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	<title>Archives des Vérité &#8212; Sahel Tribune</title>
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	<description>Sahel Tribune – Votre regard sur le Sahel, autrement.</description>
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	<title>Archives des Vérité &#8212; Sahel Tribune</title>
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		<title>Deepfakes, propagande, algorithmes : comment résister au mensonge industriel</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Fousseni TOGOLA]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 19 May 2026 00:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>
<p>Face aux fake news, aux deepfakes et aux manipulations algorithmiques, la désinformation menace la démocratie. Une réflexion inspirée de Karl Popper sur le doute critique comme rempart contre le mensonge industriel.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>

<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>La désinformation n&rsquo;est pas simplement un problème de médias ou de technologie. C&rsquo;est une crise de la connaissance elle-même. En détruisant les critères qui permettent de distinguer le vrai du faux, elle frappe au cœur de la démocratie. Face à ce défi, le philosophe Karl Popper nous offre une arme : le doute systématique.</em></strong><strong></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Il y a quelques semaines, plusieurs médias internationaux affirmaient que les autorités maliennes auraient libéré des détenus accusés de terrorisme en échange d&rsquo;un approvisionnement en carburant. L&rsquo;information a circulé à grande vitesse, reprise, amplifiée, commentée. Quelques jours plus tard, l&rsquo;armée malienne démentait catégoriquement. Qui avait raison ? Peu importe, en un sens. Ce qui importe, c&rsquo;est ce que cet épisode révèle : nous vivons dans un monde où le mensonge circule à la vitesse de la lumière et où la vérité marche à pied.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce n&rsquo;est pas nouveau. Mais ce qui est nouveau, c&rsquo;est l&rsquo;ampleur du phénomène, sa sophistication, et surtout sa nature profonde. Car la désinformation contemporaine n&rsquo;est pas simplement un problème de médias mal régulés ou de réseaux sociaux irresponsables. C&rsquo;est un problème épistémologique — un problème qui touche à la manière dont nous produisons, évaluons et transmettons la connaissance.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>La vérité n&rsquo;est plus manifeste</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Pendant des siècles, les philosophes ont cru que la vérité était, pour ainsi dire, à portée de main. Descartes estimait que l&rsquo;idée «&nbsp;<em>claire et distincte</em>&nbsp;» se présente d&rsquo;elle-même à l&rsquo;esprit attentif. Bacon voyait dans la nature un&nbsp;<em>Grand Livre</em>&nbsp;que l&rsquo;homme pouvait apprendre à lire par l&rsquo;observation. Spinoza affirmait que «&nbsp;<em>la vérité est norme d&rsquo;elle-même et du faux, comme la lumière se fait connaître elle-même et fait connaître les ténèbres</em>&nbsp;».</p>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;était une vision optimiste — presque touchante — de la connaissance humaine. Et pas entièrement fausse : il y a bien des choses que nous pouvons connaître avec certitude, pour peu que nous exercions notre raison avec rigueur. Mais à l&rsquo;ère des algorithmes, des deepfakes et de l&rsquo;intelligence artificielle générative, cette lumière naturelle de la vérité se heurte à une industrie du mensonge sans précédent. La caverne de Platon a changé de forme : elle est aujourd&rsquo;hui faite d&rsquo;écrans, de fils d&rsquo;actualité, de statistiques soigneusement sélectionnées. Les ombres projetées sur nos murs numériques se parent de chiffres, de graphiques, d&rsquo;expertises. Elles ont l&rsquo;apparence de la vérité. C&rsquo;est précisément ce qui les rend dangereuses.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce que la désinformation contemporaine accomplit de plus redoutable, c&rsquo;est de n&rsquo;utiliser plus le mensonge brut. Elle s&rsquo;est raffinée. Elle présente des données vraies dans des contextes faux, des faits réels privés de leur sève, des chiffres sortis de leur cadre. Myret Zaki, journaliste économique, appelle cela la «&nbsp;<em>désinformation venant d&rsquo;en haut</em>&nbsp;» : celle qui se niche dans les rapports officiels, les communiqués institutionnels, les statistiques gouvernementales. Le Grand Livre de la vérité, pour reprendre Bacon, est devenu le Grand Livre du mensonge.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Pourquoi nous y croyons : le piège de l&rsquo;induction</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Il faut aller plus loin. La désinformation ne triomphe pas malgré nos facultés cognitives — elle triomphe à travers elles. Elle exploite les mécanismes mêmes qui, dans d&rsquo;autres circonstances, nous permettent d&rsquo;apprendre et de nous orienter dans le monde.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le philosophe Karl Popper avait identifié le problème central : nous sommes des créatures inductives. Nous généralisons à partir des cas particuliers. Nous faisons confiance à ce que nous avons déjà vérifié. Nous croyons ce que tout le monde croit. Si plusieurs personnes disent la même chose, nous pensons qu&rsquo;il y a un fond de vérité. Si une source nous a informés correctement hier, nous lui faisons confiance aujourd&rsquo;hui. Ce sont des heuristiques raisonnables dans la vie ordinaire — mais des portes ouvertes à toutes les manipulations.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La désinformation industrielle a compris ce mécanisme avant les épistémologues. En multipliant la diffusion d&rsquo;un même message à travers des canaux apparemment distincts, elle simule l&rsquo;accumulation d&rsquo;observations indépendantes. La répétition crée l&rsquo;apparence de la preuve. La fréquence tient lieu de vérité. Le philosophe écossais David Hume avait raison : c&rsquo;est l&rsquo;habitude, et non la raison, qui guide la plupart de nos jugements. Et l&rsquo;habitude se fabrique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Orwell l&rsquo;avait vu dans&nbsp;<em>1984</em>&nbsp;: «&nbsp;<em>le mensonge passait dans l&rsquo;histoire et devenait la réalité</em>&nbsp;». Ce qui est aujourd&rsquo;hui, c&rsquo;est que la technologie permet de faire passer ce processus à l&rsquo;échelle industrielle, en temps réel, avec une efficacité que les régimes totalitaires du XXe siècle auraient enviée.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>La réponse de Popper : apprenons à réfuter</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est ici que Karl Popper entre en scène. Non pas comme un philosophe poussiéreux sorti des rayons d&rsquo;une bibliothèque universitaire, mais comme un penseur dont la méthode a une valeur pratique immédiate dans notre époque.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Popper a proposé, au lieu du critère de vérifiabilité, un critère de falsifiabilité. Une proposition est scientifique — et plus généralement crédible — non pas parce qu&rsquo;elle a été confirmée par de nombreuses observations, mais parce qu&rsquo;elle peut être réfutée. Elle prend un risque. Elle dit : voici ce qui pourrait la rendre fausse. Si rien ne peut la réfuter, si elle s&rsquo;adapte à toutes les situations, si elle se réforme en permanence pour éviter la contradiction, alors ce n&rsquo;est pas de la connaissance — c&rsquo;est du dogme.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Appliqué à l&rsquo;information, ce critère est révolutionnaire. Une information falsifiable est une information précise : elle dit ce qu&rsquo;elle dit, et pas autre chose. Elle nomme des faits vérifiables, des dates, des chiffres situés dans leur contexte. Elle donne les moyens de sa propre réfutation. À l&rsquo;inverse, une information vague, qui s&rsquo;accommode de toutes les interprétations, qui se présente sans source traçable, qui gagne en crédibilité par la seule répétition — voilà le portrait-robot de la désinformation.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le philosophe des sciences Gaston Bachelard avait mis le doigt sur un autre aspect du problème : les «&nbsp;<em>obstacles épistémologiques</em>&nbsp;». Nos préjugés, nos habitudes, nos certitudes confortables constituent autant de freins à la connaissance rigoureuse. La première étape du progrès intellectuel, c&rsquo;est de les identifier. Le premier geste contre la désinformation, c&rsquo;est de savoir que nous y sommes vulnérables — tous, sans exception.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Qui contrôle les informations contrôle les esprits</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le problème ne serait que demi-mal s&rsquo;il n&rsquo;était que cognitif. Mais la désinformation est aussi une affaire de pouvoir. Noam Chomsky et Edward Herman ont montré, dans leur analyse des médias américains, que la production de l&rsquo;information est structurée par des rapports de force économiques et politiques. Les propriétaires des médias définissent, volontairement ou non, les frontières du dicible. Myret Zaki le formule crûment : «&nbsp;<em>Les milliardaires sont, en quelque sorte, les rédacteurs en chef du monde.&nbsp;</em>»</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette concentration du pouvoir informationnel est un défi épistémologique autant que démocratique. Car elle crée l&rsquo;illusion de la pluralité : de nombreux médias semblent donner des informations indépendantes, mais convergent vers les mêmes angles, les mêmes omissions, les mêmes représentations. C&rsquo;est ce que Popper appelait, dans un autre contexte, la «&nbsp;<em>régression à l&rsquo;infini</em>&nbsp;» : cherchez la source derrière la source, et vous trouvez souvent la même main.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les algorithmes des plateformes numériques aggravent le phénomène. Ils ne cherchent pas la vérité — ils cherchent l&rsquo;engagement. Et ce qui engage, c&rsquo;est l&rsquo;émotion : la colère, la peur, l&rsquo;indignation. La désinformation est émotionnellement efficace. Comme le disent des spécialistes en fact-checking : «&nbsp;<em>Le mensonge court plus vite que la vérité. Les algorithmes mettent en avant les contenus sensationnels qui génèrent plus d&rsquo;engagement. Et cela sert leurs intérêts économiques.</em>&nbsp;»</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Douter, c&rsquo;est un acte politique</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Que faire ? La réponse ne peut pas être uniquement technique. Les filtres algorithmiques, les labels de fact-checking, les lois contre la désinformation — tout cela est nécessaire, mais insuffisant. Car ces dispositifs ne touchent pas au cœur du problème : notre rapport individuel et collectif à la connaissance.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce qu&rsquo;il faut, c&rsquo;est ce que Kant appelait — dans un texte de 1784 qui n&rsquo;a rien perdu de son actualité — «&nbsp;<em>le courage de se servir de son propre entendement</em>&nbsp;». «&nbsp;<em>Sapere aude</em>&nbsp;» : ose savoir. Ose douter. Ose demander : qui a produit cette information ? Dans quel intérêt ? Quelles seraient les conditions dans lesquelles elle serait fausse ? Est-ce que les sources sont véritablement indépendantes, ou s&rsquo;agit-il du même message relayé en boucle ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce n&rsquo;est pas du scepticisme paralysant. C&rsquo;est du rationalisme critique. Popper ne disait pas qu&rsquo;on ne peut rien savoir. Il disait que le savoir progresse par la critique, par la mise à l&rsquo;épreuve, par l&rsquo;élimination progressive des erreurs. Appliquer ce principe à notre consommation quotidienne d&rsquo;information, c&rsquo;est un acte de résistance — et un acte démocratique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La démocratie, en effet, ne peut fonctionner que si les citoyens sont capables de former des jugements rationnels fondés sur des informations fiables. Quand l&rsquo;espace public est saturé de mensonges sophistiqués, c&rsquo;est la condition même du débat démocratique qui s&rsquo;effondre. Ce n&rsquo;est pas une métaphore : on l&rsquo;a vu lors des élections américaines de 2016, lors de la pandémie de Covid-19, où la guerre informationnelle a précédé et accompagné tous les processus.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Refonder les critères du vrai</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Mais le doute seul ne suffit pas. Il faut aussi reconstruire. Reconstruire des critères de crédibilité adaptés à notre époque. Non plus la simple vérifiabilité — trop facilement simulée — ni la seule répétition — trop facilement organisée — mais une exigence plus exigeante : celle de la réfutabilité précise, de la traçabilité des sources, de la transparence des intérêts, de la révisabilité déclarée.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Une information digne de ce nom dit ce qu&rsquo;elle est prête à admettre comme réfutation. Elle dit d&rsquo;où elle vient. Elle dit qui l&rsquo;a produite et pourquoi. Elle dit ce qui la rendrait fausse. C&rsquo;est un standard élevé. Mais c&rsquo;est le minimum pour naviguer dignement dans l&rsquo;océan informationnel contemporain.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cela suppose aussi de reconstruire des institutions. Non des institutions qui décideraient autoritairement ce qui est vrai — ce serait remplacer une tyrannie par une autre — mais des institutions qui organisent la critique collective : des rédactions indépendantes du pouvoir financier et politique, des organismes de vérification dotés de méthodes transparentes, des formations à l&rsquo;esprit critique dès l&rsquo;école, des règles de responsabilité pour les plateformes qui amplifient sans discernement.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En Afrique de l&rsquo;Ouest, où j&rsquo;ai ancré ma réflexion, ces enjeux prennent une acuité particulière. Les conflits armés, les transitions politiques, les crises sanitaires s&rsquo;accompagnent d&rsquo;avalanches de désinformation qui peuvent coûter des vies. Les journalistes qui font ce travail de vérification — et ils sont nombreux, courageux, souvent peu soutenus — méritent d&rsquo;être reconnus comme des acteurs essentiels non seulement de l&rsquo;information, mais de la démocratie elle-même.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>La vérité n&rsquo;est pas une destination : c&rsquo;est un chemin</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Popper aimait à dire que «&nbsp;<em>toute vie est résolution de problèmes</em>&nbsp;». La désinformation est le problème de notre époque. Non pas un problème que l&rsquo;on résout une bonne fois pour toutes, mais un problème qu&rsquo;on affronte chaque jour, dans chaque information qu&rsquo;on consomme, partage ou produit.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La vérité n&rsquo;est pas manifeste. Elle ne se révèle pas d&rsquo;elle-même à l&rsquo;esprit distrait. Elle exige un effort : l&rsquo;effort du doute, de la vérification, de la mise à l&rsquo;épreuve critique. Cet effort n&rsquo;est pas réservé aux philosophes ni aux journalistes. Il appartient à tout citoyen qui refuse de laisser d&rsquo;autres penser à sa place.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Voltaire aurait peut-être reformulé aujourd&rsquo;hui son serment célèbre ainsi : je ne sais pas si ce que vous dites est vrai, mais je me battrai pour que nous ayons les moyens de le vérifier. C&rsquo;est cela, dans notre monde saturé de mensonges industriels, l&rsquo;acte de résistance le plus fondamental.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Fousseni Togola&nbsp;</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Désinformation et identités numériques : une crise du vrai ? </title>
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		<dc:creator><![CDATA[Mikailou Cissé]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 07 Apr 2026 15:09:47 +0000</pubDate>
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<p>Découvrez comment le numérique remet en question la responsabilité traditionnelle. Une analyse des défis contemporains et des nouvelles régulations.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>À l’ère du numérique, les fondements traditionnels de la responsabilité sont profondément remis en question. Entre déterritorialisation des actions, dissociation du sujet et prolifération de la désinformation, le cyberespace impose de repenser les cadres juridiques, éthiques et politiques qui structurent nos sociétés contemporaines.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Les sociétés contemporaines s’immergent dans l’univers numérique sous une tension structurelle persistante : d’un côté, les formes classiques de régulation fondées sur le contrôle des corps, des consciences et des territoires ; de l’autre, la nature fluide, déterritorialisée et réticulaire du cyberespace, qui échappe aux cadres traditionnels de la souveraineté. Le numérique opère ainsi une dissociation inédite entre l’action et la présence, contraignant à repenser en profondeur les conditions de la responsabilité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette tension se manifeste à travers plusieurs phénomènes significatifs : circulation d’informations non vérifiées, diffusion de contenus trompeurs, ou encore maintien d’identités numériques actives associées à des individus privés de liberté physique ou condamnés par la justice. Il en résulte une déliaison entre l’acteur et l’action, qui fragilise l’imputation des actes. L’existence numérique tend dès lors à se prolonger indépendamment des contraintes matérielles, produisant une forme de dédoublement du sujet.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-desinformation-et-economie-de-l-influence"><strong>Désinformation et économie de l’influence</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Loin d’être marginal, ce phénomène révèle les limites des dispositifs classiques de contrôle. Si les institutions parviennent à contraindre les corps dans un espace territorial défini, elles peinent à circonscrire les effets d’actions déployées dans un espace sans ancrage stable.<br>Une personne incarcérée peut ainsi continuer à intervenir dans l’espace public numérique, remettant en cause l’unité du sujet, fondement de la responsabilité juridique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans ce contexte, la désinformation trouve un terrain particulièrement favorable. L’exploitation de comptes par des tiers – usurpation, délégation ou manipulation – alimente une économie de l’influence où la vérité devient instable. L’espace numérique s’impose comme un lieu où l’authenticité est constamment mise à l’épreuve et où la frontière entre le vrai et le faux tend à s’effacer.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-faut-il-limiter-l-existence-numerique"><strong>Faut-il limiter l’existence numérique ?</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">La question se pose alors : la privation de liberté physique doit-elle entraîner la suppression de l’existence numérique ? Une telle hypothèse soulève des enjeux éthiques et juridiques majeurs. Le défi réside moins dans l’existence numérique que dans la régulation de ses usages, afin de garantir une présence légitime sans basculer dans une logique de surveillance généralisée.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les institutions tentent d’adapter leurs cadres d’intervention, mais se heurtent à la fragmentation et à la circulation des identités numériques. La responsabilité tend à se diluer dans un réseau d’interactions complexes, rendant l’imputation des actes de plus en plus problématique.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-vers-une-ethique-de-la-citoyennete-numerique"><strong>Vers une éthique de la citoyenneté numérique</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Dans ce nouvel environnement, les professionnels des médias voient leur rôle profondément transformé. La persistance d’activités numériques associées à des individus incarcérés brouille les critères de crédibilité et fragilise les processus de vérification. L’espace public informationnel se reconfigure sous la pression de flux continus, où la visibilité prime souvent sur la fiabilité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dès lors, la question de la citoyenneté numérique s’impose. Dans un espace où chacun peut produire et diffuser de l’information, la responsabilité devient autant éthique que juridique.<br>Relayer un contenu sans en vérifier la source revient à participer à un système où l’efficacité prime sur la vérité.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-repenser-le-rapport-au-vrai"><strong>Repenser le rapport au vrai</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Les dispositifs de sécurisation du cyberespace, bien qu’indispensables, ne suffisent pas. Ils doivent être accompagnés d’une réflexion plus exigeante sur les conditions de production du vrai. Il s’agit moins de restaurer un ordre que de reconstruire un rapport critique à l’information, fondé sur le discernement et la vigilance.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En définitive, ce phénomène ne révèle pas seulement une faille technique ou juridique, mais une transformation plus profonde : celle d’un monde où l’action se détache de la présence.<br>La question centrale devient alors : dans quelles conditions une action peut-elle encore être attribuée, comprise et jugée ?</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Mikaïlou Cissé</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Tribune. La post-vérité ou l’âge adulte impossible de l’humanité</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Fousseni TOGOLA]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 10 Feb 2026 08:47:05 +0000</pubDate>
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<p>Plongez dans la géopolitique des fake news et examinez comment la technologie alimente la guerre des récits à travers le globe.</p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Jamais l’humanité n’a produit autant de données, de rapports et de savoirs. Jamais pourtant la vérité n’a semblé aussi fragile. À l’ère de la post-vérité, la désinformation ne relève plus de l’exception mais d’un système, nourri par les intérêts, la technologie et la guerre des récits.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Nous vivons à l’ère de l’abondance informationnelle. De 2016 à 2022, le nombre d’articles scientifiques publiés dans le monde est passé d&rsquo;environ 1,9 million par an à 2,8 millions, selon une <a href="https://www.univ-grenoble-alpes.fr/actualites/a-la-une/actualites-recherche/l-edition-scientifique-sous-pression-1323788.kjsp" target="_blank" rel="noreferrer noopener">étude</a> publiée en septembre 2023. Le volume total d’informations numériques produites – rapports institutionnels, documents techniques, études d’ONG, notes de cabinets de conseil ou de think tanks – atteint près de 913 exaoctets par an. Jamais l’humanité n’a autant écrit, documenté, chiffré. Jamais, pourtant, la vérité n’a paru aussi insaisissable.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-l-ordre-moral-de-la-post-verite"><strong>L’ordre moral de la post-vérité</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Car cette inflation documentaire ne signifie pas <a href="https://www.vrin.fr/livre/9782251453361/levolution-de-la-connaissance" target="_blank" rel="noreferrer noopener">accumulation de savoir</a>. Elle accompagne, au contraire, une diffusion accélérée de la désinformation. Derrière chaque rapport, chaque étude, chaque chiffre, se cachent désormais des intérêts, des stratégies, des agendas. La <a href="https://shs.cairn.info/sauver-marx--9782707151315-page-220?lang=fr" target="_blank" rel="noreferrer noopener">connaissance</a> n’échappe plus à la logique marchande. Elle se finance, se commande, se vend. La science elle-même se voit sommée de produire des résultats compatibles avec les attentes de ses bailleurs. La vérité devient alors secondaire. Ce qui compte, c’est ce qui convainc, ce qui rassure, ce qui sert.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans ce monde, le mensonge n’avance plus masqué. Il se pare des atours de la vérité. La vérité, elle, se retrouve du côté du plus fort – non pas celui qui a raison, mais celui qui parle le mieux. Celui qui parle le mieux est souvent celui qui paie le plus. Ainsi se construit l’ordre moral de la post-vérité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La célèbre maxime attribuée à Voltaire – « <em>Je ne suis pas d’accord avec ce que vous dites, mais je me battrai pour que vous puissiez le dire</em> » – semble aujourd’hui avoir muté. Elle pourrait se reformuler ainsi : <em>« Je sais que ce que vous dites est faux, mais je me battrai pour que cela soit cru comme vrai. »</em> Tel est le serment tacite de nombreux producteurs de discours dans l’économie contemporaine de l’information.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-la-verite-devient-bicephale"><strong>La vérité devient bicéphale</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Les données, loin d’éclairer le réel, répondent de plus en plus à des objectifs politiques, économiques ou idéologiques. La vérité est sacrifiée sur l’autel d’intérêts égoïstes. Nous entrons dans un régime de relativisme radical où une affirmation, même fausse, est défendue comme une vérité absolue par ses auteurs, tandis que ses adversaires la rejetteront même si elle est avérée. La vérité devient bicéphale, oscillant sans cesse entre croyance et rejet.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Faut-il alors donner raison à Platon, qui distinguait le monde parfait des idées et le monde imparfait des <a href="https://saheltribune.com/vivons-nous-dans-un-fake-monde/">apparences</a> ? L’accès à la vérité est devenu un combat. Non plus un chemin rationnel, mais une lutte asymétrique. Cette lutte est symptomatique de <a href="https://www.amazon.fr/Fake-monde-Fousseni-Togola/dp/2312144808" target="_blank" rel="noreferrer noopener">l’imperfection de notre monde</a>. Le philosophe Karl Popper l’avait pourtant rappelé : il n’existe pas de vérité absolue en science. Il n’y a que des hypothèses provisoires, destinées à être réfutées. Nous ne faisons que nous rapprocher de la vérité sans jamais la saisir pleinement. Cette <em>vraisemblance</em> – cette « <a href="https://philosciences.com/verisimilitude#:~:text=Pour%20Popper,%20si%20une%20th%C3%A9orie,forme%20d'une%20objectivit%C3%A9%20croissante." target="_blank" rel="noreferrer noopener">verisimilitude</a><em> »</em> – dit quelque chose de fondamental : notre imperfection.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Thomas Kuhn parlera de <a href="https://shs.cairn.info/la-societe-un-monde-incertain--9782705665722-page-3?lang=fr" target="_blank" rel="noreferrer noopener">changements de paradigmes</a>. Gaston Bachelard, « <em>d’obstacles épistémologiques</em> ». Ces <a href="https://www.philomag.com/articles/lobstacle-epistemologique-chez-bachelard-cest-quoi" target="_blank" rel="noreferrer noopener">préjugés</a> intimes qui nous poussent à confondre opinion et vérité. Le progrès de la connaissance s’est toujours construit sur les ruines de certitudes anciennes. Mais encore faut-il accepter cette fragilité.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-la-pandemie-du-clic"><strong>La pandémie du clic</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Dans le champ géopolitique et militaire, la vérité alternative n’est pas une nouveauté. Elle a toujours été une arme. Sun Tzu en avait fait un <a href="https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/les-enjeux-internationaux/sun-tzu-et-l-art-de-la-guerre-le-premier-traite-de-strategie-militaire-9741979" target="_blank" rel="noreferrer noopener">principe stratégique</a> : tromper l’adversaire, l’épuiser psychologiquement, brouiller ses repères. Ce qui a changé, c’est l’échelle. Avec Internet et les réseaux sociaux, la désinformation n’est plus l’apanage des États ou des presses militantes. Elle est devenue industrielle, virale, instantanée. Une véritable pandémie du clic.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Désormais, rapports officiels, communiqués, déclarations publiques, articles de presse eux-mêmes doivent être lus avec suspicion. Ils dissimulent souvent des intentions de nuisance ou la défense d’intérêts particuliers. L’impartialité, notamment dans le champ médiatique, tend à devenir un mot creux. Voilà la «<a href="https://www.lecourrierdelatlas.com/myret-zaki-la-gouvernance-des-medias-doit-etre-pluraliste-integre-et-transparente/" target="_blank" rel="noreferrer noopener"><em>désinformation venant d’en-haut</em></a> », dont parle Myret Zaki. Chaque média est arrimé à une ligne, un financement, une vision du monde – consciemment ou non.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En Afrique comme dans toutes les zones de conflits, la guerre offre une illustration brutale de cette bataille des récits. Des rapports contradictoires s’affrontent. Certains dénoncent des violations des droits humains, d’autres les minimisent ou les contestent. Qui dit vrai ? Qui dit le contraire ? Nous sommes dans l’ère de la «&nbsp;<em>géopolitique des fake news</em>&nbsp;». L’expression sûrement pas encore.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-la-politique-etrangere-de-la-desinformation"><strong>La politique étrangère de la désinformation</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Dans <a href="https://www.amazon.fr/Gouverner-par-Fake-News-internationaux/dp/2315009561/ref=sr_1_1?__mk_fr_FR=%C3%85M%C3%85%C5%BD%C3%95%C3%91&amp;crid=13NLKRD9Z1ZLM&amp;dib=eyJ2IjoiMSJ9.FbINg_xoFNOHZfTY9KOqpLHMR1kdcITRiLVvfCEG2Yg.ewzR3ux4AoYDAYimK0lx_JzQLSXjoMb1rvHwuANxctM&amp;dib_tag=se&amp;keywords=Gouverner+par+les+fake+news&amp;qid=1770710833&amp;s=books&amp;sprefix=gouverner+par+les+fake+news,stripbooks,328&amp;sr=1-1-catcorr" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Gouverner par les fake news</a>, Jacques Baud, ancien analyste du renseignement stratégique suisse, démonte les narratifs dominants des grandes crises contemporaines. Il soutient que nombre de certitudes occidentales – sur la Syrie, la Russie, le terrorisme – reposent moins sur des faits établis que sur des constructions discursives. Une politique étrangère façonnée par la désinformation.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’humanité est malade de ses récits. Pourtant, l’antidote demeure l’esprit critique. Refuser de croire un rapport, une déclaration, un chiffre sans interroger ses auteurs, ses financeurs, ses adversaires, ses intentions. À défaut, nous continuerons à absorber des faits empoisonnés, incapables de raisonner par nous-mêmes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La situation est d’autant plus préoccupante que les outils d’intelligence artificielle ont franchi un seuil. Désormais, chacun peut fabriquer images, vidéos, textes crédibles, depuis un simple smartphone. La « <a href="https://www.amazon.fr/fabrication-consentement-propagande-m%C3%A9diatique-d%C3%A9mocratie/dp/2748900723" target="_blank" rel="noreferrer noopener">fabrique du consentement </a>», pour reprendre Noam Chomsky et Edward Herman, est devenue accessible à tous. Elle n’épargne même pas les fact-checkeurs, parfois <a href="https://saheltribune.com/face-aux-fake-news-la-difficulte-de-verifier-les-faits-en-afrique-de-louest/">piégés par les narratifs</a> qu’ils prétendent démonter, contribuant involontairement à leur diffusion.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans ce monde de la<a href="https://saheltribune.com/4810-2/"> post-vérité</a>, le combat pour la vérité n’est plus seulement une exigence morale. C’est une urgence démocratique.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>F. Togola&nbsp;</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>De la caverne de Platon aux big data : sommes-nous encore libres de voir le réel ?</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Fousseni TOGOLA]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 25 Jan 2026 12:15:40 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>
<p>Découvrez comment les big data influencent notre vision du monde et questionnent notre rapport à l'image et à la réalité.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
]]></description>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>À partir de l’allégorie de la caverne de Platon, cette tribune interroge notre rapport contemporain aux big data et aux images numériques. Entre illusion et réalité, elle invite à une lecture critique des technologies qui façonnent nos perceptions et pose une question centrale : sommes-nous encore capables de voir le monde autrement que par ses reflets chiffrés ?</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Par bien des aspects, notre époque semble avoir donné raison à Platon. Il y a près de 2 500 ans, dans <em>La République</em>, le philosophe grec racontait l’histoire d’hommes enchaînés dans une grotte depuis leur naissance. Face à un mur, ils ne percevaient du monde que des ombres projetées par un feu qu’ils ne voyaient jamais. Pour eux, ces ombres constituaient la seule réalité possible. Leurs geôliers n’étaient pas seulement des surveillants : ils étaient aussi des illusionnistes, fabricants d’images et de croyances.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans cette célèbre allégorie de la caverne, Platon montre comment l’homme peut être maintenu dans la passivité par une réalité fabriquée, au point de perdre toute volonté de s’en libérer. Hypnotisés par un flot permanent d’images, les prisonniers finissent par confondre apparence et vérité. Aujourd’hui, cette parabole résonne avec une troublante actualité.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-quand-les-big-data-deviennent-nos-nouvelles-ombres"><strong>Quand les big data deviennent nos nouvelles ombres</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">À l’ère des big data, des algorithmes et des écrans omniprésents, nous sommes peut-être plus enchaînés que jamais à des représentations du monde qui se substituent au monde lui-même. Nous vivons dans un miroir déformant, une « <em>glace sans tain </em>» — pour reprendre&nbsp; une expression de Marc Dugain et Christophe Labbé, dans <em>l’Homme nu&nbsp;—</em>&nbsp; où le reflet numérique de la réalité prend progressivement le pas sur l’expérience directe.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le chiffre, la statistique, l’indicateur sont devenus des autorités. Ils prétendent dire le vrai sur nos comportements, nos émotions, nos sociétés. Mais la réalité qu’ils décrivent n’est jamais qu’une construction. En encodant le monde, les big data tissent une toile entre nous et le réel, filtrant ce que nous voyons, ce que nous ressentons et même ce que nous croyons.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Platon faisait dire à l’un de ses prisonniers : « <em>Et si on l’obligeait à regarder le feu lui-même, ses yeux ne lui feraient-ils pas mal ? Ne voudrait-il pas se détourner pour revenir à ce qu’il est dans ses forces de regarder ? </em>» Autrement dit : la vérité fait parfois mal. Elle exige un effort, une rupture avec le confort des illusions.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-le-danger-d-une-humanite-reduite-a-des-donnees"><strong>Le danger d’une humanité réduite à des données</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">La promesse technologique est celle de la prévisibilité : tout mesurer, tout anticiper, tout contrôler. Mais cette logique heurte ce qui fait la singularité humaine : l’émotion, l’imprévisible, le contradictoire, l’irrationnel parfois.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les big data ne savent pas modéliser la peur, la dignité, l’humiliation, l’espérance. Elles ignorent la part invisible de l’homme. En réduisant les sociétés à des tableaux de bord, on risque de transformer des peuples en objets statistiques et les citoyens en profils numériques.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour l’Afrique, cet enjeu est crucial. Le continent est à la fois un laboratoire technologique et un espace de fortes vulnérabilités informationnelles. La dépendance aux plateformes, aux narrations venues d’ailleurs et aux chiffres produits hors contexte peut fabriquer une nouvelle forme de caverne : une réalité importée, projetée, souvent éloignée des vécus locaux.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-sortir-de-la-caverne-numerique"><strong>Sortir de la caverne numérique</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Sortir de la caverne, aujourd’hui, ne signifie pas rejeter la technologie. Cela signifie la soumettre à la «&nbsp;<em>raison critique&nbsp;</em>» en référence au «&nbsp;<em>rationalisme critique</em>&nbsp;» de Karl Popper. Refuser que les algorithmes deviennent des oracles. Réhabiliter l’expérience humaine face à la donnée brute. Redonner à l’éducation, à la philosophie, au débat public leur fonction émancipatrice.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Platon nous rappelait que la liberté commence par un acte douloureux : celui de détourner le regard des ombres pour affronter la lumière. De même, notre époque doit accepter l’inconfort de la complexité contre la facilité des chiffres.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La question n’est donc pas seulement technologique. Elle est politique, culturelle et morale : voulons-nous comprendre le monde, ou seulement consommer ses images ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">La prophétie de Platon est en train de se réaliser sous nos yeux. Non plus dans une grotte, mais dans des flux de données, des écrans et des narrations automatisées. L’illusion n’est plus imposée par des geôliers visibles, mais par des systèmes que nous alimentons nous-mêmes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Reste une responsabilité individuelle et collective : ne pas confondre l’ombre avec la chose, la statistique avec la vie, le modèle avec l’homme. Car une société qui abdique sa capacité à voir le réel abdique aussi sa liberté.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>F. Togola&nbsp;</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Tribune. La vérité est morte, vive la propagande !</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Chiencoro]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 17 Mar 2025 17:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actu]]></category>
		<category><![CDATA[Les démystificateurs du Sahel]]></category>
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					<description><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>
<p>Des rapports officiels aux algorithmes des réseaux sociaux, la désinformation s’impose comme un instrument de pouvoir, redéfinissant les frontières entre le réel et l’illusion.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>

<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Dans un monde où l’information circule plus vite qu’elle ne se vérifie, la vérité devient une matière malléable, façonnée par les intérêts politiques, économiques et technologiques. Des rapports officiels aux algorithmes des réseaux sociaux, la désinformation s’impose comme un instrument de pouvoir, redéfinissant les frontières entre le réel et l’illusion. Face à cette crise du vrai, un défi majeur se pose&nbsp;: comment reconstruire une société où la connaissance prime sur la manipulation ?</em></strong><strong><em></em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Depuis l’aube de l’écriture, la vérité n’a jamais été qu’une construction fluctuante, soumise aux forces qui dominent l’instant. De la propagande impériale à la désinformation numérique, l’histoire de l’humanité est jalonnée d’une bataille constante entre ceux qui détiennent l’information et ceux qui tentent de la déchiffrer. Aujourd’hui, la prolifération des&nbsp;fake news, amplifiée par les nouvelles technologies, pose un défi inédit. Comment, dans un monde où l’information est immédiate et omniprésente, distinguer le vrai du faux ?</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Une manipulation ancestrale aux outils nouveaux</strong><strong></strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">La désinformation n’a rien de nouveau. Depuis les rumeurs qui précipitèrent la chute de Rome jusqu’aux fausses dépêches qui déclenchèrent des guerres, le pouvoir a toujours su utiliser la manipulation pour asseoir sa domination. Ce qui a changé, c’est la vitesse et l’échelle. L’ère numérique a permis à la désinformation de s’infiltrer partout, défiant les frontières, fragmentant les sociétés, sapant la confiance dans les institutions.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les États eux-mêmes, en quête de légitimité ou de suprématie, ne sont pas en reste. Dans certaines régions du monde, des rapports officiels, émanant d’institutions pourtant réputées, accusent des pays de crimes sans preuves tangibles, façonnant ainsi une perception destinée à servir des intérêts géopolitiques. Ce n’est plus la véracité qui prime, mais l’impact de l’information diffusée.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>L’économie de la manipulation, un marché de la confiance perdue</strong><strong></strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">À cette logique politique s’ajoute une dimension économique. La vérité est devenue un produit, façonné par des algorithmes et des stratégies marketing savamment élaborées. Comme l’explique Myret Zaki, les chiffres économiques sont souvent ajustés pour rassurer ou manipuler les marchés financiers. Le PIB surestimé, le chômage minimisé, les crises diluées dans des statistiques avantageuses. Tout est conçu pour maintenir une illusion de contrôle et de prospérité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans cette course effrénée à la communication, les médias jouent un rôle ambivalent. Ils sont à la fois les garants du débat démocratique et les amplificateurs de récits biaisés. Même les plus respectés d’entre eux se laissent parfois séduire par la crédibilité apparente d’une source, relayant des informations dont la finalité est souvent plus politique que factuelle.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Vers une nouvelle ère de la vérité</strong><strong></strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">L’histoire montre que toute révolution technologique s’accompagne d’une reconfiguration de la vérité. L’invention de l’imprimerie a bouleversé le monopole de l’Église sur le savoir, tout comme Internet a éclaté celui des médias traditionnels. Mais cette nouvelle ère impose une responsabilité inédite&nbsp;: celle de redéfinir les mécanismes de validation de l’information dans un monde où chacun peut être simultanément émetteur et récepteur.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il faut donc repenser les outils de régulation, non pas pour censurer, mais pour garantir un espace de débat fondé sur des faits et non sur des narrations intéressées. Cela passe par une éducation critique dès le plus jeune âge, un contrôle rigoureux des sources et une vigilance accrue face aux biais cognitifs qui nous poussent à croire ce qui nous conforte plutôt que ce qui est vrai.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Si les&nbsp;fake news&nbsp;prospèrent, c’est que notre époque a perdu ses repères de vérité. Retrouver ces repères est une nécessité civilisationnelle. Car un monde où tout est potentiellement faux est un monde où plus rien n’a de sens. Nous vivons donc dans dans un fake monde, pour reprendre le titre de l’ouvrage&nbsp;<em>Fake Monde&nbsp;: théorie sur la désinformation et la mésinformation</em>.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Chiencoro Diarra</strong><strong></strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Vivons-nous dans un fake monde ?</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Fousseni TOGOLA]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 05 Jun 2024 08:48:27 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A la Une]]></category>
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<p>Vivons-nous dans un fake monde? Découvrez comment les fake news et l'illusion de la vérité peuvent influencer notre perception de la réalité.</p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Dans un monde où les fake news prolifèrent, la question de la réalité et de la vérité devient plus pressante que jamais. Vivons-nous finalement dans un fake monde où tout n’est qu’illusion et apparence, et comment cette dynamique influence-t-elle notre compréhension de l’information et de la connaissance ?</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans une ère où la vérité semble de plus en plus insaisissable, il devient légitime de se demander si nous vivons finalement dans un fake monde. Cette interrogation n’est pas sans fondement, surtout lorsque l’on considère les fluctuations incessantes de l’information et la montée en puissance des fake news, particulièrement marquée depuis les élections présidentielles de 2016 aux États Unis. Ce phénomène n’est pas une simple anomalie, mais pourrait bien être une caractéristique intrinsèque de notre monde contemporain.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-un-monde-en-mutation-constante"><strong>Un monde en mutation constante</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Karl Popper, célèbre philosophe des sciences, affirmait que la naissance est le grand péché de l’homme. Par cette assertion, il souligne la condition imparfaite de l’existence humaine. Selon lui, cette imperfection originelle rend l’homme incapable d’atteindre une vérité absolue. La connaissance humaine est ainsi perçue comme un processus infini de correction des erreurs, où chaque vérité affirmée n’est qu’une approximation provisoire, susceptible d’être contredite par de nouvelles découvertes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette idée rejoint celle de Platon, qui séparait le monde en deux réalités distinctes&nbsp;: le monde sensible et le monde intelligible. Le monde sensible, celui des apparences et des simulacres, est éphémère et trompeur. En revanche, le monde intelligible est le domaine des vérités éternelles et immuables. Dans notre contexte actuel, dominé par les fake news, il semble que nous soyons davantage ancrés dans ce monde sensible, où tout est en perpétuelle transformation et rien n’est définitivement certain.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-la-science-nbsp-une-verite-en-perpetuelle-revision"><strong>La science&nbsp;: une vérité en perpétuelle révision</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Popper introduit également le concept de « <em>vérisimilitude</em> », signifiant que la vérité est une cible mouvante à laquelle on ne peut que se rapprocher sans jamais l’atteindre pleinement. La science, en tant qu’entreprise humaine, fonctionne selon ce principe. Les théories scientifiques évoluent constamment, corrigeant les erreurs passées pour proposer des explications de plus en plus précises. Cependant, ces explications demeurent provisoires et sujettes à révision.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans ce cadre, les fake news ne sont pas simplement des erreurs ou des manipulations intentionnelles. Elles sont aussi le reflet de notre condition humaine limitée. La mésinformation nous confronte à notre finitude et met en lumière les frontières de notre connaissance. Ce que nous considérons comme vrai aujourd’hui peut être réfuté demain, illustrant ainsi l’instabilité intrinsèque de notre compréhension du monde.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-le-defi-de-la-desinformation"><strong>Le défi de la désinformation</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">La prolifération des fake news pose un défi majeur aux fact-checkeurs, dont la mission est de rétablir la vérité. Toutefois, cette tâche s’avère souvent herculéenne dans un environnement où les sources d’information elles-mêmes peuvent être biaisées ou erronées. Les campagnes de désinformation deviennent alors une lutte sans fin, où chaque correction peut être elle-même contestée.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Platon, dans son allégorie de la caverne, décrit les êtres humains comme des prisonniers, enchainés et contraints de voir uniquement les ombres projetées sur les murs de la caverne, prenant ces ombres pour la réalité. Dans notre monde moderne, les ombres pourraient être assimilées aux informations manipulées et aux fake news, tandis que la réalité véritable demeure hors de portée pour beaucoup.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-vers-une-reinitialisation-mondiale-de-la-solidarite"><strong>Vers une réinitialisation mondiale de la solidarité</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Il devient donc impératif de reconnaître les limites de notre connaissance et de nos systèmes d’information. Admettre notre finitude ne signifie pas abandonner la quête de vérité, mais plutôt adopter une posture d’humilité et de vigilance. C’est en cultivant un esprit critique et en encourageant la transparence que nous pourrons espérer atténuer les effets délétères des fake news et progresser vers un monde plus éclairé et solidaire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La lutte contre les fake news et la désinformation est une entreprise collective qui nécessite la coopération de toutes les parties prenantes — des médias aux citoyens. C’est en acceptant notre propre imperfection et en travaillant ensemble que nous pourrons espérer naviguer dans ce fake monde avec une boussole plus fiable.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>F.&nbsp;Togola&nbsp;</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>La CVJR, l’espoir d’une paix durable au Mali</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Bakary FOMBA]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 12 Jan 2021 12:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Sécurité]]></category>
		<category><![CDATA[CVJR]]></category>
		<category><![CDATA[droit de l&#039;homme]]></category>
		<category><![CDATA[justice]]></category>
		<category><![CDATA[réconciliation nationale]]></category>
		<category><![CDATA[Vérité]]></category>
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<p>Le retour de la paix, de la réconciliation et de la cohésion sociale au Mali nécessite que les victimes de violences soient écoutées. La Commission Vérité, Justice et Réconciliation (CVJR)&#8230;</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong>Le retour de la paix, de la réconciliation et de la cohésion sociale au Mali nécessite que les victimes de violences soient écoutées. La Commission Vérité, Justice et Réconciliation (CVJR) est l’organe chargé de ce travail au Mali. Il est l’espoir d’une paix durable.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">« <em>Le refus de s’informer sur le passé et même très récent, la tentation de s’enfermer dans ses certitudes sur les responsabilités des uns et des autres dans les crimes du passé et du présent, sont des obstacles redoutables à la reconquête de la paix et de la cohésion sociale</em> », déclare <a href="https://www.rfi.fr/fr/podcasts/%C3%A7a-fait-d%C3%A9bat-avec-wathi/20210109-la-commission-v%C3%A9rit%C3%A9-justice-et-r%C3%A9conciliation-au-mali-un-travail-th%C3%A9rapeutique-indispensable" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Gilles Yabi</a>, fondateur du Think-tank Wathi, sur Radio France internationale (RFI), le 9&nbsp;janvier 2021. Les témoignages des citoyens qui ont subi des actes de tortures, d’exactions, d’exécutions sommaires sont assez importants. Ils sont un véritable vecteur de sensibilisation sur le respect des droits de l’homme et ils permettent de comprendre aussi l’impact psychologique de ces actes. &nbsp;</p>



<amp-fit-text layout="fixed-height" min-font-size="6" max-font-size="72" height="80"><h3 class="has-black-color has-text-color has-normal-font-size wp-block-heading"><strong>« Instauration d’une paix durable »</strong></h3></amp-fit-text>



<p class="wp-block-paragraph">Pour réussir ce chantier, il convient de faire comprendre le rôle de la Commission Vérité-Justice-Réconciliation, explique M.&nbsp;Yabi. <em>« Le travail de cette Commission, si elle est davantage mise en lumière, peut contribuer à briser l’enclouage de l’ignorance, de la mauvaise foi et de la violence </em>», a-t-il précisé. Cette Commission a été créée en 2014 en vue de <em>« contribuer à l’instauration d’une paix durable à travers la recherche de la vérité, la réconciliation et la consolidation de l’unité nationale et des valeurs démocratiques ».</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">À l’occasion de l’ouverture de la <a href="http://cvjrmali.com/home/la-deuxieme-audience-publique-de-la-cvjr-s-est-tenue-le-05-decembre-2020-au-centre-international-de-conference-de-bamako/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">deuxième audience publique</a> de la CVJR, le 5&nbsp;décembre 2020, au Centre international de conférences de Bamako (CICB), le rôle de cette Commission a été largement expliqué.<em> « </em>[ndlr] <em>les audiences publiques de la CVJR sont une opportunité unique pour les citoyens d’apprendre des expériences des victimes, témoins et survivants de violence de masse, et une occasion pour les victimes d’être reconnues dans leur dignité et soutenue dans leur processus de guérison</em> ». Ce n’est pas tout, la place de cette Commission va encore au-delà. Ces Audiences publiques <em>« contribuent directement à la réconciliation nationale en montrant publiquement la diversité des souffrances et le fait que chacun a été affecté, à diverses périodes, et par-delà les différences politiques, idéologiques, ethniques, ou religieuses</em> ».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Selon le directeur général de l’Avocat sans frontières Canada (<a href="https://www.asfcanada.ca/site/assets/files/7254/2020-12-03_mali_2e-audience-publique.pdf" target="_blank" rel="noreferrer noopener">ASFC</a>), Me Pascal Paradis, « <em>le travail et la présence de la CVJR auprès des personnes et des groupes en situation de vulnérabilité, en particulier les femmes et les filles, ont une valeur inestimable pour la construction d’un Mali juste, inclusif, uni et réconcilié ».</em></p>



<amp-fit-text layout="fixed-height" min-font-size="6" max-font-size="72" height="80"><h3 class="has-black-color has-text-color has-normal-font-size wp-block-heading"><strong>« Soutenir davantage son travail »</strong></h3></amp-fit-text>



<p class="wp-block-paragraph">Malgré son importance avérée, cette Commission reste confrontée à de nombreuses difficultés, déplore Gilles Yabi. De 2012 à nos jours, plusieurs régions du Mali continuent d’être la proie à des conflits persistants. L’instabilité politique au Mali, les contraintes liées à la disponibilité des ressources humaines et financières dans le pays ont eu des impacts considérables sur les travaux de la commission, explique M.&nbsp;Yabi. Selon lui, c’est ce qui explique également le retard observé dans l’ouverture des bureaux de la Commission au niveau régional comme Gao, Tombouctou, Mopti, Ségou ou Kidal.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Bien qu’elle soit confrontée à des difficultés, la CVJR poursuit son combat avec abnégation. Sa deuxième audience publique s’est tenue le 5&nbsp;décembre 2020. Une occasion que la Commission a saisie pour <em>« faire témoigner des victimes sur les violations graves de droit de l’Homme commises au Mali de 1960 à nos jours. » </em>Au total, « <em>12 victimes et 1 témoin clé ont témoigné durant cette deuxième audience</em> ». Selon M. Yabi, la Commission a recueilli au total, dix-huit mille sept cents (18 700) témoignages sur toute l’étendue du territoire malien.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Vue toute l’importance avérée de la CVJR, l’ASFC demande à<em> </em>l’État malien et à la communauté internationale de <em>« reconnaître à nouveau le rôle fondamental de la Commission et à s’engager à soutenir davantage son travail</em> ». Parce que c’est un espoir de paix durable au Mali.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Bakary Fomba</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Le chemin sans retour !</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Phileingora]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 05 Jan 2020 13:53:49 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Éducation]]></category>
		<category><![CDATA[critique à la philosophie]]></category>
		<category><![CDATA[définition de la philosophie]]></category>
		<category><![CDATA[Vérité]]></category>
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<p>Trop de problématiques, trop de débats de caniveau.&#160; On me casse les oreilles à longueur de journée. Les critiques&#160;? Je me suis immunisé contre ces nombreuses critiques qui veulent me&#8230;</p>
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<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-family:'times new roman', times, serif;font-size:14pt;">Trop de problématiques, trop de débats de caniveau.&nbsp; On me casse les oreilles à longueur de journée. Les critiques&nbsp;? Je me suis immunisé contre ces nombreuses critiques qui veulent me faire croire que la philosophie qui n’a pas pu réunir ses propres fils autour d’un seul et même idéal ne réussira pas à convaincre les autres dans la société afin d&rsquo;instaurer un climat de paix et de cohésion sociale. </span>Leur argument, c&rsquo;est que<span style="font-family:'times new roman', times, serif;font-size:14pt;"> chacun défend la position contraire de l’autre et se croit plus dans le vrai que l’autre. Leur paradoxe? Aucun de ces détracteurs n’est en mesure de me dire ce qu’est la vérité. </span></p>


<p class="wp-block-paragraph">A lire aussi: <a href="https://wordpress.com/block-editor/post/phileingora.wordpress.com/99">Moi et la philosophie, une histoire de résistance et de choix</a></p>


<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-family:'times new roman', times, serif;font-size:14pt;">Me voilà surprendre certains d’entre eux autour de la vérité, chacun se mette à me donner un point de vue différent de celui de l’autre. Tout le monde se croit dans le vrai et se bat pour persister dans sa position. </span></p>


<p class="wp-block-paragraph">A lire aussi: <a href="https://wordpress.com/block-editor/post/phileingora.wordpress.com/121">Pourquoi L&rsquo;enfant philosophe</a></p>


<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-family:'times new roman', times, serif;font-size:14pt;">Quelle drogue&nbsp;! À peine déjà quelques minutes, vous me parliez de problèmes d’unanimité et vous voilà incapable d’en arriver autour d’une simple question que celle-ci. Preuve qu’avoir des points de vue divergeant est différente de problème d’entente. Je ne dis pas que vous faites partie de cette discipline noble, mais que vous faites des reproches injustifiés, lesquels rendent  plus fortes ce domaine de la connaissance. </span></p>


<figure class="wp-block-image is-resized"><img fetchpriority="high" decoding="async" src="http://saheltribune.com/wp-content/uploads/2018/09/abe9c-tc3a9lc3a9chargc3a9.png?w=150" alt="" width="588" height="357"/><figcaption> Juger Les Autres Ce N Est Pas S Accepter Soi Meme Aphadolie . Credit photo:  <a href="http://markomilacic.me/">http://markomilacic.me/</a> </figcaption></figure>


<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-family:'times new roman', times, serif;font-size:14pt;">Elle est juste celle qui cultive l’amour de la recherche permanente et partant cultive l’esprit en le rendant capable d’analyser les phénomènes. Elle est la mystérieuse. Si tu ne veux pas être compté parmi elle, ne la critique pas ni en bien ni en mal. </span></p>


<p class="wp-block-paragraph">A lire aussi: <a href="https://wordpress.com/block-editor/post/phileingora.wordpress.com/166">Phileingora ou l&rsquo;espace de recherche citoyenne</a></p>


<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-family:'times new roman', times, serif;font-size:14pt;">Tous les chemins mènent à elle. Voilà qu’est fondé mon amour. Je me retrouve en elle, je l’ai épousé et voilà que je ne peux plus me détacher d’elle. Choisir sa voie, c’est emprunter un chemin sans retour. Elle est le cauchemar de tous les anarchistes, de tous les dictateurs, de tous les violeurs de l’ordre établi.</span></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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