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	<title>Archives des urbanisation &#8212; Sahel Tribune</title>
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		<title>Au fil des rues de Bamako, une économie parallèle devenue vitale</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Ibrahim Kalifa Djitteye]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 14 Apr 2026 08:22:33 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>
<p>Les métiers informels à Bamako : invisibles mais essentiels, ils représentent une nouvelle cartographie du travail en ville.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Dans les rues de Bamako, une autre cartographie du travail s’impose, loin des cadres officiels. À chaque carrefour, derrière chaque portail, au détour d’une livraison, des hommes et des femmes inventent de nouveaux métiers pour répondre aux urgences d’une ville en tension. Invisibles mais indispensables, ils incarnent une économie de survie devenue système, où se mêlent précarité, solidarité et capacité d’adaptation.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">À l’aube comme à la tombée de la nuit, Bamako ne dort jamais vraiment. Dans ses rues poussiéreuses, entre klaxons nerveux et halos de néons tremblants, une autre ville s’écrit — discrète, laborieuse, inventive. Une ville portée par des hommes et des femmes qui n’existaient presque pas hier dans le paysage urbain : vigils omniprésents, vendeurs de data postés aux carrefours, livreurs à moto sillonnant sans relâche les artères saturées. Ils ne font pas les gros titres, mais ils tiennent la ville debout.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-les-vigils-sentinelles-invisibles-d-une-ville-inquiete"><strong>Les vigils, sentinelles invisibles d’une ville inquiète</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Au Golf, en commune V du district de Bamako, derrière un portail métallique, Joseph Kamaté veille. Cela fait plus de cinq ans qu’il habite la résidence qu’il garde. Une petite pièce attenante lui sert de refuge, mais surtout de poste d’observation.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La nuit, il écoute. Le moindre bruit, le moindre mouvement devient un signal. «&nbsp;<em>Je suis là jour et nuit. Je ne peux pas partir. Les gens ont peur&nbsp;</em>», dit-il d’une voix calme, presque résignée.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Sa vie s’est déplacée ici. Il mange sur place, dort sur place, vit sur place. Sa famille est devenue une présence lointaine, suspendue à de rares visites. «&nbsp;<em>C’est comme si cette maison était la mienne… mais sans les droits&nbsp;</em>», lâche-t-il.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Plus loin, Moussa Togo incarne une autre figure de cette présence silencieuse. Dans son immeuble, il est bien plus qu’un gardien : un visage familier, une voix dans la nuit, un repère. «&nbsp;<em>On me confie les clés, on me parle… parfois, je deviens confident&nbsp;</em>», dit-il.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais derrière cette proximité se cache une réalité plus rude : aucune protection, aucun contrat, aucune garantie. «&nbsp;<em>Quand je tombe malade, je suis seul.</em>&nbsp;», déplore-t-il.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans ces existences en veille permanente, une contradiction persiste : indispensables, mais invisibles ; proches, mais précaires.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-la-data-ou-l-economie-de-la-connexion-permanente"><strong>La data, ou l’économie de la connexion permanente</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">À Sabalibougou, autre quartier de la commune V, sous un soleil dur ou à la lumière des lampadaires, Mohamed Cissé tient son commerce à ciel ouvert. Plusieurs téléphones en main, il vend des gigas comme on vend de l’eau en saison sèche.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ici, la connexion est devenue une nécessité vitale. «&nbsp;<em>Les gens viennent à toute heure. Internet, c’est tout aujourd’hui&nbsp;</em>», dit-il.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Étudiants, commerçants, jeunes accrochés aux réseaux sociaux : tous dépendent de cette économie informelle, fluide, instantanée. À quelques mètres, Mariam Sidibé s’arrête brièvement, casque encore sur la tête. « <em>Sans ça, je suis coupée du monde </em>», confie-t-elle.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans cette ville en mutation, la data n’est plus un luxe. C’est un fil invisible qui relie les existences, un carburant silencieux de la vie quotidienne.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-les-livreurs-messagers-d-une-ville-pressee"><strong>Les livreurs, messagers d’une ville pressée</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Sur sa moto, Moussa Traoré fend la circulation de Niamakoro Courani. Derrière lui, des plats encore chauds ; devant lui, des clients impatients. Chaque minute compte. «&nbsp;<em>Les gens veulent que ça arrive vite&nbsp;</em>», dit-il, essoufflé mais souriant.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dix heures de travail par jour, parfois plus. La fatigue s’accumule, mais il continue. Parce qu’au bout de la course, il y a un sourire. Et parfois, un peu de reconnaissance.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans l’ombre de ces trajectoires rapides, des commerces entiers reposent sur leur efficacité. Restaurateurs, vendeurs, commerçants : tous dépendent de ces corps en mouvement.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À Garantiguibougou, Mamadou Keïta transporte des bazins et des colis, traversant quartiers et embouteillages. «&nbsp;<em>Sans nous, beaucoup perdraient leurs clients&nbsp;</em>», affirme-t-il.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ils roulent vite, prennent des risques, improvisent des itinéraires. La ville devient leur terrain, leur outil, leur défi quotidien.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-l-energie-livree-a-domicile-les-artisans-de-la-lumiere"><strong>L’énergie livrée à domicile : les artisans de la lumière</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">À Kalaban-Coro, une autre scène se joue. Oumar Diallo transporte des panneaux solaires sur sa moto, fragile cargaison d’espoir dans une ville marquée par les coupures d’électricité. «&nbsp;<em>Quand une maison s’allume grâce à moi, je suis fier&nbsp;</em>», dit-il.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Parfois, il ne se contente pas de livrer : il installe, ajuste, explique. Face à lui, des familles qui attendent plus qu’un service : une solution. «&nbsp;<em>Mes enfants peuvent étudier le soir</em>&nbsp;», témoigne un père de famille.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans ces gestes simples, une transformation silencieuse s’opère : celle d’une autonomie énergétique naissante, portée par des travailleurs sans statut mais au cœur des transitions.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-une-ville-qui-se-reinvente-par-necessite"><strong>Une ville qui se réinvente par nécessité</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Bamako change, non pas par grands plans, mais par ajustements quotidiens. Par ces métiers improvisés devenus essentiels. Par cette capacité à répondre, dans l’urgence, aux besoins d’une ville en tension.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Vigils pour rassurer. Revendeurs pour connecter. Livreurs pour accélérer. Techniciens improvisés pour éclairer. Derrière chacun d’eux, une même réalité : l’absence de filet, la précarité comme horizon, mais aussi une inventivité constante.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ils ne sont pas seulement des travailleurs. Ils sont les architectes discrets d’une ville en recomposition. Et dans le tumulte de Bamako, entre poussière et lumière, ce sont eux qui, chaque jour, réinventent l’essentiel : continuer à vivre.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Ibrahim Kalifa Djitteye</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>« J’ai voulu recréer la maison du village » </title>
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		<dc:creator><![CDATA[Sahel Tribune]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 25 Feb 2026 17:33:46 +0000</pubDate>
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<p>Le reportage sur Balla met en lumière les enjeux de la famille nucléaire et le retour à la famille élargie au Mali.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em><strong><em>À&nbsp;</em></strong></em></strong><strong><em><strong><em>rebours d</em></strong></em></strong><strong><em><strong><em>’</em></strong></em></strong><strong><em><strong><em>une urbanisation qui favorise la famille nucl</em></strong></em></strong><strong><em><strong><em>é</em></strong></em></strong><strong><em><strong><em>aire dans les grandes villes comme Bamako, certains Maliens red</em></strong></em></strong><strong><em><strong><em>é</em></strong></em></strong><strong><em><strong><em>couvrent les vertus de la famille&nbsp;</em></strong></em></strong><strong><em><strong><em>é</em></strong></em></strong><strong><em><strong><em>largie.&nbsp;</em></strong></em></strong><strong><em><strong><em>À&nbsp;</em></strong></em></strong><strong><em><strong><em>travers le parcours de Balla, ce reportage explore les tensions entre modernit</em></strong></em></strong><strong><em><strong><em>é&nbsp;</em></strong></em></strong><strong><em><strong><em>urbaine et solidarit</em></strong></em></strong><strong><em><strong><em>é</em></strong></em></strong><strong><em><strong><em>s traditionnelles, et raconte comment le retour au mod</em></strong></em></strong><strong><em><strong><em>è</em></strong></em></strong><strong><em><strong><em>le familial&nbsp;</em></strong></em></strong><strong><em><strong><em>é</em></strong></em></strong><strong><em><strong><em>largi peut devenir un refuge social, affectif et&nbsp;</em></strong></em></strong><strong><em><strong><em>é</em></strong></em></strong><strong><em><strong><em>conomique.</em></strong></em></strong><strong><em><strong><em></em></strong></em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">De nos jours, la tendance au Mali, surtout dans les grands centres urbains comme Bamako, est la vie en famille nucléaire. Cependant, certains citadins, ayant adopté&nbsp;ce mode de vie familial, ont vite déchanté&nbsp;en revenant&nbsp;à&nbsp;la famille&nbsp;élargie. Une famille qui les a vus naître et grandir. Balla (nom d&#8217;emprunt) en est un.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La famille nucléaire est une structure familiale de base composée d&rsquo;un couple (marié&nbsp;ou non) et de leurs enfants (un ou plusieurs), vivant sous le même toit, contrastant avec la famille&nbsp;élargie (avec grands-parents, oncles, tantes) ou monoparentale. C&rsquo;est le modèle familial le plus répandu dans les sociétés occidentales modernes. Ce modèle est souvent vu comme un pilier de stabilité&nbsp;mais aussi critiqué&nbsp;pour sa rigidité&nbsp;face aux&nbsp;évolutions sociales. Certainement, c&rsquo;est ce qu&rsquo;a compris Balla qui a abandonné&nbsp;la famille nucléaire au profit de la famille&nbsp;élargie.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-n-e-nbsp-et-grandi-dans-une-famille-nbsp-e-largie"><strong>N</strong><strong>é&nbsp;</strong><strong>et grandi dans une famille&nbsp;</strong><strong>é</strong><strong>largie</strong><strong></strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Balla est originaire de Toukoto, dans la région de Kita, sur la route qui mène&nbsp;à&nbsp;Kayes, la première région administrative du Mali. Premier garçon d&rsquo;une famille composée de son père qui est marié à&nbsp;trois&nbsp;épouses et d’une dizaine d&rsquo;enfants, la famille de Balla compte&nbsp;également des oncles, tantes, cousins et cousines.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Après l&rsquo;obtention du diplôme de baccalauréat malien dans un lycée de Kayes, Balla se retrouve&nbsp;à&nbsp;Bamako pour des&nbsp;études universitaires qu&rsquo;il boucle avec succès.&nbsp;À&nbsp;sa suite, trois autres frères cadets se sont retrouvés&nbsp;à&nbsp;Bamako pour les mêmes motifs mais logés différemment chez des parents.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Après ses&nbsp;études supérieures, Balla enchaîne des stages et emplois précaires avant de trouver un emploi permanent et très payant. Il se marie pompeusement et s&rsquo;installe dans un quartier chic de la capitale dans une maison louée&nbsp;à&nbsp;cet effet. Quelques années plus tard, il est père de trois enfants.</p>



<p class="wp-block-paragraph">«&nbsp;<em>Pendant des ann</em><em>é</em><em>es, notre maison&nbsp;</em><em>é</em><em>tait vide durant les journ</em><em>é</em><em>es, car mon&nbsp;</em><em>é</em><em>pouse et moi allons au travail, les enfants sont inscrits dans une&nbsp;</em><em>é</em><em>cole priv</em><em>é</em><em>e avec cantine. C&rsquo;est vers le cr</em><em>é</em><em>puscule que chacun d&rsquo;entre nous commence&nbsp;</em><em>à&nbsp;</em><em>rejoindre le domicile aux mains d&rsquo;un gardien et d&rsquo;une domestique&nbsp;</em>», nous raconte Balla qui est aujourd&rsquo;hui&nbsp;âgé&nbsp;de 53 ans.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-l-une-de-mes-journees-les-plus-heureuses">« L&rsquo;une de mes journées les plus heureuses « </h2>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est dans ces conditions qu&rsquo;un jour sa mère est venue séjourner chez lui pour des soins médicaux&nbsp;à&nbsp;Bamako.&nbsp;«&nbsp;<em>Constatant qu&rsquo;il n&rsquo;y a aucun parent chez moi pour s&rsquo;occuper de ma m</em><em>è</em><em>re, j&rsquo;ai fait appel&nbsp;</em><em>à&nbsp;</em><em>une s</em><em>œ</em><em>ur divorc</em><em>é</em><em>e vivant dans le district. Celle-ci a bien accept</em><em>é&nbsp;</em><em>de venir loger chez moi le temps que la maman se r</em><em>é</em><em>tablisse&nbsp;</em>», nous renchérit Balla.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est ainsi qu&rsquo;un dimanche, ses frères et sœurs vivant&nbsp;à&nbsp;Bamako se sont retrouvés chez lui pour rendre visite&nbsp;à&nbsp;la maman.&nbsp;«&nbsp;<em>Ce fut l&rsquo;une de mes journ</em><em>é</em><em>es les plus heureuses depuis que j&rsquo;avais foul</em><em>é&nbsp;</em><em>le sol de Bamako. Car ce jour-l</em><em>à</em><em>, nous avons tellement discut</em><em>é&nbsp;</em><em>et ri que j</em><em>’</em><em>ai oubli</em><em>é&nbsp;</em><em>tous mes soucis quotidiens. Ce qui m&rsquo;a permis de revivre mon enfance dans une famille&nbsp;</em><em>é</em><em>largie. La maman, tr</em><em>è</em><em>s heureuse, qui n&rsquo;avait jamais eu l&rsquo;occasion de bien discuter, a pris part aux&nbsp;</em><em>é</em><em>changes.&nbsp;</em>»</p>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est&nbsp;à&nbsp;partir de cet instant que Balla dit avoir nourri le dessein de recréer la famille&nbsp;élargie autour de lui. Disposant de deux parcelles contiguës dans le quartier de Niamakoro-Courani, il décide d&rsquo;entreprendre des travaux de construction.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-un-plan-de-construction-pouvant-abriter-une-famille-nbsp-e-largie"><strong>Un plan de construction pouvant abriter une famille&nbsp;</strong><strong>é</strong><strong>largie</strong><strong></strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Sur ces deux parcelles, Balla construit cinq mini-appartements composés chacun d&rsquo;un petit salon et de deux chambres avec toilettes internes et un petit magasin. Dans la cour, des toilettes externes et quelques chambres d&rsquo;amis ont&nbsp;été également construites.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Avant la fin des travaux qui ont duré&nbsp;plus de deux ans, la maman, bien guérie,&nbsp;était déjà&nbsp;retournée au village. Des&nbsp;événements malheureux s&rsquo;étaient&nbsp;également produits au village, car son père est décédé&nbsp;et, quelques six mois après, l&rsquo;une des coépouses de sa mère a aussi rendu l&rsquo;âme.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À&nbsp;la fin des travaux de construction, Balla organise une réunion chez lui avec ses frères et sœurs pour leur annoncer la bonne nouvelle.</p>



<p class="wp-block-paragraph">«&nbsp;<em>Au cours de la r</em><em>é</em><em>union, j&rsquo;ai&nbsp;</em><em>é</em><em>mis le souhait que mes trois fr</em><em>è</em><em>res vivant&nbsp;</em><em>à&nbsp;</em><em>Bamako puissent emm</em><em>é</em><em>nager avec moi dans ma nouvelle demeure. Et que j&rsquo;avais pr</em><em>é</em><em>vu aussi de la place pour ma s</em><em>œ</em><em>ur divorc</em><em>é</em><em>e ainsi que ma maman et sa co</em><em>é</em><em>pouse qui vivent au village</em>&nbsp;», nous raconte Balla avec une voix empreinte de bonheur.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-j-ai-reconstitue-la-famille-elargie">« J&rsquo;ai reconstitué la famille élargie »</h2>



<p class="wp-block-paragraph">À&nbsp;cette proposition, ses frères et sœurs n&rsquo;ont opposé&nbsp;aucune résistance et, séance tenante, ils se sont rendus sur place pour visiter la nouvelle demeure. Puis, un jour a&nbsp;été&nbsp;décidé&nbsp;pour l&#8217;emménagement de tout ce beau monde.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le jour de l&#8217;emménagement, une fête a&nbsp;été&nbsp;organisée avec des mets délicieux et une lecture du Coran.&nbsp;«&nbsp;<em>C&rsquo;est ainsi que j&rsquo;ai reconstitu</em><em>é&nbsp;</em><em>la famille&nbsp;</em><em>é</em><em>largie, m</em><em>ê</em><em>me si elle est plus petite que celle du village</em>&nbsp;», souligne notre interlocuteur.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans la nouvelle demeure, Balla nous présente fièrement ses frères, ses mamans ainsi que des neveux et cousins venus poursuivre leurs&nbsp;études&nbsp;à&nbsp;Bamako. Il y avait aussi des cousins qui exercent des petits emplois avant qu&rsquo;ils ne puissent bien s&rsquo;installer dans la capitale.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-les-depenses-notre-secret-familial">Les dépenses, notre secret familial </h2>



<p class="wp-block-paragraph">«<em>&nbsp;Je vous assure que moins de deux ans apr</em><em>è</em><em>s la constitution de la famille&nbsp;</em><em>é</em><em>largie, j&rsquo;ai eu une promotion au niveau de mon entreprise</em>&nbsp;», poursuit Balla. Il enchaîne en affirmant que ses trois frères ont tous eu un emploi décent : l&rsquo;un est sapeur-pompier, les deux autres sont respectivement assureur et enseignant dans la fonction publique des collectivités territoriales.</p>



<p class="wp-block-paragraph">«<em>&nbsp;Ma s</em><em>œ</em><em>ur divorc</em><em>é</em><em>e, que vous n&rsquo;avez pas vue aujourd&rsquo;hui, est de nouveau mari</em><em>é</em><em>e depuis quelques moments&nbsp;</em>», s’empresse-t-il de dire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Balla nous précise aussi que ses frères se sont tous mariés et ont des enfants qui vivent tous avec ses enfants sous le même toit.&nbsp;À&nbsp;la question de savoir comment se passe la gestion des dépenses familiales, Balla nous répond, en ces termes, avec un sourire :&nbsp;«&nbsp;<em>Ç</em><em>a, c&rsquo;est notre secret familial qui fortifie notre unit</em><em>é</em><em>.&nbsp;</em>»</p>



<p class="wp-block-paragraph">À&nbsp;voir la satisfaction de Balla pour son retour&nbsp;à&nbsp;la famille&nbsp;élargie, on peut estimer que ce mode de famille, s&rsquo;il est bien constitué, peut&nbsp;être un socle pour la cohésion et l’unité.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Noumoukai</strong><strong></strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>« J’ai tout donné à ma famille, mais j’ai fini par partir » </title>
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		<dc:creator><![CDATA[Sahel Tribune]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 18 Feb 2026 05:42:48 +0000</pubDate>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em><strong><em>Toute soci</em></strong></em></strong><strong><em><strong><em>é</em></strong></em></strong><strong><em><strong><em>t</em></strong></em></strong><strong><em><strong><em>é&nbsp;</em></strong></em></strong><strong><em><strong><em>humaine repose sur la cellule familiale. Celle-ci peut prendre la forme d</em></strong></em></strong><strong><em><strong><em>’</em></strong></em></strong><strong><em><strong><em>une famille restreinte, dite nucl</em></strong></em></strong><strong><em><strong><em>é</em></strong></em></strong><strong><em><strong><em>aire, ou d</em></strong></em></strong><strong><em><strong><em>’</em></strong></em></strong><strong><em><strong><em>une famille&nbsp;</em></strong></em></strong><strong><em><strong><em>é</em></strong></em></strong><strong><em><strong><em>largie. Au Mali, ces deux mod</em></strong></em></strong><strong><em><strong><em>è</em></strong></em></strong><strong><em><strong><em>les coexistent, m</em></strong></em></strong><strong><em><strong><em>ê</em></strong></em></strong><strong><em><strong><em>me si la famille&nbsp;</em></strong></em></strong><strong><em><strong><em>é</em></strong></em></strong><strong><em><strong><em>largie demeure la forme la plus r</em></strong></em></strong><strong><em><strong><em>é</em></strong></em></strong><strong><em><strong><em>pandue. Longtemps consid</em></strong></em></strong><strong><em><strong><em>é</em></strong></em></strong><strong><em><strong><em>r</em></strong></em></strong><strong><em><strong><em>é</em></strong></em></strong><strong><em><strong><em>e comme un socle de solidarit</em></strong></em></strong><strong><em><strong><em>é&nbsp;</em></strong></em></strong><strong><em><strong><em>et de coh</em></strong></em></strong><strong><em><strong><em>é</em></strong></em></strong><strong><em><strong><em>sion sociale, elle devient, pour certains, une source de d</em></strong></em></strong><strong><em><strong><em>é</em></strong></em></strong><strong><em><strong><em>sillusion. Babl</em></strong></em></strong><strong><em><strong><em>é&nbsp;</em></strong></em></strong><strong><em><strong><em>(nom d</em></strong></em></strong><strong><em><strong><em>’</em></strong></em></strong><strong><em><strong><em>emprunt) raconte son exp</em></strong></em></strong><strong><em><strong><em>é</em></strong></em></strong><strong><em><strong><em>rience.</em></strong></em></strong><strong><em><strong><em></em></strong></em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">La famille&nbsp;élargie, au Mali, regroupe sous une même autorité&nbsp;plusieurs générations : parents, enfants, grands-parents, oncles, tantes et cousins, vivant souvent ensemble ou&nbsp;à&nbsp;proximité. Elle repose sur la solidarité, le partage des ressources et un rôle central dans l’éducation. Plus qu’un simple lien de parenté, elle constitue un cadre de vie et de responsabilité&nbsp;collective. Mais sous l’effet de l’urbanisation, de la pression&nbsp;économique et de la précarité&nbsp;croissante, ce modèle traditionnel tend parfois&nbsp;à&nbsp;se&nbsp;«&nbsp;<em>nucl</em><em>é</em><em>ariser</em>&nbsp;», sans pour autant rompre totalement avec l’idéal de cohésion familiale. Si elle est une source de soutien, la famille&nbsp;élargie peut aussi devenir un poids&nbsp;économique et&nbsp;émotionnel. Bablé&nbsp;en sait quelque chose.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-de-petits-boulots-pour-faire-vivre-la-famille"><strong>De petits boulots pour faire vivre la famille</strong><strong></strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Âgé&nbsp;de 61 ans, Bablé&nbsp;nous reçoit chez lui&nbsp;à&nbsp;Djicoroni-Para, dans la périphérie ouest de Bamako, sur la route de Guinée. Assis fièrement dans sa nouvelle cour, où&nbsp;déambulent moutons, chien, poulets et pintades, il entame son récit.&nbsp;«&nbsp;<em>Pendant plus de vingt ans, j</em><em>’</em><em>ai&nbsp;</em><em>é</em><em>t</em><em>é&nbsp;</em><em>le chef d</em><em>’</em><em>une famille&nbsp;</em><em>é</em><em>largie install</em><em>é</em><em>e&nbsp;</em><em>à&nbsp;</em><em>S</em><em>é</em><em>b</em><em>é</em><em>nicoro, en Commune IV du district de Bamako. Une famille que m</em><em>’</em><em>a l</em><em>é</em><em>gu</em><em>é</em><em>e mon d</em><em>é</em><em>funt p</em><em>è</em><em>re</em>&nbsp;», confie-t-il.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Aîné&nbsp;d’une fratrie&nbsp;élargie d’une vingtaine de personnes&nbsp;—&nbsp;frères, sœurs, cousins et cousines&nbsp;—, Bablé&nbsp;s’est retrouvé à&nbsp;la tête de la famille après le décès brutal de son père, ouvrier du bâtiment. Celui-ci laissait derrière lui deux&nbsp;épouses, plusieurs enfants en bas&nbsp;âge et une maison en&nbsp;état de délabrement avancé.&nbsp;«&nbsp;J<em>e suis le seul enfant dont la m</em><em>è</em><em>re n</em><em>’é</em><em>tait pas issue de la famille. Elle est d</em><em>é</em><em>c</em><em>é</em><em>d</em><em>é</em><em>e alors que j</em><em>’é</em><em>tais encore nourrisson&nbsp;</em>», précise-t-il.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Diplômé&nbsp;de l’EHEP (École des hautes&nbsp;études pratiques), aujourd’hui Institut universitaire de gestion (IUG), Bablé&nbsp;enchaîne alors les petits boulots&nbsp;—&nbsp;manœuvre journalier, vendeur ambulant, vidangeur de fosses septiques&nbsp;—&nbsp;pour subvenir aux besoins de toute la famille.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-d-enseignant-nbsp-a-nbsp-promoteur-d-e-cole"><strong>D</strong><strong>’</strong><strong>enseignant&nbsp;</strong><strong>à&nbsp;</strong><strong>promoteur d</strong><strong>’é</strong><strong>cole</strong><strong></strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Après ces emplois précaires, il décroche un poste d’enseignant dans une&nbsp;école primaire privée, pour un salaire mensuel de 30 000 francs CFA.&nbsp;«&nbsp;<em>J</em><em>’</em><em>ai exerc</em><em>é&nbsp;</em><em>ce m</em><em>é</em><em>tier pendant cinq ans, avant d</em><em>’</em><em>ouvrir mon propre&nbsp;</em><em>é</em><em>tablissement scolaire&nbsp;</em>», raconte-t-il.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au départ, l’école se résume&nbsp;à&nbsp;un simple hangar, installé&nbsp;sur un terrain mis gracieusement&nbsp;à&nbsp;sa disposition. Une vingtaine d’élèves y sont inscrits. Chaque année, un nouveau hangar est construit, jusqu’à&nbsp;atteindre la sixième année fondamentale.&nbsp;«&nbsp;<em>Mais arriv</em><em>é à&nbsp;</em><em>ce niveau, le propri</em><em>é</em><em>taire du terrain a d</em><em>é</em><em>cid</em><em>é&nbsp;</em><em>de le r</em><em>é</em><em>cup</em><em>é</em><em>rer pour y construire des logements</em>&nbsp;», explique Bablé.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Contraint de déménager, il loue successivement plusieurs bâtiments pendant près de trois ans, avant de trouver un local stable. L’école poursuit sa croissance et devient, une dizaine d’années plus tard, une&nbsp;école fondamentale complète, allant jusqu’en neuvième année.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-am-e-lioration-des-conditions-de-vie-et-d-e-sillusion-familiale"><strong>Am</strong><strong>é</strong><strong>lioration des conditions de vie et d</strong><strong>é</strong><strong>sillusion familiale</strong><strong></strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Grâce aux revenus générés par l’école, Bablé&nbsp;améliore progressivement les conditions de vie de la famille : meilleure alimentation, accès&nbsp;à&nbsp;l’électricité&nbsp;et&nbsp;à&nbsp;l’eau potable, construction de nouvelles pièces dans la cour familiale, financement de projets pour certains frères&nbsp;—&nbsp;ateliers de soudure, de couture&nbsp;—&nbsp;et octroi de fonds de commerce&nbsp;à&nbsp;certaines sœurs.&nbsp;«&nbsp;J<em>’é</em><em>tais heureux d</em><em>’</em><em>avoir pu changer le quotidien de la famille</em>&nbsp;», se souvient-il.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais cette satisfaction laisse place&nbsp;à&nbsp;l’amertume.&nbsp;«&nbsp;<em>Quelle ne fut pas ma surprise de d</em><em>é</em><em>couvrir que certains de mes jeunes fr</em><em>è</em><em>res s</em><em>’é</em><em>taient fait construire des maisons cl</em><em>é&nbsp;</em><em>en main, sans jamais contribuer aux d</em><em>é</em><em>penses familiales&nbsp;</em>», raconte-t-il, la voix brisée.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il convoque alors une réunion familiale et demande&nbsp;à&nbsp;chacun de participer aux charges communes. En vain. Aucun frère ne donne suite&nbsp;à&nbsp;cette proposition. Progressivement, certains cessent même de prendre part aux repas familiaux.&nbsp;«&nbsp;<em>C</em><em>’</em><em>est&nbsp;</em><em>à&nbsp;</em><em>ce moment-l</em><em>à&nbsp;</em><em>que j</em><em>’</em><em>ai d</em><em>é</em><em>cid</em><em>é&nbsp;</em><em>d</em><em>’</em><em>arr</em><em>ê</em><em>ter de prendre en charge l</em><em>’</em><em>ensemble des d</em><em>é</em><em>penses&nbsp;</em>», affirme-t-il.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Toutefois, Bablé&nbsp;continue de subvenir aux besoins des deux&nbsp;épouses de son défunt père, auxquelles il fournit régulièrement de la nourriture. Parallèlement, il acquiert une parcelle&nbsp;à&nbsp;Djicoroni-Para, où&nbsp;il construit quelques pièces pour s’y installer avec son&nbsp;épouse et ses quatre enfants, dont l’aîné&nbsp;est aujourd’hui agent de police.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-choisir-la-famille-nucl-e-aire"><strong>Choisir la famille nucl</strong><strong>é</strong><strong>aire</strong><strong></strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Aujourd’hui, Bablé&nbsp;se dit apaisé, loin des pressions et des frustrations liées&nbsp;à&nbsp;la gestion d’une famille&nbsp;élargie.&nbsp;«&nbsp;<em>Je suis plus serein&nbsp;</em>», confie-t-il simplement.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Son témoignage met en lumière les dérives possibles de la famille&nbsp;élargie, lorsque la solidarité&nbsp;se transforme en dépendance et en ingratitude. Tandis que certains se battent pour faire vivre le groupe, d’autres en profitent pour bâtir leur avenir personnel, sans jamais contribuer&nbsp;à&nbsp;l’effort collectif. Une réalité&nbsp;sociale de plus en plus visible dans les villes maliennes,&nbsp;à&nbsp;mesure que les contraintes&nbsp;économiques redessinent les modèles familiaux traditionnels.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em><strong><em>Noumoukai</em></strong></em></strong><strong><em><strong><em></em></strong></em></strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Au Mali, Toguna Motors parie sur la structuration d’un marché automobile encore dominé par l’occasion</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Sahel Tribune]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 10 Feb 2026 07:30:00 +0000</pubDate>
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<p>Toguna Motors révolutionne le marché au Mali avec des véhicules électriques. Explorez cette transformation du secteur automobile.</p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Présente au Mali depuis 2015, Toguna Motors accélère son implantation sur un marché automobile encore dominé par l’importation de véhicules d’occasion. En s’appuyant sur son partenariat avec le constructeur chinois Great Wall Motor, l’entreprise mise sur une offre structurée de véhicules neufs, incluant des modèles hybrides, pour accompagner la modernisation progressive du secteur des transports et capter une demande en mutation.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans un contexte de recomposition du secteur automobile africain, <a href="https://togunamotors.com/Gwm.html" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Toguna Motors </a>s’affirme comme l’un des principaux acteurs de la modernisation du marché malien. Présente dans le pays depuis 2015, l’entreprise s’est positionnée sur un segment encore peu exploité : celui des véhicules neufs accessibles, adossés à une offre de service après-vente et à une chaîne d’approvisionnement en pièces détachées, dans un pays où le parc automobile reste dominé par l’importation de véhicules d’occasion.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Selon une <a href="https://cenozo.org/burkina-mali-niger-importation-des-vehicules-doccasion-un-drame-ecologique-encourage-par-les-gouvernants/#:~:text=La%20direction%20g%C3%A9n%C3%A9rale%20des%20transports,leurs%20formalit%C3%A9s%20douani%C3%A8res%20en%202011." target="_blank" rel="noreferrer noopener">enquête publiée par la CENOZO </a>en 2023, le parc automobile importé au Mali se caractérise par un vieillissement marqué. La direction générale des transports indique que, sur la période 2018-2021, seuls 8 % des véhicules importés avaient entre huit et dix ans, tandis que 10 % affichaient un âge compris entre 11 et 15 ans, et qu’une large majorité, soit 62 %, avaient 16 ans et plus. La douane malienne souligne par ailleurs qu’entre mai et décembre 2021, des véhicules datant des années 1980 ont encore été déclarés et dédouanés, illustrant la persistance d’importations de voitures très anciennes sur le marché national.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En s’appuyant sur son partenariat stratégique avec le constructeur chinois <a href="http://www.greatwallmotors.ma/fr/page/root/595/decouvrez-great-wall-motor.html" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Great Wall Motor (GWM)</a>, <a href="https://saheltribune.com/industrie-le-groupe-toguna-agro-industrie-une-societe-caritative-au-service-du-peuple-malien/">Toguna</a> Motors a introduit au Mali la gamme Haval, composée notamment des modèles H6, Jolion, Dargo, H6 GT et H9. Ces SUV couvrent plusieurs segments de prix et ciblent à la fois les particuliers urbains et les entreprises. Cette diversification permet à l’entreprise de consolider sa part de marché tout en répondant à une demande croissante pour des véhicules plus récents, mieux équipés et plus économes en carburant.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-une-strategie-industrielle-fondee-sur-l-offre-et-le-service"><strong>Une stratégie industrielle fondée sur l’offre et le service</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">La politique commerciale de Toguna Motors repose sur un double levier : l’accessibilité des prix et la sécurisation de l’usage. Dans un marché caractérisé par la méfiance vis-à-vis des nouvelles marques, l’entreprise mise sur un service après-vente structuré, la formation de techniciens et la <a href="https://www.agenceecofin.com/actualites/1905-128474-le-marche-africain-des-voitures-electriques-une-conquete-chinoise-par-defaut" target="_blank" rel="noreferrer noopener">disponibilité régulière de pièces de rechange</a>. Cette approche vise à réduire le coût total de possession du véhicule, un critère déterminant pour les ménages comme pour les flottes professionnelles.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au-delà des véhicules particuliers, Toguna Motors est également présente sur les segments des <a href="https://togunamotors.com" target="_blank" rel="noreferrer noopener">poids lourds, des engins agricoles, </a>des tracteurs et des groupes électrogènes. Cette diversification industrielle lui confère une connaissance transversale des besoins de mobilité et d’équipement du tissu économique malien, allant des exploitations agricoles aux entreprises de transport.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-l-electrification-comme-vecteur-de-positionnement-futur"><strong>L’électrification comme vecteur de positionnement futur</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Avec l’introduction de versions hybrides de certains modèles <a href="https://haval.mw/innovation/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Haval</a>, Toguna Motors anticipe l’évolution du marché vers des motorisations plus sobres en énergie. Si le Mali ne dispose pas encore d’un cadre réglementaire structuré pour les véhicules électriques, la diffusion progressive de modèles hybrides constitue une première étape vers une transition industrielle plus large.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette orientation s’inscrit dans une dynamique continentale où plusieurs pays africains commencent à intégrer les <a href="https://www.jeuneafrique.com/1617698/economie-entreprises/vehicules-electriques-la-souverainete-de-lafrique-au-bout-du-chemin/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">véhicules hybrides et électriques </a>dans leurs stratégies de mobilité urbaine. Pour Toguna Motors, il s’agit moins d’un <a href="https://www.google.com/url?sa=t&amp;source=web&amp;rct=j&amp;opi=89978449&amp;url=https://www.revue-irs.com/index.php/home/article/download/246/163/422&amp;ved=2ahUKEwiZ8aa10sSSAxXhzAIHHS22Jsk4ChAWegQIFxAB&amp;usg=AOvVaw0ESfl5_d6t0OU2I0I8X67y" target="_blank" rel="noreferrer noopener">pari environnemental </a>immédiat que d’un positionnement économique à moyen terme, en vue de capter un segment de marché encore embryonnaire mais appelé à croître avec l’urbanisation et l’augmentation du pouvoir d’achat.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-un-marche-sous-contraintes-structurelles"><strong>Un marché sous contraintes structurelles</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le développement d’une industrie automobile moderne au Mali reste toutefois confronté à plusieurs <a href="https://www.erudit.org/fr/revues/ae/2018-v94-n3-ae05170/1068043ar.pdf" target="_blank" rel="noreferrer noopener">obstacles</a> : faiblesse des infrastructures électriques, coût d’importation des véhicules neufs, absence d’incitations fiscales et dépendance logistique vis-à-vis des ports de la sous-région. À cela s’ajoute la concurrence persistante du marché informel des véhicules d’occasion, qui continue de représenter l’essentiel des ventes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans ce contexte, la <a href="https://www.facebook.com/watch/?v=1279595950519136" target="_blank" rel="noreferrer noopener">stratégie de Toguna Motors</a> consiste à consolider progressivement un marché formel du véhicule neuf, en misant sur la fiabilité des produits, la structuration des services et la construction d’une relation durable avec la clientèle. À terme, l’entreprise espère accompagner l’émergence d’un écosystème automobile plus organisé, susceptible de soutenir la croissance industrielle et la modernisation du secteur des transports au Mali.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En se positionnant comme distributeur de marques internationales à vocation hybride et technologique, <a href="https://saheltribune.com/mali-letat-fait-confiance-a-toguna-motors-pour-moderniser-la-voirie-de-bamako/">Toguna Motors</a> tente ainsi de transformer une contrainte — l’étroitesse du marché — en opportunité industrielle, en préparant l’avenir d’un secteur encore largement dépendant des importations informelles et des motorisations anciennes.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>A.D</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>L’exode rural ou la fabrique d’une génération sans lieu</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Mikailou Cissé]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 05 Feb 2026 09:19:24 +0000</pubDate>
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<p>L’exode rural ou la fabrique d’une génération sans lieu examine les conséquences du déclassement et de l’errance en Afrique.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Entre le village quitté et la ville qui n’accueille pas vraiment, une génération entière se trouve piégée dans un entre-deux social et existentiel. À partir des données sur l’exode rural au Mali et d’une réflexion philosophique sur le déclassement, Mikaïlou Cissé analyse les impasses humaines d’un modèle de développement qui produit de l’errance plutôt que de la dignité.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans le Sahel, comme dans de nombreuses régions d’Afrique confrontées à l’exode rural vers les grandes villes, une génération entière vit suspendue entre deux mondes : ni véritablement intégrée à la ville, ni pleinement réinsérée au village. Cette couche sociale a traversé toutes les péripéties politiques des jeunes États africains, nés des compromis entre ex-puissances coloniales et leaders aspirant à une indépendance souvent de façade. Elle incarne aujourd’hui les failles profondes d’un modèle de développement postcolonial à bout de souffle.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Quitter le village pour la ville, ou inversement, n’est plus un geste d’audace ni un pari sur l’avenir, mais un départ contraint, souvent désespéré, face à un quotidien qui s’appauvrit et ne nourrit plus comme autrefois. Pour cette couche sociale, rester équivaut à consentir à l’immobilité sociale, au sens propre du terme.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-l-ampleur-d-un-exode-structurel"><strong>L’ampleur d’un exode structurel</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le rapport <em>La croissance pro-pauvres au Mali</em> de l’Agence française de développement (AFD), publié en 2007, souligne l’ampleur croissante de l’exode rural dans un contexte de fortes migrations internes et externes. Environ 200 000 personnes migrent chaque année. Faute d’estimations précises, les auteurs évaluent que si les tendances démographiques avaient été similaires en zones rurales et urbaines, près de 56 000 ruraux auraient quitté les campagnes pour les villes en 2001, un chiffre qui pourrait atteindre environ 150 000 par an en 2006.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce mouvement s’inscrit dans une dynamique plus large de déplacement des populations fuyant la désertification dans le Nord pour s’installer dans le Sud, contribuant à une urbanisation rapide, notamment autour de Bamako, dont la population est appelée à croître fortement.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les conséquences sont multiples et préoccupantes. Le rapport met en évidence une dégradation accrue de l’environnement liée à la pression démographique sur les terres agricoles, ainsi que des tensions sociales entre populations autochtones et nouveaux arrivants, auxquelles s’ajoutent les conflits anciens entre éleveurs et agriculteurs. La densification rurale contraint les systèmes agricoles extensifs à atteindre leurs limites et oblige à une transformation des pratiques culturales. Si la demande urbaine peut, à terme, stimuler la productivité agricole autour des villes, cette transition reste fragile et profondément inégalitaire.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-le-mirage-urbain-et-la-desillusion-sociale"><strong>Le mirage urbain et la désillusion sociale</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Portés par les promesses de travail et d’émancipation, ils prennent la route des grandes agglomérations. Mais le mirage urbain se dissipe vite. Sans diplômes reconnus, sans capital économique ni réseaux solides, ces migrants s’entassent dans l’économie informelle, sans protection. Ils s’installent dans les périphéries reléguées, exposées à une vie chère qui dévore leurs maigres revenus.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La ville ne les intègre pas ; elle les absorbe sans les reconnaître. Le village reste le village, mais l’être s’y sent désormais étranger dans sa propre peau. Les repères ne guident plus, et le quotidien perd tout sens concret.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au-delà de la pauvreté matérielle, ces trajectoires relèvent d’un déclassement au sens bourdieusien : l’écart brutal entre des attentes socialement construites et une réalité qui les invalide. Le départ promettait l’ascension ; il produit l’humiliation. Il ouvrait un avenir ; il suspend le présent dans une attente sans issue.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les enfants en pâtissent les premiers : certains manquent cruellement de cadre, tandis que d’autres, offerts par la nature sans être demandés, peinent à y être élevés. Les mères, vieilles et usées, sont les plus touchées. Contraintes de suivre les traces de ceux qui n’ont plus l’âge d’être des enfants, elles ploient sous la solitude, état d’être par excellence.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-la-double-absence-ni-du-village-ni-de-la-ville"><strong>La double absence : ni du village, ni de la ville</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Quitter le village, c’est rompre avec un monde. La terre, la parenté, la reconnaissance communautaire formaient un cadre d’existence et de dignité. En ville, ces repères se dissolvent. Comme un aimant, la ville attire ; comme le capitalisme, elle se débrouille pour se débarrasser de ceux qui perdent leur substance.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le migrant n’a plus de terre, car il ne cultive plus ; il n’est pas citadin non plus, faute de propriété tangible. Il survit dans un entre-deux instable, sans statut clair ni appartenance affirmée.</p>



<p class="wp-block-paragraph">De là naît une double absence : absent du village quitté, jamais pleinement présent dans la ville d’accueil. Physiquement là, ils demeurent socialement invisibles. Leur quotidien se déroule dans des non-lieux, où la ville devient un transit interminable, un séjour sans mémoire ni projet durable. Certains s’y épuisent lentement, d’autres y tombent malades, loin des solidarités familiales. Il arrive que des migrants disparaissent sans laisser de traces, errant de chantier en quartier, jusqu’à mourir comme des inconnus.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-le-retour-comme-epreuve-collective"><strong>Le retour comme épreuve collective</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le retour, lorsqu’il s’impose, n’a rien de triomphal. Tardif, contraint, souvent silencieux, il expose l’échec dans sa nudité : sans économies, sans maison construite, parfois sans épouse ni enfants, et marqué par la maladie. D’autres peinent même à revenir, faute de moyens, jusqu’à ce que des parents inquiets se lancent à leur recherche.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Bien souvent, ce sont les familles restées au village qui assument le coût du retour : les soins, les charges matérielles et les blessures symboliques de la réintégration. Le retour devient un fardeau collectif, révélateur d’une solidarité familiale mise à rude épreuve par l’échec structurel.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pourtant, réduire ces trajectoires à de simples échecs individuels serait une erreur. Les revenants portent un capital invisible : expériences urbaines, savoir-faire pratiques, endurance forgée dans l’adversité. Dans un Sahel en mutation, ils pourraient devenir des médiateurs entre ville et campagne, entre économie informelle et initiatives locales.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais ce potentiel reste largement inexploité. Le développement demeure cloisonné, sectorisé, laissant les individus et les familles absorber seuls les coûts humains des mutations économiques. Les politiques inclusives font défaut, et le cycle de l’errance se perpétue.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La figure du revenant révèle ainsi moins des échecs personnels que l’implosion d’un modèle désarticulé, incapable d’offrir des trajectoires viables à sa jeunesse. Tant que partir signifiera déracinement et revenir humiliation, l’errance produira de la survie plutôt que de la dignité. Il est temps d’investir dans ces « ni-ni », non comme des laissés-pour-compte, mais comme des ponts vivants entre des mondes que le développement a trop longtemps opposés.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Mikaïlou Cissé</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Mamadi Doumbouya : « Le sacrifice et la discipline d’aujourd’hui sont la protection de demain. »</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Ibrahim Kalifa Djitteye]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 30 Jan 2026 12:38:43 +0000</pubDate>
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<p>L'opération de déguerpissement en Guinée vise à protéger les populations et améliorer l'organisation des espaces économiques.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Dans un message publié sur sa page Facebook officielle, le vendredi 30 janvier 2026, le président de la République de Guinée, Mamadi Doumbouya, a expliqué les raisons des opérations de libération des routes et des abords des marchés. Il a précisé que ces mesures ne sont pas une sanction, mais une nécessité pour la sécurité, la santé publique et la protection des populations. Le Chef de l’État appelle à la discipline et à la patience, tout en promettant des espaces mieux organisés pour les activités économiques.</em></strong><em> &nbsp;</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le président guinéen a tenu à rappeler que ces opérations ne traduisent aucun manque de considération envers le courage et le travail quotidien des citoyens. Elles répondent à une exigence collective visant à protéger les populations. Selon lui, vendre ou vivre au bord des routes expose chaque jour les familles à des risques graves. Ces pratiques fragilisent la sécurité et compromettent l’ordre public, ce qui justifie l’intervention des autorités pour rétablir un cadre plus sûr et plus organisé. &nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Parmi les dangers évoqués figurent les accidents de circulation, la pollution, les maladies respiratoires et l’insalubrité alimentaire. Autant de menaces qui compromettent la santé publique et mettent en péril la vie humaine. Le Chef de l’État estime que la Guinée ne peut envisager un développement durable si ses routes se transforment en marchés improvisés. «&nbsp;<em>Aucune nation ne peut se développer durablement si ses routes deviennent des marchés improvisés et si la vie humaine y est constamment menacée.</em>&nbsp;», a-t-il déclaré. Pour lui, il est essentiel que les voies publiques restent des espaces de circulation protégés, afin de garantir la sécurité et la dignité des citoyens. &nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-les-enjeux-d-un-developpement-durable"><strong>Les enjeux d’un développement durable</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">L’occupation anarchique des voies fragilise l’organisation urbaine et met en danger la sécurité des usagers. Le président a souligné que la Guinée doit se doter d’infrastructures modernes et adaptées, capables de répondre aux besoins économiques tout en préservant la vie humaine et l’ordre public. Cette vision s’inscrit dans une logique de développement durable. &nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il reconnaît que ces décisions sont difficiles à accepter pour les populations concernées, mais insiste sur leur caractère indispensable pour l’intérêt général. L’objectif est de bâtir une Guinée plus sûre, plus propre et mieux organisée. Dans cette perspective, les enfants pourront grandir en bonne santé et les femmes exercer leurs activités économiques dans des conditions dignes et sécurisées. Le président appelle à la compréhension et à l’adhésion collective pour atteindre ces objectifs. &nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-des-alternatives-en-preparation"><strong>Des alternatives en préparation</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le Chef de l’État a annoncé que l’État, en collaboration avec les collectivités locales, travaille à identifier des espaces adaptés pour les activités économiques. Ces lieux seront mieux organisés et plus sûrs, permettant aux commerçants de poursuivre leurs activités dans le respect de la loi et de la dignité humaine. Cette initiative vise à concilier développement économique et protection sociale, en offrant des alternatives viables aux populations concernées. &nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette démarche traduit une volonté politique de réorganiser les espaces publics tout en préservant le droit des citoyens à travailler. Mamadi Doumbouya appelle à la confiance et à la patience, invitant chacun à faire preuve de sens du collectif. Selon lui, ces mesures ne visent pas à exclure, mais à protéger. La Guinée doit avancer vers une organisation urbaine moderne, respectueuse de la vie humaine et des règles de sécurité, afin d’assurer un avenir plus stable. &nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-discipline-et-protection-pour-l-avenir"><strong>Discipline et protection pour l’avenir</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le président a rappelé que «&nbsp;l<em>e sacrifice et la discipline d’aujourd’hui sont la protection de demain.&nbsp;</em>» Il invite les citoyens à considérer ces efforts comme un investissement pour l’avenir. Les mesures prises permettront de garantir un environnement plus sain, plus sécurisé et plus propice au développement. Cette vision s’inscrit dans une logique de prévention, où la santé et la sécurité des générations futures sont placées au cœur des priorités nationales. &nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Par ailleurs, Mamadi Doumbouya a aussi mis l’accent sur trois axes fondamentaux, «&nbsp;<em>la protection des enfants, la préservation de la santé et la construction d’une Guinée meilleure&nbsp;</em>». Ces valeurs constituent le socle de son appel à la responsabilité collective.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Ibrahim Kalifa Djitteye&nbsp;</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Commune VI de Bamako : entre modernisation locale et défis urbains, un modèle de gouvernance en mutation</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Chiencoro]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 26 Nov 2025 00:00:00 +0000</pubDate>
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<p>La commune VI du District de Bamako expérimente une gestion de la mairie axée sur la durabilité et la participation citoyenne.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em><strong><em>À Bamako, la Commune VI s’impose comme un laboratoire de gouvernance urbaine en pleine effervescence. Entre modernisation administrative, participation citoyenne et défis liés à l’urbanisation galopante, les autorités locales expérimentent un nouveau modèle de gestion de proximité. Un pari&nbsp;</em></strong></em></strong><strong><em><strong><em>ambitieux&nbsp;</em></strong></em></strong><strong><em><strong><em>pour inscrire le développement communal dans la durabilité et la transparence.</em></strong></em></strong><strong><em><strong><em></em></strong></em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans la chaleur de la capitale malienne, la Commune VI s’impose peu à peu comme un laboratoire de la gouvernance urbaine de proximité. Entre réalisations concrètes et défis structurels, les autorités locales tentent d’incarner une nouvelle approche du développement communal, fondée sur la planification, la transparence et la participation citoyenne.</p>



<h3 class="wp-block-heading" id="h-un-modele-en-construction"><strong>Un modèle en construction</strong><strong></strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Le dernier rapport de suivi de la Commune VI dresse un tableau contrasté mais encourageant : infrastructures sociales, voirie, gestion des déchets, éducation, santé — tous les secteurs stratégiques font l’objet d’un suivi régulier. Derrière cette dynamique, une volonté affichée du maire et de son équipe de rendre plus lisible l’action publique et d’ancrer les projets dans une logique de durabilité.<br>Les priorités : fluidifier la circulation dans les quartiers enclavés, renforcer la couverture sanitaire, mais aussi rapprocher l’administration des habitants. Dans une ville où la croissance démographique ne faiblit pas, la Commune VI joue un rôle clé dans l’aménagement de Bamako et la cohésion sociale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais tout n’est pas qu’harmonie. Le rapport met en lumière les difficultés persistantes : pression foncière, insalubrité, insécurité urbaine, et manque de ressources financières. L’urbanisation galopante, nourrie par un exode rural continu, complique la mise en œuvre des projets d’assainissement et de voirie.<br>Les autorités locales peinent parfois à suivre le rythme des besoins, tandis que la participation citoyenne, bien qu’en progrès, reste encore timide. Le défi, selon plusieurs observateurs, est de transformer la Commune VI en un pôle de gouvernance inclusive, où chaque décision répond à une concertation réelle avec les habitants.</p>



<h3 class="wp-block-heading" id="h-vers-une-gouvernance-de-proximite-efficace"><strong>Vers une gouvernance de proximité efficace</strong><strong></strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Malgré ces contraintes, la Commune VI s’illustre par des initiatives novatrices : digitalisation progressive des services, campagnes communautaires d’assainissement, partenariats avec les ONG locales et internationales, et appui aux initiatives économiques des jeunes et des femmes.<br>Les efforts de coordination entre les services techniques et les structures communautaires commencent à porter leurs fruits. Les projets de réhabilitation des écoles et des centres de santé témoignent d’une volonté de replacer l’humain au centre de la politique locale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La clé de la réussite, rappellent les autorités communales, repose sur la synergie entre les différents acteurs — mairie, services déconcentrés de l’État, organisations de la société civile et partenaires au développement.<br>L’ambition à moyen terme&nbsp;est de&nbsp;faire de la Commune VI un espace pilote où la gouvernance participative s’ancre dans la culture institutionnelle.&nbsp;Le développement communal n’est pas seulement une question de projets, mais de cohérence et de confiance entre l’État et les citoyens.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au-delà des chiffres et des rapports, la Commune VI reflète les mutations d’un Mali en pleine redéfinition de sa gouvernance territoriale. Si les défis sont nombreux, l’élan vers une administration plus proche des réalités locales semble amorcé.<br><strong>Chiencoro Diarra&nbsp;</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>La brousse dans la cité : deux animaux tombés pour l’urbanisation</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Chiencoro]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 25 Aug 2025 09:40:46 +0000</pubDate>
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<p>L'abattage d'un buffle et d'un éléphant au Burkina Faso révèle les défis de la cohabitation entre l'homme et la faune sauvage.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Un buffle abattu sur l’asphalte de Ouagadougou, un éléphant terrassé au cœur du marché de Bobo-Dioulasso. En une seule journée, le Burkina Faso a vu la brousse s’inviter brutalement en ville. Ces scènes tragiques ne disent pas seulement l’urgence sécuritaire face aux bêtes affolées ; elles révèlent surtout la faillite d’une urbanisation incontrôlée et d’une conservation faunique délaissée, où l’homme et l’animal se retrouvent piégés dans une cohabitation impossible.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Un buffle foudroyé sur le bitume de Ouagadougou, un éléphant terrassé au milieu du marché de Bobo-Dioulasso&nbsp;: voilà les images cruelles qui, en une journée, rappellent à quel point l’Afrique vit désormais sur une ligne de fracture entre la modernité urbaine et une faune sauvage reléguée à l’étroit. Le spectacle de ces abattages en pleine rue — quatre balles de gros calibre pour abattre le pachyderme, une rafale sèche pour neutraliser le buffle — n’est pas seulement l’illustration de l’urgence sécuritaire. C’est aussi, et surtout, la démonstration sanglante de ce que coûte l’urbanisation anarchique, le braconnage, la fragmentation des habitats naturels.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-la-cohabitation-forcee-faute-de-vision"><strong>La cohabitation forcée, faute de vision</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Il y a quelque chose de dérangeant, presque de symbolique, à voir un éléphant — roi des savanes, figure totémique de l’Afrique des origines — s’effondrer dans le vacarme des échoppes et des vuvuzelas. Non pas terrassé par un chasseur, ni par un braconnier à l’ombre d’une réserve, mais par les forces de sécurité d’un État acculé à choisir entre la vie des citadins et le maintien d’un mythe. En quelques minutes, ce colosse des steppes est devenu un danger public, et son abattage, une fatalité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">De Ouaga à Bobo, la même scène. L’animal, d’abord curieux, devient menaçant parce qu’enfermé dans un labyrinthe de béton et d’asphalte. Le buffle de Balkuy, affolé par les motos et les klaxons, fonce sur la foule comme pour rappeler qu’il n’est pas un bovin docile, mais une force brute de la nature. L’éléphant de Kuinima, lui, n’avait que déplacé quelques étals avant que la panique humaine, comme toujours plus dévastatrice que le danger réel, n’impose son exécution.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Derrière ces faits divers se cache une vérité plus vaste&nbsp;: l’Afrique perd ses frontières invisibles entre l’homme et la faune. Les couloirs écologiques disparaissent, les forêts s’amenuisent, les villages deviennent villes et les villes, métropoles. Résultat&nbsp;: les lions ne rugissent plus que dans les zoos, les éléphants errent jusqu’aux carrefours, et les buffles deviennent des intrus condamnés à mort. La cohabitation forcée, faute de vision, se solde par des cadavres géants sur le bitume.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-inventer-une-strategie-credible-de-coexistence"><strong>Inventer une stratégie crédible de coexistence</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Faut-il blâmer les forces de sécurité ? Non. Elles ont choisi la vie des riverains face à l’imprévisible. Mais le vrai procès est ailleurs. Il vise l’absence de dispositifs modernes de capture, la lenteur des programmes de conservation, et l’incapacité des États à anticiper. Les éléphants ne connaissent ni les frontières administratives ni les cadastres urbains ; ils suivent des routes ancestrales que l’homme a barrées de goudron et de béton.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au-delà de l’émotion, nul ne peut s’empêcher d’y voir une métaphore&nbsp;: dans le tumulte d’un continent en mutation, l’animal sauvage incarne cette part d’Afrique que l’on sacrifie chaque jour sur l’autel d’un développement précipité. Quand un éléphant tombe à Bobo, ce n’est pas seulement une bête qui meurt ; c’est une civilisation qui renonce un peu plus à son équilibre millénaire avec la nature.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Reste une question, lancinante&nbsp;: combien d’animaux devront encore tomber dans nos rues avant que les capitales africaines n’inventent une stratégie crédible de coexistence ?</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Chiencoro Diarra&nbsp;</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Afrique : pourquoi le continent chauffe deux fois plus vite que le reste du monde</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Fousseni TOGOLA]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 22 Aug 2025 12:30:43 +0000</pubDate>
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<p>Le réchauffement climatique en Afrique atteint des niveaux critiques, frappant le continent plus durement que le reste du monde.</p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Alors que le monde entier s’inquiète d’un réchauffement global estimé à +1,1 °C, l’Afrique vit une fièvre plus brutale encore : +0,86 °C en moyenne depuis trente ans, avec des pointes supérieures à +1,2 °C au Maghreb et au Sahel. Victime expiatoire d’un dérèglement qu’elle n’a pas provoqué, le continent chauffe deux fois plus vite que le reste du monde. Urbanisation galopante, désertification, océans surchauffés : les mécanismes se conjuguent pour faire de l’Afrique l’épicentre du chaos climatique.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Il suffit de regarder une carte thermique de la planète pour comprendre : en rouge vif, presque incandescent, le continent africain. Alors que la hausse moyenne mondiale depuis l’ère préindustrielle se stabilise autour de <a href="https://www.adaptation-changement-climatique.gouv.fr/comprendre/enjeux/que-nous-dit-la-science">+1,1 °C et les experts envisagent qu’il atteigne +1,5°</a> début 2030, l’Afrique vit, elle, à un rythme supérieur, une fièvre climatique qui semble ne jamais retomber. L’année 2024, <a href="https://www.downtoearth.org.in/africa/2024-warmest-or-second-warmest-year-on-record-for-africa-state-of-climate-in-africa">record absolu ou deuxième année la plus chaude j</a>amais enregistrée selon les sources, a confirmé cette tendance. Le <a href="https://saheltribune.com/cop29-a-bakou-lafrique-entre-tempete-et-quete-dun-phare-financier/">continent</a> se réchauffe plus vite, plus fort, et plus durement que toutes les autres régions du globe.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-l-afrique-epicentre-d-une-crise-climatique-planetaire"><strong>L’Afrique, épicentre d’une crise climatique planétaire</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Les chiffres sont sans appel. En 2024, la température moyenne annuelle de surface en Afrique s’est située 0,86 °C au-dessus de la moyenne 1991-2020, avec des pointes particulièrement inquiétantes au nord du continent, selon le <a href="https://wmo.int/sites/default/files/2025-05/Africa_2024final1.pdf" target="_blank" rel="noreferrer noopener">rapport sur l&rsquo;état du climat en Afrique 2024</a> de l&rsquo;Organisation météorologique mondiale (OMM), publié le 12 mai 2025. Le Maghreb et le Sahara ont enregistré des excédents thermiques supérieurs à +1,2 °C, soit l’une des progressions les plus rapides jamais constatées. <a href="https://www.alliance-sahel.org/en/news/sahel-climate-change-challenges/">Le Sahel</a>, déjà fragile, n’est pas épargné. Les modèles du GIEC projettent pour la région un réchauffement de +2 °C d’ici à 2040, soit une vitesse une fois et demie plus rapide que la moyenne mondiale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est un paradoxe cruel : l’Afrique, <a href="https://earth.org/urgent-and-escalating-climate-change-brought-unprecedented-challenges-to-africa-in-2024-report-finds/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">responsable de moins de 4%</a> des émissions mondiales de gaz à effet de serre, est en train d’en payer le prix le plus fort.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-le-cercle-vicieux-des-sols-brules"><strong>Le cercle vicieux des sols brûlés</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Les raisons de cette amplification sont multiples. Les scientifiques évoquent d’abord l’effet d’albédo : plus une surface est claire, plus elle renvoie la lumière solaire. Mais à mesure que la <a href="https://www.nature.com/articles/s41467-024-51324-7" target="_blank" rel="noreferrer noopener">désertification et la déforestation</a> progressent, les sols deviennent plus sombres, absorbant davantage de chaleur. Résultat : un réchauffement local qui accélère l’évaporation, assèche les sols et alimente un cercle vicieux redoutable.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans certaines <a href="https://hess.copernicus.org/articles/26/711/2022/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">zones de montagne</a>, la disparition de la végétation a déjà fait grimper la température locale de +3 °C. À cette logique physique implacable s’ajoute une autre réalité : <a href="https://www.carbonbrief.org/global-soil-moisture-in-permanent-decline-due-to-climate-change/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">la perte d’humidité des sols</a>, mesurée partout sur le continent, réduit leur <a href="https://papers.ssrn.com/sol3/papers.cfm?abstract_id=4665922" target="_blank" rel="noreferrer noopener">capacité de refroidissement naturel</a>.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-quand-les-oceans-se-liguent-contre-le-continent"><strong>Quand les océans se liguent contre le continent</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Mais la terre n’est pas seule en cause. <a href="https://www.nature.com/articles/s41467-022-31676-8" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Les océans</a> qui entourent l’Afrique, en particulier <a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Indian_Ocean" target="_blank" rel="noreferrer noopener">l’océan Indien</a>, jouent le rôle d’un four planétaire. Ce dernier se réchauffe à une vitesse inédite : +1,2 °C par siècle, contre 0,7 °C pour les autres bassins. Ses eaux surchauffées alimentent une mécanique climatique déréglée : vagues de chaleur marines qui se multiplient, tempêtes tropicales plus violentes, <a href="https://www.nature.com/articles/s41599-025-04890-0" target="_blank" rel="noreferrer noopener">élévation du niveau de la mer</a> menaçant les littoraux.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En 2024, 3 millions de km² d’océan autour du <a href="https://saheltribune.com/rechauffement-climatique-un-changement-dapproche-simpose/">continent</a> ont été affectés par des vagues de chaleur marines. Là encore, l’Afrique encaisse des chocs qu’elle n’a pas provoqués.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-urbanisation-deforestation-inegalites-les-accelerateurs-locaux"><strong>Urbanisation, déforestation, inégalités : les accélérateurs locaux</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph"><a href="https://www.greenpeace.org/africa/en/weathering-the-storm-extreme-weather-events-and-climate-change-in-africa/1-0-introduction/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">L’Afrique</a>, continent le plus jeune du monde, est aussi celui dont les <a href="https://emme-care.cyi.ac.cy/urban-heat-island-trends-in-the-middle-east-and-north-africa-a-statistical-approach/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">villes croissent le plus vite</a>. Mais cette <a href="https://www.tandfonline.com/doi/full/10.1080/23311886.2023.2165651" target="_blank" rel="noreferrer noopener">urbanisation sauvage</a> engendre des <a href="https://www.nature.com/articles/s41598-023-31678-6" target="_blank" rel="noreferrer noopener">îlots de chaleur urbains</a>, avec des températures supérieures de plusieurs degrés aux zones rurales voisines. À Abidjan, Lagos ou Nairobi, l’asphalte et le béton piègent la chaleur, aggravant encore les effets du réchauffement global.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À cela s’ajoute la déforestation. En vingt ans, 18% des forêts de montagne ont disparu, emportant avec elles leur rôle de « <em>climatiseurs naturels</em> ». Résultat : la <a href="https://www.pnas.org/doi/10.1073/pnas.2109285119" target="_blank" rel="noreferrer noopener">température maximale de l’air</a> a bondi de +1,37 °C dans ces zones, et les nuages se forment plus haut, modifiant la régularité des pluies.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce <a href="https://www.adaptation-changement-climatique.gouv.fr/comprendre/enjeux/que-nous-dit-la-science" target="_blank" rel="noreferrer noopener">réchauffement accéléré</a> ne relève plus de la prospective. Il est déjà là, dans les chairs et dans les vies. Les vagues de chaleur s’allongent, s’intensifient et tuent. À Kayes, au Mali, le thermomètre a affiché en 2024 48,9 °C, un record. Les pluies, elles, deviennent plus capricieuses : trop violentes au Sahel, provoquant <a href="https://www.aljazeera.com/news/2024/10/23/global-warming-worsened-floods-across-africa-scientists" target="_blank" rel="noreferrer noopener">des inondations</a> qui ont déjà coûté la vie à 1 500 personnes en Afrique de l’Ouest et centrale en une seule saison, trop rares en Afrique australe, où le Zimbabwe, le Malawi et la Zambie ont traversé leur pire sécheresse depuis vingt ans.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-l-afrique-laboratoire-du-climat-mondial"><strong>L’Afrique, laboratoire du climat mondial</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">À l’horizon 2040, toutes les sous-régions africaines auront franchi le seuil de +1,5 °C, même dans les scénarios les plus optimistes. Si rien ne change, le continent pourrait connaître une <a href="https://oceanographicmagazine.com/news/climate-change-triples-extreme-marine-heatwaves-in-last-80-years/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">hausse de +2,7 °C en moyenne d’ici à 2040</a>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La conclusion s’impose, brutale : l’Afrique est le <a href="https://www.universityworldnews.com/post.php?story=20250401090724397" target="_blank" rel="noreferrer noopener">laboratoire du réchauffement mondial</a>, une région où les mécanismes physiques, sociaux et économiques s’entrecroisent pour amplifier la <a href="https://ocean-climate.org/en/consequences-of-climate-change-marine-heatwaves-pose-enduring-threats-both-at-sea-and-on-land/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">crise climatique</a>. Et où les populations, déjà fragilisées par l’insécurité alimentaire, la pauvreté et les conflits, voient leur <a href="https://saheltribune.com/deforestation-420-millions-hectares-disparus-monde-depuis-1990/">vulnérabilité multipliée</a>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Un constat qui pose une double exigence : d’un côté, une <a href="https://www.nature.com/articles/s43247-024-01650-x" target="_blank" rel="noreferrer noopener">adaptation massive et urgente</a>, portée par les États et soutenue par les partenaires internationaux ; de l’autre, une <a href="https://www.ceh.ac.uk/our-science/case-studies/mitigating-impacts-climate-change-west-africa" target="_blank" rel="noreferrer noopener">responsabilité accrue des grandes puissances</a> polluantes, qui doivent cesser de faire de l’Afrique une victime collatérale de <a href="https://theconversation.com/solar-panels-in-sahara-could-boost-renewable-energy-but-damage-the-global-climate-heres-why-153992" target="_blank" rel="noreferrer noopener">leur modèle énergétique</a>.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Fousseni Togola&nbsp;</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Mali 2040 : Bamako, capitale tentaculaire ou ville durable ?</title>
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		<pubDate>Fri, 16 May 2025 08:16:10 +0000</pubDate>
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<p>Bamako fait face à une urbanisation galopante. Examinez les risques et les solutions pour une croissance urbaine maîtrisée.</p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Sous l’effet d’une démographie galopante et d’un exode rural massif, Bamako étouffe sous le poids de ses propres défis : logements précaires, services saturés, congestion chronique, accès limité à l’eau et à l’énergie. Entre risques de chaos urbain et espoir d’une renaissance maîtrisée, la capitale malienne se trouve à la croisée des chemins. Analyse et perspectives.</em></strong><strong><em></em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans les rues saturées de Bamako, entre les klaxons assourdissants des taxis-motos, les montagnes d’ordures à ciel ouvert et les files interminables devant les bornes-fontaines, une question s’impose : la capitale malienne peut-elle encore maîtriser sa propre croissance ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Avec plus de 3,18 millions d’habitants en 2025 et un taux d’expansion urbaine de 3,6 % par an, Bamako s’impose comme l’une des métropoles les plus dynamiques du continent. Une ville qui grossit plus vite qu’elle ne s’organise, qui attire plus qu’elle n’intègre, et qui menace de devenir, faute de vision à long terme, un cauchemar urbain ingérable.</p>



<h3 class="wp-block-heading" id="h-bamako-capitale-du-paradoxe-malien"><strong>Bamako, capitale du paradoxe malien</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Le paradoxe est là, criant. Capitale administrative, poumon économique et vitrine politique du Mali, Bamako concentre à elle seule les espoirs d’un pays en quête de souveraineté économique et de stabilité politique. Mais derrière l’image d’une ville en mouvement se cache une réalité plus amère : un urbanisme anarchique, un foncier spéculatif, une mobilité urbaine asphyxiée et des services sociaux à bout de souffle.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les chiffres parlent d’eux-mêmes : près de 12 000 habitants au kilomètre carré, des quartiers entiers sans accès régulier à l’eau potable, une gestion des déchets défaillante, des hôpitaux et des écoles débordés par une demande qu’ils ne peuvent plus satisfaire. Les zones périphériques, englouties par l’urbanisation sauvage, s’étendent comme une tache d’huile, sans infrastructures viables ni planification sérieuse.</p>



<h3 class="wp-block-heading" id="h-la-ville-embouteillee-le-temps-suspendu"><strong>La ville embouteillée, le temps suspendu</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">À Bamako, se déplacer est devenu un luxe. Les embouteillages quotidiens paralysent la ville. Des heures perdues dans les bouchons, une pollution record, un stress urbain permanent. La mobilité, pourtant moteur de toute activité économique, est devenue le talon d’Achille d’une capitale en panne d’infrastructures modernes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Où sont passés les projets de tramway ou de bus rapides ? Les autorités locales promettent depuis des années une refonte du système de transport. Mais sur le terrain, rien ne bouge vraiment. Le tout-moto et les taxis vétustes continuent de régner en maîtres dans une ville qui semble condamnée à marcher au ralenti.</p>



<h3 class="wp-block-heading" id="h-l-eau-et-le-logement-des-urgences-vitales"><strong>L’eau et le logement, des urgences vitales</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">L’autre bombe à retardement s’appelle l’eau. Malgré la proximité du fleuve Niger, l’or bleu se fait rare. Des quartiers entiers survivent grâce à quelques forages ou bornes-fontaines souvent en panne. Pendant ce temps, les promoteurs immobiliers continuent de bétonner sans que les réseaux d’eau et d’électricité ne suivent.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le logement est devenu un casse-tête. Le développement informel s’étend, faute de programmes massifs de logements sociaux. Des lotissements anarchiques fleurissent sans services publics, sans écoles, sans centres de santé. Résultat : une précarité urbaine qui alimente les frustrations sociales et les inégalités.&nbsp;</p>



<h3 class="wp-block-heading" id="h-bamako-2040-capitale-du-chaos-ou-modele-de-renaissance"><strong>Bamako 2040 : capitale du chaos ou modèle de renaissance ?</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Face à ce tableau inquiétant, Bamako est à la croisée des chemins. Soit la capitale bascule définitivement dans l’ingouvernabilité urbaine, avec toutes les conséquences sociales, économiques et sécuritaires que cela implique. Soit elle amorce une révolution silencieuse, fondée sur une planification stratégique, une gouvernance locale renforcée et des investissements massifs dans les infrastructures de base.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les autorités de la Transition, conscientes du défi, ont amorcé des efforts notables : électrification solaire des centres de santé, construction de forages dans les quartiers défavorisés à travers les œuvres sociales du président Goïta, réformes en cours du foncier urbain. Mais la route reste longue. Le futur de Bamako ne se joue pas seulement dans les conseils des ministres ou les conférences internationales. Il se joue dans les quartiers, sur les marchés, dans les transports, dans l’accès à l’eau, à l’éducation, à la santé. Les œuvres sociales du président de la transition sont alors à ce point de vue une bouffée d’oxygène.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">À l’horizon 2040, Bamako pourrait devenir une capitale résiliente, connectée, verte et inclusive. Ou sombrer dans le chaos urbain, victime de ses propres contradictions. Pour cela, il faut oser une rupture : mettre fin au laisser-faire, engager une vraie planification urbaine, et faire de Bamako non plus une ville qui subit sa croissance, mais une ville qui la maîtrise.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le temps presse. Le compte à rebours a déjà commencé.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>A.D</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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