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	<title>Archives des talibés &#8212; Sahel Tribune</title>
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	<title>Archives des talibés &#8212; Sahel Tribune</title>
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		<title>Sahel: Quand les tableaux noirs deviennent des champs de bataille</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Mikailou Cissé]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 01 Dec 2025 07:55:55 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>
<p>L'éducation en péril au Sahel : une bataille pour l'avenir des enfants restés sans école au cœur du conflit.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>

<p><strong><em><strong><em>Sous un soleil de plomb et la poussière rouge du Sahel, une autre guerre se joue loin des fronts : celle de l’éducation perdue. Dans de vastes zones du Mali, du Niger et du Burkina Faso, les écoles restent closes, les pupitres vides, les enfants livrés à la survie. Privés de savoir, ils deviennent la proie facile de la misère et de la violence. À l’heure où les armes dictent la loi, la véritable bataille du Sahel pourrait bien se jouer dans les classes désertées : celle pour l’avenir d’une génération condamnée à grandir sans école.</em></strong></em></strong><strong><em><strong><em></em></strong></em></strong></p>



<p>Dans l’espace AES, une crise discrète mais décisive se joue à bas bruit, loin des champs de bataille et des colonnes armées. Elle n’a ni le fracas des fronts ni la brutalité des attaques, mais ses conséquences risquent d’être plus profondes que celles des armes. Cette crise, c’est la fermeture prolongée des écoles — une tragédie silencieuse qui, dans certaines régions du Sahel, dure depuis des années. Là où l’école s’éteint, c’est toute la charpente sociale, culturelle et morale qui se fissure.</p>



<h3 class="wp-block-heading" id="h-les-enfants-premieres-victimes-du-chaos-sahelien"><strong>Les enfants, premières victimes du chaos sahélien</strong><strong></strong></h3>



<p>Le Sahel demeure aujourd’hui l’un des épicentres du terrorisme mondial, concentrant plus de la moitié des décès liés à la violence extrémiste à l’échelle internationale. Dans cette région sous tension, les enfants sont les premières victimes : déplacés, traumatisés, privés d’instruction et d’avenir. Dans de nombreux villages, les salles de classe sont désertées depuis longtemps. Les enseignants ont fui les menaces, les bâtiments sont abandonnés, les pupitres recouverts de poussière. Pour des milliers d’enfants, l’année scolaire n’existe plus que comme un souvenir lointain.</p>



<h3 class="wp-block-heading" id="h-le-triple-silence-familles-etat-et-societe"><strong>Le triple silence : familles, État et société</strong><strong></strong></h3>



<p>Privés de classe, les enfants deviennent main-d’œuvre : ils gardent le bétail, puisent l’eau, travaillent aux champs, vendent au marché. Ce n’est pas un choix, mais une nécessité imposée par la survie. On dit souvent qu’ils sont « occupés pour éviter l’oisiveté », mais cette occupation a un coût invisible : celui de leur enfance perdue. À la campagne, quand les adultes s’absentent, les enfants assument des tâches d’adultes, grandissant trop vite dans un monde sans repères éducatifs.</p>



<p>Beaucoup sont confiés à l’enseignement coranique ambulant — une tradition respectée, certes, mais parfois dévoyée. Certains maîtres perpétuent la vocation spirituelle, d’autres exploitent les enfants comme source de revenu. Entre piété et précarité, l’enfance s’y dissout.</p>



<p>Livrés à eux-mêmes, exposés à la faim, aux abus, aux maladies, ces enfants survivent dans les rues des grandes villes. Ce drame prospère sur un triple silence : celui des familles, impuissantes ; celui d’un État débordé ; celui d’une société résignée. Peu à peu, l’anormal devient ordinaire. Et dans ce vide éducatif et affectif, les groupes armés s’engouffrent.</p>



<h3 class="wp-block-heading" id="h-des-enfants-sans-ecole-aux-jeunes-combattants"><strong>Des enfants sans école aux jeunes combattants</strong><strong></strong></h3>



<p>Les enfants déscolarisés deviennent les recrues naturelles des milices et des groupes terroristes. Non par conviction, mais par absence d’alternative. Leurs rangs sont remplis d’adolescents sans repères, d’anciens talibés détournés de leur vocation religieuse, d’enfants des rues happés par la promesse d’un repas ou d’un semblant de fraternité. Ce cycle infernal nourrit une spirale de violence qui se perpétue de génération en génération.</p>



<p>Les attaques, les déplacements forcés, l’insécurité ont produit des milliers d’orphelins. Certains errent, d’autres vivent dans des familles d’accueil improvisées. Sans cadre ni affection stable, ils deviennent les proies d’abus, d’exploitation domestique, ou de recrutement par des groupes armés. C’est une génération qui grandit dans l’absence — absence de sécurité, d’éducation, d’amour.</p>



<p>La crise éducative sahélienne n’est pas seulement administrative : elle est morale, culturelle et civilisationnelle. Les familles, acculées par la pauvreté, font des choix de survie. L’État, garant du droit à l’éducation, doit maintenir l’école ouverte même dans l’adversité. La société doit rompre le silence et considérer chaque enfant vulnérable comme un signal d’alarme collectif. Les leaders communautaires et religieux, enfin, ont le devoir de protéger l’enfance et de préserver les valeurs éducatives originelles de l’islam et des traditions africaines.</p>



<h3 class="wp-block-heading" id="h-proteger-l-ecole-c-est-defendre-la-souverainete"><strong>Protéger l’école, c’est défendre la souveraineté</strong><strong></strong></h3>



<p>L’école n’est pas seulement un lieu d’apprentissage du lire, écrire et compter. C’est un espace de transmission du sens, de la conscience, du vivre-ensemble. Quand elle disparaît, c’est l’âme du pays qui s’étiole. Le Sahel se trouve aujourd’hui à un tournant historique : choisira-t-il de perdre une génération dans la violence et l’ignorance, ou de protéger ses enfants pour bâtir un avenir stable ?</p>



<p>Un peuple se juge à la façon dont il protège son enfance. Dans le Sahel, préserver l’école, c’est résister. Les armes peuvent repousser l’ennemi un temps ; seule l’éducation peut vaincre durablement l’obscurité. Protéger l’école, c’est protéger la souveraineté — et donc, sauver l’avenir du Sahel.</p>



<p><strong>Mikaïlou Cissé</strong><strong></strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Les écoles coraniques au Mali : Un pont entre tradition et modernité face aux défis contemporains</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Bakary FOMBA]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 05 Jul 2025 09:01:39 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>
<p>Les écoles coraniques au Mali : un pilier culturel face aux défis contemporains et à l'évolution des traditions éducatives.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>

<p><strong><em>Dans les villages et quartiers maliens, où la terre rouge s’étend à perte de vue, le son des enfants récitant le Coran rythme les journées. Ces voix, portées par le souffle des générations passées, racontent une histoire vieille de plusieurs siècles.</em></strong></p>



<p>Au Mali, les écoles coraniques, appelées medersas ou daaras, sont bien plus qu’un lieu d’apprentissage religieux ; elles incarnent un héritage séculaire et un pilier culturel. Mais aujourd’hui, ces institutions se trouvent à la croisée des chemins, confrontées aux pressions de la modernité. Elles doivent naviguer entre préservation de leurs traditions et adaptation aux réalités d’un monde en mutation. Entre défis et résilience, quel avenir pour ces écoles qui façonnent encore des générations de Maliens ?</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-un-heritage-millenaire"><strong>Un héritage millénaire</strong></h2>



<p>Les écoles coraniques existent au Mali depuis l’époque glorieuse des grands empires précoloniaux, tels que celui du Mali sous Soundiata Keïta (XIIIe&nbsp;siècle) et celui de Songhaï sous Askia Mohamed (XVe&nbsp;siècle). À cette époque, elles étaient des centres d’excellence pour la transmission des connaissances islamiques, mais aussi pour l’apprentissage des sciences, de la littérature et des arts. Des villes comme Tombouctou, Djenné et Gao étaient des phares intellectuels, accueillant des savants venus de tout le monde musulman.</p>



<p>Aujourd’hui encore, ces écoles jouent un rôle fondamental dans la société malienne. Selon une étude de 2019 menée par l’UNESCO, près de 30&nbsp;% des enfants en âge scolaire au Mali fréquentent des écoles coraniques, soit environ 1,5&nbsp;million d’enfants. Elles offrent une éducation accessible, souvent gratuite, et ancrée dans les valeurs religieuses et morales.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-rigueur-et-spiritualite"><strong>Rigueur et spiritualité</strong></h2>



<p>Le modèle pédagogique des medersas repose sur une discipline stricte et une méthode de mémorisation intensive. Sous la supervision d’un marabout, les élèves, appelés talibés, apprennent à réciter le Coran par cœur, lettre par lettre, verset par verset. Ce processus exige patience, dévotion et persévérance. Pour certains, il s’agit d’une quête spirituelle, tandis que pour leurs parents, c’est une manière de garantir une éducation morale et religieuse à leurs enfants.</p>



<p><em>« Mon fils est ici pour apprendre la religion et être un bon musulman »,</em>&nbsp;explique Amadou Traoré, un agriculteur de Banco, dans la région de Dioïla.&nbsp;<em>« Je ne peux pas payer les frais de scolarité des grandes écoles, alors je préfère qu’il soit dans une medersa où il apprendra aussi à respecter Dieu et les autres »,&nbsp;</em>ajoute-t-il.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-les-defis-contemporains"><strong>Les défis contemporains</strong></h2>



<p>Depuis la crise multidimensionnelle qui secoue le Mali depuis 2012, marquée par des attaques terroristes, des conflits intercommunautaires et une instabilité politique persistante, les écoles coraniques ont été durement touchées. Dans les régions du centre et du nord, où les violences sont omniprésentes, de nombreuses écoles ont fermé leurs portes ou ont été délocalisées.</p>



<p><em>« Avant, nous étions 80&nbsp;élèves ici, mais maintenant, il n’y en a plus que 20 »</em>, déplore Oumar Diallo, un marabout basé dans la région de Tombouctou.&nbsp;<em>« Les familles fuient les violences, et certains enfants doivent travailler pour aider leurs parents. »</em>&nbsp;Les talibés, souvent vulnérables, deviennent des cibles faciles pour les groupes armés qui recrutent des enfants soldats.</p>



<p>La pauvreté reste un autre obstacle majeur. Dans de nombreuses écoles coraniques, les enfants sont envoyés mendier dans les rues pour subvenir aux besoins de leur école. Cette pratique, bien que critiquée, est souvent perçue comme une nécessité par les communautés locales.</p>



<p><em>« Nous savons que cela peut choquer, mais c’est une réalité »,</em>&nbsp;admet Aïcha Konaté, enseignante à Ségou.&nbsp;<em>« Les familles n’ont pas toujours les moyens de soutenir financièrement les medersas, et sans cette contribution, certaines écoles risquent de fermer ».</em></p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-tradition-versus-modernite"><strong>Tradition versus modernité</strong></h2>



<p>Avec l’essor des systèmes scolaires modernes, les écoles coraniques sont souvent accusées de ne pas offrir une formation adaptée au marché du travail. Le gouvernement malien, soutenu par des partenaires internationaux, encourage désormais l’intégration des écoles coraniques dans le système éducatif national. Des initiatives ont vu le jour pour combiner l’enseignement religieux avec des matières académiques comme le français, les mathématiques et les sciences.</p>



<p>Cependant, cette intégration suscite des résistances. Certains marabouts considèrent que ces changements diluent l’essence même des écoles coraniques.&nbsp;<em>« Notre mission est de former de bons musulmans, pas des employés de bureau »,</em>&nbsp;affirme Aboubacar Cissé, un marabout à Faladié.&nbsp;<em>« Si nous ajoutons trop de matières profanes, nous risquons de perdre notre identité ».</em></p>



<p>Malgré ces tensions, les écoles coraniques continuent de jouir d’une grande popularité auprès des parents maliens. Pour beaucoup, elles représentent une alternative crédible à l’école formelle, souvent perçue comme inaccessible ou éloignée des réalités locales.</p>



<p><em>« Dans les grandes écoles, mes enfants apprennent des choses que je ne comprends pas »,</em>&nbsp;confie Fatoumata Diarra, une commerçante de Koulikoro Gare.&nbsp;<em>« Ici, ils apprennent des valeurs qui leur serviront toute leur vie ».</em></p>



<p>Cependant, une partie croissante de la population reconnaît la nécessité d’une éducation plus complète.&nbsp;<em>« Je veux que mon enfant puisse lire le Coran, mais aussi parler français et utiliser un ordinateur »</em>, explique Ibrahim Touré, un chauffeur de taxi à Bamako. Car, dit-il, « <em>le monde change, et nous devons changer avec lui ».</em></p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-vers-un-equilibre"><strong>Vers un équilibre</strong></h2>



<p>Face à ces enjeux, des organisations comme l’ONG Tamat et l’Association malienne pour la promotion de la jeunesse (AMPJ) travaillent avec les communautés pour développer des programmes hybrides qui respectent les traditions tout en répondant aux exigences modernes.</p>



<p><em>« Il s’agit de trouver un équilibre »</em>, souligne Drissa Sangaré, expert en éducation.&nbsp;<em>« Nous devons préserver les valeurs culturelles et religieuses tout en donnant aux enfants les outils dont ils ont besoin pour réussir dans un monde globalisé ».</em></p>



<p>L’avenir des écoles coraniques au Mali dépendra en grande partie de leur capacité à s’adapter sans perdre leur essence. Alors que le pays continue de naviguer entre ses racines et ses aspirations modernes, ces institutions restent un symbole vivant de la résilience et de la richesse culturelle du Mali. En trouvant un équilibre entre préservation des valeurs ancestrales et adaptation aux réalités contemporaines, elles pourraient bien devenir un modèle inspirant pour d’autres pays africains confrontés aux mêmes dilemmes.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-un-pont-entre-deux-mondes"><strong>Un pont entre deux mondes</strong></h2>



<p>Les écoles coraniques au Mali incarnent un paradoxe fascinant&nbsp;: elles sont à la fois un ancrage dans la tradition et un terrain fertile pour l’innovation. Tandis que les défis sécuritaires, économiques et éducatifs persistent, elles continuent de jouer un rôle crucial dans la formation des jeunes générations.&nbsp;</p>



<p>En équilibrant respect des traditions et ouverture au monde moderne, ces institutions témoignent de la capacité du Mali à conjuguer passé et futur.</p>



<p><strong>Bakary Fomba</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>La mendicité : un phénomène décontextualisé</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Sahel Tribune]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 27 Apr 2020 00:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actu]]></category>
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					<description><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>
<p>Avec 39 951 (en 2015) mendiants, au Mali, plusieurs formes de mendicité se rencontrent. Chacune des formes a évolué dans le temps en se dégénérant. </p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>

<p><strong>La mendicité est un phénomène en pleine expansion au Mali. Cette pratique remonte loin dans nos sociétés, mais elle a fini par sortir de son contexte pour devenir une forme de gagne-pain.</strong></p>



<p>Avec <a href="https://cenozo.org/en/articles/192-mali-la-pauvrete-cette-fortune-des-mendiants" target="_blank" rel="noreferrer noopener">39 951</a> (en 2015) mendiants, au Mali, plusieurs formes de mendicité se rencontrent. C’est pourquoi Bréma Ely Dicko, chercheur et professeur de sociologie, juge nécessaire de contextualiser les choses lorsque nous parlons de la mendicité au Mali.</p>



<h2 class="has-very-dark-gray-color has-text-color wp-block-heading"><strong>Les formes de mendicité</strong></h2>



<p>La mendicité se présente sous deux grandes formes au Mali&nbsp;: les personnes en situation difficile (lépreux, handicapés physiques et mentaux, etc.). Cette forme est une recommandation des religions monothéistes, l’islam et le christianisme, mais aussi elle répond aux valeurs culturelles maliennes de partage, explique M.&nbsp;Dicko.</p>



<p>Lire aussi <a href="http://saheltribune.com/wp-admin/post.php?post=1941&amp;action=edit">Crise économique : baisse du transfert de fonds des migrants à près de 20 % en 2020</a></p>



<p>Cette première forme constitue un besoin culturel, précise l’imam de la grande mosquée de Fana, dans la région de Koulikoro, également président de la branche AMUPI de ladite ville (Association des musulmans pour l’unicité et le progrès de l’islam), Daouda Cissé.</p>



<p>Cette première forme est un devoir de solidarité envers les plus démunis, les malades dans nos sociétés.</p>



<p>Quant à la seconde forme, elle constitue une manière d’initier les enfants inscrits dans des écoles coraniques à l’endurance, à l’humilité. En dehors des heures de cours, le marabout ayant sous sa charge des milliers d’enfants est obligé de les envoyer mendier, d’après le chercheur en sociologie. À l’en croire, auparavant, les marabouts étaient appuyés par les parents des enfants ainsi que les villageois dans la prise en charge des talibés. Ainsi, ils n’avaient pas besoin d’envoyer les enfants dans les rues mendier.</p>



<p>Lire aussi <a href="http://saheltribune.com/wp-admin/post.php?post=1920&amp;action=edit">Impossible de confiner les Maliens, mais possible d’obliger le port du masque</a></p>



<p>Aujourd’hui, les marabouts ne reçoivent plus cette assistance, déplore l’imam de Fana qui explique l’alternative qu’il a finalement choisie. Selon celui-ci, les mendiants qu’ils encadrent ne font point le porte-à-porte. Mais cultivent des champs qu’il dispose ou partent cueillir des feuilles servant dans l’alimentation des animaux pour les vendre. Ils peuvent aussi partir aider d’autres dans leurs travaux champêtres moyennant une certaine somme qui reviennent au maitre.</p>



<h3 class="has-very-dark-gray-color has-text-color wp-block-heading"><strong>Les différentes mutations</strong></h3>



<p>Toutes les formes de mendicité connaissent des mutations. S’agissant de la seconde forme, il faut souligner que les mendiants sont obligés aujourd’hui de passer la journée à quémander pour satisfaire les besoins du marabout qui a pris goût à l’argent, <em>« qui vit dans un confort et cherche à perpétuer cela </em>», explique M.&nbsp;Dicko. La mendicité s’est alors transformée en une <a href="https://benbere.org/terre-dopportunites/mendicite-nouvelle-profession-maliens/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">profession</a> pour certains mendiants qui, souvent, passent la nuit dans <a href="https://www.cairn.info/enfants-des-rues-en-chine--9782845860100-page-79.htm" target="_blank" rel="noreferrer noopener">la rue </a>lorsque la somme exigée par le maitre est incomplète. Certains finissent par rejoindre des réseaux de trafic, indique M.&nbsp;Dicko.</p>



<p>Il existe également une mutation de la première forme de mendicité. Certaines personnes bien portantes empruntent des enfants pour faire la mendicité ou se transforment elles-mêmes en mendiants. La mendicité est ainsi devenue un business dans lequel ses pratiquants gagnent plus qu’un fonctionnaire malien, selon le professeur de sociologie des médias maliens.</p>



<p>Lire aussi <a href="http://saheltribune.com/wp-admin/post.php?post=1767&amp;action=edit">Audrey Azoulay, directrice générale de l’UNESCO : « Les livres ont la capacité unique à la fois de divertir et d’enseigner »</a></p>



<p>Dans les sociétés maliennes, avoir des enfants est considéré comme une bénédiction divine. Mais sachant bien que la possession de beaucoup d’enfants nécessite des charges loin d’être à la portée de tous les parents, il était recommandé de se promener avec les jumeaux afin que les autres membres de la communauté puissent les soutenir, explique Bréma Ely Dicko. « <em>Mais, dans la ville, cela est devenu une forme d’enrichissement »</em>, précise-t-il.</p>



<h4 class="has-very-dark-gray-color has-text-color wp-block-heading"><strong>La mendicité, une pratique interdite</strong></h4>



<p>Le problème avec cette pratique c’est qu’elle est interdite. Hafizou Boncana, enseignant chercheur à l’Université des Sciences juridiques et politiques de Bamako, trouve injustifiable l’exploitation des enfants à travers la mendicité. <em>« Je n’apprécie pas l’exploitation des enfants par les parents à travers la mendicité parce que c’est un délit réprimé par le Code pénal malien ».</em></p>



<p>En effet, dans la SECTION&nbsp;IV de la LOI N°&nbsp;-01 — 079 du 20 août 2001 portant <a href="https://www.droit-afrique.com/uploads/Mali-Code-2001-penal-MAJ-2016.pdf" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Code pénal</a>, nous pouvons lire à l’article&nbsp;183&nbsp;: <em>« Toute personne valide et majeure qui aura été trouvée mendiant sur la voie publique sera punie de quinze jours à six mois d’emprisonnement</em> ». Cet article finit par préciser&nbsp;: « <em>En toutes circonstances l’incitation à la mendicité est interdite</em>. »</p>



<p>Lire aussi <a href="http://saheltribune.com/wp-admin/post.php?post=1754&amp;action=edit">Les syndicats de l’éducation de Bamako reportent leur sit-in du vendredi 14 avril</a></p>



<p>De son côté, Yves Traoré, Directeur de la Fondation pour l’enfance de Ségou, pense que la pauvreté ne peut nullement justifier l’utilisation des enfants dans la mendicité.</p>



<p><strong>Togola F.</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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