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	<title>Archives des valeurs traditionnelles &#8212; Sahel Tribune</title>
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	<title>Archives des valeurs traditionnelles &#8212; Sahel Tribune</title>
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		<title>Au Mali, les Danbe Kolosibaw gardiens d&#8217;une identité culturelle sous pression</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Sahel Tribune]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 10 Jun 2026 07:26:32 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>
<p>À l’occasion des Journées nationales du patrimoine culturel 2026, le Mali met à l’honneur les Danbe Kolosibaw, gardiens des valeurs traditionnelles et acteurs clés de la transmission du patrimoine culturel face aux défis de la modernité.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Les Journées nationales du Patrimoine culturel, prévues les 18 et 19 juin 2026 à Bamako, mettront à l&rsquo;honneur les « porteurs de dignité » — ces garants traditionnels des valeurs culturelles maliennes. Une initiative qui dit autant sur la fragilité du patrimoine immatériel que sur la volonté des autorités de la Transition d&rsquo;en faire un pilier de l&rsquo;identité nationale.</em></strong><strong></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Ils s&rsquo;appellent les&nbsp;<em>Danbe Kolosibaw</em>&nbsp;— littéralement les «&nbsp;<em>gardiens de la dignité</em>&nbsp;» en bambara. Ce sont les porteurs de valeurs traditionnelles maliennes, héritiers d&rsquo;une longue chaîne de transmission culturelle qui court des empires du Ghana, du Mali et du Songhaï jusqu&rsquo;à nos jours. Le 9 juin 2026, le ministre malien de l&rsquo;Artisanat, de la Culture, de l&rsquo;Industrie hôtelière et du Tourisme, M. Daffe, les a réunis dans ses services à Bamako pour préparer les Journées nationales du Patrimoine culturel, prévues les 18 et 19 juin au Centre international de conférences de Bamako (CICB).</p>



<p class="wp-block-paragraph">La démarche est délibérément participative. Avant de fixer le programme de l&rsquo;événement, le ministre a voulu entendre les associations culturelles — celles qui, sur le terrain, font vivre le patrimoine immatériel malien : les griots, les chasseurs dozo, les groupes d&rsquo;artisans, les associations de transmission des savoirs traditionnels. Les échanges ont permis à ces représentants d&rsquo;exprimer leurs attentes et de formuler des propositions pour enrichir le contenu des Journées.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Les Danbe Kolosibaw : qui sont-ils ?</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le choix du thème de cette édition 2026 — «&nbsp;<em>Rôle et responsabilité du Corps des Danbe Kolosibaw dans la transmission des valeurs du patrimoine culturel</em>&nbsp;» — mérite une explication pour qui n&rsquo;est pas familier de la culture malienne. Les&nbsp;<em>Danbe Kolosibaw</em>&nbsp;sont des figures de la société traditionnelle mandingue chargées de préserver et de transmettre les valeurs morales, sociales et culturelles de la communauté : le respect, la dignité, la solidarité, la gestion des conflits par le dialogue.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces garants de la tradition ne sont pas des fonctionnaires de la culture. Ce sont des personnes désignées par leurs communautés pour incarner, dans leur comportement quotidien, les valeurs que la société juge fondamentales. Ils jouent un rôle comparable à celui des «&nbsp;<em>hommes de parole&nbsp;</em>» documentés par les anthropologues dans toute l&rsquo;Afrique de l&rsquo;Ouest — figures de médiation, de mémoire et de cohésion sociale que la modernisation des sociétés a fragilisées sans les effacer.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« L&rsquo;objectif de cette rencontre est de recueillir les avis et propositions des participants pour une meilleure appropriation de cet événement majeur par les organisations de la société civile culturelle. »</em>, a déclaré&nbsp;le ministre Daffe, lors de la réunion préparatoire des Journées nationales du Patrimoine culturel, le 9 juin 2026.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Un patrimoine sous pression</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">La convocation des Danbe Kolosibaw au cœur des Journées nationales du Patrimoine culturel n&rsquo;est pas anodine. Elle dit quelque chose de l&rsquo;état du patrimoine immatériel malien — un patrimoine sous pression multiple : urbanisation rapide, influence des réseaux sociaux et des cultures numériques globales, déplacements forcés liés à l&rsquo;insécurité qui arrachent des communautés à leurs terroirs et interrompent les chaînes de transmission intergénérationnelle.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le Mali est l&rsquo;un des pays au monde qui possède la plus grande densité de patrimoine culturel immatériel reconnu : les Manuscrits de Tombouctou, le Bogolan, les chants de chasseurs, la musique des Peuls et des Dogon — autant d&rsquo;expressions culturelles inscrites ou candidates aux listes de l&rsquo;UNESCO. Mais la reconnaissance internationale ne suffit pas à assurer la transmission locale. C&rsquo;est précisément ce que les Journées nationales du Patrimoine culturel entendent adresser.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Culture et refondation nationale : un lien assumé</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">La tenue de ces Journées nationales s&rsquo;inscrit dans un contexte politique particulier. Les autorités de la Transition ont fait de la renaissance culturelle l&rsquo;un des piliers de leur projet de refondation nationale. Le Programme national d&rsquo;éducation aux valeurs (PNEV), lancé en 2024, puise dans les mêmes sources que les&nbsp;<em>Danbe Kolosibaw</em>&nbsp;: la Charte de Kurukanfuga, les valeurs de la civilisation mandingue, les principes de cohésion sociale et de respect de l&rsquo;autre codifiés dans les traditions maliennes précoloniales.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette valorisation de l&rsquo;identité culturelle propre s&rsquo;accompagne d&rsquo;un discours de rupture avec les héritages culturels issus de la colonisation — rupture dont le retrait du français comme langue officielle unique dans la nouvelle Constitution de 2023, remplacé par la co-officialité des langues nationales, est l&rsquo;expression institutionnelle la plus visible. Les Journées du Patrimoine culturel participent de la même logique : réancrer l&rsquo;identité nationale dans ses propres racines avant d&rsquo;aller chercher des modèles ailleurs.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette démarche intervient dans le cadre de la période dédiée à la valorisation de «&nbsp;<em>l’éducation et de la culture&nbsp;</em>» par les autorités maliennes de la Transition.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Oumarou Fomba&nbsp;</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Le sinankunya face au monde moderne : la plaisanterie à cousinage survit-elle en ville ?</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Chiencoro]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 07 Jun 2026 00:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>
<p>Valeur centrale du Programme national d’éducation aux valeurs, le sinankunya demeure un puissant mécanisme de cohésion sociale au Mali. </p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Au Mali, cette institution pluriséculaire qui permet à des communautés entières de se moquer les unes des autres sans qu&rsquo;une goutte de sang coule est érigée en valeur cardinale par le Programme National d&rsquo;Éducation aux Valeurs. Mais entre les embouteillages de Bamako, les smartphones et l&rsquo;individualisme ambiant, que reste-t-il du pacte ?</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">La scène se passe à un carrefour de Bamako, côté Lafiabougou. Deux hommes viennent de se rentrer dedans avec leurs motos. Casques inexistants, jurons immédiats. L&rsquo;un lance le nom de l&rsquo;autre. L&rsquo;autre reconnaît une terminaison patronymique. Un silence d&rsquo;une demi-seconde. Puis les deux éclatent de rire — parce qu&rsquo;ils sont&nbsp;<em>sinanku</em>, cousins à plaisanterie. Ils se mettent à s&rsquo;insulter avec une tendresse qui déroute les passants non initiés. La dispute s&rsquo;évapore. Les motos repartent.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce genre de scène existe encore. Mais de moins en moins. Et c&rsquo;est précisément ce rétrécissement-là qui inquiète les rédacteurs du Programme National d&rsquo;Éducation aux Valeurs (PNEV) malien, lancé par les autorités de la Transition. Le texte cite le&nbsp;<em>sinankunya</em>&nbsp;parmi les «&nbsp;<em>valeurs existentielles</em>&nbsp;» du pays, aux côtés de la solidarité, de l&rsquo;hospitalité et de l&rsquo;honnêteté. Autrement dit : le considère comme un pilier de la cohésion nationale, pas comme un folklore pittoresque.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La question est de savoir si ce pilier tient encore le plafond.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Un pacte sacré déguisé en dérision</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Avant de se demander ce qu&rsquo;il devient, rappelons ce qu&rsquo;il est. Le&nbsp;<em>sinankunya</em>&nbsp;— ou&nbsp;<em>sanankuya</em>&nbsp;selon les langues — est traduit dans le PNEV comme «&nbsp;<em>parenté à plaisanterie</em>&nbsp;». La formule est juste mais réductrice. Il s&rsquo;agit en réalité, selon le document, d&rsquo;un «&nbsp;<em>pacte d&rsquo;alliance et de non-agression érigé en lien de parenté, associé à un jeu de dérision mutuelle, chacun se retrouvant en l&rsquo;autre</em>&nbsp;». Un traité de paix déguisé en joute verbale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ses fondements sont anciens et divers. Entre certains patronymes, l&rsquo;alliance est héréditaire : les Traoré et les Diarra se charient depuis des siècles, les Coulibaly et les Fomba aussi, les Bozo et les Dogon partagent un cousinage légendaire né des rives du fleuve Niger. Entre certaines communautés, elle est ethnique : Peuls et Bambaras, Soninké et Maures, Sénoufo et Dioula s&rsquo;y adonnent selon des codes propres, transmis oralement de génération en génération. Elle peut aussi être géographique, entre villages voisins dont l&rsquo;histoire a forgé des liens d&rsquo;alliance et de complémentarité économique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans tous les cas, le mécanisme est le même : l&rsquo;insulte ritualisée est permise, voire obligatoire. «&nbsp;<em>Tu es mon esclave</em>&nbsp;», «&nbsp;<em>vous mangez des lézards</em>&nbsp;», «&nbsp;<em>vous êtes des consommateurs du haricot</em>&nbsp;», «&nbsp;<em>vous n&rsquo;êtes bons qu&rsquo;à garder les chèvres</em>&nbsp;» — autant de formules qui, dans un autre contexte, déclencheraient une bagarre, et qui ici appellent une réponse du même tonneau, dans le rire. L&rsquo;anthropologue Germaine Dieterlen, qui avait étudié ces pratiques chez les Dogon dans les années 1940, avait été frappée par leur capacité à désamorcer les tensions que d&rsquo;autres sociétés règlent par la violence.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Un amortisseur de conflits à grande échelle</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Ce qui fait la spécificité du&nbsp;<em>sinankunya</em>&nbsp;par rapport à d&rsquo;autres formes de plaisanterie culturelle dans le monde, c&rsquo;est son ancrage institutionnel. Il n&rsquo;est pas une blague. C&rsquo;est un droit et un devoir codifiés, assortis d&rsquo;obligations précises. Le PNEV le décrit comme «&nbsp;<em>un formidable moyen de médiation sociale, qui participe des mécanismes traditionnels vivants de résolution des conflits à toutes les échelles</em>&nbsp;». Le mot «&nbsp;<em>vivants</em>&nbsp;» mérite attention — les rédacteurs y croient encore.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et l&rsquo;histoire leur donne des raisons d&rsquo;y croire. Des chercheurs ont documenté des situations de tension intercommunautaire — disputes foncières, palabres entre villages, froissements de prestige — où l&rsquo;invocation du&nbsp;<em>sinankunya</em>&nbsp;entre protagonistes a suffi à désamorcer ce qui menaçait de dégénérer. L&rsquo;humour comme soupape. La dérision comme traité de paix. La moquerie comme sauf-conduit diplomatique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans le contexte malien actuel, marqué par des années de crise sécuritaire et une véritable guerre informationnelle, la valeur opérationnelle de ce mécanisme n&rsquo;est pas seulement symbolique. Elle est potentiellement vitale.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Bamako, broyeuse de pactes</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Mais voilà le problème : Bamako n&rsquo;est pas un village. Et c&rsquo;est dans les villes que se joue désormais la majorité de la vie sociale malienne. La capitale a quintuplé de population en trente ans. Elle abrite aujourd&rsquo;hui plus de trois millions de personnes venues de tous les horizons du pays — et au-delà. Dans cet espace urbain saturé, anonyme, où l&rsquo;on ne sait pas toujours qui est son voisin de palier, encore moins son patronyme, le&nbsp;<em>sinankunya</em>&nbsp;perd sa condition d&rsquo;existence première : la connaissance de l&rsquo;autre.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Car le pacte repose sur la reconnaissance. Pour plaisanter avec quelqu&rsquo;un, encore faut-il savoir qu&rsquo;on est son&nbsp;<em>sinanku</em>. Or dans les quartiers populaires de Bamako — Banconi, Sogoniko, Yirimadio —, les gens se croisent sans se voir, travaillent ensemble sans jamais apprendre d&rsquo;où ils viennent. La mobilité sociale brasse les patronymes mais dilue les codes. Un Keïta né à Bamako de parents originaires de Ségou et éduqué dans une école française peut très bien ne jamais avoir appris avec qui sa famille partage un cousinage.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le PNEV le reconnaît à demi-mot : «&nbsp;<em>l&rsquo;effritement de l&rsquo;autorité parentale</em>&nbsp;» et les transformations urbaines ont «&nbsp;<em>sérieusement affecté nos valeurs culturelles fondamentales comme le cousinage, la solidarité et l&rsquo;entraide</em>&nbsp;». Le cousinage vient en premier dans la liste. Ce n&rsquo;est pas un hasard.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Le smartphone ne sait pas jouer à ça</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Il y a aussi la question des écrans. Le&nbsp;<em>sinankunya</em>&nbsp;est une pratique de présence physique. Son efficacité sociale tient précisément à ce qu&rsquo;elle se déploie en public, devant témoins, dans un espace partagé. La plaisanterie prend son sens dans le regard des autres — qui rient, qui valident, qui rappellent les règles si quelqu&rsquo;un dépasse les bornes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Or la sociabilité numérique, qui a colonisé une large part du temps social des jeunes Maliens, obéit à d&rsquo;autres logiques. On ne sait pas encore très bien comment plaisanter sur WhatsApp avec son cousin-à-plaisanterie — surtout quand on n&rsquo;a jamais appris qu&rsquo;il l&rsquo;était. Les mèmes, les GIF, les stories ne véhiculent pas les codes du&nbsp;<em>sinankunya</em>. Et ce qui ne passe pas par les écrans finit, pour une génération entière, par n&rsquo;exister que vaguement.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il y a là un paradoxe que les autorités maliennes perçoivent sans toujours savoir comment l&rsquo;adresser : comment numériser quelque chose qui n&rsquo;existe que dans le corps-à-corps, dans la voix, dans le geste, dans l&rsquo;espace commun de la rue ou du marché ?</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Résistances et réinventions</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Pourtant, le&nbsp;<em>sinankunya</em>&nbsp;n&rsquo;est pas mort. Loin de là. Il se pratique encore, intensément, dans les cérémonies familiales — mariages, baptêmes, funérailles — où les retrouvailles entre cousins à plaisanterie donnent lieu à des joutes verbales d&rsquo;une inventivité parfois vertigineuse. Il survit aussi dans certaines professions où la sociabilité est dense : les marchés, les transports en commun, certains milieux associatifs. Des griots en font même une spécialité, rappelant publiquement les alliances lors des grands rassemblements.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Plus surprenant : des formes de&nbsp;<em>sinankunya</em>&nbsp;ont émergé entre groupes ethniques que la crise sécuritaire avait mis en tension. Des initiatives de réconciliation intercommunautaire, notamment dans le centre du Mali, ont délibérément convoqué le mécanisme traditionnel pour créer un espace de parole détendue entre communautés dont les relations s&rsquo;étaient crispées. La plaisanterie comme thérapie collective. L&rsquo;insulte ritualisée comme première étape vers le dialogue.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est d&rsquo;ailleurs sur ce terrain-là que le PNEV place ses espoirs les plus explicites : le&nbsp;<em>sinankunya</em>&nbsp;y est présenté non seulement comme un héritage à préserver, mais comme un «&nbsp;<em>instrument vivant de résolution des conflits&nbsp;</em>», mobilisable aujourd&rsquo;hui à toutes les échelles, du quartier au pays.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Un pari sur la transmission</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le vrai défi n&rsquo;est pas de défendre le&nbsp;<em>sinankunya</em>&nbsp;contre la modernité. C&rsquo;est de l&rsquo;enseigner à une génération qui ne l&rsquo;a pas reçu naturellement. C&rsquo;est là que le PNEV tente quelque chose d&rsquo;ambitieux : intégrer ces mécanismes sociaux traditionnels dans les curricula scolaires, en faire une matière vivante plutôt qu&rsquo;un chapitre de manuel, et redonner aux griots, aux aînés et aux associations culturelles les moyens de les transmettre.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le pari est plausible. Des recherches menées dans d&rsquo;autres contextes africains montrent que les pratiques culturelles de régulation sociale résistent bien mieux qu&rsquo;on ne le croit à l&rsquo;urbanisation — à condition qu&rsquo;elles soient nommées, valorisées, expliquées. Ce qui disparaît, ce n&rsquo;est pas toujours la pratique. C&rsquo;est parfois seulement la conscience de ce qu&rsquo;elle signifie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le&nbsp;<em>sinankunya</em>, ça ne s&rsquo;apprend pas dans un livre. Ça s&rsquo;apprend en riant. Sans doute. Mais encore faut-il savoir avec qui rire, et pourquoi. Et ça, c&rsquo;est précisément ce que l&rsquo;école, la famille et la société ont, depuis quelques décennies, cessé d&rsquo;enseigner. Le reste viendra peut-être tout seul.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Chiencoro Diarra&nbsp;</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Biennale artistique et culturelle Tombouctou 2025 : l’ordre de passage des troupes dévoilé  </title>
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		<dc:creator><![CDATA[Ibrahim Kalifa Djitteye]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 21 Nov 2025 10:58:35 +0000</pubDate>
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<p>La Biennale Artistique et Culturelle Tombouctou 2025 met en avant les talents régionaux. Un événement à ne pas manquer!</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em><strong><em>La cité des 333 saints a accueilli, dans la salle de la Chambre de Commerce et d’Industrie, la cérémonie officielle de tirage au sort des vingt troupes régionales pour la Biennale Artistique et Culturelle 2025. Placé sous le patronage du ministre de l’Artisanat, de la Culture, de l’Industrie hôtelière et du Tourisme, Mamou&nbsp;</em></strong></em></strong><strong><em><strong><em>Daffé</em></strong></em></strong><strong><em><strong><em>, représenté par Alamouta&nbsp;</em></strong></em></strong><strong><em><strong><em>Dagnoko,</em></strong></em></strong><strong><em><strong><em>&nbsp;</em></strong></em></strong><strong><em><strong><em>d</em></strong></em></strong><strong><em><strong><em>irecteur National de l’Action Culturelle, l’événement s’est déroulé sous la présidence du&nbsp;</em></strong></em></strong><strong><em><strong><em>g</em></strong></em></strong><strong><em><strong><em>ouverneur de la région, Bankou Kanté. &nbsp;</em></strong></em></strong><strong><em><strong><em></em></strong></em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Autorités administratives, politiques et coutumières étaient présentes, aux côtés d’une foule enthousiaste, témoignant de l’importance de ce rendez-vous culturel. La cérémonie s’est ouverte par un mot de bienvenue du représentant du Président de la délégation spéciale de la commune urbaine. Celui-ci a&nbsp;rappelé&nbsp;l’hospitalité légendaire de Tombouctou. Un moment de recueillement a ensuite marqué les esprits : une minute de silence en hommage à feue Mariam Cissé, bloqueuse tragiquement assassinée la semaine précédente. &nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’orchestre régional, Diaba régional, a offert un intermède musical. Toute chose qui a&nbsp;plongé&nbsp;l’assistance dans l’atmosphère artistique de la Biennale. Ce lancement solennel, empreint de dignité et de ferveur, a donné le ton d’une édition placée sous le signe de la cohésion et du respect des valeurs culturelles. &nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-transparence-et-equite-au-coeur-du-tirage"><strong>Transparence et équité au cœur du tirage</strong><strong></strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Dans son allocution, Alamouta&nbsp;Dagnoko&nbsp;a transmis les salutations du ministre Mamou&nbsp;Daffé&nbsp;et a salué l’accueil réservé à la délégation venue de Bamako. Il a rappelé l’importance du projet Mali Culture, symbole du renouveau et de la modernisation du secteur. Par une image parlante,«&nbsp;<em>le karité dans son récipient&nbsp;</em>» – il a insisté sur la nécessité de valoriser les richesses culturelles déjà présentes au Mali. &nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le&nbsp;directeur&nbsp;national de l’Action&nbsp;culturelle a ensuite détaillé la méthodologie du tirage au sort, conçue pour garantir un ordre de passage équitable et transparent entre les 19 régions et le District de Bamako. Le moment le plus marquant fut le tirage confié à Nana Dicko, une fillette de 4 ans, dont la candeur a incarné l’impartialité du processus. &nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Sous les acclamations du public, elle a tiré un à un les noms des délégations participantes. L’ordre de passage établi fut le suivant : Bandiagara, Ségou, Bamako, Koutiala, Kita, San, Kayes, Bougouni, Nara, Sikasso, Ménaka, Kidal, Dioïla, Mopti, Nioro, Gao, Tombouctou, Taoudéni, Douentza et Koulikoro. La salle comble témoignait de l’engouement exceptionnel de la population. Cela&nbsp;illustre&nbsp;l’attachement profond des Tombouctiens à la Biennale. &nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-engagement-des-autorites-et-mobilisation-populaire"><strong>Engagement des autorités et mobilisation populaire</strong><strong></strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le&nbsp;gouverneur Bankou Kanté a exprimé sa grande fierté face à cette cérémonie exemplaire. Pour lui, «&nbsp;<em>le tirage a été fait dans la transparence et Tombouctou réussira l’organisation de cette Biennale&nbsp;</em>». Il a invité la population à une mobilisation totale autour de ce grand rendez-vous culturel, pilier du vivre-ensemble malien. &nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans son discours, il a salué les plus hautes autorités du pays, notamment le Général d’Armée Assimi&nbsp;Goïta, Président de la Transition, pour leur soutien constant à la culture. Son message s’est conclu par un vœu de paix et de cohésion retrouvée. Il a&nbsp;exprimé&nbsp;l’espoir que la Biennale 2025 se déroule dans un Mali apaisé. &nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Placée sous la présidence du&nbsp;gouverneur et nourrie d’une participation populaire impressionnante, cette cérémonie augure une édition grandiose. La cité mystérieuse et majestueuse des 333 saints se prépare à célébrer, comme elle sait si bien le faire, la grandeur de la culture malienne. &nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-une-biennale-2025-prometteuse"><strong>Une Biennale 2025 prometteuse</strong><strong></strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Entre recueillement, transparence et ferveur populaire, Tombouctou a donné le ton d’une Biennale qui s’annonce exceptionnelle. L’édition 2025 sera l’occasion de mettre en lumière la richesse des expressions artistiques régionales et de renforcer les liens entre les communautés dans un Mali apaisé. &nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">La Biennale Artistique et Culturelle, au-delà de sa dimension festive, demeure un symbole d’unité nationale et de diversité culturelle. Elle incarne la volonté des autorités et des populations de préserver et de promouvoir le patrimoine malien, tout en ouvrant la voie à l’innovation et à la modernisation du secteur. &nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Portée par la ferveur des Tombouctiens et l’engagement des institutions, l’édition 2025 promet d’être grandiose. Elle sera l’occasion de célébrer la grandeur de la culture malienne dans un Mali de paix et de cohésion retrouvée.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Ibrahim Kalifa Djitteye&nbsp;</strong><strong></strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Journée nationale des Légitimités traditionnelles : Un hommage vibrant aux piliers culturels du Mali</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Ibrahim Kalifa Djitteye]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 12 Nov 2025 07:48:15 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>
<p>La Journée nationale des Légitimités traditionnelles met en lumière l'importance des légitimités dans notre communauté.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>La salle Djeli Baba Sissoko du Centre International de Conférences de Bamako (CICB) a abrité ce mardi 11 novembre 2025, la cérémonie d’ouverture de la 4<sup>e</sup>&nbsp;édition de la Journée Nationale des Autorités et Légitimités Traditionnelles. Placée sous la haute présidence du Général d’Armée Assimi Goïta, Président de la Transition, la cérémonie a été présidée par le Premier ministre, le Général de division Abdoulaye Maïga. Elle a réuni autour de lui le ministre de l’Artisanat, de la Culture, de l’Industrie hôtelière et du Tourisme, Mamou Daffé, plusieurs membres du gouvernement, ainsi que de nombreuses autorités administratives, coutumières, religieuses et légitimités traditionnelles.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Instituée par le décret n°2022-0128/PT-RM du 04 mars 2022, cette journée du 11 novembre est désormais consacrée à la reconnaissance du rôle fondamental des légitimités traditionnelles dans la vie communautaire et nationale. L’édition 2025, organisée par le ministère de l’Artisanat, de la Culture, de l’Industrie hôtelière et du Tourisme, s’inscrit dans le cadre de l’Année de la Culture au Mali, décrétée par le Président de la Transition. Elle est placée sous le thème : «&nbsp;<em>Rôle et responsabilité des Autorités et Légitimités traditionnelles dans l’éducation et la construction du Maliden Kura&nbsp;</em>».</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-une-journee-dediee-a-la-reconnaissance-et-a-la-transmission"><strong>Une journée dédiée à la reconnaissance et à la transmission</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Ce thème, porteur de sens, met en lumière la volonté politique de valoriser les repères identitaires, de renforcer la cohésion sociale et de promouvoir la transmission des valeurs endogènes. Il s’inscrit dans une dynamique de refondation nationale, où les traditions ne sont plus perçues comme des vestiges du passé, mais comme des leviers pour bâtir un avenir enraciné dans la souveraineté culturelle.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans son allocution, le Premier ministre Abdoulaye Maïga a salué la reconnaissance des légitimités traditionnelles dans la nouvelle Constitution. Il a souligné que «&nbsp;<em>l’État reconnaît le rôle central des autorités et légitimités traditionnelles dans la refondation du pays</em>&nbsp;». Cette reconnaissance institutionnelle marque une étape décisive dans le renforcement du vivre-ensemble et de la paix sociale, en intégrant les acteurs coutumiers dans les mécanismes de gouvernance et d’éducation citoyenne.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-conferences-debats-et-engagements-citoyens"><strong>Conférences, débats et engagements citoyens</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">En marge de la cérémonie, plusieurs activités ont été programmées : conférences-débats, projections documentaires, jeux-concours et consultations médicales. Ces initiatives visent à renforcer la contribution des autorités traditionnelles à l’éducation citoyenne et à la défense des valeurs culturelles.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La première conférence-débat de la journée a été animée par des figures intellectuelles et traditionnelles telles que M. Seydou Traoré, le Professeur Samba NIARÉ, Bourama SOUMANO, Salia MALE et M. Fodé Moussa SIDIBÉ, autour du thème&nbsp;retenu pour cette édition.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les échanges ont porté sur l’implication des autorités coutumières dans la mise en œuvre du Programme Présidentiel de Développement de la Culture et du projet Maliden Kura. Ce dernier, initié par le Président Assimi Goïta, vise à forger un nouveau type de citoyen malien, enraciné dans les valeurs de souveraineté et de renaissance culturelle.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-nbsp-maaya-nbsp-et-nbsp-danbe-nbsp-des-valeurs-a-transmettre"><strong>«&nbsp;Maaya&nbsp;» et «&nbsp;Danbé&nbsp;», des valeurs à transmettre</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Les intervenants ont unanimement souligné l’urgence de mieux faire connaître et transmettre les valeurs fondamentales du Maaya (humanisme malien) et du Danbé (dignité et honneur) aux générations actuelles et futures. Ces principes, porteurs de cohésion et de respect mutuel, sont au cœur du projet de refondation citoyenne.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les débats, interactifs et riches en recommandations, ont mis en lumière le rôle essentiel des légitimités traditionnelles dans la construction d’un Mali réconcilié avec ses fondements culturels. En replaçant les autorités coutumières au centre du processus éducatif et identitaire, cette journée nationale affirme une vision inclusive et enracinée du développement.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La Journée nationale des Autorités et Légitimités Traditionnelles 2025 aura été bien plus qu’une célébration. Elle sera un moment de convergence entre tradition et modernité, entre mémoire et avenir. Elle aura réaffirmé que le Mali Den Kura, ce Mali nouveau en gestation, ne saurait se construire sans ses piliers culturels, ses repères identitaires et ses sages porteurs de mémoire.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Ibrahim Kalifa Djitteye&nbsp;</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Le Mali face à lui-même</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Fousseni TOGOLA]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 28 Jul 2025 00:00:00 +0000</pubDate>
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<p>Adoptée en 2025, la Charte nationale pour la paix et la réconciliation au Mali remet à l'honneur les mécanismes endogènes de résolution des conflits. Parenté à plaisanterie, palabre, respect des anciens : autant de valeurs ancestrales que le pays veut réactiver pour consolider sa cohésion sociale.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>À l’heure où le Mali cherche à recoudre son tissu social déchiré par des années de violences, la Charte nationale pour la paix et la réconciliation sonne comme un retour aux sources. En réhabilitant les mécanismes endogènes de résolution des conflits — palabre, cousinage à plaisanterie, respect des aînés — ce texte marque une tentative assumée de synthèse entre valeurs traditionnelles et institutions modernes. Un pari ambitieux sur l’âme malienne, que seule une appropriation collective pourra transformer en levier durable de stabilité.</em></strong><strong></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">En remettant, le 21 juillet 2025, au Centre international de conférences de Bamako (CICB), le projet de <em>charte nationale pour la paix et la réconciliation</em> au président de la Transition, l’ancien Premier ministre Ousmane Issoufi Maïga n’a pas simplement transmis un texte. Il a formulé, à travers un vocabulaire d’une densité rare, une sorte de pacte moral avec l’histoire, une tentative de reconquête des fondations profondes de la société malienne. « <em>La charte nationale souligne la nécessité de résoudre les crises et les conflits en privilégiant les modes alternatifs et les mécanismes endogènes de prévention, de gestion et de règlement des conflits qui ont montré leur efficacité </em>», a-t-il déclaré, dans un souffle où perçait la nostalgie d’un ordre ancien que les convulsions modernes ont ébranlé.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-la-sagesse-parle-toujours-d-une-meme-voix"><strong>La sagesse parle toujours d’une même voix</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Mais au-delà de cette volonté de restaurer des équilibres perdus, c’est à un véritable manifeste de civilisation qu’on assiste. «&nbsp;<em>Pour ce faire, elle met en exergue certaines valeurs partagées de la Nation : les alliances et la parenté à plaisanterie, l’autorité des parents, la conscience professionnelle, le dialogue, la dignité, l’honneur, le pardon, le patriotisme, le respect des aînés, la solidarité, la tolérance, l’hospitalité, l’humanitude, l’humilité, la loyauté, le multilinguisme, le travail et la vertu&nbsp;</em>», a encore précisé le président de la commission de rédaction, énumérant ce qui pourrait s’apparenter à une charte morale de l’âme malienne.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Car l’Afrique — et le Mali en particulier — n’a pas attendu la&nbsp;<em>Déclaration universelle des droits de l’homme</em>pour inventer des moyens de gérer les tensions et les désaccords. Le conflit n’est pas un champ de bataille, mais un désordre à rééquilibrer ; la parole, un instrument de justice. Comme l’écrivait Amadou Hampâté Bâ en prêtant ses mots à son maître Thierno Bokar, «&nbsp;<em>tous les maux de nos sociétés se résument à l’intolérance et l’incompréhension&nbsp;</em>».&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce constat trouve un écho inattendu chez un penseur à l’opposé du monde mandingue : Karl Popper. Dans son œuvre sur la «&nbsp;<em>société ouverte</em>&nbsp;», ce philosophe austro-britannique, souvent cité mais rarement médité en Afrique, écrivait que la discussion rationnelle est «&nbsp;<em>le meilleur antidote aux conflits</em>&nbsp;». Là encore, l’écoute, le débat contradictoire, la recherche de solutions collectives sont au fondement de la paix durable. De Mopti à Vienne, du Mandé à Oxford, la sagesse, semble-t-il, parle toujours d’une même voix.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-faire-une-synthese-des-valeurs-anciennes-avec-les-nouvelles-nbsp"><strong>Faire une « synthèse » des valeurs anciennes avec les nouvelles&nbsp;</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">À ce legs immatériel, il faut ajouter l’intelligence des sociétés d’initiation, creusets de formation civique et morale. Ces espaces, aujourd’hui négligés voire marginalisés, ont pourtant façonné des générations de jeunes Maliens avec une conscience aiguë de leur place dans la communauté. L’amitié scellée entre «<em> camarades d’initiation </em>» valait tous les contrats écrits. On ne tuait pas un frère, mais dialoguait en vue de  trancher ensemble, au nom du groupe.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans le Mali traditionnel, le «&nbsp;<em>ne me fais pas honte</em>&nbsp;» du vieillard ou encore «&nbsp;<em>mieux vaut la mort que la honte</em>&nbsp;» valait bien plus que mille injonctions légales. Les sociétés d’initiation, les alliances à plaisanterie, les mariages stratégiques entre familles étaient autant de garde-fous qui faisaient du tissu social un filet résilient.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce projet de charte ne vise donc pas à faire table rase du présent, ni à idéaliser un passé figé dans l’imaginaire. Il ne s’agit pas d’un retour à l’âge du griot-roi, mais d’une démarche de «&nbsp;<em>synthèse</em>&nbsp;». Une démarche que ne renierait pas Kwamé Nkrumah, qui, au lendemain de l’indépendance du Ghana, appelait à fusionner les vertus du monde ancien avec les exigences de la modernité. Le Mali post-crise, le Mali en transition, s’inscrit dans ce sillon. Il ne s’agit pas de nier l’utilité des institutions modernes, mais de leur injecter une âme. De faire une «&nbsp;<em>synthèse</em>&nbsp;» des valeurs anciennes avec les nouvelles afin d’avoir des valeurs plus fortes permettant de mieux réguler la société et la transformer en havre de paix.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-la-depersonnalisation-du-nbsp-sujet-francais-nbsp-nbsp"><strong>La dépersonnalisation du «&nbsp;sujet français&nbsp;»&nbsp;</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Mais pour que cette charte ne reste pas un texte solennel relégué dans les tiroirs de la République, encore faut-il qu’elle vive, qu’elle circule, qu’elle s’incarne. Cela suppose une pédagogie inédite. Une fois son adoption, il serait indispensable, vu que les «&nbsp;<em>sociétés secrètes</em>&nbsp;» sont mortes dans la plupart de nos contrées, d’enseigner ce document dans nos écoles, nos espaces publics de discussion, à travers les médias, mais aussi impliquer les autorités et légitimités traditionnelles pour une large appropriation de son contenu. Toutefois, à quoi bon écrire la paix si personne ne l’apprend, ne l’entend, ne la prononce ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce processus est d’autant très important qu’il fera taire les détracteurs qui essaient de faire croire que le processus de rédaction de ce projet a été exclusif. Pourtant, à en croire les différents discours lors de la remise du projet au président de la transition, toutes les couches ont été impliqués.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il faut aussi oser poser la question dérangeante : si les sociétés anciennes étaient si fortes, qu’est-ce qui a bien pu entraîner leur décadence ? La réponse tient à la longue ombre de la colonisation. Non, elle ne fut jamais une entreprise philanthropique, si ce n’est dans les déclarations de ses commis. Le projet colonial, dans sa matrice la plus intime, fut un projet de substitution culturelle. Il fallait déraciner pour mieux régner. Il suffit d’analyser la littérature classique africaine pour s’en convaincre&nbsp;: «&nbsp;<em>Le colonisateur a voulu avoir de “purs produits intellectuels de la culture française”. Pour ce faire, il a entrepris de “nous vider de nous-mêmes pour nous emplir des manières d’être, d’agir et de penser du colonisateur”.&nbsp;</em>», pour reprendre Amadou Hampaté Bâ.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et cela a, en partie, réussi. «&nbsp;<em>On ne peut dire que, dans notre cas, cette politique ait toujours échoué. À une certaine époque, la dépersonnalisation du “sujet français” dûment scolarisé et instruit était telle, en effet, qu’il ne demandait plus qu’une chose : devenir la copie conforme du colonisateur, au point d’adopter sa coutume, sa cuisine, souvent sa religion et parfois même ses tics.</em>&nbsp;» Loin d’être de simples anecdotes, ces comportements traduisent une aliénation qui a désarticulé les repères fondateurs de nos sociétés.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-il-est-impossible-de-proposer-un-systeme-tout-fait"><strong>« Il est impossible de proposer un système tout fait. »</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">L’accoutumance a la peau dure, dit-on. Et même après l’indépendance, les réflexes sont restés. L’État africain postcolonial a souvent été une pâle copie de l’État jacobin français, décalé, vertical, déconnecté. Mais voilà qu’aujourd’hui, sous l’effet d’un désenchantement global, d’une crise de légitimité politique et d’une résilience populaire, des nations comme le Mali tentent un virage. Le départ de la France, les réformes constitutionnelles, la montée d’un souverainisme culturel assumé… Tout cela participe d’un chantier plus vaste : celui de la reconquête de soi. Non pas en rejetant en bloc l’apport occidental, mais en procédant par synthèse.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et ce que disait François Mitterrand à La Baule, en 1990, dans son discours sur la démocratisation de l’Afrique, n’en est que plus éclairant : «&nbsp;<em>La France n’a pas à dicter je ne sais quelle loi constitutionnelle qui s’imposerait de facto à l’ensemble de peuples qui ont leur propre conscience et leur propre histoire et qui doivent savoir comment se diriger vers le principe universel qu’est la démocratie.</em>&nbsp;» Avant d’ajouter : «&nbsp;<em>Il est impossible de proposer un système tout fait.&nbsp;</em>» Voilà qui devrait faire réfléchir ceux qui, à Paris, Bruxelles ou Washington, confondent démocratie et «&nbsp;<em>copy-paste institutionnel</em>&nbsp;».</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-ce-qui-vaut-pour-la-politique-vaut-pour-la-societe"><strong>Ce qui vaut pour la politique vaut pour la société</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">À travers l’Afrique, des traditions ancestrales de résolution des conflits — du Rwanda à l’Éthiopie, du Soudan à la Tanzanie — démontrent que la paix durable ne se décrète pas uniquement par le droit positif, mais se tisse dans les fibres vivantes de la communauté. Qu’il s’agisse des juridictions «&nbsp;<em>Gacaca</em>&nbsp;» rwandaises, du système «&nbsp;<em>Gadaa des Oromo</em>&nbsp;» ou des médiations foncières en Tanzanie, ces dispositifs endogènes privilégient la vérité, la réparation et la cohésion sociale, là où les mécanismes étatiques échouent souvent. Ils prouvent, en somme, que la sagesse des anciens, la parole échangée et la justice enracinée dans les cultures locales restent des leviers puissants pour restaurer la paix et prévenir les ruptures sociales.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La démocratie ne se résume pas à des urnes et des bulletins de vote. Elle s’incarne aussi dans des valeurs partagées, dans un socle culturel accepté. Et ce socle, au Mali, ce sont ces vertus que la charte vient rappeler : l’humilité, le dialogue, le sens de l’honneur, le respect des anciens, la capacité à pardonner.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce qui vaut pour la politique vaut pour la société. La charte nationale pour la paix et la réconciliation ne prétend pas imposer un système, mais raviver un esprit. Celui d’un Mali réconcilié avec lui-même, lucide sur son histoire, et résolument tourné vers un avenir pacifié. Si l’on veut que demain ne ressemble pas à hier, il faudra plus qu’un texte. Il faudra une pédagogie du respect, une volonté partagée, et un courage moral.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et c’est là, précisément, que tout commence.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Fousseni Togola&nbsp;</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Les écoles coraniques au Mali : Un pont entre tradition et modernité face aux défis contemporains</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Bakary FOMBA]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 05 Jul 2025 09:01:39 +0000</pubDate>
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<p>Les écoles coraniques au Mali : un pilier culturel face aux défis contemporains et à l'évolution des traditions éducatives.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Dans les villages et quartiers maliens, où la terre rouge s’étend à perte de vue, le son des enfants récitant le Coran rythme les journées. Ces voix, portées par le souffle des générations passées, racontent une histoire vieille de plusieurs siècles.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Au Mali, les écoles coraniques, appelées medersas ou daaras, sont bien plus qu’un lieu d’apprentissage religieux ; elles incarnent un héritage séculaire et un pilier culturel. Mais aujourd’hui, ces institutions se trouvent à la croisée des chemins, confrontées aux pressions de la modernité. Elles doivent naviguer entre préservation de leurs traditions et adaptation aux réalités d’un monde en mutation. Entre défis et résilience, quel avenir pour ces écoles qui façonnent encore des générations de Maliens ?</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-un-heritage-millenaire"><strong>Un héritage millénaire</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Les écoles coraniques existent au Mali depuis l’époque glorieuse des grands empires précoloniaux, tels que celui du Mali sous Soundiata Keïta (XIIIe&nbsp;siècle) et celui de Songhaï sous Askia Mohamed (XVe&nbsp;siècle). À cette époque, elles étaient des centres d’excellence pour la transmission des connaissances islamiques, mais aussi pour l’apprentissage des sciences, de la littérature et des arts. Des villes comme Tombouctou, Djenné et Gao étaient des phares intellectuels, accueillant des savants venus de tout le monde musulman.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Aujourd’hui encore, ces écoles jouent un rôle fondamental dans la société malienne. Selon une étude de 2019 menée par l’UNESCO, près de 30&nbsp;% des enfants en âge scolaire au Mali fréquentent des écoles coraniques, soit environ 1,5&nbsp;million d’enfants. Elles offrent une éducation accessible, souvent gratuite, et ancrée dans les valeurs religieuses et morales.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-rigueur-et-spiritualite"><strong>Rigueur et spiritualité</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le modèle pédagogique des medersas repose sur une discipline stricte et une méthode de mémorisation intensive. Sous la supervision d’un marabout, les élèves, appelés talibés, apprennent à réciter le Coran par cœur, lettre par lettre, verset par verset. Ce processus exige patience, dévotion et persévérance. Pour certains, il s’agit d’une quête spirituelle, tandis que pour leurs parents, c’est une manière de garantir une éducation morale et religieuse à leurs enfants.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« Mon fils est ici pour apprendre la religion et être un bon musulman »,</em>&nbsp;explique Amadou Traoré, un agriculteur de Banco, dans la région de Dioïla.&nbsp;<em>« Je ne peux pas payer les frais de scolarité des grandes écoles, alors je préfère qu’il soit dans une medersa où il apprendra aussi à respecter Dieu et les autres »,&nbsp;</em>ajoute-t-il.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-les-defis-contemporains"><strong>Les défis contemporains</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Depuis la crise multidimensionnelle qui secoue le Mali depuis 2012, marquée par des attaques terroristes, des conflits intercommunautaires et une instabilité politique persistante, les écoles coraniques ont été durement touchées. Dans les régions du centre et du nord, où les violences sont omniprésentes, de nombreuses écoles ont fermé leurs portes ou ont été délocalisées.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« Avant, nous étions 80&nbsp;élèves ici, mais maintenant, il n’y en a plus que 20 »</em>, déplore Oumar Diallo, un marabout basé dans la région de Tombouctou.&nbsp;<em>« Les familles fuient les violences, et certains enfants doivent travailler pour aider leurs parents. »</em>&nbsp;Les talibés, souvent vulnérables, deviennent des cibles faciles pour les groupes armés qui recrutent des enfants soldats.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La pauvreté reste un autre obstacle majeur. Dans de nombreuses écoles coraniques, les enfants sont envoyés mendier dans les rues pour subvenir aux besoins de leur école. Cette pratique, bien que critiquée, est souvent perçue comme une nécessité par les communautés locales.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« Nous savons que cela peut choquer, mais c’est une réalité »,</em>&nbsp;admet Aïcha Konaté, enseignante à Ségou.&nbsp;<em>« Les familles n’ont pas toujours les moyens de soutenir financièrement les medersas, et sans cette contribution, certaines écoles risquent de fermer ».</em></p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-tradition-versus-modernite"><strong>Tradition versus modernité</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Avec l’essor des systèmes scolaires modernes, les écoles coraniques sont souvent accusées de ne pas offrir une formation adaptée au marché du travail. Le gouvernement malien, soutenu par des partenaires internationaux, encourage désormais l’intégration des écoles coraniques dans le système éducatif national. Des initiatives ont vu le jour pour combiner l’enseignement religieux avec des matières académiques comme le français, les mathématiques et les sciences.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cependant, cette intégration suscite des résistances. Certains marabouts considèrent que ces changements diluent l’essence même des écoles coraniques.&nbsp;<em>« Notre mission est de former de bons musulmans, pas des employés de bureau »,</em>&nbsp;affirme Aboubacar Cissé, un marabout à Faladié.&nbsp;<em>« Si nous ajoutons trop de matières profanes, nous risquons de perdre notre identité ».</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Malgré ces tensions, les écoles coraniques continuent de jouir d’une grande popularité auprès des parents maliens. Pour beaucoup, elles représentent une alternative crédible à l’école formelle, souvent perçue comme inaccessible ou éloignée des réalités locales.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« Dans les grandes écoles, mes enfants apprennent des choses que je ne comprends pas »,</em>&nbsp;confie Fatoumata Diarra, une commerçante de Koulikoro Gare.&nbsp;<em>« Ici, ils apprennent des valeurs qui leur serviront toute leur vie ».</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Cependant, une partie croissante de la population reconnaît la nécessité d’une éducation plus complète.&nbsp;<em>« Je veux que mon enfant puisse lire le Coran, mais aussi parler français et utiliser un ordinateur »</em>, explique Ibrahim Touré, un chauffeur de taxi à Bamako. Car, dit-il, « <em>le monde change, et nous devons changer avec lui ».</em></p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-vers-un-equilibre"><strong>Vers un équilibre</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Face à ces enjeux, des organisations comme l’ONG Tamat et l’Association malienne pour la promotion de la jeunesse (AMPJ) travaillent avec les communautés pour développer des programmes hybrides qui respectent les traditions tout en répondant aux exigences modernes.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« Il s’agit de trouver un équilibre »</em>, souligne Drissa Sangaré, expert en éducation.&nbsp;<em>« Nous devons préserver les valeurs culturelles et religieuses tout en donnant aux enfants les outils dont ils ont besoin pour réussir dans un monde globalisé ».</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">L’avenir des écoles coraniques au Mali dépendra en grande partie de leur capacité à s’adapter sans perdre leur essence. Alors que le pays continue de naviguer entre ses racines et ses aspirations modernes, ces institutions restent un symbole vivant de la résilience et de la richesse culturelle du Mali. En trouvant un équilibre entre préservation des valeurs ancestrales et adaptation aux réalités contemporaines, elles pourraient bien devenir un modèle inspirant pour d’autres pays africains confrontés aux mêmes dilemmes.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-un-pont-entre-deux-mondes"><strong>Un pont entre deux mondes</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Les écoles coraniques au Mali incarnent un paradoxe fascinant&nbsp;: elles sont à la fois un ancrage dans la tradition et un terrain fertile pour l’innovation. Tandis que les défis sécuritaires, économiques et éducatifs persistent, elles continuent de jouer un rôle crucial dans la formation des jeunes générations.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">En équilibrant respect des traditions et ouverture au monde moderne, ces institutions témoignent de la capacité du Mali à conjuguer passé et futur.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Bakary Fomba</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Vacances scolaires au Mali : comment les familles occupent leurs enfants</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Ibrahim Kalifa Djitteye]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 30 Jun 2025 09:18:53 +0000</pubDate>
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<p>Découvrez comment les familles maliennes organisent les vacances scolaires au Mali pour enrichir l'expérience de leurs enfants.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>À l’approche des vacances scolaires, les familles maliennes s’organisent selon leurs réalités pour occuper utilement leurs enfants. Entre départs en milieu rural, cours de soutien, activités sportives ou apprentissage de l’informatique, chacun cherche la formule la mieux adaptée à son cadre de vie et à son budget. Les initiatives locales se multiplient pour encadrer les jeunes et éviter l’oisiveté. Ce reportage propose un regard sur la diversité des stratégies adoptées par les parents, entre exigences éducatives, contraintes économiques et volonté de préserver les repères sociaux et familiaux.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans la chaleur de l’après-midi à Bacodjicoroni, Assitan Traoré nous explique qu’elle préfère envoyer ses trois enfants chez leur grand-mère à Dioïla pour les vacances. « <em>Là-bas, ils vont apprendre à s’occuper d’eux-mêmes, à connaître leur culture et surtout à fuir les mauvaises fréquentations de Bamako</em> », confie-t-elle. Ce choix est aussi dicté par les contraintes économiques. « <em>Payer un centre de loisirs, ce n’est pas à la portée de tout le monde</em> », ajoute Assitan.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Comme elle, beaucoup de familles maliennes voient dans les vacances scolaires une opportunité de renouer les enfants avec les réalités rurales, les coutumes familiales et les grands-parents, tout en réduisant les frais d’encadrement en ville. C’est le cas aussi de Maouloud Arby, habitant de Tiebani, qui envoie chaque année ses enfants à Tombouctou pour leur permettre de découvrir une ville riche en histoire et en culture. « <em>C’est une expérience unique où ils peuvent mieux comprendre leurs racines, passer du temps avec leurs cousins, et s’immerger dans un environnement chargé de traditions et de patrimoine</em> », explique-t-il.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À Sebenicoro, Amadou Sidibé, fonctionnaire de la santé, partage cette préoccupation. Lui a préféré inscrire ses deux garçons à des cours de soutien organisés par un enseignant du quartier. « <em>Les enfants oublient vite. Mieux vaut qu’ils consolident leurs bases en maths et en français</em> ».</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-cours-de-soutien-et-initiatives-communautaires"><strong>Cours de soutien et initiatives communautaires</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Dans ce quartier populaire, les initiatives communautaires se multiplient. Certains jeunes diplômés organisent des séances de renforcement scolaire à prix modique ou animent des clubs de lecture dans les concessions. C’est le cas de Mahamadou Sangaré, diplômé en lettres modernes, qui regroupe chaque matin une quinzaine d’enfants dans la cour de sa maison pour des révisions. « <em>On ne peut pas se croiser les bras pendant trois mois et attendre la rentrée </em>», explique-t-il.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au quartier Golf, les réalités sont un peu différentes. Plus résidentiel et abritant une classe moyenne, ce quartier voit fleurir des initiatives privées, notamment des colonies de vacances, des stages de football et des ateliers d’informatique. Mariam Keïta, mère de deux enfants scolarisés dans une école privée, explique&nbsp;: « <em>J’ai voulu profiter de ces opportunités pour que mes enfants découvrent de nouvelles activités et développent leurs talents en dehors de l’école. Cet été, ma fille et mon fils prendront des cours en informatique ici à Bamako</em> ».</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-vacances-educatives-et-gestion-du-budget-familial"><strong>Vacances éducatives et gestion du budget familial</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Pour Mariam, les vacances doivent aussi être des moments d’apprentissage autrement. « <em>L’école ne fait pas tout. Ces expériences renforcent leur confiance, leur curiosité, et les occupent utilement</em> ».&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce compromis reflète la réalité de nombreux ménages maliens cette année&nbsp;: la flambée du coût de la vie impose des arbitrages. À cela s’ajoute le souci de sécurité. « <em>Les enfants ne peuvent plus se promener n’importe où. Il faut toujours les surveiller ou s’assurer qu’ils sont dans un cadre encadré</em> », indique Awa Dembélé, habitante de Bacodjicoroni.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour certains parents, les vacances sont aussi l’occasion d’initier leurs enfants aux responsabilités. Dans une concession de Sebenicoro, on retrouve Aïssata Diarra, 13&nbsp;ans, en train de vendre de l’eau glacée au bord de la route. Elle aide sa mère, vendeuse ambulante, durant l’été. « <em>Ça l’occupe et elle apprend à gérer l’argent</em> », dit sa mère, Fanta Diarra, qui assume pleinement ce choix. Loin d’être une exception, cette implication des enfants dans les activités économiques familiales est une pratique courante pendant les vacances, surtout dans les quartiers populaires.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-des-initiatives-locales-pour-des-vacances-culturelles"><strong>Des initiatives locales pour des vacances culturelles</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Modibo Coulibaly, entraîneur de football dans le quartier de Tiebani et acteur de cette initiative communautaire, souligne l’importance de telles activités. « <em>L’objectif est d’offrir aux enfants un cadre sain et encadré pour se distraire. Il faut éviter qu’ils passent leurs journées scotchées aux téléphones ou livrés à eux-mêmes dans la rue</em> ».&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette dimension culturelle des vacances n’est pas négligeable. Elle permet de transmettre des valeurs essentielles en dehors du cadre scolaire. Il faut aussi noter que malgré la diversité des approches, une constante demeure, notamment le souci de bien encadrer les enfants et d’occuper utilement leur temps libre. « <em>C’est un défi chaque année </em>», résume Aminata Maïga, mère de cinq enfants à Sebenicoro. « <em>Mais on fait de notre mieux, selon nos moyens, pour qu’ils passent de bonnes vacances sans dérives </em>».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ainsi, dans ces différents quartiers de Bamako, les préparatifs des vacances scolaires traduisent une diversité d’initiatives et une ingéniosité remarquable des familles maliennes. Entre rattrapages scolaires, voyage chez les parents, activités culturelles, ou petits boulots d’appoint, chacun trouve une formule adaptée à son contexte. Les vacances ne sont pas un luxe, mais un moment stratégique pour préparer les enfants à affronter la prochaine rentrée scolaire et la vie.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Ibrahim Kalifa Djitteye&nbsp;</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Éduquer par la culture : Faso Sifinso trace la voie d’un nouveau citoyen malien</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Ibrahim Kalifa Djitteye]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 16 May 2025 12:00:00 +0000</pubDate>
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<p>La conférence ‘Faso Sifinso’ aborde les enjeux d'éduquer par la culture pour le futur de la jeunesse malienne.</p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>La conférence inaugurale du programme « Faso Sifinso » s’est tenue ce jeudi&nbsp;15&nbsp;mai 2025 à l’École Normale supérieure (ENSUP) de Bamako sous le thème&nbsp;: « Yèrèdon, Repères fondamentaux pour la jeunesse malienne ». Elle était présidée par le ministre de l’Artisanat, de la Culture, de l’Industrie hôtelière et du Tourisme, M.&nbsp;Mamou Daffé, en présence du ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Pr. Bourema Kansaye, et du ministre de l’Éducation nationale, Dr Amadou Sy Savané.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Organisée sous le haut patronage du Président de la Transition, Son Excellence le Général d’Armée Assimi Goïta, cette conférence inaugurale s’inscrit dans le cadre de l’Année de la Culture&nbsp;2025, décrétée par les autorités de la Transition. L’événement marque le coup d’envoi du programme Faso Sifinso, un espace de débat et d’éducation à la citoyenneté destiné à accompagner la jeunesse malienne dans la redécouverte de ses repères culturels et identitaires.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Initiée par le ministère de l’Artisanat, de la Culture, de l’Industrie hôtelière et du Tourisme, l’initiative vise à renforcer la cohésion sociale à travers une revalorisation des valeurs traditionnelles, transmises de génération en génération. À cette occasion, de nombreuses personnalités du monde académique, culturel et éducatif, ainsi que des étudiants, enseignants et membres de la société civile, ont répondu présents.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><a href="https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2025/05/Faso-Sifinso.jpeg"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1024" height="558" src="https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2025/05/Faso-Sifinso-1024x558.jpeg" alt="Conférence inaugurale de Faso Sifinso" class="wp-image-18838" srcset="https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2025/05/Faso-Sifinso-1024x558.jpeg 1024w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2025/05/Faso-Sifinso-300x164.jpeg 300w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2025/05/Faso-Sifinso-768x419.jpeg 768w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2025/05/Faso-Sifinso-585x319.jpeg 585w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2025/05/Faso-Sifinso-600x327.jpeg 600w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2025/05/Faso-Sifinso.jpeg 1080w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></a><figcaption class="wp-element-caption">Conférence inaugurale de Faso Sifinso, sous la présidence du ministre de la Culture, le 15 mai 2025. I.K.D/ Sahel Tribune. </figcaption></figure>



<h3 class="wp-block-heading" id="h-un-programme-ancre-dans-les-valeurs-traditionnelles"><strong>Un programme ancré dans les valeurs traditionnelles</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Au cœur de ce projet national, il s’agit de bâtir une citoyenneté enracinée dans les principes fondamentaux du Maaya, cette philosophie malienne de l’humanité partagée, de la dignité, de la solidarité et de la responsabilité sociale. Faso Sifinso ambitionne de créer une nouvelle dynamique éducative en réhabilitant des pratiques pédagogiques inspirées de la tradition notamment des contes, théâtre, récits, chansonnettes et jeux à caractère formatif.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le programme prévoit la création de clubs d’adolescents dans toutes les régions du pays, où seront développées des activités artistiques et culturelles à visée éducative. Ces espaces seront autant de lieux d’expression, d’initiation aux valeurs civiques et d’ancrage dans l’histoire et la culture du Mali.</p>



<h3 class="wp-block-heading" id="h-une-synergie-entre-ministeres-et-acteurs-culturels"><strong>Une synergie entre ministères et acteurs culturels</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Le lancement de Faso Sifinso témoigne de la volonté du gouvernement de faire de la culture un levier central de la refondation nationale. À travers l’implication conjointe des ministères en charge de la culture, de l’enseignement supérieur et de l’éducation nationale, le programme se veut transversal et inclusif.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les interventions des autorités présentes ont mis en lumière l’importance d’un retour aux sources pour construire un avenir fondé sur des bases solides. Elles ont insisté sur la nécessité de conjuguer modernité et tradition, d’impliquer les porteurs de savoirs locaux, traditionalistes, historiens, enseignants et de promouvoir un modèle éducatif adapté aux réalités culturelles nationales.</p>



<h3 class="wp-block-heading" id="h-refonder-par-la-culture-et-l-education"><strong>Refonder par la culture et l’éducation</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Pour le ministre Mamou Daffé, Faso Sifinso « est un concept intégral pour inculquer les valeurs sociétales à la jeunesse afin de renforcer leur fibre patriotique. Il vise à former un nouveau type de citoyen malien, le Maliden Kura profondément ancré dans nos valeurs traditionnelles, mais ouvert au monde ». Il a annoncé la création de clubs d’adolescents dans toutes les régions, qui reprendront des méthodes d’éducation inspirées de la tradition&nbsp;: contes, théâtre, chants et spectacles thématiques.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le ministre de l’Enseignement supérieur, Pr. Bourema Kansaye, a pour sa part déclaré que « notre culture sera le fil qui va recoudre notre tissu social, et le fil conducteur de toutes les réformes qui seront engagées dans notre pays ». Il a mis l’accent sur la nécessité de bâtir une souveraineté intellectuelle endogène, adossée aux savoirs locaux et aux repères traditionnels.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Quant au ministre de l’Éducation nationale, Dr Amadou Sy Savané, il a insisté sur le rôle fondamental de l’école dans cette démarche de refondation&nbsp;: « L’éducation nationale a un rôle déterminant dans la construction de citoyens responsables. En intégrant les savoirs traditionnels et les valeurs de nos sociétés, nous bâtissons une école qui forme à la fois l’intelligence, la conscience et l’âme. »</p>



<h3 class="wp-block-heading" id="h-une-jeunesse-au-coeur-de-la-refondation"><strong>Une jeunesse au cœur de la refondation</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Au-delà de cette conférence inaugurale, Faso Sifinso se déploiera à travers une série de conférences et d’activités dans les écoles et universités du pays. Des équipes de formateurs, experts et personnalités ressources parcourront les régions du Mali pour porter ce message d’espoir, de construction citoyenne et de souveraineté intellectuelle africaine.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À l’heure des grands bouleversements sociaux, politiques et culturels, le Mali mise sur sa jeunesse pour bâtir un futur enraciné dans son identité. À travers Faso Sifinso, le pays engage une démarche collective de transmission, d’éducation et de réconciliation avec son héritage. Le retour aux valeurs n’est plus un choix, c’est une nécessité pour reconstruire le vivre-ensemble et renforcer la nation.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Ibrahim Kalifa Djitteye&nbsp;</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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