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	<title>Archives des transition écologique &#8212; Sahel Tribune</title>
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		<title>Construire avec la terre : Renaissance de l&#8217;architecture en banco comme réponse écologique et culturelle</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Chiencoro]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 03 Jun 2026 09:19:59 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>
<p>Au Mali et dans le Sahel, le banco revient au cœur des débats sur l’habitat durable. Écologique, économique et adapté au climat, l’architecture en terre crue apparaît comme une alternative crédible au béton face aux défis environnementaux et urbains.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Deux milliards de personnes vivent encore dans des bâtiments en terre crue. Le ciment, lui, produit chaque année 2,5 milliards de tonnes de CO₂, soit 7 % des émissions mondiales. Au Mali, à Djenné, à Tombouctou, au Burkina Faso et dans tout le Sahel, le banco — cette argile mêlée de paille ou de la bouse de vache — a façonné des cités durant des siècles. Aujourd&rsquo;hui, une génération d&rsquo;architectes, de chercheurs et d&rsquo;artisans tente de redonner à ce matériau sa place légitime. Non pas comme vestige folklorique, mais comme réponse rigoureuse à la double urgence climatique et sociale du XXI</em></strong><strong><em>ᵉ</em></strong><strong><em>&nbsp;siècle.</em></strong><strong></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Il faut commencer par nommer le paradoxe. Dans la ville de Djenné, au cœur du Mali, se dresse le plus grand édifice en terre crue du monde : la Grande Mosquée, inscrite au patrimoine mondial de l&rsquo;UNESCO depuis 1988. Construite initialement au XIIIᵉ&nbsp;siècle, reconstruite en 1907 dans le style soudano-sahélien, elle accueille chaque année le rituel du crépissage — une mobilisation collective de toute la communauté djennékée pour enduire ses murs de banco frais avant la saison des pluies. Ce geste n&rsquo;est pas de la nostalgie : c&rsquo;est de l&rsquo;ingénierie sociale et thermique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pourtant, à quelques rues de là, les habitants détruisent leurs maisons en terre pour les reconstruire en parpaings et en ciment. Non par conviction technique, mais par mimétisme social : dans l&rsquo;imaginaire collectif forgé par des décennies de «&nbsp;<em>modernisation</em>&nbsp;», la maison en béton est signe de réussite, et le banco signe de pauvreté. Cette hiérarchie symbolique est l&rsquo;un des obstacles les plus redoutables à surmonter. Elle n&rsquo;est pas irrationnelle — elle est le produit d&rsquo;une histoire coloniale et postcoloniale qui a systématiquement déprécié les savoirs locaux au profit de matériaux importés.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le résultat est documenté : l&rsquo;UNESCO signale depuis plusieurs années que <a href="https://africarenewal.un.org/fr/magazine/mali-le-site-des-villes-anciennes-de-djenne-ajoute-la-liste-du-patrimoine-mondial-en-peril" target="_blank" rel="noreferrer noopener">l&rsquo;introduction du ciment</a>, des briques cuites et des huisseries métalliques dans le tissu ancien de Djenné altère l&rsquo;authenticité du site classé, et accélère la dégradation des structures traditionnelles en modifiant leurs propriétés hygrothermiques d&rsquo;origine.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Ce que la science dit du banco : des chiffres, pas des mythes</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;architecture en terre crue n&rsquo;est pas qu&rsquo;une affaire d&rsquo;esthétique ou d&rsquo;identité. Elle est d&rsquo;abord une technique aux performances mesurables, documentées par la recherche contemporaine.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Première propriété fondamentale : l&rsquo;inertie thermique. Les murs en banco présentent un déphasage thermique de 10 à 12 heures — ce qui signifie que la chaleur absorbée en journée n&rsquo;est restituée vers l&rsquo;intérieur que la nuit, quand les températures extérieures ont baissé. Dans un climat sahélien où <a href="https://www.jle.com/en/revues/sec/e-docs/les_parcours_du_sahel_270087/article.phtml%60" target="_blank" rel="noreferrer noopener">les écarts jour/nuit peuvent dépasser 20 °C</a>, cette propriété est capitale. Elle permet de maintenir une température intérieure stable sans aucune énergie mécanique — sans climatiseur, sans ventilateur, sans générateur.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Deuxième propriété : le bilan carbone. Selon les données disponibles sur les matériaux de construction, la production d&rsquo;une tonne de ciment Portland génère entre 800 kilos et une tonne de CO₂. L&rsquo;industrie cimentière mondiale est responsable d&rsquo;environ <a href="https://www.ecocemglobal.com/wp-content/uploads/2023/03/FR-06445-Ecocem-%E2%80%93-State-of-the-Cement-Nation-Report-V8_FR.pdf" target="_blank" rel="noreferrer noopener">2,5 milliards de tonnes de CO₂ par an</a>, soit 7 % des émissions mondiales — un chiffre comparable à celui de l&rsquo;aviation internationale. La terre crue, elle, ne subit aucune cuisson, aucune transformation chimique énergivore. Son énergie grise — c&rsquo;est-à-dire l&rsquo;énergie nécessaire à sa production — est jusqu&rsquo;à dix fois inférieure à celle des briques cuites, et radicalement moindre que celle du béton armé, selon des experts.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Troisième propriété : la réversibilité. Un mur en banco peut, en fin de vie, retourner à la terre. Il n&rsquo;existe pas de déchet inerte, pas de gravat non recyclable. Dans un continent africain qui devra construire des millions de logements dans les prochaines décennies pour absorber une urbanisation sans précédent — <a href="https://unhabitat.org/topic/housing" target="_blank" rel="noreferrer noopener">UN-Habitat</a> évaluait en 2016 le besoin à 90 000 logements par jour d&rsquo;ici 2030 pour 3 milliards de personnes mal logées — la question du coût environnemental des matériaux n&rsquo;est pas secondaire. Elle est centrale.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Djenné, Tombouctou, le Sahel : un patrimoine vivant sous pression</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le Mali concentre quelques-uns des monuments en terre les plus importants au monde. Outre la Grande Mosquée de Djenné — le plus grand édifice en adobe du monde —, la ville <a href="https://whc.unesco.org/fr/actualites/1520" target="_blank" rel="noreferrer noopener">abrite plus de 2 000 maisons traditionnelles</a>, toutes inscrites au patrimoine mondial de l&rsquo;UNESCO. À Tombouctou, la mosquée Djingareyber, construite au XIVᵉ siècle, est la plus vieille construction en terre d&rsquo;Afrique subsaharienne encore debout. Ces monuments ne sont pas des musées : ils sont des preuves vivantes de la durabilité d&rsquo;une technique constructive quand elle est correctement entretenue.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em><a href="https://the.akdn/en/how-we-work/our-agencies/aga-khan-trust-culture" target="_blank" rel="noreferrer noopener">L&rsquo;Aga Khan Trust for Culture</a></em> (AKTC), qui intervient à Djenné depuis 2006, a conduit une restauration complète de la Grande Mosquée après avoir constaté que des décennies de surcrépissage avaient accumulé plus de 500 tonnes de banco sur la toiture, fragilisant l&rsquo;ensemble de la structure. Cette intervention illustre une leçon essentielle : l&rsquo;architecture en terre n&rsquo;est pas une technique passive. Elle exige un entretien régulier, des savoir-faire transmis, une organisation communautaire. C&rsquo;est précisément là que réside sa dimension culturelle irremplaçable.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Car le banco n&rsquo;est pas seulement un matériau de construction — il est un vecteur de cohésion sociale. Le crépissage annuel de la mosquée de Djenné est un événement culturel qui mobilise l&rsquo;ensemble de la communauté, transmet les techniques aux jeunes générations, et réaffirme collectivement l&rsquo;appartenance à un lieu et à une histoire. Cet aspect — difficile à quantifier dans une feuille de calcul carbone — est pourtant l&rsquo;une des ressources les plus précieuses que l&rsquo;architecture en banco peut offrir à des sociétés sahéliennes traversées par les fractures de la modernité.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>La renaissance est en marche — mais elle se bat contre des vents contraires</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Depuis quelques années, un écosystème d&rsquo;acteurs travaille à réhabiliter l&rsquo;architecture en terre crue comme option sérieuse pour la construction contemporaine au Sahel.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À Bamako, l&rsquo;École supérieure d&rsquo;ingénierie, d&rsquo;architecture et d&rsquo;urbanisme (<a href="https://legrandfrere.africa/etablissement/esiau/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">ESIAU</a>) porte le réseau <a href="https://www.factsahelplus.com/le-reseau" target="_blank" rel="noreferrer noopener">FACT Sahel+,</a> un forum qui fédère architectes, maçons, ingénieurs et chercheurs du Mali, du Burkina Faso, du Niger, du Bénin et au-delà. </p>



<p class="wp-block-paragraph">À l&rsquo;échelle internationale, le <a href="https://amaco.org/terra-award-premier-prix-mondial-des-architectures-contemporaines-terre-crue/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">TERRA Award</a> — premier prix mondial des architectures contemporaines en terre crue, lancé en 2016 sous l&rsquo;égide de la chaire UNESCO « <em>Architectures de terre, cultures constructives et développement durable</em> », portée par le laboratoire CRAterre de l&rsquo;ENSAG — a déjà récompensé des réalisations sahéliennes et démontré que l&rsquo;architecture en banco peut être à la fois rigoureuse, esthétique et économiquement accessible.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces initiatives se heurtent cependant à des obstacles structurels considérables. Les normes de construction en vigueur dans la plupart des pays sahéliens ont été conçues pour le béton armé : elles ignorent ou pénalisent les matériaux locaux. Les bailleurs de fonds internationaux — banques de développement, agences d&rsquo;aide bilatérale — financent plus volontiers du béton «&nbsp;<em>standardisé</em>&nbsp;» que de la terre «&nbsp;<em>vernaculaire</em>&nbsp;». Et les architectes formés dans des écoles aux références occidentales manquent souvent des compétences techniques spécifiques à la construction en terre.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Ce qu&rsquo;il faut faire : une politique, pas une nostalgie</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">La renaissance du banco ne peut pas reposer sur la seule bonne volonté des militants de l&rsquo;architecture durable. Elle nécessite des décisions politiques claires, à plusieurs niveaux.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le premier impératif est normatif. Les États malien, burkinabè, nigérien et leurs voisins doivent adapter leurs codes de construction pour intégrer les matériaux locaux — banco, brique de terre compressée (BTC), pisé — avec des normes de mise en œuvre claires et des exigences de formation adaptées. Sans reconnaissance légale, les artisans et architectes qui choisissent la terre restent dans un vide juridique pénalisant.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le deuxième impératif est éducatif. L&rsquo;architecture en terre doit entrer dans les cursus des écoles d&rsquo;architecture et d&rsquo;ingénierie du Sahel — non pas comme module optionnel exotique, mais comme compétence fondamentale. L&rsquo;expérience de l&rsquo;ESIAU et du réseau FACT Sahel+ montre que la demande existe chez les étudiants. Il manque des ressources pédagogiques, des équipements, et une reconnaissance institutionnelle de ces formations.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le troisième impératif est financier. Les programmes d&rsquo;aide au logement, qu&rsquo;ils émanent des États ou des bailleurs internationaux, doivent intégrer des critères favorisant les matériaux locaux à faible empreinte carbone. Dans un contexte où le continent africain va devoir construire massivement pour loger une population en forte croissance, orienter ces flux financiers vers des filières locales de construction en terre est à la fois un choix climatique et un choix de développement économique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le quatrième impératif, souvent négligé, est symbolique. Tant que la maison en banco sera perçue comme signe de pauvreté et le parpaing comme signe de réussite, les campagnes techniques échoueront. Changer cette perception suppose un travail de longue haleine — dans les médias, dans les programmes scolaires, dans l&rsquo;architecture des équipements publics. Lorsqu&rsquo;une mairie, une école ou un dispensaire est construit en banco de qualité, avec un soin architectural visible, le message est puissant : ce matériau est digne, il est contemporain, il est nôtre.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>La terre n&rsquo;est pas un retour en arrière</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Il serait naïf de prétendre que le banco seul peut répondre à tous les besoins de construction du Sahel contemporain. Les villes croissent trop vite, les programmes sont trop massifs, les contraintes trop diverses. L&rsquo;enjeu n&rsquo;est pas de remplacer le ciment par la terre de manière idéologique, mais d&rsquo;intégrer la terre crue dans une palette de matériaux raisonnée — là où ses performances thermiques, son coût, sa disponibilité locale et sa dimension culturelle en font le meilleur choix.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce choix est déjà celui de près de deux milliards d&rsquo;êtres humains sur la planète. Il est celui de civilisations sahéliennes qui ont bâti des cités entières, des mosquées millénaires, des greniers centenaires avec cette argile modeste et généreuse. La science du XXIᵉ&nbsp;siècle ne fait que confirmer ce que les maçons de Djenné savaient depuis longtemps : la terre est un matériau intelligent.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La vraie question n&rsquo;est pas de savoir si l&rsquo;architecture en banco est capable de répondre aux défis du présent. Elle l&rsquo;est. La vraie question est de savoir si nos politiques, nos institutions et nos imaginaires collectifs sont capables de lui faire confiance.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Chiencoro Diarra&nbsp;</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Plastiques et pétrole : la crise géopolitique pourrait-elle accélérer la transition ?</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Chiencoro]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 16 May 2026 00:00:00 +0000</pubDate>
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<p>La hausse des prix du pétrole liée aux tensions géopolitiques autour du détroit d’Ormuz pourrait renchérir le coût du plastique vierge et accélérer la transition vers des alternatives durables.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Alors que les tensions autour du détroit d&rsquo;Ormuz font grimper les prix du brut, une opportunité inattendue se dessine&nbsp;: renchérir le coût du plastique vierge pourrait contraindre entreprises et États à repenser en profondeur leur rapport aux matières fossiles et à leurs dérivés.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Il est un facteur du changement climatique que l&rsquo;on tend à négliger dans les colonnes consacrées aux tensions géopolitiques&nbsp;: la production de plastiques. Pourtant, la grande majorité des matières plastiques conventionnelles est fabriquée à partir de pétrole et de gaz fossile. Et lorsque les prix du brut s&rsquo;envolent — comme c&rsquo;est le cas depuis les récentes turbulences autour du détroit d&rsquo;Ormuz —, c&rsquo;est toute l&rsquo;économie mondiale du plastique qui vacille.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Un renchérissement qui, paradoxalement, pourrait s&rsquo;avérer bénéfique pour la planète.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Une chaîne de valeur entièrement fossile</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le Programme des Nations Unies pour l&rsquo;environnement (PNUE) est formel&nbsp;: les plastiques génèrent des émissions nocives de gaz à effet de serre à chaque étape de leur cycle de vie — de l&rsquo;extraction pétrolière au raffinage, de la fabrication au transport, jusqu&rsquo;à l&rsquo;élimination finale. Sans inflexion majeure, ces émissions continueront d&rsquo;augmenter au rythme de la production mondiale, qui n&rsquo;a cessé de croître depuis des décennies.</p>



<p class="wp-block-paragraph">«&nbsp;<em>Nous devons repenser la manière dont nous produisons, utilisons et éliminons les plastiques.</em>&nbsp;», explique le&nbsp;programme des Nations unies pour l&rsquo;environnement&nbsp;(PNUE)&nbsp;Au-delà du problème des déchets — souvent au cœur du débat public —, c&rsquo;est donc une question climatique fondamentale qui se pose. L&rsquo;économie mondiale du plastique est une économie fossile&nbsp;; en l&rsquo;alimentant, on alimente le réchauffement.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Quels plastiques peut-on réellement remplacer&nbsp;?</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">La réponse à cette question exige de distinguer la commodité de la nécessité. Le PNUE propose une lecture en trois catégories, que l&rsquo;on peut résumer ainsi&nbsp;:</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><a href="https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/05/image-2.png"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1024" height="475" src="https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/05/image-2-1024x475.png" alt="" class="wp-image-22404" srcset="https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/05/image-2-1024x475.png 1024w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/05/image-2-300x139.png 300w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/05/image-2-768x356.png 768w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/05/image-2-1170x543.png 1170w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/05/image-2-585x271.png 585w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/05/image-2-600x278.png 600w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/05/image-2.png 1406w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></a></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Seringues, équipements de protection, composants électroniques&nbsp;: le plastique y reste souvent irremplaçable à court terme.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les emballages alimentaires — bouteilles, films, contenants jetables — représentent la part la plus importante de la production mondiale et, bonne nouvelle, la plus facile à réformer. De nombreux pays ont déjà légiféré en ce sens, interdisant sacs plastiques et couverts à usage unique au profit d&rsquo;alternatives réutilisables.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il convient toutefois de nuancer le tableau&nbsp;: certains usages du plastique contribuent à réduire les émissions. Les matériaux isolants améliorent l&rsquo;efficacité énergétique des bâtiments&nbsp;; les composants légers dans l&rsquo;automobile diminuent la consommation de carburant. «&nbsp;<em>La solution n&rsquo;est pas d&rsquo;interdire tous les plastiques, mais d&rsquo;éliminer les plastiques inutiles, évitables et problématiques</em>&nbsp;», rappelle le PNUE.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>La pression économique comme levier de transformation</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est ici que la géopolitique devient, malgré elle, alliée de l&rsquo;écologie. Lorsque le coût du plastique vierge augmente, les logiques économiques évoluent&nbsp;: les emballages excessifs perdent de leur attractivité, les produits jetables se retrouvent concurrencés par des solutions réutilisables, et les taxes environnementales trouvent un soutien public accru.&nbsp;<em>«&nbsp;La réutilisation représente l&rsquo;un des changements de marché les plus puissants disponibles.&nbsp;»,&nbsp;</em>selon le<em>&nbsp;</em>PNUE</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour de nombreux experts, cette pression pourrait accélérer trois dynamiques simultanément&nbsp;: la réduction des usages superflus, le développement des systèmes de réemploi et l&rsquo;investissement dans des matériaux alternatifs moins émetteurs de gaz à effet de serre. En d&rsquo;autres termes, ce que les politiques publiques peinent à imposer, les prix du marché pourraient l&rsquo;obtenir par défaut.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La production mondiale de plastiques génère des émissions de gaz à effet de serre à chaque étape de son cycle de vie. Le PNUE avertit que ces émissions continueront probablement d&rsquo;augmenter si la croissance non régulée de la production se poursuit. Les plastiques nuisent également à la biodiversité, via la pollution des océans et des écosystèmes terrestres.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Chiencoro Diarra&nbsp;</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Pénurie de carburant au Mali : l’hydrogène naturel comme alternative durable</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Sidi Modibo Coulibaly]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 27 Oct 2025 11:16:24 +0000</pubDate>
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<p>Découvrez comment l'hydrogène naturel peut offrir une alternative viable aux sources d'énergie traditionnelles au Mali.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>La pénurie de carburant que vit le Mali depuis septembre 2025 a affecté tous les secteurs de la vie. Certes, les autorités sont au four et au moulin pour assurer l’approvisionnement rapide du pays. Cependant, elles devraient faire de cette crise une opportunité pour se tourner vers d’autres sources d’énergie dont dispose le pays, telles que l’hydrogène naturel.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le Mali dispose d’énormes potentialités naturelles. Si, ce sont les ressources minières qui sont les plus connues, car les mieux exploitées, il y a l’hydrogène naturel. Cette source d’énergie peut constituer une sérieuse alternative à l’essence, au gaz-oil, etc. Elle avait déjà fait l’objet d’une expérimentation, même si c’était à un niveau moindre. Ce qui est un atout pour relancer son exploitation à grande échelle.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-l-hydrogene-malien-decouvert-de-facon-inedite"><strong>L’hydrogène malien découvert de façon inédite</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le Mali est une référence emblématique d’accumulations naturelles d’hydrogène. Son potentiel a été révélé de façon naturelle. C’était en 1987 à&nbsp;Bourakébougou (à environ 60&nbsp;kilomètres au nord-ouest de Bamako, la capitale du Mali). C’est à travers&nbsp;un fait inédit&nbsp;: creusement d’un puits pour approvisionner en eau le village. Lorsque l’excavation dépasse cent mètres de profondeur, ce qui ressemble à un courant d’air remonte du puits.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pendant sa pause, un ouvrier, en tentant d’allumer sa cigarette, provoque une explosion soudaine. Dans la stupeur, le puits est fermé, cimenté et condamné. Vingt ans s’écoulent. En 2007, des scientifiques étrangers sur initiative de l’homme d’affaires malien, Alou Boubacar Diallo, viennent sur les lieux pour analyser le fameux courant d’air. Le résultat est sans appel&nbsp;: le courant d’air est composé à 98&nbsp;% d’hydrogène et&nbsp;2&nbsp;% de méthane et de diazote.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-une-premiere-experimentation-reussie-nbsp"><strong>Une première expérimentation réussie&nbsp;</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Dès 2012, de l’équipement est installé pour convertir cet hydrogène en électricité, ce qui a permis d’alimenter le village en électricité. Via un puits, l’équipement convertit la petite molécule en électricité, d’abord grâce à un générateur en combustion directe de 30&nbsp;kW, puis, depuis 2022, grâce à l’installation d’une pile à combustible de 5&nbsp;kW. Ce qui permet l’éclairage public du village et quelques appareils électroniques. Ce qui a fait du Mali, le seul pays au monde où un gisement d’hydrogène naturel est exploité.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-5-4-nbsp-millions-de-tonnes-exploitables"><strong>5,4&nbsp;millions de tonnes exploitables</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Cette exploitation à Bourakébougou a suscité la curiosité de la communauté scientifique internationale qui a, depuis fait un certain nombre d’études sur les lieux et découvert d’autres réserves d’hydrogène naturel dans les sous-sols d’autant plus importantes. En plus de ses réserves colossales d’hydrogène naturel, la région possèderait, selon l’équipe de chercheurs de l’Institut de Physique du Globe de Paris (citée dans la revue spécialisée « <em>International Journal of Hydrogen Energy</em> ») « <em>les caractéristiques géologiques et géochimiques uniques d’un système d’hydrogène actif</em> », soit une source de production continue, qui permettrait d’exploiter un flux inépuisable. Ce qui a fait dire aux scientifiques que la ressource exploitable estimée serait de 5,4&nbsp;millions de tonnes, soit 5&nbsp;% environ de la production mondiale d’hydrogène, toutes sources confondues.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-l-hydrogene-naturel-un-enjeu-mondial"><strong>L’hydrogène naturel, un enjeu mondial</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Plus de 95&nbsp;% de l’hydrogène produit dans le monde est issu du méthane, du pétrole ou du charbon. C’est un hydrogène industriel. Alors que l’hydrogène naturel appelé hydrogène blanc, est un gaz invisible, inflammable et décarboné exploité sans une transformation industrielle lourde. Il est issu du sous-sol et n’émet quasiment pas de CO₂, car il ne nécessite ni combustion ni électrolyse pour être généré. On ne le trouve que très rarement sous sa forme pure (H2). Et, c’est ce type d’hydrogène qui se trouve au Mali. Potentiellement, l’hydrogène naturel pourrait alimenter des entreprises ou encore toutes sortes de transports (voitures, trains, bateaux, avions).&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au regard de sa nature, on peut affirmer que l’hydrogène naturel est une ressource propre dans un contexte mondial de lutte contre le changement climatique. Celui, qui le maîtrise, pourrait bien s’imposer comme un acteur central de la transition énergétique mondiale. Donc, le Mali devra largement profiter de son potentiel pour assurer son<strong>&nbsp;</strong>indépendance partielle ou totale en termes d’énergies.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Sidi Modibo Coulibaly</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Afrique : pourquoi le continent chauffe deux fois plus vite que le reste du monde</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Fousseni TOGOLA]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 22 Aug 2025 12:30:43 +0000</pubDate>
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<p>Le réchauffement climatique en Afrique atteint des niveaux critiques, frappant le continent plus durement que le reste du monde.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Alors que le monde entier s’inquiète d’un réchauffement global estimé à +1,1 °C, l’Afrique vit une fièvre plus brutale encore : +0,86 °C en moyenne depuis trente ans, avec des pointes supérieures à +1,2 °C au Maghreb et au Sahel. Victime expiatoire d’un dérèglement qu’elle n’a pas provoqué, le continent chauffe deux fois plus vite que le reste du monde. Urbanisation galopante, désertification, océans surchauffés : les mécanismes se conjuguent pour faire de l’Afrique l’épicentre du chaos climatique.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Il suffit de regarder une carte thermique de la planète pour comprendre : en rouge vif, presque incandescent, le continent africain. Alors que la hausse moyenne mondiale depuis l’ère préindustrielle se stabilise autour de <a href="https://www.adaptation-changement-climatique.gouv.fr/comprendre/enjeux/que-nous-dit-la-science">+1,1 °C et les experts envisagent qu’il atteigne +1,5°</a> début 2030, l’Afrique vit, elle, à un rythme supérieur, une fièvre climatique qui semble ne jamais retomber. L’année 2024, <a href="https://www.downtoearth.org.in/africa/2024-warmest-or-second-warmest-year-on-record-for-africa-state-of-climate-in-africa">record absolu ou deuxième année la plus chaude j</a>amais enregistrée selon les sources, a confirmé cette tendance. Le <a href="https://saheltribune.com/cop29-a-bakou-lafrique-entre-tempete-et-quete-dun-phare-financier/">continent</a> se réchauffe plus vite, plus fort, et plus durement que toutes les autres régions du globe.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-l-afrique-epicentre-d-une-crise-climatique-planetaire"><strong>L’Afrique, épicentre d’une crise climatique planétaire</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Les chiffres sont sans appel. En 2024, la température moyenne annuelle de surface en Afrique s’est située 0,86 °C au-dessus de la moyenne 1991-2020, avec des pointes particulièrement inquiétantes au nord du continent, selon le <a href="https://wmo.int/sites/default/files/2025-05/Africa_2024final1.pdf" target="_blank" rel="noreferrer noopener">rapport sur l&rsquo;état du climat en Afrique 2024</a> de l&rsquo;Organisation météorologique mondiale (OMM), publié le 12 mai 2025. Le Maghreb et le Sahara ont enregistré des excédents thermiques supérieurs à +1,2 °C, soit l’une des progressions les plus rapides jamais constatées. <a href="https://www.alliance-sahel.org/en/news/sahel-climate-change-challenges/">Le Sahel</a>, déjà fragile, n’est pas épargné. Les modèles du GIEC projettent pour la région un réchauffement de +2 °C d’ici à 2040, soit une vitesse une fois et demie plus rapide que la moyenne mondiale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est un paradoxe cruel : l’Afrique, <a href="https://earth.org/urgent-and-escalating-climate-change-brought-unprecedented-challenges-to-africa-in-2024-report-finds/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">responsable de moins de 4%</a> des émissions mondiales de gaz à effet de serre, est en train d’en payer le prix le plus fort.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-le-cercle-vicieux-des-sols-brules"><strong>Le cercle vicieux des sols brûlés</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Les raisons de cette amplification sont multiples. Les scientifiques évoquent d’abord l’effet d’albédo : plus une surface est claire, plus elle renvoie la lumière solaire. Mais à mesure que la <a href="https://www.nature.com/articles/s41467-024-51324-7" target="_blank" rel="noreferrer noopener">désertification et la déforestation</a> progressent, les sols deviennent plus sombres, absorbant davantage de chaleur. Résultat : un réchauffement local qui accélère l’évaporation, assèche les sols et alimente un cercle vicieux redoutable.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans certaines <a href="https://hess.copernicus.org/articles/26/711/2022/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">zones de montagne</a>, la disparition de la végétation a déjà fait grimper la température locale de +3 °C. À cette logique physique implacable s’ajoute une autre réalité : <a href="https://www.carbonbrief.org/global-soil-moisture-in-permanent-decline-due-to-climate-change/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">la perte d’humidité des sols</a>, mesurée partout sur le continent, réduit leur <a href="https://papers.ssrn.com/sol3/papers.cfm?abstract_id=4665922" target="_blank" rel="noreferrer noopener">capacité de refroidissement naturel</a>.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-quand-les-oceans-se-liguent-contre-le-continent"><strong>Quand les océans se liguent contre le continent</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Mais la terre n’est pas seule en cause. <a href="https://www.nature.com/articles/s41467-022-31676-8" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Les océans</a> qui entourent l’Afrique, en particulier <a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Indian_Ocean" target="_blank" rel="noreferrer noopener">l’océan Indien</a>, jouent le rôle d’un four planétaire. Ce dernier se réchauffe à une vitesse inédite : +1,2 °C par siècle, contre 0,7 °C pour les autres bassins. Ses eaux surchauffées alimentent une mécanique climatique déréglée : vagues de chaleur marines qui se multiplient, tempêtes tropicales plus violentes, <a href="https://www.nature.com/articles/s41599-025-04890-0" target="_blank" rel="noreferrer noopener">élévation du niveau de la mer</a> menaçant les littoraux.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En 2024, 3 millions de km² d’océan autour du <a href="https://saheltribune.com/rechauffement-climatique-un-changement-dapproche-simpose/">continent</a> ont été affectés par des vagues de chaleur marines. Là encore, l’Afrique encaisse des chocs qu’elle n’a pas provoqués.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-urbanisation-deforestation-inegalites-les-accelerateurs-locaux"><strong>Urbanisation, déforestation, inégalités : les accélérateurs locaux</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph"><a href="https://www.greenpeace.org/africa/en/weathering-the-storm-extreme-weather-events-and-climate-change-in-africa/1-0-introduction/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">L’Afrique</a>, continent le plus jeune du monde, est aussi celui dont les <a href="https://emme-care.cyi.ac.cy/urban-heat-island-trends-in-the-middle-east-and-north-africa-a-statistical-approach/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">villes croissent le plus vite</a>. Mais cette <a href="https://www.tandfonline.com/doi/full/10.1080/23311886.2023.2165651" target="_blank" rel="noreferrer noopener">urbanisation sauvage</a> engendre des <a href="https://www.nature.com/articles/s41598-023-31678-6" target="_blank" rel="noreferrer noopener">îlots de chaleur urbains</a>, avec des températures supérieures de plusieurs degrés aux zones rurales voisines. À Abidjan, Lagos ou Nairobi, l’asphalte et le béton piègent la chaleur, aggravant encore les effets du réchauffement global.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À cela s’ajoute la déforestation. En vingt ans, 18% des forêts de montagne ont disparu, emportant avec elles leur rôle de « <em>climatiseurs naturels</em> ». Résultat : la <a href="https://www.pnas.org/doi/10.1073/pnas.2109285119" target="_blank" rel="noreferrer noopener">température maximale de l’air</a> a bondi de +1,37 °C dans ces zones, et les nuages se forment plus haut, modifiant la régularité des pluies.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce <a href="https://www.adaptation-changement-climatique.gouv.fr/comprendre/enjeux/que-nous-dit-la-science" target="_blank" rel="noreferrer noopener">réchauffement accéléré</a> ne relève plus de la prospective. Il est déjà là, dans les chairs et dans les vies. Les vagues de chaleur s’allongent, s’intensifient et tuent. À Kayes, au Mali, le thermomètre a affiché en 2024 48,9 °C, un record. Les pluies, elles, deviennent plus capricieuses : trop violentes au Sahel, provoquant <a href="https://www.aljazeera.com/news/2024/10/23/global-warming-worsened-floods-across-africa-scientists" target="_blank" rel="noreferrer noopener">des inondations</a> qui ont déjà coûté la vie à 1 500 personnes en Afrique de l’Ouest et centrale en une seule saison, trop rares en Afrique australe, où le Zimbabwe, le Malawi et la Zambie ont traversé leur pire sécheresse depuis vingt ans.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-l-afrique-laboratoire-du-climat-mondial"><strong>L’Afrique, laboratoire du climat mondial</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">À l’horizon 2040, toutes les sous-régions africaines auront franchi le seuil de +1,5 °C, même dans les scénarios les plus optimistes. Si rien ne change, le continent pourrait connaître une <a href="https://oceanographicmagazine.com/news/climate-change-triples-extreme-marine-heatwaves-in-last-80-years/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">hausse de +2,7 °C en moyenne d’ici à 2040</a>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La conclusion s’impose, brutale : l’Afrique est le <a href="https://www.universityworldnews.com/post.php?story=20250401090724397" target="_blank" rel="noreferrer noopener">laboratoire du réchauffement mondial</a>, une région où les mécanismes physiques, sociaux et économiques s’entrecroisent pour amplifier la <a href="https://ocean-climate.org/en/consequences-of-climate-change-marine-heatwaves-pose-enduring-threats-both-at-sea-and-on-land/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">crise climatique</a>. Et où les populations, déjà fragilisées par l’insécurité alimentaire, la pauvreté et les conflits, voient leur <a href="https://saheltribune.com/deforestation-420-millions-hectares-disparus-monde-depuis-1990/">vulnérabilité multipliée</a>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Un constat qui pose une double exigence : d’un côté, une <a href="https://www.nature.com/articles/s43247-024-01650-x" target="_blank" rel="noreferrer noopener">adaptation massive et urgente</a>, portée par les États et soutenue par les partenaires internationaux ; de l’autre, une <a href="https://www.ceh.ac.uk/our-science/case-studies/mitigating-impacts-climate-change-west-africa" target="_blank" rel="noreferrer noopener">responsabilité accrue des grandes puissances</a> polluantes, qui doivent cesser de faire de l’Afrique une victime collatérale de <a href="https://theconversation.com/solar-panels-in-sahara-could-boost-renewable-energy-but-damage-the-global-climate-heres-why-153992" target="_blank" rel="noreferrer noopener">leur modèle énergétique</a>.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Fousseni Togola&nbsp;</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Mali – Le vert se meurt</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Chiencoro]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 19 Jun 2025 16:04:15 +0000</pubDate>
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<p>Au Mali, la déforestation menace l'avenir. Informez-vous sur les efforts de reboisement et les enjeux environnementaux cruciaux.</p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Face à une déforestation galopante, le Mali multiplie les campagnes de reboisement et les réformes législatives. Mais sur le terrain, entre gouvernance défaillante, exploitation anarchique des ressources et inertie administrative, la forêt continue de reculer. Analyse d’une urgence écologique devenue enjeu national.</em></strong><em></em></p>



<p class="wp-block-paragraph">À quarante kilomètres à peine de Bamako, la forêt classée de la Faya agonise lentement, dans une indifférence feutrée. Feux de brousse, tranchées artisanales, sacs de charbon dissimulés sous des bâches poussiéreuses… Voilà ce qu’il reste, en 2025, de ce qui fut l’un des derniers refuges de biodiversité de la région. Comme un symbole. Le Mali, vaste pays sahélien dont 80&nbsp;% de la population dépend encore du bois pour cuisiner, semble bien décidé à aller au bout de ses ressources naturelles, jusqu’à la dernière branche.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-des-plants-des-chiffres-et-peu-d-arbres"><strong>Des plants, des chiffres… et peu d’arbres</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Officiellement, tout va mieux. On plante. On réforme. On surveille. En août dernier, lors de la 30e&nbsp;campagne nationale de reboisement — slogan dans le vent&nbsp;: « <em>Plantons des arbres, restaurons nos terres</em> » — le gouvernement malien annonçait fièrement avoir produit plus de 18&nbsp;millions de plants, pour couvrir, à terme, quelque 8 000&nbsp;hectares. Mais la réalité, elle, est plus coriace que les slogans&nbsp;: le pays perd chaque année près de 100 000&nbsp;hectares de forêts, soit l’équivalent de cinq fois la superficie de Bamako. Le ministère de l’Environnement assure que certaines plantations affichent un taux de réussite de 95&nbsp;%. Un chiffre qui fait sourire jusque dans les villages de la Faya, où l’on vous montre du doigt des plants morts de soif avant même d’avoir atteint un mètre.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Selon une étude de Global Forest Watch, en 2020, le Mali comptait 6,93&nbsp;millions d’hectares de forêt naturelle, ce qui représentait 5,5&nbsp;% de la superficie totale du pays.&nbsp;En 2023, le pays a perdu 28 100&nbsp;hectares de forêt naturelle, ce qui équivaut à 7,64&nbsp;millions de tonnes d’émissions de CO2.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-charbon-de-bois-orpaillage"><strong>Charbon de bois, orpaillage </strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Les causes de cette lente déforestation ne sont ni nouvelles ni mystérieuses. La pauvreté, d’abord. Le charbon de bois est le pétrole du pauvre — et à Bamako, son prix peut doubler en un temps record pour passer souvent de 5 000 à 9 000&nbsp;francs CFA le sac, par endroit. Ensuite, l’or. Ou plus exactement, l’orpaillage semi-mécanisé, version moderne et incontrôlée du pillage organisé. Puis viennent le pâturage intensif, les feux de brousse mal maîtrisés, et le défrichement pour l’agriculture de subsistance. Il ne manque plus que la corruption et l’indifférence administrative pour que le cocktail soit complet. Et justement.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Un rapport récent du Bureau du Vérificateur Général s’est penché sur la Direction Générale des Eaux et Forêts&nbsp;: fonds mal gérés, marchés opaques, recommandations ignorées… La moitié des mesures correctrices proposées est restée lettre morte. Une administration qui, dans bien des cas, gère l’environnement comme on gère un dossier de routine. Et dans les zones où l’État ne s’aventure plus, la forêt devient l’affaire des plus forts — ou des plus armés.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-la-jeunesse-s-eveille"><strong>La jeunesse s’éveille</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Certes, des signaux positifs existent. L’initiative de la Grande Muraille Verte, qui vise à reverdir la bande sahélo-saharienne, a trouvé au Mali un terrain d’adhésion. À Bamako, on tient des conseils des ministres sur le sujet. On envoie des drones au-dessus de la réserve de la Boucle du Baoulé. On installe des logiciels de cartographie. Et pendant ce temps, au sol, les coupeurs de bois passent encore plus vite que les satellites.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le président Assimi Goïta, conscient de l’enjeu, a tenté de réagir. En mars dernier, suite à des incidents dans les mines artisanales, il a suspendu des permis d’exploitation, saisi des dizaines de pelles hydrauliques et durci la législation sur les défrichements. Un geste fort, applaudi par les ONG. Mais sans chaîne de mise en œuvre fiable, la loi pourrait rester lettre morte, et les arbres contineront à tomber en silence.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Reste un espoir&nbsp;: la jeunesse. Lors de la 26e&nbsp;Quinzaine de l’Environnement, des élèves de Bamako ont lancé un cri d’alerte. Ils réclament que l’on enseigne, dès le primaire, la protection de la nature. Qu’on les forme à reconnaître un baobab menacé. Qu’on leur apprenne à aimer un sol vivant. Qu’on arrête enfin de dire que planter un arbre suffit à sauver un pays.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-reboiser-oui-mais-pas-seulement"><strong>Reboiser ? Oui, mais pas seulement</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Mais au Mali, l’environnement est encore vu comme un luxe — une affaire de technocrates en réunion, pas de survie collective. Pourtant, les chiffres sont sans appel&nbsp;: la dégradation des terres coûte chaque année plus de 20&nbsp;% du PIB national. Un cancer lent, sans tumulte, qui ronge l’économie et épuise les populations.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et alors que le pays tente de redéfinir ses alliances sécuritaires et de retrouver sa souveraineté, il lui faudrait peut-être se souvenir d’une évidence oubliée&nbsp;: sans arbres, il n’y a ni eau, ni paix, ni avenir. Et lorsqu’une forêt tombe dans un État fragile, c’est souvent tout l’État qui vacille avec elle.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Chiencoro Diarra&nbsp;</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Journée mondiale de l&#8217;envrionnement  : le Sahel à l’épreuve d’un poison invisible</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Sahel Tribune]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 05 Jun 2025 13:34:27 +0000</pubDate>
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<p>Pollution plastique au Sahel : un drame quotidien sans action politique. Apprenez comment cette crise affecte les villes et la nature.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>

<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>À Bamako, Ouagadougou et Niamey, pays de l’AES, le plastique sature les rues, colonise les fleuves et s’infiltre jusque dans les ventres du bétail. À l’occasion de la Journée mondiale de l’environnement 2025, célébrée chaque 5 juin, retour sur une crise silencieuse aux racines politiques, économiques et existentielles.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est une guerre sans kalachnikovs ni drones FPV. Une guerre lente, insidieuse, contre un ennemi translucide et omniprésent : <a href="https://saheltribune.com/assemblee-de-lonu-pour-lenvironnement-une-resolution-historique-contre-la-pollution-plastique/">le plastique</a>. Dans le triangle sahélien formé par le Mali, le Burkina Faso et le Niger, cette matière dérivée du pétrole et du laissez-faire politique colonise le quotidien. Sacs noirs qui volent au vent, caniveaux bouchés à Bamako, troupeaux décharnés à Zinder, maraîchers désespérés à Bobo-Dioulasso : autant de scènes d’un désastre écologique devenu chronique.</p>



<h3 class="wp-block-heading" id="h-du-poison-a-la-paralysie"><strong>Du poison à la paralysie</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">En 2021, les pays d’Afrique de l’Ouest — y compris ceux qui n’ont jamais vu la mer — ont consommé <a href="https://agroclimatique.tg/2024/08/19/environnement-79-millions-de-tonnes-de-plastique-consommes-dans-les-17-pays-cotiers-dafrique-de-louest-en-2021/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">7,9 millions de tonnes de plastique</a>. D’ici à 2026, ils en avaleront 12 millions. Dans cette courbe exponentielle, le Sahel intérieur tient une place singulière : <a href="https://www.fondation.veolia.com/fr/une-nouvelle-activite-economique-pres-de-ouagadougou-le-recyclage-des-dechets-en-plastique" target="_blank" rel="noreferrer noopener">faible capacité de recyclage</a>, contrôle douanier défaillant, et dépendance quasi-totale à l’importation. Trois conditions d’une vulnérabilité économique qui rime avec pollution massive.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au Mali, 320 000 tonnes de déchets plastiques s’entassent chaque année. À Bamako, les ordures obstruent les canalisations, aggravant les inondations saisonnières. Sur les <a href="https://www.openscience.fr/IMG/pdf/iste_std24v4n1_9.pdf" target="_blank" rel="noreferrer noopener">berges du Niger</a>, les sacs tissés d’Asie étranglent la photosynthèse, réduisent les rendements agricoles, bloquent les systèmes d’irrigation. Le même fleuve Niger, cette artère mythique célébrée par Hampâté Bâ, devient cloaque dans sa traversée sahélienne.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et que dire de la <a href="https://www.studiokalangou.org/14396-dechets-plastiques-et-environnement" target="_blank" rel="noreferrer noopener">loi</a> ? À Bamako, elle existe — sur le papier. <a href="https://saheltribune.com/mali-bientot-une-nouvelle-loi-sur-les-sachets-plastiques/">Interdiction des sachets plastiques depuis 2014</a>, jamais ratifiée, jamais appliquée. Cette loi indiquait en son <a href="https://sgg-mali.ml/JO/2014/mali-jo-2014-32.pdf" target="_blank" rel="noreferrer noopener">article 1<sup>er</sup></a> : « <em>La présente loi interdit, à compter du 1er janvier 2014, la production, l’importation et la commercialisation de sachets plastiques non biodégradables en République du Mali. </em>» Le président IBK l’avait rangée dans un tiroir poussiéreux. Les militaires au pouvoir depuis 2021 n’ont pas encore rouvert ce tiroir, occupés qu’ils sont par d’autres priorités jugées vitales.</p>



<h3 class="wp-block-heading" id="h-le-burkina-faso-radical-mais-fragile"><strong>Le Burkina Faso, radical mais fragile</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">À Ouagadougou, l’approche est plus frontale. <a href="https://africa24tv.com/burkina-faso-interdiction-des-emballages-et-sachets-plastiques" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Interdiction totale depuis octobre 2024</a>, même pour les sachets biodégradables. Motif ? Le cheptel national a perdu 30 % de ses effectifs, les estomacs de zébus ne digérant pas les sacs d’importation. Roger Baro, ministre de l’Environnement, de l’Eau et de l’Assainissement du Burkina Faso, fait le dos rond : « <em>Une transformation en profondeur des circuits économiques est inévitable </em>», concède-t-il.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le paradoxe saute aux yeux. Le pays, pionnier de la prohibition plastique, ne compte que deux centres de tri fonctionnels. Le recyclage ? Une idée noble, mais sous-financée. Le projet lancé en 2009 avec la Fondation Veolia s’essouffle. Les jeunes de l’association Espoir Jeune Burkinabé dénoncent l’absence de coordination. Résultat : 1 850 tonnes collectées&#8230; pour des centaines de milliers rejetées chaque mois.</p>



<h3 class="wp-block-heading" id="h-niger-les-plastiques-du-silence"><strong>Niger : les plastiques du silence</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">À Niamey, la loi existe aussi. Depuis 2014. Elle dort dans les mêmes limbes administratifs qu’à Bamako. Pendant ce temps, le fleuve Niger se transforme en delta empoisonné. Le débit a chuté de 18 % en cinq ans à Tillabéri. Les semences ne germent plus. Les phtalates — ces plastiques invisibles mais mortels — gangrènent les sols. Dans les dispensaires, les cas de choléra liés à l’obstruction des égouts explosent.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Colonel Boukar Koura Yagana, en charge de la salubrité urbaine, parle d’un cycle infernal : «&nbsp;<em>Les sachets non biodégradables persistent 400 ans. Mais les importations illégales les rendent omniprésents.</em>&nbsp;» Résultat : 55 % du plastique utilisé au Niger échappe à tout contrôle officiel.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Des mines et des paradoxes</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">À la <a href="https://fr.mongabay.com/2025/05/mohamed-keita-dans-la-mine-de-loulo-nous-avons-decide-de-respecter-la-loi-interdisant-lusage-du-plastique/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">mine d’or de Loulo</a>, dans l’ouest malien, un modèle à contre-courant. L’entreprise — un géant sud-africain — a mis en place un système interne de gestion des plastiques. Elle expérimente des bioplastiques à base de déchets agricoles. 40 % de réduction de l’usage classique. Mohamed Keïta, directeur adjoint du pôle environnemental, ne mâche pas ses mots : « <em>On ne peut pas attendre que l’État légifère. Il faut agir.</em> »</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ici, la politique écologique devient stratégie économique. Et moyen de communication.</p>



<h3 class="wp-block-heading" id="h-un-avenir-entre-paves-et-diplomatie-verte"><strong>Un avenir ? Entre pavés et diplomatie verte</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Les signaux d’espoir ? À Bamako, des <a href="https://saheltribune.com/exposition-alimentaire-au-plastique-mefions-nous-des-fausses-solutions-de-remplacement/">start-up transforment les plastiques en pavés écologiques</a>. À raison de cinq tonnes recyclées par mois, c’est une goutte d’eau dans l’océan. Mais elle existe. À Abuja, le programme WACA promet 200 millions de dollars pour des alternatives régionales. Et à Ouagadougou, une timide réflexion transfrontalière commence à émerger.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La pollution plastique est un révélateur. Elle dit tout d’un État absent, d’institutions démunies, mais aussi d’une jeunesse créative et d’un tissu associatif résilient. Elle montre les limites de la souveraineté proclamée lorsqu’elle ne se traduit pas en capacité d’agir, de collecter, de recycler.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En ce 5 juin 2025, les chefs d’État du Mali, du Burkina Faso et du Niger, réunis au sein de la Confédération des États du Sahel, célèbrent une souveraineté retrouvée. Mais le vrai combat, celui contre ce pétrole solidifié qui tue sans bruit, commence à peine.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>A.D</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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