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	<title>Archives des symboles de l’AES &#8212; Sahel Tribune</title>
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		<title>« Nous sommes tous des soldats » : « Le Sahel benkan », un hymne pour galvaniser</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Sahel Tribune]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 09 Jun 2025 11:14:16 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>
<p>Le 9 juin 2025, la Confédération des États du Sahel (AES) a officiellement exécuté son hymne, "La Confédérale", dans une cérémonie présidée, au Mali par le général Assimi Goïta. </p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>

<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Par un rituel solennel orchestré depuis le palais de Koulouba, la Confédération des États du Sahel (AES) a franchi, ce 9 juin 2025, un pas décisif dans sa mue institutionnelle. Après le drapeau et la devise, place à l’hymne : « Le Sahel benkan», entonnée simultanément à Bamako, Ouagadougou et Niamey. Une première dans l’histoire d’une union politique que ses concepteurs veulent irréversible.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Koulouba, 6&nbsp;h&nbsp;30 précises. Les premiers accords résonnent, graves et profonds, portés par les cuivres de la fanfare militaire. Au garde-à-vous, le président de la Transition malienne, le général Assimi Goïta, endosse cette fois ses habits de président de la Confédération des États du Sahel (AES). Ce lundi&nbsp;9&nbsp;juin, il n’est pas seulement chef d’État ; il est la figure tutélaire d’un projet géopolitique en construction, dont le socle est moins le droit que le symbole.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Aux côtés du général, le gratin politico-militaire : conseillers spéciaux, ministres, diplomates, hauts gradés. Et dans l’air, un air nouveau, celui de « <em>Le Sahel benkan</em> », l’hymne tout juste dévoilé. Composée sur une trame sahélienne et ciselée de mots d’ordre identitaires, cette mélodie n’est pas anodine. Elle dit l’unité. Elle proclame la résistance. Elle affirme le destin partagé.</p>



<h3 class="wp-block-heading" id="h-le-triptyque-identitaire"><strong>Le triptyque identitaire</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">« <em>Un espace, Un Peuple, Un Destin</em> » : la devise est connue. Depuis le 3 mars 2025, où les drapeaux de l’AES ont été hissés sous l’œil complice des chefs d’État des trois pays, le projet a pris corps. Le vert de l’espérance comme bannière. Le baobab comme emblème. Le soleil levant comme promesse. Et désormais, un hymne, « <em>Le Sahel benkan</em> », pour galvaniser les troupes et, surtout, les esprits.</p>



<p class="wp-block-paragraph">« <em>Cet hymne n’est pas un simple assemblage de notes. Il est porteur de sens, de message, de fierté</em> », a commenté le Premier ministre malien, Abdoulaye Maïga, au sortir de la cérémonie. Plus qu’un chant, « <em>Le Sahel benkan </em>» est, selon lui, une déclaration de guerre à la résignation, une exhortation à la mobilisation, une injonction collective à bâtir un avenir souverain.</p>



<h3 class="wp-block-heading" id="h-une-execution-en-simultane"><strong>Une exécution en simultané</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Détail significatif&nbsp;: l’hymne a été exécuté, au même instant, dans les trois capitales de la Confédération. À Ouagadougou, comme à Niamey, les notes ont jailli dans les enceintes officielles, scellant symboliquement une synchronisation politique qui tranche avec les dissonances de la CEDEAO, ou les inerties passées du G5 Sahel. « <em>L’AES est une entité de nature étatique</em> », répète le Premier ministre. Une entité à part entière, avec ses codes, ses rites, sa liturgie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce que les juristes n’ont pas encore formalisé, les cérémonies le consacrent. Et dans cette logique d’affirmation, chaque geste compte. Le drapeau a été dévoilé. La devise proclamée. L’hymne, maintenant, retentit. Et bientôt, promet-on à Bamako, il fera partie du programme éducatif national. On l’apprendra sur les bancs d’école. On le chantera aux levées de couleurs. On l’entendra dans les stades. L’objectif est clair&nbsp;: faire de l’AES une conscience collective, au-delà des frontières coloniales.</p>



<h3 class="wp-block-heading" id="h-l-union-par-les-armes-et-les-idees"><strong>L’union par les armes et les idées</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Militairement, l’AES n’est pas une coquille vide. Une force unifiée existe déjà, fruit d’une coopération intense entre états-majors burkinabè, nigérien et malien. Elle agit, frappe, sécurise. Mais cette alliance de combat devient aussi une alliance de valeurs. « <em>Nous sommes tous des soldats</em> », a résumé le chef du gouvernement malien. Soldats au front, mais aussi soldats du sens, soldats de l’identité, soldats d’une cause sahélienne à construire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce patriotisme régional, Goïta en est l’architecte silencieux. Peu disert, mais stratège. Il façonne pas à pas ce que certains appellent déjà une « <em>CEDEAO alternative</em> ». Un espace de souveraineté défensive, économique et culturelle. Un projet de contre-pouvoir africain, affranchi des influences occidentales, tissé sur des liens de sang, de géographie et de défi commun.</p>



<h3 class="wp-block-heading" id="h-une-vision-en-marche"><strong>Une vision en marche</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">« <em>Le Sahel benkan</em> » n’est pas qu’un hymne. Elle est la bande-son d’un nouveau récit. Celui d’États qui, en rejetant les cadres régionaux existants — CEDEAO, G5 Sahel — veulent écrire leur propre chapitre. Le Mali, le Burkina Faso et le Niger ne cherchent pas la rupture pour la rupture. Ils revendiquent la cohérence d’un projet enraciné, face aux turbulences du monde.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Reste la suite&nbsp;: économie intégrée, monnaie commune, institutions partagées ? L’AES n’en est encore qu’au préambule. Mais à en juger par le cérémonial millimétré de ce 9&nbsp;juin, la marche est en cours. Et elle est portée, désormais, par une musique.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>A.D</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>ÉDITORIAL — Parier sur l’identité pour refonder le Sahel</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Chiencoro]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 12 May 2025 07:44:02 +0000</pubDate>
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<p>Analysez le rôle stratégique de l'identité culturelle comme levier d'unité et de souveraineté pour le Mali, le Burkina Faso et le Niger.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Au Sahel, l’unité politique ne se décrète pas, elle se construit.</em></strong><strong><em>&nbsp;Face à l’urgence sécuritaire et à la fragmentation des sociétés, l’Alliance des États du Sahel (AES) mise sur la culture comme ciment identitaire. Hymne commun, symboles partagés, dialogue interculturel… En valorisant la diversité et en forgeant une mémoire collective, le Mali, le Burkina Faso et le Niger cherchent à fonder une cohésion plus forte que les frontières héritées de la colonisation. Une stratégie à haut risque, mais peut-être la plus prometteuse pour bâtir un destin sahélien commun.</em></strong><strong><em></em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Il est de ces évidences qu’il faut rappeler avec la force d’un mantra, tant elles sont trop souvent ignorées par les ingénieries technocratiques ou étouffées par les urgences sécuritaires. Oui, la <a href="https://saheltribune.com/vers-lome-2024-le-mali-trace-la-voie-de-lunite-africaine/">culture et l’identité </a>collective constituent les fondations invisibles, mais ô combien décisives, de toute construction politique durable. L’Alliance des États du Sahel (AES), ce triangle de souveraineté en devenir, créée en septembre 2023, aurait tort de l’oublier au moment où elle tente d’édifier, pierre par pierre, les bases d’une intégration régionale à la fois politique, militaire et économique.</p>



<h3 class="wp-block-heading" id="h-oser-une-politique-culturelle-ambitieuse"><strong>Oser une politique culturelle ambitieuse</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Or, sur ce terrain, il existe une certitude. L’identité ne se décrète pas. Elle se construit. <a href="https://www.coe.int/fr/web/congress/-/karl-heinz-lambertz-«-les-régions-qui-réussissent-sont-celles-qui-valorisent-leurs-spécificités-tout-en-s-ouvrant-aux-autres-»" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Karl-Heinz Lambertz</a> nous le rappelle avec justesse : l’identité régionale est un passeport, non vers le repli sur soi, mais vers une mondialisation enfin maîtrisée.  « <em>Au sein des régions comme au sein de chacun d’entre nous, il n’y a pas une identité, mais des identités multiples, souvent basées sur l’affectif et la mémoire </em>», a souligné M. Lambertz. Ce que l’Europe a laborieusement appris en soixante-dix ans d’unité à inventer, le Sahel, dans sa diversité ethnique, linguistique et mémorielle, peut réussir à l’échelle d’une génération. À la condition de dépasser les frontières héritées de la colonisation et puiser dans le socle millénaire de ce qui unit les peuples du désert et du fleuve.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Que l’on parle de la mémoire collective des empires du Sahel, des rites partagés, des langues cousines ou des mythes fondateurs, l’AES a sous ses pieds une matrice d’unité plus forte que bien des constitutions. Mais pour cela, encore faut-il oser une politique culturelle ambitieuse, décomplexée, en rupture avec l’entre-soi des cénacles ministériels. Valoriser les langues nationales, promouvoir les industries créatives, bâtir une diplomatie culturelle à l’échelle des peuples, telle doit être la feuille de route, dont l’on peut dire que la mise en œuvre a d’ores et déjà commencé avec la <a href="https://saheltribune.com/colonial-panafricain-bamako-affranchit-noms-passe/">redénomination des espaces publics</a> dans ces pays de l’AES. </p>



<h3 class="wp-block-heading" id="h-la-culture-un-vecteur-de-developpement-et-de-cohesion-sociale"><strong>La culture, un vecteur de développement et de cohésion sociale</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Car comme le souligne <a href="https://projects.iq.harvard.edu/koreanalumnibiographiesproject/people/yersu-kim" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Yersu Kim</a>, l’identité n’est pas un mur, c’est un pont. Une dynamique en mouvement, un métissage revendiqué. « <em>La culture est une sorte d&rsquo;organisme vivant qui possède son dynamisme interne et qui déborde les frontières qu&rsquo;il s&rsquo;est fixé. Puisque le monde et la connaissance que nous en avons évoluent, la culture doit aussi changer pour répondre à ces circonstances nouvelles et changeantes</em> », déclare-t-il. C’est pourquoi la diversité du Sahel ne doit jamais être perçue comme une menace, mais bien comme une chance. Une richesse à exploiter non pour diviser, mais pour fédérer. De Tombouctou à Niamey, de Ouagadougou à Kidal, la transculturalité est une réalité vécue. La nier serait suicidaire, la cultiver, un formidable levier d’intégration.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><a href="https://www.jeuneafrique.com/mag/459630/culture/litterature-negritude-et-negrologues-de-stanislas-spero-adotevi/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Stanislas Spero Adotevi</a> le dit sans ambages : l’unité ne se bâtit pas contre les identités, mais avec elles. L’AES ne doit pas reproduire l’erreur des États-nations africains postcoloniaux, qui ont souvent cherché à imposer une identité uniforme en effaçant les différences. Au contraire, c’est dans la superposition assumée des identités peules, songhaï, touarègues, mossi ou bambaras que se dessine une intégration politique authentique, adossée à une légitimité culturelle profonde.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Enfin, comment ne pas rappeler l’intuition géniale de <a href="https://books.openedition.org/cjb/831?lang=fr" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Jacques Berque</a> : l’identité est une dialectique entre permanence et changement. Le Sahel ne peut se contenter d’être un musée à ciel ouvert, il doit faire de sa culture une ressource vivante, une industrie à part entière. C’est tout le sens des politiques culturelles communes à l’AES : créer de la valeur, des emplois, du sens. Faire de la culture un vecteur de développement et de cohésion sociale, et non un folklore d’apparat.</p>



<h3 class="wp-block-heading" id="h-la-culture-comme-ciment-de-l-unite-nbsp"><strong>La culture comme ciment de l’unité&nbsp;</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">L’adoption d’un hymne commun par les pays de l’AES n’est pas un gadget symbolique, c’est une pierre de plus à l’édifice. Après le drapeau, la devise et le logo, c’est l’âme de cette confédération naissante qui se dessine, au son des voix sahéliennes réunies.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le défi est immense, mais l’enjeu vital. Car une région sans récit partagé est une région livrée aux vents mauvais de la division et de la violence. En pariant sur la culture comme ciment de l’unité, les dirigeants du Sahel dessinent peut-être, à leur tour, les premières lignes d’un destin commun. Un destin que leurs peuples attendent depuis trop longtemps.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Chiencoro Diarra&nbsp;</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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