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	<title>Archives des violence policière &#8212; Sahel Tribune</title>
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	<title>Archives des violence policière &#8212; Sahel Tribune</title>
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		<title>Nigéria : la violence policière au cœur des débats</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Sahel Tribune]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 25 Oct 2020 14:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Sécurité]]></category>
		<category><![CDATA[bavure policière au Nigéria]]></category>
		<category><![CDATA[mobilisation au Nigéria]]></category>
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					<description><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>
<p>Depuis la publication d’une vidéo montrant le meurtre d’un homme par des policiers, le Nigéria n’est plus calme. Une forte mobilisation pour dénoncer ces pratiques a été violemment réprimée, mardi&#8230;</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>

<p><strong>Depuis la publication d’une vidéo montrant le meurtre d’un homme par des policiers, le Nigéria n’est plus calme. Une forte mobilisation pour dénoncer ces pratiques a été violemment réprimée, mardi 20 octobre 2020. Les Nations unies ont condamné cette « <em>violation des droits de l’homme</em> ».</strong></p>



<p>Des morts et de nombreux blessés ont été enregistrés dans la capitale nigériane, Lagos, mardi 20 octobre 2020. Une « <em>bavure</em> » qui a lieu sur des manifestants qui dénonçaient les violences policières. « <em>Nous étions assis par terre et chantions l’hymne national du Nigéria et la plupart d’entre nous avions des drapeaux dans nos mains et nous l’avons soulevé</em> », a confié un témoin à nos confrères de la <a href="https://www.bbc.com/afrique/region-54644605" target="_blank" rel="noreferrer noopener">BBC</a>, le 22 octobre 2020, avant de préciser : « <em>Puis ils ont ouvert le feu directement sur nous et ils ont continué à avancer et à avancer. Une ou deux personnes ont été touchées. Tout le monde s’est levé et c’était devenu le chaos total</em> ».</p>



<p>Lire aussi <a href="http://saheltribune.com/wp-admin/post.php?post=4643&amp;action=edit">Afrique de l’ouest : Crise régionale de la démocratie, du suffrage universel, de la gouvernance et de la sécurité</a></p>



<p>Cette violation des droits de l’homme n’est pas passée inaperçue des défenseurs de ces droits. Le secrétaire général des Nations Unies, Antonio Guterres, à travers un communiqué, a condamné mercredi dernier cette situation. De son côté, Mme&nbsp;Bachelet, la haute-commissaire des droits de l’homme de l’ONU, a déclaré&nbsp;: <em>« Si le nombre de victimes lors de la fusillade d’hier </em>[mardi ndlr]<em> au point de péage de Lekki à Lagos n’est toujours pas clair, il ne fait aucun doute qu’il s’agit d’un cas de recours excessif à la force, entrainant des exécutions illégales à balles réelles, par les forces armées nigérianes. »</em> Et de poursuivre&nbsp;: <em>« Les rapports selon lesquels les caméras de surveillance et l’éclairage ont été délibérément éteints avant la fusillade sont encore plus inquiétants, car, s’ils sont confirmés, ils suggèrent que cette attaque déplorable contre des manifestants pacifiques était préméditée, planifiée et coordonnée »</em>.</p>



<p>Par la voix de son porte-parole, le chef des Nations Unies a également appelé à mettre fin aux brutalités et aux abus policiers signalés. <em>« Le Secrétaire général exhorte les forces de sécurité à agir à tout moment avec la plus grande retenue tout en rappelant les manifestants à manifester pacifiquement et à s’abstenir de toute violence »</em>.</p>



<p>Pour répondre aux requêtes des manifestants, la Haute-Commissaire a révélé que <em>« le Nigéria était déjà à un point critique avant cette fusillade en raison des révélations sur des années de violence incontrôlée, de meurtres, de viols, d’extorsion et autres violations par la Brigade spéciale de répression des vols (SARS). »</em></p>



<p>Lire aussi <a href="http://saheltribune.com/wp-admin/post.php?post=4542&amp;action=edit">Insécurité alimentaire : faut-il soigner la plaie sur le pus ?</a></p>



<p>Mme&nbsp;Bachelet précise&nbsp;: <em>« Bien que les autorités aient maintenant dissous la SARS et annoncé une série d’enquêtes aux niveaux fédéral et étatique, il y a encore eu peu d’accusations, voire aucune, portées contre divers membres de la brigade, ainsi qu’à l’encontre d’autres membres des forces de sécurité et de l’armée »</em>.</p>



<p>Indignée par la « <em>brutalité</em> » de ces violences, la Haute-Commissaire des droits de l’homme de l’ONU, recommande non seulement une <em>« réforme en profondeur »</em> des forces de sécurité, mais aussi des enquêtes sur ces massacres afin de situer les responsabilités et de faire régner la justice. <em>« Il doit y avoir des enquêtes immédiates, indépendantes, transparentes et approfondies, non seulement sur les meurtres d’hier soir, mais aussi sur toutes les violations commises précédemment par les forces de sécurité »,</em> a-t-elle suggéré.</p>



<p>&nbsp;Mme&nbsp;Bachelet finit par rappeler la consécration de la liberté de réunion et de manifestation pacifique. <em>« Les gens ont le droit de se réunir pacifiquement et de protester – et, comme l’attaque d’hier par les militaires l’illustre de façon frappante, au Nigéria, ils ont de nombreuses raisons de le faire », a-t-elle rappelé.&nbsp;</em></p>



<p>Lire aussi <a href="http://saheltribune.com/wp-admin/post.php?post=3666&amp;action=edit">Niger : huit morts, dont six touristes français, dans une attaque</a></p>



<p>Pourtant, selon des analystes, ces genres de manifestations ne sont pas nouvelles dans ce pays. Mais la relance de cette mobilisation, mardi 20 octobre dernier, intervient à la suite de la publication d’une vidéo montrant le meurtre d’un homme par des policiers. Selon le chercheur Marc-Antoine Pérouse de Montclos, directeur de recherche à l’IRD, spécialiste du Nigeria, <em>« c’est une protestation qui se généralise au-delà de la seule question des violences policières et qui porte des questionnements sur la gouvernance en général du Nigeria </em>», a-t-il indiqué sur <a href="https://www.rfi.fr/fr/podcasts/20201023-nigeria-p%C3%A9rouse-montclos-impunit%C3%A9-forces-ordre-repression" target="_blank" rel="noreferrer noopener">l’antenne de RFI</a>, le 23 octobre dernier.</p>



<p><strong>Bakary Fomba, stagiaire</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Le livre « Flic » ou comment certains policiers se sentent investis d’« une mission divine »</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Sahel Tribune]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 11 Sep 2020 12:30:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Seko ni Donko]]></category>
		<category><![CDATA[fonction publique]]></category>
		<category><![CDATA[forces ordre]]></category>
		<category><![CDATA[journaliste]]></category>
		<category><![CDATA[maintien ordre]]></category>
		<category><![CDATA[médias]]></category>
		<category><![CDATA[police]]></category>
		<category><![CDATA[Sécurité]]></category>
		<category><![CDATA[violence policière]]></category>
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<p>Dans Flic, un journaliste a infiltré la police (paru le 3 septembre septembre 2020 aux éditions Goutte d’Or) Valentin Gendrot décrit ses deux années passées dans la police en tant qu’adjoint de sécurité.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>

<p><a href="https://theconversation.com/profiles/stephane-lemercier-911709">Stéphane Lemercier</a>, <em><a href="https://theconversation.com/institutions/universite-de-montpellier-2403">Université de Montpellier</a></em></p>



<p>Dans <a href="https://www.placedeslibraires.fr/livre/9791096906208-flic-valentin-gendrot/" target="_blank" rel="noreferrer noopener"><em>Flic, un journaliste a infiltré la police</em></a> (paru le 3&nbsp;septembre septembre 2020&nbsp;aux éditions Goutte d’Or) Valentin Gendrot décrit ses deux années passées dans la police en tant qu’adjoint de sécurité.</p>



<p>Il y relate sa formation «&nbsp;low-cost&nbsp;» de trois mois, son affectation dans une brigade de roulement du XIX<sup>e</sup>&nbsp;arrondissement de Paris où il va assister et même participer à plusieurs actes répréhensibles perpétrés par ses collègues.</p>



<p>Au-delà de la polémique suscitée par le fait qu’il ne soit pas intervenu sur le moment et qu’il ait décidé de couvrir les auteurs en faisant de faux témoignages, sans jamais signaler les faits à sa hiérarchie, il n’en reste pas moins que les agissements rapportés décrivent une réalité et attestent d’une attitude «&nbsp;jusqu’au boutiste&nbsp;» de plus en plus symptomatique de certains policiers que j’appellerais les «&nbsp;policiers-templiers&nbsp;».</p>



<p>De quoi s’agit-il&nbsp;? Qui sont-ils&nbsp;? Pourquoi ces comportements sont-ils préjudiciables à l’institution police et comment y remédier&nbsp;?</p>



<h3 class="has-vivid-red-color has-text-color has-normal-font-size wp-block-heading">Chasseurs-cueilleurs</h3>



<p>Dans la police, les chasseurs sont les policiers qui recherchent à tout prix le flagrant délit, tandis que les «&nbsp;pêcheurs&nbsp;» sont ceux qui attendent qu’une infraction routière se commette devant eux pour la «&nbsp;cueillir&nbsp;».</p>



<p>Certains de ces chasseurs sembleraient croire qu’ils sont investis d’une «&nbsp;mission divine&nbsp;». Des reportages évoquent ainsi les insignes militaires ou religieux, détournés et épinglés sur les uniformes, valorisant ceux qui les <a href="https://www.francetvinfo.fr/choix/les-policiers-peuvent-ils-porter-un-chat-noir-ou-un-velociraptor-en-ecusson_2085041.html" target="_blank" rel="noreferrer noopener">portent</a> et associant leur profession à une charge très forte symboliquement.</p>



<p>Certains pensent ainsi être le dernier rempart de la société et veulent partir en croisade contre la délinquance et la criminalité comme jadis les Templiers partaient sur les chemins de l’hexagone pour protéger les pèlerins et défendre la Terre sainte. Ces policiers sont moins préoccupés par leur mission de service public que par l’éradication de tous les délinquants, quitte à verser dans l’illégalité pour y parvenir.</p>



<figure class="wp-block-image"><img decoding="async" src="https://images.theconversation.com/files/357153/original/file-20200909-22-1jkxuf0.jpg?ixlib=rb-1.1.0&amp;q=45&amp;auto=format&amp;w=237&amp;fit=clip" alt="Le journaliste Valentin Gendrot"/><figcaption>Le journaliste Valentin Gendrot est devenu adjoint de sécurité quelques mois dans le cadre de son enquête au sein des services de police qui a donné lieu au livre «&nbsp;Flic&nbsp;», paru en septembre aux éditions de la Goutte d’Or. Joel Saget/AFP, <a href="http://artlibre.org/licence/lal/en">FAL</a></figcaption></figure>



<p>Ils veulent surtout défendre leur territoire (qui est le ressort de la circonscription de police) et leurs prérogatives (qui sont de maintenir l’ordre et la tranquillité publique), pour s’imposer par la force, au besoin, en faisant régner la terreur par l’<a href="https://www.lemonde.fr/societe/article/2020/06/22/le-rapport-avec-la-police-se-construit-des-le-plus-jeune-age-selon-une-etude_6043713_3224.html" target="_blank" rel="noreferrer noopener">accomplissement de rites</a> (contrôles d’identité systématiques avec palpations très poussées et propos dégradants ou humiliants…) et des attitudes guerrières, car la virilité et la violence sont valorisées, comme le rapporte à plusieurs reprises Valentin Gendrot dans son ouvrage, quand ses collègues qui s’ennuient se plaisent à lui raconter les interpellations dangereuses et les coups distribués au cours de leur carrière.</p>



<p>Ils ne reculent jamais&nbsp;: ce serait pris pour de la lâcheté. Ils ne se dénoncent pas&nbsp;: ce serait trahir un «&nbsp;code de l’honneur&nbsp;» qui leur est propre et qui n’a rien à voir avec le Code de déontologie…</p>



<h3 class="has-vivid-red-color has-text-color has-normal-font-size wp-block-heading">Le sentiment d’être les seuls à détenir la vérité</h3>



<p>Pourquoi agissent-ils ainsi&nbsp;? Parce qu’ils ont le sentiment d’être les seuls à détenir la vérité et qu’ils pensent que ce qu’ils endurent au quotidien finit par être la réalité de la vie&nbsp;: la violence de la rue, la misère sociale, la drogue et la mort qui rode à chaque patrouille.</p>



<p>Ils s’abreuvent aussi via des médias dédiés à leur profession, alimentés d’informations souvent anxiogènes. Le site <a href="http://www.actu17.com/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">actu17.com</a> est très consulté, disposant également d’une application et de relais sur les réseaux sociaux (279&nbsp;000&nbsp;abonnés sur Facebook). Actu17&nbsp;est cependant un média géré par un particulier et les informations présentes n’y sont pas toujours <a href="https://www.liberation.fr/checknews/2019/10/04/attaque-a-la-prefecture-l-agresseur-refusait-il-de-saluer-les-femmes-et-avait-il-ete-convoque-pour-c_1755434" target="_blank" rel="noreferrer noopener">vérifiées</a>. Ces sites jouent aussi un rôle de soupape pour les professionnels des forces de l’ordre qui ont le <a href="https://theconversation.com/stress-et-suicide-dans-la-police-lorganisation-policiere-en-question-91783" target="_blank" rel="noreferrer noopener">sentiment de n’être ni suffisamment écoutés</a> ni correctement représentés.</p>



<p>Ces réseaux les incitent cependant à rester dans un certain entre soi qui n’admet que rarement les éléments extérieurs. Valentin Gendrot le décrit assez bien quand un certain Stan, le chasseur de la brigade, soupire parce qu’il va devoir patrouiller avec lui, l’ADS inexpérimenté, «&nbsp;le boulet&nbsp;».</p>



<p>Ils se connaissent et se reconnaissent souvent aux outils professionnels qu’ils arborent et qui tendent vers une militarisation de l’uniforme policier (gilet tactique, gants d’intervention, armes modifiées, etc.) mais aussi dans leur attitude au travail.</p>



<p>Ils multiplient les contrôles systématiques au cours desquels ils défient les «&nbsp;bâtards&nbsp;» (les jeunes qu’ils croisent et à qui ils assignent automatiquement un rôle de délinquant, comme le rapporte l’auteur), ils distribuent des gifles, profèrent des menaces, des insultes mêmes, surtout quand ils sont de garde dans les geôles, mais aussi sur la voie publique. Et cela va jusqu’au tabassage en règle si la cible ose protester après avoir été insultée, bousculée ou frappée.</p>



<h3 class="has-vivid-red-color has-text-color has-normal-font-size wp-block-heading">Faire bloc</h3>



<p>C’est ce qui est arrivé à ce journaliste infiltré, sur un banal contrôle d’identité de 3 ou 4&nbsp;adolescents qui traînaient au pied d’un immeuble. L’un d’entre eux va se faire gifler devant ses camarades, puis se faire embarquer dans le véhicule de police où il sera roué de coups de poing par un policier, avant d’être placé en garde à vue pour outrage et menaces.</p>



<p>Le jeune déposera plainte et les policiers intervenants seront entendus. Mais tous feront bloc autour de leur collègue pris en faute, y compris ceux qui n’étaient visiblement pas d’accord (ce qui semblait être le cas de la chef de patrouille qui avait fait une remarque au policier fautif sur sa façon de faire mais qui ne l’en a pas empêché…).</p>



<p>Et Valentin Gendrot l’explique très bien&nbsp;: il raconte comment les policiers se comportent entre eux, comment il se replient sur eux-mêmes, ou encore comment ils communiquent entre eux. En effet, ils se renferment sur leur groupe professionnel avec un ennemi identifié et commun, le jeune issu de l’immigration ou tout simplement le «&nbsp;cassos&nbsp;» qui gangrène la société. Ils utilisent les messageries privées qui leur permettent de se retrouver et de se «&nbsp;lâcher&nbsp;» facilement, sans être contredits. </p>



<figure class="wp-block-embed-youtube wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe title="On a infiltré un groupe Facebook où des milliers de policiers s&#039;échangent des messages racistes" width="1170" height="658" src="https://www.youtube.com/embed/G_aj-Y6cAaA?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" allowfullscreen></iframe>
</div><figcaption>Un journaliste de Street Press a infiltré des groupes Facebook de policiers.</figcaption></figure>



<p>De plus, à cause des horaires décalés qui les empêchent d’avoir une vie sociale en dehors du travail, ils se coupent de la société à cause d’une perception biaisée de la réalité alimentée par des sites d’actualité qui font la part belle aux faits divers tragiques, aux mesures de justice laxistes et aux policiers blessés ou tués, sans parler des <a href="https://www.senat.fr/questions/base/2020/qSEQ200717202.html" target="_blank" rel="noreferrer noopener">suicides</a> de policiers&nbsp;: on en compte <a href="https://actupenit.com/2020/09/06/bourges-un-policier-age-de-42-ans-sest-suicide/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">28&nbsp;pour 2020</a> dont trois la seule semaine passée.</p>



<h3 class="has-vivid-red-color has-text-color has-normal-font-size wp-block-heading">«&nbsp;Le ressentiment est la chose la mieux partagée au monde&nbsp;»</h3>



<p>Tous ces facteurs favorisent un repli identitaire professionnel dans laquelle ils puisent la force de continuer à travailler en s’érigeant en véritable guerrier (pour ne pas dire, héros&nbsp;!) en lutte contre la délinquance et la criminalité, dernier rempart d’une société en déliquescence.</p>



<p>En 2006, dans un essai, le philosophe allemand Peter Sloterdijk <a href="http://www.buchetchastel.fr/colere-et-temps-peter-sloterdijk-9782355800016" target="_blank" rel="noreferrer noopener">constatait</a> que «&nbsp;le ressentiment est la chose la mieux partagée au monde&nbsp;».</p>



<p>Et il ajoutait plus loin&nbsp;: «&nbsp;La fureur du ressentiment s’éveille à partir de l’instant où le vexé décide de se laisser sombrer dans la vexation comme s’il s’agissait d’une élection…&nbsp;». Ce que décrit Valentin Gendrot est malheureusement tristement banal. Dans un ouvrage intitulé <em>La peur a changé de camp</em>, le journaliste Frédéric Ploquin <a href="https://www.albin-michel.fr/ouvrages/la-peur-a-change-de-camp-9782226398024" target="_blank" rel="noreferrer noopener">reproduit</a> les propos d’un brigadier&nbsp;:</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«&nbsp;C’est vrai qu’on mettait parfois des lattes, mais les mecs baissaient la tête.&nbsp;»</p></blockquote>



<p>Ce sont des termes du même registre qui sont employés par les collègues du journaliste infiltré&nbsp;: ils «&nbsp;mettent des lattes, des beignes, des bouffes&nbsp;».</p>



<p>Ils estiment que ça calme les esprits, mais souvent ça dégénère. Mais, est-ce vraiment honorable de faire baisser la tête à un adolescent en lui mettant une claque&nbsp;? Qui n’a jamais ressenti un sentiment d’humiliation et la volonté d’une vengeance décuplée en recevant un coup, une insulte devant ses camarades ou sa famille&nbsp;? Ce genre de comportement condamnable génère de la rancœur, du ressentiment et même souvent de la haine. Dès lors, comment peut-on s’étonner que les policiers se fassent caillasser quand ils passent dans certains quartiers&nbsp;? Les jeunes finissent par baisser la tête quand ils sont seuls ou en infériorité numérique mais dès qu’ils se retrouvent en bande, ils prennent leur revanche comme n’importe quel être humain humilié…</p>



<h3 class="has-vivid-red-color has-text-color has-normal-font-size wp-block-heading">L’urgence de l’instant</h3>



<p>Le problème est que les policiers agissent dans l’urgence de l’instant, avec les codes de comportement traditionnels <a href="https://theconversation.com/la-police-peut-elle-changer-dethique-129710" target="_blank" rel="noreferrer noopener">qui leur ont été inculqués par les anciens</a>, plutôt que de penser aux éventuelles conséquences de leurs actes pour l’avenir. Ce que Max Weber <a href="https://www.persee.fr/doc/socco_1150-1944_1991_num_7_1_1007" target="_blank" rel="noreferrer noopener">expliquait ainsi</a>&nbsp;:</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«&nbsp;Les activités qui relèvent du comportement traditionnel fait d’attitudes acquises autrefois cèdent parfois le pas à d’autres activités en réaction sans fin à une excitation insolite, où les directions de l’action sont élaborées de manière consciente selon une rationalité axiologique ou selon une rationalité téléologique.&nbsp;»</p></blockquote>



<p>La première réalité étant que les agents se conforment à des impératifs ou des devoirs qui s’imposent à eux (devoir, dignité, piété…) sans se soucier des conséquences prévisibles de leurs actes. La seconde étant que les agents confrontent systématiquement les fins, les moyens et les conséquences principales ou subsidiaires de leurs activités et s’orientent en conséquence. C’est donc vers une rationalité téléologique que devraient tendre les membres des forces de l’ordre.</p>



<p>Si les policiers prenaient conscience que toujours plus de violences finiront par nuire à la cause qu’ils défendent, celle de l’État de droit, alors les choses pourraient évoluer favorablement. Le malaise est prégnant dans la police depuis des années et il est urgent de la <a href="https://theconversation.com/police-sous-tension-lurgence-de-reformer-en-profondeur-101477" target="_blank" rel="noreferrer noopener">réformer</a>.</p>



<p>Cela nécessiterait une meilleure formation initiale, un meilleur taux d’encadrement des jeunes recrues et une refonte de l’<a href="https://theconversation.com/police-de-proximite-mode-demploi-82923" target="_blank" rel="noreferrer noopener">éthique du policier</a>. Celle-ci valoriserait le dialogue plutôt que la violence et se baserait sur un discernement empathique et non autoritariste.</p>



<p><a href="https://theconversation.com/profiles/stephane-lemercier-911709">Stéphane </a><a href="https://theconversation.com/profiles/stephane-lemercier-911709" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lemercier</a>, Chargé de cours &#8211; Membre de l&rsquo;Equipe de Droit Pénal de Montpellier (EDPM), <em><a href="https://theconversation.com/institutions/universite-de-montpellier-2403">Université de </a><a href="https://theconversation.com/institutions/universite-de-montpellier-2403" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Montpellier</a></em></p>



<p>Cet article est republié à partir de <a href="https://theconversation.com">The </a><a href="https://theconversation.com" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Conversation </a>sous licence Creative Commons. Lire l’<a href="https://theconversation.com/le-livre-flic-ou-comment-certains-policiers-se-sentent-investis-d-une-mission-divine-145782">article </a><a href="https://theconversation.com/le-livre-flic-ou-comment-certains-policiers-se-sentent-investis-d-une-mission-divine-145782" target="_blank" rel="noreferrer noopener">original</a>.</p>



<img decoding="async" src="https://counter.theconversation.com/content/145782/count.gif?distributor=republish-lightbox-advanced" alt="The Conversation" width="1" height="1" style="border: none !important; box-shadow: none !important; margin: 0 !important; max-height: 1px !important; max-width: 1px !important; min-height: 1px !important; min-width: 1px !important; opacity: 0 !important; outline: none !important; padding: 0 !important; text-shadow: none !important">



<p></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Liberté et morale en temps de crise : une leçon de Simone de Beauvoir</title>
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		<pubDate>Tue, 16 Jun 2020 07:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>
<p>Les derniers mois ont été marqués par plusieurs phénomènes inédits : un confinement simultané de plus de la moitié de la population mondiale en raison de la pandémie de Covid-19, et une mobilisation mondiale contre toutes les formes de discrimination et de racisme,</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p><a href="https://theconversation.com/profiles/melissa-fox-muraton-743107">Mélissa Fox-Muraton</a>, <em><a href="https://theconversation.com/institutions/groupe-esc-clermont-3220">Groupe ESC Clermont</a></em></p>



<p>Les derniers mois ont été marqués par plusieurs phénomènes inédits&nbsp;: un confinement simultané de plus de la moitié de la population mondiale en raison de la pandémie de Covid-19, et une mobilisation mondiale contre toutes les formes de discrimination et de racisme, après le meurtre brutal de George Floyd aux États-Unis. Y aurait-il un lien entre ces événements&nbsp;? Les privations imposées à nos libertés pendant le confinement ont-elles permis une prise de conscience des inégalités et injustices inhérentes à nos sociétés&nbsp;? Une nouvelle conscience morale&nbsp;?</p>



<p>Nous proposons d’examiner cette question à la lumière de la morale existentialiste de Simone de Beauvoir, autrice de (<a href="https://www.librairie-gallimard.com/livre/9782070426935-pour-une-morale-de-l-ambiguite-simone-de-beauvoir/" target="_blank" rel="noreferrer noopener"><em>Pour une morale de l’ambiguïté</em></a>), qui dans l’immédiat après-guerre proposa une éthique mettant en avant l’incertitude et l’ambiguïté de la condition humaine comme fondement d’une nouvelle éthique basée sur la lutte pour la liberté de tous. Son œuvre est une ressource pour puiser « la force de vivre et des raisons d’agir » dans la conscience de notre condition et des liens qui nous relient aux autres.</p>



<h2 class="has-vivid-red-color has-text-color wp-block-heading">De la vulnérabilité à l’engagement</h2>



<p>Les épidémies, comme les guerres et les situations d’extrême urgence sont des événements qui bouleversent radicalement la vie collective et individuelle, nous mettant face à notre vulnérabilité, notre impuissance et nos inévitables échecs moraux.</p>



<p>En temps de crise, des vies et des libertés sont perdues, nous ne pouvons pas sauver tout le monde, nous ne pouvons pas respecter l’ensemble de nos valeurs. Nous devons renoncer à certaines de nos libertés, voire à certains de nos principes moraux les plus fondamentaux. Nous nous trouvons confrontés à des dilemmes insolubles, et ainsi à une conscience aiguë de l’ambiguïté de notre condition&nbsp;: nous croyions pouvoir décider de notre vie, nous nous rendons subitement compte que des événements externes peuvent anéantir l’ensemble de nos projets.</p>



<p>Il y a de quoi succomber au désespoir. Beauvoir nous rappelle cependant que cette conscience de l’ambiguïté de notre existence, et de sa vulnérabilité, peut et doit être le point de départ pour une nouvelle manière de penser la morale, qui met la valeur de la liberté humaine au centre de nos préoccupations. Lorsque les circonstances extérieures (économiques, sociales ou politiques) pèsent sur nous, il est facile de tomber dans la résignation et de fuir notre responsabilité. Une vie pleinement morale, cependant, doit être une existence authentiquement assumée – ou comme le disait <a href="https://theconversation.com/kierkegaard-un-penseur-pour-le-xxi-siecle-117387" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Kierkegaard</a>, une existence dans laquelle nous nous voyons comme concernés par le sort des autres et le monde qui nous entoure. Ou encore comme le dit Beauvoir : « L’homme ne peut trouver que dans l’existence des autres hommes une justification de sa propre existence. »</p>



<p>Or, la période de confinement a certes été l’occasion d’une privation de liberté, mais elle a également été l’opportunité de voir se développer de nouvelles solidarités et des mobilisations exceptionnelles. Celle qui se poursuit aujourd’hui contre le racisme et la discrimination est encore une preuve que nous ne pouvons et ne devons pas nous soucier uniquement de nous-mêmes, et que les vulnérabilités individuelles et les injustices sociales sont le problème de tous.</p>



<h2 class="has-vivid-red-color has-text-color wp-block-heading">Penser la liberté pour se soucier d’autrui</h2>



<p>Aujourd’hui, nos portes et nos frontières commencent lentement à rouvrir ; plus de la moitié de la population mondiale s’est trouvée ou se trouve encore en confinement, coupée de l’espace public et des autres. Cette situation a révélé de nombreuses inégalités, et en a créé de nouvelles ; pour la première fois depuis sa création, <a href="https://feature.undp.org/coronavirus-vs-inequality/fr/">l’indice de </a><a href="https://feature.undp.org/coronavirus-vs-inequality/fr/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">développement humain</a> est en baisse, avec 265 millions de personnes qui risquent de faire face à une crise alimentaire majeure, des pertes d’emplois et de revenus, et un recul de l’accès à l’éducation.</p>



<p>Dans certains pays, le confinement aura été un prétexte pour réprimer les oppositions politiques, dans d’autres – comme en <a href="https://www.lemonde.fr/livres/article/2020/04/06/arundhati-roy-en-inde-le-confinement-le-plus-gigantesque-et-le-plus-punitif-de-la-planete_6035741_3260.html" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Inde</a> – il a provoqué des exodes de masse. Et dans d’autres encore, comme aux États-Unis, il a révélé au grand jour les <a href="https://theconversation.com/etats-unis-pourquoi-les-noirs-et-les-pauvres-sont-les-plus-touches-par-le-covid-19-136538" target="_blank" rel="noreferrer noopener">inégalités</a> sociales en matière de conditions de vie et d’accès aux soins.</p>



<p>Dans un tel contexte, la question de la valeur de la liberté individuelle devient d’autant plus importante. Comment préserver notre liberté, alors même que nous savons devoir faire des sacrifices pour le bien public&nbsp;? Comment lutter pour la liberté des autres, alors que la nôtre est déjà mise à mal&nbsp;?</p>



<p>Cependant, c’est précisément dans ces moments d’impuissance, Beauvoir nous le rappelle, que nous prenons conscience du fait que notre liberté ne peut jamais valablement s’accomplir dans l’isolement. Penser notre liberté, c’est aussi reconnaître que nos vies et nos possibilités sont inextricablement liées à celles de tous les autres. Si cette dépendance peut nous effrayer, parce qu’elle est synonyme de fragilité, c’est aussi l’occasion de développer une autre manière de penser la communauté comme une «&nbsp;pluralité des hommes concrets, singuliers&nbsp;» dans leur diversité.</p>



<h2 class="has-vivid-red-color has-text-color wp-block-heading">C’est aujourd’hui que nous agissons</h2>



<p>«&nbsp;Aujourd’hui […] nous avons bien du mal à vivre, parce que nous sommes trop appliqués à déjouer la mort,&nbsp;» écrivait Simone de Beauvoir en 1947. Cette affirmation vaut tout autant à l’heure actuelle, même si la situation n’a rien de comparable avec l’horreur de la Seconde Guerre mondiale et des camps de la mort.</p>



<p>Aujourd’hui comme alors, cependant, il est nécessaire de mobiliser nos ressources pour sauver des vies et conditions de vie, et de lutter pour la dignité de la vie humaine. Aujourd’hui comme alors, les iniquités de quelques-uns et l’indifférence ou l’inaction de la majorité créent les conditions qui permettent à la haine et la discrimination de proliférer.</p>



<p>Face à cette situation, l’éthique semble mise à mal. Dans un tel contexte, il peut nous sembler que nos choix sont limités ; nous devons faire des sacrifices, accepter des compromis. Nous constatons de plus en plus les <a href="https://www.lemonde.fr/idees/article/2020/03/26/coronavirus-la-solidarite-a-l-echelle-internationale-sera-indispensable-aux-pays-pauvres_6034462_3232.html" target="_blank" rel="noreferrer noopener">inégalités</a> entre les plus favorisés et les plus défavorisés au sein de notre société, entre les privilégiés et les laissés pour compte.</p>



<p>Cette situation nous renvoie à notre impuissance, et la tentation peut être grande de jeter l’éponge et de déclarer forfait. Le message de Beauvoir est cependant tout autre&nbsp;: quel que soit le contexte, aussi impossible, semble-t-il, c’est aujourd’hui que nous vivons et agissons, ce sont nos décisions et nos actions actuelles qui détermineront le monde de demain. Il ne faut pas attendre des jours meilleurs, la paix ou l’accalmie, pour lutter pour le monde que nous voulons voir advenir. Ce sont nos choix et actions à chaque moment qui déterminent le cours de l’histoire.</p>



<p>En insistant sur le fait que notre liberté dépend de celle de tous les autres, elle souligne également que notre tâche doit être de lutter pour réduire les inégalités et mettre fin à des situations qui empêchent les autres de faire des choix libres. L’éthique, selon Beauvoir, ne peut jamais avoir de sens dans un contexte de repli sur soi.</p>



<h2 class="has-vivid-red-color has-text-color wp-block-heading">Vulnérabilité et espoir</h2>



<p>Mais comment agir et choisir alors que notre champ d’action est si limité&nbsp;? Ce fut aussi la question pour Beauvoir, en temps de guerre, où même respirer pouvait devenir une forme de collaboration coupable (lorsque ne pas résister contre l’oppression équivaut à perpétuer des systèmes inacceptables). Bien de choses ne dépendent pas de nous, c’est cette conscience profonde qui est au cœur de la morale existentialiste.</p>



<p>Mais ce qui dépend toujours de notre pouvoir, c’est la manière dont nous nous engageons concrètement dans nos rapports aux autres. Comme Beauvoir nous le rappelle, «&nbsp;il est facile de s’endormir au malheur d’autrui et de le compter pour peu&nbsp;», surtout lorsque nos propres vies ou intérêts sont en jeu.</p>



<p>Aujourd’hui, la revendication de liberté résonne dans toutes les bouches, mais encore faut-il bien déterminer pour quelle liberté nous voulons lutter. Certains y font appel pour décrier le port du masque ou manifestent contre les mesures de prophylaxie – illustrant une dangereuse tendance à objectifier la valeur de la vie humaine, et à privilégier des considérations individuelles au bien collectif. Mais en même temps, la très forte mobilisation contre la discrimination, portée largement par des personnes qui n’ont <a href="https://www.lepoint.fr/monde/les-americains-blancs-en-force-dans-les-manifestations-contre-le-racisme-08-06-2020-2378844_24.php">jamais </a><a href="https://www.lepoint.fr/monde/les-americains-blancs-en-force-dans-les-manifestations-contre-le-racisme-08-06-2020-2378844_24.php" target="_blank" rel="noreferrer noopener">manifesté </a>et ne s’étaient jamais considérées comme concernées jusqu’alors, par « les privilégiés » comme le disent certains (suivant la formule de Beauvoir), montre une autre tendance moderne : celle de la revendication d’une vraie liberté pour tous, celle qui vise à garantir des conditions de vie dignes et équitables.</p>



<p>Si la guerre, la maladie et la mort nous rappellent que nous sommes bien peu de choses dans ce vaste monde, que nos existences sont vulnérables et nos choix limités, Beauvoir nous invite à comprendre que cette reconnaissance même est la source d’une nouvelle prise de conscience de la valeur de notre existence et de celle des autres. Tirant les leçons des horreurs de la guerre, Beauvoir nous lance un message d’espoir pour notre époque&nbsp;:</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«&nbsp;[C’]est parce qu’il y a un vrai danger, de vrais échecs, une vraie damnation terrestre, que les mots de victoire, de sagesse ou de joie ont un sens. Rien n’est décidé d’avance et c’est parce que l’homme a quelque chose à perdre et qu’il peut perdre qu’il peut aussi gagner.&nbsp;»</p></blockquote>



<p>Aujourd’hui, nous avons tous hâte de sortir de la crise, de retrouver notre «&nbsp;liberté&nbsp;» et la «&nbsp;vie normale&nbsp;». N’oublions cependant pas dans cette précipitation les leçons de Simone de Beauvoir et celles de nos expériences collectives des derniers mois&nbsp;: notre liberté ne peut jamais être garantie que si nous travaillons également pour la liberté de tous, et ce travail passe par les choix et les actions concrètes de chacun.</p>



<p><a href="https://theconversation.com/profiles/melissa-fox-muraton-743107" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Mélissa Fox-Muraton</a>, Professeur de Philosophie, <em><a href="https://theconversation.com/institutions/groupe-esc-clermont-3220">Groupe ESC </a><a href="https://theconversation.com/institutions/groupe-esc-clermont-3220" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Clermont</a></em></p>



<p>Cet article est republié à partir de <a href="https://theconversation.com">The </a><a rel="noreferrer noopener" href="https://theconversation.com" target="_blank">Conversation </a>sous licence Creative Commons. Lire l’<a href="https://theconversation.com/liberte-et-morale-en-temps-de-crise-une-lecon-de-simone-de-beauvoir-140363">article </a><a rel="noreferrer noopener" href="https://theconversation.com/liberte-et-morale-en-temps-de-crise-une-lecon-de-simone-de-beauvoir-140363" target="_blank">original</a>.</p>



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<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>#JenParle : « Le combat Adama » ou les coulisses de la violence policière</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Sahel Tribune]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 09 Jun 2020 14:00:03 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Seko ni Donko]]></category>
		<category><![CDATA[combat Adama]]></category>
		<category><![CDATA[mort de Georges Floyd]]></category>
		<category><![CDATA[racisme]]></category>
		<category><![CDATA[violence policière]]></category>
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<p>Le Combat Adama est le nom de la politique qui met en lumière et affronte ces forces, qui prend en charge l’ensemble des domaines impliqués dans cette histoire</p>
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<p><strong>Dans un livre de 189 pages, Assa Traoré et Géoffroy De Lagasnerie décrivent toutes les violences policières contre les noirs en France.  Toute l’histoire part de la mort d’Adama Traoré en juillet 2016. Cette histoire est celle de toutes nos démocraties.</strong></p>



<p>Violences policières, paradoxe des institutions démocratiques, conditions de vie des noirs dans les quartiers populaires en France constituent les phénomènes les plus décriés dans ce livre inédit. L’histoire n’est pas <a href="https://www.france24.com/fr/20200608-france-adama-traore-nouvelles-auditions-juillet-violences-policieres" target="_blank" rel="noreferrer noopener">sûrement </a><a href="https://www.france24.com/fr/20200608-france-adama-traore-nouvelles-auditions-juillet-violences-policieres">encore à sa fin</a>.</p>



<p>Lire aussi <a href="http://saheltribune.com/wp-admin/post.php?post=2448&amp;action=edit">« Quarante petites années de théâtre » : un ouvrage pour comprendre les péripéties du théâtre malien</a></p>



<p>Chez les éditions Stock à Paris, Assa Traoré et Géoffroy De Lagasnerie ont fait paraître en février 2019 <em>« Le Combat Adama »</em>. Un <a href="https://www.amazon.fr/gp/product/B07Q2ZCXZM/ref=as_li_qf_asin_il_tl?ie=UTF8&amp;tag=phileingora-21&amp;creative=6746&amp;linkCode=as2&amp;creativeASIN=B07Q2ZCXZM&amp;linkId=494df839e0a82d1a8909dd1d12c3ba75" target="_blank" rel="noreferrer noopener">ouvrage </a>miroir de la vie des Noires et des Arabes dans la société française.</p>



<p>« <em>Le Combat Adama est le nom de la politique qui met en lumière et affronte ces forces, qui prend en charge l’ensemble des domaines impliqués dans cette histoire&nbsp;: la mort d’Adama Traoré et le traitement de celle-ci comme paradigme, comme pivots à partir desquels se construit une analytique du monde social qui en révèle le fonctionnement. Le Combat Adama est donc un combat cognitif et politique </em>», précise-t-on dans cet ouvrage.</p>



<h3 class="has-vivid-red-color has-text-color wp-block-heading"><strong>Une patrie de non-droit</strong><strong></strong></h3>



<p>La patrie des droits de l’homme est vue comme une patrie de non-droit pour des minorités vivantes dans les quartiers les plus pauvres (quartiers populaires). Les auteurs nous parlent d’une forme « d’antidémocratie » régnante en France. Assa Traoré et Géoffroy De Lagasnerie font voir les coulisses des violences policières en nous dévoilant notamment le paradoxe résident dans le fonctionnement des institutions démocratiques. Les principes dictés se situent à l’antipode des actes posés. <em>« Les institutions ont toujours deux faces&nbsp;: une face officielle et une face officieuse </em>», lit-on dans ce livre.</p>



<h3 class="has-vivid-red-color has-text-color wp-block-heading"><strong>Forces de l’ordre devenues menaces </strong><strong></strong></h3>



<p>La Police aussi bien que la gendarmerie, qui sont censées instaurer plus d’ordre au sein de nos sociétés, sont au contraire celles qui commettent plus de violences conduisant dans la plupart des cas à la mort de certains citoyens. Cette violence policière quasi légalisée rend l’apparition à l’espace public, <a href="https://www.france24.com/fr/20200602-mort-d-adama-traor%C3%A9-un-rassemblement-interdit-%C3%A0-paris">pour les </a><a href="https://www.france24.com/fr/20200602-mort-d-adama-traor%C3%A9-un-rassemblement-interdit-%C3%A0-paris" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Noirs </a>et les Arabes, assez problématique.</p>



<h3 class="has-vivid-red-color has-text-color wp-block-heading"><strong>Mort de Adama Traoré </strong><strong></strong></h3>



<p>La lecture de ce livre nous montre toute la rage des auteurs contre cette France qui se dit patrie des droits de l’homme, mais qui ne cesse de poser des actes « <em>racistes</em> ».</p>



<p>Lire aussi <a href="http://saheltribune.com/wp-admin/post.php?post=2349&amp;action=edit">Lire « Communiquer : votre voie vers le succès », c’est donner un nouveau souffle à votre entreprise</a></p>



<p>Assa Traoré déplore la mort de son frère Adama Traoré en juillet 2016 entre les mains des gendarmes parisiens tout simplement parce qu’il n’avait pas de pièce d’identité, explique l’auteure, et avait voulu se sauver pour échapper au contrôle quotidien dont les noirs font l’objet quotidiennement. Les pratiques policières conduisent dans la plupart des cas à la mort. Mais aucune punition n’est attendue parce que l’État, la justice, la médecine les couvrent en mettant tout genre de stratégie en place, indique-t-on dans ce livre.</p>



<h3 class="has-vivid-red-color has-text-color wp-block-heading"><strong>Miroir de notre société malienne </strong><strong></strong></h3>



<p>En décrivant la société française, ces deux auteurs nous parlent indirectement de toutes les violences voire injustices dans nos différentes sociétés démocratiques, notamment de la <a href="https://www.jeuneafrique.com/349869/politique/mali-mort-heurts-entre-manifestants-policiers/">démocratie </a><a href="https://www.jeuneafrique.com/349869/politique/mali-mort-heurts-entre-manifestants-policiers/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">malienne</a>. Les violences policières, les interdictions de marches constituent des problèmes que traversent moult démocraties modernes. Toutes les techniques utilisées par l’État pour étouffer les citoyens sont décrites avec aisance par les deux auteurs et constituent des phénomènes courants dans nos pays démocratiques. Le cas <a href="https://www.lemonde.fr/international/article/2020/05/30/george-floyd-le-doux-geant-tue-par-la-police-americaine_6041287_3210.html">Georges </a><a href="https://www.lemonde.fr/international/article/2020/05/30/george-floyd-le-doux-geant-tue-par-la-police-americaine_6041287_3210.html" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Floyd </a><a href="https://www.lemonde.fr/international/article/2020/05/30/george-floyd-le-doux-geant-tue-par-la-police-americaine_6041287_3210.html">aux Etats-unis</a> est aussi toujours d’actualité. « <em>Le Combat Adama</em> » est un appel au changement.</p>



<p><strong>F. Togola </strong><strong></strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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