rsquo;état d&rsquo;esprit des autorités maliennes de la transition. Le document, élaboré sous l&rsquo;autorité du général Assimi Goïta, qualifie les sanctions imposées au Mali par la CEDEAO et les partenaires occidentaux de «&nbsp;<em>injustes, illégales et inhumaines</em>&nbsp;». Pas de nuance, pas de ménagement. C&rsquo;est dans ce ton — celui d&rsquo;un État victime d&rsquo;une agression extérieure et en architecte de sa propre renaissance — que se construit toute l&rsquo;architecture géopolitique de ce plan de quarante ans.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Un financement pensé sans l&rsquo;Occident</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Premier signal fort : la stratégie de financement de la Vision repose explicitement sur la mobilisation des ressources internes, en réponse à ce que le document nomme le «&nbsp;<em>durcissement des conditions et la rareté des financements concessionnels des bailleurs de fonds multilatéraux</em>&nbsp;» et le «&nbsp;<em>diktat des pays développés</em>&nbsp;».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Traduction : le Mali acte qu&rsquo;il ne peut plus — ou ne veut plus — compter sur la Banque mondiale, le FMI ou l&rsquo;aide européenne dans les mêmes termes qu&rsquo;auparavant. Le secteur minier est désigné comme le moteur de substitution : plus de 500 milliards de FCFA par an en investissements générés, 10 000 milliards de recettes d&rsquo;exportation à rapatrier. L&rsquo;or, le lithium, les ressources du sous-sol malien comme levier d&rsquo;une souveraineté économique réaffirmée face à ceux qui ont cru pouvoir asphyxier le pays par les sanctions.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce n&rsquo;est pas qu&rsquo;un choix budgétaire. C&rsquo;est une posture politique.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>L&rsquo;AES comme projet civilisationnel</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">La Vision consacre un chapitre entier à l&rsquo;Alliance des États du Sahel — Mali, Burkina Faso, Niger — née formellement en septembre 2023 et transformée en Confédération par le traité de Niamey du 6 juillet 2024, après le retrait collectif de la CEDEAO. Le document ne présente pas l&rsquo;AES comme une simple organisation régionale de sécurité. Il en fait l&rsquo;un des piliers fondateurs de la Vision : «&nbsp;<em>un ancrage irréversible dans la Confédération des États du Sahel</em>&nbsp;» figure parmi les cinq ambitions cardinales du&nbsp;«&nbsp;<em>Mali Kura ɲɛtaasira ka bɛn san 2063 ma&nbsp;</em>».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Irréversible. Le mot est choisi. Il signifie que la rupture avec la CEDEAO n&rsquo;est pas conjoncturelle, pas négociable, pas destinée à être révisée lors d&rsquo;une prochaine transition politique. Elle est inscrite dans le projet de nation à long terme.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;AES est décrite selon le triptyque des «&nbsp;<em>trois D</em>&nbsp;» : Défense, Diplomatie, Développement. Une architecture qui rappelle, dans sa logique, celle de l&rsquo;OTAN ou de l&rsquo;Union européenne — mais orientée vers l&rsquo;émancipation du tuteur français et de ses relais institutionnels régionaux.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>La question monétaire : vers la sortie du FCFA</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le passage le plus radical de tout le document est peut-être celui consacré à la monnaie. La Vision Mali 2063 prend acte de la «&nbsp;<em>fin progressive de l&rsquo;hégémonie du dollar</em>&nbsp;» et de l&rsquo;euro, accélérée selon elle par les sanctions occidentales contre la Russie après le conflit l’opposant à l&rsquo;Ukraine — qui a «&nbsp;<em>entamé la confiance des autres pays</em>&nbsp;» dans ces devises. Elle salue la montée en puissance des BRICS, des paiements en monnaies nationales, d&rsquo;un nouveau système monétaire adossé à des actifs tangibles : or, pétrole, lithium.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Conclusion du document : il est «&nbsp;<em>impératif, pour nos ambitions de croissance économique et de souveraineté, de quitter le FCFA</em>.&nbsp;<em>L’idéal serait certainement d’arriver à mettre à l’endroit le projet ECO. Dans le cas contraire il y’a deux possibilités :</em>&nbsp;<em>(i) une nouvelle monnaie commune avec quelques pays ayant les</em>&nbsp;<em>mêmes objectifs ou (ii) une monnaie nationale.&nbsp;</em><em>&nbsp;</em>» Une position que&nbsp;les autorités maliennes de la transition&nbsp;n&rsquo;avaient pas formulée aussi explicitement dans&nbsp;leurs&nbsp;discours publics, mais qu&rsquo;elle inscrit ici, noir sur blanc, dans son projet de société à quarante ans.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Un document officiel, un discours de rupture</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Ce qui frappe, à la lecture de la Vision Mali 2063, c&rsquo;est la fluidité avec laquelle le langage technocratique de la planification économique se mêle au vocabulaire du souverainisme anti-occidental. Les tableaux de bord macro-économiques coexistent avec des références à «&nbsp;<em>l&rsquo;émancipation des peuples africains</em>&nbsp;», aux «&nbsp;<em>luttes pour l&rsquo;indépendance politique et la dignité humaine&nbsp;</em>», à la nécessité de «&nbsp;<em>faire respecter la souveraineté du Mali vis-à-vis des partenaires extérieurs&nbsp;</em>».</p>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est un document d&rsquo;État. Mais c&rsquo;est aussi un manifeste. Et dans le Sahel de 2026, les deux ne sont plus séparables.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Chiencoro Diarra&nbsp;</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Mali : le code minier 2023 crée un fonds dédié à la recherche géologique et à la formation</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Chiencoro]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 11 May 2026 09:30:29 +0000</pubDate>
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<p>Le Mali a créé, via son code minier 2023, un fonds dédié à la recherche géologique, à la formation et au renforcement des capacités afin de transformer la rente minière en levier de souveraineté technique et scientifique.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Discret mais stratégique, le Fonds de financement de la recherche géologique, du renforcement de capacité et de la formation, inscrit dans le nouveau code minier malien, ambitionne de transformer les revenus miniers en levier de souveraineté scientifique et technique. Un pari sur l&rsquo;avenir, dans un secteur qui pèse lourd dans l&rsquo;économie nationale.</em></strong><strong></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le Mali dispose désormais d&rsquo;un outil juridique et financier inédit pour construire sa propre expertise minière. Le code minier de 2023 institue, en son article 94, cinq fonds sectoriels destinés à redistribuer une partie de la rente minière au profit du développement national. Parmi eux, l&rsquo;un mérite une attention particulière : le Fonds de financement de la recherche géologique, du renforcement de capacité et de la formation.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Cinq fonds pour structurer la rente minière</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Dès leur arrivée au pouvoir les autorités maliennes de loa transition ont ouvert un vaste chantier de réformes politiques, institutionnelles et économiques. Parmi celles-ci figurent le secteur minier à travers le Code minier de 2023 et de Son Contenu local avec pour objectif faire profiter plus aux Maliens les richesses de leur sous-sol. Le législateur malien a fait le choix d&rsquo;une architecture financière diversifiée. L&rsquo;article 94 du code minier crée simultanément :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>le Fonds minier de développement local, destiné aux communautés riveraines des sites d&rsquo;exploitation ;</li>



<li>le Fonds de réhabilitation, de sécurisation des sites miniers artisanaux et de lutte contre l&rsquo;usage des produits chimiques prohibés, réponse directe aux ravages de l&rsquo;orpaillage non contrôlé ;</li>



<li>le Fonds de financement de la promotion du secteur minier, outil de rayonnement et d&rsquo;attractivité ;</li>



<li>le Fonds de financement de la recherche géologique, du renforcement de capacité et de la formation, cœur du dispositif scientifique ;</li>



<li>le Fonds de réalisation des infrastructures énergétiques, hydrauliques et de transport, levier de désenclavement des zones minières.</li>
</ul>



<p class="wp-block-paragraph">Ensemble, ces cinq mécanismes dessinent une ambition : faire du secteur minier non plus une simple source de devises, mais un moteur structurant du développement malien.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Un fonds alimenté par les grandes mines</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le fonctionnement du Fonds de recherche géologique repose sur une contribution obligatoire des opérateurs miniers. Selon l&rsquo;article 99 du code minier, les titulaires de permis d&rsquo;exploitation de grande mine, de petite mine, ainsi que les bénéficiaires d&rsquo;autorisation d&rsquo;exploitation industrielle de substances de carrières, sont tenus de verser 0,50 % de leur chiffre d&rsquo;affaires trimestriel à ce fonds.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce taux, appliqué à un secteur qui génère des milliards de francs CFA chaque année — l&rsquo;or représentant à lui seul plus de 70 % des recettes d&rsquo;exportation du Mali — devrait permettre de constituer une enveloppe financière substantielle et pérenne.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les ressources ainsi collectées financeront les activités de formation professionnelle dans le secteur minier, le renforcement des capacités techniques des acteurs nationaux, les travaux de recherche et de cartographie géologique, ainsi que les activités de maîtrise de l&rsquo;innovation, y compris les voyages d&rsquo;études. Ce dernier point, inscrit noir sur blanc dans la loi, traduit une volonté d&rsquo;ouvrir les techniciens et chercheurs maliens aux meilleures pratiques internationales.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Transparence et redevabilité : les garde-fous prévus</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Les autorités maliennes de la transition ont également anticipé les risques de mauvaise gestion, trop souvent associés aux fonds sectoriels dans la sous-région. Le code minier prévoit que les ministères en charge des Mines et des Finances produiront conjointement un rapport annuel exhaustif sur l&rsquo;état des contributions au Fonds minier de développement local — rapport publié au Journal officiel et sur le site internet du ministère des Mines dans les six mois suivant la clôture de l&rsquo;exercice budgétaire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;utilisation des ressources fera également l&rsquo;objet de rapports annuels soumis à l&rsquo;adoption des conseils municipaux et régionaux, et au contrôle des structures compétentes de l&rsquo;État. Ces rapports seront publiés selon les mêmes modalités. Un mécanisme de transparence ambitieux, dont l&rsquo;effectivité dépendra, comme toujours, de la volonté politique de l&rsquo;appliquer.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;organisation et les modalités de fonctionnement du Fonds seront précisées par décret en Conseil des ministres — texte d&rsquo;application dont la publication rapide sera déterminante pour que le dispositif devienne opérationnel.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Dans le sillage de la Vision Mali 2063</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Cette réforme s&rsquo;inscrit dans un cadre stratégique plus large : la Vision 2063 ou «&nbsp;<em>Mali Kura ɲɛtaasira ka bɛn san 2063 ma&nbsp;</em>», programme de transformation nationale qui ambitionne de faire du Mali une nation émergente à l&rsquo;horizon 2063, avec un revenu par habitant cible de 13 900 dollars et un taux de croissance annuel moyen de 10 %. Une vision issue des recommandations des Assises nationales de la refondation de 2021.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au sein de ce programme, le projet «&nbsp;<em>Kanku Musa Seginna</em>&nbsp;» — le Retour à l&rsquo;âge d&rsquo;or de Kankou Moussa — place l&rsquo;activité minière au cœur d&rsquo;un projet de développement durable intégrant les dimensions sociale, économique et environnementale. Une référence historique chargée de sens : Kankou Moussa, le souverain manding du XIVe siècle dont la fortune en or avait stupéfait le monde, incarne ici l&rsquo;idéal d&rsquo;une souveraineté économique malienne pleinement assumée.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Former les géologues, les ingénieurs et les techniciens de demain sur le sol malien, avec des ressources issues des mines maliennes : telle est, en substance, la promesse du Fonds de financement de la recherche géologique.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Chiencoro Diarra</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>26 mars : l’héritage des martyrs à l’heure des réformes</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Sahel Tribune]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 24 Mar 2026 21:25:17 +0000</pubDate>
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<p>Trente-cinq ans après, le Mali se souvient des martyrs et continue de construire un État démocratique et juste.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Trente-cinq ans après la chute de Moussa Traoré, le Mali commémore les martyrs du changement de trajectoire du Mali, dans une période de refondation profonde de l’État. 35&nbsp;ans après la marche historique du peuple malien, le pays se trouve en plein chantier afin d’honorer la mémoire des martyrs de mars 1991.&nbsp;</em></strong><strong><em></em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Il ne suffit plus de se souvenir. Le 26&nbsp;mars 1991 n’est pas qu’un moment d’histoire. C’est une promesse. Celle d’un État juste, d’une démocratie réelle, d’une rupture avec les logiques de prédation et de dépendance.&nbsp;Trente-cinq ans après ces événements, la démocratie malienne poursuit son chemin. L’idéal porté par les révolutionnaires de 1991 visait l’émergence d’un Mali nouveau. Un État libéré de la corruption, du favoritisme, du clientélisme et des restrictions des libertés. En d’autres termes, le passage d’une « <em>société close</em> » à une « <em>société ouverte</em> », comme le résumait si bien le slogan populaire&nbsp;: « <em>An tɛ kɔrɔlen fɛ fo kura </em>» — nous ne voulons plus de l’ordre ancien, nous voulons du renouveau — entendu par la renaissance du Mali&nbsp;: le&nbsp;<em>Mali Kura</em>.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-les-anrs-et-la-nouvelle-constitution-nbsp"><strong>Les ANRs et la nouvelle Constitution&nbsp;</strong><strong></strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">C’est précisément ce vide et cette recommandation populaire que la Transition actuelle entend combler. Non pas en répétant les symboles, mais en réinvestissant le réel. Depuis 2021, une série de réformes structurantes dessine en lettre d’or cette ambition des autorités maliennes de la Transition à la refondation. L’une des premières tâches fut de réunir le peuple malien autour d’une table de discussion à travers les Assises nationales de la Refondation, en 2021 — qui ont porté un diagnostic sans complaisance sur les maux du pays et proposé des solutions idoines pour la résolution des nombreuses crises qui assaillent la nation— secteur par secteur.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">À l’issue des ANRs, une nouvelle Constitution a été adoptée et promulguée le 22&nbsp;juillet 2023. Le Mali redéfinit ainsi ses partenariats internationaux, affirme une souveraineté politique assumée et réorganise l’appareil d’État. Les conclusions des Assises nationales de la refondation se sont prolongées dans la Vision Mali&nbsp;2063, qui ambitionnent de donner une colonne vertébrale stratégique au pays.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Sur le plan de l’architecture institutionnelle, il convient de rappeler surtout la création de l’Autorité indépendante de gestion des élections (AIGE) en vue de restaurer la crédibilité des scrutins, longtemps contestée et objet de déstabilisation politique, en témoigne les nombreuses crises post-électorales connues par le Mali. Dans le même esprit, les propositions de réforme du système politique — encadrement du nomadisme partisan, durcissement des conditions d’accès à la magistrature suprême, remise en cause du statut de chef de file de l’opposition — traduisent une volonté de moralisation et de rationalisation du jeu politique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais aucune refondation ne tient sans sécurité. Il s’agit surtout de restaurer l’intégrité territoriale et rétablir l’autorité de l’État. La montée en puissance des Forces armées maliennes, désormais mieux équipées et structurées, s’inscrit dans une doctrine assumée de fermeté. En plus de l’équipement, il convient de mentionner aussi le rehaussement du moral des troupes à travers notamment la considération accordée aux familles des militaires et paramilitaires tombés pour la nation reconnaissante — prise en charge de leurs enfants dans le cadre des pupilles de la nation, la construction en cours d’un mémoriel militaire en leur mémoire, la rédaction en cours de l’histoire militaire, la remise de chèques géants à leur famille, etc.&nbsp;&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans la même veine, il convient de souligne le projet de construction de la maison des pupilles, dans la zone aéroportuaire. La pose de la première de cette infrastructure a eu lieu en février 2024.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans le prolongement régional, la création de l’Alliance des États du Sahel — réunissant le Mali, le Burkina Faso et le Niger —&nbsp;consacre une approche collective de la sécurité, centrée sur le bassin stratégique du Liptako-Gourma. L’ambition est non seulement de sécuriser les territoires, mais aussi de valoriser leurs ressources dans une logique de développement endogène.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette reconquête passe aussi par le retour concret de l’État. C’est dans cette dynamique que les autorités maliennes se sont attelées à la réorganisation territoriale, à la création de nouvelles circonscriptions, à la réhabilitation des infrastructures administratives — notamment dans le Nord. L’objectif est de rapprocher l’administration des citoyens et de corriger les fractures héritées des crises successives.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-la-fin-de-l-extraversion-des-richesses-naturelles"><strong>La fin de l’extraversion des richesses naturelles</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Mais c’est sans doute sur le terrain économique que la rupture est la plus lisible — et la plus attendue. Longtemps, le Mali a été un paradoxe&nbsp;: un géant aurifère, mais un État pauvre. L’or sortait, la richesse s’évaporait. Les zones minières, elles, restaient enclavées, marginalisées, oubliées.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La réforme du Code minier de 2023 marque à cet égard un tournant majeur. Elle ne se contente pas d’ajuster des règles. Elle redéfinit la philosophie même de l’exploitation des ressources. Désormais, l’objectif est de faire du secteur minier un levier de développement national et non plus un simple moteur d’extraction.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette nouvelle gouvernance repose sur plusieurs piliers. D’abord, une meilleure redistribution des revenus, avec la création de fonds dédiés, dont le Fonds minier de développement local, alimenté notamment par une contribution de 0,75&nbsp;% du chiffre d’affaires des sociétés minières. Ce mécanisme vise à réinjecter directement les richesses dans les territoires concernés — infrastructures, santé, éducation, accès à l’eau et à l’énergie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ensuite, la mise en place d’une politique de contenu local, qui impose une intégration accrue des acteurs nationaux dans la chaîne de valeur. Emploi, sous-traitance, transfert de compétences. Il ne s’agit plus seulement d’exploiter, mais de construire une économie autour de la ressource.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Enfin, une exigence renforcée de transparence et de redevabilité, avec des mécanismes de suivi à plusieurs niveaux — communal, régional et national — pour garantir que les fonds bénéficient réellement aux populations.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans cette même dynamique, le développement du bassin du Liptako-Gourma est pensé comme un chantier stratégique, combinant sécurité, exploitation des ressources et amélioration des conditions de vie. À cela s’ajoutent des politiques sociales ciblées&nbsp;: programmes d’emploi des jeunes, soutien aux micro-entreprises rurales, promotion d’activités génératrices de revenus dans plusieurs régions. Le « <em>Projet présidentiel d’urgence hospitalière</em> », avec la construction et l’équipement d’infrastructures sanitaires modernes, illustre également cette volonté de traduire la refondation dans le quotidien des populations.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Sur le plan sanitaire, il faut noter aussi la construction en cours depuis 2022, du 4<sup>e</sup>&nbsp;Hôpital de référence, à Banancoro, à quelques kilomètres de Bamako, en vue de réduire&nbsp;l’évacuation sanitaire vers l’étranger de 95&nbsp;%</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-la-relance-d-unites-industrielles-nbsp"><strong>La relance d’unités industrielles&nbsp;</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Cette réorientation n’est pas anodine. Elle répond à une exigence centrale du 26&nbsp;mars&nbsp;: mettre fin à la confiscation des richesses par une minorité et faire de l’État un instrument au service du plus grand nombre. En ce sens, la réforme minière est l’une des traductions les plus concrètes de l’idéal de 1991.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais la refondation ne se joue pas uniquement dans le secteur minier. Elle s’étend à d’autres secteurs économiques comme la relance industrielle avec la remise en activité d’unités comme la COMATEX ou l’UMPP, le projet de construction d’une école des mines, l’investissement dans l’éducation — avec la régionalisation des universités et des projets innovants comme une école d’intelligence artificielle et de robotique —, ou encore la signature du pacte de stabilité sociale et de croissance pour encadrer les relations avec les partenaires sociaux. Soulignons aussi la relance du chemin de fer bien que ce secteur observe toujours quelques difficultés de redécollage.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">La démocratie ne se résume ni à des élections ni à des symboles. Elle suppose un État capable, souverain et légitime. C’est précisément cette équation que la Transition entend de résoudre, dans un contexte régional et international particulièrement contraint.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le 26&nbsp;mars 2026 est donc plus qu’une commémoration. C’est un moment de clarification. Entre mémoire et action, entre héritage et refondation, le Mali est à la croisée des chemins. Les martyrs de 1991 n’ont pas seulement ouvert une page de l’histoire ; ils ont posé une exigence.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Noumoukai</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Mali : les 11 projets qui doivent transformer le pays d’ici 2063</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Chiencoro]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 16 Mar 2026 13:26:45 +0000</pubDate>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Dans le cadre de la Vision Mali 2063, les autorités maliennes de la transition misent sur onze projets structurants pour transformer durablement l’économie du pays et renforcer sa souveraineté. Ces programmes d’envergure constituent la colonne vertébrale d’un ambitieux plan de développement destiné à faire du Mali une nation émergente d’ici quatre décennies.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Et si le Mali préparait dès aujourd’hui son horizon de 2063 ? À travers une vision stratégique de long terme, Bamako mise sur onze projets structurants pour refonder son économie, renforcer sa souveraineté et transformer durablement son modèle de développement. Agriculture, énergie, industrie, technologie ou urbanisme : ces grands chantiers doivent servir de moteur à une ambition assumée — faire du Mali une nation émergente au cœur du Sahel.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-une-vision-strategique-a-long-terme"><strong>Une vision stratégique à long terme</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Avec la Vision « <em>Mali Kura ɲɛtaasira ka bɛn san 2063 ma</em> », les autorités maliennes entendent tracer une trajectoire de transformation profonde du pays. Conçue comme un projet national participatif, cette stratégie place le citoyen au cœur du développement et vise à bâtir une nation souveraine, stable et prospère.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le scénario retenu est celui du renouveau pour un Mali uni dans sa diversité culturelle, doté d’une économie forte, d’une gouvernance consolidée et d’un niveau élevé de développement humain. Mais au cœur de cette ambition se trouve un levier central. Il s’agit des projets structurants, conçus pour transformer les bases productives du pays.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-onze-projets-pour-changer-l-economie-malienne"><strong>Onze projets pour changer l’économie malienne</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Pour concrétiser cette vision, le gouvernement a identifié onze programmes majeurs capables de soutenir la transformation économique et sociale du pays.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le premier, « <em>Farafinna Jiginɛ </em>», vise à faire du Mali un grenier agricole capable non seulement de nourrir sa population mais aussi d’approvisionner la sous-région.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le projet « <em>Yeelen Kura</em> » ambitionne quant à lui d’éclairer le Mali en développant massivement la production et l’accès à l’énergie, un facteur essentiel pour l’industrialisation.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La stratégie prévoit également un vaste programme d’industrialisation afin de transformer localement les ressources nationales et d’accroître la valeur ajoutée.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Autre initiative symbolique : « <em>Kanku Musa Seginna</em> », inspirée de l’âge d’or de l’empire du Mali et de la prospérité associée à la figure historique de Mansa Musa.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le projet « <em>Intégrer le Mali au monde </em>» vise à renforcer les infrastructures logistiques, commerciales et diplomatiques pour mieux connecter le pays aux échanges internationaux.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Du côté des villes, le programme « <em>Sigida Yiriwa </em>» doit améliorer la qualité de vie dans la capitale et dans les grandes villes régionales grâce à des politiques urbaines modernisées.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-miser-sur-la-technologie-et-le-capital-humain"><strong>Miser sur la technologie et le capital humain</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">La Vision 2063 accorde également une place centrale à l’économie du savoir. Le projet Hub technologique sous-régional ambitionne de faire du Mali un pôle numérique capable d’attirer start-up, innovations et investissements dans le secteur des technologies.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le programme Sankoré, en référence à la prestigieuse tradition intellectuelle de Tombouctou, vise quant à lui à transformer le système éducatif afin de former des ressources humaines qualifiées et compétitives.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À ces initiatives s’ajoutent « <em>Mali Vert et Bien-être</em> », destiné à renforcer la résilience environnementale et sociale, ainsi que un vaste programme de réformes institutionnelles pour améliorer la gouvernance publique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Enfin, le projet <em>Kunnafoni Taasira</em> prévoit la mise en place d’une infrastructure nationale de données géospatiales, outil stratégique pour la planification du développement.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-securite-souverainete-et-croissance-economique"><strong>Sécurité, souveraineté et croissance économique</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Au-delà de ces programmes, la Vision Mali 2063 repose sur plusieurs piliers stratégiques. Le premier concerne la sécurité, considérée comme la condition indispensable à toute transformation économique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La stratégie vise également l’émergence économique, avec un objectif de croissance annuelle moyenne de 10 %, susceptible de porter le revenu par habitant à près de 13 900 dollars d’ici 2063.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Un autre axe majeur est celui de la souveraineté économique, qui passe notamment par une meilleure valorisation des ressources naturelles et une réduction de la dépendance financière extérieure.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-reduire-la-pauvrete-et-renforcer-l-egalite-sociale"><strong>Réduire la pauvreté et renforcer l’égalité sociale</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">La Vision 2063 se fixe aussi des objectifs sociaux ambitieux. Le Mali ambitionne de réduire le taux de pauvreté de 44 % actuellement à 10 % d’ici 2063. Cette transformation devrait s’appuyer sur une meilleure redistribution de la richesse nationale et sur des politiques visant à réduire les inégalités.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le pays vise également un indice de Gini de 0,24, signe d’une société plus égalitaire. L’accès universel à l’eau potable constitue également un objectif prioritaire.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-quatre-decennies-pour-transformer-le-pays"><strong>Quatre décennies pour transformer le pays</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">La mise en œuvre de la Vision Mali 2063 est structurée en quatre grandes phases. La première (2024-2033) sera consacrée à la refondation de l’État et à la transformation structurelle de l’économie, notamment par le renforcement de la sécurité, la souveraineté alimentaire et l’amélioration de la gouvernance.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La deuxième phase (2034-2043) devrait permettre au Mali d’atteindre l’émergence économique, grâce au développement des industries et des technologies avancées. Quant à la troisième (2044-2053), elle mettra l’accent sur le développement humain, avec des investissements massifs dans l’éducation, la santé et les infrastructures. Enfin, la dernière phase (2054-2063) sera celle de la consolidation, marquée par l’achèvement de l’industrialisation et la montée en puissance du secteur des services.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-une-transformation-inspiree-par-le-mali-kura"><strong>Une transformation inspirée par le « Mali Kura »</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Au cœur de cette vision se trouve un nouveau modèle de développement, baptisé « <em>Mali Kura Taasira </em>», qui repose sur plusieurs principes : un État fort, un patriotisme économique affirmé, une réforme profonde de l’éducation et une mobilisation accrue de la jeunesse et des femmes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans un contexte régional marqué par les défis sécuritaires et économiques, les 11 projets structurants apparaissent ainsi comme les leviers majeurs de cette transformation.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Reste désormais à transformer cette vision stratégique en réalisations concrètes, condition sine qua non pour que le Mali puisse atteindre son ambition de devenir, d’ici 2063, une nation souveraine, émergente et durablement développée.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Chiencoro Diarra&nbsp;</strong></p>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide"/>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Dans les prochaines publications, nous reviendrons en détail sur chacun de ces onze projets structurants, afin d’en analyser les objectifs, les enjeux économiques et les transformations qu’ils pourraient apporter au Mali dans les décennies à venir.</em></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Redistribution du Fonds minier : vers la fin de la malédiction de l’or malien ?</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Sahel Tribune]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 13 Mar 2026 10:30:16 +0000</pubDate>
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<p>La redistribution des revenus des richesses au Mali vise à faire profiter l’exploitation minière aux territoires qui la produisent.</p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em><strong><em>Longtemps accus</em></strong></em></strong><strong><em><strong><em>é</em></strong></em></strong><strong><em><strong><em>e de profiter davantage aux multinationales qu</em></strong></em></strong>’<strong><em><strong><em>aux populations locales, la richesse&nbsp;</em></strong></em></strong><strong><em><strong><em>aurif</em></strong></em></strong><strong><em><strong><em>è</em></strong></em></strong><strong><em><strong><em>re</em></strong></em></strong><strong><em><strong><em>&nbsp;du Mali pourrait-elle enfin b</em></strong></em></strong><strong><em><strong><em>é</em></strong></em></strong><strong><em><strong><em>n</em></strong></em></strong><strong><em><strong><em>é</em></strong></em></strong><strong><em><strong><em>ficier aux territoires qui la produisent ? Avec la r</em></strong></em></strong><strong><em><strong><em>é</em></strong></em></strong><strong><em><strong><em>forme du Code minier et l</em></strong></em></strong>’<strong><em><strong><em>adoption d</em></strong></em></strong>’<strong><em><strong><em>une politique de contenu local en 2023, les autorit</em></strong></em></strong><strong><em><strong><em>é</em></strong></em></strong><strong><em><strong><em>s de transition, dirig</em></strong></em></strong><strong><em><strong><em>é</em></strong></em></strong><strong><em><strong><em>es par le&nbsp;</em></strong></em></strong><strong><em><strong><em>G</em></strong></em></strong><strong><em><strong><em>é</em></strong></em></strong><strong><em><strong><em>n</em></strong></em></strong><strong><em><strong><em>é</em></strong></em></strong><strong><em><strong><em>ral d</em></strong></em></strong><strong><em><strong><em>’</em></strong></em></strong><strong><em><strong><em>arm</em></strong></em></strong><strong><em><strong><em>é</em></strong></em></strong><strong><em><strong><em>e&nbsp;</em></strong></em></strong><strong><em><strong><em>Assimi Go</em></strong></em></strong><strong><em><strong><em>ï</em></strong></em></strong><strong><em><strong><em>ta</em></strong></em></strong><strong><em><strong><em>,</em></strong></em></strong><strong><em><strong><em>&nbsp;entendent transformer l</em></strong></em></strong>’<strong><em><strong><em>exploitation mini</em></strong></em></strong><strong><em><strong><em>è</em></strong></em></strong><strong><em><strong><em>re en moteur de d</em></strong></em></strong><strong><em><strong><em>é</em></strong></em></strong><strong><em><strong><em>veloppement pour les collectivit</em></strong></em></strong><strong><em><strong><em>é</em></strong></em></strong><strong><em><strong><em>s. Redistribution des revenus, fonds d</em></strong></em></strong><strong><em><strong><em>é</em></strong></em></strong><strong><em><strong><em>di</em></strong></em></strong><strong><em><strong><em>é</em></strong></em></strong><strong><em><strong><em>s aux communes et participation accrue de l</em></strong></em></strong><strong><em><strong><em>’É</em></strong></em></strong><strong><em><strong><em>tat : ces mesures ambitionnent de faire des ressources du sous-sol un v</em></strong></em></strong><strong><em><strong><em>é</em></strong></em></strong><strong><em><strong><em>ritable levier de justice territoriale et de souverainet</em></strong></em></strong><strong><em><strong><em>é é</em></strong></em></strong><strong><em><strong><em>conomique.</em></strong></em></strong><strong><em><strong><em></em></strong></em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">L’or commence enfin&nbsp;à&nbsp;briller pour les Maliens. Grâce&nbsp;à&nbsp;une réforme courageuse et structurante du secteur minier engagée par les autorités maliennes de la Transition en 2023, les collectivités territoriales commencent progressivement&nbsp;à&nbsp;percevoir les retombées des richesses du sous-sol national. Pendant longtemps, les dividendes de&nbsp;ces ressources ont&nbsp;été&nbsp;largement extraverties, au profit d’intérêts privés&nbsp;étrangers, dans un système qui a dominé&nbsp;la gouvernance du pays durant plusieurs décennies.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Depuis son arrivée au pouvoir en juin 2021, s’il est une orientation que le président de la transition, le Général d’armée Assimi Goïta, a voulu inscrire au cœur de son action publique, c’est bien celle de la co-construction avec les citoyens et de la souveraineté&nbsp;nationale. Dans sa vision, l’action de l’État doit rester guidée par le bien-être des Maliens. C’est dans cet esprit que les membres du gouvernement ont&nbsp;été&nbsp;appelés&nbsp;à&nbsp;faire de l’intérêt général la boussole de chacune de leurs initiatives.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-les-divers-fonds-miniers-nbsp"><strong>Les divers Fonds miniers&nbsp;</strong><strong></strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">En décembre 2021, les Maliens se sont réunis&nbsp;—&nbsp;dans le cadre des Assises nationales de la refondation&nbsp;—&nbsp;sur toute l’étendue du territoire national afin de réfléchir aux maux qui&nbsp;minent&nbsp;le pays et de préconiser des solutions viables pour une souveraineté&nbsp;pleine et entière dans l’ensemble des secteurs vitaux de la nation. C’est dans ce cadre qu’il a&nbsp;été&nbsp;recommandé&nbsp;dans le rapport final des ANR d’«&nbsp;<em>augmenter l</em>’<em>impact des ressources mini</em><em>è</em><em>res sur l</em><em>’é</em><em>conomie communautaire et nationale&nbsp;</em><em>à&nbsp;</em><em>travers la construction d</em>’<em>infrastructures de base : routes,&nbsp;</em><em>é</em><em>coles, centres de sant</em><em>é</em><em>,&nbsp;</em><em>é</em><em>lectricit</em><em>é&nbsp;</em>». Il a&nbsp;également&nbsp;été&nbsp;recommandé&nbsp;d’«&nbsp;<em>é</em><em>laborer une politique nationale de contenu local (notamment au niveau du secteur minier)&nbsp;</em>».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Par-delà&nbsp;les discours sur la souveraineté économique, une question demeure centrale au Mali : comment faire en sorte que l’immense richesse minière du pays profite réellement aux populations qui vivent sur ces territoires ? La réponse&nbsp;à&nbsp;cette question est donnée dans le nouveau Code minier et dans la loi relative au Contenu local dans le secteur minier en août 2023. Il s’agit là&nbsp;d’un&nbsp;«&nbsp;<em>ensemble de dispositions et de mesures qui exigent des entreprises mini</em><em>è</em><em>res qu</em>’<em>elles donnent la priorit</em><em>é&nbsp;</em><em>aux nationaux, aux communaut</em><em>é</em><em>s locales, aux entreprises nationales et aux mat</em><em>é</em><em>riaux produits localement dans l</em>’<em>ex</em><em>é</em><em>cution de leurs activit</em><em>é</em><em>s</em>&nbsp;».</p>



<p class="wp-block-paragraph">La révision du Code minier a permis de créer cinq fonds miniers : le Fonds minier de développement local ; le Fonds de réhabilitation, de sécurisation des sites miniers artisanaux et de lutte contre l’usage des produits chimiques prohibés ; le Fonds de financement de la promotion du secteur minier ; le Fonds de financement de la recherche géologique, du renforcement des capacités et de la formation ; et enfin le Fonds de réalisation des infrastructures&nbsp;énergétiques, hydrauliques et de transport.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-fin-de-la-mal-e-diction-des-ressources-naturelles-nbsp"><strong>Fin de la mal</strong><strong>é</strong><strong>diction des ressources naturelles&nbsp;</strong><strong></strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">La remise symbolique de chèques géants&nbsp;à&nbsp;plusieurs communes par le président de la transition, le Général d’armée Assimi Goïta, le 12 mars 2026 au palais de Koulouba, entre dans le cadre de la mise en&nbsp;œuvre du Fonds minier de développement local.&nbsp;«&nbsp;<em>Le Fonds minier de d</em><em>é</em><em>veloppement local est affect</em><em>é&nbsp;</em><em>au financement des plans nationaux, r</em><em>é</em><em>gionaux et communaux de d</em><em>é</em><em>veloppement</em>&nbsp;», lit-on dans l’article 95 du Code minier de 2023.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’organisation et le fonctionnement de ce fonds sont définis par décret pris en Conseil des ministres, tandis que les ministères chargés des Mines et des Finances publient chaque année un rapport détaillé&nbsp;sur les contributions et leur gestion, explique le Code minier. Les ressources versées aux collectivités territoriales doivent&nbsp;être intégrées dans leurs programmes d’investissements communautaires et utilisées conformément aux plans de développement conclus avec les sociétés minières. Leur utilisation fait l’objet de rapports annuels approuvés par les conseils municipaux et régionaux et contrôlés par l’État, puis publiés officiellement afin de garantir la transparence.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans la vision 2063 du Mali, il est&nbsp;également expliqué&nbsp;les apports indéniables du nouveau Code minier dans le cadre de la souveraineté économique du Mali.&nbsp;«&nbsp;<em>Le nouveau Code permettra de g</em><em>é</em><em>n</em><em>é</em><em>rer des revenus annuels suppl</em><em>é</em><em>mentaires d</em>’<em>au moins 500 milliards de FCFA (803 millions de dollars). En plus, il permet d</em><em>é</em><em>sormais au gouvernement de prendre une participation de 10 % dans les projets miniers et lui offre l</em>’<em>option d</em>’<em>acheter 20 % suppl</em><em>é</em><em>mentaires au cours des deux premi</em><em>è</em><em>res ann</em><em>é</em><em>es de production commerciale. Une participation suppl</em><em>é</em><em>mentaire de 5 % pourra aussi&nbsp;</em><em>ê</em><em>tre octroy</em><em>é</em><em>e au secteur priv</em><em>é&nbsp;</em><em>malien, portant les int</em><em>é</em><em>r</em><em>ê</em><em>ts publics et priv</em><em>é</em><em>s nationaux dans les nouveaux projets&nbsp;</em><em>à&nbsp;</em><em>35 %, contre 20 % dans l</em>’<em>ancien Code&nbsp;</em>», lit-on dans la Vision&nbsp;<em>Mali Kura&nbsp;</em><em>ɲɛ</em><em>taasira ka b</em><em>ɛ</em><em>n san 2063 ma</em>, une initiative&nbsp;«&nbsp;<em>ambitieuse et inclusive visant&nbsp;</em><em>à&nbsp;</em><em>transformer le Mali en une nation&nbsp;</em><em>é</em><em>mergente</em>&nbsp;».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Derrière ce geste politique, une réalité économique et territoriale demeure. Le Mali est l’un des principaux producteurs d’or du continent africain, mais nombre de collectivités locales situées dans les zones minières continuent de faire face&nbsp;à&nbsp;des infrastructures insuffisantes,&nbsp;à&nbsp;un accès limité&nbsp;aux services publics et aux impacts environnementaux de l’exploitation.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La création et la mise en&nbsp;œuvre effective du Fonds minier de développement local répondent précisément&nbsp;à&nbsp;cette contradiction et marque la fin des décennies de malédiction des ressources naturelles. Pour l’exercice 2025, ce mécanisme représente plus de 18,4 milliards de francs CFA, issus d’un prélèvement de 0,75 % du chiffre d’affaires des sociétés titulaires de titres d’exploitation et des opérateurs industriels de carrières. L’objectif est de transformer une part de la richesse extraite du sous-sol en investissements concrets dans les territoires.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-le-renforcement-de-la-coh-e-sion-sociale-et-la-r-e-duction-d-es-frustrations"><strong>Le renforcement de la coh</strong><strong>é</strong><strong>sion sociale et la r</strong><strong>é</strong><strong>duction d</strong><strong>es frustrations</strong><strong></strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">La clé&nbsp;de répartition adoptée reflète une volonté&nbsp;de rééquilibrage territorial. La moitié&nbsp;des ressources est destinée aux communes directement affectées par l’activité&nbsp;minière. Un quart revient aux autres collectivités de la zone concernée, tandis que le dernier quart est redistribué à&nbsp;l’ensemble des collectivités territoriales du pays. Cette architecture vise&nbsp;à&nbsp;concilier compensation locale et solidarité&nbsp;nationale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans un pays où&nbsp;les disparités régionales demeurent fortes, l’enjeu est majeur. Les régions de Kayes, Koulikoro, Sikasso, Bougouni, Kita, Tombouctou, San, Gao et Kidal figurent parmi celles concernées par cette redistribution symbolique, même si,&nbsp;à&nbsp;terme, les ressources doivent bénéficier&nbsp;à&nbsp;l’ensemble des communes maliennes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais la question essentielle n’est pas seulement celle de la redistribution. Elle est aussi celle de l’utilisation de ces fonds. Les autorités insistent sur la nécessité&nbsp;de financer des projets structurants, conformément aux clauses de la loi relative au Contenu Local : infrastructures, services sociaux de base, initiatives&nbsp;économiques locales ou encore programmes d’employabilité&nbsp;pour les jeunes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans les zones minières, les attentes sont immenses. L’exploitation des ressources naturelles peut&nbsp;être source de tensions sociales lorsque les populations locales ont le sentiment de ne pas bénéficier des retombées&nbsp;économiques.&nbsp;À&nbsp;l’inverse, une redistribution bien pensée peut contribuer&nbsp;à&nbsp;renforcer la cohésion sociale et&nbsp;à&nbsp;réduire les frustrations.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-la-transformation-de-la-rente-extractive-en-levier-de-d-e-veloppement-durable"><strong>La transformation de la rente extractive en levier de d</strong><strong>é</strong><strong>veloppement durable</strong><strong></strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">C’est pourquoi les autorités maliennes affirment vouloir encadrer strictement l’utilisation de ces ressources. Un mécanisme de suivi a&nbsp;été&nbsp;mis en place, reposant sur trois niveaux de contrôle : communal, régional et national. L’objectif est d’éviter que ces fonds ne se diluent dans des circuits administratifs opaques ou dans des pratiques de mauvaise gouvernance.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans un contexte où&nbsp;la lutte contre la corruption constitue une priorité, la crédibilité&nbsp;de ce dispositif dépendra précisément de sa capacité à&nbsp;garantir transparence et redevabilité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au-delà&nbsp;du cas malien, la question posée est celle du modèle de développement des pays riches en ressources naturelles. Trop souvent, l’abondance minière n’a pas empêché&nbsp;la persistance de la pauvreté&nbsp;locale. Le défi consiste donc&nbsp;à&nbsp;transformer la rente extractive en levier de développement durable.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’adoption&nbsp;du Code minier et de la loi relative au Contenu local dans le secteur minier&nbsp;«&nbsp;<em>offre une grande opportunit</em><em>é&nbsp;</em><em>au gouvernement de la R</em><em>é</em><em>publique du Mali de mettre en place un fonds de ressources naturelles pour la gestion des revenus qui seront g</em><em>é</em><em>n</em><em>é</em><em>r</em><em>é</em><em>s dans le secteur minier gr</em><em>â</em><em>ce&nbsp;</em><em>à&nbsp;</em><em>ces r</em><em>é</em><em>formes&nbsp;</em>», rassure la Vision 2063.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Noumoukai </strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Au Mali, les « nouvelles routes de la souveraineté »</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Sahel Tribune]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 12 Jan 2026 15:27:33 +0000</pubDate>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Quatre ans après les sanctions de la CEDEAO, le Mali a fait de la «&nbsp;souveraineté retrouvée&nbsp;» le moteur d’un vaste programme de transformation économique. Centrales solaires, corridors routiers, nouveau code minier et transformations économiques majeures. Derrière les chantiers se joue une reconquête souveraine du pouvoir sur les ressources, les infrastructures et les choix géopolitiques. Mais cette ambition, entre autonomie revendiquée et dépendances nouvelles, interroge la capacité réelle de Bamako à convertir la souveraineté politique en souveraineté économique durable.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">14 janvier 2022-14 janvier 2026, depuis quatre ans, le Mali s’est engagé dans une entreprise titanesque, à savoir reconstruire sa souveraineté par le développement de ses infrastructures, de son énergie et de son économie productive. Derrière cette stratégie, impulsée par le général Assimi Goïta et conceptualisée dans la <em>Vision Mali 2063</em>, se dessine le récit politique d’un pays qui entend rompre avec la dépendance, maîtriser ses ressources et affirmer une autonomie totale face aux institutions régionales et internationales, aux visées «&nbsp;<em>capitalistes et impérialistes</em>&nbsp;».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Depuis les sanctions «&nbsp;<em>injustes, illégales, illégitimes et inhumaines&nbsp;</em>» de la CEDEAO et de l’UEMOA en 2022, le discours de la «&nbsp;<em>souveraineté retrouvée&nbsp;</em>» est devenu le cœur de la rhétorique d’État. Mais loin des simples discours, le gouvernement malien tente de la traduire dans les faits. Trois grandes centrales solaires, des corridors routiers réhabilités, un nouveau Code minier et des appuis multiformes au secteur agricole sont à rappeler. Ces initiatives permettront, sans nul doute, au pays de se hisser au rang des nations les plus émergents. On peut articuler ces projets, présentés comme les piliers d’un Mali «&nbsp;<em>maître de son destin&nbsp;</em>», autour de trois axes structurants : <em>Yeelen Kura</em> (l’électrification nationale), <em>Farafinna Jigine</em> (la souveraineté alimentaire) et la réforme du secteur minier.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-l-energie-comme-etendard-de-l-autonomie"><strong>L’énergie comme étendard de l’autonomie</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Les centrales solaires de Sanankoroba, Safo et Tiakadougou-Dialakoro, d’une capacité cumulée de 400 mégawatts, constituent le symbole le plus visible du nouveau cap Mali. Fruit de partenariats diversifiés avec la Russie et la Chine, ces infrastructures traduisent la volonté inébranlable du Mali de sortir de la dépendance énergétique, alors que 70 % de sa production reposait encore récemment sur le thermique. Surtout, la clause selon laquelle la centrale de Sanankoroba reviendra intégralement à l’État malien au bout de dix ans illustre une ambition de «&nbsp;<em>reprise de souveraineté progressive</em>&nbsp;», rare en Afrique de l’Ouest, post-indépendance.</p>



<p class="wp-block-paragraph">On peut inscrire cette transition énergétique dans un programme plus vaste, qu’on pourrait appeler <em>Yeelen Kura </em>(lumière nouvelle). Pour le gouvernement, la lumière n’est plus seulement une question de kilowattheures, mais un acte politique : «&nbsp;<em>éclairer le Mali&nbsp;</em>» devient synonyme d’émancipation.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’autre pilier de cette reconquête se joue sur le terrain des routes. La modernisation de la RN27 entre Bamako et Koulikoro, financée à plus de 33 milliards de FCFA, ou encore la réhabilitation du corridor Bamako–Dakar soutenue par la Banque mondiale, participent de&nbsp; l’effort stratégique de désenclaver un pays continental et maîtriser ses voies d’accès commerciales. Derrière le bitume, se lit une géopolitique du transit, à savoir contrôler les routes, pour contrôler les flux de richesses et affirmer son poids dans la région.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-les-mines-nouveau-levier-du-pouvoir-economique"><strong>Les mines, nouveau levier du pouvoir économique</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Adopté en août 2023, le nouveau Code minier renforce considérablement la part de l’État malien dans l’exploitation des ressources : 35 %, dont 10 % gratuits. La réforme du «&nbsp;<em>contenu local&nbsp;</em>», votée en 2025, oblige désormais les compagnies étrangères à recruter, former et sous-traiter localement.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour les autorités de la transition, il s’agit de rompre avec des décennies d’exploitation «&nbsp;<em>sans retombées&nbsp;</em>». Les mines doivent financer l’économie réelle. La mine d’or de Sadiola, exploitée par la société canadienne Allied Gold, servira de test grandeur nature . Pour la première fois, un site en activité sera soumis intégralement au nouveau cadre légal.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Moins visible mais tout aussi décisif, les autorités maliennes de la Transition ambitionne de faire du Mali «&nbsp;<em>Farafinna Jigine&nbsp;» </em>(le grenier d’Afrique). Cet ambitieux projet se traduit par les efforts inlassables consentis en faveur de la promotion de l’agriculture et de son industrialisation. On se souvient des nombreuses initiatives du président de la transition, en faveur des agriculteurs, à travers notamment la subvention des intrants agricoles mais aussi de la hausse progressive, d’année en année, du prix d’achat du coton ainsi que la relance de certaines usines de transformation à l’arrêt depuis des années. Aussi faut-il rappelé la remise de distinction honorifiques aux paysans et éleveurs de la région de Sikasso en 2024.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le but de ces nombreuses initiatives est d’assurer une autarcie alimentaire pour le Mali et par ricochet toute la sous-région. Elles visent non seulement&nbsp; l’autosuffisance céréalière mais aussi la valorisation des filières agricoles traditionnelles (coton, riz, lait). Dans la logique gouvernementale, la souveraineté ne se limite pas à produire de l’électricité ou de l’or. Elle consiste à garantir la capacité du pays à nourrir son peuple sans dépendre des importations. Produire et consommer local est l’ambition des autorités de la transition, qui tiennent à mettre un terme à la politique impérialiste qui fait du Mali un pays consommateur et non transformateur de ses productions.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-une-strategie-de-souverainete-multipolaire"><strong>Une stratégie de souveraineté multipolaire</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Derrière les chantiers se profile une géopolitique nouvelle. En diversifiant ses partenaires (Russie, Chine, Turquie, voire BRICS), Bamako cherche à sortir de l’orbite des institutions occidentales. Le choix du nucléaire civil russe et des partenariats solaires chinois s’inscrit dans la doctrine de « <em>Coopérer sans s’aligner&nbsp;</em>». Cette orientation s’accompagne d’un discours culturel qui a fait de 2025<em>&nbsp;l’«&nbsp;Année de la Culture&nbsp;</em>», dans le but de relier souveraineté économique et réhabilitation identitaire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pourtant, le tableau reste fragile. Le pays demeure frappé par une crise sécuritaire endémique dans le nord et le centre. Ce qui ralentit plusieurs chantiers. Les coupures d’électricité persistent, et la dette publique pèse sur les finances nationales. Mais la rhétorique officielle demeure inébranlable. Le pouvoir entend bâtir malgré la guerre.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les «&nbsp;<em>routes de la souveraineté&nbsp;</em>» symbolisent donc autant une volonté de rupture qu’un pari risqué : celui d’un État qui veut faire de l’économie une arme de dignité. Car le président Goïta reste convaincu qu’il «<em>&nbsp;ne saurait y avoir de développement sans sécurité et il ne saurait y avoir de sécurité sans développement&nbsp;</em>». Reste une question : cette souveraineté, bâtie sur des financements extérieurs et des partenariats multipolaires, peut-elle être véritablement «&nbsp;<em>retrouvée</em>&nbsp;» ? Ou n’est-elle qu’une nouvelle forme d’interdépendance, simplement déplacée d’un pôle à un autre ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour l’heure, le Mali trace ses routes, érige ses centrales et refonde ses lois. Qu’elles mènent à l’autonomie ou à un nouvel équilibre de dépendances reste à voir. Mais une chose est sûre : Bamako ne veut plus subir l’histoire, elle veut la construire.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>A.D</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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