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	<title>Archives des vie conjugale &#8212; Sahel Tribune</title>
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		<title>Mariage au Mali : les vérités que les jeunes femmes auraient aimé entendre avant de dire oui</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Sahel Tribune]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 19 Jun 2026 02:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>
<p>Entre traditions, silence et réalités conjugales, de nombreuses Maliennes découvrent après le mariage des enjeux essentiels liés aux droits, à la sexualité, aux finances et aux violences. Une réflexion sur les non-dits de la transmission familiale.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>

<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Entre ce qu&rsquo;on transmet aux filles et ce qu&rsquo;elles vivent réellement, il y a un abîme que personne ne comble.</em></strong><strong></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Au Mali, la préparation au mariage existe. Elle a ses rituels, ses femmes désignées, ses nuits de conseil. Mais ce qu&rsquo;on transmet aux filles dans ces moments-là ressemble rarement à ce qu&rsquo;elles vivront réellement. Entre les injonctions à la soumission et les silences pudiques sur la sexualité, la violence conjugale, l&rsquo;argent ou la solitude du foyer, des générations de femmes maliennes ont été envoyées dans le mariage avec une carte incomplète — et ont dû se débrouiller seules pour traverser un territoire qu&rsquo;on leur avait dit être un paradis.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>La nuit des conseils : ce qu&rsquo;on dit, ce qu&rsquo;on tait</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Dans la tradition malienne, la veille du mariage est un moment codifié. Les femmes de la famille se réunissent autour de la mariée pour lui prodiguer des conseils. Cela est pareil également pour le jour du mariage à l’occasion des séances de salutations chez les parents des mariés. Le «&nbsp;<em>conseil des sages</em>&nbsp;» prodigue généralement des conseils à la mariée aussi bien qu’au marié.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">En théorie, c&rsquo;est une institution précieuse. En pratique, les témoignages de femmes maliennes de différentes générations révèlent une constante troublante : ce qu&rsquo;on leur a dit ce soir-là était presque exclusivement orienté vers la soumission et la préservation de l&rsquo;harmonie du foyer.&nbsp;<em>«</em>&nbsp;<em>Supporte.&nbsp;», «&nbsp;Ne réponds pas à ton mari quand il est en colère.&nbsp;», «&nbsp;La femme qui parle trop perd son foyer.&nbsp;», «&nbsp;Ce qui se passe entre toi et ton mari ne regarde pas ta famille.&nbsp;»</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce qu&rsquo;on ne leur a pas dit est tout aussi révélateur. On ne leur a pas parlé de la gestion des finances du ménage. On ne leur a pas expliqué leurs droits légaux en cas de divorce ou de violence. On ne leur a pas préparées à la cohabitation avec une belle-famille potentiellement envahissante. On ne leur a presque jamais parlé de leur propre sexualité, de leurs désirs, de leur droit au plaisir. Et on ne leur a certainement pas dit que le mariage pouvait être un espace de souffrance profonde — et que cette souffrance ne serait pas nécessairement de leur faute.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Des chiffres qui parlent à la place des mères</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Les données disponibles sur le mariage et la vie conjugale au Mali dessinent un tableau que les temps de conseil n&rsquo;ont jamais préparé les femmes à affronter.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Selon <a href="https://platform.who.int/docs/default-source/mca-documents/policy-documents/plan-strategy/MLI-GBV-19-02-PLAN-STRATEGY-2018-fra-STRAT-VBG-12-09-2018-VF.pdf" target="_blank" rel="noreferrer noopener">l&rsquo;Enquête démographique et de santé du Mali</a> (EDSM-VI, 2018), 57 % des femmes maliennes âgées de 15 à 49 ans déclarent avoir subi des violences physiques ou sexuelles de la part d&rsquo;un partenaire intime au cours de leur vie. Un chiffre qui place le Mali parmi les pays où la prévalence des violences conjugales est la plus élevée en Afrique de l&rsquo;Ouest — et que les conseils du soir de noces n&rsquo;ont jamais nommé, encore moins préparé les femmes à reconnaître ou à fuir.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Sur le plan économique, selon les données de la Banque mondiale, <a href="https://donnees.banquemondiale.org/indicateur/SL.FAM.WORK.FE.ZS?locations=ML" target="_blank" rel="noreferrer noopener">seulement 38 % des femmes maliennes</a> participent au marché du travail formel. La grande majorité entre dans le mariage sans autonomie financière propre, entièrement dépendante du mari pour subvenir à leurs besoins. Aucune mère ne leur a expliqué ce que cette dépendance signifie concrètement en termes de rapport de force dans le foyer — et de vulnérabilité en cas de rupture.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les données sur le divorce, encore partielles au Mali faute d&rsquo;enregistrement systématique des unions coutumières et religieuses, indiquent néanmoins une hausse notable des séparations dans les premières années de mariage, particulièrement en milieu urbain. Une part croissante de ces divorces précoces implique des femmes qui n&rsquo;avaient tout simplement jamais été informées de leurs droits, de ce à quoi elles pouvaient légitimement aspirer, ni de ce qu&rsquo;elles pouvaient légalement refuser.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Ce que le silence produit</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le silence des mères n&rsquo;est pas une trahison. C&rsquo;est une transmission fidèle de ce qu&rsquo;elles ont elles-mêmes reçu — ou plutôt de ce qu&rsquo;elles n&rsquo;ont pas reçu. Des femmes qui ont survécu à des mariages difficiles en se taisant transmettent, sans le vouloir, le silence comme stratégie de survie. Des mères qui n&rsquo;ont jamais eu accès à leurs propres droits ne peuvent pas transmettre à leurs filles une connaissance qu&rsquo;elles n&rsquo;ont pas.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce silence intergénérationnel produit des effets concrets et mesurables. Il produit des femmes qui endurent des violences sans savoir qu&rsquo;elles ont le droit de les nommer. Des femmes qui signent des actes juridiques sans en comprendre les implications. Des femmes qui découvrent, parfois après des années de mariage, qu&rsquo;elles ne sont pas légalement protégées parce que leur union n&rsquo;a jamais été enregistrée à l&rsquo;état civil. Des femmes, surtout, qui ont passé des années à croire que ce qu&rsquo;elles vivaient était normal — parce que personne ne leur avait jamais dit le contraire.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>La génération qui pose des questions</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Quelque chose est en train de changer, timidement mais réellement. Une génération de jeunes Maliennes — scolarisées, connectées, exposées à d&rsquo;autres récits sur la vie conjugale — commence à poser les questions que leurs mères n&rsquo;ont pas posées. Elles veulent savoir ce que le code des personnes et de la famille prévoit en matière de divorce. Elles veulent comprendre ce que signifie le régime matrimonial qu&rsquo;on leur fait signer. Elles veulent parler de sexualité, d&rsquo;argent, de belle-famille — avant le mariage, pas après.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette curiosité est souvent perçue comme de l&rsquo;insolence par les générations précédentes. Elle est en réalité une forme d&rsquo;intelligence conjugale que leurs mères auraient mérité de posséder. Et que leurs filles méritent de recevoir — non plus dans le secret d&rsquo;une nuit de noces, mais dans des espaces ouverts, informés, bienveillants.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Des associations comme l&rsquo;Association pour le Progrès et la Défense des Droits des Femmes (<a href="https://www.apdfml.org/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">APDF</a>) au Mali, ou le <a href="https://alliancedroitsetsante.equipop.org/gp-dcf/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Groupe Pivot Droits et Citoyenneté des Femmes</a>, travaillent depuis des années à combler ce vide informatif. Leurs programmes d&rsquo;éducation juridique et de sensibilisation aux droits conjugaux touchent des milliers de femmes chaque année — mais restent très insuffisants face à l&rsquo;ampleur du besoin.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Ce qu&rsquo;il faudrait dire, enfin</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Si les mères maliennes pouvaient transmettre à leurs filles une vérité différente — plus complète, plus honnête, plus protectrice — elle ressemblerait peut-être à ceci. Que le mariage est un contrat, pas un destin. Qu&rsquo;il implique des droits autant que des devoirs, et que ces droits méritent d&rsquo;être connus avant d&rsquo;être signés. Que la souffrance conjugale n&rsquo;est pas une fatalité à supporter en silence, mais un signal à entendre et à nommer. Que l&rsquo;autonomie économique n&rsquo;est pas une menace pour le foyer, mais sa meilleure assurance. Que le respect que l&rsquo;on se doit à soi-même est la condition première du respect que l&rsquo;on peut exiger de l&rsquo;autre.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et peut-être, surtout, que l&rsquo;amour — celui qui dure, celui qui construit, celui qui résiste — ne demande pas le silence. Il demande la parole.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>A.D</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Mariage au Mali : la fréquentation avant l’union réduit-elle vraiment les divorces ?</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Chiencoro]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 13 Jun 2026 04:00:00 +0000</pubDate>
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<p>Au Mali, la fréquentation avant le mariage est souvent présentée comme un moyen de mieux connaître son futur conjoint. Pourtant, de nombreux divorces interrogent cette certitude. </p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Au Mali, la multiplication des fréquentations prénuptiales n&rsquo;a pas renforcé les couples — elle a souvent précipité leur rupture.</em></strong><strong></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">On croyait que mieux se connaître avant le mariage protégerait les couples maliens des désillusions. On pensait que la fréquentation, l&rsquo;intimité partagée, la vie testée à deux avant l&rsquo;engagement officiel construirait des unions plus solides. Le résultat est souvent inverse : les divorces précoces se multiplient, les conflits conjugaux s&rsquo;enveniment, et au cœur de beaucoup de ces ruptures se trouve le même constat amer — la personne que l&rsquo;on a épousée n&rsquo;est pas celle que l&rsquo;on a connue avant le mariage.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Le masque de la séduction</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Il existe une vérité que la modernité amoureuse a du mal à admettre : avant le mariage, on se montre. On ne se révèle pas — on se présente. Et la présentation, par définition, est une mise en scène.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;homme qui courtise est attentionné, patient, généreux. Il appelle, il offre, il écoute. La femme qui est courtisée est douce, disponible, souriante. Elle s&rsquo;arrange, elle s&rsquo;adapte, elle séduit. Ces comportements ne sont pas nécessairement mensongers — ils sont humains. Mais ils sont fondamentalement incomplets. Ils correspondent à ce que chacun veut projeter, pas à ce que chacun est réellement dans la durée, dans l&rsquo;adversité, dans la fatigue d&rsquo;un quotidien partagé.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le problème surgit le lendemain du mariage. Quand l&rsquo;homme attentionné redevient taciturne. Quand la femme douce laisse apparaître ses exigences réelles. Quand les rôles de la séduction cèdent la place aux personnalités profondes, forgées par des années d&rsquo;éducation, de culture, de valeurs familiales que quelques mois de fréquentation n&rsquo;ont pas su révéler. C&rsquo;est là que la déception s&rsquo;installe — et avec elle, les disputes, les reproches, et souvent, le divorce.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Ce que les anciens avaient compris</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Les sociétés traditionnelles maliennes avaient, à leur manière, anticipé ce problème. Dans les systèmes matrimoniaux anciens, les futurs époux ne se découvraient pas avant le mariage — ou très peu. Ce qui pouvait sembler une contrainte archaïque était en réalité une forme de sagesse pragmatique : si l&rsquo;on ne se connaît pas encore, on ne peut pas encore se décevoir. On entre dans le mariage sans attentes construites sur une fiction de l&rsquo;autre.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais surtout — et c&rsquo;est là le point essentiel souvent oublié — les anciens compensaient cette absence de fréquentation préalable par une observation longue et minutieuse. On ne choisissait pas un conjoint à la légère. On observait les familles, les comportements au quotidien, la réputation dans la communauté, le rapport aux aînés, la manière de travailler, de parler, de se conduire dans les moments difficiles. On prenait le temps qu&rsquo;il fallait, parfois des années, pour s&rsquo;assurer que le caractère réel de la personne — pas sa façade de séduction — correspondait à ce que l&rsquo;on cherchait.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce système avait ses propres limites et ses propres injustices, notamment pour les femmes qui n&rsquo;avaient pas toujours voix au chapitre. Mais sa logique profonde — chercher le caractère plutôt que le charme, observer plutôt que ressentir — contenait une intelligence conjugale que la modernité a trop vite jetée avec l&rsquo;eau du bain.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>«&nbsp;On n&rsquo;achète pas le cheval sans le tester&nbsp;»</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">«&nbsp;<em>So tai san a senon fai</em>&nbsp;». Cette&nbsp;expression est aujourd&rsquo;hui couramment utilisée au Mali pour justifier les relations intimes avant le mariage. Sa logique apparente est séduisante : comment s&rsquo;engager pour la vie avec quelqu&rsquo;un que l&rsquo;on ne connaît pas pleinement ? Mais cette métaphore, en comparant une femme à un animal que l&rsquo;on évalue avant acquisition, révèle d&#8217;emblée sa propre limite morale. Et sur le fond, elle ne tient pas. Car l&rsquo;intimité physique partagée avant le mariage ne dit rien — ou presque — du caractère profond d&rsquo;une personne, de sa manière de gérer un conflit, d&rsquo;affronter la précarité, de se comporter dans la durée. Elle crée en revanche une illusion de connaissance, un sentiment de familiarité qui masque tout ce que l&rsquo;on n&rsquo;a pas encore eu le temps d&rsquo;observer. On croit avoir testé. On n&rsquo;a fait que désirer. Et quand le désir se stabilise et que la réalité du quotidien prend le dessus, ce que l&rsquo;on croyait avoir découvert avant le mariage s&rsquo;avère n&rsquo;être qu&rsquo;une entrée — jamais le livre entier.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La vraie nature d&rsquo;une personne ne se révèle pas dans les premières semaines d&rsquo;une relation amoureuse. Elle se révèle dans la gestion d&rsquo;un conflit, dans la réaction face à une perte, dans la manière de traiter les proches quand personne ne regarde, dans les choix faits sous pression économique. Aucune fréquentation préconjugale — aussi longue soit-elle — ne garantit d&rsquo;avoir accès à ces dimensions-là avant l&rsquo;engagement.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Quand les comportements divergent après le mariage</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Ce que les conseillers conjugaux observent aujourd&rsquo;hui dans les procédures de divorce en dit long. Les motifs de rupture évoqués reviennent avec une régularité frappante : «&nbsp;<em>il n&rsquo;est plus le même homme qu&rsquo;avant</em>&nbsp;», «&nbsp;<em>elle a changé du tout au tout depuis le mariage</em>&nbsp;», «&nbsp;<em>je ne la reconnais plus&nbsp;</em>».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces formulations ne décrivent pas un changement réel de personnalité. Elles décrivent la fin d&rsquo;une performance et le début de la réalité. L&rsquo;homme qui «&nbsp;<em>n&rsquo;est plus le même</em>&nbsp;» était, avant le mariage, en mode conquête. La femme qui «&nbsp;<em>a changé</em>&nbsp;» portait, avant le mariage, le masque de ce qu&rsquo;elle croyait devoir être pour être choisie. Le mariage n&rsquo;a pas transformé ces personnes — il les a simplement révélées.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et c&rsquo;est là que le déphasage devient destructeur. Parce que l&rsquo;on a construit des attentes fermes sur la base d&rsquo;une image provisoire. Parce que l&rsquo;on a pris des décisions irréversibles — mariage, enfants, foyer commun — sur le fondement d&rsquo;une connaissance qui était, en réalité, une illusion partagée et consentie.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Ni retour en arrière, ni fuite en avant</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Il ne s&rsquo;agit pas ici de plaider pour un retour aux mariages arrangés d&rsquo;antan, ni de condamner la fréquentation préconjugale au nom de la morale. La société malienne a changé, les aspirations individuelles sont légitimes, et personne ne peut sérieusement proposer de rembobiner le fil de l&rsquo;histoire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais il est urgent d&rsquo;introduire dans la préparation au mariage — dans les familles, dans les mosquées, dans les espaces communautaires — une conversation honnête sur ce que la fréquentation révèle et ce qu&rsquo;elle cache. D&rsquo;apprendre aux jeunes couples à observer l&rsquo;autre dans des situations de vérité, pas seulement de séduction. De réhabiliter la vertu de la lenteur dans le choix du conjoint — non pas par pudeur, mais par intelligence.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les anciens prenaient le temps. Pas parce qu&rsquo;ils étaient naïfs ou conservateurs. Parce qu&rsquo;ils savaient que le caractère d&rsquo;un être humain ne se lit pas dans ses yeux pendant un dîner romantique. Il se lit dans ses actes, dans sa durée, dans sa manière d&rsquo;être quand il n&rsquo;a plus rien à prouver.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est peut-être la leçon la plus précieuse qu&rsquo;une société en mutation rapide comme le Mali d&rsquo;aujourd&rsquo;hui gagnerait à ne pas oublier.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Chiencoro Diarra&nbsp;</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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