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	<title>Archives des Tombouctou &#8212; Sahel Tribune</title>
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	<title>Archives des Tombouctou &#8212; Sahel Tribune</title>
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		<title>Tombouctou : pourquoi le litre d’essence atteint-il 2 500 F CFA ?</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Ibrahim Kalifa Djitteye]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 16 Jun 2026 00:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>
<p>À Tombouctou, le litre d’essence est vendu jusqu’à 2 500 F CFA et le baril de 200 litres atteint 500 000 F CFA. Une hausse qui affecte transporteurs, ménages et activités économiques.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>

<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>À Tombouctou, le prix de l’essence suscite de vives préoccupations au sein de la population. Selon plusieurs consommateurs, le litre est actuellement vendu jusqu’à 2 500 F CFA chez certains revendeurs, tandis que le baril de 200 litres atteindrait 500 000 F CFA. Ces tarifs, jugés particulièrement élevés par de nombreux habitants, pèsent sur le quotidien des ménages et des acteurs économiques qui dépendent du carburant pour leurs activités.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans plusieurs quartiers de la ville, les points de vente continuent pourtant de fonctionner. Des revendeurs habituellement présents sur le marché poursuivent leurs activités et proposent du carburant à leur clientèle. De nouveaux détaillants ont également fait leur apparition ces derniers jours. Cette disponibilité apparente du produit contraste avec le niveau élevé des prix observés et nourrit les discussions parmi les habitants de la cité des 333 Saints.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Une présence du carburant malgré des prix records</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Pour de nombreux consommateurs, cette situation soulève plusieurs interrogations. Si l’essence reste disponible chez la plupart des revendeurs, pourquoi le litre est-il vendu jusqu’à 2 500 F CFA ? Certains habitants estiment que l’existence de stocks ou la poursuite de l’approvisionnement pourrait expliquer la présence du carburant sur le marché. Toutefois, les raisons exactes de cette hausse demeurent encore peu claires pour une grande partie de la population.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les premiers touchés par cette augmentation sont les acteurs du transport. Les conducteurs de motos, de tricycles et de véhicules de transport doivent désormais dépenser davantage pour s’approvisionner en carburant. Cette hausse affecte leurs revenus et complique leurs activités quotidiennes. Pour plusieurs usagers, les coûts des déplacements deviennent de plus en plus difficiles à supporter dans un contexte marqué par de nombreuses contraintes économiques.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Des répercussions visibles sur plusieurs secteurs d’activité</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Les répercussions de cette situation dépassent le seul secteur du transport. Le carburant joue un rôle essentiel dans le fonctionnement de nombreuses activités économiques. Lorsque son prix augmente, plusieurs opérateurs sont confrontés à une hausse de leurs charges. Cette réalité est ressentie par de nombreux ménages qui doivent déjà faire face à diverses difficultés liées au coût de la vie et à la baisse du pouvoir d’achat.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Face à cette situation, les questions se multiplient. Plusieurs habitants souhaitent comprendre les facteurs qui influencent actuellement le prix du carburant à Tombouctou. D’autres cherchent à savoir qui fixe les tarifs pratiqués sur le marché local et quels éléments justifient un prix pouvant atteindre 2 500 F CFA le litre. Pour eux, davantage d’informations permettraient de mieux comprendre l’évolution de la situation.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Des interrogations persistantes autour des mécanismes de contrôle</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">D’autres interrogations concernent les mécanismes de contrôle. Existe-t-il un dispositif chargé de surveiller les prix pratiqués par les différents vendeurs ? Les autorités compétentes disposent-elles de toutes les informations nécessaires sur l’évolution du marché local ? Ces questions reviennent régulièrement dans les échanges entre consommateurs et transporteurs qui souhaitent voir émerger des solutions adaptées à leurs préoccupations.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans la ville, certains habitants rappellent que Tombouctou a toujours démontré une forte capacité de résilience face aux difficultés. Malgré les défis du moment, les populations continuent de s’adapter aux réalités économiques. Toutefois, beaucoup estiment qu’une meilleure communication autour de la question du carburant contribuerait à réduire les incertitudes et à rassurer les consommateurs sur l’évolution du marché.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Alors que le litre d’essence atteint jusqu’à 2 500 F CFA et que le baril de 200 litres est vendu à environ 500 000 F CFA, les préoccupations demeurent nombreuses. Au-delà du prix lui-même, les habitants réclament davantage de transparence sur les conditions d’approvisionnement et les mécanismes de fixation des tarifs. Dans une ville où le carburant reste indispensable aux déplacements et aux activités économiques, les consommateurs attendent des réponses à leurs nombreuses interrogations.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Ibrahim Kalifa Djitteye&nbsp;</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Mali : pourquoi un modèle éducatif souverain est devenu une nécessité nationale</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Sahel Tribune]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 03 Jun 2026 09:25:30 +0000</pubDate>
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<p>Face aux limites du modèle hérité de la colonisation, le Mali devra miser sur une école souveraine valorisant les langues nationales, les savoirs endogènes et l’héritage intellectuel de Tombouctou pour construire l’éducation de demain.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Entre l&rsquo;école héritée de la colonisation et la tentation d&rsquo;un retour aux seules traditions ancestrales, le Mali trace en silence une troisième voie : celle d&rsquo;un modèle éducatif souverain, enraciné et tourné vers l&rsquo;avenir.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">On parle souvent de l&rsquo;éducation malienne sur le ton de la crise — chiffres de scolarisation insuffisants, taux d&rsquo;abandon précoce, résultats aux évaluations internationales en deçà des attentes. Ces constats sont réels, et il serait malhonnête de les minimiser. Mais ce récit de la défaillance, répété à satiété dans les rapports des organisations internationales, occulte une vérité plus profonde : le Mali possède un génie éducatif propre, plurimillénaire, qui a traversé les siècles sans jamais cesser de transmettre, de former, de faire grandir. La question n&rsquo;est donc pas de savoir si le Mali peut s&rsquo;en sortir. Elle est de savoir s&rsquo;il aura enfin le droit de le faire à sa manière.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Tombouctou n&rsquo;a pas attendu Paris pour enseigner</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Il faut commencer par là : par ce rappel simple, que l&rsquo;histoire officielle a trop longtemps relégué en note de bas de page. Au XIVe et XVe siècles, Tombouctou était l&rsquo;une des capitales intellectuelles du monde connu. Ses madrasas accueillaient des étudiants venus de l&rsquo;ensemble du monde islamique. Ses bibliothèques conservaient des centaines de milliers de manuscrits couvrant la théologie, les mathématiques, l&rsquo;astronomie, la médecine et le droit. La Sankore, véritable université avant l&rsquo;heure, formait des milliers d&rsquo;étudiants selon des méthodes pédagogiques sophistiquées fondées sur le commentaire, le débat et la mémorisation critique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cet héritage n&rsquo;est pas qu&rsquo;un ornement rhétorique. Il atteste que les sociétés maliennes ont toujours su penser la transmission du savoir, inventer des institutions éducatives adaptées à leurs contextes et à leurs ambitions. Lorsque la colonisation a imposé son école — son école française, unilingue, centralisée, déconnectée des réalités locales —, elle n&rsquo;a pas comblé un vide. Elle en a créé un, en marginalisant des formes d&rsquo;apprentissage qui fonctionnaient, au profit d&rsquo;un modèle importé pensé pour produire des auxiliaires de l&#8217;empire, non des esprits libres.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Enseigner en bambara n&rsquo;est pas un repli identitaire. C&rsquo;est redonner à un enfant le droit de penser dans sa propre langue — condition première de toute pensée vraiment libre.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>La langue, clé de voûte d&rsquo;une école qui émancipe</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est sur la question de la langue que se joue, aujourd&rsquo;hui, l&rsquo;essentiel du débat éducatif au Mali. Le français reste la langue exclusive d&rsquo;enseignement dans l&rsquo;immense majorité des établissements publics. Pour des millions d&rsquo;enfants maliens — ruraux, issus de familles non francisées, locuteurs du bambara, du peul, du dogon ou du songhay — cela signifie que l&rsquo;école commence par une épreuve d&rsquo;étrangeté : apprendre à compter, à lire, à raisonner dans une langue que personne ne parle à la maison.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les recherches pédagogiques convergent sur ce point depuis des décennies : un enfant qui apprend à lire dans sa langue maternelle avant d&rsquo;aborder une langue seconde développe de meilleures compétences cognitives, un rapport plus confiant au savoir, et un taux de réussite scolaire significativement supérieur. Le Mali en a fait l&rsquo;expérience concrète avec ses classes dites à «&nbsp;<em>curriculum convergent</em>&nbsp;», où l&rsquo;enseignement débute en langues nationales avant d&rsquo;introduire le français progressivement. Les résultats sont probants. Et pourtant, ces programmes restent marginaux, sous-financés, traités comme des expériences pilotes plutôt que comme la norme qu&rsquo;ils devraient être.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mis en place au Mali vers les années 1990 dans des écoles communautaires, le curriculum convergent enseigne les fondamentaux — lecture, écriture, calcul — en langue nationale durant les trois premières années, avant d&rsquo;introduire le français comme langue d&rsquo;enseignement. Les évaluations conduites par des chercheurs maliens et des organismes indépendants montrent des taux de compréhension et de maintien scolaire nettement supérieurs aux classes monolingues françaises.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Tradition ne veut pas dire immobilisme</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Certains, en France comme ailleurs, s&rsquo;alarment dès qu&rsquo;on évoque les savoirs traditionnels dans un contexte éducatif. Ils y voient le spectre du conservatisme, du communautarisme, d&rsquo;un retour en arrière qui fermerait les jeunes Maliens aux connaissances universelles. Cette crainte repose sur un contresens fondamental.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Intégrer les savoirs endogènes dans l&rsquo;école malienne ne signifie pas remplacer les mathématiques par la divination, ni la biologie par le mythe cosmogonique. Cela signifie reconnaître que les communautés maliennes ont développé, au fil des siècles, des connaissances précises sur l&rsquo;agriculture, l&rsquo;hydraulique, la pharmacopée, l&rsquo;architecture, les écosystèmes sahéliens — connaissances qui, loin d&rsquo;être obsolètes, représentent un capital intellectuel précieux face aux défis contemporains du changement climatique et de la souveraineté alimentaire. Cela signifie aussi que la pédagogie africaine — fondée sur la narration, la mise en situation, l&rsquo;apprentissage par l&rsquo;observation et la pratique communautaire — n&rsquo;est pas une méthode inférieure à la leçon magistrale importée. Elle est simplement différente, et souvent plus efficace pour les contextes dans lesquels elle s&rsquo;exerce.</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>Les pratiques agro-sylvo-pastorales transmises oralement constituent un savoir empirique sur les écosystèmes sahéliens que les sciences modernes commencent seulement à documenter.</li>



<li>L&rsquo;architecture vernaculaire malienne — banco, toitures, terrasses, ventilation naturelle — offre des réponses durables aux enjeux climatiques que l&rsquo;urbanisme importé ne parvient pas à résoudre.</li>



<li>Les systèmes de régulation sociale et de résolution des conflits fondés sur la palabre et la médiation communautaire sont reconnus par des chercheurs en sciences politiques comme des modèles de gouvernance participative.</li>



<li>La pharmacopée traditionnelle, encore largement vivante au Mali, fait l&rsquo;objet d&rsquo;un intérêt croissant de la recherche pharmaceutique internationale pour l&rsquo;identification de nouvelles molécules actives.</li>
</ul>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Un modèle malien est possible — et urgent</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Ce que le Mali doit construire — et ce qu&rsquo;une partie de sa société civile, de ses enseignants et de ses chercheurs bâtissent déjà, souvent sans soutien suffisant — c&rsquo;est un modèle éducatif qui ne soit ni la copie dégradée du système français, ni le retour nostalgique à un passé idéalisé. C&rsquo;est un modèle de synthèse souveraine : une école malienne du XXIe siècle, ouverte aux mathématiques, aux sciences, aux langues étrangères et aux outils numériques, mais ancrée dans les langues, les épistémologies et les valeurs qui font la singularité de cette civilisation.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La transition que vit le Mali porte en elle une opportunité rare : celle de refonder des institutions, de les penser depuis l&rsquo;intérieur, de décider enfin souverainement ce que l&rsquo;on veut transmettre aux générations qui viennent. L&rsquo;éducation est le premier de ces chantiers. C&rsquo;est aussi le plus durable. C’est de ce soucis que le Président de la transition a décrété la période 2026-2027, «&nbsp;<em>année de l’éducation et de la culture</em>&nbsp;».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Un peuple qui sait d&rsquo;où il vient apprend mieux où il va. Le Mali le sait mieux que quiconque.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>A.D</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Construire avec la terre : Renaissance de l&#8217;architecture en banco comme réponse écologique et culturelle</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Chiencoro]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 03 Jun 2026 09:19:59 +0000</pubDate>
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<p>Au Mali et dans le Sahel, le banco revient au cœur des débats sur l’habitat durable. Écologique, économique et adapté au climat, l’architecture en terre crue apparaît comme une alternative crédible au béton face aux défis environnementaux et urbains.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Deux milliards de personnes vivent encore dans des bâtiments en terre crue. Le ciment, lui, produit chaque année 2,5 milliards de tonnes de CO₂, soit 7 % des émissions mondiales. Au Mali, à Djenné, à Tombouctou, au Burkina Faso et dans tout le Sahel, le banco — cette argile mêlée de paille ou de la bouse de vache — a façonné des cités durant des siècles. Aujourd&rsquo;hui, une génération d&rsquo;architectes, de chercheurs et d&rsquo;artisans tente de redonner à ce matériau sa place légitime. Non pas comme vestige folklorique, mais comme réponse rigoureuse à la double urgence climatique et sociale du XXI</em></strong><strong><em>ᵉ</em></strong><strong><em>&nbsp;siècle.</em></strong><strong></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Il faut commencer par nommer le paradoxe. Dans la ville de Djenné, au cœur du Mali, se dresse le plus grand édifice en terre crue du monde : la Grande Mosquée, inscrite au patrimoine mondial de l&rsquo;UNESCO depuis 1988. Construite initialement au XIIIᵉ&nbsp;siècle, reconstruite en 1907 dans le style soudano-sahélien, elle accueille chaque année le rituel du crépissage — une mobilisation collective de toute la communauté djennékée pour enduire ses murs de banco frais avant la saison des pluies. Ce geste n&rsquo;est pas de la nostalgie : c&rsquo;est de l&rsquo;ingénierie sociale et thermique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pourtant, à quelques rues de là, les habitants détruisent leurs maisons en terre pour les reconstruire en parpaings et en ciment. Non par conviction technique, mais par mimétisme social : dans l&rsquo;imaginaire collectif forgé par des décennies de «&nbsp;<em>modernisation</em>&nbsp;», la maison en béton est signe de réussite, et le banco signe de pauvreté. Cette hiérarchie symbolique est l&rsquo;un des obstacles les plus redoutables à surmonter. Elle n&rsquo;est pas irrationnelle — elle est le produit d&rsquo;une histoire coloniale et postcoloniale qui a systématiquement déprécié les savoirs locaux au profit de matériaux importés.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le résultat est documenté : l&rsquo;UNESCO signale depuis plusieurs années que <a href="https://africarenewal.un.org/fr/magazine/mali-le-site-des-villes-anciennes-de-djenne-ajoute-la-liste-du-patrimoine-mondial-en-peril" target="_blank" rel="noreferrer noopener">l&rsquo;introduction du ciment</a>, des briques cuites et des huisseries métalliques dans le tissu ancien de Djenné altère l&rsquo;authenticité du site classé, et accélère la dégradation des structures traditionnelles en modifiant leurs propriétés hygrothermiques d&rsquo;origine.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Ce que la science dit du banco : des chiffres, pas des mythes</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;architecture en terre crue n&rsquo;est pas qu&rsquo;une affaire d&rsquo;esthétique ou d&rsquo;identité. Elle est d&rsquo;abord une technique aux performances mesurables, documentées par la recherche contemporaine.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Première propriété fondamentale : l&rsquo;inertie thermique. Les murs en banco présentent un déphasage thermique de 10 à 12 heures — ce qui signifie que la chaleur absorbée en journée n&rsquo;est restituée vers l&rsquo;intérieur que la nuit, quand les températures extérieures ont baissé. Dans un climat sahélien où <a href="https://www.jle.com/en/revues/sec/e-docs/les_parcours_du_sahel_270087/article.phtml%60" target="_blank" rel="noreferrer noopener">les écarts jour/nuit peuvent dépasser 20 °C</a>, cette propriété est capitale. Elle permet de maintenir une température intérieure stable sans aucune énergie mécanique — sans climatiseur, sans ventilateur, sans générateur.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Deuxième propriété : le bilan carbone. Selon les données disponibles sur les matériaux de construction, la production d&rsquo;une tonne de ciment Portland génère entre 800 kilos et une tonne de CO₂. L&rsquo;industrie cimentière mondiale est responsable d&rsquo;environ <a href="https://www.ecocemglobal.com/wp-content/uploads/2023/03/FR-06445-Ecocem-%E2%80%93-State-of-the-Cement-Nation-Report-V8_FR.pdf" target="_blank" rel="noreferrer noopener">2,5 milliards de tonnes de CO₂ par an</a>, soit 7 % des émissions mondiales — un chiffre comparable à celui de l&rsquo;aviation internationale. La terre crue, elle, ne subit aucune cuisson, aucune transformation chimique énergivore. Son énergie grise — c&rsquo;est-à-dire l&rsquo;énergie nécessaire à sa production — est jusqu&rsquo;à dix fois inférieure à celle des briques cuites, et radicalement moindre que celle du béton armé, selon des experts.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Troisième propriété : la réversibilité. Un mur en banco peut, en fin de vie, retourner à la terre. Il n&rsquo;existe pas de déchet inerte, pas de gravat non recyclable. Dans un continent africain qui devra construire des millions de logements dans les prochaines décennies pour absorber une urbanisation sans précédent — <a href="https://unhabitat.org/topic/housing" target="_blank" rel="noreferrer noopener">UN-Habitat</a> évaluait en 2016 le besoin à 90 000 logements par jour d&rsquo;ici 2030 pour 3 milliards de personnes mal logées — la question du coût environnemental des matériaux n&rsquo;est pas secondaire. Elle est centrale.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Djenné, Tombouctou, le Sahel : un patrimoine vivant sous pression</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le Mali concentre quelques-uns des monuments en terre les plus importants au monde. Outre la Grande Mosquée de Djenné — le plus grand édifice en adobe du monde —, la ville <a href="https://whc.unesco.org/fr/actualites/1520" target="_blank" rel="noreferrer noopener">abrite plus de 2 000 maisons traditionnelles</a>, toutes inscrites au patrimoine mondial de l&rsquo;UNESCO. À Tombouctou, la mosquée Djingareyber, construite au XIVᵉ siècle, est la plus vieille construction en terre d&rsquo;Afrique subsaharienne encore debout. Ces monuments ne sont pas des musées : ils sont des preuves vivantes de la durabilité d&rsquo;une technique constructive quand elle est correctement entretenue.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em><a href="https://the.akdn/en/how-we-work/our-agencies/aga-khan-trust-culture" target="_blank" rel="noreferrer noopener">L&rsquo;Aga Khan Trust for Culture</a></em> (AKTC), qui intervient à Djenné depuis 2006, a conduit une restauration complète de la Grande Mosquée après avoir constaté que des décennies de surcrépissage avaient accumulé plus de 500 tonnes de banco sur la toiture, fragilisant l&rsquo;ensemble de la structure. Cette intervention illustre une leçon essentielle : l&rsquo;architecture en terre n&rsquo;est pas une technique passive. Elle exige un entretien régulier, des savoir-faire transmis, une organisation communautaire. C&rsquo;est précisément là que réside sa dimension culturelle irremplaçable.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Car le banco n&rsquo;est pas seulement un matériau de construction — il est un vecteur de cohésion sociale. Le crépissage annuel de la mosquée de Djenné est un événement culturel qui mobilise l&rsquo;ensemble de la communauté, transmet les techniques aux jeunes générations, et réaffirme collectivement l&rsquo;appartenance à un lieu et à une histoire. Cet aspect — difficile à quantifier dans une feuille de calcul carbone — est pourtant l&rsquo;une des ressources les plus précieuses que l&rsquo;architecture en banco peut offrir à des sociétés sahéliennes traversées par les fractures de la modernité.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>La renaissance est en marche — mais elle se bat contre des vents contraires</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Depuis quelques années, un écosystème d&rsquo;acteurs travaille à réhabiliter l&rsquo;architecture en terre crue comme option sérieuse pour la construction contemporaine au Sahel.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À Bamako, l&rsquo;École supérieure d&rsquo;ingénierie, d&rsquo;architecture et d&rsquo;urbanisme (<a href="https://legrandfrere.africa/etablissement/esiau/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">ESIAU</a>) porte le réseau <a href="https://www.factsahelplus.com/le-reseau" target="_blank" rel="noreferrer noopener">FACT Sahel+,</a> un forum qui fédère architectes, maçons, ingénieurs et chercheurs du Mali, du Burkina Faso, du Niger, du Bénin et au-delà. </p>



<p class="wp-block-paragraph">À l&rsquo;échelle internationale, le <a href="https://amaco.org/terra-award-premier-prix-mondial-des-architectures-contemporaines-terre-crue/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">TERRA Award</a> — premier prix mondial des architectures contemporaines en terre crue, lancé en 2016 sous l&rsquo;égide de la chaire UNESCO « <em>Architectures de terre, cultures constructives et développement durable</em> », portée par le laboratoire CRAterre de l&rsquo;ENSAG — a déjà récompensé des réalisations sahéliennes et démontré que l&rsquo;architecture en banco peut être à la fois rigoureuse, esthétique et économiquement accessible.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces initiatives se heurtent cependant à des obstacles structurels considérables. Les normes de construction en vigueur dans la plupart des pays sahéliens ont été conçues pour le béton armé : elles ignorent ou pénalisent les matériaux locaux. Les bailleurs de fonds internationaux — banques de développement, agences d&rsquo;aide bilatérale — financent plus volontiers du béton «&nbsp;<em>standardisé</em>&nbsp;» que de la terre «&nbsp;<em>vernaculaire</em>&nbsp;». Et les architectes formés dans des écoles aux références occidentales manquent souvent des compétences techniques spécifiques à la construction en terre.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Ce qu&rsquo;il faut faire : une politique, pas une nostalgie</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">La renaissance du banco ne peut pas reposer sur la seule bonne volonté des militants de l&rsquo;architecture durable. Elle nécessite des décisions politiques claires, à plusieurs niveaux.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le premier impératif est normatif. Les États malien, burkinabè, nigérien et leurs voisins doivent adapter leurs codes de construction pour intégrer les matériaux locaux — banco, brique de terre compressée (BTC), pisé — avec des normes de mise en œuvre claires et des exigences de formation adaptées. Sans reconnaissance légale, les artisans et architectes qui choisissent la terre restent dans un vide juridique pénalisant.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le deuxième impératif est éducatif. L&rsquo;architecture en terre doit entrer dans les cursus des écoles d&rsquo;architecture et d&rsquo;ingénierie du Sahel — non pas comme module optionnel exotique, mais comme compétence fondamentale. L&rsquo;expérience de l&rsquo;ESIAU et du réseau FACT Sahel+ montre que la demande existe chez les étudiants. Il manque des ressources pédagogiques, des équipements, et une reconnaissance institutionnelle de ces formations.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le troisième impératif est financier. Les programmes d&rsquo;aide au logement, qu&rsquo;ils émanent des États ou des bailleurs internationaux, doivent intégrer des critères favorisant les matériaux locaux à faible empreinte carbone. Dans un contexte où le continent africain va devoir construire massivement pour loger une population en forte croissance, orienter ces flux financiers vers des filières locales de construction en terre est à la fois un choix climatique et un choix de développement économique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le quatrième impératif, souvent négligé, est symbolique. Tant que la maison en banco sera perçue comme signe de pauvreté et le parpaing comme signe de réussite, les campagnes techniques échoueront. Changer cette perception suppose un travail de longue haleine — dans les médias, dans les programmes scolaires, dans l&rsquo;architecture des équipements publics. Lorsqu&rsquo;une mairie, une école ou un dispensaire est construit en banco de qualité, avec un soin architectural visible, le message est puissant : ce matériau est digne, il est contemporain, il est nôtre.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>La terre n&rsquo;est pas un retour en arrière</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Il serait naïf de prétendre que le banco seul peut répondre à tous les besoins de construction du Sahel contemporain. Les villes croissent trop vite, les programmes sont trop massifs, les contraintes trop diverses. L&rsquo;enjeu n&rsquo;est pas de remplacer le ciment par la terre de manière idéologique, mais d&rsquo;intégrer la terre crue dans une palette de matériaux raisonnée — là où ses performances thermiques, son coût, sa disponibilité locale et sa dimension culturelle en font le meilleur choix.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce choix est déjà celui de près de deux milliards d&rsquo;êtres humains sur la planète. Il est celui de civilisations sahéliennes qui ont bâti des cités entières, des mosquées millénaires, des greniers centenaires avec cette argile modeste et généreuse. La science du XXIᵉ&nbsp;siècle ne fait que confirmer ce que les maçons de Djenné savaient depuis longtemps : la terre est un matériau intelligent.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La vraie question n&rsquo;est pas de savoir si l&rsquo;architecture en banco est capable de répondre aux défis du présent. Elle l&rsquo;est. La vraie question est de savoir si nos politiques, nos institutions et nos imaginaires collectifs sont capables de lui faire confiance.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Chiencoro Diarra&nbsp;</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Azawad : autopsie d&#8217;un mythe géopolitique</title>
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		<pubDate>Mon, 01 Jun 2026 02:00:00 +0000</pubDate>
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<p>L’Azawad est-il un territoire historique ou une construction politique récente ? Géographie, ethnologie, démographie et droit international éclairent les réalités d’une revendication au cœur des tensions au Mali.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Depuis 2012, le monde répète le mot Azawad comme s&rsquo;il désignait une nation. La géographie, l&rsquo;ethnologie et le droit international disent autre chose : un pâturage devenu prétexte, une minorité qui parle au nom de peuples qu&rsquo;elle ne représente pas, une revendication qui s&rsquo;étend désormais jusqu&rsquo;au centre du Mali.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Depuis 2012, le terme Azawad circule dans les chancelleries, les médias internationaux et les résolutions onusiennes comme s&rsquo;il désignait une réalité géographique, historique et ethnique cohérente. Il n&rsquo;en est rien. Un examen rigoureux des sources académiques — géographes, ethnologues, anthropologues, historiens — révèle qu&rsquo;Azawad est d&rsquo;abord un terme pastoral limité, devenu par une opération politique délibérée le nom d&rsquo;un «&nbsp;<em>État</em>&nbsp;» revendiqué sur un territoire immense, multiethnique et fondamentalement malien.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Ce que dit vraiment la géographie : un pâturage, pas un État</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Commençons par l&rsquo;étymologie et la géographie physique, qui sont sans ambiguïté. Le terme Azawad — ou Azaouad dans sa graphie francisée — est d&rsquo;origine berbère. Il vient du tamasheq et signifie littéralement « <em>zone de pâturage</em> » ou « <em>territoire de transhumance</em> ». C&rsquo;est ce que rappelle le Père de Foucauld dans son <a href="https://amzn.to/4a1iwBU" target="_blank" rel="noreferrer noopener">dictionnaire touareg-français</a> (1940) : « <em>Azaouaġ/Azaouad, région située au nord de Tombouctou.</em> »</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le géographe Théodore Monod (1958), l&rsquo;une des autorités les plus respectées sur le Sahara, est encore plus précis. Il définit l&rsquo;Azawad comme «&nbsp;<em>toute la région des dunes mortes au nord du Niger, de Tombouctou à Bemba et jusqu&rsquo;au 19e parallèle nord</em>&nbsp;». Les travaux de Heinrich Barth (1858) et du colonel Cortier (1914) convergent vers la même délimitation. La synthèse de ces&nbsp;<a href="https://shs.cairn.info/revue-confluences-mediterranee-2017-2-page-97?lang=fr&amp;tab=resume">sources académiques</a>&nbsp;est formulée clairement par Poussibet (1961) : l&rsquo;Azawad est «&nbsp;<em>un complexe botanique, physionomique et humain, somme toute assez bien défini, ses limites demeurant sujet à caution selon les interlocuteurs&nbsp;</em>».</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« En définitive, l&rsquo;Azawad est un « Sahara utile » dont le nom pour le nomade est lié à une idée de nomadisation possible (pâturages, puits) qui se situe grossièrement entre 18°/18°30 et 19°30 N. »</em>, explque-t-on dans <a href="https://journals.openedition.org/encyclopedieberbere/197" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Encyclopédie berbère</a>, OpenEdition Journals — article « Azawad », d&rsquo;après Théodore Monod, 1958. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Il faut lire cette définition avec attention. L&rsquo;Azawad des géographes est une zone de dunes fixées, pourvue de puits, réservée à l&rsquo;élevage camelin et ovin. Son étendue est approximativement bornée au nord de Tombouctou, entre des latitudes bien précises. C&rsquo;est un espace pastoral, pas une entité politique. Ses limites varient selon les interlocuteurs — ce qui est précisément l&rsquo;inverse de ce que requiert la définition d&rsquo;un État. Nous comprenons dès lors que&nbsp;l&rsquo;Azawad des géographes est une zone de pâturage au nord de Tombouctou et que l&rsquo;Azawad des indépendantistes occupe les deux tiers du Mali.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>La fabrication politique d&rsquo;un terme : qui a inventé l&rsquo;Azawad politique ?</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;histoire de la politisation du terme Azawad est elle-même révélatrice. Selon le général El Hadj Ag Gamou, gouverneur de la région de Kidal et ancien chef militaire touareg, le terme a été introduit pour la première fois dans le champ politique lors des <a href="https://shs.cairn.info/les-touaregs-kel-adagh--9782811106355-page-445?lang=fr" target="_blank" rel="noreferrer noopener">accords de Tamanrasset</a> en 1991 par le secrétaire général du Front islamique arabe (FIA), un acteur venu de Mauritanie. Le général Ag Gamou a déclaré publiquement que ni lui-même ni Iyad Ag Ghali, figure historique des rébellions touarègues, n&rsquo;avaient connaissance de ce terme avant ces accords.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette révélation est décisive. Le nom qui prétend incarner une identité territoriale millénaire des Touaregs du Mali aurait donc été introduit dans le vocabulaire politique par un acteur extérieur, dans le cadre d&rsquo;une négociation de paix, en 1991. Ce n&rsquo;est pas une identité immergée qui remonte à la surface : c&rsquo;est une construction politique récente, opérée dans un contexte géopolitique précis, avec des acteurs précis et des intérêts précis.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« Le terme Azawad a été introduit pour la première fois lors des accords de Tamanrasset par le Secrétaire Général du Front Islamique Arabe, venant de Mauritanie. Ni moi-même ni Iyad Ag Ghali n&rsquo;avions connaissance de ce terme avant ces accords. »</em>, a expliqué le Général El Hadj Ag Gamou, gouverneur de la région de Kidal — cité par <a href="https://maliactu.net/lorigine-et-les-controverses-autour-du-terme-azawad/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Maliactu.net</a>, en mars 2025. </p>



<p class="wp-block-paragraph">En 1990, le terme n&rsquo;existait pas dans le vocabulaire revendicatif des mouvements armés du nord du Mali. En 1991, il apparaît. En 2012, il devient le nom d&rsquo;un État proclamé unilatéralement. Ce processus de création toponymique au service d&rsquo;une revendication politique mérite d&rsquo;être analysé pour ce qu&rsquo;il est : une opération de construction identitaire a posteriori, et non la reconnaissance d&rsquo;une réalité préexistante.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>La géographie humaine contredit la thèse séparatiste : qui vit dans l&rsquo;Azawad revendiqué ?</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;argument le plus dévastateur contre la cohérence du projet d&rsquo;Azawad est démographique. Le MNLA, dans sa <a href="https://www.ouestaf.com/declaration-dindependance-de-lazawad-le-texte-integral/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">déclaration d&rsquo;indépendance du 6 avril 2012</a>, revendique un territoire correspondant aux trois régions administratives maliennes de Kidal, Tombouctou et Gao. En 2026, le Front pour la libération de l&rsquo;Azawad (FLA) étend cette revendication aux régions de Ménaka et à des parties de Mopti, au centre du pays. De quel peuple ce territoire est-il donc peuplé ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les chiffres du <a href="https://www.instat-mali.org/laravel-filemanager/files/shares/rgph/repvil09_rgph.pdf" target="_blank" rel="noreferrer noopener">recensement de 2009</a> sont sans appel. La région de Gao compte 544 120 habitants, la région de Tombouctou 681 691 habitants, la région de Kidal 67 638 habitants — soit un total d&rsquo;environ 1,3 million de personnes pour les trois régions initiales. La composition ethnique de cet ensemble est une mosaïque : Songhay, Peuls, Arabes, Touaregs, Bellah, Kounta, Maures.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;anthropologue américain William G. Moseley, de Macalester College, est particulièrement clair sur ce point dans son analyse publiée par la&nbsp;<em>Society for Cultural Anthropology</em>&nbsp;en 2013. La notion d&rsquo;État ethnique est d&rsquo;origine européenne — elle fut le principe organisateur de plusieurs États d&rsquo;Europe de l&rsquo;Est après la Première Guerre mondiale. Appliquée à l&rsquo;Afrique, et particulièrement au Mali, elle se heurte à une réalité fondamentale : le paysage africain est d&rsquo;une diversité remarquable, avec différents groupes qui poursuivent des stratégies d&rsquo;existence distinctes et complémentaires.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« The reality is that the Tuareg are an ethnic minority in much of the territory claimed as Azawad within Mali.&nbsp;</em><em>A complicating factor is that ethnic territories have rarely existed in much of Africa. » (</em>La réalité est que les Touaregs sont une minorité ethnique dans une grande partie du territoire revendiqué comme Azawad au Mali. Un facteur compliqué&nbsp;estque les territoires ethniques ont rarement existé dans une grande partie de l’Afrique.), souligne William G. Moseley, géographe, Macalester College, dans «&nbsp;<em><a href="https://www.culanth.org/fieldsights/azawad-a-problematic-african-ethnic-territory">Azawad: A Problematic African Ethnic Territory</a></em>&nbsp;» (Azawad : un territoire ethnique&nbsp;africain problématique), publié dans la revue&nbsp;<em>Society for Cultural Anthropology</em>, en 2013.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette réalité est confirmée par le géographe Charles Grémont de l&rsquo;IFRI, dont <a href="https://www.ifri.org/sites/default/files/migrated_files/documents/atoms/files/gremont_touaregs_et_arabes.pdf" target="_blank" rel="noreferrer noopener">les travaux sur les Touaregs et les Arabes du nord-Mali</a> font autorité : les Songhay, les Arma et les Peuls constituent « <em>la majorité démographique des régions de Tombouctou et de Gao</em> ». Le MNLA revendique donc des territoires où sa propre base ethnique est numériquement minoritaire. Cette contradiction n&rsquo;a jamais été sérieusement résolue.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>L&rsquo;extension vers Mopti : quand le mythe dévore le centre</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Ce qui rend la situation de 2026, voire depuis 2012, particulièrement grave, c&rsquo;est l&rsquo;extension des revendications vers le sud. Si le terme Azawad pouvait, à la rigueur, être défendu comme désignant un espace pastoral du nord du Mali — même en forçant considérablement la définition géographique originelle —, son extension aux parties de Mopti, région du centre du pays, constitue une rupture qualitative qui révèle la logique de conquête territoriale à l&rsquo;œuvre.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mopti, c&rsquo;est la région des falaises de Bandiagara, le pays Dogon, la vallée du Delta intérieur du Niger, l&rsquo;une des zones agricoles et culturelles les plus riches du Mali. Elle n&rsquo;a jamais, dans aucune source académique, dans aucun texte d&rsquo;historien, de géographe ou d&rsquo;anthropologue, été incluse dans la zone pastorale désignée par le terme Azawad. L&rsquo;étendre jusqu&rsquo;à Mopti, c&rsquo;est abandonner toute prétention à une légitimité géographique ou historique pour entrer dans la pure revendication expansionniste.&nbsp;Quand le<em>&nbsp;« territoire de pâturage »&nbsp;</em>de Théodore Monod devient un État s&rsquo;étendant jusqu&rsquo;au centre du Mali, nous ne sommes plus dans la géographie. Nous sommes dans la géopolitique de la fragmentation.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Le droit international et la règle de&nbsp;<em>l&rsquo;uti possidetis</em>&nbsp;: le cadre juridique qui tranche</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Sur le plan du droit international, la question est également résolue — et depuis longtemps. Le principe de <em>l&rsquo;uti possidetis juris</em>, consacré par la <a href="https://www.peaceau.org/uploads/charte-de-l-oua-fr.pdf" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Charte de l&rsquo;Organisation de l&rsquo;unité africaine de 1963</a> et confirmé par la <a href="https://www.icj-cij.org/fr/affaire/69" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Cour internationale de justice dans l&rsquo;affaire Burkina Faso c. Mali de 1986</a>, établit que les frontières issues de la décolonisation sont intangibles. Ce principe n&rsquo;est pas un hommage nostalgique au colonisateur : c&rsquo;est une règle de stabilité adoptée par les États africains eux-mêmes pour éviter que le continent ne sombre dans une série de guerres de redécoupage territorial aux conséquences imprévisibles.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La déclaration d&rsquo;indépendance du MNLA du 6 avril 2012 n&rsquo;a reçu <a href="file:///Users/samesidibe/Downloads/de%CC%81claration%20d'inde%CC%81pendance%20du%20MNLA%20du%206%20avril%202012" target="_blank" rel="noreferrer noopener">aucune reconnaissance internationale</a> — ni de l&rsquo;Union africaine, ni de la CEDEAO, ni des Nations unies, ni d&rsquo;un seul État au monde. Ce rejet unanime n&rsquo;est pas le fruit d&rsquo;un complot antiafricain ou d&rsquo;une solidarité aveugle avec Bamako : il reflète l&rsquo;application d&rsquo;un principe juridique fondamental que les États africains ont eux-mêmes posé comme condition de leur coexistence pacifique.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« Le MNLA revendique l&rsquo;autodétermination et l&rsquo;indépendance de l&rsquo;Azawad qui correspond aux trois régions maliennes de Kidal, Tombouctou et Gao. Le gouvernement malien refuse ces revendications, défendant l&rsquo;intégrité du territoire malien. »</em>, lit-on dans&nbsp;<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9bellion_touar%C3%A8gue_de_2012">Rébellion touarègue de 2012</a>, sur Wikipedia. Un article qui résume les positions des parties</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>La perfidie d&rsquo;une alliance avec le terrorisme</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Un dernier élément mérite d&rsquo;être nommé clairement. La rébellion de 2012 a été menée conjointement par le MNLA et le mouvement salafiste Ansar Dine, allié d&rsquo;Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI). C&rsquo;est dans ce cadre que les villes de Kidal, Gao et Tombouctou ont été prises. Le MNLA s&rsquo;est ensuite retrouvé rapidement marginalisé par ses alliés islamistes — preuves que les terroristes avaient leur propre agenda, qui n&rsquo;avait rien à voir avec les droits des Touaregs.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Que les mausolées de Tombouctou — patrimoine mondial de l&rsquo;humanité, témoins de la civilisation islamique de l&rsquo;Empire Songhaï et de la puissance culturelle du Mali précolonial — aient été détruits méthodiquement par ces mêmes alliés dit tout sur la nature de ce projet. Il ne s&rsquo;agissait pas de libérer un peuple : il s&rsquo;agissait de détruire un État, une civilisation, une mémoire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;alliance objective entre séparatisme touareg et terroriste international n&rsquo;est pas une anomalie de 2012 : elle s&rsquo;est reproduite sous <a href="https://saheltribune.com/mali-pourquoi-lalliance-de-dupe-entre-le-fla-et-le-jnim-pourrait-rapidement-imploser/">différentes formes jusqu&rsquo;en 2026.</a> Les groupes armés qui revendiquent l&rsquo;Azawad opèrent dans les mêmes espaces, utilisent les mêmes routes, contrôlent les mêmes trafics que les organisations terroristes qui ensanglantent le Sahel. Cette co-présence n&rsquo;est pas une coïncidence géographique. Elle est une convergence stratégique.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Ce que l&rsquo;Azawad dit de nous</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Déconstruire le mythe de l&rsquo;Azawad n&rsquo;est pas nier la diversité culturelle du Mali, ni minimiser les souffrances réelles des populations touarègues qui ont subi des politiques de développement inégales et, parfois, des répressions injustes. Ces réalités existent et méritent d&rsquo;être prises au sérieux dans tout processus de réconciliation nationale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais il y a une différence fondamentale entre reconnaître la diversité d&rsquo;un État et légitimer sa fragmentation au profit d&rsquo;une minorité ethnique qui prétend représenter des populations dont elle n&rsquo;a jamais reçu le mandat démocratique. Le nord du Mali appartient à tous ceux qui y vivent : Songhay, Peuls, Arabes, Bellah, Touaregs. Il n&rsquo;appartient pas exclusivement aux groupes armés qui ont choisi la violence comme mode de négociation.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;Azawad des géographes — Théodore Monod, Heinrich Barth, le Père de Foucauld — est une zone pastorale limitée au nord de Tombouctou. L&rsquo;Azawad des indépendantistes est un État imaginaire qui s&rsquo;étend jusqu&rsquo;au centre du Mali. Entre ces deux définitions, il n&rsquo;y a pas un désaccord sémantique. Il y a un projet politique de démembrement d&rsquo;un État souverain, habillé en revendication identitaire, soutenu par des acteurs extérieurs aux intérêts bien précis.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les peuples africains méritent mieux que cela.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Foula D. Massé</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Culture malienne : comment rester soi-même dans un monde globalisé ?</title>
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		<pubDate>Fri, 08 May 2026 00:00:00 +0000</pubDate>
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<p>Le Mali entend préserver son identité culturelle face à la mondialisation. Entre héritage des empires, langues nationales, diaspora et révolution numérique, le pays entend concilier tradition et modernité.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Carrefour millénaire des civilisations sahéliennes, le Mali fait face à une équation délicate : comment rester soi-même tout en s&rsquo;ouvrant à un monde qui ne vous attend pas ?</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">À Bamako, sur la rive gauche du fleuve Niger, le griot Seydou Camara récite depuis l&rsquo;aube les généalogies de sa communauté. Quelques rues plus loin, un jeune Malien suit une formation en ligne depuis son téléphone, connecté à un serveur situé à des milliers de kilomètres. Ces deux images, si elles peuvent paraître antinomiques, résument pourtant toute la complexité de ce que vit aujourd&rsquo;hui la société malienne : une civilisation d&rsquo;une profondeur extraordinaire, soudainement projetée dans l&rsquo;accélération du monde contemporain.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Car le Mali n&rsquo;est pas un pays ordinaire. Héritier de l&#8217;empire du Mali et de l&#8217;empire songhay — dont Tombouctou fut la capitale intellectuelle rayonnant de ses madrasas jusqu&rsquo;en Europe —, il porte en lui une mémoire longue, structurée, vivante. Les langues — bambara, peul, dogon, soninké, songhai — ne sont pas de simples idiomes : elles sont des architectures du monde, des systèmes de valeurs transmises dans les proverbes, les contes, les cérémonies.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>La mondialisation, un miroir à double face</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;arrivée massive des technologies numériques, des plateformes de divertissement et des modèles économiques importés a bouleversé les équilibres culturels en quelques décennies à peine. La musique urbaine malienne, héritière de la kora et du balafon, côtoie désormais le rap en bambara, l&rsquo;afrobeats et les algorithmes de Spotify. Ce syncrétisme est parfois fertile — il a donné naissance à des artistes reconnus mondialement comme Oumou Sangaré ou Salif Keïta — mais il peut aussi diluer, par sédimentation progressive, ce qui fait la singularité profonde d&rsquo;une civilisation.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La problématique n&rsquo;est pas nouvelle : toute culture vivante est le produit de métissages successifs. Tombouctou elle-même n&rsquo;était grande que parce qu&rsquo;elle était un carrefour. Mais la mondialisation néolibérale actuelle présente une particularité : elle ne propose pas un échange entre égaux. Elle impose des standards, des esthétiques, des logiques économiques qui réduisent la diversité culturelle au rang de folklore consommable.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>L&rsquo;éducation, première ligne de résistance</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Face à ces pressions, plusieurs leviers s&rsquo;offrent aux sociétés maliennes. Le premier, et sans doute le plus structurant, est celui de l&rsquo;éducation. Depuis plusieurs années, des expériences pédagogiques innovantes tentent de réconcilier les savoirs académiques avec les épistémologies locales. Des écoles communautaires intègrent l&rsquo;enseignement en langues nationales aux côtés du français. Des chercheurs maliens numériques, depuis Bamako ou la diaspora, travaillent à archiver les manuscrits de Tombouctou, dont beaucoup restent encore inédits.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Aussi faut-il souligner l’initiative du président de la transition, le général d’armée Assimi Goïta de décréter la période 2026-2027, «&nbsp;<em>année de l’éducation et de la culture</em>&nbsp;»&nbsp;<em>afin «&nbsp;d’engager un effort national déterminé pour refonder durablement notre école et investir dans le capital humain, condition première de la prospérité partagée »,</em>&nbsp;a déclaré le président de la transition tout en soulignant que l’ambition est de former&nbsp;<em>« un citoyen nouveau, patriote, compétent et responsable, capable de porter le destin du Mali avec dignité et excellence ».&nbsp;&nbsp;</em>2025&nbsp;avait été&nbsp;consacrée «&nbsp;<em>année de la culture</em>&nbsp;».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Outre cela, la constitution du 22 juillet 2023 réserve aux langues nationales du Mali le statut de langue officielle alors que le français est relégué uniquement au rang de langue de travail. Ce n’est pas tout. Il convient de souligner également le programme national d’éducation aux valeurs (PNEV) qui vise la revalorisation de la culture malienne à travers l’éducation.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Selon le président Goïta,&nbsp;la culture est le&nbsp;<em>« pilier de l’identité nationale ». Elle&nbsp;</em>devait continuer à être valorisée et intégrée dans les programmes éducatifs afin de consolider la cohésion sociale et la souveraineté culturelle.&nbsp;<em>« La culture ne saurait être enfermée dans un calendrier, elle doit être portée par un engagement durable, car elle est une force de cohésion, de dignité et de souveraineté »</em>, a indiqué le Président de la transition, en invitant le Gouvernement à poursuivre et intensifier la revitalisation culturelle dans toutes les régions du pays.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces initiatives, souvent fragiles faute de financements stables, témoignent d&rsquo;une vitalité intellectuelle réelle. Elles montrent qu&rsquo;il est possible de penser la transmission sans muséification : non pas conserver le passé comme une relique, mais le rendre actif, opérant, capable de dialogue avec le présent.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Repère. Les manuscrits de Tombouctou. On estime à plusieurs centaines de milliers le nombre de manuscrits islamiques et scientifiques conservés à Tombouctou, couvrant mathématiques, astronomie, médecine et droit. Après les destructions commises par des groupes armés en 2012, une course contre la montre s&rsquo;est engagée pour les numériser. Le projet Ahmed Baba, soutenu par l&rsquo;UNESCO, en a sauvegardé une partie — mais de nombreux textes restent encore vulnérables.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Préserver sans s&rsquo;isoler : le défi de la souveraineté culturelle</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;équation posée est donc celle de la souveraineté culturelle : comment affirmer sa propre grammaire du monde sans tomber dans le repli identitaire ? Car les deux dangers sont réels. D&rsquo;un côté, l&rsquo;absorption passive par une mondialisation qui homogénéise. De l&rsquo;autre, le refuge dans un essentialisme figé qui fétichise le passé et ferme les portes au monde.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La réponse que tentent de construire nombre d&rsquo;intellectuels, d&rsquo;artistes et d&rsquo;acteurs de terrain maliens passe par un mot d&rsquo;ordre simple mais exigeant : participer sans se dissoudre. Diffuser sa musique sur les plateformes mondiales sans abandonner les modes de transmission orale. Utiliser les réseaux sociaux pour faire vivre les langues nationales plutôt que pour les supplanter. Intégrer les outils numériques dans les pratiques artisanales sans en effacer la logique propre.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Certains pays ont tracé des voies utiles à cet égard. Le Maroc, le Sénégal ou encore le Ghana ont développé des politiques culturelles ambitieuses articulant promotion internationale et ancrage local. Le Mali, malgré les crises politiques qui l&rsquo;ont secoué ces dernières années, conserve un tissu associatif et artistique d&rsquo;une remarquable résilience.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>La diaspora, pont ou fossé ?</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Dans cette équation, la diaspora malienne — l&rsquo;une des plus importantes d&rsquo;Afrique subsaharienne, présente en France, en Italie, aux États-Unis — joue un rôle ambivalent. Elle représente à la fois un vecteur de diffusion culturelle vers l&rsquo;extérieur et un relais de réinterprétation des identités. Les secondes générations, souvent écartelées entre deux appartenances, inventent des formes hybrides qui peuvent enrichir autant que brouiller.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais la diaspora est aussi une ressource économique et intellectuelle considérable. Les transferts de fonds qu&rsquo;elle envoie dépassent souvent l&rsquo;aide publique au développement. Et les projets culturels qu&rsquo;elle finance — associations, labels de musique, maisons d&rsquo;édition — participent d&rsquo;une économie culturelle malienne transnationale encore en construction.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au fond, la question de l&rsquo;identité culturelle malienne face à la mondialisation n&rsquo;est pas une question de survie au sens strict. La culture malienne, portée par ses griots, ses artisans, ses écrivains, ses musiciens, ses philosophes, a traversé bien des tempêtes. Ce qu&rsquo;elle réclame aujourd&rsquo;hui, c&rsquo;est moins une protection qu&rsquo;une juste reconnaissance : celle d&rsquo;une civilisation qui n&rsquo;a rien à envier à personne, et qui mérite d&rsquo;entrer dans le concert mondial non comme objet d&rsquo;exotisme, mais comme sujet de sa propre histoire. C’est tout le sens du projet&nbsp;<em>Malidenya</em>, porté par le ministre de l’Artisanat, de la culture, de l’Industrie hôtelière et du Tourisme, Mamou Daffé.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Oumarou Fomba&nbsp;</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Santé : l’hôpital régional de Tombouctou équipe le centre médical de l’INPS </title>
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		<pubDate>Thu, 23 Apr 2026 14:53:35 +0000</pubDate>
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<p>À Tombouctou, l’hôpital régional a offert des équipements médicaux au centre médical inter-entreprises de l’INPS afin d’améliorer l’accueil et la prise en charge des patients dans la région.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p class="wp-block-paragraph">À Tombouctou, une initiative de coopération entre institutions sanitaires locales vise à renforcer l’offre de soins dans une région confrontée à des défis importants en matière d’accès à la santé. L’Institut National de Prévoyance Sociale (INPS) a ainsi bénéficié d’un don de matériel médical de la part de l’Hôpital régional de Tombouctou, destiné à améliorer les capacités du Centre médical inter-entreprises (CMIE).</p>



<p class="wp-block-paragraph">Selon les responsables locaux, ce don s’inscrit dans le cadre d’une collaboration renforcée entre la direction régionale de l’INPS et celle de l’hôpital régional. L’équipement offert comprend deux tables de consultation médicale ainsi qu’une table de consultation gynécologique. Des installations qui doivent permettre d’améliorer les conditions d’accueil et de prise en charge des patients au sein du CMIE.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour les autorités sanitaires, ces équipements représentent un apport concret pour le fonctionnement quotidien du centre médical. Ils contribueront notamment à renforcer les capacités de consultation et à faciliter l’accès aux soins pour les travailleurs affiliés à l’INPS et leurs ayants droit dans cette région du nord du Mali.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans un contexte où les infrastructures sanitaires restent souvent insuffisantes dans plusieurs localités du pays, cette initiative illustre l’importance des partenariats entre institutions publiques pour soutenir les structures de santé locales. À Tombouctou, où les besoins médicaux demeurent importants, ce type de coopération est régulièrement encouragé afin d’améliorer la qualité et la disponibilité des services de santé.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La direction régionale de l’INPS souligne que cette donation témoigne d’une volonté commune de renforcer le système sanitaire local. Les responsables espèrent que ce type de synergie entre institutions pourra se poursuivre afin de soutenir durablement les infrastructures médicales dans la région.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>La rédaction&nbsp;</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Lancement du programme CultureAct 1 : la culture au service du développement  </title>
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		<dc:creator><![CDATA[Ibrahim Kalifa Djitteye]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 16 Apr 2026 15:39:32 +0000</pubDate>
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<p>Le programme CultureAct 1 a été lancé pour promouvoir la culture comme pilier du développement national au Mali.</p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>La salle Balla Moussa Keïta du CICB a accueilli, ce mercredi 15 avril 2026, la cérémonie officielle de lancement du programme CultureAct 1. Présidée par le ministre de l’Artisanat, de la Culture, de l’Industrie hôtelière et du Tourisme, Mamou Daffé, en présence du chef de bureau de la Coopération suisse au Mali, Claude Wandeler, l’événement a réuni autorités, partenaires et acteurs culturels maliens.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Mis en œuvre dans le cadre de l’accord de projet signé le 9 juillet 2025 entre la République du Mali et la Confédération suisse, CultureAct 1 incarne un partenariat stratégique au service du secteur culturel. Il traduit une ambition partagée : faire de la culture un pilier du développement national, de la cohésion sociale et de la souveraineté culturelle, en s’appuyant sur une gouvernance inclusive et territorialisée.&nbsp;&nbsp;</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-full"><a href="https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/04/Des-particpiants-au-lancement-du-programme-Culture-Act-1.jpeg"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="975" height="572" src="https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/04/Des-particpiants-au-lancement-du-programme-Culture-Act-1.jpeg" alt="Des participiants au lancement du programme Culture Act 1" class="wp-image-21896" srcset="https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/04/Des-particpiants-au-lancement-du-programme-Culture-Act-1.jpeg 975w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/04/Des-particpiants-au-lancement-du-programme-Culture-Act-1-300x176.jpeg 300w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/04/Des-particpiants-au-lancement-du-programme-Culture-Act-1-768x451.jpeg 768w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/04/Des-particpiants-au-lancement-du-programme-Culture-Act-1-585x343.jpeg 585w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/04/Des-particpiants-au-lancement-du-programme-Culture-Act-1-600x352.jpeg 600w" sizes="(max-width: 975px) 100vw, 975px" /></a><figcaption class="wp-element-caption">Des participants au lancement du programme CultureAct 1, le 15 avril 2026. ©Ibrahim Kalifa Djitteye/ Sahel Tribune. </figcaption></figure>
</div>


<h2 class="wp-block-heading" id="h-un-partenariat-strategique-pour-le-secteur-culturel"><strong>Un partenariat stratégique pour le secteur culturel</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le programme met en avant une vision claire : la culture doit être considérée comme un pilier central du développement national. Elle ne se limite pas à l’expression artistique, mais s’étend à la cohésion sociale, au dialogue citoyen et à la souveraineté culturelle. Cette orientation traduit la volonté du Mali et de la Suisse de placer la culture au cœur des politiques publiques et des dynamiques communautaires.&nbsp;&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">CultureAct 1 se distingue par son ancrage territorial. Quatre zones prioritaires ont été retenues : Sikasso, Mopti, Tombouctou et le District de Bamako. Dans chacune de ces régions, des cadres de concertation ont été instaurés pour favoriser le dialogue entre collectivités, services techniques et organisations culturelles. Cette démarche vise à harmoniser les actions et à garantir une meilleure appropriation locale des initiatives.&nbsp;&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-ancrage-territorial-et-concertation-regionale"><strong>Ancrage territorial et concertation régionale</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">L’un des objectifs majeurs est de professionnaliser les acteurs culturels. Le programme prévoit des formations en gestion, planification et structuration entrepreneuriale. Il entend également soutenir la création et la diffusion artistique, en favorisant l’inclusion des femmes et des jeunes. Ces mesures visent à renforcer les industries culturelles et créatives, considérées comme des leviers de diversification économique et de rayonnement international.&nbsp;&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">CultureAct 1 s’aligne sur les grandes orientations nationales, notamment la Politique culturelle 2025 et la Stratégie nationale de développement durable (SNEDD 2024-2033). En cohérence avec ces documents, il traduit en actes la volonté de décentraliser l’action culturelle et de promouvoir les initiatives locales comme fondement du développement territorial.&nbsp;&nbsp;</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-large"><a href="https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/04/Particpants-au-lancement-du-programme-CultureAct-1.jpeg"><img decoding="async" width="1024" height="524" src="https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/04/Particpants-au-lancement-du-programme-CultureAct-1-1024x524.jpeg" alt="Participants au lancement du programme CultureAct 1" class="wp-image-21895" srcset="https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/04/Particpants-au-lancement-du-programme-CultureAct-1-1024x524.jpeg 1024w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/04/Particpants-au-lancement-du-programme-CultureAct-1-300x154.jpeg 300w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/04/Particpants-au-lancement-du-programme-CultureAct-1-768x393.jpeg 768w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/04/Particpants-au-lancement-du-programme-CultureAct-1-585x300.jpeg 585w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/04/Particpants-au-lancement-du-programme-CultureAct-1-600x307.jpeg 600w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/04/Particpants-au-lancement-du-programme-CultureAct-1.jpeg 1080w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></a><figcaption class="wp-element-caption">Des participants au lancement du programme CultureAct 1, le 15 avril 2026. ©Ibrahim Kalifa Djitteye/ Sahel Tribune. </figcaption></figure>
</div>


<h2 class="wp-block-heading" id="h-alignement-avec-les-politiques-nationales"><strong>Alignement avec les politiques nationales</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le budget alloué à cette première phase s’élève à 3,4 millions de francs suisses, soit environ 2,38 milliards de francs CFA. Cette enveloppe permettra de financer les projets régionaux, de consolider les mécanismes institutionnels et de mettre en place des comités techniques opérationnels. L’objectif est d’assurer la pérennité des actions et de créer un cadre favorable à l’émergence de nouveaux talents.&nbsp;&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">CultureAct 1 incarne une dynamique de coopération internationale. La Suisse, à travers son bureau au Mali, réaffirme son engagement à soutenir la culture comme vecteur de paix et de développement. Cette collaboration illustre la confiance mutuelle entre les deux pays et leur volonté de bâtir des partenariats durables au service des populations.&nbsp;&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-une-opportunite-historique-pour-le-mali"><strong>Une opportunité historique pour le Mali</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Les participants à la cérémonie ont salué l’initiative comme une opportunité historique pour le secteur culturel malien. Ils ont souligné que la culture, en plus de son rôle identitaire, peut contribuer à la stabilité sociale et à la croissance économique. Le lancement de CultureAct 1 ouvre ainsi une nouvelle ère, où la créativité et l’innovation deviennent des moteurs de transformation et de cohésion nationale.&nbsp;&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">CultureAct 1 se veut plus qu’un simple programme. C’est une vision partagée, un projet de société qui place la culture au centre des priorités nationales. En renforçant la gouvernance, en soutenant les initiatives locales et en valorisant les talents, il aspire à faire du Mali un modèle de développement culturel en Afrique. Ce lancement marque le début d’une aventure porteuse d’espoir et de fierté nationale.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Ibrahim Kalifa Djitteye&nbsp;</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Mali : Tombouctou passe le relais à Bougouni pour la Biennale 2027</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Chiencoro]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 29 Mar 2026 08:24:30 +0000</pubDate>
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<p>Bougouni reçoit le flambeau de la Biennale artistique et culturelle en 2027, marquant un nouveau chapitre pour la culture malienne.</p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>La ville de Bougouni accueillera la prochaine Biennale artistique et culturelle du Mali. À travers une cérémonie de passation de témoin riche en symboles, les autorités entendent faire de l’édition 2027 un moment de renaissance culturelle et de consolidation de l’unité nationale.</em></strong><em></em></p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est un rituel chargé de sens dans le paysage culturel malien. Le 28 mars, la région de Bougouni a officiellement reçu le flambeau de la Biennale artistique et culturelle, succédant à Tombouctou, lors d’une cérémonie présidée par le ministre de la Culture, Mamou Daffé.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans une atmosphère de mobilisation populaire, la passation s’est déroulée au stade Moussa Diakité, dit UTA, en présence des autorités administratives, coutumières et religieuses des deux régions. Le transfert symbolique du fanion et de la mascotte marque l’entrée officielle de Bougouni dans la phase active de préparation de l’édition 2027.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-une-biennale-sous-le-signe-de-la-renaissance-culturelle"><strong>Une Biennale sous le signe de la « renaissance culturelle »</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Placée sous le thème «&nbsp;<em>Renaissance culturelle et unité nationale</em>&nbsp;», la prochaine Biennale ambitionne de s’inscrire dans le contexte plus large de refondation porté par les autorités de transition. Pour Mamou Daffé, l’événement dépasse largement le cadre artistique. Il constitue «&nbsp;<em>un instrument de mémoire, de transmission et d’affirmation identitaire</em>&nbsp;».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Citant le chef de l’État, le général d’armée Assimi Goïta, le ministre a rappelé que «&nbsp;<em>la souveraineté culturelle protège l’âme de la Nation</em>&nbsp;», insistant sur la nécessité d’une appropriation populaire de l’événement.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-une-mobilisation-regionale-et-nationale"><strong>Une mobilisation régionale et nationale</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">En amont de la cérémonie, la délégation ministérielle a été accueillie avec ferveur à Ouéléssebougou puis à Bougouni, par le gouverneur de région, le général de brigade Ousmane Wélé, entouré des autorités locales et d’une population fortement mobilisée.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le gouverneur de Tombouctou, Bakoun Kanté, a également pris part à cette séquence. Ce qui souligne la continuité entre les éditions et l’importance du relais entre territoires.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’un des moments forts de la journée a été la pose de la première pierre de la mascotte officielle de la Biennale. Cette installation symbolique, appelée à devenir un repère visuel majeur, incarne l’ambition de faire de l’événement un vecteur de cohésion et de rayonnement culturel.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-un-enjeu-politique-et-identitaire"><strong>Un enjeu politique et identitaire</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Au-delà de sa dimension festive, la Biennale artistique et culturelle est un outil stratégique dans un Mali confronté à des défis sécuritaires et politiques persistants. En mettant en avant la diversité des expressions culturelles, les autorités entendent renforcer le sentiment d’appartenance nationale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">«&nbsp;<em>Une Biennale réussie n’est pas seulement organisée, elle est portée par son peuple&nbsp;</em>», a insisté le ministre, appelant à une mobilisation de l’ensemble des acteurs, y compris la diaspora.</p>



<p class="wp-block-paragraph">De son côté, le gouverneur de Bougouni a promis une édition «&nbsp;<em>inclusive et porteuse de paix&nbsp;</em>», mobilisant artistes, collectivités et partenaires autour d’un projet fédérateur.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-un-rendez-vous-culturel-majeur-en-perspective"><strong>Un rendez-vous culturel majeur en perspective</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Créée pour valoriser les richesses artistiques du pays, la Biennale reste l’un des événements culturels les plus emblématiques du Mali. L’édition 2027, dont les préparatifs sont désormais lancés, s’annonce comme un test grandeur nature pour Bougouni, mais aussi comme une vitrine du «&nbsp;<em>Mali Kura</em>&nbsp;» que les autorités de transition entendent promouvoir. Elle intervient dans le contexte de la période — 2026-2027 — dédiée à «&nbsp;<em>l’éducation et à la culture</em>&nbsp;» par les autorités maliennes de la transition.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans un contexte de recomposition nationale, la culture apparaît plus que jamais comme un levier de résilience et d’unité. La passation entre Tombouctou et Bougouni en offre une illustration concrète : celle d’un pays qui, malgré les fractures, continue de se raconter et de se rassembler à travers ses expressions artistiques.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Chiencoro Diarra&nbsp;</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Université de Tombouctou : Mohamed Diagayété nommé recteur intérimaire </title>
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		<dc:creator><![CDATA[Ibrahim Kalifa Djitteye]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 12 Feb 2026 13:56:37 +0000</pubDate>
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<p>L'Université de Tombouctou a un nouveau recteur intérimaire : le Dr Mohamed Diagayété. Découvrez son parcours et ses responsabilités.</p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>L’Université de Tombouctou a un nouveau recteur intérimaire. Le Dr Mohamed Diagayété, chercheur malien de renom et actuel Directeur Général de l’Institut des Hautes Études et de Recherches Islamiques Ahmed Baba (IHERI-ABT), a été nommé à ce poste par décision ministérielle en date du 12 février 2026. Spécialiste des manuscrits islamiques et peuls, maître de conférences et auteur de plusieurs ouvrages, il incarne la volonté des autorités de confier la direction de cette institution à une personnalité scientifique expérimentée et respectée. &nbsp;</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette nomination marque une étape importante pour l’Université de Tombouctou, créée en 2022. En attendant la désignation d’un recteur titulaire, le Dr Diagayété aura pour mission de coordonner les activités pédagogiques, administratives et scientifiques de l’établissement. Son profil, alliant expertise académique et engagement pour la valorisation du patrimoine intellectuel, en fait un choix stratégique pour assurer la continuité et le rayonnement de l’université. &nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-une-nomination-strategique-pour-l-avenir-academique"><strong>Une nomination stratégique pour l’avenir académique</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Chercheur passionné, Mohamed Diagayété dirige depuis 2018 l’IHERI-ABT, institution phare consacrée à la préservation et à l’étude des manuscrits anciens. Sa vision consiste à rendre ces documents accessibles, numérisés et étudiés pour leur contenu scientifique et historique. Sa nomination à la tête de l’université traduit ainsi une volonté de relier patrimoine et modernité académique, en donnant à Tombouctou une place centrale dans la recherche et l’enseignement supérieur. &nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au-delà de ses fonctions administratives, il est également auteur de travaux spécialisés. Son ouvrage Barth à Tombouctou (2019) illustre sa capacité à relier les manuscrits anciens aux enjeux contemporains de la recherche historique et culturelle. Sa nomination renforce la crédibilité scientifique de Tombouctou et ouvre la voie à une synergie entre patrimoine et enseignement supérieur. &nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-une-universite-enracinee-dans-l-histoire-de-tombouctou"><strong>Une université enracinée dans l’histoire de Tombouctou</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">La ville de Tombouctou, fondée au XIIe siècle et surnommée la cité des 333 Saints, est mondialement connue pour ses manuscrits anciens, classés par l’UNESCO au patrimoine mondial de l’humanité. Au XVIe siècle, elle connut un essor remarquable dans l’enseignement coranique, devenant un centre intellectuel majeur du Soudan occidental. La création de l’université s’inscrit dans cette tradition historique, tout en répondant aux besoins contemporains de formation et de recherche. &nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’Université de Tombouctou représente une avancée majeure pour la jeunesse locale. Elle offre désormais aux jeunes bacheliers de la région la possibilité de poursuivre leurs études supérieures sur place, sans être contraints de rejoindre Bamako, longtemps considéré comme le seul centre universitaire du pays. Cette institution constitue donc une réponse concrète aux aspirations locales et un levier de développement régional. &nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-un-levier-de-developpement-pour-la-cite-des-333-saints"><strong>Un levier de développement pour la cité des 333 Saints</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Au-delà de l’éducation, l’université est porteuse d’un nouvel élan pour la cité des 333 Saints. Elle redonne à la ville son rôle historique de foyer du savoir et de rayonnement culturel, tout en insufflant une dynamique économique et sociale. La présence d’une université favorise la création d’opportunités dans les secteurs de la recherche, de l’innovation et des services, contribuant ainsi à revitaliser la région. &nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">En permettant aux jeunes de rester sur place pour se former, l’université contribue à réduire les inégalités territoriales et à renforcer la cohésion nationale. Elle devient ainsi un symbole d’équité et de développement, tout en consolidant l’identité culturelle et intellectuelle de Tombouctou. &nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-une-ambition-nationale-tournee-vers-l-avenir"><strong>Une ambition nationale tournée vers l’avenir</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">L’Université de Tombouctou, avec son nouveau recteur intérimaire, incarne une ambition nationale, notamment, permettre aux jeunes bacheliers de la région de rester sur place pour poursuivre leurs études supérieures, tout en donnant un nouvel élan de développement à la cité des 333 Saints. La nomination du Dr Mohamed Diagayété illustre la convergence entre expertise, vision et responsabilité institutionnelle. &nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Elle marque une étape décisive dans la construction d’un Mali où l’enseignement supérieur se veut inclusif, enraciné dans l’histoire et tourné vers l’avenir. Tombouctou retrouve ainsi son rôle de phare intellectuel, tout en s’inscrivant dans une dynamique moderne et porteuse d’espoir pour la jeunesse. &nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Ibrahim Kalifa Djitteye&nbsp;</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>10ᵉ édition du Festival Vivre Ensemble Tombouctou : dix ans d’engagement pour la paix et la culture  </title>
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		<dc:creator><![CDATA[Ibrahim Kalifa Djitteye]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 03 Feb 2026 09:25:11 +0000</pubDate>
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<p>Tombouctou a accueilli la 10ᵉ édition du Festival Vivre Ensemble, un symbole de dialogue et d'innovation pour la jeunesse.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>La cité des 333 saints, Tombouctou, a accueilli du 29 janvier au 1</em></strong><strong><em><sup>er</sup></em></strong><strong><em> février 2026 la 10</em></strong><strong><em>ᵉ</em></strong><strong><em> édition du Festival Vivre Ensemble. Placé sous la présidence du Général Ismaël Wagué, ministre de la Réconciliation, de la Paix et de la Cohésion nationale, l’événement a rassemblé autorités, acteurs culturels et partenaires internationaux. Plus qu’une célébration, ce festival s’est affirmé comme un espace de dialogue et de cohésion, où la jeunesse a été mise en avant comme moteur de paix et de créativité. &nbsp;</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le thème retenu, « <em>Rôle de la jeunesse dans la cohésion sociale et le développement culturel </em>», traduit une volonté claire de placer les jeunes au cœur des dynamiques de paix et de culture. Dans une région marquée par des défis sécuritaires et sociaux, la jeunesse est apparue comme une force de proposition et d’innovation. Les interventions ont souligné l’importance de l’engagement citoyen, du dialogue intergénérationnel et de la créativité artistique pour renforcer l’unité nationale et consolider la cohésion sociale. &nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-une-ouverture-symbolique-et-porteuse-de-valeurs"><strong>Une ouverture symbolique et porteuse de valeurs</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">La cérémonie d’ouverture a été riche en symboles et en messages forts. Les discours officiels ont rappelé l’importance de l’unité nationale et de la paix durable, tandis que les prestations artistiques ont mis en valeur la diversité culturelle du Mali. Les chants, danses et représentations théâtrales ont illustré la vitalité des traditions locales et leur rôle dans la construction d’un vivre-ensemble harmonieux. Cette ouverture a marqué le ton d’un festival qui se veut à la fois festif et porteur de valeurs universelles. &nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au-delà des spectacles, le festival a proposé une foire artisanale et des activités touristiques permettant aux visiteurs de découvrir la richesse culturelle et patrimoniale de Tombouctou. Les artisans locaux ont exposé leurs créations, allant de la maroquinerie traditionnelle aux œuvres sculptées, témoignant du savoir-faire ancestral de la région. Les circuits touristiques organisés ont permis aux participants de visiter les sites emblématiques de la cité, renforçant ainsi le lien entre culture, économie locale et attractivité internationale. &nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-l-atelier-culture-commune-et-les-synergies-regionales"><strong>L’atelier « Culture Commune » et les synergies régionales</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Un moment fort de cette édition fut l’atelier « <em>Culture Commune</em> », tenu le 31 janvier 2026 à l’HERI-ABT. Co-organisé par le Ministère de la Réconciliation et l’ONG Vivre Ensemble, il visait à capitaliser les acquis du programme lancé en 2022. Autorités, chercheurs et partenaires tels que l’Union européenne et l’UNESCO ont participé à cette rencontre stratégique. L’atelier a permis d’analyser les résultats des éditions précédentes et de tracer des orientations pour le développement artistique et culturel au sein des collectivités territoriales. &nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les échanges ont mis en lumière la nécessité de renforcer les synergies entre Tombouctou, Sikasso, Mopti et Bamako. Cette interconnexion culturelle et institutionnelle est apparue comme un levier essentiel pour consolider la cohésion nationale. Les participants ont insisté sur l’importance de la concertation et du dialogue entre collectivités, afin de bâtir des politiques culturelles inclusives et durables. L’atelier a ainsi posé les bases d’une coopération renforcée, où la culture devient un instrument de rapprochement et de développement territorial. &nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-une-edition-anniversaire-porteuse-d-avenir"><strong>Une édition anniversaire porteuse d’avenir</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">La 10ᵉ édition du Festival Vivre Ensemble Tombouctou a confirmé son statut de rendez-vous majeur pour la promotion de la culture et de la paix. En mettant la jeunesse au centre, en valorisant les traditions locales et en favorisant le dialogue entre régions, l’événement a réaffirmé l’engagement collectif pour l’unité nationale. Entre foire, tourisme et ateliers, ce festival a démontré que la culture est un vecteur puissant de cohésion sociale et un pilier du développement harmonieux du Mali. &nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Fort de dix années d’expériences et de projets structurants, Tombouctou se confirme désormais comme un carrefour culturel et citoyen, où la culture s’impose comme un instrument stratégique au service de la paix et de la cohésion sociale. Le Festival Vivre Ensemble illustre cette ambition&nbsp;: il ne se limite pas à un rendez-vous festif, mais incarne une vision durable, celle d’un Mali qui valorise ses traditions, mobilise sa jeunesse et construit des passerelles entre ses régions.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Ibrahim Kalifa Djitteye&nbsp;</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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